00:00On accueille avec bonheur Sam Maisonob qui est, comme promis, connecté avec nous.
00:05Magnifique, merci infiniment Sam d'être en direct encore une fois avec nous.
00:10Vous pouvez sourire ?
00:10Ben oui, alors la journée normalement doit vous faire sourire, même si c'était dur.
00:15Mais quel numéro ? Dans la descente d'abord, et puis pour revenir sur les quatre de devant,
00:20il leur manquait un petit peu pour la victoire.
00:22Mais vous êtes conscient quand même d'avoir réussi un immense numéro dans ce final ?
00:27Oui, c'est sûr. Après, on va dire, comme il y a deux jours et comme hier,
00:32et comme depuis le début, il y a eu un super travail collectif.
00:35Donc ça nous a mis dans les meilleures prédispositions.
00:38Après, le groupe qui était à l'avant, il était dangereux pour le général
00:41et également pour la victoire d'étape.
00:43C'est pour ça que j'ai tenté de sortir dans le dernier répécho dans la descente
00:48et de les rejoindre le plus vite possible pour essayer de disputer un sprint
00:53ou de revenir de l'arrière.
00:54Mais malheureusement, je suis revenu un peu dans le mauvais timing.
00:56Et en fait, ils m'ont vu revenir, donc je ne les ai pas réellement surpris.
01:00Mais bon, on a tenté au maximum.
01:02C'est une belle cinquième place et on récupère un peu de temps en général.
01:05Donc c'est plutôt positif.
01:07C'est vrai que peut-être que c'est un petit peu dur de se rendre compte,
01:12mais la journée devrait vous apporter un sourire en ce moment, Sam, non ?
01:19Ça, c'est sûr. Pour le coup, passer un col entre guillemets hors catégorie,
01:25avec les meilleurs, même en haut, ça se fait un peu la guéguerre.
01:29Et puis après, dans les petits répéchos, pareil, il y a un sacré rythme.
01:32Puis on est quand même au quatrième jour de course.
01:34Donc ça montre qu'on peut enchaîner les jours, qu'on peut être là même quand le parcours est difficile.
01:39Et puis on a un super collectif, parce que je crois qu'on est quatrième, sixième et douzième ou treizième
01:45du général.
01:46Donc non, franchement, c'est top. La dynamique est vraiment super.
01:50La dynamique est exceptionnelle. On en parlait tout à l'heure pour l'équipe Cofidis, effectivement.
01:53Et alors, Pierre, Claire et Patrick sont là également.
01:57On évoquait vos qualités de descendeurs.
02:00Pierre est ébahi même, on peut le dire, sur vos qualités de descendeurs.
02:04On va voir les images, nous.
02:06Et qu'est-ce que vous pouvez nous dire là-dessus, Sam ? Parce que vous êtes un virtuose.
02:13On va dire que les triathlètes, on a plutôt mauvaise réputation sur le vélo.
02:19Là, j'ai essayé de prouver un peu le contraire.
02:21Surtout que je ne la connaissais pas vraiment, la descende.
02:23Donc on va dire que je l'ai fait un peu au GPS.
02:26Heureusement qu'on a cette technologie-là qui nous permet d'avoir virage après virage.
02:30Et puis non, c'est fait un peu à l'instinct.
02:33Donc parfois, il faut courir aussi sans les données, sans les datas et y aller un peu tête baissée.
02:39Il faut quand même regarder devant soi parce que louper un virage, ça peut arriver vite aussi.
02:43Et des motos.
02:44Tu peux peut-être nous expliquer, rouler avec le GPS ?
02:48Parce que nous, on comprend, mais je pense que le grand public a besoin d'un peu plus de lumière
02:53là-dessus.
02:55Oui, c'est un peu comme si c'était un guidage qu'on a sur le téléphone quand on conduit.
03:00On peut voir les virages qui vont arriver.
03:02Il y a même certaines applis qui permettent de faire un signal sonore quand le virage est vraiment très resserré.
03:08Donc en fait, ça nous permet de nous prévenir visuellement et également d'avoir un signal qui nous permet d
03:14'anticiper.
03:15Et puis d'adapter notre vitesse et puis pour ressortir le plus vite possible du virage.
03:20Est-ce que ça prévient quand il y a une moto qui est juste dans le passage ?
03:24Ah non, ça par contre, il faut s'adapter à l'instant T.
03:29Est-ce qu'on est d'accord que cette moto, elle ne vous a pas vraiment avantagé ?
03:33Bien au contraire, non ? Elle vous a gêné ?
03:35Bien au contraire, dans plusieurs virages, on va dire que j'étais à deux doigts de la dépasser.
03:40Mais je me suis dit que c'est un peu compliqué parce qu'évidemment, il relance plus fort que moi.
03:45Donc c'est sûr que j'ai perdu un peu de vitesse dans les virages.
03:49Après, l'avantage aussi de la moto, c'est que tu vois aussi le feu stop arrière qui s'allume
03:53quand il freine.
03:54Alors que quand tu es derrière un vélo, tu ne sais pas vraiment quand il freine.
03:59Demain, le sommet de la dernière difficulté, donc le début de la descente.
04:06On est à 7,5 km.
04:08Est-ce que tu as prévu des sliders, quelque chose pour les genoux, pour venir faire frotter le genou dans
04:12les virages ?
04:13C'est quoi des sliders ?
04:13C'est les protections que les motards ont sur les genoux pour venir faire toucher le genou.
04:17Non mais c'est vrai.
04:18Alors Sam, Pierre-Roland vous a comparé à un pilote de MotoGP tout à l'heure dans votre façon de
04:23descente.
04:23Freinage avant, parce que tu as freiné avant et tu as complètement lâché les freins dans cette immense courbe où
04:29tu as doublé la moto.
04:32En fait, quand on freine, on perd de l'adhérence.
04:35Donc il faut vraiment freiner avant le virage.
04:37Et quand on est dedans, si tu freines, ça veut dire que tu vas trop vite.
04:40Et une fois que tu es dedans, il faut vraiment relâcher le frein pour garder le grip.
04:45Parce qu'en fait, c'est comme ça qu'on perd l'avant ou l'arrière.
04:50Une question qu'on ne pose pas assez souvent, je trouve, aux coureurs cyclistes, alors que maintenant tout le monde
04:54roule avec ça.
04:55Est-ce que les freins à disque, alors je pense quand même, Sam, que tu as dû connaître les freins
05:00à patins, même si tu es passé pro récemment.
05:02Mais tu as dû les connaître chez les amateurs.
05:03Est-ce que les freins à disque ont vraiment tout changé en termes de trajectoire, de risques que l'on
05:08peut prendre dans les virages par rapport aux freins à patins ?
05:12L'avantage, c'est que maintenant dans le peloton, ça s'est uniformisé la technologie.
05:18Parce qu'il y a quand même eu un moment où certaines équipes avaient été à patins, d'autres à
05:22disque.
05:22Et là, c'était vraiment dangereux.
05:23Parce que les distances de freinage, l'anticipation, ce n'est pas la même.
05:26Mais maintenant, on a tous la même technologie.
05:28Donc ça nous permet vraiment d'avoir les mêmes distances de freinage.
05:32Mais moi, je trouve que c'est plutôt une bonne chose.
05:34Parce que notamment sur les étapes pluvieuses, quand on avait des roues carbone avec des freins carbone, il y avait
05:39vraiment zéro mordant.
05:41Donc là, vraiment, c'est un gros gain et un gros gap.
05:44Sam, j'ai une question.
05:45Tu as parlé de ton passé de triathlon.
05:47Tu as été champion de France, si je ne me trompe pas, en duathlon et en triathlon, justement.
05:52Tu disais que vous aviez plutôt mauvaise réputation du côté des descentes.
05:55Mais ça t'apporte quoi aujourd'hui, ce passé-là ?
05:58Parce que ce n'est pas le passé le plus commun, je veux dire, aujourd'hui dans le peloton.
06:04Déjà, on va dire que dans la journée, ça me libère un peu de temps.
06:06Parce que les triathlètes, ça s'entraîne dès 6h du mat' jusqu'à 18h, 19h, voire 20h même.
06:13Parce qu'on doit réaliser les trois sports dans la journée.
06:15Après, une saison de triathlète, ce n'est pas du tout pareil que le vélo.
06:18On a une dizaine, voire quinzaine de courses maximum.
06:22Alors qu'en cyclisme, on est aux alentours de 60h, 70h.
06:26Puis après, ça peut aller encore plus haut si on fait des grands tours.
06:30Mais ça nous apporte surtout de la rigueur d'un point de vue entraînement, de la préparation physique.
06:35Ça, ça m'a vraiment beaucoup aidé.
06:37Et puis après, ce que j'ai beaucoup apprécié dans le milieu du vélo, c'est le sens collectif.
06:42Parce qu'en triathlon, c'est un sport où on est plus centré sur notre performance personnelle.
06:47Alors que là, comme on le voit tous les jours, on est dépendant des équipiers, on est dépendant des directeurs
06:53sportifs, des mécaniciens, des assistants et tout le staff qui gravite autour de nous.
06:58Tu as gardé les réveils du matinot quand même ou pas ? Ou tu arrives quand même à te lever
07:00plus tard qu'à 6h du mat' ?
07:03Ah non, non.
07:04Moi, j'ai enlevé les réveils.
07:05Ça, ça a été le point positif quand je suis passé entièrement dans le vélo.
07:09Ça m'a fait du bien.
07:10Alors Sam, vous enlevez le réveil.
07:12Sinon, vous enlevez un sport et vous vous mettez au biathlon et puis vous serez pas mal.
07:18Ah oui, je vois qu'il y en a, ils font la transition dans l'autre sens.
07:21Alors pourquoi pas le faire dans le sens inverse.
07:24Mais pour l'instant, on va rester focus sur le vélo.
07:26Il y a des choses à faire avant.
07:27Une dernière question avant de vous laisser filer.
07:29Sam, le classement général, on va l'afficher.
07:31Vous êtes à 19 secondes, seulement 15 secondes reprises aujourd'hui.
07:35Est-ce que clairement, l'ambition d'aller chercher ce classement général, vous êtes à fond dans cette optique-là
07:43d'ici la fin de cette pro-race ?
07:46C'est sûr.
07:47De toute façon, dès la première étape, l'objectif a été de prendre ses bonifications.
07:51Et je pense que ça va se jouer à l'après-midi.
07:54J'aurais pas de regrets à me dire si je perds.
07:58Ah non, pas maintenant.
08:00Dommage, ça coupe un petit peu.
08:01Pas maintenant.
08:02Mais il a dit, oui, clairement, on joue le classement général.
08:05Il est à 19 secondes exactement de la troisième place du projet.
08:07Eh oui.