- il y a 7 heures
Sébastien Lecornu et son gouvernement ont été interpellés à l'Assemblée nationale ce mardi 6 octobre sur la mobilisation des lycéens et la question du maintien de l'ordre. "Dans une démocratie qui fonctionne, la responsabilité individuelle des individus, des citoyens, y compris des mineurs, existe", "brûler un lycée n'améliore pas la situation bâtimentaire des lycées", "lyncher un professeur n'améliore pas le taux de remplacement des professeurs", a déclaré le Premier ministre, lors de la séance des questions au gouvernement.
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00:00:00L'ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
00:00:03La première va être posée par le président Laurent Marc-Angeli pour le groupe Horizon et Indépendant.
00:00:09Merci Madame la Présidente.
00:00:12Monsieur le Premier ministre, depuis plusieurs jours, nos compatriotes voient avec colère, avec tristesse,
00:00:22les événements qui se produisent dans les lycées et autour des lycées de notre pays,
00:00:25avec aussi, disons-le, parfois une certaine forme d'impuissance qui nous touche tous au plus profond de nous-mêmes.
00:00:32Alors, autant le dire d'emblée, si oui, le dialogue doit exister, si oui, les lycéens ont le droit d
00:00:39'avoir à réclamer davantage de moyens,
00:00:42une meilleure organisation de leurs travaux, jamais, jamais rien ne justifiera un tel déferlement de violence.
00:00:50Aujourd'hui, ce n'est pas un problème d'organisation de la vie au lycée dont il s'agit,
00:00:54c'est un problème d'ordre public. Le groupe que je préside demande à ce que l'ordre revienne avant
00:00:59tout
00:00:59pour permettre à cette mission de service public de s'exercer dans les meilleures conditions.
00:01:04Parce qu'on assiste à une casse, une véritable casse de service public.
00:01:07Je veux avoir une pensée, personne ne pense à eux.
00:01:09Pour les personnels de l'éducation nationale qui subissent de plein fouet les événements qui sont en train de se
00:01:14produire,
00:01:14pour nos forces de l'ordre, pour celles et ceux qui sont victimes de ces violences,
00:01:18pour nos compatriotes qui voient leur argent public partir en fumée.
00:01:23Et aujourd'hui, nous le disons très clairement, c'est ceux qui cassent qui devront payer.
00:01:27Monsieur le Premier ministre, plusieurs questions.
00:01:30D'abord, un bilan, un bilan humain, parce que nous le savons, il y a eu des blessés de part
00:01:34et d'autre,
00:01:35dans les services publics comme chez les élèves.
00:01:37Un bilan également des dégâts matériels, parce que cet argent, il va falloir aller le chercher pour pouvoir réparer.
00:01:43Et c'est de l'argent des Français dont on parle.
00:01:46Et enfin, un bilan politique.
00:01:47Monsieur le Premier ministre, la semaine dernière, vous avez laissé entendre qu'une famille politique,
00:01:52qu'un parti politique était peut-être derrière tout ça, qu'un parti politique était peut-être derrière ce noyautage,
00:01:57derrière cette manipulation de notre jeunesse.
00:01:59La représentation nationale veut savoir de quoi il s'agit.
00:02:02Je vous remercie.
00:02:04Merci beaucoup, monsieur le Président.
00:02:07La parole est à monsieur le Premier ministre.
00:02:09Merci, madame la Présidente de l'Assemblée nationale.
00:02:11Mesdames et messieurs les députés, monsieur le ministre, monsieur le Président Marc-Angéli,
00:02:16permettez-moi, à travers votre question, de rendre compte à la représentation nationale
00:02:20de l'ensemble du panorama, des faits tels que nous les connaissons,
00:02:24de faire quelques éléments de bilan, peut-être aussi quelques éléments de clarification,
00:02:28car il ne vous aura pas échappé que le débat public est inondé de contre-vérités parfois
00:02:32ou de fausses informations, mais aussi, parce que vous l'avez dit,
00:02:35quelques perspectives politiques pour le service public de l'éducation nationale.
00:02:39Premier élément, le bilan, 215 élèves blessés, la majorité d'entre eux, suite à des agressions
00:02:49ou de manière plus résiduelle, des accidents.
00:02:5285 personnels éducatifs, dont 34 proviseurs et adjoints.
00:02:57Mesdames et messieurs les députés, c'est le bilan le plus lourd depuis des décennies
00:03:02dans l'éducation nationale en nombre d'agents publics blessés.
00:03:05Et je le dis comme vous l'avez dit, une banalisation de cette violence
00:03:10contre les personnels de l'éducation nationale n'est pas acceptable.
00:03:13715 policiers et gendarmes blessés et aux blessures s'ajoutent beaucoup d'insultes,
00:03:20d'actes d'intimidation, y compris contre les magistrats,
00:03:24on l'a vu avec monsieur le procureur de la République dans le territoire de Belfort,
00:03:28et même contre les journalistes.
00:03:30Et je veux le dire ici, quelles que soient nos opinions politiques et nos sensibilités,
00:03:34j'arriverai au fond dans un instant, nous n'avons pas le droit d'abandonner
00:03:38les agents du service public, quel que soit leur ministère,
00:03:42quel que soit ce qui peut être dit ici ou là, on défend le service public.
00:03:47Et jadis, l'ensemble de l'hémicycle aurait applaudi pour le faire.
00:03:52Les fonctionnaires territoriaux de l'Etat méritent le soutien,
00:03:58car il n'y a pas de service public dans la République
00:04:01sans que la classe politique ne fasse corps derrière ces services publics.
00:04:10La deuxième réalité, c'est que l'ultra-violence a frappé à la porte de ces lycées.
00:04:21Vous l'avez dit, et cette ultra-violence, monsieur le ministre Marc Angéli,
00:04:25vous l'avez dit aussi, elle doit être condamnée sans condition.
00:04:30Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence.
00:04:36Je rappelle que dans une démocratie qui fonctionne,
00:04:39la responsabilité individuelle des individus, des citoyens, y compris des mineurs, existe.
00:04:45Et que brûler un lycée n'améliore pas la situation bâtimentaire des lycées,
00:04:51que de lyncher un professeur n'améliore pas le taux de remplacement des professeurs.
00:04:56Ces vérités étant dites, il faudra que la justice passe,
00:04:59car une fois de plus, on ne peut pas laisser de place à cette violence
00:05:03et de l'autre côté, ne pas avoir une réponse structurée.
00:05:06J'y viens dans un instant sur les thématiques de fond.
00:05:08Deuxième élément de clarification.
00:05:11Beaucoup de choses ont été dites sur l'action des forces de sécurité intérieure.
00:05:15Et je tiens, puisque l'Assemblée nationale contrôle l'action du gouvernement,
00:05:20redonner quelques éléments de clarification et qu'elles soient tenues pour dites.
00:05:25La première des choses, c'est que par trois Télex, je les ai d'ailleurs ici,
00:05:28le ministre de l'Intérieur les a rendues d'ailleurs publiques,
00:05:31des instructions de proportionnalité ont été données aux forces de l'ordre
00:05:37et donc, il ne saurait qu'il y avoir un défaut de transparence
00:05:41sur les ordres que le pouvoir politique a pu donner aux forces de sécurité intérieure,
00:05:46qu'ils soient policiers ou gendarmes.
00:05:49Deuxième des choses, parce que là aussi, des contre-vérités circulent,
00:05:53ce qui déclenche le maintien de l'ordre, c'est l'existence de violences urbaines,
00:05:59résiduellement sur des biens, mais surtout sur des personnes.
00:06:03Et dans un autre cas de figure, lorsqu'un lycée est bloqué,
00:06:06mais dans lequel le proviseur a demandé un concours de la force publique pour le débloquer.
00:06:11Mais l'extraordinaire majorité des cas, monsieur le ministre Marc Angélie,
00:06:15c'est un usage de la force publique parce que malheureusement,
00:06:18des individus violents se mêlent à la présence de lycéens non violents
00:06:24et s'en prennent à eux ou s'en prennent à l'encadrement de l'éducation nationale.
00:06:29Alors, est-ce que, dans une manoeuvre aussi sensible d'ordre public,
00:06:34est-ce que des accidents peuvent arriver ?
00:06:37La réponse est oui.
00:06:38Et je dis accident, puisque je vois là aussi la terminologie qui est employée de violences policières.
00:06:44Violence policière suggérait qu'il y ait des instructions politiques de répression policière.
00:06:49C'est faux, c'est un mensonge et c'est jeter l'opprobre, justement, sur la police de la République.
00:06:56Et là où il y a des accidents, puisque c'est un état de droit,
00:07:00il doit y avoir enquête, enquête administrative, enquête judiciaire,
00:07:05il doit y avoir transparence, il doit y avoir la recherche de la responsabilité
00:07:09et, pardon de le dire, en être humain, il doit y avoir de l'empathie.
00:07:13Mais ces choses-là étant dites, il faut faire taire deux mensonges
00:07:18qui divisent la société, qui remontent la population contre la police de la République
00:07:22et ce n'est pas acceptable.
00:07:23Le premier mensonge, c'est de laisser à penser qu'il y a une intentionnalité
00:07:27et une disproportion volontaire dans l'usage de la force.
00:07:31Elle n'est pas volontaire, quels qu'en soient les mensonges de la France insoumise.
00:07:35Et le deuxième mensonge, encore plus grave, étant de sous-entendre
00:07:39que la police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient racistes.
00:07:43Et ça, il faut combattre l'ensemble de ces mensonges qui ont été, ici ou là,
00:07:50disséminés sur les réseaux sociaux, sur la place publique, dans les médias.
00:07:55La situation est suffisamment grave pour ne pas avoir besoin d'une classe politique lâche
00:08:01qui souffre sur les braises et qui cherche à attiser les violences
00:08:07pour ensuite mieux les condamner, pour organiser un chaos à des fins électoralistes.
00:08:19Ces contre-vérités et ces mensonges étant dites.
00:08:25Je veux vous dire un mot, monsieur le ministre, sur les manifestations d'aujourd'hui.
00:08:31Non seulement ces manifestations, le gouvernement les accueille avec beaucoup de respect,
00:08:36mais je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous surprendre.
00:08:38Je les accueille avec soulagement.
00:08:41Car enfin, nous avons un cadre légal, déclaré, démocratique,
00:08:47dans lequel l'expression des désaccords peut se faire,
00:08:50y compris avec le gouvernement que je dirige.
00:08:52C'est normal, monsieur le président, qu'il puisse y avoir des manifestations.
00:08:56Et je souhaite que le cadre désormais d'expression du mécontentement des désaccords
00:09:01se fasse soit comme nous le faisons ici, dans un exercice démocratique,
00:09:05par la démocratie parlementaire, soit par la démocratie sociale,
00:09:09c'est-à-dire par les grèves, par les manifestations.
00:09:12Ce que l'ensemble de notre Constitution reconnaît comme droit,
00:09:15c'est aussi la juste réponse, à l'inverse, à la violence que nous condamnons par ailleurs.
00:09:21De cette mobilisation, monsieur le ministre, monsieur le président Marc Angéli,
00:09:25je souhaite que nous puissions désormais avancer pour apporter une réponse politique
00:09:32à un mécontentement lycéen, à une angoisse lycéenne qui, elle, est réelle
00:09:37et que nous devons entendre avec beaucoup d'humilité,
00:09:40en luttant contre les instrumentalisations politiciennes.
00:09:43Plusieurs chantiers ont été ouverts. Certains sont globaux.
00:09:47La question des remplacements, on ne découvre pas le sujet cette semaine.
00:09:51Ça fait de nombreuses années qu'on y travaille.
00:09:53Le pacte pour les remplacements avait été décidé par Elisabeth Borne,
00:09:57que je vois ici, et les premiers ministres précédents.
00:10:00Beaucoup d'argent ont été mis sur l'éducation nationale,
00:10:02avec une augmentation importante du budget depuis 2017.
00:10:05Si c'était qu'un sujet d'argent public, malheureusement, ça se saurait.
00:10:09On pourra néanmoins reparler de budget dans un instant.
00:10:11La question bâtimentaire doit être objectivée, sans jeter non plus
00:10:14l'opprobre sur les conseils régionaux, comme certains ont pu le faire
00:10:17en les instrumentalisant. Quand je vois ce que la région
00:10:20Île-de-France a pu accomplir depuis 10 ans, il faut être honnête
00:10:23et le reconnaître. On réunira les présidents de conseils
00:10:25régionaux demain pour objectiver les choses avec sérieux,
00:10:28comme les élus locaux savent le faire.
00:10:30Des questions, monsieur le ministre de l'éducation nationale,
00:10:33qui se posent sur la question de l'orientation, sur la question de l'organisation
00:10:36du temps scolaire, sur aussi, et je crois d'ailleurs que j'aurais peut-être
00:10:40pu démarrer par cet item-là, la question de la démocratie lycéenne
00:10:44et du recueil de l'expression des lycéens, parce que derrière,
00:10:47il y a un beau sujet politique qu'il faut traiter et dont il faut
00:10:51s'emparer. Ensuite, monsieur le président, il faut aussi désormais
00:10:54objectiver les choses lycée par lycée. Et ce qui me frappe au bout de 15 jours
00:10:58de mouvements lycéens, pour avoir pris beaucoup de contacts dans mon
00:11:02propre département, on sent une multiplication de revendications
00:11:05qui sont très diverses et qui, parfois, ne font pas écho d'un lycée
00:11:08à l'autre. Il faut qu'on l'entende, nous, à Paris, avec beaucoup d'humilité
00:11:11et de sens pratique. C'est pour ça que le ministre de l'éducation nationale
00:11:14a décidé de libérer du temps, dès demain matin, dès jeudi, dès vendredi,
00:11:21banalisation complète des emplois du temps, pour permettre à chaque équipe
00:11:24de direction, dans chaque proviseur, d'avoir un temps de démocratie interne
00:11:28au sein du lycée. On ne peut pas reprocher, on ne peut pas condamner
00:11:32la violence devant le lycée si on n'a pas un temps politique, au sens noble
00:11:36du terme, au sein de chaque lycée. Mandat est donné après aux différents
00:11:40recteurs et d'AZEN d'organiser les remontées d'informations pour y trouver
00:11:44évidemment des réponses. Puis enfin, il y a deux rendez-vous,
00:11:47quand même, parce que je ne voudrais pas qu'on les enjambe trop vite.
00:11:52Le premier, c'est qu'on ne fasse pas comme s'il n'y avait pas des discussions
00:11:55budgétaires qui allaient s'ouvrir prochainement, sur lesquelles un compromis
00:12:00doit être trouvé dans cette assemblée, avec le Sénat également, et sur
00:12:04lequel, avec 1,2 milliard d'augmentation pour le budget du ministère
00:12:08de l'Education nationale pour l'année prochaine, on aurait du mal à dire
00:12:11qu'il n'y a pas, ici ou là, des marges de manoeuvre, il faudra trouver
00:12:14des économies ailleurs, mais sur lesquelles nous pouvons trouver des réponses
00:12:18en urgence. En tout cas, j'ouvre cette porte, c'est une évidence.
00:12:22Puis enfin, l'autre rendez-vous, c'est l'éléphant qui est dans la pièce,
00:12:25c'est l'élection présidentielle, dans lequel il faudra bien que l'ensemble
00:12:29des candidats projettent aussi une vision, une perspective pour le service
00:12:34public de l'éducation nationale. Là aussi, il ne faut pas s'engager sur des
00:12:37mesures que ce gouvernement ne pourrait pas mettre en oeuvre dans des temps
00:12:41courts désormais, mais sur lesquelles nous pouvons apporter des réponses,
00:12:44mais sur lesquelles une vision est à convoquer pour l'avenir. Je vous remercie.
00:12:49Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre.
00:12:52La parole est à présent à monsieur Sébastien Chenu pour le Rassemblement
00:12:56national.
00:12:59Merci, madame la présidente. Monsieur le Premier ministre, qu'avez-vous fait
00:13:04de la France ? C'est cette question que posait en 2023 à votre prédécesseur
00:13:08Marine Le Pen, et cette question, elle est toujours d'une cruelle actualité.
00:13:12Une semaine après la visite du pape, on a vu une France bienveillante,
00:13:17changement d'ambiance. Qu'avez-vous fait de la France ? Ce mardi, une jeunesse qui
00:13:20est en perte de repère, mais surtout en interrogation sur son avenir, nous
00:13:24interpelle. Parcoursup, absence de professeur, revalorisation du métier de
00:13:29professeur, classe surchargée, nous entendons particulièrement ce qu'elle nous
00:13:33dit. Ce mardi, votre gouvernement, qui n'a rien anticipé, rien vu venir, rien
00:13:40préparé, rien prévu, est pris un peu comme un lapin dans les phares d'une
00:13:43voiture. Votre responsabilité, je vous le dis, elle est immense. Et votre bilan,
00:13:47votre échec, il est global. Il est éducatif, évidemment, il est sécuritaire, il est
00:13:51migratoire, il est économique, il est financier, il est social. La liste de
00:13:55courses que vous avez données à vos ministres est un peu pathétique. Ça fait
00:13:58dix ans que vous êtes là. Vous étiez là sous Édouard Philippe et aujourd'hui, vous
00:14:02nous donnez une liste des courses qui, sincèrement, résonnent avec une
00:14:05certaine forme de déconnexion. Mais pire, en ayant fait la courte
00:14:08échelle à la France insoumise aux élections, vous avez légitimé le
00:14:12poison de la violence dont se nourrit ce mouvement dans le débat politique et
00:14:17dans les manifs qui le gangrènent. Qu'avez-vous fait de la France?
00:14:21C'est aussi la question que se pose toute la presse internationale
00:14:25aujourd'hui. Alors aujourd'hui, quelle réponse allez-vous nous apporter?
00:14:28Quelle réponse comptez-vous apporter aux Français autre qu'une plateforme,
00:14:31que des débats, que des numéros verts et pour établir l'ordre? Et puis, tout
00:14:35simplement, n'avez-vous pas honte d'avoir mis notre pays dans cet état-là?
00:14:39Pour nous, pas de résignation. Encore sept mois pour qu'avec Marine Le Pen et
00:14:44Jordan Bardella, nous puissions redonner aux Français des raisons d'espérer et de
00:14:49croire en la France. Merci beaucoup, monsieur Chenu.
00:14:55La parole est à monsieur Edouard Jefret, ministre de l'Education nationale.
00:15:00Merci, madame la présidente. Monsieur le député, ça fait 20 ans que je
00:15:05sers mon pays dans le service public et un an comme ministre.
00:15:09Je l'ai servi quelques années dans le ministère de l'Education nationale.
00:15:11J'ai jamais eu honte, pour répondre à votre question, de servir mon pays
00:15:14depuis 10 ans. Jamais. Et je n'ai pas honte d'ailleurs aujourd'hui
00:15:17de défendre le service public contre celles et ceux qui l'attaquent, en règle.
00:15:22Parce qu'effectivement, nous avons eu 85 personnels, ça a été dit, qui ont été
00:15:26blessés en l'espace de 8 jours et c'est tinie de l'Education nationale.
00:15:29Et nous avons 24 bâtiments qui ont été saccagés et incendiés. Nous avons par
00:15:32conséquent 30 000 élèves qui sont privés de cours parce que certains ont
00:15:36encouragé ou ont légitimé sous quelque forme que ce soit la violence.
00:15:39Maintenant, pour répondre à votre question, ce ne sont pas effectivement,
00:15:41pour certains d'entre eux, des sujets qu'on découvre. Je vous donne juste un
00:15:44exemple. Nous avons réduit, enfin, nous avons multiplié par 3,
00:15:47le taux de remplacement des absences de courte durée dans le premier
00:15:50degré en l'espace de deux ans. A la rentrée scolaire, nous avons réduit
00:15:54de 57% de nos postes vacants. On peut pas dire qu'on s'y est pas
00:15:57attaqué. Simplement, aujourd'hui, très clairement, il faut faire plus et
00:16:01mieux, notamment pour les lycées. Et donc, le Premier ministre nous a
00:16:04confié un certain nombre de chantiers. Le chantier du remplacement pour
00:16:06que nos élèves n'aient plus, j'allais dire, de pertes, de préjudices liés à
00:16:10des absences de longue durée non remplacées. J'ai lancé un plan d'action il y a
00:16:14déjà deux jours. Nous avons identifié tous les établissements, un par un,
00:16:17et nous allons résoudre tous les problèmes, comme nous l'avons fait
00:16:19au passage, d'ailleurs, au lycée Saint-Exupéry de Créteil, en moins de
00:16:22huit jours, quand les filles ont commencé. Nous allons nous attaquer,
00:16:26évidemment, et nous poursuivons à la question de la médecine scolaire.
00:16:28Je vous rappelle que dans le budget, nous proposons de créer 300 postes
00:16:31dans ce domaine, après 300 postes l'année dernière. Nous allons
00:16:34continuer à travailler avec le ministre de l'Enseignement supérieur sur
00:16:36Parcoursup pour en améliorer la transparence et pour améliorer
00:16:39l'orientation. J'ai bien dit, nous allons continuer. Parcoursup, qui, au
00:16:43demeurant, d'ailleurs, c'est bon à savoir, a permis, depuis 2019, à un
00:16:46nombre inédit d'élèves de Seine-Saint-Denis de pouvoir faire le
00:16:49soudain à Paris et, par conséquent, permettre la mixité sociale, qui,
00:16:51auparavant, n'existait pas dans les mêmes termes. Il faut quand même le
00:16:54savoir. Tous ces chantiers-là sont ouverts. Nous allons les mener avec
00:16:57honneur. Parce que quand on serre l'Etat et quand on sera république, on a un
00:17:00honneur. Merci.
00:17:06Vos constats, vos bilans, vos contentements, oui, sincèrement,
00:17:10vous devriez avoir honte de ce que vous avez fait de notre pays.
00:17:13Je vous remercie. Avant de donner la parole au prochain
00:17:16orateur, je suis heureuse de souhaiter la bienvenue à une
00:17:19délégation de l'Assemblée nationale du Cameroun.
00:17:21conduite par monsieur Jean-Jacques Zamet, président du groupe d'amitié
00:17:25France Cameroun. Bienvenue à vous.
00:17:45Merci beaucoup. Je donne la parole à madame la présidente Mathilde Panot pour
00:17:50le groupe La France Insoumise.
00:17:52Présidente, monsieur le Premier ministre, vos jours à la tête de
00:17:56l'ultime gouvernement d'Emmanuel Macron sont comptés, mais vous nous
00:17:59ferez honte jusqu'au dernier. Depuis 18 jours, un puissant mouvement de
00:18:03jeunesse se lève pour l'égalité scolaire. Depuis 18 jours, vous jouez
00:18:07le pourrissement et déchaînez une répression inédite contre les
00:18:10manifestants. 4400 enfants ont été placés en garde à vue. Les images ont
00:18:16saisi d'effroi le pays. Un enfant de 15 ans a eu la main arrachée.
00:18:19Un de 16 ans a perdu un oeil. Un de 14 ans a la mâchoire fracturée. Un
00:18:24jeune a eu la tête enfoncée dans l'eau. Une lycéenne a été étranglée.
00:18:28Une autre a agressé sexuellement. Vous faites honte à la France.
00:18:31Monsieur le Premier ministre, les policiers exécutent vos ordres en
00:18:36affirmant qu'aucune consigne de retenue n'avait été donnée et qu'ils
00:18:39pouvaient utiliser tout l'armement à leur disposition. Vous avez autorisé le
00:18:43pire. Dans n'importe quelle autre démocratie, vous auriez déjà
00:18:47démissionné. La répression sauvage est le contraire de l'ordre
00:18:51républicain. A des revendications politiques, il faut une réponse
00:18:54politique et non policière. Lycéens, étudiants, professeurs, parents d'élèves
00:18:59se mobilisent pour des conditions d'apprentissage dignes. Des locaux
00:19:02rénovés, des professeurs remplacés. La fin du tri social de
00:19:05Parcoursup. Ils exigent que la promesse de l'école républicaine
00:19:08soit tenue. Celle de défaire le verdict social et de donner à
00:19:12chacun la maîtrise de son destin. A court d'inspiration, vous
00:19:15ressortez encore et encore la carte grossière. C'est la faute à LFI.
00:19:19Vos manœuvres ridicules pour vous dédouaner de vos responsabilités
00:19:23ne trompent plus personne. Ceci est une alerte solennelle. On ne
00:19:28brutalise pas les enfants. On ne dresse pas la jeunesse comme un
00:19:31adversaire militaire. Ces scènes défigurent l'idée que nous nous
00:19:34faisons de notre pays et déshonorent ceux qui s'y adonnent.
00:19:37Il n'y a pas de doute, l'usage d'armes mutilantes doit être
00:19:41interdit, tout comme les techniques d'immobilisation létale.
00:19:44Monsieur le Premier ministre, il ne vous reste que la répression
00:19:47pour gouverner. Méfiez-vous. Aucun LBD, aucune grenade ni
00:19:51matraque ne viendra à bout d'une jeunesse décidée à se lever
00:19:54pour son avenir.
00:19:58La parole est à monsieur le Premier ministre.
00:20:02Mme la Présidente de l'Assemblée nationale.
00:20:04Mesdames et Messieurs les députés, Mme la Présidente Mathilde Panot,
00:20:08vous parlez de violence. J'entends que vous ne les condamnez pas toutes
00:20:14avec la même ambiguïté. Moi, je me suis déjà exprimé dans la réponse
00:20:18au ministre Marc-Angélé avec beaucoup de clarté.
00:20:20S'il vous plaît.
00:20:21Juste une question. Pourquoi le député Raphaël Arnaud, qui a été condamné
00:20:26pour violence en réunion, dont les deux assistants parlementaires ont été
00:20:31placés en détention pour meurtre du jeune Quentin ? Pourquoi le député
00:20:36Raphaël Arnaud est toujours membre de votre groupe, Mme la Présidente Panot ?
00:20:40Pourquoi le maire de Saint-Denis a-t-il légitimé la violence, Mme la Présidente Panot ?
00:20:46Pourquoi M. Mélenchon a été condamné pour rébellion lors d'une perquisition menée
00:20:50par l'autorité judiciaire, Mme la Présidente Panot ?
00:20:53Pourquoi votre candidat à l'élection présidentielle fait des jeux de mots
00:20:58pour le mois nauséabonds et avec un relant antisémite, Mme la Présidente Panot ?
00:21:05Pourquoi mettre un brassard blanc pour mieux faire la courte échelle
00:21:08à celles et ceux qui ont une cagoule noire, Mme la Présidente Panot ?
00:21:12La réalité, c'est que vous êtes ambigu avec la violence, car la violence
00:21:17fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays
00:21:20entre maintenant et l'élection présidentielle.
00:21:23Et je vais vous dire une chose, Mme la Présidente,
00:21:26mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement.
00:21:31Semer le chaos tel que vous le faites depuis le début du mouvement
00:21:33Laissez-un est un scandale.
00:21:36Et je vais vous dire, Mme la Présidente Panot,
00:21:37nous ne vous laisserons pas faire.
00:21:41Merci beaucoup, M. le Premier ministre.
00:21:50La parole...
00:21:51Chut...
00:21:52M. Boyard, s'il vous plaît.
00:21:56Vous aurez la parole tout à l'heure, M. Boyard.
00:22:03La parole est à Mme Céline Calvez pour le groupe Ensemble pour la République.
00:22:08M. Céline Calvez pour le groupe Ensemble pour la République.
00:22:08Merci, Mme la Présidente.
00:22:10Aujourd'hui, partout en France, des lycéens manifestent pour le droit à une
00:22:14éducation digne pour eux-mêmes, pour d'autres lycéens, pour les futurs
00:22:19lycéens et plus globalement pour l'avenir de notre société.
00:22:22Avec le groupe Ensemble pour la République, nous souhaitons toutes et
00:22:25tous que cette journée se déroule dans l'apaisement.
00:22:28Cette semaine, nous avons vu des tensions et des violences aux abords des
00:22:31lycées. Elles sont intolérables.
00:22:32Comme est inacceptable le comportement de celles et ceux qui profitent de la
00:22:37mobilisation pour casser, pour récupérer, pour mettre de l'huile sur le feu.
00:22:42Ils mettent en danger les jeunes, leurs professeurs, leurs parents, les
00:22:46forces de l'ordre, les journalistes et conduisent surtout à l'invisibilisation
00:22:51des demandes de fonds des lycéens. L'apaisement, c'est aussi, et avant tout
00:22:55cela, écouter les lycéens eux-mêmes. Hier, j'ai reçu à ma permanence parlementaire
00:23:00dix représentants des élèves des trois lycées publics de ma circonscription à
00:23:04Clichy et Levalois dans les Hauts-de-Seine. Engagés pour leurs camarades,
00:23:08préoccupés par la montée des tensions avec les forces de l'ordre, je les ai
00:23:11trouvés lucides et déterminés. Que demandent-ils? Que chaque professeur
00:23:15absent soit remplacé parce qu'un baccalauréat se prépare avec des cours
00:23:19toute l'année. Que leur emploi du temps soit allégé, mieux organisé, que
00:23:24leur charge de travail soit mieux répartie, qu'une infirmière soit présente
00:23:28dans leur établissement, qu'on les accompagne davantage pour parcoursu,
00:23:32pour leur orientation et, de manière plus immédiate, une règle claire
00:23:37pour distinguer l'absence choisie de l'absence subie en ces journées de
00:23:41blocus. Cette écoute, elle encage chaque adulte
00:23:45qui côtoie ses jeunes et nous, élus les premiers.
00:23:48Écouter, ce n'est pas tout accorder. C'est échanger nos points de vue et
00:23:52trouver les meilleures solutions. Envisager ces solutions, c'est
00:23:55consacrer notre attention à l'éducation, un levier d'investissement
00:23:59qu'il nous faut poursuivre. Et notre attention à la jeunesse,
00:24:02qui demande et qui mérite d'être davantage associée au débat
00:24:05public. Car les choix d'aujourd'hui conditionnent
00:24:08non seulement leur avenir, mais aussi celui de notre nation.
00:24:11Comment permettre aux lycéens et aux jeunes de pouvoir s'exprimer dans
00:24:14un cadre apaisé, d'une part, et garantir l'attention des adultes?
00:24:17Merci, madame la députée. La parole est à monsieur
00:24:19Edouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale.
00:24:24Merci, madame la présidente. Madame la députée Calvesse.
00:24:29Depuis le début de ces événements, je tiens une ligne qui, je crois,
00:24:32nous partageons, qui est celle du débat démocratique, c'est-à-dire du
00:24:35dialogue et la transparence. Et à partir du moment où on écarte les
00:24:40violences inqualifiables qui sont venues, dans le fond, confisquer
00:24:43les revendications lycéennes, il faut entendre et il faut comprendre
00:24:47ces revendications. Moi-même, j'ai fait comme vous, j'ai reçu des
00:24:50dizaines d'élus lycéens depuis ce mois d'année, où je suis à l'heure
00:24:53en rentre, et j'ai entendu en fait, en réalité, un profond besoin d'école.
00:24:57Et aussi un besoin d'avoir voix au chapitre, dans un moment de notre
00:25:02histoire où le climat, j'allais dire politique global, est pour le moins
00:25:06effervescent, et où ils ont besoin de faire entendre leur voix.
00:25:09Très concrètement, pour faire entendre leur voix, on a trois
00:25:12voies que nous mettons en œuvre. La première, d'abord, c'est l'ouverture
00:25:15d'une plateforme sur laquelle chaque lycéen, qu'il ait ou pas manifesté,
00:25:19peut déposer sa contribution de manière totalement libre sur les
00:25:24difficultés et sur les attentes. Le lien leur a été envoyé ce matin,
00:25:28entre ce matin et ce midi, 12 000 élèves ont déjà répondu.
00:25:32Merci. 12 000 élèves ont déjà répondu en trois heures.
00:25:36Ensuite, donc, le deuxième aspect, c'est qu'il faut évidemment
00:25:40donner la parole, non pas sur le trottoir au milieu des mortiers,
00:25:43mais dans les établissements à l'abri des mortiers, pour que
00:25:46chaque élève, là aussi, soit capable de participer un peu à un
00:25:48diagnostic objectivé de la situation de son établissement.
00:25:51Et c'est pour ça que, au fur et à mesure de la reprise des cours,
00:25:54demain et après-demain, les établissements vont avoir, le
00:25:56Premier ministre l'a dit, une demi-journée banalisée, avec un temps
00:25:59entre personnel, d'abord, parce qu'il y a beaucoup d'équipes qui ont été
00:26:01traumatisées par la violence dont elles ont été victimes, et puis un
00:26:05temps aussi avec les élèves, pour tout simplement qualifier les choses.
00:26:08Et non, les équipes n'ont pas été traumatisées par les violences de la
00:26:11police contre les établissements, elles ont été traumatisées par
00:26:12les tirs de mortiers. J'étais hier à Guyancourt où les élèves étaient en
00:26:16cours depuis le matin. Ils ont, pendant une heure et demie,
00:26:18huit heures de mortier contre leurs vitres.
00:26:20Troisième point, enfin, c'est la refonte des instances de démocratie
00:26:23scolaire pour garantir une meilleure représentativité et une
00:26:25meilleure prise en compte de la parole des jeunes.
00:26:29La parole est à présent à monsieur Benjamin Lucas-Landier pour le
00:26:32groupe Écologiste et Social.
00:26:38Monsieur le Premier ministre, je vous écoute depuis tout à l'heure et
00:26:42vos réponses sont non seulement ineptes mais inhumaines.
00:26:46des accidents, une jeune femme, une jeune fille de 14 ans étranglée,
00:26:52des accidents, une tentative de noyade sur un jeune, un accident, un
00:26:58enfant de 15 ans qui perd la main et l'avant-bras parce qu'on a envoyé
00:27:01sur lui une arme de guerre, des accidents, monsieur le Premier
00:27:04ministre, vous n'avez pas autre chose à dire, rien de mieux à dire à un
00:27:09ministre de l'Intérieur dont vous dites qu'il applique la
00:27:12proportionnalité proportionnelle. Un ministre de l'Intérieur qui dit
00:27:14à la télévision, il y a quatre jours, qu'il ne donne, je cite,
00:27:18aucune consigne de retenue et qu'il invite à se servir de toutes les
00:27:21armes à disposition dont, je le rappelle, des armes de guerre, des
00:27:25grenades, des accidents, un LBD qui fracasse la mâchoire d'un jeune de
00:27:29ministre de l'Intérieur. Vous avez 14 ans, monsieur le
00:27:31Premier ministre, mais enfin vous avez perdu la raison, vous êtes devenu
00:27:34fou. Ou alors peut-être faites-vous cela pour faire ce que nous avons vu
00:27:39il y a un instant, vous faire applaudir de l'extrême droite.
00:27:42Parce que c'est peut-être ça votre objectif derrière.
00:27:45Des accidents, monsieur le Premier ministre, des parents qui sont
00:27:48obligés d'aller dans des manifestations lycéennes pour
00:27:50protéger leurs enfants. Et vous riez à l'évocation de
00:27:56jeunes mutilés, mutilés sur vos ordres et sur les ordres de votre
00:28:00ministre de l'Intérieur. Monsieur le Premier ministre,
00:28:04défendre les services publics? Mais qui supprime des postes de
00:28:07fonctionnaires? Qui gêne les salaires des
00:28:10fonctionnaires? Qui, depuis dix ans, maltraite nos
00:28:13services publics? C'est vous, ce ne sont pas ces
00:28:15lycéens mobilisés et celles et ceux qui les soutiennent, monsieur le
00:28:18Premier ministre. Alors vous dites, vous en appelez à ce
00:28:22qui seraient les règles d'une démocratie qui fonctionne, je vous
00:28:25cite. Dans une démocratie qui fonctionne,
00:28:27monsieur le Premier ministre, quand un enfant est mutilé, quand un
00:28:30enfant perd sa main parce qu'on a envoyé sur lui une arme de guerre,
00:28:33le ministre de l'Intérieur s'en va, séance tenante.
00:28:35Dans une démocratie qui fonctionne, monsieur le Premier ministre, on
00:28:39ne répond pas par la matraque et les gaz lacrymogènes, mais par le
00:28:42dialogue social à une jeunesse qui réclame son droit à l'avenir.
00:28:45Vous êtes la honte de la République!
00:28:46Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à monsieur
00:28:50Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
00:28:53Merci beaucoup, madame la présidente, mesdames et messieurs les
00:28:55députés. Monsieur le député, mes instructions aux forces de
00:28:58sécurité intérieure, ce n'est pas aux 20 heures de TF1 que je les donne.
00:29:01C'est dans des instructions écrites qu'a cité le Premier ministre et qui
00:29:04en appellent et qui en appellent. Effectivement, quand il y a des
00:29:08violences, des dégradations, des atteintes au personnel enseignant,
00:29:11systématiquement des interventions. Effectivement, mais toujours avec
00:29:16proportionnalité, toujours avec proportionnalité. Alors quand vous
00:29:20dites, je vais vous dire quelque chose, quand vous dites que les forces
00:29:23de sécurité intérieure utilisent des armes de guerre, c'est n'importe quoi.
00:29:27Ce sont des armes intermédiaires qui sont non létales, monsieur le
00:29:30député. Arrêtez de faire croire à notre jeunesse, n'importe quoi.
00:29:33On va continuer à faire ce que nous faisons, à maintenir l'ordre, à
00:29:37intervenir chaque fois qu'il y a des violences, avec
00:29:40proportionnalité. Et quand il y a des blessures, vous le savez
00:29:44très bien, il y a l'inspection générale de la police nationale
00:29:47qui est saisie, qui enquête et qui va vérifier la proportionnalité
00:29:51de l'action. Ce qui compte, monsieur le député, c'est au moment
00:29:55de l'engagement de la force, est-ce que l'action était proportionnée
00:29:57ou pas. C'est de ça dont doivent répondre les policiers et les
00:30:01gendarmes. Alors je vais vous dire quelque chose, monsieur le député.
00:30:03Dans une démocratie normale, des députés de la République n'ont pas
00:30:07à aller sur des barrages pour inciter les lycéens à se révolter, à
00:30:11s'interposer. C'est ça une démocratie normale.
00:30:20Merci beaucoup, monsieur le ministre. Monsieur Lucas, s'il vous plaît.
00:30:24La parole est à présent à monsieur Jean-Philippe Tanguy pour le
00:30:27Rassemblement national. Ah, excusez-moi.
00:30:34Excuse-moi, j'ai été trop vite. Désolée. Monsieur Boucard, je suis navrée.
00:30:40La parole est à monsieur Yann Boucard pour le groupe droite
00:30:43républicaine.
00:30:45Merci, madame la présidente. Mes chers collègues, ma question s'adresse
00:30:48à monsieur le ministre de l'Intérieur. Monsieur le ministre, notre
00:30:51pays sombre jour après jour dans l'ultra-violence. Depuis une semaine,
00:30:55nous assistons à un déferlement d'une violence inouïe, complètement
00:30:57désinhibée de la part d'émeutiers et de voyous qui se mêlent aux
00:31:00manifestations d'une partie des lycéens français. De nombreux fonctionnaires
00:31:03de l'éducation nationale, des pompiers, des forces de l'ordre, des
00:31:06citoyens ont été agressés et blessés. Des établissements scolaires ont
00:31:10été attaqués en meute avant d'être incendiés.
00:31:12Du mobilier urbain a été détruit pour le plaisir de casser.
00:31:15Dans ma circonscription, à Belfort, un commandant de police a été
00:31:18lâchement agressé par derrière avant d'être roué deux coups de pied dans
00:31:21la tête alors qu'il était au sol. Par chance, il est encore en vie, mais
00:31:24il suffit de voir les images pour comprendre que le pire aurait pu
00:31:28arriver. Les émeutiers ne cherchent plus
00:31:30seulement la confrontation, ils veulent tuer du flic.
00:31:33M. le procureur de la République a d'ailleurs ouvert une enquête en
00:31:35flagrance pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de
00:31:39l'autorité publique. Au nom du groupe droite républicaine, j'adresse
00:31:42à ce fonctionnaire de police nos pensées et nos voeux de prompt
00:31:45établissement, à qui j'associe toutes les personnes blessées dans
00:31:48notre pays depuis le début de ces émeutes. Je veux rappeler que
00:31:51manifester est un droit et qu'il doit être garanti par la République.
00:31:55Les revendications des lycéens doivent être entendues, la jeunesse de
00:31:58notre pays doit être écoutée et la suppression de parcours sup doit
00:32:02être envisagée. Mais nous devons collectivement
00:32:04rappeler que la violence n'est jamais légitime et ne doit jamais
00:32:07être légitimée. Ceux qui la légitiment et dressent
00:32:10la foule contre les forces de l'ordre sont irresponsables et mettent
00:32:13en danger les jeunes pour servir leur cause le chaos.
00:32:16En ce sens, la France Insoumise et son leader, Jean-Luc Mélenchon,
00:32:20sont responsables et ils devraient avoir honte.
00:32:24Monsieur le ministre, cette violence qui s'installe dans chaque débat,
00:32:26dans chaque événement, ne peut plus durer. Des mesures doivent être
00:32:29prises pour faire comprendre à chacun que toutes les exactions
00:32:31seront désormais sanctionnées. Alors, monsieur le ministre, que
00:32:34prévoit le gouvernement pour faire payer aux émeutiers ou à leurs
00:32:37parents, les dégâts qu'ils ont causés, pour sanctionner plus durement
00:32:40la participation à des mouvements violents.
00:32:42Comptez-vous enfin remettre en place les peines planchées pour ceux
00:32:45qui agressent les dépositaires de l'autorité publique, des pompiers,
00:32:48des enseignants ou des soignants? Je vous remercie.
00:32:50Merci beaucoup, monsieur le député Boucard. La parole est à Laurent Nunez,
00:32:54ministre de l'Intérieur.
00:32:57Merci beaucoup, madame la présidente, mesdames et messieurs les députés.
00:33:00Monsieur le député, d'abord, merci pour votre soutien et celui de votre
00:33:03groupe aux forces de sécurité intérieure. C'est important, dans le contexte
00:33:06que nous vivons, de savoir que partie de la représentation nationale,
00:33:10une grande partie, soutient les forces de sécurité intérieure qui font
00:33:13un travail remarquable. Et je peux vous dire qu'il y a quelque chose
00:33:16qui me frappe énormément en ce moment, c'est que chaque fois que je m'adresse
00:33:20à un policier ou un gendarme blessé dans le cadre du mouvement, sa réponse,
00:33:23c'est toujours de dire, monsieur le ministre, ce que je fais, je le fais
00:33:26d'abord pour protéger les lycéens et les personnels enseignants.
00:33:29Et j'aimerais que sur une partie de cet hémicycle, on l'entende bien.
00:33:32Pour répondre très précisément, et merci du soutien que vous avez apporté
00:33:36à ce commandant de police qui a été lynché à mort, après avoir été accusé,
00:33:39à tort, d'avoir procédé à une tentative de noyade sur une personne qui l'interpellait
00:33:45parce qu'elle jetait les projectiles, alors même que le procureur avait démenti
00:33:48cette version, vous avez un certain nombre de parlementaires ici présents
00:33:52qui sont venus contredire un procureur de la République. C'est-à-dire comme c'est grave.
00:33:55Pour répondre très clairement à votre question, et le Premier ministre l'a dit,
00:33:58nous avons présenté en Conseil des ministres un projet de loi qui va instaurer
00:34:02un principe casseur-payeur qui va aller plus loin que le droit actuel.
00:34:05Le droit actuel, c'est d'établir une responsabilité civile, une faute qui permette
00:34:09de faire payer les personnes qui sont à l'origine, éventuellement leurs parents,
00:34:13qui sont à l'origine des dommages. Ce que nous allons mettre en place,
00:34:15c'est un nouveau principe, de nouvelles dispositions qui vont permettre de mettre
00:34:19en cause la responsabilité collective d'un groupe présent au sein d'un
00:34:23attroupement ou d'un groupement. Et dès lors qu'une personne se maintiendra
00:34:26dans un groupe ou un attroupement après sommation, qu'il y aura des dégradations
00:34:30et des dégâts commis, nous pourrons aller chercher en responsabilité civile
00:34:35la responsabilité de ces personnes, y compris d'ailleurs leurs parents,
00:34:38bien évidemment, et y compris en se payant sur un certain nombre
00:34:41de prestations, en respectant bien sûr les quotités insaisissables.
00:34:45Voilà la réponse que nous allons apporter. Ce texte sera discuté,
00:34:48le Premier ministre a annoncé, dès le 27 octobre au Sénat et ça paraît
00:34:52indispensable au vu de ce que nous voyons et du volume des dégâts.
00:34:55Merci, Monsieur le député.
00:34:56Merci beaucoup, Monsieur le ministre. La parole est à présent à Madame
00:34:59Florence Herouin-Léotet pour le groupe socialiste.
00:35:02Merci, Madame la Présidente. Ma question s'adresse au ministre
00:35:06de l'Education nationale. 215 élèves, 715 policiers,
00:35:11gendarmes et pompiers, 85 personnels éducatifs tous blessés, un jeune
00:35:16homme de 14 ans à la mâchoire brisée à Saint-Ouen-laumône, un lycéen de
00:35:2116 ans éborgné à Tours, un autre de 15 ans dont la main a été arrachée à
00:35:25Lens. Faut-il qu'il y ait un mort pour que vous commenciez à écouter la
00:35:29jeunesse. Les députés socialistes condamnent
00:35:32avec la plus grande fermeté toutes les violences d'où qu'elles viennent.
00:35:37Mais je veux ici dire tout notre soutien à la jeunesse qui se mobilise et
00:35:42dont la voix ne peut être discréditée par les méthodes violentes de
00:35:46quelques-uns. Comme beaucoup ici, j'ai rencontré
00:35:50des lycéens. Notre responsabilité est de les entendre,
00:35:54pas de les manipuler et encore moins de leur répondre par le mépris et la
00:35:58matraque. Leurs revendications sont légitimes.
00:36:01Un professeur rémunéré devant chaque classe, chaque jour, des murs qui les
00:36:06tiennent au chaud l'hiver et ne soient pas des bouilloires thermiques l'été.
00:36:11Les mêmes chances qu'ils grandissent en centre-ville, dans un quartier populaire,
00:36:15en Outre-mer ou dans un petit village, la fin de Parcoursup machine à
00:36:19anxiété. Du temps pour eux parce que leur vie ne se résume pas à l'école.
00:36:24Ils vivent aussi dans leur chair. Les conséquences du dérèglement climatique,
00:36:28la perte de pouvoir d'achat de leurs parents, les difficultés à se nourrir,
00:36:32à se loger, à faire le plein pour aller travailler. Ces dix dernières années,
00:36:36vous avez éteint les lumières de l'éducation et de l'espérance d'un
00:36:40avenir meilleur. Quel pays dément-t-elle ce qu'il
00:36:44a de plus beau à offrir l'école de la République?
00:36:48Cette crise aurait pu être évitée si vous aviez ne serait-ce que tendu l'oreille
00:36:52aux préconisations de la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant
00:36:56parce que tout y est écrit. Il suffit de se mettre à hauteur
00:37:00d'enfant pour comprendre qu'ils n'attendent rien d'autre que le respect de la
00:37:04de la promesse républicaine. Monsieur le ministre, comme ça,
00:37:09ça les fait se réveiller. Les jeunes sont le présent de l'avenir.
00:37:13Qu'avez-vous à leur proposer pour qu'ils réenchentent leur lendemain ?
00:37:16La parole est à monsieur Edouard Geffrey, ministre de l'Education nationale.
00:37:25Merci madame la députée Erwin Léauté. Sur les drames qui se sont produits et qui ont touché
00:37:32certains de nos élèves, quelles que soient les causes, je pense que vous connaissez
00:37:36suffisamment ce que je suis pour savoir que par définition, et comme tous les membres
00:37:40du gouvernement, je crois, je partage la douleur et la tristesse à leur endroit.
00:37:44Tout comme pour les 715 membres de défense et sécurité qui ont été blessés en tentant de protéger
00:37:50les personnes et les biens, tout comme les 85 personnes d'éducation nationale, je le répète,
00:37:56qui ont été atteintes dans leur chair pour la première fois de notre histoire.
00:38:00Et donc quand on défend le service public de l'éducation, mais je sais que vous le défendez,
00:38:03on part des points de vue différents, mais je crois qu'on défend le service public de l'éducation,
00:38:07on ne peut pas accepter qu'il soit à ce point meurtri dans son bâti comme dans ceux qui le
00:38:13servent.
00:38:13Avec d'ailleurs un effet inévitable, c'est que le résultat de tout ça,
00:38:18c'est l'exact contraire de ce que demandaient les lycéens.
00:38:21Ils demandent mieux d'école dans des bâtiments mieux chauffés, etc.
00:38:24Et on arrive à les priver de cours, j'arrive, on arrive à les priver de cours
00:38:29et avec 24 bâtiments qui ont été intégralement incendiés ou saccagés.
00:38:33A partir de là, les réponses, on a déjà commencé à détailler tout à l'heure.
00:38:37D'abord, il y a une première réponse qui est une réponse de démocratie scolaire.
00:38:40Tous les lycéens que j'ai vus depuis une semaine faisaient la même chose.
00:38:43On est consultés, on n'est jamais entendus.
00:38:45Et donc, il faut tout simplement donner du poids dans la décision.
00:38:49Envisager d'ailleurs, plus qu'envisager, mais je suis en train de travailler dessus,
00:38:52envisager d'avoir un budget qui est dédié pour les conseils économiques des lycéens
00:38:55pour qu'ils puissent eux-mêmes décider de certains projets qui concernent directement la vie scolaire,
00:38:59y compris dans les établissements, et travailler leur représentativité.
00:39:02Première chose.
00:39:03Deuxième chose, il faut répondre à leurs revendications qui,
00:39:05malheureusement, sont très territorialisées et pas que nationales.
00:39:08La question du remplacement, elle n'est pas la même d'un établissement à un autre.
00:39:11Donc, c'est pour ça que j'ai demandé à ce qu'on me fasse remonter, et j'aurai tout
00:39:13demain soir,
00:39:15la situation de la totalité des lycées de France,
00:39:18et tous les points rouges seront traités en huit jours.
00:39:21C'est clair?
00:39:22Pour faire en sorte que, de manière systématique, on puisse apporter une réponse.
00:39:27Merci beaucoup, monsieur le ministre.
00:39:29Pardon.
00:39:33Merci. La parole est à présent à monsieur Jean-Philippe Tanguy,
00:39:36pour le Rassemblement national.
00:39:43Merci, madame la présidente. Monsieur le Premier ministre,
00:39:46Et de 10. 10 budgets, 10 budgets en déficit, 10 budgets qui ont alourdi la dette,
00:39:52et 10 budgets pour lesquels vous n'avez jamais su maîtriser les dépenses.
00:39:56Et comme l'a souligné mon excellent collègue Sébastien Chenu,
00:39:59oui, vous devriez avoir honte, vous qui avez participé à l'ensemble des gouvernements depuis 10 ans,
00:40:03qui ont de tels résultats catastrophiques sur le budget et sur la trajectoire financière de notre pays.
00:40:09Et les marchés, monsieur le Premier ministre, ne vous couvrent plus.
00:40:12Les agences de notation n'arrivent plus à vous couvrir, malgré, il faut dire, des tentatives désespérées
00:40:17pour faire croire que vous étiez une des incarnations de ce Mozart de la finance
00:40:20que les médias nous ont tant vendu et qui coûte si cher à notre pays.
00:40:24Car, évidemment, quand les marchés nous sanctionnent, ce n'est pas vous qui payez,
00:40:27ce sont les Français, ce sont les contribuables, ce sont les entreprises.
00:40:31Et vous, d'ailleurs, qui tenez tant à désindexer les pensions de nos retraités,
00:40:35et qui tenaient tant à désindexer certaines prestations sociales,
00:40:37peut-être faudrait-il désindexer les salaires des ministres ou les salaires des députés macronistes
00:40:42qui ont de tels résultats, de tels résultats aussi brillants.
00:40:45Si seulement on indexait en miroir inversé les résultats de la France avec vos salaires,
00:40:50on ferait enfin des économies, enfin quelques économies.
00:40:55Mais je ne voudrais pas vous rendre en esclavage puisque vos salaires seraient égales à zéro.
00:40:59Et donc, cher collègue, cher monsieur le Premier ministre,
00:41:02pourquoi n'arrivez-vous pas, au bout de 10 ans, à réduire les dépenses ?
00:41:07Pourquoi n'arrivez-vous pas à éviter le fait que systématiquement
00:41:10les dépenses augmentent en volume auprès de 10 ans ?
00:41:14Pourquoi n'avez-vous pas réussi à faire la moindre réforme structurelle
00:41:18permettant la baisse des dépenses sur le millefeuille administratif,
00:41:21sur la bureaucratie, sur la contribution à l'Union Européenne,
00:41:24sur la submersion migratoire, sur les normes,
00:41:26sur la mafia qui entoure la politique de l'énergie,
00:41:29sur les surcoûts des marchés publics, bref, sur rien ?
00:41:32A chaque fois, vous n'avez une seule solution et ce sera ma question.
00:41:35Pourquoi, toujours, faites-vous payer les Français pour votre incompétence ?
00:41:40Merci, monsieur le député. La parole est à monsieur Roland Lesquieu,
00:41:43ministre de l'Economie et des Finances.
00:41:49Merci, madame la présidente. Mesdames, messieurs les députés,
00:41:53monsieur le député Jean-Philippe Tanguy.
00:41:56J'ai bien compris que ce matin, Marine Le Pen avait présenté son contre-budget.
00:42:01Et j'ai bien compris aussi qu'avec un budget Le Pen,
00:42:04on rêverait en couleur et on raserait gratis.
00:42:08J'ai bien compris qu'on rêverait en couleur parce que j'ai entendu un certain nombre de vos collègues
00:42:11nous dire
00:42:12« Regardez, madame Le Pen fait baisser les taux d'intérêt ».
00:42:15Vous le dira, madame Mélonie, les taux d'intérêt italiens,
00:42:17ils ont baissé autant que les taux d'intérêt français.
00:42:20C'est un mouvement global qui concerne la France, l'Italie et tant d'autres.
00:42:24Vous rêvez en couleur parce que j'ai vu que dans vos prévisions de croissance,
00:42:26vous avez 1,8% de croissance pour les 5 ans qui viennent.
00:42:30C'est évidemment bien au-dessus.
00:42:31Tout ce que tous les économistes sérieux français et internationaux planifient.
00:42:35Vous rêvez en couleur parce qu'il suffit d'inscrire dans la Constitution un texte
00:42:39pour que les économies s'en suivent, ça ne marche pas comme ça.
00:42:42Puis surtout, vous rêvez en couleur parce que comme toujours,
00:42:44vous passez de l'Europe à l'immigration avec des mesures parfaitement incantatoires et totalement inapplicables.
00:42:50L'Europe, vous savez que le budget de l'Europe, il est adopté à l'unanimité.
00:42:53Alors si on fait les 9 milliards que vous proposez d'économies tous les ans,
00:42:56il faudra le faire adopter par les 26 partenaires, c'est pas acquis.
00:43:00Mais surtout si vous les faites ces économies, à qui vous allez les faire payer ?
00:43:04Aux agriculteurs français qui sont les premiers bénéficiaires de la PAC ?
00:43:07Aux entreprises françaises qui bénéficient de subventions ?
00:43:10Aux laboratoires de recherche français qui bénéficient des programmes de recherche européens ?
00:43:14Alors bien sûr, il y a l'immigration, vous l'avez mentionné dans votre question.
00:43:1815 milliards de mesures pour la plupart anticonstitutionnelles,
00:43:21qui auraient des impacts délétères sur la santé des Françaises et des Français,
00:43:25et pas seulement des immigrés.
00:43:27Des mesures à la vague que je te pousse, qu'on verra sans doute en amendant le budget,
00:43:31qu'on aura l'occasion de discuter plus en détail.
00:43:3411 milliards sur les rachats d'actions.
00:43:36Il y a 30 milliards de rachats d'actions en France.
00:43:38Si vous arrivez à récupérer 11 milliards sur les rachats d'actions,
00:43:41des rachats d'actions, il n'y en aura plus.
00:43:42Et les 11 milliards, non plus.
00:43:46Merci beaucoup, monsieur le ministre.
00:43:48Monsieur Tanguy.
00:43:50Monsieur Lescure, vous avez raison sur un point.
00:43:52Nous rêvons en couleur.
00:43:53C'est la renaissance pour la France avec Marine Le Pen.
00:43:55Bravo !
00:43:56Merci.
00:44:01Rêvez en couleur.
00:44:02Vous nous préparez à un cauchemar.
00:44:04Heureusement, nous l'éviterons.
00:44:06Merci beaucoup, monsieur le ministre.
00:44:09La parole est à présent à madame Sophie Panenacle,
00:44:12pour le groupe Ensemble pour la République.
00:44:14Merci, madame la présidente.
00:44:16Monsieur le Préministre, je souhaite à cet instant
00:44:18avoir avec la représentation nationale une pensée particulière
00:44:21pour les quatre sapeurs-pompiers morts au feu,
00:44:23cet été, et pour leurs familles.
00:44:26Applaudissements
00:44:29Applaudissements
00:44:47Les sapeurs-pompiers, qu'ils soient professionnels, volontaires et militaires,
00:44:50sont conscients des dangers auxquels ils s'exposent pour sauver des vies.
00:44:54Mais les héros de la nation sont épuisés et inquiets.
00:44:56Aujourd'hui, ce sont eux qui lancent un appel de détresse.
00:44:59Aussi, c'est à nous qu'il revient le devoir de les protéger,
00:45:01en garantissant la qualité du matériel engagé aérien et terrestre,
00:45:05en assurant des effectifs suffisants et une formation adaptée
00:45:08à l'évolution notamment des feux de forêt.
00:45:10C'est également à nous qu'il revient l'obligation de protéger les populations,
00:45:14les biens et d'accompagner les sinistrés, particuliers et entrepreneurs.
00:45:18Face aux changements climatiques entraînant canicule et sécheresse,
00:45:21nous ne pourrons pas douter que les feux de forêt
00:45:23se généraliseront sur l'ensemble des territoires avec une intensité inouïe.
00:45:28Cet été, plus de 90 000 hectares de forêt ont brûlé
00:45:32et 220 000 personnes ont été évacuées.
00:45:34C'est pourquoi nous devons apporter des réponses opérationnelles
00:45:37pour moderniser notre modèle de sécurité civile.
00:45:40C'est l'engagement que vous avez pris.
00:45:42La mission parlementaire que vous m'avez confiée
00:45:46avec 3 autres députés, Sophie Pantel, Didier Le Maire,
00:45:49Jean-Louis Thieriot et 3 sénateurs, Françoise Dumont,
00:45:51Pascal Martin et Olivier Bitz, vous a rendu son rapport fort de 32 articles
00:45:55pour construire un titre 4 au PJL modernisation de la sécurité civile.
00:45:59Il s'agit aujourd'hui d'anticiper, préparer, lutter
00:46:02et se relever face aux feux de forêt.
00:46:04Pour répondre à la question cruciale du financement,
00:46:06notre rapport contient 10 amendements pour le PLF et 6 pour le PLFSS.
00:46:12Ces articles et ces amendements sont issus des auditions, des visites de terrain,
00:46:16des retours d'expérience, des contributions d'élus locaux,
00:46:18de représentants de la sécurité civile, des SDIS, de l'ADFCI, de l'ONF, du CNPF,
00:46:23des organismes de recherche, des civiculteurs, des assureurs, des entreprises aéronautiques,
00:46:28des chambres consulaires et bien d'autres.
00:46:29Monsieur le Premier ministre, vous avez la lourde responsabilité de mener à terme
00:46:32la protection durable des populations, des personnels de la sécurité civile,
00:46:36des territoires à risque et des écosystèmes face au changement d'échelle.
00:46:40Je vous remercie de nous faire part de vos intentions et de celles des ministres concernés.
00:46:43Merci Madame la députée. La parole est à Monsieur Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
00:46:51Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Madame la députée,
00:46:55donc merci de l'hommage que vous avez rendu aux quatre sapeurs-pompiers,
00:46:58deux professionnels de volontaires qui sont décédés cette année au cours de la saison de feu 2026.
00:47:04Nous avons évidemment tiré toutes les conséquences de cette saison avec le Premier ministre
00:47:08et comme vous le savez, il y aura donc le projet de loi de modernisation de la sécurité civile
00:47:14qui sera déposé rapidement, que nous aurons l'occasion de discuter,
00:47:19qui vient clarifier les missions des sapeurs-pompiers,
00:47:22qui vient apporter un certain nombre de garanties qui étaient très attendues pour les professionnels.
00:47:27Et puis, il a été décidé d'ajouter un titre 4, effectivement.
00:47:31Je veux remercier le travail que vous avez fait avec six de vos collègues,
00:47:35députés, sénateurs et notamment pour le travail qui a été fourni,
00:47:38et qui sera intégré à ce titre 4, notamment en matière de renforcement des sanctions pénales,
00:47:42des obligations légales, de débroussaillement, du contrôle qui en sera effectué,
00:47:46de la défendabilité des biens, autant de mesures qui seront retenues
00:47:49et qui figureront dans le titre 4 de ce projet.
00:47:52Mais surtout, je veux aussi ajouter deux autres éléments extrêmement importants.
00:47:56Le Premier ministre a validé l'idée que nous aurons dans ce projet de loi
00:48:00une partie qui sera concernée aux moyens, puisque ce sera une loi de modernisation
00:48:03et de programmation en matière de sécurité civile.
00:48:06Et sur un caractère pluriannuel, nous prévoyons un renfort significatif
00:48:10des moyens de la sécurité civile.
00:48:12Et ce, dès 2027, avec l'augmentation de la taxe spéciale sur les conventions
00:48:16de l'assurance, qui permettra de créer un nouveau pack capacitaire,
00:48:20qui permettra de dégager environ 140-150 millions d'euros par an,
00:48:23pour venir par an, et non pas comme le précédent pack capacitaire qui a fonctionné en one shot,
00:48:29on aura la possibilité chaque année de venir aider les SDIS.
00:48:32C'est extrêmement important.
00:48:33Et puis surtout, sur le budget du ministère de l'Intérieur, nous avons prévu de renforcer significativement
00:48:38les moyens aériens, puisque nous doublons, au-delà des quatre canadaires qui ont été
00:48:43commandés, nous doublons la location des moyens aériens telle qu'elle avait été
00:48:47prévue cette année.
00:48:47aériens telle qu'elle a été prévue.
00:48:47C'est évidemment extrêmement significatif.
00:48:50Je rappelle, 10 hélicoptères bombardiers d'eau et 6 avions
00:48:53bombardiers d'eau que nous allons doubler.
00:48:57La parole est à monsieur Paul Mollag pour le groupe Liberté indépendant
00:49:01Outre-mer et Territoires.
00:49:03Paul Mollag pour le groupe Liberté indépendant.
00:49:05Ma question s'adresse au ministre de l'Action et des Comptes publics.
00:49:08Le budget présenté par le gouvernement donne trop souvent le sentiment d'une
00:49:11recherche d'économie au coup par coup, allant chercher quelque argent par-ci
00:49:14par-là, sans vision de long terme.
00:49:16On peut notamment citer le prélèvement de 2 milliards à venir sur le
00:49:20compte de l'UNEDIC.
00:49:21C'est dans la même logique que l'on retrouve les agences de l'eau.
00:49:24Nous aurions pourtant besoin d'une vision à long terme car l'eau est
00:49:28précisément un investissement d'avenir.
00:49:31Alors que les besoins augmentent, les recettes ne peuvent disposer.
00:49:35Les agences de l'eau dont elles peuvent disposer restent plafonnées.
00:49:39On l'a vu avec la sécheresse que nous avons eue cet été.
00:49:42Le principe est pourtant simple.
00:49:44L'eau paye l'eau.
00:49:45Et là, l'eau paye tout simplement le budget général de l'État.
00:49:50Ce n'est pas normal.
00:49:53Donc, l'agence de l'eau a besoin pour lutter contre les pollutions,
00:49:59lutter contre les algues vertes dont je rappelle que l'État a été condamné,
00:50:02en particulier en Bretagne.
00:50:03la transition écologique et l'adaptation au changement climatique.
00:50:08Cela, ces enjeux demandent de la volonté, des moyens et de la stabilité.
00:50:15La parole est à monsieur Mathieu Lefebvre,
00:50:18ministre en charge de la transition écologique.
00:50:21Merci, madame la présidente.
00:50:23Mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Molac,
00:50:25merci pour votre question qui me donne d'abord l'occasion de rappeler trois choses.
00:50:29Le projet de budget qui vous est présenté est un budget de choix
00:50:32qui fait de l'adaptation au changement climatique,
00:50:34comme l'a souhaité le premier ministre.
00:50:36Une priorité avec un fonds vert qui est relevé à 1 milliard d'euros
00:50:39et un fonds de prévention des risques naturels qui est maintenu à son plus haut niveau historique
00:50:42à 300 millions d'euros.
00:50:45Deuxièmement, ça me permet de rappeler la nécessité d'adopter un budget,
00:50:48comme l'a rappelé le Haut Conseil pour le climat la semaine passée,
00:50:52au risque d'avoir une année blanche pour les investissements favorables à la transition écologique.
00:50:58Et votre question me permet de rappeler par ailleurs
00:51:00que le budget de l'écologie aura doublé en 10 ans.
00:51:03Alors vous avez raison, la sécheresse que nous avons vécue cet été,
00:51:06qui est historique, appelle des moyens supplémentaires.
00:51:10Et la sécheresse rappelle la nécessité de mieux préserver la ressource
00:51:14et de mieux partager la ressource ainsi que d'aider les collectivités locales
00:51:19à moderniser leur réseau.
00:51:21Les plafonds des agences de l'eau ont été successivement relevés.
00:51:26Je rappelle que l'an passé, ils ont été relevés à hauteur de 135 millions d'euros
00:51:29grâce aux compromis parlementaires que vous avez pu trouver sur ce sujet
00:51:33qui nous rapproche considérablement de l'effort qui avait été annoncé
00:51:37par le président de la République en 2023,
00:51:40à savoir une augmentation de 475 millions d'euros
00:51:43des moyens des agences de l'eau.
00:51:45Dans un contexte budgétaire contraint,
00:51:48les moyens dédiés aux agences de l'eau sont stables,
00:51:49à hauteur de 2 milliards et demi d'euros.
00:51:52Mais comme le Premier ministre l'a rappelé,
00:51:54ce projet de budget est évidemment un point de départ.
00:51:57Ce n'est pas un point d'arrivée.
00:51:59Le gouvernement sera naturellement attentif à l'ensemble
00:52:02des amendements parlementaires qui permettront de traduire en acte
00:52:05la promesse du président de la République de relever substantiellement
00:52:09les moyens des agences de l'eau.
00:52:11Je vous remercie.
00:52:11Merci beaucoup, monsieur le ministre.
00:52:13Monsieur le député.
00:52:15Alors, je comprends que le gouvernement soit en recherche d'économies.
00:52:19Mais je lui conseillerais de faire des économies,
00:52:22non pas sur ses investissements, mais sur son fonctionnement.
00:52:25300 000 normes, 1 000 aux fonctionnaires,
00:52:284 fois plus qu'il y a 50 ans, et qui font de la norme.
00:52:32Nous avons là un gisement d'économies phénoménal.
00:52:35Le rapport Ravignon parle au moins de 7 milliards d'économies.
00:52:39Mais pour cela, il faut changer la structure administrative
00:52:43et donner le pouvoir réglementaire aux collectivités locales
00:52:47dans les compétences qui sont les leurs.
00:52:49Et ne plus vouloir tout régler à partir de Paris.
00:52:52C'est vraiment un enjeu, et j'espère qu'on aura l'occasion
00:52:55de s'y pencher.
00:52:56Merci beaucoup, monsieur le député.
00:53:00La parole est à présent à monsieur le président Stéphane Peu
00:53:03pour le groupe GDR.
00:53:05Merci, madame la présidente.
00:53:06Monsieur le Premier ministre, depuis 15 jours,
00:53:09et en ce moment même, la jeunesse exprime massivement sa colère.
00:53:13Mais, une fois de plus, vous n'écoutez pas et vous méprisez.
00:53:18Monsieur le Premier ministre, vous devez à la jeunesse de notre pays
00:53:21un autre comportement que la répression des gilets jaunes
00:53:24ou encore le passage en force sur la réforme des retraites.
00:53:27Des centaines de mobilisations se déroulent sans violence,
00:53:31avec le soutien de parents, d'enseignants, de syndicalistes et d'élus.
00:53:35Notre jeunesse porte des revendications légitimes.
00:53:38En chantant la marseillaise, elle défend l'école de la République
00:53:42et demande à pouvoir croire en son avenir.
00:53:45Oui, nous sommes tellement fiers d'elle.
00:53:47Mais face à cette colère, vous répondez par une répression aveugle.
00:53:52Des centaines de blessés, des enfants mutilés,
00:53:55plus de 6000 interpellations, dont 90% de mineurs,
00:53:59relâchés sans poursuite, car ils n'ont rien à leur reprocher.
00:54:04Du jamais vu.
00:54:06Monsieur le Premier ministre, entendez ces lycéens.
00:54:09Ils dénoncent la sélection sociale.
00:54:11Ils veulent plus d'enseignants, moins d'élèves par classe,
00:54:15en finir avec Parcoursup.
00:54:17Ils refusent une école qui reproduit les inégalités sociales.
00:54:20Ils demandent qu'on les respecte.
00:54:22Mes questions seront simples.
00:54:25Allez-vous ordonner la désescalade ?
00:54:28Cesser la répression aveugle et retenir le bras de votre ministre de l'Intérieur ?
00:54:32Vous engagez-vous à supprimer Parcoursup, source d'angoisse et machines à trier socialement ?
00:54:40Allez-vous supprimer la réforme Blanquer qui a désorganisé les emplois du temps et accru la sélection et la ségrégation
00:54:48?
00:54:49Allez-vous annuler la suppression des 1588 postes d'enseignement de lycée prévus dans votre loi de finances qui va
00:54:58venir en débat ?
00:54:59Bref, allez-vous enfin répondre aux revendications plutôt que de vous enfermer dans une fuite en avant répressive ?
00:55:08Merci beaucoup, Monsieur le Président Peu. La parole est à Monsieur le Premier ministre.
00:55:13Oui, merci beaucoup, Madame la Présidente de la Sommé nationale, Mesdames et Messieurs les députés.
00:55:16Monsieur le Président Peu, nous sommes opposants, mais merci pour la tonalité respectueuse et républicaine de votre question.
00:55:24Bah oui, oui. Donc, à un moment donné, le débat parlementaire peut être âpre, mais il peut se faire de
00:55:29manière respectueuse.
00:55:30Peut-être en répondant à votre question et aussi au député Benjamin Lucas, je ne sais pas s'il est
00:55:38encore là, il est parti.
00:55:40Merci. Juste, il n'y a pas besoin de... Et vous ne l'avez pas fait, je vous en remercie,
00:55:45vous avez parlé de répression policière.
00:55:47On va dire aussi la vérité. On peut s'opposer au gouvernement sans avoir besoin de mentir.
00:55:54Instruction du ministre de l'Intérieur qui a été donnée par trois fois aux forces de sécurité intérieure.
00:56:00Non, non, mais je comprends que la vérité puisse déranger, surtout quand on veut en faire un recel frauduleux pour
00:56:05essayer d'organiser la colère.
00:56:07Je cite sur un des deux Télex, une grande majorité des personnes interpellées sont des mineurs.
00:56:12Je fais une parenthèse, 96% de garçons mineurs, mineurs, parents, des garçons.
00:56:20Je continue. Aussi, je vous demande de garder le discernement qui est le vôtre avec un usage de la force
00:56:25strictement proportionné.
00:56:27Je compte sur vous dans les jours à venir pour permettre la libre expression des revendications tant qu'elles s
00:56:33'expriment de manière pacifique et dans le respect de la loi.
00:56:37Autre citation, parce que comme personne n'a décidé de le lire, je le fais, au moins la transparence est
00:56:42faite.
00:56:42Attaquez-nous sur ce que nous faisons vraiment et sur les instructions que nous donnons réellement et pas sur la
00:56:47base de choses fausses.
00:56:48Si l'expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées, pour le moins.
00:56:56Les forces de sécurité s'attachent donc à interpeller les auteurs de délits et à préserver l'ordre public avec
00:57:01un usage proportionné de la force.
00:57:03Deuxième point, je le dis jadis, et je l'ai dit en introduction de ces questions au gouvernement, je suis
00:57:11frappé de voir qu'il n'y a pas suffisamment de condamnations contre les violences qui sont faites contre les
00:57:17personnels enseignants.
00:57:18C'est le bilan le plus dur pour le ministère de l'Education nationale de ces dernières décennies.
00:57:24Je vais venir au fond dans un instant, mais on ne peut pas organiser le débat public en faisant comme
00:57:29si du personnel d'encadrement, proviseur, proviseur adjoint, des CPE, des enseignants, n'ont pas été violentés ces dernières semaines.
00:57:40C'est le bilan, c'est le bilan, c'est le bilan.
00:58:18C'est le bilan, c'est le bilan.
00:58:27On est encore dans un état de droit.
00:58:29Une gauche républicaine défend encore l'état de droit, si ma mémoire est bonne ou si mes informations sont exactes.
00:58:34Donc on fait encore confiance à la séparation des pouvoirs.
00:58:37On fait encore confiance à l'action, monsieur le garde des Sceaux, des parquets, au juge du siège.
00:58:42Enfin, j'ai le sentiment que dans un moment aussi grave pour le pays, j'ai l'impression de rappeler
00:58:46des évidences qui devraient l'être pour tout le monde.
00:58:48Mais enfin, s'il y a un fonctionnaire de police ou un militaire de la gendarmerie qui a manqué aux
00:58:53ordres qu'il a reçus par sa hiérarchie,
00:58:56il sera, comme à chaque fois et de tout temps, y compris quand un gouvernement a été dirigé par la
00:59:01gauche,
00:59:02il sera sanctionné sans qu'il soit nécessaire de faire le procès de l'ensemble de l'institution.
00:59:07Les choses étant dites, avançons sur les politiques éducatives.
00:59:12Mais, monsieur le président, je crois avoir répondu clairement.
00:59:16Après, vous contrôlerez l'action du gouvernement.
00:59:19Le ministre de l'Intérieur a répondu à la convocation du président Cor, président de la Commission des lois.
00:59:23Nous sommes responsables devant vous, mais nous sommes responsables de la vérité.
00:59:27Pas des mensonges et pas des contre-vérités.
00:59:30Et vous pouvez vous opposer au gouvernement et même avoir des candidats à l'élection présidentielle
00:59:34sans qu'il ne soit nécessaire de déverser, vous ne l'avez pas fait dans votre question,
00:59:38mais un certain nombre de contre-vérités.
00:59:40Ensuite, le fond.
00:59:41Bon, il faut objectiver la plupart des problèmes.
00:59:45Il y a évidemment des questions sur Parcoursup, pas déconnectées du réel.
00:59:50Bon, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, est ici présent,
00:59:54a amené déjà un certain nombre de concertations et de consultations et groupes de travail ces derniers jours.
00:59:58La réalité, on redonnera aussi des éléments de transparence sur le benchmark en mauvais français avec l'ensemble des pays.
01:00:04Je note quand même que toutes celles et ceux qui veulent la suppression de Parcoursup
01:00:07ne disent jamais par quoi ils le remplacent.
01:00:09Je ne suis pas non plus certain que le tirage au sort à l'aveugle de jadis soit si consensuel
01:00:15que ça.
01:00:15En tout cas, plus personne ne le défendait dans le passé.
01:00:18Est-ce qu'il y a un besoin de davantage de transparence ?
01:00:20Le ministre et moi, nous sommes convaincus.
01:00:22La réponse est oui.
01:00:23Est-ce qu'il faut beaucoup plus de simplicité ?
01:00:26La réponse est oui.
01:00:27Tout ce qu'on peut corriger, évidemment que de bonne foi, nous le corrigerons.
01:00:31Deuxième chantier, celui-là il a l'air doutable.
01:00:34Les ministres d'ailleurs s'y sont employés.
01:00:36Le président de la République jadis avait donné des instructions très claires.
01:00:38C'est la question des remplacements qui renvoie à la question du nombre d'enseignants dans le pays.
01:00:42Vous l'avez dit de votre question.
01:00:44Il y a quelques mois, vous m'avez posé une question plus spécifique sur votre circonscription à Saint-Denis.
01:00:48On a vu d'ailleurs un échange respectueux comme à chaque fois et républicain.
01:00:51Il y a un énorme défi démographique dans le pays.
01:00:55Ce qui est vrai pour les retraites, ce qui est vrai pour l'assurance maladie, ce qui est vrai pour
01:00:58le grand âge,
01:00:59et vrai aussi, toutes choses égales par ailleurs, pour la question de l'école.
01:01:04180 000 enfants de moins.
01:01:06Et d'ailleurs, je crois avoir entendu un débat récent dans lequel un certain nombre de candidats à l'élection
01:01:10présidentielle
01:01:10au sein de la même famille politique en parlaient.
01:01:12Qu'est-ce que l'on fait de ce défi démographique ?
01:01:20Ça, c'est une discussion pour maintenant.
01:01:23Quand je dis pour maintenant, c'est pour la discussion budgétaire qui va s'ouvrir.
01:01:27Vous voyez déjà qu'on prend le sujet un peu différemment que d'habitude.
01:01:29On renoue avec une planification, soit pour des quartiers sensibles et difficiles, vous les connaissez,
01:01:34soit pour le milieu rural.
01:01:35Si on applique une clé budgétaire à l'aveugle entre la chute du nombre d'élèves et la chute du
01:01:42nombre d'enseignants,
01:01:43ce sont des fermetures en cascade non seulement de classes, mais d'écoles qu'il faudrait faire.
01:01:47On s'y refuse.
01:01:48Vous voyez bien que dans 18 départements pilotes, on cherche à trouver une solution.
01:01:52Si vraiment on veut s'en sortir en essayant de s'isoler, si on y arrive, du contexte électoral à
01:01:58venir,
01:01:59la question de la démographie est un sujet absolument clé.
01:02:02Il n'a jamais été dit par les membres de ce gouvernement qu'on souhaitait avoir une clé ou un
01:02:07coefficient à l'aveugle.
01:02:09C'est ni mes convictions, ni accessoirement la sociologie de mon département.
01:02:12Par ailleurs, ça c'est un débat que j'ouvre, pas la cinglinglin, pas après la présidentielle, maintenant,
01:02:17et dont on pourra trouver des marges de manœuvre dans la discussion budgétaire.
01:02:21C'est un beau sujet qui renvoie aussi nombre d'enseignants, slash la rémunération de ces enseignants.
01:02:28C'est le moment, une bonne fois pour toutes aussi, de commencer à guider le débat et les orientations budgétaires
01:02:33pour ce faire.
01:02:34Ce gouvernement ne sera plus en responsabilité au moment de la rentrée prochaine, mais il nous revient quand même de
01:02:38la préparer avec vous.
01:02:39Ça, c'est un thème. C'est un thème de travail, il me semble absolument sérieux.
01:02:44Après, d'autres sujets sont à traiter.
01:02:47Je le disais demain, nous réunirons les présidents de conseils régionaux dans le respect des lois de décentralisation,
01:02:51sans opposer l'État et les collectivités locales, comme certains veulent le faire.
01:02:55Pour le coup, c'est une compétence cœur des lois de décentralisation des années 80.
01:03:00Là aussi, beaucoup de choses ont été faites.
01:03:02En tout cas, c'est toujours pareil.
01:03:04Si vous avez besoin d'un gouvernement détaché de l'élection présidentielle,
01:03:09soucieux de la défense de l'intérêt général,
01:03:11souhaitant apporter dans la mesure du possible toutes les réponses positives que nous pouvons apporter,
01:03:15nous le ferons.
01:03:16Si nous devenons un punch-in-ball électoraliste pour des gens qui ont du mal à faire démarrer leur campagne
01:03:21présidentielle,
01:03:22nous n'y pourrons rien.
01:03:24Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre.
01:03:27La parole est à présent à monsieur Roger Vico pour le groupe socialiste.
01:03:34Merci, madame la présidente.
01:03:35Ma question s'adresse à monsieur le ministre de l'Intérieur.
01:03:38Monsieur le ministre, je le dis en préambule,
01:03:40il n'est évidemment pas question ici d'excuser ou de légitimer les actes de destruction,
01:03:46dégradation ou même de violence urbaine dont nous sommes toutes et tous les témoins depuis quelques jours.
01:03:52Pas question d'avantage, bien entendu, de remettre en cause le droit constitutionnel à manifester dans notre pays.
01:03:59Ceci étant clairement exprimé, se pose véritablement et de façon douloureuse
01:04:04désormais la question de la doctrine d'emploi de nos forces de l'ordre.
01:04:09Et même si monsieur le Premier ministre fait beaucoup d'efforts cet après-midi pour vous dédouaner,
01:04:14vous avez affirmé il y a quelques jours que vous ne donneriez, j'ouvre les guillemets,
01:04:18aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l'armement intermédiaire à disposition.
01:04:25Premier point, ce que vous appelez armement intermédiaire,
01:04:29ce sont des lanceurs de grenades ou des LBD.
01:04:32Et je rappelle, contrairement à ce que vous avez dit tout à l'heure, monsieur le ministre,
01:04:36que monsieur Benjamin Lucas n'a pas raconté n'importe quoi,
01:04:39les LBD sont bien classifiés armes de guerre interdites dans toute l'Europe,
01:04:44dans le cadre de la sécurité publique et du maintien de l'ordre,
01:04:48réservés à des unités très spécialisées.
01:04:52Mâchoires fracassées, mains arrachées,
01:04:54chargent même contre des élèves ayant formé une chorale devant leur établissement en Ardèche.
01:04:59Comment s'étonner ainsi des dégâts irréparables qu'ils occasionnent ?
01:05:03Second point, je vous ai entendu ce matin à la radio, monsieur le ministre,
01:05:08développer la différence justement entre absence de retenue,
01:05:12qui signifierait que la police ne s'interdit pas d'intervenir,
01:05:15en effet, et proportionnalité au moment de l'intervention elle-même.
01:05:20Monsieur le ministre, votre déclaration a désinhibé certains membres,
01:05:23et j'insiste, certains membres des forces de l'ordre,
01:05:26en laissant à penser que les contrats de leur doctrine d'emploi
01:05:30devenaient désormais optionnels.
01:05:32Il faut mesurer la portée de ce propos.
01:05:35A chaque fois, le même mécanisme s'enclenche.
01:05:37La doctrine est écrite, puis elle est suspendue au nom du contexte,
01:05:41et les blessures deviennent des statistiques.
01:05:43Merci beaucoup, monsieur le député.
01:05:47Désolée, mais vous avez largement dépassé.
01:05:50La parole est à monsieur Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
01:05:55Merci beaucoup, madame la présidente, mesdames et messieurs les députés.
01:05:58Monsieur le député, je redis ce que je disais tout à l'heure à votre collègue.
01:06:03Il y a une doctrine, le premier ministre a lu mes instructions,
01:06:06doctrine de maintien de l'ordre, qui, d'ailleurs, quand nous intervenons
01:06:09sur des violences dont j'ai bien compris que vous ne les légitimez pas
01:06:13et que vous les condamnez, au moins, c'est clair et explicite,
01:06:15ce n'est pas le cas de tout le monde sur ces bancs.
01:06:17Quand nous intervenons sur des violences urbaines,
01:06:19sur des individus qui rentrent dans un lycée, dans un collège,
01:06:22qui veulent s'en prendre à des enseignants, qui dégradent,
01:06:24qui sont sur l'espace public, qui brûlent des poubelles,
01:06:26qui pient des commerces, ça n'est plus du maintien de l'ordre,
01:06:28c'est de la lutte contre des violences urbaines.
01:06:31Et dans ces cas-là, oui, quand je dis qu'il n'y a pas de retenue,
01:06:34ça veut dire que forcément, les forces de sécurité intérieure
01:06:36doivent intervenir. Il n'y a pas de possibilité d'appréciation.
01:06:39On intervient, point. Et ensuite, la retenue,
01:06:41c'est évidemment dans la proportionnalité de l'action.
01:06:43Ça, c'est le cadre légal et réglementaire qui le définit.
01:06:46Et c'est ce que disent mes instructions, ni plus ni moins.
01:06:49Et c'est ce qu'appliquent les fonctionnaires de police
01:06:51et les militaires de la gendarmerie.
01:06:53Et ça ne désinhibe absolument pas les forces de l'ordre
01:06:56qui remplissent une mission auxquelles elles sont très attachées
01:07:00et qu'elles accomplissent ça dans le cadre de règles républicaines.
01:07:03Ensuite, sur l'armement intermédiaire, c'est l'armement intermédiaire
01:07:06qui a d'ailleurs toujours existé.
01:07:08Je ne crois pas que lorsque la majorité à laquelle vous appartenez
01:07:11était au pouvoir, nous n'avions pas de LBD.
01:07:13Je ne crois pas que nous n'avions pas de lanceurs de défense.
01:07:16Je ne crois pas que nous n'avions pas de cougars
01:07:17qui lançaient les grenades.
01:07:19Ces armes intermédiaires, elles permettent de maintenir à distance.
01:07:22Elles permettent d'éviter d'utiliser justement l'arme létale.
01:07:25Et c'est pour ça que les fonctionnaires de police,
01:07:27les militaires de la gendarmerie, y sont attachés.
01:07:30Ce sont des armes qui sont absolument indispensables
01:07:32quand vous basculez dans les violences urbaines.
01:07:35Et quand les policiers les utilisent,
01:07:37ils sont confrontés à des violences qui sont extraordinaires
01:07:40et qui sortent de l'ordinaire.
01:07:41Et donc, bien évidemment, cette doctrine que nous appliquons
01:07:44ne sera pas remise en cause.
01:07:46Et elle est appliquée sous le contrôle de la justice
01:07:49et avec beaucoup de proportionnalité.
01:07:51Merci beaucoup, monsieur le ministre.
01:07:53La parole est à présent à monsieur Laurent Croisier
01:07:56pour le groupe Démocrate.
01:07:58Oui, merci, madame la présidente.
01:08:01Monsieur le ministre de l'Education nationale,
01:08:03Depuis plusieurs jours, des lycéens se mobilisent
01:08:05pour exprimer leurs inquiétudes face à l'avenir.
01:08:08Les députés démocrates ne confondent pas cette jeunesse
01:08:11qui s'exprime pacifiquement avec les casseurs,
01:08:15parfois étrangers aux établissements concernés.
01:08:18Nous condamnons fermement les violences commises aux abords des lycées.
01:08:22Nous condamnons les mouvements politiques
01:08:24qui attisent les tensions et encouragent ces violences.
01:08:28Nous pensons aux 85 personnels de l'éducation nationale,
01:08:33aux 215 lycéens et aux 715 forces de l'ordre
01:08:36blessés en premier lieu par les fauteurs de troubles.
01:08:41Nous pensons aussi aux lycéens gravement blessés
01:08:44lors des opérations de maintien de l'ordre.
01:08:47Il est temps de retrouver le chemin du lycée et de l'apaisement.
01:08:52Professeurs non remplacés, journées surchargées,
01:08:54bâtiments dégradés ou angoisses liées à Parcoursup,
01:08:58les préoccupations des lycéens sont légitimes
01:09:00et appellent des réponses concrètes.
01:09:02Derrière la baisse démographique, nous voyons une opportunité.
01:09:06Réorganiser notre école pour mieux remplacer les absences,
01:09:08alléger les effectifs des classes et améliorer les conditions d'apprentissage.
01:09:12Nul besoin d'une énième réforme pour cela.
01:09:15Faisons de ces revendications un grand moment de démocratie
01:09:19en faisant confiance aux équipes éducatives et aux élèves responsables.
01:09:24Le groupe démocrate demande que, dès demain,
01:09:28une demi-journée de débat soit organisée dans chaque classe,
01:09:31de chaque lycée, sans oublier les spécificités ultramarines.
01:09:35Chaque élève doit pouvoir s'exprimer et se sentir écouté.
01:09:39La synthèse transmise au conseil de Ville-Hucéenne,
01:09:43élargie à la région, aux élus locaux,
01:09:45chargée de distinguer ce qui se règle immédiatement,
01:09:49ce qui exige un arbitrage
01:09:51et ce qui suppose des travaux plus longs.
01:09:54Chaque action devra s'accompagner d'un responsable,
01:09:57d'une échéance, d'un engagement écrit.
01:10:00Une promesse sans responsable ni calendrier n'est pas une réponse.
01:10:04Monsieur le ministre, et je t'arrête...
01:10:06Merci, monsieur le député.
01:10:08La parole est à monsieur Edouard-Gefray, ministre de l'Education nationale.
01:10:16Merci, monsieur le député.
01:10:18Et merci surtout de rappeler qu'il n'y a pas d'issue en dehors d'un cadre démocratique et
01:10:23de dialogue.
01:10:24On ne peut pas, dans un même mouvement, réclamer qu'on écoute les lycéens,
01:10:27ce que je fais tous les jours,
01:10:29et balayer d'un revers de la main toute forme de débat dans les établissements,
01:10:32comme toute forme de possibilité d'expression universelle
01:10:35de la ravie via la plateforme dont je parlais tout à l'heure,
01:10:37comme si de rien n'était.
01:10:39La démocratie, au bout d'un moment, elle s'incarne.
01:10:40Elle s'incarne dans des lieux, dans des instances.
01:10:43Et ces instances, elles sont à la fois locales et nationales.
01:10:46Et donc, effectivement, je vous confirme qu'il y aura bien une demi-journée banalisée
01:10:49dans tous les établissements de France,
01:10:52à partir de demain, parce que dans certains cas, ça ne va reprendre que jeudi,
01:10:55donc demain ou jeudi, dans toutes les classes,
01:10:58de manière à ce qu'il y ait à la fois un temps avec les élèves
01:11:00et aussi un temps avec les personnels.
01:11:02Tout ça doit permettre d'objectiver la situation établissement par établissement.
01:11:07Parce que là aussi, on peut dire ce qu'on veut pour occuper les médias.
01:11:10Il n'y a pas deux établissements qui sont dans une situation absolument identique.
01:11:13Et donc, il faut traiter les situations établissement par établissement,
01:11:17voir ce qui relève de l'académique ou du national
01:11:20et le traiter exactement dans la même condition,
01:11:22pour faire en sorte d'apporter des réponses avec un calendrier,
01:11:25des objectifs et des avancées sur lesquelles je serai en mesure de vous rendre compte,
01:11:28j'allais dire étape par étape, dans les jours et les semaines à venir.
01:11:32La deuxième chose que vous en parlez, c'est la question de la démographie.
01:11:34J'en profite pour prolonger la discussion de tout à l'heure.
01:11:37Nous avons, comme vous le savez, une chaîne démographique terrible,
01:11:41180 000 lèvres de moins à la rentrée prochaine.
01:11:43Si nous suivions cette baisse démographique,
01:11:44il faudrait supprimer en un système négatif 10 000 emplois.
01:11:47Et c'est évidemment hors de question, ça n'a jamais été envisagé,
01:11:51ne serait-ce qu'un quart de demi-seconde.
01:11:53Et donc, précisément, nous sommes en train de faire en sorte,
01:11:55de manière rationnelle, progressive et jouable,
01:11:58par rapport aussi au vivier d'enseignement,
01:12:00de tirer les dividendes de la démographie
01:12:02pour faire en sorte que le nombre d'alèves diminuées dans toutes les classes
01:12:05à la rentrée prochaine, aussi bien à l'école maternelle,
01:12:08à l'école primaire, au collège et au lycée.
01:12:10Je vous remercie.
01:12:11Merci beaucoup, monsieur le ministre.
01:12:13La parole est à présent à monsieur Pierre Merin,
01:12:16pour le Rassemblement national.
01:12:23Merci, madame la présidente.
01:12:26Monsieur le ministre de l'Economie et des Finances,
01:12:28vos éminents prédécesseurs étaient bien plus visionnaires que vous.
01:12:32En 1951, le gouvernement affectait la taxe sur les produits prêts de pétroliers
01:12:36à un fonds spécial d'investissement routier, grâce à Antoine Pinet.
01:12:40Le réseau routier était ainsi devenu le meilleur et le plus sûr du monde,
01:12:45grâce à une sagesse politique dont vous êtes dépourvus.
01:12:49Après dix ans de macronisme,
01:12:51nos routes ne sont plus que 18e au classement mondial,
01:12:55et le litre de gazole est aujourd'hui à 2,40 euros.
01:12:58Quant à l'axi sur les carburants,
01:13:00ex-TICPE,
01:13:01elle ne sert plus à financer nos infrastructures pour l'avenir,
01:13:05mais à rembourser les intérêts d'une dette que vous avez creusée de façon abyssale
01:13:11à hauteur de 1 320 milliards d'euros.
01:13:15Résultat, les routes françaises continuent de se dégrader,
01:13:19mais vous continuez tout de même à ponctionner entre 1 et 1,20 euros de taxes
01:13:24par litre de carburant pour rembourser vos gabegies.
01:13:27Face à l'explosion des prix du carburant,
01:13:30votre réponse politique est presque insultante pour les Français.
01:13:32Vous leur proposez, et notamment au plus modeste,
01:13:36de mendier un chèque de 100 euros,
01:13:37c'est-à-dire un minuscule plein d'essence.
01:13:40C'est indigne.
01:13:42Je pense à la France du travail,
01:13:44à nos agriculteurs, à nos artisans,
01:13:46à nos infirmières libérales qui, eux,
01:13:48ne cassent rien, contrairement à d'autres,
01:13:51mais ils payent pourtant en silence les peaux cassées
01:13:54de cette épouvantable parenthèse historique
01:13:57que l'on appelle macronisme.
01:13:58Votre devise est fort avec les faibles,
01:14:01faible avec les forts.
01:14:02Dès le budget rectificatif de 2027,
01:14:05nous baisserons les taxes sur le carburant.
01:14:08Mais c'est maintenant que les automobilistes souffrent.
01:14:11Monsieur le ministre,
01:14:12des milliers de Français se limitent à 10 litres de carburant
01:14:16pour ne pas dépasser leur plafond de découvert.
01:14:20Dans votre faim de règne si lugubre,
01:14:23allez-vous enfin, enfin,
01:14:25baisser les taxes sur le carburant?
01:14:27Merci, monsieur le député.
01:14:29La parole est à monsieur Roland Lescure,
01:14:31ministre de l'Économie et des Finances.
01:14:35Monsieur le député Meurin,
01:14:37mesdames, messieurs les députés,
01:14:39je serai surpris...
01:14:41Il est où le monsieur le député ?
01:14:43Il est là, pardon.
01:14:44Vous êtes caché derrière le micro.
01:14:47Non mais, vous dire que votre question me surprend,
01:14:49ça serait évidemment vous mentir.
01:14:52Je m'attendais à cette question,
01:14:53puisque toutes les semaines,
01:14:54depuis le début de cette crise,
01:14:55vous nous la posez d'une manière ou d'une autre.
01:14:57Alors, faire référence aux grands anciens
01:14:59qui nous ont précédés,
01:15:00y compris Antoine Pinet,
01:15:01pour justifier des choix de politique
01:15:03qui me sembleraient hasardeux,
01:15:04c'est quand même un fort de café.
01:15:07Mais, la réponse que je vous fais aujourd'hui
01:15:09et celle que je vous ai fait déjà
01:15:10plusieurs fois dans cet hémicycle,
01:15:12nous préférons être forts avec les faibles.
01:15:15Nous préférons, monsieur le député,
01:15:16aider celles et ceux qui en ont le plus besoin
01:15:18et ne pas effectivement gaspiller de l'argent public
01:15:21pour aider les gens qui, aujourd'hui,
01:15:23n'en ont pas besoin.
01:15:24Alors, vous dites, monsieur le député,
01:15:26100 euros, c'est un misérable point.
01:15:28Si vous voulez payer les pleins
01:15:30de toutes les Françaises et les Français,
01:15:32allez-y.
01:15:32Ce n'est pas la politique que nous menons.
01:15:35Nous menons une politique qui vise, effectivement,
01:15:37à financer une partie du surcoût
01:15:40de la crise à Hormuz.
01:15:42Et c'est ce que nous faisons.
01:15:43100 euros, ce n'est pas rien, monsieur Meurin.
01:15:46C'est la moitié du surcoût
01:15:48sur les trois mois qui viennent
01:15:49pour quelqu'un qui fait un, deux pleins par mois.
01:15:52Alors, peut-être que pour vous, c'est rien.
01:15:53Mais pour la plupart des Françaises et des Français
01:15:55qui roulent, ça n'est pas rien.
01:15:57Par ailleurs, nous continuons à travailler à l'international.
01:16:00Le prix du diesel y baisse depuis deux, trois jours.
01:16:02Ce n'est pas grâce à vous,
01:16:03c'est grâce au président de la République
01:16:04qui, dans le cadre d'un G7,
01:16:06a organisé la libération de chocs stratégiques.
01:16:09Sur une crise internationale
01:16:10qui devrait tous nous rassembler,
01:16:12une fois de plus,
01:16:13vous proposez des recettes
01:16:14qui me semblent inadaptées.
01:16:15Nous proposons une stratégie d'ensemble
01:16:18qui, j'espère, va livrer.
01:16:21Merci beaucoup, monsieur le ministre.
01:16:23La parole est à présent à monsieur Arnaud Bonnet
01:16:25pour le groupe écologiste et social.
01:16:28Merci, madame la présidente.
01:16:30Monsieur le Premier ministre,
01:16:31depuis deux semaines,
01:16:32les lycéens et les étudiants se mobilisent.
01:16:34Je veux le rappeler en ces lieux chargés d'histoire.
01:16:37Leur mobilisation est légitime
01:16:39et nous la soutenons.
01:16:40Quand on perd une année entière de scolarité
01:16:42dans les quartiers populaires de Seine-Saint-Denis
01:16:44parce que votre ministère supprime des postes
01:16:46et ne met pas de remplaçants dans les classes,
01:16:49c'est plus que légitime de se mobiliser.
01:16:51Leurs demandes sont simples
01:16:52et ce sont les mêmes que nous faisons chaque année.
01:16:56Plus d'enseignants.
01:16:57On ne peut pas enseigner et perdre du temps
01:17:00et prendre du temps pour chacun et chacune
01:17:03quand on a 35 ou 40 élèves.
01:17:06Vous êtes comptables de nos classes
01:17:08parmi les plus chargées d'Europe.
01:17:10Des besoins essentiels
01:17:11et dont nous devrions tous avoir honte,
01:17:13des bâtiments chauffés l'hiver et protégés l'été,
01:17:16des toilettes propres,
01:17:17de l'eau du robinet qui n'est pas marron,
01:17:19des tables, des chaises.
01:17:22Simple, basique.
01:17:25Il vous demande un avenir auquel vous avez eu droit.
01:17:28Un avenir sans parcours sup,
01:17:29accentuant toujours plus la pression scolaire
01:17:31et refusé de sa mise en place.
01:17:34Ces revendications,
01:17:35ce sont celles d'une jeunesse qui vous crie
01:17:37qu'elle est asphyxiée sous le poids de vos politiques.
01:17:39Devant vous,
01:17:40j'assume en tant qu'enseignant et député
01:17:42d'être l'un des porte-voix de leur colère.
01:17:45Car témoin, pendant 25 ans,
01:17:47et ma colère m'a mené sur ces bancs.
01:17:49Et chaque année,
01:17:50au moment du budget,
01:17:51les mêmes économies.
01:17:52Le fond vert divisé par trois depuis 2024,
01:17:54alors que nos bâtiments scolaires
01:17:55ont tant besoin de rénovation.
01:17:57Là où nous aurions besoin
01:17:58de 4 milliards d'euros par an.
01:18:01Les solutions,
01:18:02ils vous les ont données.
01:18:03Ouvrez les yeux
01:18:04sur des bâtiments en ruine,
01:18:05des fenêtres qui ne nous s'ouvrent pas.
01:18:07Et ce, cesser de mettre en avant
01:18:09notre catastrophisme.
01:18:11Et avec des médias complaisants
01:18:12de raconter que tout est de leur faute.
01:18:14Et qu'ils ne sont que des sauvages.
01:18:16En les déshumanisant.
01:18:19La violence de quelques poubelles brûlées
01:18:21n'égalera jamais à celle
01:18:23que faites subir au corps,
01:18:25aux esprits
01:18:27et à l'avenir de nos enfants.
01:18:30Demain,
01:18:31nous commençons l'examen
01:18:32de votre budget pour 2027.
01:18:34Allez-vous bousculer votre budget
01:18:36pour trouver les ressources
01:18:37dont nous avons besoin.
01:18:39Merci, monsieur le député.
01:18:40La parole est à monsieur Edouard Geffray,
01:18:42ministre de l'Education nationale.
01:18:48Monsieur le député Bonnet,
01:18:50je connais vos convictions
01:18:51et on peut avoir des désaccords,
01:18:54je vais dire plus ou moins profonds,
01:18:56ou désaccords aussi en matière éducative.
01:18:58Mais quand je vous entends parler
01:19:00de déshumaniser les élèves,
01:19:02franchement, j'ai du mal à l'avaler là.
01:19:04Il y a quand même des limites.
01:19:06Il y a vraiment des limites.
01:19:08Ça fait...
01:19:09Non, non, attendez.
01:19:11Quand même.
01:19:12Depuis le début,
01:19:14depuis le début des événements,
01:19:16y compris un moment où personne n'y prenait garde,
01:19:18j'ai expliqué qu'il fallait faire attention
01:19:20à ne pas inciter à la violence,
01:19:23qu'il ne fallait pas inciter à des blocages
01:19:25dont on savait déjà qu'ils étaient infiltrés
01:19:28par des membres ultra-violents
01:19:29qui tiraient des mortiers sur les élèves.
01:19:31Et j'ai dit depuis le début
01:19:32qu'il y avait des revendications légitimes
01:19:34qu'il fallait les distinguer de ces violences
01:19:37et qu'il fallait évidemment les traiter.
01:19:39Et c'est ce que nous faisons.
01:19:40Tant et si bien d'ailleurs
01:19:41que plus personne ne parle
01:19:42de Louis-Saint-Exupéry-Créteil,
01:19:44d'où tout est parti,
01:19:44parce que j'ai personnellement réglé la question.
01:19:46Je l'ai suivi dès le départ, ce lycée.
01:19:48Bon.
01:19:49Donc, on ne peut pas dire ça.
01:19:52Je crois qu'ils sont de retour.
01:19:56Donc, tout ça pour vous dire
01:19:57qu'il faut effectivement traiter les sujets un par un.
01:20:01Le projet de loi de finances
01:20:02est le lieu du débat démocratique
01:20:04pour précisément les résoudre.
01:20:05Quand nous travaillons, par exemple,
01:20:07sur un sujet, je crois, qui vous tient à cœur,
01:20:08c'est la santé scolaire.
01:20:09La santé scolaire, nous avons créé 300 ETP l'année dernière.
01:20:12Nous nous proposons d'en recréer 300 cette année.
01:20:14Quand nous travaillons sur l'accompagnement
01:20:17et notamment en termes de vie scolaire,
01:20:18nous proposons la création
01:20:19de 200 conseillers principaux d'éducation cette année,
01:20:21ce qui est une demande.
01:20:22Quand on parle de la Seine-Saint-Denis,
01:20:24si je prends l'exemple des collèges
01:20:25pour lesquels j'ai fait en sorte cette année,
01:20:27comme vous le savez,
01:20:27d'y lutter contre la grande difficulté scolaire,
01:20:29les collèges de Seine-Saint-Denis,
01:20:30on est reparti pour la première fois
01:20:32à la rentrée 2026 de leurs IPS
01:20:33pour moduler les heures, vous savez,
01:20:35de dotations spécifiques
01:20:37qui leur sont attribuées.
01:20:38Les collèges qui ont les IPS les plus faibles
01:20:40ont six fois plus d'heures spécifiques
01:20:42que les autres en Seine-Saint-Denis,
01:20:44précisément pour leur venir en aide.
01:20:45Donc on fait ce travail-là,
01:20:46on fait ce travail tous les jours
01:20:47avec les personnes d'éducation nationale,
01:20:49avec tous ceux qui se battent,
01:20:50je crois, comme vous,
01:20:51mais avec des opinions différentes,
01:20:52contre les inquiétés scolaires.
01:20:53Je vous remercie.
01:20:54Merci beaucoup, monsieur le ministre.
01:20:56La parole est à présent à monsieur Maxime Michelet
01:20:59pour le groupe UDR.
01:21:03Merci, madame la présidente.
01:21:04Monsieur le ministre de l'Éducation nationale,
01:21:07Jean Zé voulait que l'école soit l'asile inviolable
01:21:10où les querelles des hommes ne pénètrent pas.
01:21:11Depuis une semaine,
01:21:13cet asile est pris d'assaut par l'extrême-gauche
01:21:15qui nous rejoue mai 68,
01:21:17le mélenchonisme tenant lieu de maoïsme
01:21:19et les mortiers de pavés.
01:21:21Si l'expression lycéenne est légitime,
01:21:23la violence ne l'est jamais
01:21:24et les blocus ne sont pas des écoles de citoyenneté,
01:21:27mais des cours de bolchevisme
01:21:28et de violence politique.
01:21:30Cette violence est intolérable,
01:21:33blessant élèves,
01:21:34personnels éducatifs
01:21:35et force de l'ordre en nombre sans précédent.
01:21:37Et cette violence coûtera des millions d'euros à la France.
01:21:41Contrairement à madame Binet,
01:21:42nous ne pensons pas que ce soit aux contribuables de payer.
01:21:45Et c'est pourquoi, avec Éric Ciotti,
01:21:46le groupe UDR propose
01:21:48que les dégâts soient payés par les casseurs
01:21:50et par leurs familles,
01:21:51que leurs allocations soient suspendues,
01:21:53tout comme leur accès au parc social.
01:21:56Car la responsabilisation des familles
01:21:58est nécessaire pour mettre fin à la violence.
01:22:00à la violence qui se répand dans nos villes,
01:22:03mais qui est aussi le quotidien
01:22:04de tant d'établissements.
01:22:06L'indiscipline que nous constatons dans nos rues
01:22:08existe en effet dans nos classes.
01:22:10Et PISA l'a rappelé cruellement
01:22:11la France et le pays d'Europe
01:22:13où l'indiscipline est la plus forte.
01:22:15Selon l'UNSA,
01:22:16qui sera peu suspect d'être une succursale
01:22:18du Bloc national,
01:22:1968% des professeurs
01:22:21constatent une augmentation de la violence à l'école.
01:22:24Cette violence est un facteur majeur
01:22:26de la crise des vocations
01:22:27comme de la baisse du niveau scolaire.
01:22:29Puisque la jeunesse nous demande
01:22:31légitimement de lui garantir un avenir meilleur,
01:22:33ayons le courage de lui dire
01:22:34qu'elle a aussi besoin d'autorité
01:22:36et que le respect de l'autorité
01:22:38est une condition de la vie collective.
01:22:40C'est pourquoi vous auriez dû,
01:22:41monsieur le ministre,
01:22:43conditionner l'ouverture du dialogue
01:22:44à l'arrêt des violences
01:22:46puisqu'on ne dialogue pas
01:22:46sous la pression du chaos.
01:22:48Vous nous jurez aujourd'hui
01:22:49que par la démocratie lycéenne,
01:22:51mais nos lycées ne sont pas
01:22:52des soviets autogérés
01:22:53et votre démocratie supposée
01:22:55n'est qu'une démagogie.
01:22:57Nos jeunes ont besoin d'une autorité
01:22:59à l'écoute.
01:22:59Mais pour cela,
01:23:00faut-il encore
01:23:00qu'il y ait une autorité?
01:23:02Alors, monsieur le ministre,
01:23:03quand parlerez-vous enfin d'autorité?
01:23:06Merci.
01:23:07Monsieur le député,
01:23:08la parole est à Édouard Jeffrey,
01:23:09ministre de l'Éducation nationale.
01:23:14Monsieur le député,
01:23:16quand on écoute les uns les autres
01:23:18depuis tout à l'heure,
01:23:20paradoxalement,
01:23:21je suis assez conforté
01:23:22dans l'idée qu'il y a une forme
01:23:23d'équilibre qui est le propre
01:23:24de l'État de droit.
01:23:25Pardonnez-moi,
01:23:26mais j'y crois depuis le début.
01:23:28Dans un État de droit,
01:23:29on réagit avec fermeté
01:23:30quand des casseurs
01:23:30s'en prennent à l'institution
01:23:31et on condamne régulièrement,
01:23:34chaque jour,
01:23:35ce que je n'ai pas vu
01:23:36sur certains bancs,
01:23:36les violences faites
01:23:37contre des personnels
01:23:38d'éducation nationale.
01:23:40Quand on est dans un État de droit,
01:23:42on écoute,
01:23:43on écoute
01:23:45les gens qui s'expriment,
01:23:47soit sur des blocages,
01:23:48soit dans une liberté,
01:23:49soit dans une liberté de manifestation.
01:23:51Et je me réjouis qu'aujourd'hui,
01:23:52justement,
01:23:52ce soit dans un cadre légal,
01:23:55démocratique, organisé
01:23:56et encadré
01:23:57que ceci ait eu lieu
01:23:58et on essaie
01:23:58de trouver des solutions.
01:24:00Les lycéens
01:24:01qui protestent aujourd'hui
01:24:02ne protestent pas,
01:24:02j'allais dire,
01:24:03en l'air ou par hasard.
01:24:05Ils expriment
01:24:05un certain nombre d'attentes
01:24:06qui sont réelles et profondes.
01:24:08Ont-ils raison partout,
01:24:09surtout,
01:24:10probablement pas.
01:24:10C'est l'objet même
01:24:11de la discussion des états adultes
01:24:12que de déterminer
01:24:13ce qui est faisable
01:24:13et ce qui n'est pas,
01:24:14ce qui est légitime
01:24:14et ce qui n'est pas.
01:24:16mais évacuer leurs revendications
01:24:17en considérant que
01:24:19parce que leurs groupuscules
01:24:20sont infil...
01:24:21Pardon,
01:24:22parce que leur rassemblement
01:24:23sont infiltrés
01:24:24par des groupuscules,
01:24:26les revendications
01:24:26seraient légitimes.
01:24:27Ce n'est pas possible non plus.
01:24:29Et donc,
01:24:29il n'y a qu'une seule solution,
01:24:30c'est de redonner
01:24:30à tout le monde
01:24:31et à tout le monde
01:24:32un cadre démocratique
01:24:33un tant soit peu respectueux
01:24:34parce qu'il se trouve
01:24:35que nous formons
01:24:36des consciences républicaines.
01:24:37Et donc,
01:24:38je n'ai pas conditionné
01:24:39l'ouverture des discussions
01:24:40avec les lycéens
01:24:41au fait que des voyous
01:24:43cessent de balancer
01:24:44des mortiers.
01:24:45Je vais recréer précisément
01:24:47dans l'abri
01:24:48qu'est l'école
01:24:49un cadre républicain
01:24:50et démocratique
01:24:51où on puisse discuter.
01:24:53C'est l'objet même
01:24:53de notre institution.
01:24:55Les voyous seront poursuivis
01:24:56et sanctionnés,
01:24:57les lycéens
01:24:58seront par définition
01:24:59écoutés.
01:25:00Quant à ceux
01:25:01qui portent atteinte
01:25:01aux professeurs
01:25:02et au personnel,
01:25:04il en sera pour eux
01:25:05comme il a toujours été.
01:25:06Ils seront poursuivis,
01:25:08ils seront sanctionnés
01:25:10et nos professeurs
01:25:11seront protégés.
01:25:12Merci beaucoup,
01:25:14Monsieur le Ministre.
01:25:15La parole est à présent
01:25:16à Monsieur Louis Boyard
01:25:17pour la France Insoumise.
01:25:20Madame la Présidente,
01:25:21Monsieur le Ministre
01:25:22de l'Éducation nationale,
01:25:24nous avons un gros problème.
01:25:26Vous avez des centaines
01:25:27de milliers de jeunes
01:25:28qui sont dans la rue.
01:25:29Depuis deux semaines,
01:25:30vous avez les lycées
01:25:31qui sont bloqués.
01:25:32Vous êtes celui
01:25:33qui doit débloquer
01:25:33la situation,
01:25:34mais vous êtes incapables
01:25:36de comprendre
01:25:36ce que veut la jeunesse.
01:25:38Incapables de comprendre
01:25:39qu'ils ne rentreront pas
01:25:40dans leur salle de classe
01:25:41tant qu'il fera trop froid,
01:25:43trop chaud,
01:25:44qu'ils seront à 40 dedans
01:25:45ou que les salles
01:25:46sont trop sales.
01:25:47Tant que les élèves
01:25:49qui ont un handicap
01:25:50ne sont pas accompagnés,
01:25:51tant qu'il n'y a pas
01:25:52d'infirmiers,
01:25:53de conseillers d'orientation
01:25:55ou de psychologues.
01:25:56Voilà que vous nous inventez
01:25:57une mascarade,
01:25:58le dialogue dans les lycées.
01:25:59Pour parler des problèmes,
01:26:01vous avez déjà les chiffres
01:26:03sur le mauvais bâti scolaire
01:26:04ou sur le manque
01:26:05de personnel et d'enseignants.
01:26:06Vous êtes un menteur.
01:26:08Pour répondre concrètement
01:26:09à ce que demandent les jeunes,
01:26:11il va falloir que vous sortiez
01:26:12le carnet de chèques.
01:26:14Vous devez comprendre
01:26:15que cette jeunesse
01:26:16ne veut pas continuer
01:26:17de faire du 8h-18h,
01:26:19pour se faire trier
01:26:20par la mascarade
01:26:21de méritocratie
01:26:21qui est Parcoursup,
01:26:23pour se faire recaler
01:26:24de la fac,
01:26:24pour aller faire des filières
01:26:25qu'ils n'aiment pas,
01:26:26pour finir à la distribution alimentaire
01:26:28comme étudiant précaire
01:26:29ou être payé moins qu'un SMIC
01:26:31comme un apprenti.
01:26:32Voilà pourquoi les étudiants
01:26:33ont rejoint la mobilisation
01:26:35et pour résoudre tout ça,
01:26:36il va falloir que vous sortiez
01:26:38le carnet de chèques.
01:26:40Toutes ces revendications,
01:26:41elles coûteraient 10 milliards.
01:26:43Vous pouvez le faire
01:26:44et vous le ferez.
01:26:45Parce que ce n'est pas
01:26:46en tirant à la lacrymo
01:26:47sur des adolescents,
01:26:49ce n'est pas en étranglant
01:26:50une lycéenne,
01:26:50ce n'est pas en éborgnant
01:26:51un jeune,
01:26:52ce n'est pas en arrachant
01:26:53la main d'un ado de 15 ans
01:26:54que vous allez les arrêter.
01:26:55La jeunesse vient de prendre
01:26:57conscience d'elle-même.
01:26:58Vous avez été trop loin.
01:27:00Elle s'est déjà trop sacrifiée
01:27:02pour reculer maintenant.
01:27:03Alors, monsieur le ministre
01:27:04de l'Éducation nationale,
01:27:05acceptez que vous avez perdu,
01:27:07que les jeunes ont raison
01:27:08depuis le début.
01:27:09Monsieur le ministre,
01:27:10allez-vous sortir
01:27:11le carnet de chèques,
01:27:12donner ces 10 milliards
01:27:13pour l'égalité
01:27:14et la dignité de la jeunesse
01:27:15ou est-ce qu'ils doivent
01:27:16continuer de bloquer
01:27:17tous les jours,
01:27:18vous faire démissionner
01:27:19et obliger le ministre
01:27:20qui viendra après vous
01:27:21à sortir le carnet de chèques ?
01:27:24Merci, monsieur le député.
01:27:26La parole est à monsieur
01:27:27Édouard Jeffrey,
01:27:28ministre de l'Éducation nationale.
01:27:34Monsieur le député Boyard,
01:27:36vous avez un problème.
01:27:38Nous sommes dans un état de droit
01:27:41et dans un état de droit
01:27:43et dans un état démocratique
01:27:44dans lequel il y a
01:27:45une liberté de manifester
01:27:46mais dans lequel il y a aussi
01:27:47un droit à l'instruction
01:27:49et dans lequel la violence
01:27:50n'a pas sa place.
01:27:52Et quand on entend par conséquent,
01:27:53je crois que c'est
01:27:54votre candidat présidentiel,
01:27:56Jean-Luc Mélenchon,
01:27:56parler de discipline de combat,
01:27:59lorsqu'on vous entend
01:27:59lors de votre première tentative
01:28:01de blocus challenge
01:28:02il y a 2-3 ans
01:28:02parler de semer
01:28:03la panique générale,
01:28:05lorsqu'on entend
01:28:05le maire de Saint-Euny
01:28:06dire que la violence
01:28:07peut être légitime,
01:28:10bref, lorsqu'on souffle
01:28:11sur les braises,
01:28:12on ne peut pas se disculper
01:28:14après l'incendie.
01:28:16Et donc, pardonnez-moi,
01:28:17monsieur le député,
01:28:18mais je crois que vous avez
01:28:18un problème.
01:28:19Et la meilleure preuve
01:28:20que vous avez un problème,
01:28:21c'est que lorsque nous apportons...
01:28:23Lorsque nous apportons...
01:28:25Pourquoi criez-vous
01:28:26lorsqu'on vous répond, madame ?
01:28:27Lorsque...
01:28:29Lorsque...
01:28:29Est-ce qu'on peut...
01:28:31Lorsque...
01:28:31Lorsque...
01:28:32Bien.
01:28:32Alors, nous avons ici
01:28:35un exemple typique
01:28:36du problème qui est le vôtre.
01:28:38On ne peut jamais,
01:28:39jamais vous répondre
01:28:41sans que vous provoquiez
01:28:43et sans que vous hurliez.
01:28:44On termine, ça ne vous dérange pas ?
01:28:46Je vous remercie.
01:28:47La réponse, donc,
01:28:48c'est que vous avez qualifié
01:28:50vous-même à l'instant
01:28:51le cadre démocratique
01:28:53que nous proposons
01:28:53et qui est le seul
01:28:54pour trouver des solutions concrètes
01:28:55et pas seulement un carnet de chèques
01:28:57de mascarade.
01:28:58Monsieur le député,
01:29:00la démocratie lycéenne
01:29:01n'est pas une mascarade.
01:29:02Les écouter n'est pas une mascarade.
01:29:04Répondre à leurs problèmes
01:29:05au cas par cas
01:29:06n'est pas une mascarade.
01:29:08Vous servez la division,
01:29:09vous servez la haine.
01:29:11Nous, on sert l'intérêt général,
01:29:12chacun dans sa zone de confort.
01:29:14Merci beaucoup, monsieur le ministre.
01:29:16La séance des questions
01:29:17au gouvernement est terminée.
01:29:18La séance est suspendue.