- il y a 5 semaines
Ce mardi 1er septembre, retrouvez l'émission le 18h Eco présentée par Stéphanie Coleau sur BFM Business.
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00:00DFM Business présente
00:05Le 18h éco, Stéphanie Collot
00:08Soyez les bienvenus dans le 18h éco, une heure d'informations économiques, d'analyse et de débat à la une
00:13de ce mardi 1er septembre.
00:15Ce sont les ventes de voitures électriques qui battent des records en France.
00:19Elles représentent désormais 38% des nouvelles immatriculations.
00:22On verra dans un instant ce qui tire cette croissance avec Alexandre Marian, directeur associé chez Alix Partners.
00:29On parlera aussi de cette bonne nouvelle pour Dassault Aviation.
00:33L'Egypte est prête à passer une nouvelle commande de Rafale.
00:3624 appareils en plus des 54 déjà commandés.
00:40Les informations de Michel Cabirol à 18h10.
00:43Le taux à 10 ans de la France remonte dangereusement.
00:46Il a atteint 4,22%.
00:48Aujourd'hui, un plus haut depuis la crise financière de 2008.
00:52Et alors que le gouvernement doit présenter le budget 2027 à la fin du mois.
00:56Alors la dette sera-t-elle l'arbitre du prochain budget ?
01:00On en débat à 18h15.
01:0318h45, on dressera le bilan du sommet de l'organisation de coopération de Shanghai
01:08avec 17 chefs d'État et de gouvernement présents,
01:11dont ceux de la Russie, de l'Iran, de la Chine ou encore de l'Inde,
01:15qui entendent contrebalancer l'influence occidentale.
01:18Un bloc hétérogène avec des dissensions internes
01:22et qui doit faire face à l'influence grandissante de Pékin
01:27au risque peut-être de susciter certaines frustrations.
01:34On commence donc avec les bons chiffres du marché automobile au mois d'août
01:38avec des immatriculations de voitures neuves en nette progression,
01:42plus 7,4% par rapport à août 2025
01:47et une montée également marquée par l'électrique,
01:51une tendance appuyée par le gouvernement
01:53au travers d'un nouveau dispositif d'aide
01:56pour les voitures électriques d'occasion, Alexandra Pagé.
01:59Effectivement Stéphanie, un rebond d'abord porté par les particuliers
02:03avec plus de 53% de parts de marché
02:05et l'électrique dont vous le disiez à l'instant,
02:08les voitures 100% vertes et représentent 38% des ventes en août.
02:13Tout près d'un nouveau record et cela s'explique notamment
02:16par le leasing électrique.
02:18Les marques éligibles aux dispositifs sont en croissance notable
02:21et une offre de plus en plus variée.
02:24Renault avec la nouvelle R5, la Twingo et Tesla avec le modèle Y.
02:28Alors que la marque n'entre justement pas dans le cadre de ce leasing,
02:32porte plus de la moitié de la croissance du marché
02:35la flambée des prix des carburants n'est pas non plus étrangère
02:39à ces bons résultats.
02:41Et justement Alexandra, il y a le gouvernement qui accélère
02:42pour accompagner cette poussée de l'électrique en France.
02:45Effectivement Stéphanie, le coup de pouce qui entre en vigueur
02:48aujourd'hui même s'adresse au marché de l'occasion électrique.
02:52C'est d'ailleurs la toute première fois
02:54qu'il bénéficie d'un soutien financier national spécifique ce marché.
02:58Une prime à l'achat ou à la location de véhicules 100% électriques
03:03qui exclut donc les hybrides dans la lignée du bonus écologique.
03:07Mais cette fois l'aide est financée directement par les fournisseurs d'énergie
03:11via les certificats d'économie d'énergie délivrés par l'État
03:15en échange du soutien à la mobilité électrique.
03:19Et quel est le montant du coup de pouce ?
03:20Alors c'est entre 300 et 380 euros sans condition de ressources.
03:26L'acheteur ou le locataire doit juste s'engager
03:29à garder son véhicule au moins trois ans.
03:32Le signal Stéphanie que ce marché de l'occasion électrique
03:35est désormais suffisamment développé.
03:38L'exécutif veut ainsi favoriser le développement d'une solution crédible
03:42aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels.
03:46Merci Alexandra.
03:48Bonjour Alexandre Marian.
03:49Vous êtes directeur associé au sein d'Alix Partners,
03:52spécialiste du marché automobile.
03:55Alors on le voit, il y a un nouveau record de vente de voitures électriques.
03:59Est-ce que c'est la hausse du prix du pétrole
04:02qui a largement convaincu les futurs acheteurs
04:05de s'orienter vers l'électrique avec un baril à 2 euros ?
04:10Alors je pense qu'il faut prendre en fait plusieurs éléments
04:13qui ont contribué à cela.
04:14En effet, il y a la hausse du prix du pétrole
04:17qui fait que de plus en plus de personnes se posent la question
04:21d'acheter des véhicules électriques, 100% électriques.
04:25Mais il y a aussi deux autres choses qui sont très importantes
04:27à prendre en ligne de compte.
04:28La première, c'est qu'on voit des véhicules électriques
04:30de moins en moins chers qui arrivent sur le marché.
04:32Vous avez cité l'exemple de la Twingo
04:34et vous avez beaucoup de modèles finalement
04:37qui passent sous la barre des 20 000 euros
04:38ou qui se rapprochent des 15 000 euros
04:40lorsqu'on compte les aides d'État.
04:42Et donc ça, c'est important parce que ça permet
04:45d'accéder à la mobilité électrique sur des véhicules neufs.
04:48Et enfin, le troisième élément, c'est ce qu'on a dit,
04:50c'est le nouveau leasing social
04:52qui, à partir du 16 juillet dernier,
04:54a fait que beaucoup de véhicules électriques
04:56ont pu être commandés et donc livrés au mois d'août.
04:58Et il fallait aussi attendre une offre suffisante
05:01sur le marché de l'électrique d'occasion
05:03pour pouvoir lancer aussi cette opération.
05:06Alors, en effet, il faut savoir
05:07qu'en général, on achète un véhicule d'occasion
05:11deux ou trois ans après l'achat du véhicule neuf.
05:14Aujourd'hui, cela fait un certain temps
05:16que des véhicules électriques,
05:17qu'une certaine masse de véhicules électriques arrivent.
05:19Et c'est aussi important pour aider le véhicule neuf
05:22que le véhicule d'occasion, en fait,
05:24avec ses valeurs résiduelles,
05:26avec tout ce qui concerne l'achat en seconde main,
05:29soit aussi favorisé pour justement fluidifier ce marché
05:32et accompagner, en fait, la transition
05:35vers le véhicule électrique
05:36de par l'ensemble des différentes personnes qui l'achètent.
05:39Marché qui, jusque-là, était un peu en panne,
05:43notamment lié aux habitudes des consommateurs
05:45qui n'avaient pas forcément pris, justement,
05:48l'habitude, avec les bornes de recharge,
05:50le fait d'attendre 20 minutes, 30 minutes
05:52la recharge sur l'autoroute.
05:53Est-ce que ça y est, c'est rentré dans les usages ?
05:55Alors, encore une fois, on parle d'une transition.
05:57Il faut bien se rendre compte que ce n'est pas quelque chose
05:59qui se fait en un an ou en deux ans.
06:01Pendant longtemps, on a cru que du jour au lendemain,
06:03on allait passer de 0 à 100 en véhicule électrique.
06:06Ça ne marche pas comme ça.
06:07Et cette transition, elle est en cours.
06:10Elle avait lieu plus vite dans les pays du Nord
06:14avec moins des plus faibles distances à parcourir.
06:16Elle a lieu en France, en Allemagne, comme on le voit.
06:18Et en fait, c'est totalement prévisible
06:22avec des éléments géopolitiques
06:24qui accélèrent ou qui peuvent ralentir aussi cette transition.
06:27Alors, justement, les mouvements géopolitiques,
06:28il y a la présence des constructeurs chinois
06:31sur le sol européen.
06:34Eux, leur argument pris, il est imbattable.
06:37Alors, ce qui est intéressant, c'est de dire, de voir...
06:40Vous avez parfaitement raison de discuter au niveau du continent européen.
06:43Et quand je parle du continent, je parle également de l'Angleterre.
06:46En fait, quand on regarde le chiffre de vente,
06:48alors de janvier à août sur le marché automobile français,
06:53on voit qu'il y a eu une légère croissance, de l'ordre de 3 %.
06:56Ce qui se passe, c'est que les constructeurs français en ont bénéficié.
07:01Mais on voit aussi que la part de marché des constructeurs chinois,
07:06elle augmente.
07:06On est de l'ordre de 3, 4, 5 % sur cette période-là.
07:10Ce qui se passe, c'est qu'en Angleterre, en Italie et en Espagne,
07:16elle est deux fois cette taille-là.
07:18On est à de l'ordre de grandeur de 10 % de part de marché pour les marques chinoises.
07:22Et en fait, les Chinois sont présents à la fois pour des véhicules électriques,
07:26mais aussi vers des véhicules hybrides,
07:28notamment parce qu'ils ont besoin de contourner
07:30ce qui avait été des droits de douane importants pour les véhicules électriques.
07:33Donc, on voit que l'argument pris, il est imbattable.
07:37En tout cas, il est très attractif pour les clients
07:39et que les constructeurs chinois, à la fois, ils arrivent avec des importations,
07:42mais aussi, ils sont en train de s'installer en Europe.
07:44Ils s'installent en Europe.
07:45Ils concluent des alliances aussi avec des constructeurs européens.
07:50Est-ce que ces constructeurs européens ont encore les moyens
07:54de tirer leur épingle du jeu face à la concurrence chinoise ?
07:57Alors, encore une fois, c'est quelque chose qui prend un certain temps
08:00que de s'adapter à cette concurrence.
08:02On a vu que le marché chinois, ces cinq dernières années,
08:05a démontré une incroyable rapidité à proposer des modèles,
08:10aussi une grande compétitivité avec des véhicules
08:12qui peuvent être de l'ordre de 30-40% moins chères à développer, à produire.
08:17Et en fait, les constructeurs européens,
08:20ils essayent à la fois d'apprendre et de proposer des modèles
08:25qui soient compétitifs en coût,
08:26et ils essayent de s'adapter aussi sur la transition vers le véhicule électrique.
08:31Je pense qu'aujourd'hui, évidemment,
08:34le combat n'est absolument pas perdu.
08:35On voit bien que des modèles savent attirer les clients,
08:40et des modèles français, des modèles allemands.
08:44Et donc, clairement, les jeux sont encore ouverts.
08:47Est-ce que l'alliance Donfeng-Stelantis en Europe,
08:51c'est selon vous l'avenir pour les constructeurs européens ?
08:54C'est de conclure des alliances avec des constructeurs chinois ?
08:58Alors, en fait, les partenariats existent depuis longtemps.
09:02Lorsque les constructeurs occidentaux allaient en Chine,
09:06ils devaient établir des partenariats pour avoir un transfert de compétences.
09:09Je pense que si on a les idées claires sur l'objectif particulier de ce partenariat,
09:15que ce soit un transfert de technologie ou un apprentissage,
09:17ou que ce soit l'objectif de remplir des usines
09:21parce qu'on a des surcapacités de production en Europe,
09:23ça bénéficie aux deux entités.
09:28Mais il faut être très clair sur les objectifs
09:31pour pouvoir justement en profiter.
09:33Oui, alors il y a aussi Bruxelles qui met en place
09:35un dispositif made in Europe
09:37pour renforcer la souveraineté industrielle du continent.
09:40Il y a les constructeurs Renault-Stelantis et Volkswagen
09:43qui sont favorables sur le principe à cette préférence européenne.
09:49Mais ils réclament quand même un assouplissement des critères.
09:52D'abord, quel assouplissement réclame-t-il ?
09:55Et est-ce que ce n'est pas aussi se mettre des bâtons dans les roues
09:58eu égard à la concurrence internationale dans le secteur ?
10:01Alors la question, elle est vraiment sur le sujet de la concurrence et de la compétitivité.
10:09Les assouplissements, les discussions, elles sont sur le taux de contenu local
10:14et la façon dont ce contenu local est calculé.
10:18La réalité, c'est qu'évidemment, pour être compétitif, il faut le moins de contraintes possibles.
10:23Et donc, c'est tout un écosystème, l'industrie automobile.
10:27C'est des constructeurs, c'est des équipementiers.
10:29Et en tout état de cause, la réalité, c'est que nous sommes dans une compétition internationale.
10:35Et donc, c'est très important d'être en mesure de pouvoir se dire
10:39« je veux produire dans tel endroit où je souhaite faire de l'import ».
10:43Et donc, c'est vraiment ce type de considération qui rentre en ligne de compte
10:47pour permettre d'avoir une industrie compétitive
10:49et pour aussi s'adapter au changement de l'industrie automobile
10:53vers le véhicule électrique, mais aussi vers le véhicule logiciel
10:57ou architecture logicielle, le véhicule, tout ce qui concerne le software.
11:02Merci beaucoup Alexandre Marion.
11:03Je rappelle que vous êtes directeur associé chez Alix Partners.
11:09On en vient à cette bonne nouvelle.
11:11À présent pour Dassault, avec une nouvelle commande d'ampleur,
11:15selon vos informations, Michel Cabirol.
11:17L'Égypte serait prête à passer une nouvelle commande de Rafale.
11:21Le Caire en voudrait 24 de plus,
11:24sachant que c'est déjà le premier pays étranger à avoir acheté l'avion de combat.
11:29Effectivement, c'est une très bonne nouvelle pour Dassault
11:31et pour les 400 entreprises françaises qui travaillent sur le Rafale, ça c'est sûr.
11:34C'est une bonne nouvelle aussi pour la France,
11:36qui a une proximité stratégique avec l'Égypte.
11:39Alors, ce n'est pas tout à fait encore une commande,
11:41c'est une expression d'intérêt très forte de l'Égypte
11:45qu'a transmise le Caire à Paris et à Dassault Aviation.
11:49Donc, il faudra se montrer patient avant que le contrat soit signé.
11:54Mais en tout cas, c'est une bonne nouvelle
11:56et c'est surtout un signe super intéressant pour Dassault
12:01qui pourra conclure éventuellement un contrat ferme,
12:06peut-être à la fin de l'année ou en début d'année prochaine.
12:08Et c'est le fruit aussi d'un long partenariat entre l'Égypte et la France ?
12:12C'est un très long partenariat.
12:14Effectivement, vous l'avez souligné,
12:16l'Égypte a été le premier pays à faire confiance au Rafale.
12:19C'était en 2015, ils en avaient commandé 24.
12:21Ensuite, ils en ont recommandé en 2021,
12:24où ils en ont commandé 31.
12:25Donc, ils ont grosso modo une flotte de 54,
12:28puisque si vous faites le compte,
12:30c'est 31 plus 24, ça vient de 55,
12:32mais ils en ont perdu un lors d'exercice.
12:35Donc, ils en ont 54.
12:36Avec la prochaine éventuelle commande,
12:39ils pourraient en avoir à peu près 80, soit 78,
12:43ce qui fait partie des pays qui ont le plus de Rafale au monde.
12:46Et ce qui pose cette nouvelle commande,
12:48elle pose aussi la question des cadences de production,
12:49parce que les usines de Dassault Aviation,
12:51elles tournent déjà à plein régime ?
12:53Alors, elles sont en pleine montée en cadence.
12:56Il faut se rappeler qu'entre 2020 et 2026,
12:59Dassault Aviation était dans une logique de maintien de la production,
13:02c'est-à-dire qu'ils avaient à peu près un avion par mois,
13:05ce qui n'est pas grand-chose, voire moins,
13:07ce qu'avait dit évidemment Éric Trappier.
13:10Donc, ils ont passé à une véritable logique de montée en cadence,
13:13avec environ trois avions par mois pour 2026.
13:17Puis, ils visent maintenant quatre avions par mois.
13:20Donc, effectivement, pourquoi cette montée en cadence ?
13:23Parce que, vous l'avez souligné,
13:25il y a les succès à l'export,
13:26notamment les Émirats Arabes Unis,
13:28qui avaient commandé 80 avions.
13:29Il y a aussi, effectivement, l'Inde avec le rafale marine.
13:35Et puis, il y a aussi, évidemment,
13:37les investissements industriels
13:39qui font que Dassault Aviation a pris en compte
13:42cette montée en cadence
13:43et pour livrer le plus vite,
13:45ce qu'avait demandé d'ailleurs,
13:47alors qu'il était ministre encore des armées,
13:50Sébastien Lecornu, dans le cadre de l'économie de guerre.
13:52Donc, effectivement, Dassault Aviation est un bon élève
13:55de l'économie de guerre,
13:56selon Sébastien Lecornu.
13:58Michel Kabirol, une dernière question.
14:00Quels sont les autres pays qui prépareraient une commande ?
14:04Est-ce qu'on a des informations
14:06ou des marques d'intérêt, en tout cas, pour le rafale ?
14:08Alors, il faut surveiller, évidemment, un pays.
14:11C'est évidemment l'Inde.
14:12L'Inde qui a des discussions avec la France
14:15et avec Dassault Aviation pour 114 avions
14:18pour l'armée de l'air indienne,
14:21avec un transfert de technologie,
14:23puisqu'une grande partie de cette commande
14:26serait fabriquée sur place en Inde.
14:28Donc, un véritable transfert de technologie
14:30qui est en train de discuter entre Dassault Aviation
14:32et le gouvernement indien.
14:35Et donc, ça prend du temps.
14:36Ça se négocie, oui.
14:38Ça se négocie.
14:39Et donc, l'Inde a aussi des voeux boudrés,
14:42en tout cas, 31 avions rafales marines.
14:44Donc, ça ferait une commande de plus de 140 avions.
14:47Donc, c'est énorme.
14:48Et ça pourrait arriver d'ici à la fin de l'année,
14:51voire au début de l'année 2027.
14:53Donc, c'est un pays à surveiller,
14:55comme le lait sur le feu.
14:56Et on le surveillera avec vous, Michel Cabirol.
14:58Merci beaucoup.
14:59Je rappelle que vous êtes journaliste spécialiste
15:00de l'aéronautique au sein de La Tribune.
15:03Restez avec nous dans un instant.
15:04Le débat avec cette question.
15:06La dette sera-t-elle l'arbitre du prochain budget ?
15:09Le taux à 10 ans de la France a atteint 4,22% aujourd'hui,
15:14un peu haut depuis la crise 2008.
15:15A tout de suite.
15:26C'est l'heure du débat dans le 18h écho.
15:28Le taux à 10 ans de la France remonte dangereusement.
15:31Il a atteint 4,22%.
15:32Aujourd'hui, un plus haut depuis la crise financière de 2008.
15:36Et alors que le gouvernement doit présenter le budget 2027
15:40d'ici à la fin du mois.
15:41Alors, la dette sera-t-elle l'arbitre du prochain budget ?
15:45On en débat avec Anthony Morley, Lavidali.
15:48Bonsoir.
15:48Bonsoir.
15:49Vous êtes économiste chez Rexécode.
15:51Et Guillaume Duval, bonsoir.
15:53Vous êtes coprésident du club Maison Commune
15:55et ex-rédacteur en chef d'Alternatives économiques.
15:58D'abord, Anthony Morley, Lavidali.
16:00Le mouvement sur le marché obligataire,
16:02ce n'est pas qu'un mouvement français,
16:04c'est un mouvement mondial.
16:06Mais il existe un cas français.
16:08Exactement.
16:08Alors, si on revient un petit peu sur ce qui s'est passé,
16:10on a connu une tension sur les taux obligataires,
16:12effectivement, partout dans le monde,
16:14même au Japon, qui était quand même un pays
16:15qui, jusqu'à très récemment,
16:17était plutôt épargné de tensions obligataires.
16:19Il y a deux raisons à ça.
16:20D'une part, il y a des perspectives d'inflation désormais
16:23qui ont été revues en hausse.
16:24Et donc, ça tend les taux longs.
16:26Et deuxièmement, c'est quand même le sujet principal,
16:28c'est qu'on manque d'épargne.
16:29Pourquoi on manque d'épargne ?
16:30Parce qu'on a de plus en plus de pays qui s'endettent.
16:32Alors, on a des pays qui ont des déficits publics
16:35très importants et qui sont bien connus,
16:37les États-Unis et la France.
16:38Mais on avait des pays qui étaient épargnants
16:40jusqu'à très récemment
16:41et qui désormais font du déficit public.
16:43Par exemple, l'Allemagne.
16:44Donc, on a de moins en moins d'épargne disponible
16:45et de plus en plus de besoins de financement.
16:49Et puis, par ailleurs, il y a de la dette privée
16:51qui est levée de plus en plus abondamment.
16:53On le voit notamment avec les géants de la tech
16:54qui ont des besoins de financement colossaux.
16:56Et donc, tout ça, à la fin, effectivement,
16:59ça se traduit par des taux d'intérêt plus élevés
17:01qui sont demandés pour les États pour se financer.
17:02Alors, ce taux d'intérêt,
17:03là, on a atteint 4,22% aujourd'hui.
17:07Quel est l'impact direct sur le budget 2026
17:10et sur le budget 2027 ?
17:12Très clairement, quand on a des taux plus élevés,
17:16ça réenchérisse ce qu'on appelle la charge d'intérêt de la dette,
17:18ce que vous payez sur le stock de votre dette.
17:21Pour vous donner un ordre de grandeur,
17:22quand on prend 100 points de base,
17:24donc 1% de plus sur les taux à 10 ans,
17:26en année 1, c'est un peu plus de 3 milliards, 3,5 milliards.
17:29Et à un horizon de 5 ans, c'est 24 milliards.
17:31Donc, on voit bien qu'on a déjà un problème
17:33d'augmentation de charge d'intérêt
17:34qui devient quand même assez explosive.
17:37Mais là, avec des taux aussi élevés,
17:38effectivement, ça renforce encore un petit peu la chose.
17:41Et donc, quand on fait des projections assez classiques,
17:43sans faire des hypothèses cataclysmiques,
17:462030, les charges d'intérêt vont représenter 4% du PIB,
17:49alors qu'aujourd'hui, on est à peine au-dessus de 2.
17:51C'est ça qui va nous arriver.
17:52Et ça va être extraordinairement contraignant
17:54sur le budget et sur la capacité
17:56à réduire notre déficit public à l'avenir.
17:58Parce que ça demandera de faire des économies encore supplémentaires.
18:00Guillaume Duval, est-ce que c'est une situation,
18:02ces taux à 10 ans qui ont atteint 4,22% aujourd'hui,
18:07est-ce que c'est une situation qui vous inquiète ?
18:09En pleine préparation du BGT ?
18:10Ça a déjà été dit, mais donc, on a 3 500 milliards d'euros de dettes aujourd'hui.
18:16Aujourd'hui, enfin, l'an dernier, on avait payé 65 milliards d'euros d'intérêts.
18:20Ça avait des taux d'intérêts réels qui sont de l'ordre de 1,9%.
18:25Si la dette française devait se stabiliser à 4,2% d'intérêts,
18:32ça voudrait dire qu'on dépenserait chaque année,
18:34au niveau de dettes d'aujourd'hui, qui devrait augmenter dans le futur,
18:38on dépenserait 150 milliards d'euros.
18:40C'est plus que le budget de l'éducation et le budget de la défense cumulé.
18:46Ce serait absolument considérable.
18:48Donc, c'est un très gros problème.
18:49Alors, cette année, l'État devrait emprunter 530 milliards d'euros,
18:57alors à toutes les échéances, pas toutes à 10 ans,
19:00et les taux d'intérêts sont un peu plus faibles sur des échéances plus courtes.
19:04Mais ça représente déjà un septième du total de notre dette.
19:08Il faut, d'une part, couvrir le déficit,
19:10et d'autre part, couvrir les dettes qui arrivent à terme.
19:16Donc, oui, c'est un énorme enjeu pour le prochain budget.
19:22Ce n'est pas le seul enjeu.
19:23On sort d'un été tout à fait exceptionnel.
19:26Il va falloir indemniser des agriculteurs,
19:30les soutenir dans les prochains mois.
19:34Il va falloir aussi proposer au pays des solutions un peu ambitieuses
19:39en termes d'adaptation au changement climatique.
19:41Donc, il y a pas mal de contraintes qui vont peser en même temps.
19:46Et en tout cas, ce contexte inquiétant, Guillaume Duval,
19:50les Français, en tout cas, on a l'impression qu'ils le prennent en compte.
19:55Ils sont de plus en plus inquiets.
19:56Dans un sondage IFOP pour le gouvernement,
19:5870% d'entre eux se disent favorables à des mesures ciblées et difficiles
20:03pour redresser les comptes publics.
20:06Est-ce que ça veut dire que ça y est, les Français ont pris la mesure
20:10de ce qui se passe aujourd'hui sur le marché obligataire ?
20:12Et des conséquences directes ?
20:14Je crois que ça fait un certain temps déjà qu'ils l'ont prise.
20:17Simplement, effectivement, on a eu un gouvernement, un président,
20:21qui depuis 10 ans a fait un peu l'inverse.
20:24C'est-à-dire qu'il a abaissé les prélèvements,
20:28notamment sur les entreprises et sur les plus aisés,
20:32sans pour autant réduire les dépenses publiques de l'autre côté.
20:36Donc, il a creusé les déficits, il a creusé la dette.
20:39C'était une mauvaise politique.
20:41C'est vrai que maintenant, on est un peu au pied du mur
20:44et il va falloir des mesures d'ampleur.
20:47Enfin, on en discute déjà dans la campagne électorale.
20:50Il va falloir des mesures d'ampleur pour faire face à ces difficultés.
20:55C'est des difficultés, ça a été dit, qui sont générales,
20:58mais il y a quand même un cas spécifique français.
21:00On est aujourd'hui le pays où les taux d'intérêt sont les plus importants
21:03dans la zone euro, ce qui n'était pas du tout le cas il y a 10 ans.
21:06On emprunte plus cher que la Grèce.
21:08On va revenir sur les mesures que les Français seraient prêts à prendre,
21:13ou en tout cas à supporter.
21:15Mais d'abord, Anthony Morley, la vie d'Ali.
21:18Est-ce que tout cela, c'est l'héritage des deux quinquennats d'Emmanuel Macron,
21:22comme le dit Guillaume Duval ?
21:24Clairement, le plus grand crime d'Emmanuel Macron,
21:27c'est d'avoir mené une politique de l'offre dont j'estime qu'elle a quand même donné
21:31un certain nombre de résultats très positifs,
21:33mais qui a coûté très cher.
21:34Et on n'a pas fait l'effort en dépense que l'on aurait dû faire
21:37quand, effectivement, on souhaite alléger un certain nombre de mesures fiscales,
21:42notamment.
21:43Et ça, c'est terrible.
21:45C'est qu'on a fait la partie facile de la politique de l'offre.
21:47On n'a pas fait la partie plus contraignante.
21:49Et donc, aujourd'hui, ça met en plus tout un tas de candidats au pied du mur,
21:52parce que quand ils promettent de faire désormais des efforts,
21:54la crédibilité n'est pas avec eux.
21:56Donc ça, c'est quand même un vrai sujet.
21:58Et pour autant, il va bien falloir s'y attaquer à un moment donné.
22:00Au passage, on est déjà rentré depuis deux ans dans un choc fiscal
22:03entre la surtaxe d'IS, la contribution différentielle sur les hauts revenus.
22:07Donc ça y est, on est déjà reparti dans une hausse des prélèvements.
22:10Donc on a envie de dire,
22:11Emmanuel Macron a tenté de faire une politique de l'offre
22:12pour finalement, au dernier virage,
22:15changer presque un petit peu de direction.
22:18C'est assez dommage quand même à la fin de l'année.
22:20Alors, baisse des dépenses, hausse des recettes.
22:22Selon vous, il faut...
22:24Quelles sont les marges de manœuvre actuellement ?
22:26Le problème, c'est qu'en fonction des différentes crises qui se présentent,
22:31la guerre en Ukraine et donc la nécessité d'augmenter les dépenses
22:35de défense et de sécurité,
22:37la crise climatique et la nécessité d'enfin faire quelque chose
22:42pour accélérer l'adaptation de l'économie
22:47et de la société française au changement climatique, etc.
22:50L'état du système éducatif qui est dans une situation très difficile,
22:54le système de santé qui ne va pas très bien non plus.
22:57Les marges de manœuvre du côté des dépenses ne sont pas énormes.
23:00Je pense que l'essentiel de l'effort,
23:01il doit venir du côté des recettes.
23:04Donc on a beaucoup allégé les charges, entre guillemets,
23:08qui posaient sur les entreprises.
23:09Il faut qu'elles contribuent de nouveau.
23:11On a beaucoup allégé le poids des impôts sur les plus aisés.
23:17Il faut qu'ils contribuent beaucoup.
23:19Il y a des marges de manœuvre très importantes du côté des successions.
23:22Il va y avoir ce qu'on appelle la grande transmission.
23:259 000 milliards d'euros qui vont être transmis.
23:28Donc là, il va y avoir moyen,
23:31si on est suffisamment courageux politiquement,
23:33de renflouer un peu les cases de l'État.
23:35Anthony Marlès-Lavidali, vous êtes d'accord avec ça ?
23:38Est-ce qu'il faut augmenter les impôts dans un pays
23:39qui est déjà champion des prélèvements obligatoires ?
23:42Alors pas du tout.
23:43Et d'ailleurs, on peut se demander comment se fait-il
23:46qu'on ait un service public qui rende honnêtement
23:48pas satisfaction aux Français et qui coûte à la fin aussi cher.
23:51Quand on se compare à nos voisins européens,
23:53et on peut multiplier les comparaisons,
23:55on a de l'ordre de 7 points de PIB de plus de dépenses publiques.
23:59Et ces deux tiers sont concentrés sur le système de protection sociale
24:02au sens large, englobant les retraites.
24:04Il va à un moment donné falloir faire des efforts là-dessus,
24:07sur les retraites, sur la santé,
24:09sur les administrations publiques, notamment locales.
24:13Ce n'est pas drôle à dire.
24:15Électoralement, ce n'est pas porteur.
24:17C'est explosif.
24:18Exactement.
24:18Mais la réalité, c'est que les marges de manœuvre,
24:20elles sont là.
24:21On a déjà des entreprises nettes des aides
24:23qui contribuent plus que les entreprises voisines en Europe.
24:27Donc ça, on n'a pas de marge de manœuvre.
24:29Ou alors là, on va abîmer le tissu productif.
24:31Et c'est ce qui se passe depuis quand même.
24:32Alors, il y a eu des tentatives.
24:34C'est vrai que la politique de l'offre qui a été commencée,
24:35d'ailleurs par François Hollande,
24:36et poursuivie par Emmanuel Macron,
24:38on a tenté de converger vers la moyenne européenne.
24:40On n'y est toujours pas parvenu sur les prélèvements.
24:42Mais on voit bien que ce différentiel de compétitivité pèse.
24:45À un moment donné, on est en concurrence avec des États-Unis
24:47qui, dans la tech, nous dépassent très largement.
24:50Sur le plan industriel, c'est la Chine.
24:51Si on est trop loin des standards européens et mondiaux,
24:55on n'a juste aucune chance dans la mondialisation d'aujourd'hui.
24:57Guillaume Duval.
24:59– Ce n'est pas exact.
25:01Enfin, je veux dire, c'est vrai que les Américains
25:02ont des taux de prélèvement très inférieurs aux nôtres,
25:05mais c'est simplement parce qu'ils payent à titre personnel
25:08pour leur retraite, ils payent à titre personnel pour leur santé.
25:12Ils payent d'ailleurs beaucoup plus que nous pour leur santé.
25:15Ce n'est pas couvert par des dépenses publiques.
25:17Donc, on compare des choses qui ne sont pas comparables à ce niveau-là.
25:24Et par ailleurs, oui, c'est la politique qui a été faite
25:27par Emmanuel Macron et ses prédécesseurs,
25:29notamment les politiques d'exonération de charges,
25:32de cotisations à proximité du SMIC,
25:34qui ont joué un rôle très négatif pour l'économie française,
25:38puisque ça consiste en gros à demander aux industriels exportateurs
25:44de subventionner le secteur des services
25:46des gens qui ne sont pas vraiment délocalisables.
25:49C'est une politique parfaitement stupide
25:51sur le plan de la compétitivité de l'économie française.
25:55Elle avait déjà été dénoncée il y a longtemps maintenant,
26:00mais ça n'a pas changé depuis.
26:02C'est une politique stupide du point de vue de la compétitivité
26:05et très coûteuse du point de vue des finances publiques.
26:07Donc oui, il faut revenir là-dessus.
26:10Et par ailleurs, pour ce qui est de l'État employeur producteur
26:14des services publics, excusez-moi, mais ça fait des décennies maintenant
26:18que le coût pour les Français n'augmente pas.
26:22Il est autour de 20% du PIB.
26:25Et ce qui se passe dans le secteur éducatif
26:28ou dans le secteur de la santé, vous le savez bien,
26:30c'est qu'on a du mal à recruter tellement les gens sont mal payés.
26:32Donc penser qu'il y ait des marges de manœuvre de ce côté-là,
26:36c'est vouloir couler encore plus l'économie française.
26:38Ce n'est pas simplement les citoyens qui ont besoin de santé et d'éducation,
26:43c'est d'abord aussi les entreprises.
26:45Si le système éducatif français se dégrade encore à l'avenir,
26:49c'est la compétitivité de l'économie française qui sera atteinte.
26:52On laisse répondre Anthony Marlès-Lavidali.
26:53Deux points de réaction, dont un où on va se retrouver.
26:56Le premier sur lequel je ne suis absolument pas d'accord,
26:58sur le coût justement de fonctionnement des administrations publiques.
27:03On a un millefeuille territorial qui est terrible, et tout le monde le sait.
27:05Au niveau local, chaque échelon fait quatre fois les mêmes choses,
27:08donc il y a évidemment des économies gigantesques.
27:10Au passage, on peut se dire que si ça coûte le même,
27:13ça a le même coût qu'il y a 20 ans,
27:14où sont passés les gains de productivité ?
27:16Le secteur public a le droit de faire des gains de productivité,
27:18ce n'est pas interdit quand même,
27:18et de le rendre d'ailleurs aux usagers.
27:21Donc là, il y a un vrai problème.
27:22À l'ère de l'IA, il faut faire des gains de productivité gigantesques,
27:25et on a les moyens de le faire.
27:26Là où vous avez raison,
27:28c'est que les politiques d'exonération de charges sur les bas salaires,
27:31c'est extraordinairement pervers.
27:32Pourquoi on a fait ça ?
27:33Parce qu'on a le SMIC le plus élevé en proportion du salaire médian de tout l'OCDE.
27:37Absolument pas.
27:37Plus de 62% en proportion du salaire médian.
27:40Mais c'est dans le rapport...
27:41On est le sixième pays européen pour le SMIC,
27:44et il a beaucoup décru...
27:45On est le premier en pourcentage du salaire médian.
27:48C'est dans le rapport d'experts.
27:49De cette politique stupide,
27:50c'est qu'on a créé une trappe à bas salaire.
27:52Et ce qui est vrai par contre,
27:53c'est qu'on surcharge les hauts salaires,
27:55notamment dans l'industrie,
27:56et le problème c'est que là,
27:57on n'est pas compétitif sur les ingénieurs et tout ce qu'il nous faut,
27:59parce que ça coûte extraordinairement cher.
28:01Donc il est clair qu'il faut avoir un coin socio-fiscal,
28:04comme on l'appelle,
28:04qui est beaucoup plus lisse.
28:05C'est arrêter de surcharger la barque sur les cadres,
28:08notamment les ingénieurs,
28:09et en particulier dans l'industrie.
28:10Vous êtes donc à demi d'accord tous les deux.
28:12Merci beaucoup à tous les deux.
28:13Guillaume Duval,
28:14co-présidente de Club Maison Commune
28:18et ex-rédacteur en chef d'Alternative Économique,
28:20et Anthony Morlaix,
28:22la vie d'allié économiste chez Rexécode.
28:24Restez avec nous dans un instant,
28:25on va faire un point sur les marchés.
28:28DFM Business présente
28:33Le 18h éco, Stéphanie Collot.
28:36Le 18h éco se poursuit,
28:37on fait un point sur la séance du jour
28:39avec Antoine Larigauderie.
28:40Bonsoir Antoine.
28:41Bonsoir Stéphanie.
28:42Et le CAC termine en baisse ce soir ?
28:43Oui, on peut dire qu'on a limité la casse
28:45parce qu'il y a une certaine forme de tension
28:46sur les marchés,
28:47une tension très très nette,
28:49notamment sur le marché obligataire.
28:50On y reviendra dans quelques secondes,
28:52mais moins 0,39% pour le CAC 40
28:54qui termine à 8301 points.
28:58On limite la casse par rapport
28:59aux autres marchés européens,
29:01moins 0,8% quand même pour l'Eurostock 50,
29:03puis surtout moins 1,1% pour le DAX à Francfort.
29:05Et du côté de Madrid, moins 0,7%.
29:08À noter les plus fortes hausses du jour,
29:10on s'est regroupés autour des valeurs liées à l'énergie,
29:12notamment Total Energy qui avance de 2,7%,
29:16plus forte hausse du CAC,
29:1777,61 euros.
29:18Il ne faut pas oublier que là,
29:20le pétrole est en train de nettement remonter.
29:22On est quasiment à 94 dollars
29:24pour le Bren de Mer du Nord,
29:2593,94.
29:27On a Air Liquide aussi,
29:28qui a signé une bonne performance
29:30avec sans doute l'entrée au capital
29:31d'un fonds activiste.
29:33C'est ce que nous dit
29:33la presse économique anglo-saxonne.
29:36Air Liquide termine en hausse
29:36de 2,15% à 173,18 et à la baisse.
29:39Le secteur du luxe était mal orienté.
29:42Hermès, moins 2,44%,
29:431,542.
29:44Kering, moins 2,7%,
29:452,47,20.
29:46Et puis, Pernod Ricard signe la plus forte baisse
29:48à moins 3,62,54.
29:50Et puis alors, du côté de Wall Street,
29:51on est dans le rouge aussi.
29:52Oui, assez nettement.
29:53À moins 0,8% pour le Nasdaq
29:55qui est à 26 139 points.
29:57Le Dow Jones, moins 0,79 et moins 0,6
30:00pour le S&P 500.
30:02La valeur du jour, finalement,
30:03c'est Apple avec l'entrée en fonction.
30:06Bien sûr.
30:06D'un nouveau PDG,
30:07c'est le premier jour
30:09de l'après Tim Cook pour Apple.
30:11Et on peut dire
30:11que ça se passe très, très bien
30:12parce que dans un marché
30:13plutôt en baisse,
30:14Apple prend 3,1%
30:15à 326,66 euros.
30:18La présidence de Tim Cook
30:19s'est achevée
30:19sur une fin de non recevoir
30:21à tous les investisseurs
30:22qui voulaient qu'Apple
30:23investisse tout
30:23et n'importe comment
30:24dans l'intelligence artificielle.
30:26Tim Cook rappelant
30:27que le boulot d'Apple,
30:29c'était de concevoir
30:29des produits,
30:30du design, du rêve.
30:31Et voilà, il y est resté fidèle.
30:33Donc, on espère que John Ternus
30:38sera dans la lignée.
30:39Et en tout cas,
30:40c'est ce que les marchés
30:40achètent en ce moment
30:41parce que vraiment,
30:42il y a une très, très belle
30:43surperformance d'Apple
30:44par rapport au reste du marché.
30:45Alors, en revanche, Antoine,
30:47ce n'est pas florissant du tout
30:48sur le marché obligataire.
30:49Ça se tend très fort.
30:50C'est le nœud de fixation
30:52de tous les investisseurs financiers.
30:54En ce moment,
30:55on est quand même à 4,2%
30:56sur la dette française disant.
30:58C'est général.
30:59On est à 3,36%
31:00sur la dette allemande.
31:01Et puis, on touche les 4,8%
31:04sur le disant américain.
31:05D'une part,
31:06les considérations
31:07autour de l'inflation.
31:08Et puis, deuxièmement,
31:08une situation qui devient
31:09de plus en plus compliquée
31:10à gérer entre États-Unis
31:11et Japon
31:12à propos des taux.
31:13On a quand même
31:14Scott Besant,
31:15le secrétaire américain
31:16au Trésor,
31:16qui enjoint le ministre
31:19japonais des Finances
31:20à faire en sorte
31:21que la Banque du Japon
31:22relève ses taux.
31:23Un peu ironique,
31:25alors que du côté américain,
31:27on fait tout justement
31:28pour ne pas les relever
31:28alors qu'il faudrait le faire.
31:29On est dans un nœud
31:31de fixation
31:32qui n'est pas très très sain
31:33d'interventionnisme
31:34des banques centrales
31:35et ça se fixe
31:36autour du Yen
31:37comme il y a deux ans
31:38à peu près
31:39avec un petit peu de retard.
31:40Merci beaucoup
31:41Antoine Larigauderie.
31:42Parmi les valeurs
31:43à la hausse aujourd'hui
31:43sur le marché parisien,
31:45il y avait Technip Energy,
31:47le groupe spécialisé
31:48dans le GNL,
31:49grimpe de 4%
31:50sur les marchés.
31:51Les marchés
31:52qui réagissent
31:54positivement
31:54à une information
31:55révélée par
31:56BFM Business
31:57Nathan Cocampo.
31:58Bonjour.
31:58Bonjour.
31:58Le groupe français
32:00a participé
32:00à un appel d'offre
32:01d'Elon Musk
32:02pour produire
32:03le carburant
32:04de ses fusées.
32:05Oui Stéphanie,
32:05un potentiel contrat
32:06supérieur à 10 milliards
32:08de dollars.
32:08Alors on en a parlé
32:09plusieurs fois
32:10sur notre antenne,
32:10Elon Musk souhaite construire
32:11une base spatiale
32:13à 100 milliards de dollars
32:14en Louisiane
32:15d'ici à la fin
32:16de la décennie
32:16avec à terme
32:17l'objectif d'accueillir
32:18des milliers
32:19de lancements
32:20de Starship
32:20chaque année.
32:21On n'y est pas encore
32:22mais voilà.
32:22Une fusée Starship
32:23brûle
32:24plus de 2 millions
32:25de litres de métal liquide
32:26par décollage.
32:27Assurer l'approvisionnement
32:28donc c'est un des grands défis
32:30d'Elon Musk
32:31pour multiplier
32:32les lancements.
32:33Fini l'acheminement
32:34par camion-citerne,
32:35à l'avenir le milliardaire
32:36veut disposer
32:37de sa propre usine
32:38de production
32:38de carburant
32:39en Louisiane
32:40et c'est là
32:40que Technip Energy
32:41pourrait rentrer
32:42dans l'équation.
32:43Selon nos informations,
32:45ce spécialiste
32:45du gaz naturel liquéfié
32:46à l'origine
32:47de près d'un quart
32:48des capacités mondiales
32:50de liquéfaction
32:51s'est positionné
32:52pour concevoir,
32:53installer des capacités
32:54de production
32:55de carburant
32:56pour le milliardaire.
32:57Et alors Elon Musk
32:58devrait donner sa réponse
32:59aujourd'hui,
33:00dans les prochaines heures
33:02et Technip
33:03est un compétiteur
33:04qui a ses chances.
33:05Oui,
33:06car il se développe
33:07actuellement
33:07en Louisiane
33:08à deux pas
33:09des terrains
33:09tout juste acquis
33:10par Elon Musk
33:11pour son futur
33:11centre spatial.
33:12Technip Energy
33:13y construit
33:14Commonwealth LNG,
33:16un projet de liquéfaction
33:17d'une capacité
33:18de plus de 9 millions
33:19de tonnes de GNL
33:20par an,
33:21c'est considérable.
33:22Le groupe a donc proposé
33:23aux milliardaires
33:24une réplique de ce dernier,
33:26à ceci près
33:26que les turbines
33:27pour faire fonctionner
33:28l'installation
33:28seront électriques
33:29et non au gaz.
33:30On sait aussi
33:31qu'Elon Musk
33:31veut aller vite,
33:32très vite,
33:3336 mois,
33:34pas plus.
33:35Technip Energy
33:35s'y est engagé,
33:37un projet hors normes
33:37qui permettrait
33:38au groupe français
33:39de changer de dimension.
33:40Et on est en ligne
33:41avec Marie-Ange Sanguille,
33:43rédactrice en chef
33:43du magazine
33:44Espace et Exploration.
33:47Madame Sanguille,
33:48rapprochez la production
33:49de l'énergie
33:50à proximité
33:51du pas de tir.
33:53Ça permet à Elon Musk
33:55de gagner
33:55combien de temps ?
33:58C'est très simple,
34:00vous n'avez pas
34:00de transport.
34:01Transporter du gaz naturel,
34:03c'est toujours
34:03un peu litigieux
34:04et surtout,
34:05vu les quantités
34:07dont il va avoir besoin,
34:08parce que,
34:09imaginez bien,
34:10il veut qu'il y ait
34:12plusieurs milliers
34:13de vols par an.
34:15c'est énorme.
34:16Il veut qu'il y ait
34:16en gros 30 décollages
34:18par jour.
34:21Chaque lanceur
34:21pourra faire
34:22trois décollages.
34:23Donc vous imaginez
34:24la quantité
34:25de carburant,
34:26ce qu'il faut mettre
34:27dans ses lanceurs,
34:28dans ses Starship,
34:29c'est énorme.
34:30Donc on ne peut pas
34:31se permettre
34:31de le transporter
34:32sans arrêt
34:33sur les routes,
34:35par gazoduc.
34:36Donc là,
34:37il le met
34:38contre,
34:39directement,
34:40du producteur
34:41au consommateur.
34:42Il le met juste à côté.
34:43C'est comme si nous,
34:44on avait notre propre
34:45pompe à essence
34:46dans le jardin
34:47plutôt que d'aller
34:47faire la queue
34:48aux stations-service
34:49à droite et à gauche.
34:49Ce qui semble effectivement
34:51un gain de temps majeur.
34:53SpaceX a déjà
34:53trois pas de tir
34:54aux Etats-Unis.
34:55Cette base,
34:56en Louisiane,
34:57c'est donc le quatrième.
34:59L'objectif de Musk,
35:00vous l'avez dit,
35:00c'est d'augmenter
35:02massivement,
35:02drastiquement,
35:03les cadences
35:04de production.
35:07des cadences
35:08de lancement.
35:09L'objectif,
35:1010 000 lancements
35:11d'ici 2030,
35:12ça paraît irréaliste
35:14d'ici 2030,
35:1510 000 lancements.
35:18Alors,
35:19moi,
35:20je dirais que ce sont
35:20des chiffres
35:21qui donnent un peu
35:21le tournis.
35:22Je ne vais pas dire
35:23que ça n'est pas possible
35:24parce que SpaceX
35:25nous a appris
35:30à renoncer
35:30à certaines certitudes.
35:32Parce que quand on croyait
35:34que le réutilisable
35:34n'était pas possible,
35:35il l'a fait.
35:37Réutilisable avec deux fusées
35:38en même temps,
35:38enfin, deux premiers étages
35:39qui redescendent,
35:40il l'a fait.
35:40Donc, il y a plein de choses.
35:42SpaceX nous a montré
35:43qu'il ne fallait pas avoir
35:44trop de certitudes.
35:46Maintenant,
35:46ces chiffres donnent
35:47le tournis.
35:4810 000 vols par an,
35:49je trouve ça énorme.
35:51On est déjà
35:51à plus de 100.
35:53À aujourd'hui,
35:54c'est-à-dire qu'on est
35:54fin août,
35:55le 1er septembre,
35:56il a déjà fait
35:57plus de 100 décollages
35:59avec son lanceur habituel
36:00qui est le Falcon 9.
36:03Pourquoi pas ?
36:04Mais pour l'instant,
36:05on en est loin
36:06et je ne suis pas sûre
36:07qu'on arrive à cette cadence-là
36:08d'ici 2030.
36:09Et alors,
36:10Marie-Ange Sangui,
36:1210 000 lancements
36:12d'ici 2030,
36:13pour envoyer quoi en orbite ?
36:15C'est pour poursuivre
36:17l'extension
36:19de sa constellation Starlink ?
36:22Tout à fait.
36:23En fait,
36:24il veut arriver
36:24à 1 million,
36:26oui,
36:26vous avez bien entendu,
36:271 million de satellites
36:28sur ordu,
36:29ce qui est juste
36:32monstrueux
36:32comme quantité.
36:34Pour ça,
36:35il a besoin
36:35d'avoir
36:36des gros lanceurs
36:37qui vont pouvoir lancer
36:38de grosses quantités
36:40de satellites
36:41à un coût de centaines
36:42parce que pour l'instant,
36:43il fait entre 25
36:44et 40 satellites
36:46d'un coup.
36:46Là,
36:47il va passer
36:47à plus d'une centaine
36:48d'un coup.
36:49Et pour 1 million,
36:50s'il ne veut pas
36:51mettre 50 ans
36:52à les envoyer sur orbite,
36:53il faut avoir
36:54des gros lanceurs
36:55et des cadences rapides.
36:56Donc,
36:57c'est ça son objectif
36:58avec tous ces lancements
36:59et toutes ces bases.
37:01Il y a aussi
37:01l'enjeu du remplacement
37:02des satellites
37:03qui sont déjà
37:04en orbite.
37:05Ça veut dire
37:06que les besoins
37:07en lancement
37:08sont réellement exponentiels
37:09actuellement pour SpaceX ?
37:12Pour SpaceX,
37:13oui,
37:13c'est assez exponentiel.
37:14parce qu'il a besoin
37:16de remplacer
37:17les premiers Starlink
37:18qui sont vieillissants.
37:20Certains,
37:21en plus,
37:22subissent
37:22les vents solaires,
37:24les éruptions solaires
37:25qui finissent
37:25par les abîmer.
37:26Donc,
37:27il y en a qui tombent,
37:28il y en a qui se détruisent,
37:30qui descendent
37:30dans l'atmosphère
37:31et qui brûlent.
37:32Donc,
37:32il a besoin
37:33de remplacer
37:34ces Starlink
37:35qui sont obsolètes.
37:36Il a besoin
37:37d'en mettre plus.
37:38Il a besoin aussi
37:39de satisfaire
37:40la demande
37:41de la défense
37:42puisqu'il y a aussi
37:43sa constellation
37:44défense.
37:45Donc,
37:46pour tous ces satellites-là,
37:47il a besoin
37:48d'être autonome
37:49et de pouvoir
37:50les lancer
37:50très vite.
37:51D'où une grosse
37:52quantité de Starship.
37:55Et le lanceur européen
37:56Ariane,
37:56dans tout ça,
37:57est-ce qu'on joue
37:58clairement pas
37:59dans la même cour ?
38:01Ah non,
38:01non, non,
38:02on n'est pas du tout
38:02dans la même cour.
38:04On est vraiment
38:05dans une cour
38:05totalement à part.
38:07De toute façon,
38:08personne n'est dans
38:08la même cour
38:09qu'Elon Musk
38:10et son Starship.
38:11Il faut être très clair,
38:11il n'y a personne
38:12qui fait de l'équivalent
38:14pour l'instant.
38:15Rappelons quand même
38:16que pour l'instant,
38:19le Starship
38:19n'est pas opérationnel.
38:21Voilà,
38:22il n'est pas
38:22totalement opérationnel,
38:23loin de là.
38:24Donc,
38:26pour l'instant,
38:27il n'y a personne
38:28d'autre dans cette cour.
38:29Il est vraiment
38:30tout seul.
38:31Oui,
38:31justement,
38:32Marie-Ange,
38:32on n'a toujours pas
38:33de vol orbital
38:34pour Starship.
38:36Est-ce qu'on a
38:36une idée du calendrier ?
38:37Ça va être
38:38un énorme test
38:39pour Elon Musk,
38:40ce premier vol.
38:42En fait,
38:43au fur et à mesure
38:44des vols qu'il fait,
38:46il apprend,
38:46enfin,
38:47ses ingénieurs,
38:48n'oublions pas,
38:49ce n'est pas Elon Musk
38:49qui construit,
38:50ce sont les ingénieurs,
38:51ce sont les équipes
38:52qui travaillent,
38:53ils apprennent
38:53à chaque vol.
38:54Mais pour l'instant,
38:55rien n'est opérationnel.
38:57Il faut bien le noter,
38:58rien n'est opérationnel.
39:00On parlait à l'instant
39:01du lanceur européen
39:03Ariane.
39:03Est-ce qu'on peut
39:04tout de même
39:06rattraper notre retard ?
39:09Alors,
39:09le lanceur Ariane 6
39:10n'est pas en retard.
39:12Il faut bien être clair,
39:13il a été en retard
39:13au départ,
39:14mais aujourd'hui,
39:15il fait son travail,
39:16la cadence est en train
39:17d'augmenter progressivement.
39:18On doit arriver
39:19entre 10 et 12 lancements
39:21par an,
39:22que ce soit en configuration
39:23de booster
39:25ou 4 booster.
39:26On lance
39:27la constellation
39:29d'Amazon,
39:30de Jeff Bezos.
39:32On a des lancements
39:34réguliers
39:35avec des satellites.
39:37On a fait
39:38un satellite
39:39MTG-1
39:40qui est parti là,
39:42qui est un satellite
39:44de météo
39:44troisième génération.
39:45donc on fait
39:47notre travail,
39:48l'Europe a son lanceur
39:49qui est parfaitement
39:50opérationnel,
39:51mais ça n'est pas
39:52du tout
39:52la même chose
39:53que ce que peut faire
39:54le Starship.
39:55Merci beaucoup
39:56Marie-Ange Sangui,
39:57je rappelle que vous êtes
39:58rédactrice en chef
39:59du magazine
40:00Espaces et Explorations.
40:02Dans un instant,
40:03on va parler
40:03du sommet
40:04de l'organisation
40:05de coopération
40:06de Shanghai.
40:06Il touche à sa fin,
40:08il a réuni
40:09les membres
40:10du bloc Eurasie
40:11avec une Chine
40:12qui prend une place
40:13de plus en plus importante
40:14au risque peut-être
40:16de susciter
40:17certaines frustrations
40:18en Inde
40:19ou en Russie.
40:20On fait le point
40:21dans un instant.
40:22DFM Business présente
40:27Le 18h éco,
40:29Stéphanie Collot.
40:31On poursuit
40:31le 18h éco
40:32à l'international
40:33avec le sommet
40:34de l'organisation
40:35de coopération
40:36de Shanghai
40:37qui touche à sa fin.
40:38Au total,
40:3917 chefs d'État
40:40et de gouvernement
40:41se sont réunis
40:43au Kyrgyzstan.
40:44Parmi eux,
40:45le président russe,
40:46iranien,
40:47chinois et indien
40:48dont l'objectif
40:50était d'afficher
40:51une certaine unité
40:52face au camp occidental.
40:54Un sommet
40:54qui se déroule
40:55en pleine guerre
40:56entre les États-Unis
40:58et l'Iran
40:59et entre la Russie
41:00et l'Ukraine.
41:01On fait le point
41:01avec Marc Julienne.
41:02Bonsoir.
41:02Bonsoir.
41:03Vous êtes le directeur
41:04du centre Asie
41:05de l'Institut français
41:06des relations internationales.
41:09D'abord,
41:09une question
41:10sur les forces en présence.
41:12Quel est le poids
41:13de cette organisation
41:14de coopération
41:15de Shanghai
41:16par rapport
41:17au bloc occidental,
41:18par exemple ?
41:19Alors,
41:19formellement,
41:20c'est quand même
41:20des grandes puissances.
41:21Vous les avez mentionnées,
41:23la Chine,
41:23la Russie
41:24qui ont créé
41:25cette organisation
41:25en 2001
41:26avec des pays
41:27d'Azie centrale,
41:27donc des petits poids,
41:30disons,
41:30sur la scène internationale.
41:32On va le voir d'ailleurs
41:33sur la carte
41:33qui s'affiche à la télé
41:34si vous le regardez
41:35à la télévision.
41:36L'organisation a été ensuite,
41:37s'est étendue
41:38à l'Inde,
41:39quand même,
41:39plus grande puissance
41:40démographique mondiale,
41:41au Pakistan
41:41et désormais
41:42à l'Iran
41:43et d'autres pays.
41:45Et puis surtout,
41:45elle a attiré
41:46des membres partenaires,
41:47une quinzaine
41:47de membres partenaires,
41:48notamment beaucoup
41:49de pays du Golfe,
41:50des pays d'Asie du Sud-Est.
41:51Donc,
41:51c'est une organisation
41:53qui est attractive
41:53et ça doit nous interpeller,
41:55nous occidentaux.
41:57En revanche,
41:57en termes d'institutionnalisation,
41:59il faut relativiser.
42:00C'est une organisation
42:01qui n'a pas de siège,
42:02qui n'a pas de bureaucratie
42:04et qui, en réalité,
42:05a très peu de force de frappe
42:08puisque, en fait,
42:09il y a beaucoup de dissensions
42:10dans cette organisation.
42:11J'ai mentionné l'Inde
42:12et le Pakistan
42:13qui étaient en conflit armé
42:14il y a encore un an et demi.
42:16L'Iran
42:16qui est elle-même en guerre
42:18avec des pays du Golfe
42:19qui, d'ailleurs,
42:20n'étaient pas présents
42:21lors de ce sommet
42:22pour cette raison essentielle.
42:24Et donc, voilà.
42:25Donc, il ne faut pas...
42:25Ça doit nous interroger
42:27que cette organisation
42:28soit de plus en plus attractive.
42:29En revanche,
42:30il ne faut pas surestimer
42:31son poids
42:32et sa force de frappe
42:33sur la scène internationale.
42:35Ça veut dire
42:35que quand on voit les images
42:36que l'on voit, par exemple,
42:37en ce moment à la télé,
42:40sur cette unité
42:42qu'affichent tous ces dirigeants,
42:44c'est une unité de façade ?
42:47Je pense.
42:47C'est un affichage.
42:48Alors, encore une fois,
42:49un affichage,
42:49c'est quand même parmi
42:51ce sont des pays
42:51comme la Chine,
42:52la Russie,
42:53l'Iran
42:53qui ont des intérêts convergents
42:55et notamment des intérêts
42:56d'opposition aux États-Unis
42:58et aux camps occidentaux.
42:59Donc, encore une fois,
43:00ce n'est pas à prendre
43:01à la légère,
43:02mais il y a une façade,
43:04il y a un écran de fumée
43:05qui, à mon avis,
43:05il faut aller au-delà
43:06de cet écran de fumée
43:07puisque entre la Chine
43:08et la Russie,
43:09il y a de nombreuses dissensions.
43:09Alors, justement,
43:10allons-y.
43:11Est-ce que finalement,
43:12ce sommet,
43:13il a permis à la Chine
43:14d'asseoir encore un peu plus
43:15son influence
43:17sur ces pays d'Asie centrale
43:19qui étaient jusqu'à présent
43:20tout de même
43:21plutôt sous influence russe ?
43:23Alors, je pense que l'influence
43:24de la Chine,
43:25elle est assise d'ores et déjà
43:26depuis au moins un an,
43:27depuis le précédent sommet
43:29de l'Organisation de coopération
43:30de Shanghai
43:30qui a eu lieu à Tianjin,
43:31en Chine,
43:32au même moment,
43:33fin août 2025.
43:35Et là,
43:35ça a été vraiment un tournant
43:36pour l'organisation.
43:37Jusqu'à l'année dernière,
43:38il n'y avait aucune couverture
43:40médiatique en France
43:41ou ailleurs dans le monde
43:42de ce sommet-là.
43:44Mais là,
43:44la Chine a fait de cette organisation
43:45qui a été pendant très longtemps
43:47une coquille vide,
43:48très franchement,
43:49diplomatiquement,
43:49il ne s'y passait pas grand-chose.
43:51Et là,
43:51il a transformé cette organisation,
43:54il a fait une sorte
43:54de coup médiatique.
43:55C'est la raison pour laquelle
43:57cette année,
43:57ça se passe à Bishkek,
43:58au Kyrgyzstan.
43:59Et pourtant,
44:00on en parle
44:00parce qu'il y a
44:01cette coordination,
44:03cet alignement
44:03entre ces puissances.
44:05Mais, encore une fois,
44:06je pense que c'est
44:07largement un affichage
44:08et ça ne doit pas
44:10nous rendre dupe,
44:11en fait,
44:11de certaines dissensions
44:12entre des membres
44:14de cette organisation
44:15et des partenaires
44:17de cette organisation.
44:18Mais pour en revenir
44:18à la Chine,
44:20c'est devenu aujourd'hui
44:21dans ces pays
44:21d'Asie centrale
44:24un acteur économique
44:25de la région
44:28et désormais
44:29un acteur aussi
44:30qui est en charge
44:30de la sécurité.
44:32Là où, avant,
44:32c'était surtout
44:33un acteur économique.
44:35Alors, sur la sécurité,
44:36la Chine, certes,
44:38commence à peser,
44:39mais il y a une sorte
44:40de répartition des tâches
44:41avec la Russie.
44:42La Russie qui perd
44:43beaucoup en puissance
44:44et en influence,
44:45en puissance économique,
44:46en puissance militaire.
44:47Ça, c'est lié
44:48à la guerre en Ukraine.
44:49qui épuise les ressources russes.
44:52Et donc, la Chine
44:52continue de grignoter.
44:53Mais pour le moment,
44:54c'est de l'intérêt
44:55des deux,
44:55de Moscou et de Pékin,
44:57de ne montrer
44:58aucune dissonance
45:00entre les deux capitales
45:01et donc de s'arranger
45:03de se coordonner
45:04dans la région.
45:05Mais l'Asie centrale
45:07et les pays
45:07dont on parle,
45:08c'est-à-dire
45:08Tadjikistan,
45:09Kyrgyzstan,
45:09Kazakhstan,
45:11Ouzbékistan,
45:11ce sont des pays
45:12qui, de toute façon,
45:13sont largement
45:14sous l'influence
45:15de la Russie
45:15et de la Chine
45:16et de la Chine
45:17aujourd'hui
45:17de manière écrasante,
45:18notamment sur le plan économique.
45:19Il faut rappeler
45:20qu'il y a un peu plus de 10 ans,
45:21la Chine avait lancé
45:21ce programme
45:22de nouvelles routes de la soie
45:25et donc,
45:26la Chine aujourd'hui
45:26a une influence écrasante
45:28dans cette région.
45:28Oui, le commerce
45:31Chine,
45:31Asie centrale
45:32a franchi la barre
45:32des 100 milliards de dollars
45:34pour la première fois
45:35l'année dernière.
45:36Donc, on voit
45:36que l'intérêt économique
45:38est majeur
45:39pour la Chine.
45:41Est-ce qu'il y a
45:41un intérêt aussi stratégique
45:42d'un point de vue
45:43des ressources ?
45:44Bien sûr,
45:44il y a des ressources
45:45minérales,
45:46des ressources
45:49de pétrole et de gaz.
45:50Le Turkménistan,
45:51par exemple,
45:52que je n'ai pas mentionné
45:52parce qu'en fait,
45:53c'est l'État
45:53dont on ne parle jamais,
45:54c'est un des États
45:55les plus fermés au monde
45:56qui se trouve
45:57en Asie centrale
45:58et qui a construit
45:59depuis quelques années
46:00désormais
46:01un gazoduc
46:03qui relie la Chine
46:04et donc
46:05est un fournisseur
46:06de pétrole
46:06de la Chine.
46:07Le Kazakhstan
46:08produit des minerais
46:10et du pétrole
46:11de manière importante.
46:12Donc, oui,
46:13il y a des ressources
46:13dans ces pays
46:15et vous avez mentionné
46:16les chiffres du commerce.
46:16Il faut quand même rappeler
46:17que ce commerce,
46:17il va très largement
46:19de la Chine
46:19vers ces pays-là
46:21plutôt qu'un échange équilibré.
46:23Donc, en fait,
46:23ça bénéficie surtout
46:24à la Chine
46:25plutôt qu'à ces pays
46:26et on pourrait faire
46:27la comparaison
46:27avec l'Europe
46:28ou avec le reste du monde
46:29puisque la Chine,
46:30aujourd'hui,
46:30a un excédent commercial
46:32avec le monde entier
46:33qui a dépassé
46:341200 milliards de dollars
46:36l'année dernière.
46:37Ça veut dire
46:37que cette rivalité
46:39entre Pékin et Moscou,
46:40pour l'instant,
46:41on ne la voit pas.
46:42Elle ne s'est pas vue,
46:43par exemple,
46:43pendant ce sommet.
46:44Il n'y a pas eu
46:45de tension
46:46entre Pékin et Moscou.
46:48Il y a vraiment
46:48une unité de façade.
46:49Absolument.
46:50Ils ont intérêt
46:51à montrer,
46:52à afficher
46:53qu'ils sont,
46:55comme ils le disaient
46:55eux-mêmes,
46:56les meilleurs amis
46:58ou avec une amitié solide
47:00comme le rock.
47:00C'est ce qu'ils disaient
47:01pendant longtemps
47:02parce que c'est
47:03un affichage vis-à-vis,
47:05c'est de la communication
47:06finalement vis-à-vis
47:07des États-Unis
47:08parce que ce qui inquiète
47:09énormément l'Occident
47:11et à juste titre,
47:11ce serait un alignement
47:13voire une alliance
47:14entre la Chine
47:15et la Russie,
47:16deux grandes puissances
47:17nucléaires,
47:18deux grandes puissances
47:18technologiques.
47:19En tout cas,
47:20ça l'était pour la Russie
47:22jusqu'à la guerre
47:23en Ukraine.
47:24Jusqu'à quelques années.
47:26Je pense qu'en réalité,
47:29il y a des dissonances
47:30entre les deux.
47:31En Asie centrale,
47:31d'ailleurs,
47:31puisqu'en fait,
47:32l'Asie centrale
47:33est considérée par Moscou
47:34comme son précaré,
47:35mais la Chine aujourd'hui
47:36est de plus en plus influente.
47:37l'Arctique,
47:39dans lequel la Chine
47:40a des ambitions très fortes.
47:41On en a parlé hier.
47:42Il y a une concurrence
47:43en Afrique
47:44puisque la Russie,
47:45comme on le sait,
47:45est très présente
47:46et la Chine également.
47:48Donc voilà,
47:48il y a des dissonances
47:50et des intérêts
47:51qui sont à long terme
47:52divergents.
47:53Ça veut dire qu'à un moment
47:54ou à un autre,
47:55il y a la Russie
47:55qui va taper du poing
47:56sur la table
47:57vis-à-vis de la Chine ?
48:01Je pense que la Russie
48:01n'a pas les moyens
48:02et n'aura pas les moyens
48:03de taper du poing
48:04sur la table.
48:05Et en fait,
48:06plus le temps passe,
48:07moins elle a les moyens,
48:08plus elle est dépendante
48:09et plus s'accentue
48:11cette relation asymétrique
48:13qu'elle a avec Pékin.
48:14Avant,
48:14la Russie était une grande
48:15puissance économique,
48:16technologique,
48:17militaire,
48:18y compris dans le domaine spatial,
48:19qui d'ailleurs fournissait
48:20des technologies à la Chine
48:21dans le domaine spatial,
48:22dans le domaine militaire.
48:23Et ça,
48:23c'est en train de se résorber,
48:24c'est en train de disparaître.
48:26Et aujourd'hui,
48:27c'est dans le sens inverse.
48:28La Chine fournit
48:29beaucoup de technologies
48:30à la Russie,
48:31notamment des voitures électriques.
48:33D'ailleurs,
48:33la Chine inonde le monde
48:34avec ses voitures électriques,
48:35y compris en Russie.
48:37Et donc,
48:38il y a une asymétrie croissante.
48:39Donc,
48:39la Russie n'a plus du tout
48:40la latitude
48:41pour taper du poing
48:42sur la table.
48:43Et que là,
48:43c'est clairement la Chine
48:44qui prend le dessus,
48:47qui étend son influence
48:49dans cette organisation.
48:51Il y a eu une discussion
48:51franche pendant ce sommet
48:53entre Naren Ramondi
48:54et Vladimir Poutine.
48:56Le président indien
48:56a demandé publiquement
48:57au président russe
48:59de mettre fin
48:59à sa guerre en Ukraine.
49:01C'est essentiel
49:02pour toute l'humanité,
49:04a-t-il ajouté.
49:05Quel poids
49:07cette parole
49:07peut avoir
49:08pour Vladimir Poutine ?
49:09Je pense qu'il y a
49:10peu de chefs d'État
49:11qui ont vraiment du poids
49:12dans leurs paroles
49:14vis-à-vis de Vladimir Poutine.
49:15Donc,
49:16le Premier ministre
49:16maudit probablement pas.
49:18Mais par contre,
49:18lui,
49:18c'est un positionnement
49:19qu'il prend.
49:20Il faut dire
49:21que l'Inde
49:22est quand même
49:22dans une situation
49:23extrêmement inconfortable
49:25dans cette guerre en Ukraine
49:26puisque l'Inde
49:28est très proche
49:29et très dépendante
49:30de la Russie,
49:30notamment sur ses
49:31approvisionnements militaires
49:33et pétroliers.
49:35Mais en même temps,
49:36elle essaye de se rapprocher
49:37de l'Union européenne.
49:38L'Union européenne
49:39et l'Inde
49:40se sont mis d'accord
49:41sur un traité
49:41de libre-échange
49:42plus tôt cette année.
49:44Donc,
49:44elle est un petit peu
49:45embarrassée
49:45puisqu'elle a besoin
49:46quand même
49:46des approvisionnements russes,
49:48mais elle a été sanctionnée
49:49très brutalement
49:50par les États-Unis
49:51parce qu'elle continuait
49:52d'acheter du pétrole
49:54russe
49:55ces dernières années.
49:56Donc,
49:57c'est une situation
49:58assez inconfortable
49:59pour elle.
50:00Mais ça veut dire
50:00que New Delhi
50:00pourrait aussi jouer
50:01un rôle d'arbitre,
50:03de médiateur ?
50:04Pour le moment,
50:05ce n'est pas du tout
50:06la voie que ça prend.
50:07Le Premier ministre Modi
50:09n'a fait aucune proposition
50:10dans ce sens-là.
50:11Là,
50:12peut-être que c'est un signal
50:13qu'il envoie
50:13pas si négatif que ça
50:14justement à l'Occident.
50:16L'Inde est sur
50:16une diplomatie
50:18qu'elle dit
50:19de non-alignement,
50:23une multidiplomatie
50:24et donc,
50:24en fait,
50:25elle ne s'alignera,
50:27elle ne signera
50:28aucune alliance
50:29avec personne.
50:29Quand bien même
50:30elle est très proche
50:31de la Russie,
50:31elle n'est pas une alliée
50:32de la Russie,
50:33elle a essayé d'ailleurs
50:35de se rapprocher
50:35des États-Unis
50:36et elle était assez proche
50:37des États-Unis
50:37ces dernières années.
50:38L'année qui s'est écoulée,
50:39il y a eu énormément
50:40de tensions
50:41avec l'administration Trump
50:42qui elle-même
50:43s'est rapprochée du Pakistan,
50:45membre aussi
50:45de l'Organisation
50:46de coopération de Shanghai.
50:47Donc,
50:47voilà,
50:47l'intérêt pour l'Inde
50:50et pour le Premier ministre Modi
50:51qui a beaucoup de difficultés
50:52en interne d'ailleurs,
50:53c'est de rester
50:55le plus neutre
50:55et le plus en retrait
50:57de ce conflit.
50:58Et justement,
50:58quelles sont
50:58les relations actuelles
51:00entre l'Inde
51:03et la Chine ?
51:04Alors,
51:04c'est très intéressant
51:05puisque c'est deux pays
51:06qui ont toujours
51:06des conflits frontaliers
51:07depuis des décennies,
51:10depuis au moins
51:10les années 60.
51:11Il y a eu plusieurs conflits.
51:12Le dernier a eu lieu
51:13en 2020,
51:13donc ce n'est pas
51:14si ancien.
51:16et après le conflit
51:17de 2020,
51:18l'Inde a essayé
51:19de vraiment fermer
51:20les portes,
51:21arrêter les investissements
51:22chinois en Inde,
51:24supprimer,
51:25et c'est toujours le cas
51:25aujourd'hui,
51:26toutes les applications
51:26chinoises sur le territoire
51:28indien,
51:29refuser les visas
51:30aux ressortissants chinois,
51:31etc.
51:32Et puis en fait,
51:33au bout de deux ans,
51:34l'Inde s'est bien rendu compte
51:35que dans son développement
51:36économique,
51:37elle avait besoin
51:37de la Chine.
51:38Elle ne peut pas
51:39s'industrialiser rapidement
51:40sans les technologies,
51:42le savoir-faire,
51:43la formation qui vient
51:44de Chine.
51:45Et aujourd'hui,
51:45la relation s'est très largement
51:47apaisée.
51:48On a eu un certain nombre
51:49de rencontres
51:49entre Modi
51:52et Xi Jinping.
51:53Et donc,
51:54c'est un apaisement,
51:55mais un apaisement pragmatique
51:56puisque Modi sait
51:57qu'il a besoin de la Chine
51:59et en réalité,
52:00c'est aussi l'un
52:00de ses adversaires
52:02principaux
52:02après probablement
52:03le Pakistan.
52:04On le voit donc
52:05beaucoup de dissensions,
52:07de frustrations
52:08peut-être aussi
52:08dans cette organisation
52:10de coopération
52:11de Shanghai.
52:12Prochain rendez-vous,
52:13c'est l'année prochaine ?
52:14Prochain sommet ?
52:14Oui, chaque année, oui.
52:15Merci beaucoup,
52:16Marc-Julienne.
52:17Je rappelle que vous êtes
52:18le directeur du Centre Asie
52:20de l'Institut français
52:21des relations internationales.
52:23Dans un instant,
52:24sur BFM Business,
52:25Tech & Co,
52:25présenté par François Sorel,
52:27émission spéciale
52:28ce soir consacrée
52:30à la passation de pouvoir
52:31entre Tim Cook
52:31et John Ternus
52:33au sein d'Apple.
52:35Très bonne soirée
52:36sur BFM Business.