00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneau.
00:0519h16, deuxième heure d'Europe 1 Soir avec pour ma compagnie Alexandre Malafaille.
00:08Bonsoir.
00:09Bonsoir Pierre de Villeneau.
00:10Toujours très bronzé après cet épisode estival, fondateur de l'Institut Sinopia.
00:15Bonsoir Vincent Roy.
00:16Bonsoir.
00:16Journaliste et essayiste, invité politique d'Europe 1 Soir, député Renaissance de Paris.
00:21Bonsoir Sylvain Maillard.
00:21Bonsoir Pierre de Villeneau.
00:22Merci de nous être fidèles et d'être là pour cette interview.
00:26Dans un instant on va parler effectivement du bal des politiques et des présidentiables devant les patrons,
00:32parce que c'est important, parce que le MEDEF, rappelons-le,
00:36le nombre de salariés des patrons du MEDEF c'est 12 millions en France,
00:41donc c'est représentatif, et ils ont posé des questions aux présidentiables.
00:45D'abord, sur un autre sujet, parce que le péri-scolaire,
00:49et je sais que ça vous tient à cœur et vous en avez beaucoup parlé sur nos antennes,
00:52dans le vaste dossier du péri-scolaire,
00:56les familles portent plainte désormais à dominem contre Anne Hidalgo et contre Patrick Bloch,
01:02qui a été, j'allais dire, celui qui était la tête de proue du péri-scolaire parisien.
01:08Quelle est votre réaction sur ces familles qui veulent, non pas en découdre,
01:12mais qui veulent nommément poser le fait qu'il y a une responsabilité d'Anne Hidalgo et de Patrick Bloch,
01:18qui était son premier adjoint ?
01:19Oui, les familles veulent connaître la vérité.
01:22Nous ne connaissons toujours pas la vérité.
01:24On a lancé une enquête, une mission d'enquête avec les conseillers de Paris,
01:30et ma collègue Inès de Ragnel va pouvoir...
01:36Inès de Ragnel.
01:36Inès de Ragnel, pardon, excusez-moi,
01:38va évidemment présider cette commission,
01:41mais nous avons besoin de savoir pourquoi il y a eu une auberta à Paris depuis longtemps.
01:48Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e, en Conseil de Paris, vous pouvez regarder la vidéo,
01:53annonce en 2015, dit qu'il y a des problèmes systémiques dans le péri-scolaire à Paris,
01:58et il ne s'est pas passé grand-chose.
02:01Pas grand-chose, ça veut dire qu'à l'heure actuelle,
02:0284 écoles maternelles, dont celle Saint-Dominique, dont vous parlez dans le 7e arrondissement,
02:0784 écoles maternelles, sont à l'heure actuelle,
02:12ont eu des signalements avec des agents à l'intérieur,
02:17signalés avec des enquêtes à l'heure actuelle,
02:19ou des suspicions, des jugements déjà,
02:23et nous ne savons toujours pas quelle est l'ampleur
02:25de ce que nous avons fait, ce qu'a fait subir la ville de Paris à ses enfants.
02:31Et vous vous souvenez, sans doute mieux que moi, au Conseil de Paris,
02:36cette exaspération d'Anne Hidalgo, quand elle répond,
02:39à justement une personne qui lui parle de ce dossier,
02:43et qui dit, vous remettez de façon obsessionnelle
02:47ce sujet du péri-scolaire parisien sur la table,
02:50alors qu'en réalité, il n'y avait aucune réponse depuis...
02:52Dans le doute, il peut y avoir un doute, d'ailleurs,
02:57sur un comportement d'un agent, du péri-scolaire,
03:02dans le doute, on le mettait dans une autre école.
03:05C'est ça, la réalité.
03:06Et Patrick Bloch, comme Anne Hidalgo, doivent répondre à la justice.
03:09C'est eux qui étaient les patrons de ce système-là.
03:12Et c'est là, eux, de se défendre.
03:14Visiblement, il y avait quand même un certain nombre de signalements,
03:17de remontées d'informations.
03:18Comment, sans spéculer, comment on peut expliquer
03:21que la volonté politique, à un moment donné,
03:23n'a pas été de se porter vraiment sur ce dossier ?
03:25Qu'est-ce qui se passe, là, pour le coup,
03:26non pas dans la tête de ceux qui sont dans les écoles,
03:28dans le péri-scolaire, qui ont fait des horreurs,
03:30mais dans la tête du politique, qui voit remonter ça,
03:32et qui, finalement, laisse passer le sujet.
03:34C'est vrai que 2015, je me souviens du débat
03:35pour les municipales, où on entendait Rachida Dati,
03:38qui, effectivement, disait, dès 2015, elle aussi,
03:40on a mis ça sur la table, etc.
03:41Et, dix ans plus tard, ça explose, au moment de la campagne municipale.
03:44Comment on explique ça ?
03:45Il y a quelque chose, je comprends que certains portent plainte,
03:47c'est absolument avérant, mais c'est quoi
03:50le raisonnement des gens qui sont sous les affaires ?
03:51Vous les connaissez ?
03:52Anne Hidalgo a décidé
03:54de modifier les rythmes scolaires,
03:57a décidé, quand elle est arrivée,
03:59de modifier les rythmes scolaires,
04:00qui ont fait que nous sommes arrivés à 11 000 agents
04:04extérieurs, associatifs,
04:05qui s'occupent de nos enfants dans le péri-scolaire,
04:0711 000 personnes, qui s'occupent de nos enfants
04:09avec des salaires très faibles,
04:12très peu contrôlés,
04:13et qui s'occupent de nos agents pour faire du gardiennage,
04:15parfois, des bonnes activités, du gardiennage,
04:17pour nos enfants. Pourquoi ?
04:19Parce que dans 85% des collectivités françaises,
04:23on est revenu au système d'avant,
04:25de faire en sorte que, en fait,
04:27le mercredi n'était pas
04:31scolaire,
04:31c'est d'ailleurs ce que préféraient les professeurs,
04:33et à côté de ça, du coup, il y avait moins de périscolaires.
04:35Anne Hidalgo, elle a décidé de maintenir le système,
04:37et donc il fallait le maintenir coûte que coûte,
04:39même s'il y avait des problèmes,
04:40même s'il y avait des signalements.
04:42Vous savez, c'est du dogmatisme,
04:44et ce dogmatisme,
04:45il arrive qu'enfin,
04:46elle va devoir répondre devant la justice
04:48de ce qu'elle a fait,
04:49ou de ce qu'elle n'a pas fait.
04:50Moi, je suis ravi que les parents,
04:54qui ont besoin d'avoir des réponses,
04:56les parents sont furieux,
04:57ils ont raison,
04:58ils ne savent pas ce qui s'est passé pour leurs enfants.
04:59La plupart des cas signalés,
05:01ce sont des enfants en maternelle.
05:03En maternelle !
05:05On est tous dans l'horreur.
05:06J'ai un ami très proche
05:07qui avait un de ses enfants
05:10à Saint-Dominique,
05:11ça a été traumatique,
05:12ce qui s'est passé.
05:13Il devrait peut-être suivre ses parents
05:14qui, à Dominelle,
05:15encore une fois,
05:18il peut peut-être se joindre
05:19et faire une action de groupe,
05:21comme on appelle ça,
05:22en justice.
05:22Je voudrais qu'on parle,
05:23évidemment,
05:25de ce qui s'est passé tout à l'heure
05:28au MEDEF,
05:29à la REF du MEDEF,
05:30et on a vu,
05:31alors,
05:31une série de,
05:33je crois qu'ils étaient sept,
05:35présidentiables,
05:35arriver devant les patrons réunis
05:38qui avaient beaucoup de questions
05:39à leur poser.
05:40Il y a une image,
05:41quand même,
05:41qui a interpellé,
05:42c'est qu'on a eu M. Mélenchon,
05:44on a eu Mme Le Pen,
05:46Mme Le Pen pour l'ERN,
05:47M. Mélenchon pour l'FI,
05:49M. Retailleau pour les Républicains,
05:51et pour le Bloc Central,
05:53eh bien,
05:54ils sont venus à deux.
05:55Il y a eu Gabriel Attal,
05:56et il y avait Édouard Philippe.
05:58Alors,
05:58où est-ce qu'on en est,
05:59Sylvain Maillard,
06:00du départage,
06:01il n'allait pas me dire
06:02qu'il y a un comité de liaison
06:03qui se parle,
06:04et qu'on est en train de voir
06:05qui va y aller,
06:07et qui ne va pas y aller,
06:08et qui machin ?
06:09Où est-ce qu'on en est,
06:10des primaires ?
06:11Parce que vous,
06:11vous appelez à une primaire.
06:12Oui,
06:13moi j'ai souhaité,
06:14c'était d'ailleurs un papier,
06:16une tribune
06:17qui avait porté Maude Bréjon,
06:18la porte-parole du gouvernement,
06:20il y a quelques mois déjà,
06:21en disant,
06:21il nous faut absolument
06:22un système de départage
06:23très clair,
06:24pour dire,
06:25voilà,
06:25ce sera tel candidat
06:26qui représentera le Bloc Central.
06:28Moi j'ai appelé,
06:28il y a bien longtemps,
06:29pour que ce soit une primaire.
06:30si on pouvait trouver
06:31une autre façon de faire,
06:32je le préfère,
06:33mais la primaire,
06:34au moins que ce soit bien.
06:35Ça en est où ?
06:36Ça en est nulle part.
06:37Ça en est nulle part ?
06:38Il y a une liaison,
06:39un comité de liaison,
06:40il existe,
06:41il se voit entre candidats,
06:44de ce qu'on me dit,
06:46et on dit qu'ils seront tous raisonnables,
06:48et qu'il y aura un moment,
06:50on arrêtera les uns ou les autres.
06:52Bon, après,
06:53moi j'entends,
06:53je pense que c'est important,
06:55j'entends la date de février,
06:56c'est beaucoup trop tard,
06:57c'est beaucoup trop tard,
06:58et il faut qu'on ait une décision,
07:00pour ma part,
07:01je pense,
07:01au maximum octobre-novembre.
07:03Pourquoi ?
07:04Parce que,
07:05d'abord il y a la sénatoriale
07:06qui arrive,
07:06des élections sénatoriales
07:07à la fin du mois de septembre,
07:08et c'est important
07:09que chaque parti,
07:10évidemment,
07:11fasse campagne,
07:11mais ensuite,
07:12il faut faire en sorte
07:13de porter un candidat,
07:15un projet,
07:15pour aller convaincre les Français
07:16dans une situation compliquée,
07:18puisque sont en tête
07:19dans les sondages,
07:20en tout cas ce qu'on nous dit,
07:21Marine Le Pen
07:22et Jean-Luc Mélenchon,
07:23qui eux sont en campagne,
07:24et eux,
07:25ils ont une armée derrière eux,
07:26organisée avec un chef,
07:28et c'est ça qu'il nous faut.
07:29Vincent Roi.
07:30Mais là,
07:31je vois effectivement,
07:33composant ce bloc central,
07:34sur la scène de Roland-Garros
07:36et devant le patronat,
07:39enfin devant le MEDEF,
07:40je vois un jupéiste
07:43et un homme revendiqué à gauche.
07:47Ils sont incompatibles,
07:49l'un à l'autre.
07:50Gabriel Attal.
07:51Ça ne peut pas constituer...
07:52Gabriel Attal, pardon,
07:54Gabriel Attal...
07:54Gabriel Attal revendiqué à gauche,
07:57je pense que...
07:59Il a une histoire.
08:01Il a une histoire,
08:01mais le revendiqué,
08:02ce que porte Gabriel Attal,
08:03le Renaissance,
08:04moi comme président de groupe,
08:06je pense que très honnêtement,
08:07dans ce qu'on a porté,
08:08ça paraît évident.
08:09Il n'y a pas de honte.
08:10Il est passé par sa famille sociale.
08:13Lorsqu'il est arrivé
08:14dans le support à l'heure actuelle,
08:16c'est comme si vous dites
08:17Emmanuel Macron
08:18est un homme de gauche.
08:19Je pense que c'est quand même
08:20plus complexe que ça.
08:21Il s'est revendiqué
08:22comme venant du Parti Socialiste,
08:24Emmanuel Macron.
08:24Surtout, il a été sous François Hollande,
08:26secrétaire général de l'Elysée,
08:28puis il a été ministre de l'économie
08:29sous François Hollande.
08:30J'entends, mais réduire quelqu'un
08:32à un passé
08:34où il a été membre,
08:35par rapport aux propositions
08:37qu'il fait,
08:38honnêtement,
08:39je trouve que c'est pas...
08:39Mais le gouvernement de François Hollande,
08:41ça n'a pas été un gouvernement
08:42de composition.
08:43Le gouvernement de Manuel Valls,
08:44de Bernard Cazeneuve,
08:45de tous les premiers ministres,
08:47de M. Hérault,
08:48ce n'était pas des gouvernements
08:49de composition.
08:50Emmanuel Macron était là.
08:51Oui, il a été, entre guillemets,
08:54trouvé,
08:54rendant à César ce qui était à César,
08:56par Jacques Attali,
08:57qui était dans les milieux financiers
08:58et qui l'a trouvé
09:00dans une banque de renommée mondiale
09:01et qui a dit,
09:03tiens, vous allez participer
09:04à mes 316 propositions.
09:05C'était encore avant
09:06qu'il y ait François Hollande,
09:07c'était encore sous Sarkozy.
09:08et puis il a effectivement
09:10trouvé du talent
09:11à ce jeune homme
09:12qui ensuite a été présenté
09:13à François Hollande.
09:13Je veux dire,
09:15je ne sais pas quel est
09:17le problème de dire
09:18que oui,
09:19Emmanuel Macron,
09:20qui a voulu
09:22casser le clivage droite-gauche,
09:24était, oui,
09:25quelqu'un d'obédience de gauche.
09:27C'est grave.
09:28Il est né de la gauche,
09:29mais je pense que
09:30la politique qu'on a portée
09:31n'est pas une politique de gauche.
09:33Non, mais on n'a pas dit ça.
09:34Il n'a pas dit ça, Vincent.
09:35Non, mais en plus,
09:36je suis très étonné
09:37de votre réaction
09:38puisque Emmanuel Macron
09:40lui-même,
09:41lorsqu'il est arrivé
09:42en politique,
09:43s'est revendiqué
09:44comme venant du Parti Socialiste.
09:45Donc, je suis étonné
09:46de votre réaction.
09:47Il n'a jamais adhéré
09:47au Parti Socialiste.
09:48En tout cas, la question,
09:50parce que je vois bien
09:50que Sylvain Maillard,
09:51en tant que fin politique,
09:52essaie de faire diversion.
09:53Là, on a quand même,
09:54ce n'est pas lui l'élo,
09:55mais presque.
09:56C'est-à-dire qu'on a
09:56Gabriel Attal
09:57et Édouard Philippe
09:58qui sont sur un podium.
10:00Et ce n'est pas qu'ils disent
10:01des choses très contradictoires,
10:02mais en tout cas,
10:03chacun joue sa partition.
10:04Non, chacun joue sa partition.
10:05Je ne suis pas sûr
10:06qu'ils disent des choses
10:06très contradictoires.
10:07D'ailleurs, l'un et l'autre
10:08ont été Premier ministre
10:09d'Emmanuel Macron.
10:10Je fais partie
10:12de la majorité
10:13qui a soutenu l'un et l'autre
10:16dans les responsabilités
10:18qui ont été les leurs.
10:19Et je n'ai pas le sentiment
10:20que l'un et l'autre
10:21portent des choses
10:22très différentes.
10:23Ils ont des tonalités,
10:24des personnalités différentes,
10:26un passé différent,
10:29une appétence
10:30à divers sujets différents.
10:32Mais je ne dirais pas
10:34qu'il y a une différence
10:35fondamentale entre les deux.
10:36Si vous regardez
10:37les autres candidats,
10:38d'ailleurs,
10:38pour être président de la République,
10:39il faut pouvoir élargir.
10:41Sinon, évidemment,
10:42vous faites 5%.
10:43Quand on voit
10:44Jean-Luc Mélenchon
10:44où il y a une partie
10:45des écolos
10:46qui vont voter pour eux,
10:47les écolos,
10:47ils sont des Européens
10:48convaincus
10:49et ils disent
10:50on va suivre
10:51Jean-Luc Mélenchon
10:51qui est anti-Europe,
10:53vous voyez bien
10:53que dans une famille politique
10:55élargie pour une élection
10:57présidentielle,
10:58il y a évidemment
10:58des courants différents
11:00et pas forcément
11:02tous identiques.
11:03Alors pardonnez-moi,
11:04si vous ne voyez pas
11:05de différence entre les deux,
11:06on est obligé d'y voir...
11:07Je n'ai pas dit qu'il n'y a pas de différence,
11:07je l'ai dit juste sur le fond.
11:09Sur le fond,
11:09si vous ne voyez pas
11:10beaucoup de différence entre les deux,
11:11on est obligé de leur reconnaître
11:12un point commun,
11:13c'est l'égo.
11:15Parce que pourquoi se présenter
11:16s'il n'y a pas beaucoup de différence
11:17entre l'un et l'autre ?
11:19Pourquoi ?
11:19Alors est-ce que les deux,
11:20iront, iraient se présenter ?
11:22Vous savez,
11:23je pense que pour déjà
11:25vouloir se présenter
11:26à la présidentielle
11:27et la difficulté pour l'être
11:29et l'exercice du pouvoir présidentiel,
11:32ça demanderait un peu plus
11:33qu'une heure
11:34que nous avons à l'heure actuelle.
11:35Il faut déjà être particulièrement...
11:37Enfin voilà,
11:38c'est un type de politique,
11:40de politique un peu particulier.
11:42Alors 19h28,
11:43une pause
11:44et on revient dans Europe 1 soir.
11:45Restez avec nous.
11:46Sylvain Maillard est avec nous,
11:47député Renaissance de Paris.
11:47Allez tout de suite.
11:4918h, 20h,
11:50Europe 1 soir,
11:51Pierre de Villeneuve.