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  • il y a 2 semaines

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Transcription
00:00Est-ce que la nuit a été plus calme ?
00:02Oui, heureusement, elle a été plus calme grâce à une très forte mobilisation des forces de sécurité.
00:09J'ai eu Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, hier, dans l'après-midi,
00:13pour lui dire que ça n'était pas possible qu'il y ait si peu d'effectifs à l'occasion
00:17de violences urbaines.
00:17Il m'a indiqué que deux compagnies de CRS seraient mobilisées.
00:21Ça a été le cas.
00:22Ces violences ont touché aussi la ville de Cognes.
00:24Moi, je veux être solidaire aussi de mon collègue Franck Mora, maire de cette commune.
00:30Voilà.
00:30Et espérons que ces forces de sécurité continuent dans les jours qui viennent à être maintenues,
00:36car tout n'est pas derrière nous.
00:37Alors, je vais resituer.
00:38Lundi soir, des policiers veulent contrôler un véhicule.
00:41Le conducteur refuse d'obtempérer.
00:44Il va jusqu'au quartier du Biolet.
00:46Là, il arrête sa voiture et les policiers découvrent que ce conducteur, un homme de 27 ans,
00:50est grièvement blessé par balle à la tête.
00:52On a appris sa mort hier après-midi.
00:54Et le procureur de Chambéry a expliqué que les policiers n'ont pas tiré.
00:58Ils n'ont rien à voir avec sa mort.
00:59Mais lundi soir, sur les réseaux sociaux, de fausses informations ont circulé.
01:04Et des violences urbaines ont donc éclaté au Biolet, puis dans une moindre mesure à Chambéry-le-Haut.
01:08Quelle est l'ampleur des dégâts ?
01:11Pour une commune comme Chambéry, c'est dramatique.
01:15Le centre social et d'animation sur le quartier du Biolet, qui accueille tous les jours des enfants, leurs parents,
01:22leurs grands-parents,
01:22pour des activités quotidiennes, a été totalement détruit.
01:25Je vous rappelais qu'il avait été livré il y a un an, parce qu'il avait déjà été touché
01:29par des émeutes urbaines en 2023.
01:31Il faudra donc reconstruire.
01:34Je déplore aussi que l'agence au Biolet de Crystal Habitat, qui est le bailleur social, a été totalement détruit.
01:41La mairie de quartier des Hauts-de-Chambéry a été...
01:44Il y a eu une tentative d'incendie.
01:47Des véhicules privés aussi ont brûlé.
01:51Bref, des containers, des abribus détruits, à l'échelle, je le rappelle, de la ville de Chambéry.
01:56C'est une grosse difficulté, d'autant plus que depuis 2023, les assurances ne sont plus au rendez-vous.
02:02C'est ce que j'allais vous demander, parce que j'imagine que vous n'avez pas encore chiffré le
02:06montant des dégâts.
02:07Vous n'êtes pas assuré pour...
02:09Enfin, les villes ne sont pas assurées pour ce style de sinistre ?
02:12Alors, beaucoup de collègues de villes n'ont pas trouvé d'assurance, qui refusent aujourd'hui d'assurer les villes.
02:16À Chambéry, on a eu la chance de trouver une assurance en Suisse, qui accepte de nous assurer.
02:23Sauf qu'il n'y a pas de remboursement si les dégâts sont inférieurs à 600 000 euros.
02:31Donc, les 600 premiers 1 000 euros, c'est pour vous.
02:33Et ils ne vous remboursent qu'à hauteur de 300 000 euros.
02:36Donc, on aura des dégâts bien plus importants.
02:39Et c'est une difficulté supplémentaire, au-delà du traumatisme de ce qui s'est passé.
02:44Alors, justement, hier, vous avez passé du temps dans le quartier du Biolet.
02:48Que vous ont dit les habitants que vous avez pu rencontrer ?
02:51Très clairement, comme moi, ils sont en colère.
02:55Ils aiment leur quartier.
02:57Ils aiment y vivre.
02:58Ils ont des contacts au quotidien.
03:01Et rien ne justifie qu'ils puissent y avoir une destruction de ce qu'ils font leur quotidien.
03:08Car c'est eux les premières victimes de ces incendies, de ces exactions.
03:15J'en veux aussi à celles et ceux qui, sur les réseaux sociaux, enflamment aussi la situation.
03:19Ici Pays de Savoie, il est 7h48.
03:21Thierry Repentin, le maire de Chambéry, est notre invité.
03:24Justement, on va en parler.
03:25Ces violences sont parties de rumeurs, de fausses informations sur les réseaux sociaux,
03:29en disant que la police aurait abattu un homme au Biolet,
03:32alors qu'en fait, les policiers n'ont pas utilisé leur arme.
03:35A bien précisé le procureur de la République hier.
03:37Qu'est-ce qu'on peut faire face à cet emballement qui est d'un côté virtuel,
03:42mais avec des conséquences et des violences bien réelles ?
03:45Premièrement, je veux dire que c'est quand même assez significatif de l'état de tension dans notre société.
03:51Ce qui est arrivé à Chambéry peut arriver n'importe où en France du jour au lendemain.
03:55Il faut en avoir conscience.
03:56La seconde chose, c'est que j'ai aussi appelé au calme, mais également à la raison, à la retenue.
04:02Car sur les réseaux sociaux, il y a trop de gens qui pensent savoir ce qui s'est passé
04:06et qui, en déversant leur certitude, contribuent aussi à ce que ces émeutes urbaines se développent.
04:14Donc j'appelle là aussi à la raison, à la retenue.
04:17Il y a une enquête qui est en cours qui, j'en suis sûr, démontrera qu'il n'y a
04:21pas eu d'exaction.
04:23En tout cas, il n'y a pas eu de faits liés à la police nationale.
04:27Et donc, attendez les résultats de l'enquête.
04:31Et sur votre quartier où vous habitez, protégez les gens, arrêtez les destructions.
04:38Des habitants du quartier nous ont dit hier que les policiers avaient mis du temps avant d'arriver,
04:42que les violences avaient commencé déjà depuis un petit moment.
04:44Vous, vous dénoncez un manque de moyens.
04:47Tout ça est lié.
04:48Oui, c'est aussi une occasion pour dire la situation dans laquelle les maires de France
04:53se retrouvent vis-à-vis des sujets de sécurité.
04:56Car la sécurité publique, c'est la responsabilité de l'État.
04:59Moi, je veux le redire.
05:00C'est la mission régalienne.
05:03Et lorsque j'ai indiqué au ministre de l'Intérieur que je considérais qu'il était anormal
05:07que nous n'ayons que trois policiers nationaux mobilisables face à des émeutes urbaines...
05:13Trois policiers, c'était quoi ? Pour le quartier du Biolet ?
05:15Non, pour la ville de Chambéry.
05:16Pour tout Chambéry, dans la nuit de lundi à mardi, il n'y avait que trois policiers,
05:20tous services confondus ?
05:21Oui, et vous disant cela, je ne porte pas de responsabilité à l'égard de celles et ceux
05:25qui gèrent localement ces effectifs.
05:27Ils font avec les effectifs qu'ils sont.
05:29Ils sont notoirement insuffisants.
05:31Et je remercie la préfète d'avoir eu la présence d'esprit de solliciter la CRS,
05:36qui est à Lyon.
05:37Mais comprenez une heure et demie de transport.
05:40En une heure et demie, quand vous êtes face à des violences urbaines,
05:43les choses se développent et elles sont incontrôlables.
05:45Donc j'ai indiqué au ministre de l'Intérieur que ce n'est pas possible qu'on laisse notre pays.
05:50et Chambéry en particulier, évidemment, face à un État qui ne fait pas ses responsabilités.
05:58Merci Thierry Ropentin, maire de Chambéry, d'avoir été notre invité ce matin sur ICI Pays de Savoie
06:02pour parler de ces violences qui ont touché la ville ainsi que Cognat dans la nuit de lundi à mardi.
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