00:00Le 20-27, ce sont toutes les images de la campagne présidentielle.
00:03Fête de l'Huma, fête de la Rose pour faire campagne.
00:05Les candidats de gauche, ce week-end, ont misé sur des événements festifs.
00:09Convivio, c'est notre rendez-vous le 20-27 signé ce soir.
00:12Charlotte Gillard, Fanny Morel et Manuela Brown.
00:19Voilà 20 ans qu'on ne l'avait plus vu à ce grand repas de famille.
00:23Autour d'un bon poulet de Bresse...
00:25Je fais le poulet, mais je connais les durées de cuisson.
00:30François Hollande est venu renouer avec de vieux compagnons socialistes.
00:34C'est plaisir que je suis en la vie.
00:36C'est chez moi, ici.
00:39Comme dans beaucoup de réunions familiales, on y a vu des embrassades insistantes.
00:44Un bisou.
00:46Tout va bien, tout va bien.
00:48Doucement, madame.
00:51Non, mais trop, c'est que ça, j'aime.
00:54Bravo à Julie.
00:56Chers amis, d'abord, je te remercie...
01:00Des petits malaises.
01:02Oui, bonjour.
01:03Et un sujet tabou qui s'invite malgré tout à table.
01:07Il faut vous déclarer.
01:10C'est un déplacement de campagne, ce déplacement d'aujourd'hui ?
01:14Déplacement à la campagne, oui.
01:16Jolie diversion, monsieur le non-candidat.
01:25La fête de l'Humas au week-end a pris des airs de meeting.
01:30Avec un Jean-Luc Mélenchon qui déplace les foules.
01:35Et ses lieutenants accueillis comme des stars.
01:38Bonjour, Maddy.
01:40Ça va ?
01:41Ça va, vous allez bien ?
01:41Merci pour tout.
01:43Merci de travailler.
01:44Il n'y a pas beaucoup de politique qui travaille.
01:46Ça fait plaisir de voir les gens qui travaillent.
01:48Merci beaucoup.
01:50Les insoumis ont-ils un peu trop tiré la couverture ?
01:53C'est la fête de l'Humas, vous savez.
01:55Mais c'est la fête du parcours.
01:58La fête de la gauche de rupture.
02:01La fête du changement, vous voyez ?
02:03C'est ce qui est 20.
02:05Le problème, c'est que c'est aussi le refrain que Fabien Roussel souhaite chanter pour la présidentielle.
02:11Ou quoi qu'il arrive, vous allez à l'aise.
02:15Ça, c'est le même point de question.
02:18Si on veut gagner, on se présente sur la ligne de départ.
02:23On se rassemble ?
02:24Le rassemblement est construit avec les gens.
02:27Un peu tendu, le patron des communistes avant son entrée sur scène.
02:34On a posé la question à son porte-parole.
02:37Est-ce que c'est difficile de se faire entendre quand on a un Mélenchon qui fait son discours juste
02:41à côté ?
02:42On a décidé d'une espèce de charpe de bonne conduite qui fait qu'on ne tapera jamais sur les
02:49autres candidats de gauche.
02:50Il y a d'autres gens qui s'en chargent.
02:53Finalement, pour cette grande communion de la gauche, c'est Marine Tandelier qui nous propose la meilleure allégorie.
03:09Une chanson d'amour et de rupture de Bonnie Tyler.
03:12La bande-son d'une gauche qui cherche encore comment se retrouver.
03:25Voilà pour ce 20-27 et vous avez vu les images à l'instant de François Hollande.
03:28Il sera demain soir notre invité, l'ancien président de la République, 22h face à BFM, face à Pauline de
03:34Ballère, Marie Chantret, Guillaume Daré et moi-même.
03:37Avec évidemment la question qu'on lui posera, est-ce qu'il y va ou pas pour cette présidentielle ?
03:42On verra ça, ce sera demain soir à 22h sur BFM TV.
03:45Vous retenez quelle image, Yves Tréard, là-dedans ?
03:48Le bisou ! Le câlin !
03:51Oui, on est au-delà du bisou.
03:52François Hollande, il faudra lui poser combien de baisers il a reçus à François Hollande.
03:56Le bisou ou du bisou ?
03:57Des bisous, pardon.
03:59Et vous gardez la parole.
04:00Votre choix ce soir, c'est de nous parler évidemment de 2027, la présidentielle.
04:03Une majorité de Français veulent la rupture.
04:05Oui, alors ce n'est pas vraiment le bisou, là.
04:07Vous voyez, c'est une enquête très intéressante qui a été conduite au début du mois de septembre sur quelques
04:1313 000 Français
04:14et qui a été conduite par…
04:16Alors, il y a beaucoup de partenaires, mais c'est l'Ipsos.
04:18Grosso modo, l'Ipsos s'est publié dans le monde et ça a été fait aussi par le CEVIPOF,
04:23qui est l'Institut d'études politiques de sciences politiques à Paris.
04:27Et qu'est-ce qu'ils disent ?
04:29Eh bien, ils disent que 71 % des 13 000, c'est-à-dire 7 sur 10,
04:35veulent une rupture franche par rapport à la politique qui est conduite aujourd'hui.
04:40Alors, ce n'est pas très étonnant quand on voit le contexte dans lequel la France est aujourd'hui engluée.
04:46C'est-à-dire que ça fait quand même 10 ans qu'elle a le même président
04:49et on parlait, c'est la suite de la conversation de tout à l'heure,
04:52les Français sont des Français qui ne sont jamais contents.
04:57Tout ce qu'ils ont adulé, ils veulent le décapiter.
05:03Et on a une grande expérience dans ce domaine.
05:05Donc là, Macron, ils veulent tourner la page.
05:07Il y a un contexte géopolitique qu'on ne peut plus compliquer,
05:10qui n'a jamais été aussi, je dirais, aussi vif avec la guerre au Moyen-Orient, avec l'Ukraine.
05:16Il y a aussi ce qui s'est passé cet été, d'ailleurs, aussi, c'est-à-dire la menace
05:21climatique
05:21avec ce changement et cette transition climatique qui pointe aussi des problèmes identitaires.
05:27On ne va pas se voiler la face.
05:29Il y a un communautarisme qui fait que les Français, entre eux, ne s'aiment pas nécessairement.
05:34Et tout ça, ça fait une inquiétude très forte des Français.
05:38Alors, il y a cinq mots qui reviennent dans cette étude, qui sont en gradation, d'ailleurs.
05:42Le premier, c'est inquiétude.
05:44Le deuxième, c'est incertitude.
05:46Et quand il y a une incertitude, c'est une espèce d'insécurité, si vous voulez, générale.
05:51Trois, la fatigue.
05:52Les Français sont lassés.
05:54Quatre, la colère.
05:55Et cinq, la révolte.
05:57La campagne reflète bien, justement, cet état d'espoir.
05:59Alors, il suffit de prendre le week-end.
06:00Le week-end qu'on vient de passer, c'est très simple.
06:03C'est un week-end de discours révoltés de la part de nombreux candidats.
06:08Ce n'est pas très étonnant.
06:09D'abord, vous avez d'un côté Le Pen-Zemmour.
06:13Et de l'autre côté, vous avez eu, ce week-end, M. Mélenchon et M. Fabien Roussel du Parti communiste
06:22à la fête de l'Humanité.
06:23Alors, les mots ont claqué.
06:25Les mots ont claqué.
06:26C'est-à-dire, Marine Le Pen, elle vous a envoyé la priorité nationale.
06:30C'est un vieux sujet.
06:31Et on en va reparler avec Amélie tout à l'heure.
06:35Écoutez maintenant Éric Zemmour.
06:37Il ne suffit pas de prôner l'immigration zéro, mais d'enclencher l'immigration négative.
06:43Il faut ce que je réclame depuis des années, la remigration.
06:48Alors, ces quatre discours enflammés, parce que c'est pareil chez Le Pen-Lenchon,
06:53c'est pareil avec d'autres mots et pour d'autres revendications, évidemment, c'est pareil chez Roussel.
06:58Mais ce qui est intéressant, sur quoi ça peut déboucher ?
07:01Alors, on va écouter d'abord M. Mélenchon à la fête de l'Humanité.
07:06Non, M. Roussel, à la fête de l'Humanité.
07:09Écoutez ce qu'il dit.
07:10Je vous propose de passer à l'action maintenant.
07:13Je vous propose de faire la révolution maintenant, dans la rue, avant les urnes.
07:21Parce que c'est maintenant que l'on souffle et c'est maintenant que l'on doit agir.
07:26Alors, lui, c'est dans la rue.
07:27Ça rejoint d'ailleurs ce qu'on dit aujourd'hui, les reportages qu'on fait sur les ronds-points,
07:32les gilets jaunes, pas gilets jaunes.
07:34Enfin bon, il y a une atmosphère un petit peu comme ça.
07:36Et puis, il y en a un autre qui dit autre chose.
07:39Regardez bien ce qu'il dit, parce que c'est intéressant.
07:43Travailleuses, travailleurs, vous autres gens du peuple,
07:46ne croyez pas que vous soyez accablés par autre chose
07:50qu'un rapport de force que vous devez inverser.
07:53Et vous allez le faire avec des bulletins de vote,
07:56autant que par l'action.
08:00C'est dans les urnes que ça se passe.
08:02Voilà, c'est la révolution, ce qu'il appelle lui la révolution citoyenne.
08:05C'est un très intéressant entre le Parti communiste et LFI,
08:09d'un côté, allez, les héritiers de Staline et les autres,
08:12les héritiers de Trotsky, de voir la différence qui est manifeste.
08:16Alors, tout ça fait qu'on est à l'heure quand même du dégagisme,
08:19c'est ce qui ressort de cette enquête du Cevipov.
08:23Et pendant ce temps-là, est-ce que vous entendez
08:25tous ceux qui barbotent là, au milieu, dans le bloc central ?
08:28Non.
08:29Ou, bon, on ne les entend absolument pas.
08:32Alors, il y a une chose qui est intéressante
08:34et qui est en sous-texte dans l'étude du Cevipov,
08:37qu'il faudra suivre de très près,
08:38c'est que les Français, ils sont contre,
08:43ils veulent la rupture, ils veulent tout changer,
08:47mais ils ne veulent pas casser la vaisselle.
08:49C'est ça qui est intéressant.
08:50Alors, c'est peut-être Jean-Luc Mélenchon
08:53qui est aujourd'hui, qui sent la chose,
08:58plutôt que Fabien Roussel.
08:59En tous les cas, ce qui est sûr,
09:01c'est que les extrêmes ont la part belle.
09:04Anne ?
09:05Je trouve ça très intéressant, ce sondage,
09:07notamment sur la question de l'inquiétude,
09:09parce que ça arrive en numéro 1,
09:11et le sondage est même détaillé,
09:1375% des Français pensent que la situation de la France
09:15va se dégrader dans les mois à venir.
09:17C'est 30% de plus qu'en 2022.
09:20C'est absolument énorme.
09:22Et là où je trouve ça intéressant,
09:23c'est qu'effectivement, on parle beaucoup de la colère,
09:25vous dites que les Français ne sont jamais contents,
09:27mais les Français, ils sont aussi quand même,
09:28je pense, beaucoup plus raisonnables,
09:30beaucoup plus résilients,
09:31beaucoup plus courageux,
09:33beaucoup plus lucides et beaucoup plus républicains
09:35qu'on ne le pense et qu'on ne l'entend
09:36parfois dans la bouche de certains politiques.
09:38Il y a un sondage, moi, qui m'a marqué le mois dernier,
09:40c'était le Figaro qui l'avait fait d'ailleurs, je crois,
09:42plus de 50% des Français voudraient un candidat
09:45qui n'est pas celui qu'on vient d'entendre,
09:46qui est un candidat qui n'est pas déclaré du tout.
09:47C'est-à-dire que dans l'offre actuelle,
09:49personne n'a...
09:50Malgré l'offre pléthorique.
09:51Malgré l'offre pléthorique,
09:52et Dieu sait qu'on n'en a jamais eu autant,
09:5440, plus de 50, quasi 50,
09:57voilà, plus de 50% des Français disaient,
09:59moi, dans ce que j'entends, là,
10:00il n'y a rien qui me séduit vraiment.
10:02Donc, ça laisse espérer,
10:04ça veut dire une grosse colère qui est justifiée,
10:06ça veut dire une inquiétude surtout qui est majeure
10:08et bien plus grave que la colère,
10:09mais ça veut dire aussi que
10:12mettre les choses au feu, oui,
10:15mais pas pratiquement, vous voyez,
10:17c'est pas littéralement,
10:19c'est symboliquement.
10:20Anne, ce que vous dites est grave,
10:21ça veut dire qu'il y a une rupture énorme,
10:24énorme,
10:24entre le personnel politique et les Français.
10:27Mais elle n'a jamais été aussi majeure dans notre pays.
10:29Parce que l'offre ne correspond pas à la demande.
10:31Exactement.