00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Il est là, l'un de nos trois co-gérants du portefeuille BFM responsable cette semaine,
00:10Guillaume Chalouin nous rejoint. Bonjour Guillaume.
00:11Bonjour Guillaume.
00:12Welcome back, votre rentrée sur BFM Business.
00:15Directeur de gestion actions de l'UBAC Asset Management.
00:17Notre portefeuille qui sort d'une petite semaine,
00:19il a baissé un petit peu la semaine dernière de quasiment 0,1%.
00:23Comment vous le sentez ?
00:25Portefeuille dans lequel il y a pas mal de valeurs françaises aussi,
00:27alors qu'on s'approche de la présidentielle
00:28et qu'on sent une pression spécifique sur la France,
00:30est-ce que c'est un point d'alerte pour ce portefeuille ?
00:32Oui, effectivement, la sous-performance vient essentiellement de nos valeurs françaises,
00:37enfin de certaines valeurs françaises, on va le voir.
00:39Alors, première alerte, j'ai envie de dire, pour la Côte parisienne,
00:44en amont des prochaines présidentielles.
00:47Donc on voit tout de suite l'impact, c'est très direct,
00:50donc suite effectivement à la réunion du Medef qui a eu lieu en jeudi dernier,
00:54où les candidats pouvaient pour une première fois présenter
00:57leurs programmes économiques au sens large du terme,
00:59ou en tout cas leurs actions sur un plan entreprise, dette, etc.
01:04Ça a pu un petit peu déraper ou faire peur à la Côte parisienne,
01:08certains investisseurs, et donc on a eu un impact sur des valeurs.
01:13Alors, il y a deux types, j'ai envie de dire, de valeurs françaises.
01:16Les valeurs françaises qu'on a dans le portefeuille,
01:18il y en a qui sont exposées à l'international,
01:20qui cotent effectivement à Paris, mais qui sont exposées à l'international,
01:24qui n'ont peu ou pas été impactées.
01:26Et puis il y a celles comme Saint-Gobain, comme Veolia par exemple,
01:30qui ont été directement impactées parce que tout de suite vues comme étant,
01:34soit possédant des actifs français en France,
01:37soit étant des titres qui peuvent être sous contrainte, en fait,
01:44de décisions du futur pouvoir de l'État.
01:48Et donc, au sens plus large du terme, c'est la construction,
01:52les concessions autoroutières.
01:54Et puis il y a un autre effet qui a été souligné précédemment
01:56par un de nos intervenants, c'est le sujet des taux.
02:00Vous en avez parlé.
02:01Les taux montent.
02:02Les taux montent, évidemment.
02:03C'est une conséquence directe, cette défiance en fait.
02:08Écartement des spreads, les taux qui montent.
02:10Et tous les titres qui font des investissements capitalistiques assez importants,
02:16qui ont besoin de se financer avec le levier,
02:18et ça c'est l'exemple d'Aveolia par exemple,
02:20d'Aveolia Utilities,
02:21vont se retrouver avec un coup de la tête qui est mécaniquement grande.
02:24Double peine.
02:25Et double peine, voilà.
02:26Donc j'ai des actifs en France,
02:28et j'ai un effet sur mon endettement.
02:31Mais alors attendez, ce portefeuille BFM responsable,
02:34bien sûr il porte des engagements ESG,
02:35on va en parler dans un instant.
02:36Toutes ces valeurs, elles ont leur raison d'être ESG dans ce portefeuille,
02:39mais ça ne nous empêche pas du tout d'être pragmatiques.
02:41Est-ce qu'à l'approche de cette présidentielle,
02:42avec des groupes dans ce portefeuille très exposés,
02:45aux conséquences et à la remontée des taux,
02:46vous vous dites qu'il va falloir arbitrer,
02:48peut-être retirer certaines de ces valeurs françaises ?
02:50Oui, alors justement, c'est l'occasion de cette rentrée.
02:53On va désensibiliser une partie du portefeuille,
02:56en tout cas on va commencer,
02:57parce qu'on va subir, à notre sens,
02:59on va subir cet impact d'effet, de décote,
03:06sur le long terme, en tout cas d'ici aux élections.
03:09Il y avait d'ailleurs une enquête de Bofa,
03:11de Bank of America,
03:12qui indiquait que la Côte parisienne
03:14était devenue le marché le plus impopulaire
03:16pour les investisseurs, y compris anglo-saxons, en Europe.
03:19Donc cette décote, on va la supporter.
03:21Donc on a décidé effectivement de sortir Veolia,
03:25parce qu'à la fois il y a l'expo française,
03:27et à la fois on a, je le disais tout à l'heure,
03:31utilities, et on l'a vu en fait la semaine dernière,
03:35sensibilité aux taux qui progressent.
03:37Voilà, c'est une forme de mécanique
03:39qui se met un petit peu en place.
03:40Oui, oui.
03:41Donc vous choisissez de retirer Veolia
03:42plutôt que Saint-Gobain par exemple ?
03:44Voilà, plutôt qu'un Saint-Gobain,
03:45où on avait parlé aussi un peu d'un SPI.
03:47Il y a eu une exposition aussi,
03:49mais il y a peut-être moins cette sensibilité,
03:51si on doit en choisir une sur les trois,
03:53et voilà, c'est l'occasion de faire le choix.
03:55Voilà, et donc ce retrait du portefeuille BFM responsable
03:57aura lieu demain matin,
03:58pour vous permettre à vous tous d'agir en même temps
04:00que ce portefeuille.
04:02Alors juste, puisqu'on est sur la présidentielle
04:03et qu'on est dans un portefeuille ESG,
04:05Olivier Faure propose,
04:07donc qui est désormais candidat lui aussi à la présidentielle,
04:09il propose d'interdire les dividendes
04:10dans les entreprises qui ne font pas
04:11leur transition écologique.
04:13En tant que gérant ESG, vous validez ça ?
04:16Non, je ne crois pas que ce soit une solution,
04:18une solution, ça serait une fois de plus,
04:20une solution de contrainte.
04:21Déjà, le premier point,
04:24ce serait l'État qui déciderait
04:26selon quels critères, en fait,
04:28vous êtes dans la bonne granularité de cette transition,
04:30en tout cas que l'entreprise applique cette transition.
04:34Alors c'est quoi ?
04:34C'est la trajectoire des carbonations ?
04:37C'est quel niveau sur Scope 1, Scope 2, Scope 3 ?
04:41Donc ça, c'est très compliqué à mettre en place.
04:44Ça, c'est un premier point.
04:44Et le second point,
04:46qui est là et plus sur un plan financier,
04:48c'est le sujet de l'allocation du capital.
04:50Et là, on se rapproche de la théorie financière
04:52qui est quand même un fondement pour l'actionnaire.
04:55Cette entreprise qui, effectivement,
04:58supporte ce risque de transition,
04:59si elle alloue correctement son capital,
05:02et ça, c'est à l'actionnaire de le reconnaître,
05:04normalement, elle doit pouvoir
05:07passer à côté de ce risque-là
05:08et à terme, produire ce dividende
05:12de façon plus soutenable
05:13parce que c'est la conséquence
05:14d'un risque qu'elle gère, tout simplement.
05:16Autre valeur qui pose question,
05:19Sanofi,
05:20moins 2% la semaine passée,
05:22moins 24% depuis le début de l'année,
05:24alors que le secteur de la santé
05:26est pourtant très, très prometteur
05:28ou réputé comme tel.
05:29Qu'est-ce qui se passe ?
05:31Qu'est-ce qu'on fait ?
05:31Oui, c'est vrai que le secteur de la santé,
05:33en particulier les pharmas,
05:34ont pas mal rebondi au cours de l'été.
05:37Secteur sans doute refuge, tout valorisé.
05:39Et puis là-dedans, on a un Sanofi
05:40qui doit se payer 8 fois le PE 2027
05:44face à un secteur qui doit être à 15 fois,
05:47qui est complètement décoté,
05:49qui est en bas de range,
05:50ça vaut dans les 70-75,
05:52ça vient de 100.
05:54Effectivement, le sujet,
05:55il est sur la falaise breveterre
05:57de Dubixent.
05:58On en a déjà parlé ici,
05:59c'est le blockbuster Sanofi.
06:02Problème, échéance en 2030.
06:03Et pour l'instant,
06:05les investisseurs ne voient pas la suite
06:07ou en tout cas ne payent pas
06:08pour voir la suite
06:10parce que le pipeline de Sanofi,
06:12ça on le sait,
06:13et la nouvelle CEO en mai dernier
06:15l'a souligné,
06:16il est pauvre.
06:17Or, une pharma, en fait,
06:19elle se valorise à son pipe,
06:21ce qu'il y a dans le pipe.
06:22Donc, il faut que Sanofi
06:24fasse des acquisitions
06:26pour remplacer, en fait,
06:27cette molécule
06:28et pour pouvoir passer,
06:29en fait, ce gap.
06:31Ça, c'est le premier point.
06:32Le deuxième point,
06:33c'est le partenariat avec Regeneron
06:35qui est un peu au point mort,
06:36sujet des biosimilaires,
06:37donc ça, c'est un autre sujet.
06:39Donc, tous ces éléments-là,
06:40mis bout à bout,
06:41font que, oui,
06:42il y a une décote.
06:44Nous, ce qu'on pense,
06:46on conserve plutôt le titre
06:47dans le portefeuille.
06:48On garde Sanofi en portefeuille,
06:49alors qu'il nous déçoit à chaque fois.
06:50D'accord.
06:50Parce qu'on pense que
06:52sur ces niveaux-là
06:52de valorisation,
06:54c'est vraiment extrêmement faible.
06:56Il faut quand même voir
06:57que les cash-faux sont assez abondants.
06:58Il y a une croissance, malgré tout.
07:00Il y a une croissance qui est là
07:01de l'activité.
07:03Donc, on conserve pour l'instant
07:04Sanofi.
07:05Il va falloir voir
07:06ce que va mettre en place,
07:07effectivement,
07:08la nouvelle CEO
07:09dans le prochain semestre
07:11pour aller de l'avant
07:12et essayer de combler
07:14cette décote.
07:15Vous lui laissez le bénéfice du doute
07:16et pourquoi pas
07:17des bonnes surprises
07:18alors que vous choisissez
07:18de sortir Veolia
07:19de ce portefeuille BFM responsable
07:20parce que Veolia risque
07:21de subir un destin
07:23dont il n'a pas les clés
07:25ni les viscèles.
07:26Contraint par l'environnement externe.
07:28On peut terminer
07:28sur ce portefeuille BFM responsable
07:30qui, sur la semaine écoulée,
07:31est resté à peu près stable.
07:33Alors, vous avez le choix.
07:33Soit sur Alliance
07:34qui est l'une des nombreuses
07:35composantes de ce portefeuille.
07:36Il y a 20 lignes dans ce portefeuille.
07:37Soit sur Alliance,
07:38soit sur Eaton
07:39qui a perdu 3%.
07:39Qu'est-ce que vous choisissez ?
07:42Eaton peut-être
07:42parce que Eaton subit,
07:44on peut peut-être l'a parlé
07:44de façon un peu plus large
07:45comme d'autres titres.
07:47Alors, juste Eaton
07:47depuis le début d'année,
07:48même si le titre revient
07:49à 3%,
07:49il gagne 27% depuis le premier.
07:51C'est un très belle performance.
07:51Oui, oui.
07:52C'est un gagnant.
07:52Eaton est incomparable
07:53à dire à peu près de Schneider
07:55aux Etats-Unis.
07:56C'est américain.
07:57Et qui effectivement
07:58a bénéficié énormément de l'IA.
08:01D'où la performance
08:02que vous avez évoquée.
08:06Là, un petit peu de retrait,
08:07c'est dû à cet environnement de taux
08:08qui, y compris aux Etats-Unis,
08:10pose problème.
08:11On parle de la France,
08:12mais aussi aux Etats-Unis.
08:14Et donc,
08:15qui a subi,
08:17comme toutes ces valeurs
08:17qui sont sur des niveaux
08:19de valorisation élevés,
08:21ce retrait,
08:22on l'a vu dans la tech.
08:24Et puis,
08:24le deuxième point sur Eaton,
08:26c'est qu'il y a quand même
08:26une partie,
08:27au-delà de l'IA,
08:27une partie résidentielle,
08:29qui est contrainte
08:30par la construction
08:31et qui fait qu'en fait,
08:35la hausse des taux
08:36est un élément
08:37qui ne va pas dans le bon sens
08:38pour tout ce qui est
08:39construction,
08:39rénovation,
08:40immobilier.
08:41Et donc,
08:42le titre a un peu reflué.
08:43Maintenant,
08:44il faut voir qu'il vient
08:45de ses plus hauts
08:45et que la publication,
08:48début,
08:48c'était début août,
08:49la publication du T2
08:50était bien supérieure
08:51aux attentats.
08:52On garde Eaton
08:53dans ce portefeuille,
08:54BFM responsable.
08:54Merci beaucoup.
08:55Donc,
08:55l'arbitrage de la semaine,
08:56c'est que Veolia
08:57va sortir du portefeuille
08:58demain matin
08:59en raison du contexte
09:00franco-français
09:00et de remonter tôt.
09:01C'est un groupe
09:02qui dépend des évolutions obligataires.
09:03Merci beaucoup,
09:04Guillaume Chalouin,
09:05co-responsable
09:06avec Frédéric Rosier
09:07pour Mirabeau
09:08et Stanislas de Bayancourt
09:09pour Sycomore AM.
09:10Je vais quand même citer aussi
09:11votre maison de gestion
09:11puisque vous êtes là quand même.
09:13De Lubac,
09:13Asset Management,
09:14c'est Guillaume.
09:14Merci beaucoup
09:14de nous avoir accompagnés.