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  • il y a 13 minutes
Les blocages de lycées se poursuivent ce vendredi alors que l'intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de mobilisation le 13 octobre prochain. Le ministre de l'Éducation a annoncé l'arrivée de 3.000 professeurs remplaçants dans les établissements les plus en difficulté.

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Transcription
00:00C'est Alain Boer qui nous rejoint à présent. Bonsoir M. Boer.
00:04Merci d'être avec nous. Je signale votre dernier livre, Il faut sauver nos enfants,
00:09publié chez First Edition, qui n'a rien à voir avec la situation actuelle,
00:14puisque c'est sur les affaires de pédocriminalité, Tarram, Epstein et les autres.
00:18Le titre pourrait laisser penser qu'on parle de la situation dans les lycées, mais absolument pas.
00:22Et on parlera de votre liste, si vous voulez bien, dans quelques minutes.
00:25D'abord, si vous le permettez, ces images que nous commentions ensemble sur ce plateau il y a quelques minutes,
00:29de ces images qui ont été filmées hier à Paris, place de la Bastille, au moment de la manifestation des
00:35lycéens,
00:36on aperçoit donc un policier, deux policiers d'abord sortir un homme durant des manifestants
00:41et un policier lui donner un coup de genou violent à la tête.
00:46Il s'agit d'un homme de 18 ans, celui qui a été arrêté.
00:49Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a pris la parole tout à l'heure, il y a quelques
00:53minutes,
00:53en disant « Soyez prudents avec ces images, il existe d'autres images filmées avant,
00:58mais ça n'excuse pas, évidemment, le geste de ce policier ».
01:02Votre réaction ?
01:03Le préfet de police a parfaitement raison.
01:05D'ailleurs, vous voyez à peu près ce qui peut être très bien fait et très mal fait dans une
01:10seule opération de police.
01:11Alors, qu'est-ce qui est très bien fait d'abord ?
01:12Très bien fait, la Brave M récupère ce jeune homme dans des conditions parfaitement correctes,
01:17responsable et suivant les règles d'intervention et d'interpellation,
01:22puis le transmet à un autre policier.
01:25Alors, vous avez l'impression que ce sont les mêmes policiers ?
01:26Oui, aucun de ces policiers n'appartiennent aux mêmes unités.
01:29D'abord, on n'avait ni CRS ni gendarmes mobiles, les seules unités spécialisées dans le maintien de l'ordre.
01:35Les autres sont les Brave M, une unité intermédiaire inventée pour pallier à l'absence d'unités mobiles à Paris
01:42après le syndrome Malik-Ousekine, parce qu'il se trouve que mon statut de très ancien me permet d'en
01:48parler.
01:49Et puis, une unité d'intervention qui sont en général des policiers de la sécurité publique,
01:53qui viennent en support.
01:55Donc, celui de la Brave M fait bien son travail, c'est ce que vous nous dites ?
01:58Les deux de la Brave M font parfaitement bien leur travail,
02:00c'est des conditions d'interpellation qui ne souffrent aucune discussion particulière,
02:04même si, suivant ce que dirait le préfet de police, nous n'avons pas les vidéos d'avant,
02:08il faudrait voir les vidéos d'avant d'avant.
02:10Mais là, au vu de ce que nous avons, vous avez deux gestes techniques parfaitement maîtrisés
02:15par deux policiers de la Brave M, et un geste technique parfaitement non déontologique
02:20et qui mérite une enquête, qui est celui du policier de la compagnie d'intervention
02:24qui lui donne un coup de genou.
02:27Je précise que le genou est en plus coqué, donc ce n'est pas juste...
02:31Il y a une genouillère.
02:32Ça s'appelle une bavure.
02:34Ça, je n'en sais rien.
02:35Moi, je qualifie juridiquement ce qui existe.
02:37Bavure n'existe pas ni dans le code pénal, ni dans...
02:39Mais c'est comme ça, dans le grand public, qu'on appelle ce genre de choses.
02:42Oui, enfin, ça ressemble à un geste particulièrement inadéquat
02:46qui mériterait une sanction si l'enquête le démontre,
02:49et enquête administrative, peut-être enquête pénale,
02:51puisque ce jeune homme a un avocat qui va probablement s'exprimer
02:55par la voie naturelle de la plainte,
02:57qui sera elle-même traitée par l'IGPN d'ailleurs, probablement.
03:00Donc voilà, on pourrait avoir d'ailleurs une enquête administrative
03:02et une enquête judiciaire.
03:03Ce qui arrive d'ailleurs de temps en temps,
03:05l'enquête administrative est déclenchée par la hiérarchie
03:08et l'enquête judiciaire par la plainte de la victime potentielle.
03:12Ce que vous semblez sous-entendre quand même, Alain Bauer,
03:14c'est que sous leurs airs à tous de Robocop,
03:16là, on a affaire d'un côté à des professionnels du maintien de l'ordre
03:19qui agissent proprement,
03:21et d'autres qui sont plus amateurs.
03:23C'est ça le problème ?
03:24J'ai essayé d'expliquer dans votre journal d'ailleurs,
03:26M. Oberdorf, ce qu'était la psychologie des foules lycéennes
03:30et notamment l'évolution du maintien de l'ordre.
03:32En fait, le maintien de l'ordre, historiquement en France,
03:35c'est qu'on envoie l'armée, on tire dans le tas.
03:37Le jour où l'armée a décidé de ne plus tirer dans le tas,
03:39on s'est posé la question, dans les années 1920,
03:41de créer des unités spécialisées de maintien de l'ordre.
03:44Et peu à peu, ces unités se sont professionnalisées.
03:46En 1968, on a même décidé d'en faire des unités
03:50dont le principe essentiel n'était ni tué, ni blessé.
03:53Maurice Grimaud, le préfet Grimaud.
03:55Et donc, elles se sont modernisées, etc.
03:57Et puis à un moment, il s'est produit un drame,
03:59c'est qu'en 1986, dans les grandes manifestations étudiantes,
04:02donc j'étais un des responsables du service d'ordre
04:05et vice-président de la Sorbonne,
04:06service d'ordre dans un syndicat étudiant.
04:08Oui, l'UNEF, je le gérais à la fois l'ordre.
04:10Donc vous étiez l'interlocuteur, pour que les gens comprennent,
04:13l'interlocuteur de la police pour l'organisation.
04:15Vous avez un rapport du Sénat très développé.
04:17Vous êtes cité à l'ombre, je m'appelle le colonel Boer,
04:20d'ailleurs j'ai été ravi de cette promotion,
04:22que je n'ai jamais dépassée d'ailleurs dans mon statut de réserviste,
04:24donc au moins il m'avait identifié.
04:26Et en fait, on est dans des organisations de discussion
04:29sur l'art de gérer une manifestation
04:31pour éviter qu'il y ait trop de casse.
04:33Malheureusement, un jeune homme qui rentre chez lui,
04:35qui n'est pas manifestant,
04:36se fait interpeller par des pelotons voltigeurs motorisés
04:39qui sont des amateurs, amateurs de amateurs,
04:43des gymnastes, des gens qui ont envie de casser
04:48avec des bidules, c'est-à-dire des outils très violents,
04:50et il tue Malik Ousekine.
04:53De ce jour-là, les pelotons voltigeurs sont supprimés,
04:56le syndrome Malik Ousekine va s'abattre sur les unités de police
04:59et entre trop et rien, il y a un problème qui ne sera résolu,
05:04même si on en dit beaucoup de mal, je me permets d'en dire du bien,
05:06par le préfet Lallemand, qui dans l'affaire des gilets jaunes
05:09crée les BRAV, c'est-à-dire des unités intermédiaires
05:12plutôt spécialisées, plutôt cohérentes, plutôt mobiles,
05:16à qui on essaye d'apprendre le maintien de l'ordre.
05:18Entre les CRS et les gendarmes mobiles
05:20et les compagnies d'intervention.
05:22C'est ceux qui font bien leur travail dans ce cas précis.
05:25Ce n'est pas toujours le cas, mais quand c'est bien fait,
05:27il faut quand même le dire. Et voilà quel est le problème
05:29qu'on a. Vous avez d'un côté des amateurs
05:31de la manifestation et de l'autre des amateurs
05:33du maintien de l'ordre. Ça crée beaucoup de blessés
05:35de part et d'autre.
05:37Ça ne se justifie en rien.
05:38La réduction du nombre d'effectifs dans chaque section,
05:42du nombre de sections dans chaque compagnie
05:43et du nombre de compagnies de CRS et de gendarmes mobiles
05:45a amené un manque
05:47majeur dans un pays qui a mille ans
05:49de jacquerie, où l'État ne sait pas
05:51négocier s'il n'y a pas un rapport
05:53de force qui ne s'exprime pas par la
05:55violence. Vous en avez discuté tout à l'heure.
05:57C'est ça le problème qu'on a.
05:59Donc quand on n'a rien, on met les syndicats
06:01de policiers chez vous et sur la plupart
06:03des chaînes d'information expliquaient qu'on avait été récupérés
06:05pour gérer les lycées bloqués
06:07par les imparités, des agents
06:09de police secours et
06:11du renseignement territorial. C'est le cas du pauvre
06:13commandant de police qui se fait massacrer
06:15à Belfort.
06:17dont le métier n'est ni
06:19l'interpellation, ni l'interpellation
06:21au sens réel, et surtout pas le maintien
06:23de l'ordre.
06:24Une petite précision sur ces unités
06:25parce que vous disiez Antoine, on a l'impression
06:27que c'est tous les mêmes et en effet ce ne sont pas
06:29tous les mêmes et on peut les reconnaître
06:31avec les couleurs.
06:33On voit derrière vous, Marc, ça je ne sais pas si nos téléspectateurs
06:35le voient.
06:36Jaune pour les CRS, bleu
06:37pour les gendarmes avec la grenade
06:40de la gendarmerie.
06:41Et jaune pour les braves
06:43et certaines compagnies d'intervention.
06:46Et puis parfois on ne sait pas
06:47parce que c'est la tenue Robocop
06:50récupérée comme on peut
06:51au moment où on peut.
06:52Iliès Tchaouti qui était sur ce plateau tout à l'heure
06:54qui est étudiant, vous avez peut-être entendu
06:55avant d'arriver, Alain Boer
06:57disait, je lui disais
06:59il y a une enquête confiée à l'IGPN
07:01dans le cas de ce policier, il y en a 24 au total
07:02il disait on n'a pas confiance.
07:04On n'a pas confiance dans l'IGPN, ce sont des policiers
07:06qui enquêtent sur d'autres policiers
07:08ça ne me rassure pas. Est-ce que vous pouvez le rassurer
07:11ou est-ce que vous aussi
07:13vous considérez que le fonctionnement
07:14l'IGPN revient de très très loin
07:16mais elle est dirigée désormais par un magistrat
07:17ce qui change beaucoup
07:18ça fait deux à la suite
07:20une magistrate
07:21une magistrate qui était la première
07:22à diriger l'IGPN
07:24et qui est effectivement
07:25aujourd'hui suivie par un magistrat
07:27qui est l'ancien procureur de Créteil
07:29absolument
07:29et donc il y a plutôt un grand progrès
07:31de ce point de vue-là
07:32et puis il faut savoir que l'IGPN
07:33a deux problèmes
07:34d'abord elle s'occupe des enquêtes administratives
07:35et des enquêtes judiciaires
07:37et qu'une partie importante
07:39c'est purement
07:40de la déontologie interne
07:42du fonctionnement des policiers
07:43par rapport à leur mission de police
07:44pas par rapport à leur relation
07:45avec les citoyens
07:47et de ce point de vue-là
07:48il fait très bien son travail
07:48je rappelle que l'IGPN
07:49est l'institution
07:50qui sanctionne le plus de fonctionnaires
07:52dans l'ensemble de la fonction publique
07:54toutes catégories confondues
07:56deuxièmement
07:56il y a un sujet
07:57qui se progresse peu à peu
07:59d'abord beaucoup grâce aux vidéos
08:01il faut le dire
08:01c'est un progrès externe
08:03et d'autre part grâce à ces magistrats
08:05pardon vous avez raison
08:06de souligner
08:07la poursuite de ce processus
08:10il manque un petit élément
08:11que j'ai toujours essayé
08:12de faire avancer
08:14qui est de dire
08:14pour rassurer totalement
08:16ceux qui ne croient pas
08:17à l'indépendance de l'IGPN
08:18et personnellement
08:19je crois qu'elle est
08:19beaucoup plus indépendante
08:20qu'elle ne l'a jamais été
08:21dans son histoire
08:22c'est de rajouter
08:23un représentant du défenseur des droits
08:25une autre institution publique
08:27qui défend les citoyens
08:28dans le cadre
08:29d'une violence exercée
08:30contre un citoyen
08:31par un policier
08:33et dans le cadre
08:34d'une enquête judiciaire
08:35c'est à dire
08:36d'ouvrir encore plus
08:37la focale
08:38de l'indépendance
08:40de l'enquête
08:40et de la prise en compte
08:41de tous les éléments
08:43de l'enquête
08:44permettant d'aller jusqu'au bout
08:45de la poursuite
08:46d'un agent
08:48de la force publique
08:49qui déraperait trop
08:51et entrerait
08:52dans la logique
08:52de la bavure
08:53vous voyez j'arrive
08:54à le dire aussi
08:55il n'y a pas de problème
08:55ce que vous dites
08:56Alain Bauer
08:57parce qu'on entend beaucoup
08:58et je crois que vous le disiez
08:59tout à l'heure
08:59tout est filmé tout le temps
09:00maintenant dans ces manifestations
09:02tout est filmé tout le temps
09:03est-ce que précisément
09:04dans ces enquêtes-là
09:06est-ce que ça n'a pas changé
09:07quelque chose aussi
09:08dans les enquêtes
09:09qui ont été confiées
09:10à l'IGPN
09:10parce que la vidéo
09:11ça dit beaucoup plus de choses
09:13que le témoignage
09:14surtout quand la vidéo
09:15on a
09:15vous rappelez cette infirmière
09:18on a la version
09:19l'infirmière
09:20dans une des manifestations
09:21d'infirmières
09:22soi-disant agressée
09:23par les policiers
09:24et puis on trouve
09:25la vidéo d'avant
09:25où elle les agresse
09:28et donc on a
09:29en fait
09:29le retour
09:31d'un élément
09:32où il nous manquait
09:32le début
09:33alors la manipulation
09:34de la vidéo
09:34est un problème
09:35et quand il y en a tellement
09:36et que j'insiste beaucoup
09:38pour que les policiers
09:38fassent l'effort
09:39de brancher leur caméra
09:40en permanence
09:41c'est un instrument
09:42de leur protection
09:43ce n'est pas un instrument
09:45de leur punition
09:46d'abord ça évite
09:47à ceux qui auraient
09:48la pulsion irrésistible
09:49de faire quelque chose
09:50qu'ils ne devraient pas faire
09:51de ne pas le faire
09:52et ensuite de pouvoir expliquer
09:53pourquoi ils l'ont fait
09:54parce que justement
09:55on a la version longue
09:57et pas la petite découpe
09:58qui va bien
09:59et vous savez bien
10:00à quel point
10:00il est facile
10:01d'orienter des images
10:03je ne parle pas
10:04des fausses images
10:04et là
10:05le nombre
10:05d'instruments
10:08qui permet d'ailleurs
10:09de retrouver
10:09beaucoup d'auteurs
10:10d'exactions
10:10d'agressions
10:11de violences
10:12parce qu'ils se filment
10:13beaucoup
10:13il faut dire que les auteurs
10:15font énormément d'efforts
10:16pour se faire prendre
10:16d'ailleurs vous voyez
10:18les vidéos
10:18de saccage de lycée
10:20avec
10:20c'est parfois comme ça
10:21qu'on les retrouve
10:21bien sûr
10:22on les remercie
10:23et surtout qu'ils poursuivent
10:24le fameux numéro RIO
10:26que tous les policiers
10:28sont censés porter aujourd'hui
10:30et qu'ils cachent en partie
10:30et qu'ils cachent en partie
10:31qu'est-ce qu'il faut faire ?
10:33les sanctionner
10:34quand ils le cachent
10:35mais ça c'est le rôle
10:35de leur hiérarchie immédiate
10:37le problème
10:38c'est qu'il y a un effet de groupe
10:39une capacité A
10:41puis on ne peut pas toujours
10:42tout regarder
10:42mais même ça
10:43ça ne sert plus à rien
10:45à cause des images
10:46il faut leur dire
10:47ça ne sert plus à rien
10:48il faut arrêter
10:49il y a trop d'images
10:51trop d'images
10:52sur ce matricule
10:52ce RIO quand même
10:53on peut comprendre
10:54que lorsque les manifestants
10:57insistent lourdement
10:58pour que les policiers
10:59leur donnent
11:00comme un dû
11:00quelque part
11:01ce RIO
11:02on peut comprendre
11:03d'un point de vue
11:04strictement humain
11:05après il y a
11:05la déontologie policière
11:06et ça c'est implacable
11:07mais que d'un point de vue
11:08strictement humain
11:09ce soit sans doute
11:11assez pénible
11:12on ne leur demande pas
11:12leur identité
11:13on ne leur dit pas
11:15non prénom
11:15H qualité
11:16profession
11:17non prénom
11:18des parents
11:18et moi je pense que le RIO
11:20devrait être marqué en grand
11:20sur les casques
11:21devrait être marqué en grand
11:22partout
11:23c'est à dire un dispositif
11:24par exemple
11:25aux Etats-Unis
11:26ou en Grande-Bretagne
11:27on ne peut pas dire
11:27que les
11:27alors en Grande-Bretagne
11:28c'est un peu particulier
11:29les polices sont plus soft
11:30mais aux Etats-Unis
11:31ce n'est pas le cas
11:31vous avez
11:32des voitures
11:33les nuages des véhicules
11:35sont sur le toit
11:38les éléments
11:39d'identification
11:39des policiers
11:40sont particuliers
11:41et puis là
11:41c'est nom et prénom
11:42ou prénom
11:44enfin la première lettre
11:45du prénom et nom
11:46officier Murphy
11:47donc il y a
11:48il y a quelque chose
11:49qu'il faut faire
11:49pour faire comprendre
11:50aux policiers
11:51que cacher le RIO
11:52devient
11:54un élément à charge
11:56comme le refus
11:58qu'ils avaient des caméras
11:58piétons
11:59comme l'idée
12:00qu'on va empêcher
12:01d'être filmé
12:01il faut sortir de tout ça
12:03on est dans autre chose
12:04c'est leur garantie
12:05par rapport à ce qu'ils subissent
12:07parce qu'on voit souvent
12:08les images du policier
12:10qui commet une exaction
12:11mais les 700
12:12qui ont été blessés
12:13on les voit peu
12:14800 ce soir
12:15moi je demande
12:16qu'une caméra
12:16soit installée
12:17dans un premier rang
12:18de service d'ordre
12:19face à une manifestation
12:20pendant une heure
12:21et qu'on filme
12:22les boulons
12:23les balles de pétanque
12:24les extincteurs
12:25à peu près tout ce qui leur arrive
12:27sur la figure
12:27et qu'on se demande
12:28au bout d'une heure
12:28si ceci amène à la sagesse
12:30on va en parler justement
12:31de cette violence
12:32du côté de certains manifestants
12:33du côté des casseurs également
12:34on va en parler longuement
12:36avec vous ce soir
12:36Alain Boer
12:37un mot sur les grenades assourdissantes
12:39puisque Laurent Nunez
12:40le ministre de l'intérieur
12:41a suspendu leur utilisation
12:43provisoirement
12:44provisoirement
12:44et uniquement
12:45quand ce sont face
12:46aux forces de l'ordre
12:47des jeunes
12:48est-ce qu'effectivement
12:49elles posent problème ?
12:50Oui
12:51toutes les grenades
12:52posent problème
12:53votre collègue Maxime Switek
12:55hier
12:55sent encore la lacrymo
12:56il doit être à la 8ème fois
12:58où il se lave les mains
12:58parce qu'il en a amené une
13:00et qu'il a enfin compris
13:01comment ça marchait
13:01c'est-à-dire qu'à l'intérieur
13:02d'une grenade lacrymogène
13:03il n'y a pas juste de la fumée
13:04qui sort
13:05il y a des projectiles
13:06qui sortent
13:07pour envoyer de la fumée
13:08pas un seul jet
13:09mais le plus possible
13:10dans un espace le plus grand
13:11et ces diffuseurs
13:13sont des petites rondelles
13:14en plastique
13:14et si vous la prenez
13:15dans l'œil
13:17malencontreusement
13:17c'est une grenade lacrymogène
13:18qui ne fait pas l'objet
13:19de grands débats
13:20sauf si vous la tirez
13:21à tir tendu
13:22à 3 mètres
13:23devant vous
13:24parce que c'est dangereux
13:25donc ces outils sont dangereux
13:26il y a 3 types de grenades
13:28la lacrymo
13:28qui diffuse
13:29un produit
13:30qui est censé
13:31vous faire pleurer
13:32tousser
13:33etc
13:34où il y a relativement
13:35peu de dégâts
13:36sauf quand
13:37et on a un cas
13:38l'utilisation
13:39à proximité
13:40et à tir tendu
13:41est un désastre
13:43qui amène
13:44au fracas
13:44d'une mâchoire
13:45et à un très grave blessé
13:47vous avez deuxièmement
13:48les grenades assourdissantes
13:50qui ont déjà été modifiées
13:514 fois dans l'histoire
13:52qui elles-mêmes
13:53envoient des petits plots
13:54qui font beaucoup de bruit
13:55mais qui ont été par exemple
13:56celles qui ont tué Rémi Fraisse
13:58parce qu'elle est arrivée
13:59parce qu'elle est tombée
14:00dans sa capuche
14:00dans un tir tout à fait légal
14:02normal
14:02mais dans la capuche
14:03et là
14:03quand ça vous explose
14:04derrière la nuque
14:05vous mourez
14:05c'est dangereux
14:06et enfin la grenade
14:07de désencerclement
14:08qui est une arme de guerre
14:10enregistrée comme une arme de guerre
14:12dont la police française
14:12est la seule
14:13à avoir l'utilisation
14:14et qui devrait être
14:16interdite
14:17supprimée
14:18renvoyée
14:18à l'armée
14:19parce que trop dangereuse
14:21pour tout le monde
14:21alors celle-là
14:22elle est dangereuse
14:23pour tout le monde
14:23elle sert beaucoup aujourd'hui ?
14:25Non, heureusement
14:25mais d'ailleurs au début
14:27la grenade assourdissante
14:28on s'est posé la question
14:29y compris avec certains
14:30des collègues
14:30au bruit
14:31parce que comme elle est nouvelle
14:33cette grenade assourdissante
14:34on n'avait pas encore
14:34la maîtrise à l'oreille
14:35pardon pour les vieux de la vieille
14:37d'ailleurs on reconnaît
14:38les trucs un peu bizarrement
14:39et on s'est dit
14:40c'est une grenade
14:40de désencerclement
14:41ça n'a rien à faire là
14:42ce n'était pas une grenade
14:43de désencerclement
14:44c'est une grenade
14:44d'un nouveau type
14:45qui était en expérimentation
14:47et dont on se rend compte
14:48qu'elle est extrêmement dangereuse
14:49d'abord parce qu'elle
14:50n'aurait pas dû être envoyée
14:51alors ça les experts techniques
14:53vous disent
14:54il n'y a aucune explication
14:56à l'usage
14:56à cette distance
14:57et dans ces conditions
14:58de cette grenade là
14:59un
15:00deux
15:00la manière dont elle a été envoyée
15:02pose un problème
15:02et trois
15:03l'acte de vouloir ramasser
15:04cette grenade
15:05pour la renvoyer
15:07là il faut le rappeler
15:08à tous ceux
15:09quand vous voyez une grenade
15:10vous vous tirez
15:11vous n'essayez pas
15:12de la renvoyer
15:12ça ne sert à rien
15:13c'est même dangereux
15:14même une grenade lacrymogène
15:15qui n'aurait pas fini d'exploser
15:16parce que ce sont des armes
15:18détonnantes
15:19voilà
15:19et la grenade de désencerclement
15:21elle est théoriquement utilisée
15:22par exemple
15:23lorsque des policiers
15:24sont encerclés
15:25au milieu
15:26et qu'ils n'ont pas le choix
15:26d'un groupe violent
15:27et qu'ils n'ont pas d'autre choix
15:29pour précisément
15:30désencercler
15:31ce qui n'est tel cas
15:32dans aucun des cas
15:33qu'on a vu
15:33et même la grenade assourdissante
15:35n'avait pas lieu d'être
15:36parce que les techniciens
15:37y compris
15:39Dominique Rizet
15:40le rappelait l'autre jour
15:41en appelant des gens
15:43dont c'est vraiment
15:43le métier
15:44CRS etc
15:45ils disaient
15:45moi jamais
15:46j'aurais dû l'ordre
15:47de lancer ce truc là
15:47il n'y a aucune raison
15:48ça ne sert à rien
15:49il n'y avait pas
15:50les conditions nécessaires
15:52pour l'envoi
15:52de cette grenade assourdissante
15:55question
15:55Béossien Alain Bauer
15:56ces grenades assourdissantes
15:59toutes ces grenades
16:00en réalité
16:00ces armements intermédiaires
16:01les policiers disent
16:02pour beaucoup
16:03qu'elles sont nécessaires
16:04à l'éloignement
16:05au maintien à distance
16:06des manifestants
16:07moi je me demande
16:08pourquoi
16:09les camions lanceurs d'eau
16:10dont j'imagine
16:11qu'ils causent des lésions
16:12et des blessures
16:13moins graves
16:13que ces grenades
16:14pourquoi
16:14il n'y en a-t-il
16:15pas plus souvent
16:16c'est parce qu'il n'y en a pas
16:17plus
16:18point
16:18et pourquoi
16:19on n'en met pas le paquet
16:20c'est un peu comme
16:21les profs
16:22de faire des cours
16:23enfin
16:23il y a des fois
16:24c'est de remplaçant
16:25au canon à eau
16:25et puis le canon à eau
16:26posait un problème
16:27c'était de très gros
16:28équipements
16:29qui circulaient
16:30assez mal en ville
16:30on était plutôt
16:31dans une logique violente
16:32plus urbaine
16:33et le seul
16:34qui a voulu vraiment
16:35faire ce travail
16:35c'était le préfet Masseau
16:36dit après 1986
16:37c'est l'inspecteur général
16:38Berlioz
16:39qui gérait les manifs
16:40de 1986
16:40parce que j'ai vu
16:41qu'il y avait beaucoup
16:41de relecteurs
16:42du rapport du Sénat
16:44mais à l'époque
16:45on n'avait pas trouvé
16:46de solution intelligente
16:48sur l'usage
16:49mais je reconnais
16:50que des petits camions
16:52lanceurs d'eau
16:53à haute pression
16:54et surtout avec colorisation
16:55du point de vue
16:56du maintien de l'ordre
16:57c'est-à-dire avec colorisation
16:58d'un point de vue
16:59de neutralité axiologique
17:00comme prof
17:01et pas comme ex-syndicaliste
17:03coloration
17:04quel est l'intérêt ?
17:05Ah ben vous retrouvez
17:06quelques casseurs
17:06parce qu'il est jaune
17:07il est vert
17:08il est bleu
17:08et puis ça s'enlève
17:09difficilement
17:10il faut bien viser
17:11pour être sûr
17:11il faut viser le casseur
17:12mais pas le manifestant
17:13il y a de l'ADN dessus
17:15et ça peut être très précis
17:16et Patrick Fort
17:17le préfet de police de Paris
17:18qu'on a entendu
17:19il y a quelques minutes
17:20sur BFM TV
17:20disait que précisément
17:22l'utilisation des canons à eau
17:24que les canons à eau
17:25seraient utilisés
17:26si besoin
17:26lors de la manifestation
17:27de mardi
17:28et lui considère
17:29que c'est une intervention
17:30très efficace
17:31c'est-à-dire que c'est
17:31un très grand professionnel
17:33et que la gestion
17:34de la manifestation
17:35de mardi
17:36je vais m'y retrouver
17:37était absolument remarquable
17:39de coordination
17:40et de cohérence
17:41entre le service
17:41ordre central
17:42de la CGT
17:42et la préfecture de police
17:44ça n'enlève rien
17:45aux autres épisodes
17:46que nous avons traités
17:47mais il faut aussi saluer
17:48le travail
17:48quand il est bien fait
17:49pour être complet
17:50sur le matériel
17:51des forces de l'ordre
17:51il y a un petit nouveau
17:52en ce moment
17:52Alain Bauer
17:53qui est apparu
17:54dans les cortèges
17:56ces derniers jours
17:56ce qu'on appelle
17:57le bouclier
17:58stroboscopique
18:00stroboscopique
18:01on dit comme ça
18:03un bouclier
18:04on voit les images
18:05orné d'une bande lumineuse
18:06qui envoie des flashes
18:07vert ou blanc
18:08pouvez-vous nous expliquer
18:10à quoi ça sert ?
18:10vous avez un effet rétinien
18:12qui fonctionne sur le cerveau
18:14et c'est un élément perturbant
18:15qui amène en général
18:17soit être un peu gelé sur soi
18:19soit estiré
18:20soit pour certains
18:21d'ailleurs ça provoque
18:22des crises épileptiques
18:26c'est aussi simple que ça
18:28on l'allume
18:28et ça éloigne
18:29c'est pas si simple que ça
18:30mais si vous le regardez
18:31trop longtemps
18:32essayez
18:32j'étais en train de regarder
18:34j'avoue que je ne vous vois plus
18:35j'ai regardé pendant 15 secondes
18:36pour voir l'effet
18:37j'ai du mal à voir
18:38là vous n'avez pas l'effet direct
18:40si vous êtes dans un effet direct
18:41vous ne tenez pas 30 secondes
18:43je vous pose la question
18:43parce que des associations
18:44et notamment
18:45Reporters sans frontières
18:46ont dit
18:47ça va empêcher la presse
18:49de faire son travail
18:50elle ne pourra plus filmer
18:52ce qui visiblement
18:52n'est pas le cas sur ces images
18:53puisqu'on les a filmées
18:54mais il y a plusieurs
18:55dizaines d'associations
18:56qu'on dit
18:56c'est dangereux
18:57pour la liberté de la presse
18:58c'est beaucoup pour les photographes
18:59je crois
19:00si j'ai compris
19:01ce que dit RSF
19:02mais oui
19:04évidemment
19:04si vous avez des flashs
19:06éblouissants
19:06vous avez des flashs éblouissants
19:07mais dans une zone de gare
19:10avec des projecteurs
19:11vous avez les mêmes
19:12les mêmes problèmes
19:14je pense que
19:15c'est pas
19:15l'effet initial recherché
19:17mais c'est un sujet
19:18qu'il faudra traiter
19:19et je pense qu'il faudra
19:20que la préfecture
19:21et la DGPN
19:22je crois que la DGPN
19:23n'en est pas encore équipée
19:24à ma connaissance
19:25mais j'ai peut-être loupé un épisode
19:27parle avec les organisations
19:28de journalistes
19:28pour leur permettre
19:29de faire leur travail
19:30on a parlé de ce qu'il faudrait
19:31selon vous
19:31changer dans l'armement
19:33dans les consignes
19:34données également
19:35aux forces de l'ordre
19:35non les consignes
19:36il faut qu'elles soient suivies
19:37les consignes
19:38elles sont parfaites
19:39changer l'armement
19:40c'est juste le réduire
19:41ou l'utiliser
19:41ce pour quoi il est fait
19:42on va aller de l'autre côté
19:43de la barrière
19:44si vous voulez bien
19:44avec vous maintenant
19:46Laurent Nunes
19:46cette semaine
19:47je le cite
19:47la violence
19:48que l'on rencontre
19:49notamment à destination
19:50des enseignants
19:51et des forces
19:52de sécurité intérieure
19:53qui sont systématiquement
19:54prises à partie
19:55c'est une violence
19:56inédite
19:57est-ce qu'il y a
19:58aujourd'hui
19:59de l'autre côté
19:59de la barrière
19:59une violence inédite ?
20:00la partie 1
20:01oui
20:01la partie 2
20:02non
20:02contre les enseignants
20:03oui
20:04contre les enseignants
20:05violence inédite ?
20:06oui
20:06jamais ça n'est arrivé
20:07jamais
20:07on a déjà brûlé
20:08des établissements scolaires
20:10des médiathèques
20:11une de temps en temps
20:11on ne s'est jamais attaqué
20:12violemment
20:13volontairement
20:14et de manière délibérée
20:15à du personnel
20:16à la fois enseignant
20:17et non enseignant
20:18de l'éducation nationale
20:21c'est une première
20:22dans ces quantités-là
20:23dans cette volonté
20:25de blesser
20:26ou peut-être même
20:27de tuer
20:27c'est une sorte d'instinct
20:28de mort
20:29extrêmement impressionnante
20:31dans les instruments
20:33utilisés
20:33le lance-flamme
20:35l'essence
20:38on n'est pas
20:39dans le coup de pied
20:40où je te pousse
20:41et tu tombes
20:41on est dans vraiment
20:42une volonté délibérée
20:43d'eux
20:43et d'ailleurs ça amène
20:44à rappeler un élément
20:46dont je souhaiterais
20:47vraiment qu'on fasse
20:48le travail de recherche
20:49je dis ça à mes collègues
20:50et peut-être même
20:51aux forces de l'ordre
20:52et aux journalistes
20:53c'est que
20:54dans les diverses populations
20:55étudiantes qu'on a rencontrées
20:56ceux qui ont des revendications
20:57je veux un prof
20:58je veux des cours
20:59je veux qu'il fasse pas froid
21:00quand il fait froid
21:01des revendications normales
21:03qu'on comprend bien
21:03et qui sont
21:04très communément répandues
21:05derrière il n'y a pas
21:06un responsable politique
21:06qui vous a dit que non
21:08ensuite vous avez
21:08une partie plutôt
21:11agitateur
21:11organisateur
21:12etc
21:12qui surfent sur un mouvement
21:13qu'ils n'ont pas
21:16déclenché
21:16mais qui adorent
21:17avoir l'impression
21:18d'en être les générateurs
21:20et donc tout le monde
21:21vient récupérer
21:21son petit bout de mouvement
21:22et eux ce sont des militants
21:24d'ailleurs ça a des avantages
21:25en termes de services d'ordre
21:26pour les protéger
21:27puisque la plupart des lycéens
21:28ils n'en avaient pas
21:29et en 86
21:30quand j'étais à l'UNEF
21:31on avait 30 000 lycéens
21:32qui ont déboulé
21:33un beau matin
21:34juste avant
21:35et puis juste après
21:36Malik Ousekine
21:37et donc notre angoisse totale
21:39était de les protéger eux
21:40parce qu'ils n'avaient aucune idée
21:41de ce qu'ils faisaient
21:42de où ils vous allaient
21:43et aucune capacité
21:44à envisager
21:45ce que c'est qu'une manifestation
21:46la déclaration de serviteur
21:47donc on était très angoissé
21:49on protégeait plus les lycéens
21:50que les étudiants
21:51et puis troisièmement
21:53vous avez des petits commandos
21:55très mobiles
21:55très déterminés
21:57ceux qui mettent le feu
21:58et ceux qui agressent
21:59très violemment
22:00parce que eux
22:00c'est soit des anciens élèves
22:02exclus
22:02c'est un sujet
22:03soit des petites mains
22:05des narcos
22:06et je dis qu'on a un sujet
22:07du passage des anarchos
22:08il y a un sujet narco
22:09pour vous là en ce moment
22:10pas des narcos
22:11les narcos
22:11ils ont un problème de business
22:12tout ça les agace
22:13mais les petites mains
22:14ceux qui sont utilisés par
22:16qui deviennent
22:17tueurs à gage
22:18à 13 ans
22:18pour 500 balles
22:19là vous avez un sujet
22:20avec une population
22:21désormais très violente
22:23très déterminée
22:24qui va de commando
22:25en commando
22:25et elle
22:26elle s'attaque
22:26à l'institution
22:27en tant que telle
22:28sur une logique
22:29de contrôle territorial
22:30là on n'est plus dans l'argent
22:31le but n'est pas
22:32de gagner de l'argent
22:32c'est d'aller quoi
22:33brûler, casser
22:34brûler, casser
22:35montrer qui est le patron
22:36sur tel territoire
22:37ça c'est un événement
22:39qu'il faut prendre en considération
22:40c'est une population inédite
22:41alors c'est pas la population
22:42inédite des victimes
22:44c'est la population inédite
22:46des agressions
22:46mais vous dites bien
22:47la violence contre les forces
22:48de l'ordre
22:50elle n'est pas
22:50à son plus haut niveau
22:51aujourd'hui
22:51on ne peut pas le dire
22:52non parce que tout le monde
22:53a oublié Génération Naël
22:54pardon 50 000 émeutiers
22:5550 000 émeutiers
22:5845 000 policiers
22:59des centaines de blessés
23:00des milliers de bâtiments brûlés
23:01c'était il y a deux ans
23:03c'est le front même
23:03pardon pourquoi il dit ça
23:04Laurent Dunez ?
23:06ah non
23:06pourquoi il dit
23:07c'est inédite
23:07la violence contre les forces
23:08de l'ordre ?
23:09le moment
23:10le mouvement
23:10il a raison sur la partie
23:12personnelle de l'enseignement
23:13j'ai dit que
23:14c'est moitié vrai
23:15moitié inexact
23:16mais on a un problème
23:17d'amnésie collective
23:18c'est lié probablement
23:19à la surproduction
23:20d'images
23:21et au fait que
23:22tout ce qui arrive
23:22est nouveau
23:23rien n'était là avant
23:24moi j'ai l'impression
23:25d'être un ancêtre
23:26vous voyez
23:26je me tiens bien
23:27mais voilà
23:29je revis 86
23:30il faut avoir l'histoire
23:31des mouvements
23:31je revis 86
23:33et j'ai vu un collègue
23:34qui me disait
23:34on peut encore vous ramener
23:35en 86
23:36non mais j'ai vu un collègue
23:37qui me rappelait
23:37ah bah ça me rappelle 68
23:39il est beaucoup plus vieux
23:40que moi
23:40mais vous comprenez
23:41ce que je veux dire
23:41il y a un moment
23:42où tu dis
23:43mais il n'y a rien
23:43de particulièrement nouveau
23:44mais il y a
23:45dans ce qui n'est pas nouveau
23:46des curiosités
23:47l'une
23:48sur l'agression
23:49sur des personnels
23:50de manière délibérée
23:51de l'éducation nationale
23:52ça n'était jamais arrivé
23:53comme ça
23:53et deux
23:54sur cette nouvelle population
23:56de micro-commandos
23:57tournants
23:58qui ne viennent pas
23:59pour bloquer
23:59mais pour détruire
24:00bloquer
24:01on l'a toujours fait
24:02détruire
24:02c'est nouveau
24:03alors ça
24:03il faudra quand même
24:04qu'on attende
24:05d'avoir l'ensemble
24:06des remontées
24:06bien sûr
24:07l'ensemble
24:09des interpellations
24:10et que chaque profil
24:11ait été passé au crible
24:12pour avoir
24:13soit un portrait robot
24:14soit pas de portrait robot
24:15soit des groupes
24:15soit pas de groupe
24:16pour l'instant
24:17dans les premières remontées
24:18qu'on a
24:18on a quand même
24:19d'abord énormément de mineurs
24:2087%
24:2286
24:23selon les derniers chiffres
24:24allez
24:25on a perdu 1%
24:26on a pris 1%
24:29donc effectivement
24:30beaucoup de mineurs
24:31et souvent
24:33en tout cas
24:33dans les premières remontées
24:34qu'on a pu avoir
24:35des parquets
24:35des primo-délinquants
24:37inconnus
24:38des services de police
24:38mais c'est que le début
24:41le fait qu'ils soient mineurs
24:42et inconnus
24:43parce qu'ils soient inconnus
24:44mais en partie connus
24:46quand je dis génération à elle
24:47c'est parce qu'il y a
24:48un état d'esprit
24:49d'affrontement structurel
24:51avec l'institution
24:53notamment policière
24:54ce qui explique
24:54le nombre de blessés policiers
24:55et le fait que plus personne
24:56n'a peur de la police
24:58au sens de
24:59personne ne recule
25:00tout le monde avance
25:01c'est un vrai sujet
25:02le deuxième
25:02c'est comme le disait
25:03un procureur
25:04que je connais bien
25:05et qui était un procureur
25:06de l'Est de la France
25:07oui monsieur Bauer
25:08quand je lui disais
25:09exactement ça
25:10il me disait
25:10oui monsieur Bauer
25:11les autres
25:11ils courent plus vite
25:13il ne faut pas négliger ça
25:15et le commando
25:15son principe
25:16c'est la mobilité
25:17et la rapidité
25:18et le fait qu'ils savent
25:18justement
25:19éviter les interpellations
25:21et le reste
25:22donc il faut bien voir
25:23que nous parlons
25:24que de la partie connue
25:25de ceux qui ont été interpellés
25:26mais nous sommes en train
25:28de vivre une génération
25:29l'apparition d'une génération
25:31militante
25:32déterminée
25:32engagée
25:33qui n'a pas peur
25:34de l'affrontement
25:35qui trouve ça même
25:36plutôt fun
25:36et je pense qu'il y a là
25:38une inquiétude
25:39à avoir
25:40sur la suite
25:41des événements
25:42alors d'abord
25:42quelque chose de rassurant
25:43la jeunesse
25:44n'est pas désoeuvrée
25:45et elle n'est pas dépolitisée
25:48elle est en train
25:48de se repolitiser
25:49la mauvaise partie
25:50c'est qu'elle se repotisse
25:51par la violence
25:52ce n'est pas une bonne
25:53non
25:53ce dont nous parlons
25:55ça et tout mouvement social
25:57commence par une génération
25:59concernée
25:59une avant-garde
26:00et se termine par la violence
26:02de l'état
26:03oui
26:03pareil
26:04de la même manière
26:05voilà
26:05on a évoqué la méthode
26:06de Laurent Nunez
26:07à l'étage de dessus
26:08il y a Sébastien Lecornu
26:09peut-être parce que
26:10nous sommes amnésiques
26:11on a tendance à l'oublier
26:12mais Sébastien Lecornu
26:13avant Matignon
26:13a une histoire
26:14y compris il a géré
26:15d'autres crises
26:16hors de la métropole
26:18notamment je pense
26:18à la Nouvelle-Calédonie
26:19puisqu'il était
26:19ministre des Outre-mer
26:21et c'est lui au fond
26:21qui fin 2021
26:23était là au moment
26:24où le gouvernement
26:25a essayé de passer en force
26:26sur ce troisième référendum
26:27d'autodétermination
26:28boycotté par les indépendantistes
26:30on sait que ça a très mal fini
26:31est-ce qu'il y a un sujet
26:32avec la méthode
26:33Lecornu
26:34de ces crises
26:35de ces gestions de crise
26:37alors moi
26:37je sous-estime pas du tout
26:39le Premier ministre
26:40et je pense que
26:41la manière dont il a suggéré
26:43par exemple
26:43le ministère des armées
26:44était plutôt remarquable
26:46et j'ai été
26:47c'est pas secret
26:49extrêmement critique
26:49sur la manière
26:51dont a été gérée
26:51la Nouvelle-Calédonie
26:52comme tous ceux
26:53qui connaissaient
26:54Nouvelle-Calédonie
26:54de droite
26:55de gauche
26:55du centre
26:56tous ceux qui ont eu
26:57l'occasion
26:57d'aller en Nouvelle-Calédonie
26:59alors moi c'est là
27:0088
27:01quand j'étais
27:02auprès de Michel Rocard
27:03à Matignon
27:04et qu'il a rétabli
27:05la paix
27:05en Nouvelle-Calédonie
27:07après un drame
27:08à Ouvéa
27:08des dizaines de morts
27:10des gendarmes
27:11tués
27:12interpellés
27:13de nombreux indépendantistes
27:14aussi
27:15l'assassinat ultérieur
27:16de Jean-Marie Djibaou
27:17l'homme de la paix
27:19canaque
27:20et pas seulement
27:21sur le territoire
27:22donc
27:23il peut arriver
27:24qu'on fasse
27:25des erreurs
27:26mais jusqu'à présent
27:27et vous avez raison
27:28de rappeler cet épisode
27:29parce qu'il a été
27:31particulièrement mal traité
27:32et mal géré
27:34mais je dirais
27:35qu'il n'était pas
27:36le principal protagoniste
27:37dans cette affaire
27:37il faudrait en parler
27:38beaucoup à Mme Baquès
27:39plutôt
27:40pour ceux qui connaissent
27:41bien le sujet du caillou
27:43par contre
27:43je pense que
27:44jusqu'à présent
27:45la méthode
27:47du Premier ministre
27:48qui ressemble un peu
27:48à celle d'un président
27:49du Conseil sans majorité
27:51comme le Président de la République
27:52a dissous l'Assemblée
27:53il a dissous la Ve République
27:54aussi
27:54c'est un peu le problème
27:55que nous avons
27:56et donc le Premier ministre
27:57s'en sort pas trop mal
27:59comme président du Conseil
28:00maintenant
28:00est-ce que la méthode
28:02du pourrissement
28:03et de l'attente
28:04est une bonne méthode
28:05personnellement
28:05je ne le crois pas
28:06la différence
28:07avec tous les mouvements
28:08étudiants précédents
28:09c'est qu'il était facile
28:09à l'époque
28:10de retirer
28:10ce qu'on venait de proposer
28:11la loi de Baquès
28:14alors la seule porte de sortie
28:16je le pense
28:16c'est d'annoncer
28:17probablement
28:18des états généraux
28:19de l'éducation
28:20en disant
28:20on va modifier
28:21c'est la fin de Parcoursup
28:23pas la fin
28:24que supprimer Parcoursup
28:26c'est revenir à l'avant
28:26c'est ce qu'il demande
28:27j'accueillais des parents
28:29à 3h du matin
28:29et avant il y avait
28:30le tirage au sort
28:31oui le tirage au sort
28:32qui était pire
28:32et à Tolbiac
28:33à 3h du matin
28:34premier arrivé
28:35premier servi
28:35avec un espèce
28:36de rassemblement
28:37de pauvres gens
28:38qui attendaient
28:39les résultats
28:40de leurs enfants
28:41à leur place
28:42pour avoir la première
28:43ou les seules places
28:44disponibles
28:44dans les secteurs
28:45en tension
28:46non
28:46il faut remplacer
28:48Parcoursup
28:48mais il ne faut pas
28:49le supprimer
28:49mais si ce débat
28:51commence à exister
28:52c'est un verrou
28:53très important
28:54qui sera probablement
28:56ouvert
28:56pour une négociation
28:57intelligente
28:58avec les syndicats
28:59une image pour conclure
29:00Alain Moher
29:00si vous le permettez
29:02c'est celle du préfet
29:03des Hauts-de-Seine
29:03qui a reçu cette semaine
29:05les parents de casseurs
29:06pour leur tirer les oreilles
29:07vous avez une formule
29:08qui me semble assez juste
29:09et je voudrais
29:10qu'on s'y arrête
29:10juste un instant
29:11vous dites
29:12qu'il faut arrêter
29:12avec les parents démissionnaires
29:13l'histoire des parents démissionnaires
29:14où on dit
29:15il y a des parents
29:17qui sont licenciés
29:18par leurs enfants
29:19donc arrêter
29:20de vouloir faire culpabiliser
29:21les parents
29:22c'est ça ?
29:22absolument
29:22il faut les aider
29:23il faut les assister
29:25le préfet Brugère
29:26a une pratique
29:27très intelligente
29:28et assez marrante
29:29d'ailleurs
29:29de gestion
29:30de l'ensemble des crises
29:31à la fois sociales
29:32et éducatives
29:33il va sur le terrain
29:34il ne reste pas
29:35dans son bureau
29:35et je pense que
29:36ça fait partie
29:37des éléments
29:38ça veut dire que
29:38faire payer
29:39tous les parents
29:40des casseurs
29:41ce ne serait pas une bonne idée
29:42c'est le code civil
29:43donc je n'ai pas de problème
29:44avec ça
29:44je rappelle à tout le monde
29:45que la lecture du code civil
29:46n'est pas interdite
29:47que ça existe aujourd'hui
29:48et que c'est très peu appliqué
29:51je rappelle aux parlementaires
29:52qui votent les lois
29:53qui devraient d'abord les lire
29:54avant de les voter
29:55ensuite essayer de faire en sorte
29:56qu'elles soient appliquées
29:56ou alors se décider
29:58à les supprimer
29:58quand elles ne servent à rien
29:59votre dernier livre
30:00il faut sauver les enfants
30:01est donc paru
30:01chez First Edition
30:02livre consacré
30:04au fléau
30:05des violences sexuelles
30:06commises sur les enfants
30:07après Bétharam
30:07après Epstein
30:09après le Squarneck
30:10après Liana
30:11plus récemment
30:12vous dites
30:12c'est le livre
30:13d'un homme en colère
30:14en colère contre qui ?
30:15d'abord
30:15j'ai sous-estimé
30:17cette situation
30:17pendant très longtemps
30:18parce que je m'occupais
30:19des choses sérieuses
30:19la criminologie
30:20le terrorisme
30:22le crime organisé
30:23un beau matin
30:24j'ai découvert le dossier Epstein
30:25parce que j'ai eu
30:26les 3 millions et demi
30:26de documents
30:27et j'en ai fait un livre
30:28dont j'ai parlé chez vous
30:29d'ailleurs
30:29qui permettait d'évoquer ça
30:31bientôt je parlerai
30:32du volet français
30:32puisque 26 plaintes
30:34sont chez la procureure de Paris
30:35avec la moitié
30:37sont des femmes
30:38totalement inconnues
30:39ou des victimes
30:39totalement inconnues
30:40et 6 prédateurs
30:41a-t-elle dit
30:42dont 4 sont
30:43ou étaient inconnues
30:44donc le dossier français
30:45ne fait que commencer
30:46et puis après l'affaire Liana
30:47j'ai découvert
30:4890 000 affaires
30:49non traitées
30:515 millions et demi
30:52de victimes
30:53vivantes
30:53d'une agression sexuelle
30:54dans leur enfance
30:56160 000 par an
30:58ça m'a fait un choc
30:58en me disant
30:59mais comment je n'ai pas vu ça
31:00alors qu'en fait
31:01c'est mon métier
31:02parce que chaque fois
31:02c'est un petit fait divers
31:04passé au tamis
31:05de ci ou de là
31:06et en fait
31:06c'est l'élément essentiel
31:07et ça se rapproche
31:08d'ailleurs de la crise
31:08de l'école
31:09parce qu'au moment
31:10où on discute
31:10de la loi intégrale
31:11vous avez eu un amendement
31:12qui a dit
31:15le dialogue
31:15qui doit être fait
31:16avec les enfants
31:16au moment où ils viennent à l'école
31:17pour déceler
31:18le plus possible
31:19s'ils sont victimes
31:20a été supprimé
31:22faute de moyens
31:23parce qu'il aurait fallu
31:24recruter
31:26des infirmières
31:26des médecins
31:27et on en revient
31:28à cette question là
31:28et on en revient
31:29à cette question
31:29qui est que nous sacrifions
31:30nous sacrifions
31:32160 000 enfants
31:33tous les ans
31:34nous avons
31:345 millions et demi
31:35de victimes
31:36qui traînent
31:36cette douleur
31:37et cette souffrance
31:38ce drame
31:38cette tragédie
31:39y compris la reproduction
31:40de ce qu'ils ont subi
31:41pour certains
31:41c'est aussi un sujet
31:43de prévention
31:43c'est pas seulement
31:44de réparation
31:44et nous ne nous en occupons pas
31:46donc je dis qu'à un moment
31:47de temps en temps
31:48il fallait aussi faire
31:48des livres plus personnels
31:50que purement
31:51sur mon aventin
31:52de neutralité prof
31:54oui c'est un livre personnel
31:55mais c'est un livre personnel
31:56d'engagement
31:58et de volonté
31:59que les autres s'engagent
32:00parce que tous les jours
32:01160 000 enfants
32:02ça en fait beaucoup
32:03vers le K.A.V.
32:03je peux vous
32:03et la notification
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