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  • il y a 16 minutes
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 01 octobre 2026.

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00:0212h30, 14h, RTL midi, les auditeurs ont la parole, avec Amandine Bégaud.
00:07Et à la une aujourd'hui, bien sûr, cette colère lycéenne qui dégénère et ces insistants graves qui se multiplient
00:14avec des proviseurs blessés à Marseille, mais aussi dans le Pas-de-Calais.
00:18À Nantes, le hall du lycée Nelson Mandela a été détruit après avoir été incendié.
00:24Le lycée pourrait rester fermé plusieurs jours, voire même plusieurs semaines. Incendie également dans le hall du lycée Blaise-Pascal
00:32à Rouen.
00:32Le feu a été rapidement maîtrisé. Sébastien Lecornu convoque une réunion de crise. Olivier Bost, chef du service politique. Bonjour
00:42Olivier.
00:43Bonjour.
00:44Réunion de crise, ça veut dire que l'heure est grave ou c'est de la com ?
00:47Alors, c'est d'abord une image, effectivement, au ministère de l'Intérieur. D'abord une image, celle du gouvernement
00:53qui se mobilise.
00:54C'est dans cette grande salle blanche, vous savez, une salle au sous-sol du ministère de l'Intérieur, avec
00:59une grande table.
01:00Et tous les responsables de la police, du renseignement, de la gendarmerie, des pompiers.
01:04Et pour l'équipe autour du Premier ministre, il y a bien sûr le ministre de l'Intérieur, le ministre
01:08de l'Éducation, le ministre de l'Enseignement supérieur.
01:10Puis, ils seront rejoints par la porte-parole du gouvernement. Une fois que vous aurez aperçu cette salle à la
01:16télévision, cette réunion se tiendra bien sûr hors caméra.
01:19Il y aura un point sur la situation et des décisions. Mais nous ne savons pas pour l'instant si
01:24le Premier ministre s'exprimera à la sortie.
01:26Merci beaucoup Olivier Bost. Que peut, que doit faire le gouvernement ? Et puis, est-ce que cette colère, vous,
01:32vous inquiète ?
01:32Que vous soyez parents, enseignants ou même lycéens d'ailleurs, vous nous appelez au 30 de 10 pour réagir ou
01:39vous nous envoyez un message sur l'application RTL.
01:42C'est en tout cas dans ce contexte que le gouvernement a rendu ce matin sa copie sur le budget.
01:47Présentation au Conseil des ministres, 54 milliards d'euros d'économies dont on connaît désormais le détail.
01:54Gèlent notamment des allocations familiales, des APL, de la prime d'activité, du point d'indice des fonctionnaires.
02:01Les retraités, eux, seront mis à contribution et ce, à deux reprises, au-delà de 1260 euros de pension par
02:10mois, mis à contribution aussi des entreprises.
02:13Ça aussi, on peut en parler. Est-ce que vous trouvez ça normal finalement que tout le monde ou presque
02:18mette la main à la poche pour ce budget ?
02:21On peut en débattre. 30 de 10 ou un petit message sur l'application RTL.
02:26Amandine Bégaud. RTL midi, les auditeurs ont la parole.
02:31Vraiment, on a des conditions de travail qui ne sont plus tenables.
02:34C'est absolument honteux vis-à-vis d'une réussite au bac, par exemple.
02:37Je ne suis pas du tout étonnée de la réaction des lycéens.
02:40Il faut savoir que globalement, la jeunesse, elle vote plutôt à gauche.
02:44Les anciens votent plutôt RN.
02:45On met ça sous un tapis, on fait comme si ça n'existait pas.
02:48Donc, il n'y a pas besoin d'accuser la France insoumise, d'aller exciter les jeunes et de les
02:52pousser à la rébellion.
02:53Les jeunes n'ont pas les mêmes idées que les anciens et on comprend pourquoi.
02:57Le message de Raphaël sur l'application RTL, sur cette colère des lycéens.
03:03Raphaël, qu'on retrouvera dans un tout petit instant, mais je voudrais d'abord qu'on accueille Cédric.
03:07Bonjour Cédric.
03:08Bonjour Amandine.
03:09Vous nous appelez de Bourg-en-Bresse.
03:11Tout à fait.
03:11Gérant d'un magasin, racontez-nous ce qui vous est arrivé ce matin.
03:15Eh bien, ce matin en fait, alors moi déjà, que ce soit pour ou je sois contre,
03:19je suis surtout scandalisé par tout ce que j'entends, tout ce que j'ai vu ce matin,
03:24où environ 300-400 lycéens ont pris l'avenue devant mon magasin.
03:29Et ils allaient en direction, alors c'est Bourg-en-Bresse, une ville de 40 000 habitants,
03:34très calme, il n'y a pas de problème à Bourg-en-Bresse.
03:36Avec, il faut bien le signaler, avec des lycées, des collèges, etc.
03:39Tout a été rénové, la mairie de Bourg-en-Bresse, c'est une mairie de gauche,
03:43mais ils ont fait un travail extraordinaire à Bourg-en-Bresse.
03:45Il y a des lycées qui ont quand même des stades de foot synthétique à 800 000 euros,
03:49il y en a qui sont à côté d'une piscine, bref.
03:52Honnêtement, on ne peut pas dire que la mairie de Bourg-en-Bresse n'ait rien fait pour l'éducation,
03:55ça, ce serait mentir.
03:57Mais par contre, ces 3-400 lycéens, ils se dirigeaient en direction du monastère de Brou,
04:02qui est un monastère classé monument historique, réputé internationellement,
04:06dans la seule idée d'aller, je cite, attention qu'on soit bien d'accord,
04:10foutre le bordel.
04:12C'est-à-dire que vous les avez entendus dire ça ?
04:14Oui, parce qu'ils ont voulu rentrer dans notre magasin.
04:16Alors, il faut aussi souligner que certains autres lycéens les ont empêchés de faire.
04:20Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier.
04:22C'est un groupe détaché qui vient pour rentrer en magasin,
04:26et ils ont essayé de prendre nos caddies.
04:28On ne les a pas laissés faire, évidemment,
04:30parce que la police sont débordées, en réalité,
04:32parce qu'ils ne sont pas assez nombreux, en tout cas à Bourg-en-Bresse.
04:35Après, je veux bien croire, et je veux bien comprendre
04:37qu'il y ait des villes ou des villages où ce soit plus compliqué.
04:41Mais là, franchement, j'ai été sidéré, énervé.
04:45Je ne peux pas comprendre.
04:46Et quand on demande aux lycéens, mais pourquoi vous faites ça ?
04:48Parce qu'on leur a posé la question, on était devant eux.
04:51Ils veulent juste foutre le bordel.
04:52Et ils n'acceptent pas de travailler de 8h à 18h.
04:55C'est très intéressant, Cédric, votre témoignage,
04:59parce que vous avez échangé avec certains, en tout cas,
05:02de ceux qu'on voit, effectivement, commettre des violences.
05:06Est-ce que pour vous, d'abord, c'était vraiment des lycéens ?
05:08Parce qu'il y en a qui disent que ce n'est pas forcément des lycéens,
05:10c'est des gens qui s'agrègent.
05:12Si, si, non, non.
05:13Là, c'était bien des lycéens.
05:15Et en plus, j'ai une info bien particulière,
05:17c'est que dans ce groupe de 300-400 jeunes,
05:18quand je suis rentré chez moi, j'ai appris qu'il y avait le copain de ma fille dedans.
05:21Donc, ça veut dire que j'ai d'autres vidéos que je ne peux pas avoir,
05:24parce que c'est sur Snap.
05:26Et ils sont contents d'aller brûler des arbres,
05:27ils sont contents d'aller brûler des poubelles.
05:30Et voilà, leur seul objectif,
05:32quand on regarde ces vidéos Snapchat,
05:34parce que malheureusement, je ne peux pas les extraire,
05:36c'est juste de dire, on va foutre le bordel.
05:38Et vous, qui avez échangé avec certains d'entre eux,
05:41ils vous disent ça aussi ?
05:42Vous leur dites pourquoi vous faites ça ?
05:43Ils répondent...
05:44Voilà, on veut tout casser, on veut foutre le bordel,
05:47il faut se faire entendre, il faut tout casser.
05:48Mais pourquoi vous faites ça ?
05:49On en a marre de travailler de 8h à 18h.
05:52Voilà.
05:52Ils vous disent ça ?
05:53C'est tout.
05:54Il n'y a rien.
05:54Ils ne savent pas que c'est plat, au fait.
05:56C'est plat, il n'y a rien.
05:57Le droit de manifester, c'est un droit fondamental,
06:01on doit le défendre.
06:02Il n'y a pas de problème avec ça.
06:03En revanche, d'aller tout casser comme ça,
06:06gratuitement, mais vraiment gratuitement,
06:07ils n'ont même pas de raison quand on parle avec eux,
06:09ils ne sont pas méchants.
06:10Franchement, ils ne sont pas méchants.
06:11Ils ne nous ont pas manqué de respect en tant que tel.
06:13Ils ont posé les caddies, ils ne nous ont pas embêtés,
06:15ils ne nous ont pas agressés, mais ils n'ont pas de raison, en fait.
06:18C'est juste qu'ils suivent un mouvement.
06:20Et quand j'entends la dame, ce répondeur,
06:22qui dit qu'il est fini et pour rien, c'est faux.
06:25La dame du répondeur, comme vous dites,
06:27Cédric, elle est avec nous.
06:28Raphaël, bonjour.
06:29Oui, bonjour.
06:30Vous êtes professeur contractuel, c'est ça, en collège et lycée ?
06:33Oui, oui, oui.
06:34Vous entendez ce que vient de nous raconter Cédric ?
06:36Alors, attendez, juste pardon, je peux en placer ?
06:39Il est assez édifiant, quand même, son témoignage.
06:41C'est un témoignage, mais...
06:42Et vous savez, j'entends parfaitement ça,
06:45le lycée, ce n'est pas un endroit où tout le monde a le même avis qu'il tente.
06:48Donc, tout est entendable.
06:50Bien sûr que je croise des jeunes, moi, aujourd'hui,
06:52et ça, il faut l'entendre,
06:54qui me disent, parce qu'on a une grille,
06:56on les accueille en seconde,
06:57qui me disent,
06:58Ah non, non, mais moi, je ne mange plus en famille,
07:00je mange devant la télévision, dans ma chambre, tout seul.
07:03Ok, très bien.
07:03Qu'est-ce qui t'intéresse dans la vie ?
07:05Bah, rien, en fait.
07:06Donc, ces jeunes-là, oui, on va les entendre dire,
07:09Oh, bah, moi, je veux tout casser.
07:10Parce qu'en fait, il y a une espèce de vide
07:13qui fait qu'ils n'ont pas grand-chose auquel se raccrocher.
07:16S'ils, en plus, ils viennent de familles
07:18qui sont très démunies socialement,
07:20c'est la fin des haricots.
07:21On ne peut pas faire grand-chose avec eux.
07:23Et je me dis,
07:24quand on parle des taux de remplacement dans les lycées,
07:28je n'ai pas été voir au lycée Henri IV,
07:29mais je pense que quand il y a les profs qui ne sont pas là,
07:31le lycée Henri IV, ils sont remplacés très rapidement.
07:34Donc, on a plusieurs niveaux.
07:35Les lycées professionnels sont complètement en bas du chèque.
07:37Raphaël, on entend tout ça.
07:39Et bien sûr que oui, notre jeunesse ne va pas bien.
07:41Oui, il manque des profs.
07:42Oui, il manque sans doute des moyens.
07:44Mais pardon, vous avez vu les images ?
07:45Vous avez entendu ce que nous dit Cédric ?
07:47Ah oui, mais parfaitement.
07:48Mais moi, quand je discute avec eux,
07:50je leur dis, il n'y a rien qui justifie la violence.
07:52Et ça ne fonctionne pas.
07:54Et ils me disent, mais on ne nous entend pas.
07:57Personne ne nous écoute.
07:58Alors, on est dans une société
07:59où les compétences, elles sont mises au bon endroit.
08:02Le gouvernement va demander de faire des études
08:05avec des gens extrêmement compétents sur tel ou tel milieu.
08:08C'est valable dans tous les domaines.
08:09On fait des études qui sont fabuleuses en France.
08:12On range ça dans un tiroir, on n'en fait rien.
08:15Donc, ce n'est pas trop limite qu'il y a une dégradation
08:18et de la santé santé des jeunes
08:20et de l'éducation nationale en général,
08:22avec des vacataires qui viennent là,
08:24qui ne savent pas trop pourquoi ils sont là,
08:25qui sont payés 12 euros de l'heure.
08:27Voilà, ce n'est pas possible.
08:28On ne peut pas continuer.
08:29Cédric, restez avec nous.
08:31On va poursuivre, bien sûr, nos échanges
08:33et on sera dans un instant avec Christian Estrosi,
08:35qui est le président de la région Sud,
08:37qui gère justement les lycées.
08:39Il s'est passé notamment un certain nombre d'incidents
08:41à Marseille ce matin.
08:42J'aimerais vous faire dialoguer aussi avec lui.
08:45Il nous dira aussi peut-être ce qu'il attend du gouvernement
08:47qui est en réunion de crise.
08:49Réunion qui doit débuter dans les toutes prochaines minutes.
08:52A tout de suite.
08:53Contactez-nous gratuitement via l'appli RTL
08:56ou au 3210.
08:5750 centimes la minute.
09:00Jusqu'à 14 heures.
09:02Les auditeurs ont la parole.
09:03Amandine Bégaud sur RTL.
09:06Je voudrais m'adresser aux lycéens.
09:08Chers élèves, nous arrivons à la moitié du premier trimestre.
09:11Je vous supplie de remonter en place.
09:14Il y a des DST, il y a des DM, de grands contrôles
09:17et les conseils de classe auront lieu fin novembre.
09:19A la fin de l'année, vous avez le baccalauréat.
09:22Pensez à votre avenir.
09:23Ne gâchez pas tout et ne craquez pas la France.
09:25Le message de Didier Célicéen en colère au 3210.
09:31On évoque effectivement cette colère qui semble s'intensifier.
09:35Je vous évoquais, vous listez tous ces incidents.
09:38Bonjour Christian Estrosi.
09:40Bonjour.
09:41Et merci beaucoup d'être en direct avec nous dans les auditeurs ont la parole.
09:45Président par intérim de la région Sud-Paca.
09:47D'abord dans le Sud, on a évoqué tout à l'heure ces incidents à Marseille.
09:51Il y a eu d'autres incidents ?
09:54Oui, nous avons des incidents dans de nombreux établissements
09:57puisque nous avons plus d'une quinzaine d'établissements
10:02concernés dans les Alpes-Maritimes,
10:05une dizaine dans le Var, une cinquantaine dans les Bouges-du-Rhône
10:09avec des dégradations extrêmement significatives dans les Bouges-du-Rhône
10:16au lycée Victor Hugo notamment où le portail d'entrée a été défoncé,
10:21à Nice au lycée des Eucalyptus et au lycée Maloukian
10:28et des buts d'incendie un peu partout.
10:32Tout cela résulte d'une violence, d'incendie, de tir de mortier,
10:39de dégradation, d'agression contre les personnels.
10:43Et d'ailleurs au lycée Victor Hugo, il y a eu même le proviseur,
10:46proviseur adjoint, secrétaire général et leurs collaborateurs
10:50qui ont été aspergés d'essence, c'est-à-dire un geste totalement féminin.
10:54Ils ont été éclaboussés, ce n'était pas volontairement visiblement,
10:55mais on est tout à fait d'accord, c'est grave.
10:58S'il n'y a pas de casseur, il n'y a pas de geste involontaire non plus.
11:03Donc voilà.
11:06Je comprends bien, vous condamnez bien sûr ces violences,
11:09je rappelle que c'est la région qui finance les lycées
11:12et effectivement le montant des dégradations sera sans doute colossal.
11:16Sébastien Lecornu a convoqué une réunion de crise.
11:19Qu'est-ce que vous demandez, vous, représentant,
11:22président de cette région, au gouvernement ?
11:26Je demande au gouvernement d'abord de mobiliser les forces de l'ordre nécessaires
11:32et en tout cas, pour l'heure, c'est le cas.
11:35Et d'ailleurs, je veux encourager nos policiers qui sont quelquefois extrêmement malmenés,
11:41y compris les municipalités qui mobilisent leur police municipale.
11:46Nous avons eu à Nice deux policiers municipaux qui ont été blessés devant un établissement,
11:52il faut le dire.
11:54Et puis, je vois cette instruction ministérielle
11:57dont nous venons de prendre connaissance,
11:59qui propose que l'éducation puisse se faire en distanciel,
12:04car il ne faut pas confondre les casseurs et les lycéens qui, eux, veulent travailler.
12:12Mais ces casseurs, c'est qui, Christian Estrosi ?
12:14Des lycéens, non ?
12:15Ben non, ce n'est pas forcément des lycéens.
12:18D'ailleurs, les interpellations, les enquêtes qui sont menées,
12:23et je salue l'action de la police comme celle des magistrats,
12:27révèlent qu'il y a un certain nombre de casseurs extérieurs au lycée
12:32qui sont des meneurs.
12:34Et derrière tout cela,
12:37il y a une violence qui n'est pas née de nulle part,
12:42elle a ses complices,
12:43et les députés de la France insoumise
12:45portent une lourde responsabilité dans ce chaos.
12:48Les lycéens ne peuvent pas être de la chair à canon électoral.
12:52Je vois dans les lycées, d'un côté,
12:54les lycéens qui se font insulter,
12:58malmenés par peut-être quelques lycéens instrumentalisés,
13:04et beaucoup de casseurs aussi.
13:07Pour moi, c'est une trahison civique d'un mouvement politique.
13:11Conscionner les casseurs par cynisme électoral,
13:13ce n'est pas faire de la politique.
13:15Merci beaucoup, Christian Estrosi,
13:17d'avoir été notre invité sur RTL,
13:19président par intérim de la région Sud-PACA.
13:23Raphaël, vous êtes toujours avec nous,
13:24vous entendez ce que vient de dire Christian Estrosi,
13:28LFI qui fait des étudiants, des lycéens,
13:30surtout de la chair à canon ?
13:33Oui, alors écoutez, il y a un truc qui me fait bon dire,
13:35c'est la violence.
13:36On est dans une société extrêmement violente.
13:37On a vu la manifestation des agriculteurs,
13:40ce qu'ils ont pu faire sur certains parvis des préfectures.
13:43C'était extrêmement violent.
13:44On a un niveau de violence dans le pays qui est très élevé.
13:47On a un niveau de réponse parfois qui malheureusement dérape
13:51et peut aussi être élevé.
13:52Bon, là, je pense aux jeunes qui s'est pris un tir de je ne sais quoi dans l'œil.
13:56On n'a pas encore les résultats de l'enquête,
13:58mais c'est sûr qu'on ne va pas avec du LBD sur des lycéens.
14:01Je pense qu'il faut vraiment poser tout ça de manière très calme.
14:05Moi, c'est ce que j'attends du gouvernement.
14:06Et qu'ils aillent à la racine des problèmes.
14:08Que pour une fois, ils se disent que nos jeunes, c'est l'avenir du pays
14:12et que ça mérite qu'on s'y arrête.
14:14Et pas juste avec des histoires politico-politiques.
14:17Il faut qu'on arrête, on ne peut plus.
14:19Il faut qu'on travaille main dans la main tous ensemble.
14:21Moi, c'est ce qu'on dit.
14:22La majorité des professeurs, c'est ce qu'ils disent en salle de cours.
14:25Parce qu'on a des élèves qui sont très remontés
14:27et qui peuvent avoir des discours politiques très violents.
14:30Et c'est le discours qu'on mène tous.
14:33Donc, il faut arrêter ce qu'on dit.
14:34Parce qu'ils expriment mal-être.
14:35Et c'est ce que vous nous disiez, Raphaël.
14:36Vous êtes, je le rappelle, professeur contractuel.
14:39Christian Estrosi, vous vouliez réagir ?
14:41Oui, je dis qu'il y a trois règles d'or dans cette crise.
14:46Un, être ferme face aux casseurs.
14:50Deux, être aux côtés de nos personnels.
14:53C'est-à-dire nos personnels enseignants,
14:55nos personnels d'entretien,
14:58qui pour la plupart d'entre eux sont des personnels
15:00de la collectivité territoriale
15:02qui est propriétaire des établissements.
15:04Et ça va coûter aux contribuables
15:06des dizaines de millions d'euros aussi
15:08pour remettre en état nos établissements.
15:11Enfin, le civisme fait partie des choses.
15:15Nous investissons chaque année dans nos lycées
15:17des centaines de millions d'euros
15:19pour faire des établissements
15:22qui permettent de dispenser des études
15:24en de meilleures conditions.
15:25Et enfin, la troisième règle d'or,
15:28c'est dès lors que le calme sera revenu,
15:31être à l'écoute comme nous l'avons toujours été.
15:33Vous savez, si nous faisons avancer nos lycées,
15:36si nous aménageons de nouveaux internats,
15:38si nous aménageons de nouveaux CDI,
15:41si nous aménageons de nouvelles médias...
15:42Mais vous entendez juste Christian Estrosi, pardon,
15:44vous entendez ce que dit cette professeure...
15:46C'est parce que nous avons un parlement...
15:48Oui, mais j'entends ce professeur...
15:49Elle évoque un malaise des lycéens
15:53et qui se traduit par ces scènes
15:55effectivement déplorables qu'on voit aujourd'hui.
15:57Madame, je respecte ce professeur
15:59qui sans doute traduit des choses qui sont réelles.
16:03Et moi, je ne suis pas totalement en harmonie
16:06avec la politique de l'éducation nationale dans notre pays.
16:10Lorsque je vois le désastre de Parcoursup
16:13et bien d'autres sujets qui mériteraient d'être réformés,
16:16c'est un sujet qui relève du gouvernement,
16:18qui relève de l'État.
16:19Mais en même temps, ça n'autorise pas
16:21à tout casser et à pousser des formations politiques.
16:24Moi, je ne fais pas de politique politicienne.
16:27Je veux que tous les lycéens, les enseignants,
16:30soient traités avec justice et équité
16:32dans les bâtiments qui sont les nôtres.
16:34Si nous, nous avons à faire des progrès
16:36sur leur environnement immobilier,
16:40nous allons le faire.
16:42Et nous l'avons toujours fait.
16:43Nous avons un Parlement de la Jeunesse
16:44avec lequel nous discutons toute l'année.
16:47Tout ce que nous faisons dans les lycées,
16:49c'est avec eux.
16:50Et je dis que dès que le calme sera revenu,
16:52nous réunirons en réunion Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur,
16:56comme nous l'avons toujours fait
16:57avec Renaud Muselier par le passé,
16:59le Parlement de la Jeunesse,
17:01pour être à leur écoute
17:02et voir comment nous pourrons les accompagner au mieux
17:05parce que le dialogue social
17:06est aussi quelque chose de fondamental.
17:09Merci beaucoup Christian Estrosi.
17:10Cette émission, c'est aussi celle des auditeurs
17:12et avant tout celle des auditeurs.
17:14Donc c'est pour ça que je me permettais
17:15de vous couper un peu.
17:17Merci beaucoup en tout cas
17:18d'avoir été en direct avec nous.
17:20Rachida, bonjour.
17:23Vous nous appelez d'où, Rachida ?
17:25Comment ?
17:26Vous nous appelez d'où, Rachida ?
17:28Volpénil, en Seine-et-Marne.
17:30Vous êtes infirmière, c'est ça ?
17:31Infirmière anesthésiste, oui, tout à fait.
17:33Quel regard vous vous portez
17:35sur cette colère des lycéens ?
17:37Moi, je suis scandalisée.
17:38Le monsieur qui a témoigné,
17:40qui a parlé, je crois que c'est Cédric,
17:41c'est ça ?
17:42Avant moi, écoutez parfaitement résumé et tout.
17:45Il a très bien parlé.
17:46Moi, je pense que ces jeunes,
17:47parce que j'ai discuté hier
17:49en rentrant avec des jeunes,
17:50et effectivement,
17:52ils ne sont pas là pour tellement manifester,
17:55ils n'ont pas de vraies revendications.
17:57Ils sont là pour casser, pour rigoler,
17:59ils n'ont pas envie d'aller à l'école.
18:01Puis voilà, je trouve ça inadmissible.
18:03Vous vous rendez compte ?
18:04Ils ont frappé un journaliste,
18:05ils ont brûlé des camions de pompiers
18:08et puis on les voit bien,
18:09ils sont cagoulés,
18:10les petits jeunes là, certains.
18:12Ils viennent pour casser, je suis désolée,
18:14ils ne viennent pas pour revendiquer.
18:16Bon, c'est sûr qu'il y a quand même des jeunes
18:17qui ne sont pas pour,
18:18on les a entendus.
18:19Eux, ils ont leurs propres revendications,
18:22mais ce n'est pas comme ça qu'ils vont y arriver.
18:23Qui est-ce qui va payer tout ce qu'ils ont cassé ?
18:26Déjà que nos jeunes,
18:28ils ne sont pas très doués à l'école,
18:30mais alors là, ça va être catastrophique.
18:32Moi, je suis scandalisée,
18:33ça me fait vraiment peur.
18:34Moi, j'ai vraiment peur.
18:36Rachida, je voudrais vous lire le message
18:37de Pedro de Marmande
18:39qui nous écrit sur l'application RTL.
18:40Il dit,
18:41les jeunes cherchent à avoir une scolarité meilleure,
18:43nous devrions être avec eux.
18:45Le jour où un gouvernement fera passer l'humain
18:47avant l'argent,
18:48peut-être qu'il n'y aura pas toutes ces choses.
18:50Ça va aussi dans le sens de ce que nous disait Raphaël
18:52qui est toujours avec nous,
18:53sur l'expression d'un mal-être.
18:55Qu'est-ce que vous leur dites, Rachida ?
18:57Oui, oui, oui, je suis d'accord.
18:58Il y a un gros mal-être.
18:59C'est vrai qu'on a vu cet été
19:00avec la canicule,
19:01les profs absents et tout ça.
19:03De toute façon,
19:03il y a une éducation à deux vitesses.
19:05Ceux qui ont de l'argent
19:06et qui peuvent mettre leurs enfants
19:07dans des privés ou dans des super écoles,
19:09bon, leurs enfants seraient beaucoup mieux.
19:11Mais là, je suis absolument d'accord.
19:12Mais moi, vraiment,
19:13Amandine,
19:13moi, ce qui me fait peur
19:14et ce qui me scandalise,
19:15c'est de voir les jeunes qui rigolent,
19:18qui mettent le feu.
19:18Ils sont équipés, là.
19:20Ils vous lancent des trucs.
19:21Ils brûlent les écoles ?
19:23Ils sont là.
19:24Alors, quand on leur pose des questions,
19:26oui, on veut plus de profs,
19:29les salles ne sont pas terribles.
19:30D'accord, d'accord.
19:31Mais ils n'ont pas de vrai...
19:32Ils ne savent pas non plus tous
19:34pourquoi ils sont là, en fait.
19:35Ils suivent un mouvement.
19:36Alors, les petits jeunes qui s'ennuient,
19:38qui ne vont pas à l'école,
19:39ils y vont.
19:40Ils sont cagoulés.
19:41Et quand ils sont cagoulés,
19:42ça vous rappelle quoi, ça, Amandine ?
19:44C'est comme quand il y a eu
19:46les matchs de foot.
19:47C'est des casseurs, en fait.
19:49Mais c'est des casseurs.
19:50Après, est-ce qu'ils sont manipulés ?
19:52Ça, je ne sais pas.
19:54Je ne sais pas.
19:55Je ne sais pas si, comme disait la dame,
19:56je pense qu'elle a bien parlé aussi,
19:58Raphaël, par rapport aux jeunes.
20:00Les anciens sont plus sereines
20:02et les jeunes peut-être plus sur la gauche.
20:04Mais moi, ça me fait peur.
20:05Et comment on va s'en sortir ?
20:08Comment on va s'en sortir ?
20:09Rachida, restez avec nous.
20:10Martine, bonjour.
20:13Allô ?
20:13Oui, Martine, vous vous appelez de Dol,
20:15je crois.
20:16Vous aussi, ça vous inquiète,
20:17ça vous fait peur ?
20:19Oui, j'ai 69 ans.
20:23Et j'avoue que quand je vois ces jeunes
20:26qui cassent tout, qui démolissent,
20:29non, je veux bien qu'on soit,
20:33qu'on veuille, qu'on les entende.
20:35Je les entends,
20:36mais je ne les entends plus
20:39quand ils cassent tout.
20:41Parce que qui est-ce qu'ils payent derrière ?
20:43C'est la société,
20:45c'est eux.
20:46Oui, vous avez peur qu'il y ait un drame aussi.
20:49Aussi.
20:49Je me dis,
20:51demain,
20:52il peut y avoir un jeune
20:53qui reçoive un mauvais coup.
20:56Alors attention,
20:57je ne suis pas contre la police,
20:59contre...
20:59Non, pas du tout.
21:01Mais dans l'état actuel des choses,
21:04c'est quand même...
21:06Ça peut arriver.
21:07Et là, ça sera encore...
21:08Ça déclenchera encore des émeutes.
21:12Maxime, bonjour.
21:15Bonjour.
21:15Ça vous inquiète, vous ?
21:17Ah oui, oui, ça m'inquiète.
21:18Ça m'inquiète, oui, oui.
21:19Parce que c'est cette future jeunesse
21:23qui sera plus tard dans la vie active,
21:24donc comment elle doit être dans la vie active après.
21:27Quel regard vous vous portez
21:28sur cette colère des lycéens ?
21:29Vous les comprenez ou pas ?
21:32Ceux qui cassent ?
21:32Non, pas du tout.
21:34Ah non, pas du tout.
21:35Mais le problème, c'est que ceux qui cassent...
21:36Alors, j'entendais les différents auditeurs précédemment.
21:39Il y en a certains, c'est peut-être des lycéens
21:40ou même des collégiens.
21:42Parce que quand on voit les vidéos,
21:43il y en a quand même qui ne sont pas très grands.
21:45Mais ceux-là, et ce qu'ils disaient, c'était vrai,
21:47c'est qu'ils viennent là que pour casser.
21:49Et ils n'ont aucune revendication.
21:51Ils viennent là pour s'amuser, pour casser, pour brûler.
21:54Mais il y en a d'autres qu'on a entendues
21:56avec des revendications.
21:57Oui, tout à fait, c'est ce que j'allais dire.
21:58Il y en a d'autres qu'on entend
21:59et qui ont des vraies revendications.
22:01Mais ceux-là, tout ça, ça va...
22:03On ne va même pas l'entendre, les revendications.
22:05Ce qu'on voit à l'heure actuelle,
22:06on ne entend les revendications ?
22:07Non, on ne voit que ce qui casse,
22:08on ne voit que les effets néfastes
22:11de cette revendication.
22:15Merci beaucoup, Maxime.
22:17Marie, bonjour.
22:18Oui, bonjour.
22:19Vous nous appelez d'où, Marie ?
22:21Je vous appelle de Villefranche-sur-Saône.
22:23Bon, quel regard vous vous portez sur cette colère ?
22:27Eh bien, écoutez, moi, je rejoins un petit peu
22:29les auditeurs précédents.
22:30Dans la mesure où, effectivement, ils cassent tout,
22:35ils ne sont pas assez, comment dire,
22:38ils sont trop lâches pour casser un visage découvert.
22:42Et je pense qu'ils vont à l'encontre
22:46de leurs revendications.
22:47Ils cassent les lycées alors qu'ils demandent plus de moyens.
22:54Qu'est-ce que vous attendez, là, de la réunion de crise
22:56qui s'est en ce moment même autour de Sébastien Lecornu ?
22:59Est-ce que le gouvernement peut, doit faire quelque chose ?
23:02Alors, peut-être, je ne sais pas.
23:06Là, j'avoue que je ne peux pas répondre à votre question.
23:10Moi, je suis comme les auditeurs précédents.
23:13Je n'ai pas beaucoup de contacts, moi, avec les lycéens.
23:16Mais je trouve que c'est un mouvement où les élèves se disent
23:20« Tiens, on va manifester, on ne va pas aller en cours,
23:23on ne fera rien. »
23:24Et vous allez voir que pendant les vacances de Toussaint,
23:27il n'y aura plus de revendications.
23:29Ils seront tous au bercail et ils seront tous partis en vacances.
23:32Mais c'est encore dans 15 jours, les vacances de la Toussaint.
23:34Donc, ce n'est pas gagné.
23:35Juste Cédric, qu'est-ce que vous attendez, vous, du gouvernement, d'un mot ?
23:39Mais en réalité, je n'attends pas grand-chose.
23:41Il n'y a plus d'argent dans les caisses.
23:42Comment on va faire ?
23:43Ils ont déjà fait pas mal de choses, malgré tout, pour l'éducation.
23:46Et aujourd'hui, ils ne feront rien de plus.
23:48Mais comment on calme cette colère ?
23:50Il n'y a pas forcément de l'argent, je ne sais pas.
23:52Eh bien, je pense que ça va paraître bizarre.
23:54Je vais être d'accord avec Raphaël.
23:57Sur le fond, il faut s'asseoir autour d'une table.
23:59Il n'y a pas des représentants de lycéens de chaque région, je ne sais pas.
24:03Il y a quelque chose comme ça, qu'il y ait des représentants
24:04qu'on se mette autour d'une table.
24:06Qu'est-ce que vous voulez vraiment ?
24:07Qu'est-ce qu'on peut faire ?
24:08Qu'est-ce qu'on peut ne pas faire ?
24:09Les écouter, quoi.
24:10Le dialogue, le dialogue.
24:11Gousse le dialogue, mais il faut arrêter de casser.
24:13Parce qu'en cassant, c'est encore plus un enfer pour eux
24:17sur leur éducation future.
24:18Donc, il devrait arrêter de casser et s'asseoir autour d'une table
24:22et discuter sereinement.
24:23Merci beaucoup, Cédric.
24:24Merci aussi à vous, Raphaël, qui a pris la parole longuement.
24:30Enseignante, Maxime, Martine, Marie et Rachida.
24:33On se retrouve dans un tout petit instant sur RTL.
24:35On va changer de sujet.
24:36C'est l'autre grand titre du jour.
24:38Ce budget présenté en Conseil des ministres, 54 milliards d'euros d'économie.
24:43Allez, j'allais dire, quasiment tout le monde va être mis à contribution.
24:46Les retraités, les particuliers, les entreprises.
24:50Est-ce que vous trouvez ça normal ?
24:51On en débat dans un instant.
24:52A tout de suite.
24:53Bonne journée sur RTL.
25:10C'est un vrai scandale, ce gel des retraites.
25:13Aujourd'hui, les retraités les plus aisés sont ceux qui font vivre l'économie
25:17grâce à leurs revenus.
25:18Et là, on vient une nouvelle fois taxer les gens qui ont travaillé toute leur vie,
25:22économiser, cotiser, tout ça parce que le gouvernement n'a pas été capable
25:25de faire les économies qu'il avait à faire.
25:27Je suis révolté.
25:28Le message de Francis qui réagit à ce budget qui a été présenté ce matin en Conseil des ministres.
25:34Alors, je ne vous cache pas que la mesure qui vous fait le plus réagir,
25:38que ce soit sur l'application RTL ou au 3210,
25:43c'est bien sûr ces retraités qui vont donc être mis à contribution.
25:47Mathilde Piquet m'a rejointe en studio.
25:49Mathilde, rebonjour.
25:50Rebonjour.
25:51Bon, vous allez nous éclairer sur ce qui est tranché, pas tranché
25:54et échanger avec les auditeurs.
25:58On va commencer avec Brigitte.
26:01Bonjour Brigitte.
26:02Bonjour Amandine.
26:03Vous nous appelez d'où Brigitte ?
26:05De Pau, dans le sud-ouest.
26:06Vous êtes vous-même retraitée, jeune retraitée.
26:08Alors, jeune retraitée depuis le 1er juillet.
26:11Imaginez ma joie.
26:15Quel regard vous portez sur tout ça ?
26:17Est-ce que vous trouvez ça normal, vous retraitez, d'être mise à contribution ?
26:21Alors, que tout le monde soit mis à contribution, je ne suis pas contre.
26:26Il faut bien trouver des solutions.
26:27En revanche, je trouve scandaleux, quand j'entends en plus les montants,
26:32une retraite à 1 200 euros ne va pas être indexée.
26:371 256 euros, je crois.
26:381 260.
26:391 260, pardon.
26:402 260.
26:41Oui, voilà.
26:41Soyons précis.
26:43Voilà.
26:43Alors, j'entends bien le raisonnement qui dit que les petits ruisseaux fondent les grandes rivières.
26:50En même temps, ça nous est demandé par une classe politique qui nous a ruinés, mais ruinés depuis 40 ans.
26:57Ce n'est pas d'aujourd'hui.
26:58Alors, on est responsable de notre classe politique, quelque part.
27:01On a voté pour eux.
27:02Mais ne nous étonnons pas qu'on arrive sur des extrêmes aujourd'hui.
27:06Et je trouve effectivement, nous, on a signé pour un contrat social.
27:09Moi, j'ai 63, bientôt 64 ans.
27:12On a signé pour un contrat social.
27:14Moi, j'ai fait tout ce qu'on m'a demandé de faire.
27:15J'ai travaillé.
27:17J'ai travaillé.
27:17Je me suis reconvertie.
27:18Parce qu'on dit, les seniors, ils ne sont plus...
27:21On s'est tous fait virager à l'âge de 50 ans.
27:24Pas simplement moi, mes copains.
27:26Donc, ce n'est pas quelque chose de personnel.
27:28Non, non, mais vous avez raison.
27:29C'est une réalité.
27:30Les chiffres sont là.
27:31On nous dit, il faut travailler plus.
27:33Mais moi, je voudrais travailler plus.
27:35Moi, j'ai fait plusieurs reconversions pour pouvoir travailler.
27:38Donc, moi, je me suis vraiment remise en cause.
27:40Et ça m'a coûté.
27:41Ça m'a coûté de l'argent.
27:42Ça m'a coûté du temps.
27:43Ça m'a coûté de l'énergie.
27:44Je ne regrette pas.
27:45C'est bien.
27:46J'ai appris plein de choses.
27:47Pour information, la fin de ma carrière, j'ai dû monter ma propre entreprise
27:52parce que je ne trouvais plus de travail.
27:54Femme de plus de 50 ans en France au secours.
27:58Donc, j'ai fait tout ce qu'on m'a demandé de faire.
28:00Et aujourd'hui, on m'annonce qu'on va bloquer ma retraite.
28:06Vous touchez combien, vous, de retraite, Brigitte ?
28:10En retraite de base, pas la complémentaire.
28:12En retraite de base, je suis à 1 300.
28:141 300.
28:15Donc, effectivement, ça va être a priori gelé.
28:17Et en retraite complémentaire ?
28:19À peu près la même chose.
28:21D'accord.
28:21Donc, vous avez 2 600 euros de retraite au global.
28:24Brut, oui.
28:25Brut.
28:25Ce qui est...
28:26C'est à peu près dans la moyenne des retraites, effectivement, aujourd'hui.
28:31C'est dans la moyenne.
28:32Mais la moyenne...
28:35Alors, OK, c'est dans la moyenne.
28:36Sauf que la moyenne, elle est quand même très basse.
28:39Et quand on nous annonce, oui, vous êtes dans la moyenne, sauf qu'on est sur une France qui s
28:43'appauvrit, qu'on va continuer de l'appauvrir, qu'aujourd'hui, le contrat social...
28:47Moi, j'ai signé pour un contrat social qui, aujourd'hui, n'est pas respecté.
28:50C'est-à-dire qu'on me change les cartes en cours de partie.
28:53Et si je veux essayer de me refaire la cerise, passez-moi l'expression, en travaillant plus, et bien non,
28:59à partir du 1er janvier 2027, vous savez quoi ?
29:01Si je décide de travailler sur le côté pour améliorer ma retraite, pour gâter mes proches, pour peut-être voyager,
29:09peut-être payer des réparations dans ma maison,
29:14et bien, l'argent que je vais faire en plus va être déduit de ma retraite également.
29:20Donc, on n'a aucun moyen...
29:21Ah, ça, c'est un changement de...
29:22Alors, Mathilde Piqué, oui, c'est un changement de janvier 2027.
29:26Oui, tout à fait. En fait, c'est une réforme de ce qu'on appelle le cumul emploi-retraite.
29:29Effectivement, c'est des conditions qui vont être beaucoup moins favorables aux retraités,
29:34qui vont voir, effectivement, au-delà d'un certain seuil, leur retraite, effectivement, diminuer quand ils ont des revenus du
29:40travail.
29:41Et Mathilde, ce que dit Brigitte sur la rupture du contrat social ?
29:43Alors, en fait, le contrat social, il est basé sur un principe qu'on appelle le principe de répartition,
29:50c'est-à-dire qu'on pense souvent qu'on cotise pour sa propre retraite, et pas vraiment, en fait.
29:56Il faut savoir que les actifs d'aujourd'hui cotisent pour la retraite, par exemple, de Brigitte,
30:01et Brigitte cotisait pour la retraite, effectivement, de ses parents, de ses aînés.
30:05Donc, c'est une logique intergénérationnelle de solidarité,
30:08et c'est ce qui explique que le gouvernement peut, voilà, changer les règles en cours de route, entre guillemets.
30:12Même si on comprend, bien sûr, que ça va avoir des conséquences très vite pour vous, Brigitte.
30:18Restez avec nous, Brigitte, parce que je voudrais vous faire dialoguer avec Evelyne,
30:21qui sera avec nous dans un tout petit instant.
30:24Et puis, à 14h, comme chaque jour, vous le savez, on retrouve l'heure du crime.
30:28Jean-Alphonse Richard, bonjour Jean-Alphonse.
30:30Bonjour Amandine.
30:31Et aujourd'hui, on part pour Aix-en-Provence, avec l'affaire d'une étudiante poignardée à mort sur le
30:36campus de la fac.
30:36Exactement, Gaëlle Le Gouen, 21 ans, étudiante en art plastique à la fac d'Aix-en-Provence,
30:42trois coups de couteau au dos et à la poitrine, au petit matin, près des résidences universitaires, pas de témoin.
30:48Gaëlle n'avait pas d'ennemi, un étudiant qui la connaît un petit peu va attirer l'attention.
30:53Il a une allure de skinhead, c'est un fils de policier.
30:56On l'a surpris en train de déposer une branche de laurier sur le lieu du crime.
31:00Alors, pour rendre hommage à la victime, évidemment, que va raconter ce garçon ?
31:04Que cache cette histoire inédite de l'heure du crime ?
31:08Eh bien, je vous propose de venir à 14h pour écouter tout ça.
31:11Gaëlle Le Gouen, la poignardée du campus, à tout à l'heure.
31:14À tout à l'heure, Jean-Alphonse.
31:15D'ici là, on continue avec Mathilde Piquet et vous, les auditeurs, d'échanger sur ce qui va changer pour
31:20les retraités.
31:22Dans quelle mesure seront-ils mis à contribution sur le budget ?
31:25Et surtout, est-ce que vous trouvez ça normal ?
31:27On en débat dans un tout petit instant.
31:29À tout de suite sur RTL.
31:41Je voulais dire que je n'étais pas du tout d'accord avec cette histoire que l'État a mal
31:45géré.
31:46En réalité, les finances publiques sont dans cet État parce qu'il a fallu tout d'abord régler la crise
31:51financière de 2008,
31:52qui a été extrêmement chère, puis le Covid, puis il y a eu aussi le bouclier énergétique.
31:56Donc, de ce fait, nos gouvernants se sont toujours adaptés à toutes ces problématiques.
32:01Le message de Fabien O32D qui réagit à ce budget présenté ce matin au Conseil des ministres
32:06et ce qui vous fait le plus bondir aux standards aujourd'hui et sur l'application RTL.
32:11Ce sont ces mesures qui vont toucher directement les retraités.
32:17Marc, bonjour.
32:20Marc, bonjour.
32:21Bonjour, vous m'entendez ?
32:22Oui, oui, oui, je vous entends.
32:24Vous nous appelez d'où, Marc ?
32:25J'appelle Denarbonne.
32:26Vous êtes retraité ?
32:27Je suis retraité, comme Brigitte, je crois, depuis le 1er juillet de cette année.
32:33Et vous, qu'est-ce que vous pensez d'être mis à...
32:36D'abord, est-ce que vous allez être concerné ? Vous touchez combien de pensions de retraite ?
32:40Alors, si... Alors, j'ai entendu tout à l'heure parce que moi, je pensais qu'il fallait conjuguer les
32:44deux retraites,
32:45à la fois la retraite de base et la retraite complémentaire.
32:47Donc, apparemment, cela ne va concerner que la retraite de base.
32:51A priori, pour la retraite de base, en tout cas pour le gel des pensions.
32:55Les pensions qui sont au-delà, pensions de base, de 1 260 euros, je vais y arriver, 1 260 euros,
33:07celles-ci, au-delà, effectivement, seront gelées, pas revalorisées en tenant compte de l'inflation.
33:12D'accord. Donc, pour mon cas, moi, j'ai 1 046 euros nets de retraite de base.
33:18Donc, vous, vous allez, a priori, avoir une revalorisation, en tout cas sur ces 1 046 euros ?
33:24Oui, ça aura, je pense, très minime.
33:26Oui, on sait, Mathilde, pour l'instant ?
33:28Ça suivra l'inflation, en fait.
33:30Ça dépendra des chiffres de l'INSEE derrière, effectivement, de combien sera l'inflation cette année.
33:37Mais globalement, Marc, est-ce que vous trouvez ça normal que les retraités soient mis à contribution ?
33:41Non, non, non, pas du tout. Et quel que soit le niveau, c'est vrai que j'ai une très
33:44petite retraite,
33:46mais même, en reprenant l'exemple de Brigitte, qui a, je crois, 2 600 euros à peu près brut,
33:53mais comme bien même, elle aurait 4 000, 5 000, 6 000 euros, c'est pour moi immoral de toucher
33:59à ça.
33:59Je pense qu'il y a d'autres postes à étudier avant de toucher les retraites, quel que soit leur
34:06montant.
34:07Immoral, vous dites ?
34:08Oui, oui, je pense, oui.
34:10C'est fort comme mot ?
34:12C'est fort, c'est fort, mais je pense que c'est juste.
34:15Comme l'a dit plusieurs auditeurs, on paye l'incompétence de plus de 40 années de nos politiciens,
34:25qui, pour certains, ont été complètement véreux, pour en prendre ce cas-usac,
34:29et on a laissé traîner. Alors, certes, c'est vrai qu'ils ont été élus.
34:33Ils ont été élus et parfois réélus, Marc.
34:36Oui, oui, oui, parfois réélus, mais c'est justement ça le problème.
34:40Je ne comprends pas les Français.
34:43Je ne comprends pas les Français dans leur attitude de vote
34:46et de taper systématiquement sur des expériences politiques qu'on n'a pas encore tentées.
34:52Je voudrais vous faire dialoguer avec Erwann. Erwann, bonjour.
34:55Bonjour Erwann. Bonjour Amandine.
34:58Vous, vous êtes artisan boulanger, c'est ça ? Et Marc qui est avec nous.
35:02Et Mathilde.
35:03Oui, bonjour Erwann.
35:04Oui, Mathilde. Oui, bonjour Marc.
35:07Vous, donc, vous n'êtes pas à la retraite, Erwann ?
35:10Et non.
35:10Non. Qu'est-ce que vous en pensez, vous, de ces mesures qui vont toucher les retraités ?
35:18Oh, ben, je trouve que, comment dire, ben, moi, ce qui me gêne, c'est que c'est quand même
35:24des gens qui arrivent à la retraite,
35:27qui sont en très bonne santé, qui vont profiter de tous les progrès de la médecine pour vivre le plus
35:34longtemps possible.
35:35Ils ont profité de l'abaissement de la retraite de 65 à 60 ans et ne cotisaient que 37 ans
35:45et demi, donc 150 trimestres, sans compter les régimes spéciaux.
35:54À vrai, médicaments, ils sont surveillés par toutes les spécialités que le monde médical possède.
36:00Bon, après, il y a les déserts médicaux et on sait à quel point c'est... En fait, mais si
36:03je vous résume, vous dites qu'ils sont un peu gonflés de se plaindre, quoi.
36:06Tout à fait.
36:07Oui.
36:08Ben oui, parce qu'ils sont pas malheureux, quand même.
36:11Vous êtes à combien de temps de la retraite, vous, Erwann ?
36:15Euh... Je ne sais pas.
36:17Oui. Vous avez quel âge, aujourd'hui ?
36:18Ben non, j'ai 57 ans.
36:20Oui. Et donc, artisan boulanger, vous pouvez continuer ?
36:23Ben, de toute façon, si je la vois, ce sera déjà pas mal.
36:29Voilà. C'est ce que je me dis.
36:31Parce que ça fait partie des métiers pénibles ?
36:33Ben, exactement. De toute façon.
36:37Je cherche à rentrer en centre de réadaptation, là, pour soigner une discopathie.
36:42Je trouve même pas de place.
36:44Je suis en âge de travailler et puis je ne peux même pas me soigner pour continuer à travailler
36:50et pour payer les cotisations retraites qui permettent de payer les retraités.
36:55On est bien d'accord ?
36:57Oui, oui. Vos cotisations permettent de payer les retraités d'aujourd'hui.
37:00Ben oui. Parce que les retraités n'ont jamais payé pour leurs cotisations.
37:05C'est ce que vous disiez tout à l'heure.
37:06Oui, c'est ce que Mathilde expliquait. Mathilde, pas de bêtises.
37:09Ils ont payé pour les retraites de leurs aînés, effectivement.
37:12Oui, oui.
37:12Alors, un retraité, par exemple, la classe des 17-59 ans, il coûte à la Sécurité Sociale 1022 euros par
37:22an.
37:24Entre 60 et 74 ans, il dépense 2300 euros.
37:34La Sécurité Sociale coûte...
37:37Oui, mais effectivement, plus on vieillit, plus on a des dépenses de santé.
37:40Mais là, pour le coup, Erwann, ils ont cotisé tout au long de leur vie pour bénéficier, Mathilde, vous êtes
37:46d'accord ?
37:46Oui, tout à fait.
37:47Pour bénéficier de ces soins de santé.
37:48Erwann, je voulais vous faire dialoguer avec Thierry.
37:50Thierry, vous entendez ce que dit Erwann ?
37:52Oui, oui, j'entends ce que dit Erwann, et ça me fait un petit peu rigoler.
37:59Je vais vous dire pourquoi, parce qu'il critique les retrités d'aujourd'hui,
38:05mais vu son dialogue qu'il a actuellement, je pense que dans pas longtemps,
38:10il va profiter aussi, vu ses problèmes de santé, de tous ses avantages, entre guillemets,
38:16dont il pense que l'on bénéficie.
38:19Donc, il y a un moment où il faut arrêter un petit peu le business.
38:22Donc, oui, c'est le but du jour.
38:24On a toujours cotisé, et moi, j'ai cotisé pendant 46 ans pour le droit à la retraite.
38:30Je l'ai enfin obtenu.
38:31Je touche une retraite de 1 600 mâles, et je trouve anormal d'avoir payé pendant 46 ans.
38:39Enfin, je trouve anormal.
38:40Non, je ne le trouve pas anormal.
38:42Je reviens en arrière.
38:43Je trouve normal d'avoir cotisé pour mes aînés,
38:47et puis, je trouve tout à fait normal que les futures générations cotisent pour moi.
38:55Je veux dire, nous, on a bossé.
38:56Je veux dire, punaise, on est les trois quarts des retraités.
38:59On est sur des retraites qui sont en dessous de 1 600 mâles.
39:04Et on va encore nous ponctionner, mais on a déjà donné.
39:07Donc, il y a un moment où on stoppe.
39:08Stop, stop.
39:09Les économies, on peut les faire sur d'autres postes.
39:13Sur quoi, par exemple, Thierry ?
39:15Je vais vous dire un truc.
39:16Alors, je vais vous dire un truc.
39:17La France, ça a toujours été un pays d'accueil, et un pays, normalement, d'aide.
39:24Mais on n'est plus sur un pays d'aide, on est sur un pays d'assistanat.
39:28Oui, mais ça fera, pour le coup, je pense que ça fera l'objet et du débat budgétaire,
39:34et aussi, sans doute, bien sûr, de la présidentielle.
39:36Mathilde Piquet, vous vouliez ajouter quelque chose ?
39:38Oui, tout à fait.
39:39En fait, la nécessité aussi de faire des mesures d'économie sur le régime de retraite,
39:44il est certes parce qu'on a un déficit important,
39:46mais la nécessité, elle est aussi là parce qu'on a un équilibre démographique
39:52de notre régime de retraite qui est complètement déséquilibré.
39:56On a beaucoup moins d'actifs qu'auparavant pour financer les retraites
39:59par ce système de répartition.
40:00Et qu'il n'y a pas eu de réforme.
40:02Exactement, il n'y a pas eu de réforme.
40:03Et donc, c'est aussi pour ça le solde de notre régime de retraite.
40:07Il se dégrade tout seul si on ne fait rien, si on ne fait pas d'économie.
40:09Est-ce que vous diriez, Mathilde, qu'on paye aujourd'hui le fait qu'il n'y ait pas eu
40:12cette réforme ?
40:13Je pense que oui, clairement, s'il y avait eu une réforme, en tout cas pas de suspension,
40:18par exemple l'an dernier, le régime de retraite serait, peut-être pas sauvé,
40:24mais en tout cas dans une meilleure situation.
40:26Donc oui, forcément, on le paye un petit peu.
40:28Restez avec nous, on poursuit nos échanges.
40:31Christian, vous êtes avec nous.
40:32Bonjour Christian.
40:33Bonjour Amandine.
40:34Bon, vous, vous êtes retraité, oui, vous êtes retraité.
40:38Première fois que vous nous appelez, si vous deviez résumer en un mot votre position
40:41et on se retrouve juste après, vous aurez le temps de parler.
40:44Écoutez, moi je pense qu'il faut garder en vue nos priorités.
40:48Pour moi, il y en a deux, c'est rester attaché à notre modèle social
40:52et puis surtout ne pas opposer les Français entre eux.
40:55On se retrouve dans un instant Christian, à tout de suite.
40:59Merci d'écouter RTL.
41:07Jusqu'à 14h.
41:09Les auditeurs ont la parole.
41:11Amandine Bégaud sur RTL.
41:13Et on continue à évoquer bien sûr ce budget qui a été présenté ce matin en Conseil des ministres.
41:18Je rappelle, les mesures qui ont été annoncées, ça va servir de base de discussion.
41:22C'est ce que propose le gouvernement et désormais, c'est aux parlementaires
41:26de se prononcer et de valider ou pas ou de modifier ces mesures.
41:31Christian, vous êtes toujours avec nous.
41:33Vous, vous dites, il faut que tout le monde fasse des efforts.
41:35Les retraités, les actifs, les entreprises.
41:38Absolument.
41:39Et effectivement, si on garde comme priorité, en fait, de préserver le modèle social
41:44et de préserver, en fait, la concorde entre les différentes générations,
41:49je pense qu'il est important que tout le monde fasse des efforts.
41:51Alors, bien sûr, ceux qui peuvent se le permettre, ça veut dire qu'on doit préserver
41:55le pouvoir d'achat des plus précaires.
41:57Mais sinon, effectivement, les autres, c'est qui ?
42:00C'est l'État en acceptant de faire des économies.
42:02C'est les entreprises en acceptant une baisse des aides.
42:06Ce sont les actifs en acceptant de travailler un petit peu plus.
42:10Et là, je pense notamment à la réforme des retraites,
42:11sur laquelle il faudra bien, à un moment donné, que l'on revienne.
42:16Et puis, ça veut dire, pour les retraités, d'accepter une moindre valorisation des pensions.
42:21Alors, on parle des retraités au-delà d'un certain montant.
42:26Et puis, d'accepter également, c'est ce qui était proposé par le gouvernement,
42:30une révision du plafond de l'abattement de 10%.
42:33Voilà, qui était de 4 000 et quelques, et qui va passer à 3 000.
42:36C'est ça, M. ?
42:36Exactement, oui, tout à fait.
42:37Voilà, cette dernière mesure ne concernant que les retraités les plus aisés.
42:43Vous dites qu'il faut éviter la division, c'est-à-dire d'opposer les générations,
42:47les retraités contre les autres, Christian ?
42:49Absolument, absolument.
42:50Et je pense encore au débat précédent avec les lycéens.
42:54C'est vrai que je suis très inquiet de voir la façon dont les générations s'opposent.
43:01Les actifs qui ne comprennent pas les retraités, les lycéens qui ne comprennent pas les générations avant elles.
43:11Donc, on est dans un monde extrêmement compliqué.
43:13Je pense que ce besoin de Concorde, pour moi, il est primordial.
43:17Et je pense qu'il ne faut pas systématiquement demander aux autres de faire des efforts
43:20sans soi-même apporter sa pierre à l'édifice.
43:23Je voulais vous lire, Christian, le message de Liliane Dabville,
43:26qui nous écrit sur l'application RTL et qui va un peu dans le même sens que vous.
43:29Elle, elle dit, moi, je suis retraitée, 1080 euros de pension.
43:33Mon temps normal, dit-elle, car travaille à temps partiel,
43:36parce qu'elle s'occupait de ses enfants.
43:37Ça ne me dérange pas si ma retraite est bloquée.
43:40Pensons à nos enfants et à nos petits-enfants.
43:43On est au cœur du débat.
43:45Philippe, bonjour.
43:47Bonjour.
43:48Vous entendez, par exemple, ce que nous dit Christian à l'instant, le message aussi de Liliane ?
43:53Oui, oui, mais non, je ne suis pas du tout d'accord.
43:55Moi, j'ai travaillé à l'âge de 16 ans, j'ai pris ma retraite à 60 ans,
43:57j'ai cotisé 44 ans, cotisé, validé.
44:01Ce n'était pas des semaines à 35 heures, il n'y avait pas de télétravail.
44:03On faisait 45 heures semaine, plus les heures supplémentaires le samedi.
44:07Je ne vois pas pourquoi je mettrai la main au portefeuille.
44:10On n'a qu'à réduire le train de vie de l'État,
44:14supprimer la moitié des députés, les sénateurs, les présidents de région,
44:17les cognés comme les civ hommes, tous ces postes là qui ont été créés,
44:21les directeurs dans les hôpitaux.
44:23Mais il faut voir la masse financière qu'on nous montre déjà à l'exemple.
44:27J'ai 1 510 euros de retraite.
44:301 510 euros.
44:31Mathilde Piquet, il va y avoir des efforts faits sur le train de vie de l'État ?
44:34Absolument.
44:34Ce qu'a dit le gouvernement ce matin, c'est que la règle pour tous les ministères,
44:38c'est que les crédits, le budget en clair de tous les ministères sont gelés.
44:42Il y a juste certains ministères comme la Défense par exemple,
44:45où là il va y avoir une petite augmentation.
44:46Mais l'État aussi, il participe à cet effort.
44:51Et voilà, il y a par exemple le ministère du Travail qui va avoir son budget réduit
44:55de plus de 2 milliards d'euros.
44:56Il y a 1000 postes de fonctionnaires qui vont être supprimés par ailleurs.
45:00Et effectivement, pour vous répondre aussi Philippe, sur le train de vie de l'État
45:05et notamment les institutions, on l'entend beaucoup revenir,
45:08cette question des députés, des sénateurs.
45:12Malheureusement, entre guillemets, ce n'est pas quelque chose qui rapporte beaucoup à l'État
45:17parce qu'on ne parle pas du tout des mêmes ordres de grandeur.
45:20On a souvent l'impression que c'est beaucoup.
45:21Mais là, on parle effectivement en milliards.
45:24Et effectivement, le Sénat, l'Assemblée, c'est beaucoup moins.
45:27En tout cas, les auditeurs ne manquent pas d'ingéniosité et d'idées.
45:30Peut-être qu'on devrait aller consulter pour établir un budget.
45:33Il y a Isabelle de Fécamp qui nous écrit
45:35« Bonjour, afin d'assainir la dette de la France, il serait judicieux, écrit-elle,
45:40de faire participer tous les Français, tous les Français imposables ou pas,
45:45un prélèvement d'impôts de 10 euros par mois pour tous les ménages
45:48qui permettraient d'éponger un peu la dette.
45:51Ces mesures, dit-elle, seraient équitables. »
45:54Mathilde, je vous ai mise la contribution, vous avez fait les comptes.
45:56Si on demandait à tous les ménages français, tous les foyers fiscaux,
45:5910 euros par mois, ça rapporte ?
46:014,9 milliards d'euros par an, c'est un calcul rapide,
46:04donc je vous demanderais d'être indulgente.
46:07Mais pour comparer avec ce qu'on a eu ce matin comme copie budgétaire,
46:11ça représente à peu près la même chose que la surtaxe d'impôts sur les sociétés
46:15ou, peu ou prou, la même chose que l'effort demandé aux retraités
46:18qui est de 5 milliards et demi.
46:20Sachant qu'évidemment, il y a un petit bémol,
46:24c'est que ces mesures, elles concerneraient aussi les ménages les plus modestes
46:28pour qui 10 euros par mois, c'est parfois énorme.
46:30Oui, Christian, un regard sur cette proposition à l'instant que j'évoquais d'Isabelle ?
46:36Écoutez, je trouve ça, je pense que c'est une bonne idée,
46:39ça a le mérite de mettre une proposition sur la table.
46:44Maintenant, je crois que la réalité, ce sont nos systèmes sociaux,
46:48en fait, qui représentent les volumes les plus importants.
46:51Donc on voit bien que le sujet des retraites, il est primordial,
46:54le sujet de la santé, le sujet de l'assurance chômage,
46:58et quelque part, voilà, c'est sur ces régimes qu'on doit travailler en priorité
47:04pour arriver à des économies significatives.
47:08Merci beaucoup.
47:09Non, je suis désolée, Christian, je suis obligée de vous couper,
47:11on arrive à la fin de l'émission, c'était la première fois,
47:12je crois, que vous participez à l'émission.
47:15N'hésitez pas à intervenir à nouveau sur d'autres sujets,
47:17d'autant que ce budget, je pense qu'on va en parler encore
47:20pendant plusieurs jours.
47:21Mathilde Piquet, merci à vous.

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