00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Avec Lélie Mathias sur Europe 1, il est 13h20.
00:04Lélie, on vous retrouve avec vos deux chroniqueurs du jour.
00:07L'experte en politique éducatif et de protection de l'enfance, Sophie Audugé,
00:10et l'ancien juge d'instruction, Georges Fenech.
00:13On va commencer par l'interview hier dans la nouvelle émission Objectif 2027,
00:18animée par Laurence Ferrari sur Europe 1 et CNews,
00:21avec un premier invité, un candidat, le candidat des Républicains, Bruno Retailleau,
00:26qui a fait cette proposition. Il veut mettre fin au droit du sol.
00:29Alors, Alexandre Chauveau, avec cette mesure, le candidat LR veut montrer sa détermination
00:34à lutter contre l'immigration.
00:35En voulant abroger le droit du sol, Bruno Retailleau veut mettre fin
00:39à l'acquisition automatique de la nationalité française
00:41par des individus nés en France de parents étrangers.
00:44Le droit du sol avait pour une contrepartie l'assimilation.
00:48Et ça n'est plus toujours le cas.
00:49Donc je pense qu'on ne peut pas devenir français par hasard,
00:52en catimini, de façon automatique.
00:54Le droit du sol permet aujourd'hui à 30 000 personnes en moyenne
00:57chaque année de devenir français.
00:59Mais pour Bruno Retailleau, y mettre fin s'inscrit dans une philosophie globale
01:03de lutte contre l'immigration.
01:04Ce n'est pas seulement le droit du sol.
01:06Je soumettrai un projet de loi.
01:08Il y aura plusieurs dizaines d'articles.
01:10Et il y a une philosophie, c'est on arrête les pompes aspirantes.
01:14Un modèle social qui est le plus généreux vis-à-vis des étrangers.
01:18Le projet de loi serait donc soumis au référendum,
01:20un impératif démocratique, selon Bruno Retailleau.
01:23Le peuple français a le droit de choisir qui il souhaite accueillir sur son sol.
01:29Et Bruno Retailleau souhaite également consulter les Français pour durcir la politique pénale
01:33et enjambèrent ainsi les censures du Conseil constitutionnel.
01:37Oui, ça passerait par un référendum.
01:39Georges Fenech, ce n'est pas la première fois qu'un candidat propose d'abroger le droit du sol.
01:43Et d'ailleurs, lui-même y avait fait référence quand il était ministre de l'Intérieur.
01:46Bruno Retailleau qui se veut, en ce début de campagne, très radical.
01:51Je ne sais pas si on peut dire radical.
01:54En tout cas, il a des mesures de rupture, c'est sûr.
01:58Puisque demander la suppression totale du droit du sol, c'est quand même une mesure très forte.
02:04Je voudrais quand même, pour ceux qui nous écoutent, rappeler
02:06que le droit du sol intégral n'existe pas dans notre pays,
02:11contrairement par exemple aux États-Unis.
02:12C'est-à-dire qu'un enfant né de deux parents étrangers en France
02:18n'acquérera la nationalité française qu'à l'âge de 18 ans
02:23s'il prouve 5 ans de résidence, de présence en France depuis l'âge de 11 ans.
02:28Donc vous voyez, ce n'est pas non plus le droit du sol.
02:30Il n'existe pas de manière intégrale.
02:32Il existe, mais avec des critères.
02:34Et ce sont ces critères, à mon avis, sur lesquels il veut revenir.
02:38Je pense qu'il n'a pas tort.
02:39– Mais ça serait efficace, ça serait une bonne solution pour lutter contre l'immigration ?
02:43– Alors, le droit du sol, le droit du sang, c'est des modes d'acquisition de nationalité.
02:48C'est un point particulier.
02:49On acquiert nationalité parce que c'est pas rançon français,
02:52parce qu'on est né en France, etc.
02:54Après, la lutte contre l'immigration, c'est un autre sujet,
02:56mais dans lequel s'intègre quelque part, bien entendu.
02:59– C'est ce qu'il a dit. Il a dit qu'il y aurait plusieurs propositions.
03:01Ce serait au final un projet de loi.
03:03Et parmi les propositions, il y aurait les restrictions de l'abrogation du droit du sol.
03:07– Le fait de modifier le mode d'acquisition de la nationalité française
03:11en restreignant encore davantage le droit du sol,
03:15comme on l'a déjà fait d'ailleurs pour Mayotte,
03:17vous vous souvenez, ça a été fait sous M. Darmanin,
03:19puisque aujourd'hui, pour qu'à Mayotte, un enfant née à Mamoudzou,
03:23parce que Mamoudzou, c'est la plus grande maternité de France, vous le savez,
03:26il faut que les parents, la mère en tout cas,
03:29soient présentes à Mayotte depuis au moins un an.
03:32Donc on a mis un critère, mais en réalité, ça n'a pas changé grand-chose sur le terrain.
03:35Donc moi, ce que je crois, c'est que si on veut lutter vraiment contre l'immigration,
03:40évidemment, il faut mettre en place toutes les autres mesures qu'il propose,
03:45et qui sont évidemment l'espace Schengen, les frontières extra-européennes,
03:51la lutte contre l'immigration clandestine,
03:54faire des hubs extra-européens comme maintenant l'autorise l'Union européenne,
03:59tout cela, ça suppose effectivement un projet de loi très global, très général,
04:03la question des étudiants étrangers, enfin tout ça.
04:06Vous savez, on a depuis ces 30 dernières années,
04:08on a voté une vingtaine de lois à peu près sur l'immigration,
04:11droite-gauche confondue,
04:13personne n'a réussi à vraiment juguler l'immigration de masse.
04:18C'est ça dont on parle, qu'il y ait une immigration choisie,
04:21une immigration du travail quand on en a besoin.
04:24Et il l'a dit d'ailleurs, M. Retailleau,
04:25il n'est pas pour l'immigration zéro, ça n'existe pas l'immigration.
04:28Il ne faut pas faire de démagogie.
04:30Il faut lutter contre l'immigration clandestine
04:32et aussi contre une immigration,
04:35et revenir sur une immigration légale trop généreuse,
04:37parce qu'on ne peut plus accueillir.
04:39En tout cas, c'est une proposition très symbolique,
04:41parce que le droit du sol, forcément, ça marque les esprits.
04:43Écoutez la réaction de Marion Maréchal,
04:45la députée européenne, présidente d'Identité Liberté,
04:47qui était ce matin l'invité de CNews et d'Europe 1,
04:50qui a défendu cette proposition.
04:51J'approuve d'autant plus que, je veux dire,
04:53je le défendais moi personnellement déjà il y a 15 ans,
04:55Marine Le Pen depuis trois présidentielles,
04:57et avant elle, Jean-Marie Le Pen il y a 50 ans.
05:00Donc très bien.
05:01Mais une fois de plus,
05:03est-ce que les gens...
05:04Ça ne règle pas le problème de l'immigration ?
05:05Le sujet de l'immigration ne peut être qu'une réponse transversale,
05:08un bloc de mesures,
05:09et notamment qui passera bien sûr par une réforme constitutionnelle,
05:12et c'est pour ça que nous voulons remettre ce sujet
05:14entre les mains des Français,
05:15à travers aussi un référendum.
05:17Georges Fenech.
05:18Non, encore une fois,
05:21acquérir nationalité de manière automatique
05:24n'est plus aujourd'hui acceptable.
05:27On voit bien que nous avons un gros souci d'assimilation,
05:32d'intégration de populations étrangères.
05:35Il faut qu'il y ait une volonté de devenir Français.
05:38Il faut adopter nos règles, nos us, nos coutumes, nos valeurs.
05:43Et donc on ne doit pas aujourd'hui continuer à cette forme d'automatisme.
05:47Il faut que l'étranger naît sur le territoire français
05:51et exprime véritablement une volonté.
05:53Il ne faut plus que ce soit automatique.
05:55Georges Fenech, Sophie Audigé, dans le débat d'Europe 1 Info.
05:57On va continuer de parler un peu de la campagne présidentielle.
06:00Edouard Philippe qui tend la main, mais reste seul.
06:03On en parle juste après le journal permanent,
06:04d'une heure et demie sur Europe 1.
06:05Il est 13h26, vous écoutez Clélie Mathias sur Europe 1.
06:0813h-14h, Europe 1 Info.