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Anne Fulda reçoit Pierre Botton pour son livre «Hasard ou destin, ma putain de vie» dans #HDLivres

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Transcription
00:00Bienvenue à l'heure des livres, Pierre Bauton, on est ravis de vous recevoir.
00:03Alors on vous connaît, on connaît l'homme d'asphère, on connaît le jet-setter,
00:06on connaît l'homme politique, on connaît celui qui a fait aussi de la prison,
00:09on connaît celui qui a écrit des best-sellers.
00:11Et puis là on vient de recevoir votre dernier livre qui s'appelle
00:16« Hasard ou destin, ma putain de vie », un livre qui est paru aux éditions Robert Laffont,
00:21un livre qui se lit comme un roman, parce qu'il faut dire que votre vie ressemble à un roman,
00:25avec ses hauts et ses bas, votre vie c'est un peu celle d'un culbuto
00:29qui tombe et qui se redresse.
00:31J'ai le ventre du culbuto d'ailleurs, maintenant malheureusement.
00:35Alors il est question de, comme il est écrit en sous-titre,
00:39passion, pouvoir, showbiz, argent, roi, excès, mais aussi de blessures intimes,
00:45de quêtes d'autre chose.
00:47Et à vous lire, on se dit que finalement, cette vie à 100 à l'heure,
00:52tout cela vous vous y avez goûté, mais peut-être comme un pied de nez à votre père,
00:58à ce père qui n'a pas dû vous aimer finalement.
01:02Oui, c'est une volonté de reconnaissance et en fait ce que j'explique,
01:07c'est que c'est donné à tout le monde, parce qu'en fait, moi j'ai commencé à la
01:09plonge.
01:10J'ai commencé à la plonge, vraiment à laver les assiettes.
01:13Je suis devenu propriétaire du restaurant, j'explique comment dans le livre,
01:15c'est une histoire incroyable d'ailleurs, j'ai eu un contrôle fiscal
01:18et ça m'a amené sur le bateau de l'homme le plus riche du monde à l'époque.
01:22Vous voyez, j'explique tout ça, comment c'est possible en fait, comment c'est possible.
01:27Mais également, j'explique, à chaque fois je tire une leçon.
01:30C'est-à-dire à chaque fois, chaque chapitre peut se lire, indépendamment des autres.
01:35Et à chaque fois, je dis voilà, là, là j'aurais pas dû faire ça.
01:39Voilà, donc c'est effectivement une romanesque.
01:43Et vous dites assez souvent, là j'aurais pas dû faire ça.
01:45D'ailleurs, avant d'entrer là-dedans, vous vous évoquez, vous vous mettez assez à nu, vous y allez,
01:53vous évoquez notamment au début ces bascules, trois événements qui ont vraiment changé votre vie,
01:59qui l'ont marqué à tout jamais.
02:01Le premier, c'est que vous évoquez un viol que vous avez subi lorsque vous avez 10 ans, par le
02:06fils d'un ami.
02:08Le deuxième, c'est un grave accident de moto que vous avez eu, qui vous a laissé des séquelles, qui
02:13a été douloureux.
02:14Là aussi, on voit la figure du père qui vous dit, parce que c'est pas la première fois que
02:18vous avez des problèmes, que vous n'auriez pas.
02:19Oui, sur mon lit d'hôpital, il me dit, cette fois-ci, si tu remarches, t'auras de la chance.
02:25Alors qu'on veut m'amputer, on veut m'amputer de la jambe à 16 ans, et vous voyez, j
02:30'ai la jambe.
02:30En fait, c'est un livre d'espoir, vraiment, c'est un livre d'espoir.
02:33Vous voyez, vous avez un contrôle fiscal, si vous y croyez, peut-être que ça peut vous amener à autre
02:37chose.
02:38Vous avez un grave accident de moto, j'explique comment ce grave accident de moto peut vous amener à être
02:44différent,
02:45mais évidemment, évidemment, avoir un besoin de reconnaissance.
02:47Alors, oui, il y a ça, évidemment.
02:50Et puis Mimi, Coluche.
02:52Voilà, ça c'est le troisième, mais avant de passer au troisième, vous dites que cet accident de moto,
02:56c'est probablement ce qui vous a fait changer d'orientation.
02:59Vous écrivez, exit les études et la vie toute tracée de petits bourgeois lyonnais bien éduqués.
03:03Et je veux réussir, écrire machuscule, pour ne plus être « laid », entre guillemets,
03:08et décider de mon sort, loin de mes parents et de mes chirurgiens.
03:11Donc, c'est vraiment un événement qui a compté.
03:14Alors, et le troisième, vous venez de le dire, c'est effectivement Michel Coluche,
03:18le fait que vous fassiez sa connaissance,
03:21et puis c'est lui qui, après sa mort, d'une certaine façon, vous entraîne vers la politique.
03:28Oui, tout à fait.
03:29En fait, si vous voulez, quand Michel est décédé,
03:33d'abord, c'est un choc terrible pour toute la France,
03:34mais pour moi aussi, parce que c'est une histoire d'amour.
03:36Je dormais dans la même chambre que lui.
03:38Une sorte de coup de foudre, en fait.
03:39Oui, complètement, totalement, totalement.
03:41Et je vivais, à sa demande, je dormais dans la même chambre que lui,
03:46dans la maison qu'il avait louée.
03:47Et en fait, je trouvais que, si vous voulez, son action avec les restos
03:53était assez incroyable, et ça me permettait, moi,
03:55de trouver une justification à la politique.
03:58Et puis, il est parti, et il m'a laissé un vide énorme,
04:02pas qu'à moi, à tout le monde, aux enfants, à Romain et Marius, à Véronique.
04:06Et je raconte également cette histoire,
04:08parce que ce que les gens ne savent pas,
04:10c'est que j'ai dû cacher,
04:12j'ai remonté tout seul avec les croque-morts le cercueil,
04:14mais c'est bourré d'anecdotes, le livre.
04:17Comme vous le dites, c'est une folie.
04:19Et j'ai dû cacher le cercueil dans le parking du Plaza,
04:21parce que ce n'était pas prêt, rugazant, chez lui, pour l'accueillir.
04:24Oui, ce que vous racontez, effectivement.
04:26Et vous dites qu'effectivement, c'est après sa mort,
04:30et donc vous commencez à vous occuper des restaurants du cœur,
04:32et ça vous a mené vers la politique, en fait.
04:35Oui, tout à fait.
04:35Et la politique, ça vous le dites carrément,
04:38c'est la plus grande erreur de votre vie.
04:39Ah oui.
04:40Alors, votre femme...
04:42Elle me l'avait dit.
04:43Vous l'avez prévenu ?
04:44Oui.
04:44Vous ne l'avez pas écouté ?
04:45Non, non.
04:45Vous l'avez écouté les femmes ?
04:48C'est vrai, c'est vrai.
04:49Une erreur que je paye encore 40 ans plus tard, écrivez-vous.
04:52Oui, bien sûr, bien sûr.
04:53Bien sûr, parce que malheureusement,
04:56à chaque fois, je suis tenté d'y croire,
04:59notamment pour les prisons.
05:00Je suis notamment, vraiment, c'est un scandale,
05:03et à chaque fois, je suis déçu.
05:04Voilà, donc à chaque fois, je suis déçu.
05:06C'est juste un monde...
05:07Enfin, vous voyez, la dernière image que vous avez
05:09d'Edouard Philippe et d'Armanin en train de faire des frites,
05:12on frise le ridicule alors que les gens en crèvent pour l'essence.
05:16Enfin, vous voyez, c'est juste n'importe quoi.
05:18Et j'étais à l'origine de ça.
05:20Vous en êtes éloigné parce qu'après votre premier séjour en prison,
05:25vous avez été conseillé, le garde des Sceaux de l'époque, sur les prisons.
05:29Michel Alliomarie, c'est la question.
05:30Donc vous êtes retourné d'une certaine façon, quand même.
05:33Est-ce que vous êtes vacciné, vacciné ?
05:35Non, je ne suis pas vacciné sur le résultat.
05:37Je suis vacciné sur le mode opératoire, mais je ne suis pas le seul.
05:39Je pense qu'on est 65 millions à être vaccinés sur le résultat
05:43et sur le mode de communication.
05:47Tout à l'heure, je regardais la télé et il y avait quelqu'un qui disait
05:51« On a été reçus à l'Élysée ».
05:52Oui, moi, j'ai été reçu par trois présidents, je leur raconte.
05:56On m'a de chaque fois dit « Demain, on rase gratis ».
05:58Mais comme vous êtes à l'Élysée, si vous n'êtes pas habitué,
06:00vous y croyez, vous pensez que ça va se faire et ainsi de suite.
06:04Mais ce qui est intéressant, j'espère dans ce livre,
06:06c'est que j'essaye d'expliquer aux gens comment commencer à la plonge,
06:09tout ce parcours-là.
06:12Comment vous pénétrez le milieu de la F1 ?
06:15Je suis dans un avion en classe éco à côté d'un gars
06:18et je finis au Grand Prix de Monaco avec trois pilotes sur mon bateau,
06:21sur un bateau de 35 mètres.
06:23Vous évoquez dans le livre, effectivement, cette vie un peu fastieuse
06:26que vous avez connue, les jets, Castel, les belles maisons,
06:30les fêtes des dix barcées.
06:30Castel, les gens qui nous regardent, ils ne savent pas ce que c'est.
06:32C'était la boîte à la mode à l'époque.
06:34Mais même vous, je ne pense pas que vous y soyez allés beaucoup.
06:36Si, je suis allé.
06:40Vous racontez un monde, effectivement, qui peut faire ou qui a pu faire rêver certains,
06:44ce monde ne vous fascine plus ?
06:46Non, pas du tout.
06:47Non, non, mais heureusement, j'ai 70 ans.
06:49Ce monde-là, il faut le connaître quand on a 30, 35 ans.
06:52Oui, je veux dire, il y a dans le livre la photo de Matesta Rossa,
06:55vous pensez, c'est complètement ridicule.
06:57Si je montais aujourd'hui dans une Ferrari, d'abord, je n'ai pas les moyens,
07:00puis je n'en ai plus envie, vous ne pouvez plus rouler.
07:02Enfin, je raconte dans le livre qu'un jour, je me suis fait prendre aller-retour
07:05à deux fois 250 km heure avec le gendarme qui me dit,
07:08M. Botton, la prochaine fois, il faut quand même faire quelque chose.
07:11Aujourd'hui, on vous met en prison pour ça.
07:15Finalement, vous le disiez tout à l'heure, il y a quand même, tout au long,
07:18un désir d'amour, de reconnaissance.
07:20Vous parlez d'ailleurs des femmes qui ont compté.
07:22Beaucoup.
07:24Certaines femmes trophées aussi, à l'époque, quand même, un peu.
07:28Même si ça a été des vraies histoires.
07:30Non, non, en fait...
07:31Un chapitre 4, un chapitre 4, un chapitre 4.
07:32Oui, oui, en fait, de toutes ces histoires,
07:36j'ai retenu une chose, je ne fais aucune confiance aux hommes
07:39et je fais toute confiance aux femmes.
07:41Voilà, donc vraiment, ça c'est vrai.
07:44C'est-à-dire, aucune des femmes de ma vie,
07:47ou des rencontres, parce qu'il ne s'agit pas que de parler de femmes dans un lit,
07:50vous voyez ce que je veux dire.
07:50Aucune des femmes de ma vie ne m'a trahi
07:52et elles ont toujours été là, quelle que soit ma situation.
07:55Et donc, c'est vrai, je raconte cette phrase.
07:58D'ailleurs, ma mère m'a dit deux phrases.
08:00Pierre, on ne frappe pas une femme avec une rose
08:03et dans un lit, pense d'abord à elle, pense d'abord à elle, pense d'abord à elle.
08:09Alors, vous avez suivi ces conseils, visiblement.
08:14Alors, vous avez donc...
08:16Vous l'avez dit...
08:16Mais j'ai adoré ça, hein.
08:17J'ai adoré aller chercher des femmes, les emmener en avion,
08:22me dire, mais j'ai rien pour m'habiller, mais t'inquiète pas,
08:23ou faire ouvrir les maisons de couturiers, les habiller, tout leur acheter.
08:28J'ai adoré cette vie-là.
08:30Vous aviez un côté mentor, un peu.
08:32Oui, peut-être.
08:33Non, en fait, si vous voulez, ce que je m'aperçois avec la vie d'aujourd'hui,
08:36c'est que ce n'est pas la taille du bateau qui est importante,
08:38c'est les gens à qui vous êtes dessus.
08:40Voilà, c'est l'ambiance qui a...
08:41Oui, mais enfin, ça, il faut avoir l'expérience pour ça.
08:43Oui, oui.
08:44Parce que de temps en temps, vous vous dites,
08:45ah ouais, on t'invite sur un bateau de 50 mètres, il va être ouvert,
08:47puis vous vous emmerdez.
08:48Alors que, vous voyez, vous pouvez être sur un Zodiac.
08:50Là, moi, il y a deux ans, j'étais sur un Zodiac,
08:53avec des jeunes, on se faisait tirer par la corde et tout.
08:55Et dans la mer comme ça, alors que j'ai des difficultés pour remonter,
08:58tout ça, et j'ai dit,
09:01ah, franchement, c'est ça qui est important.
09:02Et c'est ça que j'ai raté.
09:03Franchement, c'est ça que j'ai raté.
09:05C'est-à-dire que, si vous voulez,
09:06j'ai toujours été vers des gens qui pouvaient me servir et tout ça,
09:09et j'ai raté ça.
09:10Ah, vous ne citez pas la prison dans les événements qui vous ont marqué,
09:13qui vous ont changé ?
09:14Enfin, vous avez écrit dessus,
09:15mais quand même, ça change un homme d'être emprisonné dans quelques temps.
09:20Ben, à votre avis.
09:21Oui.
09:21Non, non, mais c'est...
09:21Non, parce que vous ne le citez pas dans les...
09:23Non, mais parce que j'ai écrit QB4,
09:25qui a très, très bien marché.
09:26Oui, oui.
09:26Et...
09:27Oui, vous l'avez déjà époqué,
09:29mais il a comme ça un cas de l'autobiographie.
09:30Je veux...
09:32Vous voyez, je veux dire,
09:34mon passé, mon parcours.
09:36Il y a la foi, qui est très importante pour moi aujourd'hui,
09:38et puis il y a mon combat pour les prisonniers.
09:39Alors, dernière question aujourd'hui,
09:40qu'est-ce qui vous fait avancer ?
09:41La foi.
09:42La foi.
09:43La foi.
09:43La foi et l'espoir d'y parvenir,
09:46et surtout, la transmission.
09:48C'est très important.
09:49Ce livre est à l'origine...
09:50C'est des jeunes qui sont à l'origine de ce livre.
09:52Parce que quand je suis avec eux et tout,
09:53allez, raconte-nous encore une anecdote.
09:55Allez, Pierrot, raconte une anecdote.
09:56Et j'ai dit, ben, écoute,
09:58mais tu serais prête à aller lire ?
10:00Oui, oui, oui, raconte.
10:01Et c'est comme ça que le livre est venu, en fait.
10:02Je me suis aperçu que les jeunes
10:05voulaient avoir des anecdotes
10:06et de savoir comment on pouvait y arriver.
10:07En tout cas, c'est à lire,
10:08parce que c'est effectivement un livre comme un roman.
10:10Ça s'appelle
10:11« Hazard ou destin, ma putain de vie ».
10:12Ça avance bien le programme.
10:14C'est paru, donc, aux éditions Robert Laffont.
10:16Merci beaucoup, Pierre Botteau.
10:17Merci, Anne.
10:17Sous-titrage Société Radio-Canada

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