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  • il y a 5 semaines
Escarpée et boisée, la région du Steinhart cherche encore son identité moderne au coeur de la Moselle. Pourtant, cette partie du département existe officiellement depuis …. mais s’est peu à peu effacée.

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Transcription
00:30À quelle heure ? À quelle heure est-ce que tu pars après ?
00:34Nous sommes à Lixin-les-Roulins.
00:36Une patrie de cœur pour Rebecca, une terre d'origine pour Pierre et un atout culturel pour leurs enfants.
00:44En plat, tu dirais « Je suis Raphaël ».
00:47« Je suis Raphaël ».
00:51« Je suis senior ».
00:54« Senior Hall ».
00:55C'est comme ça que moi j'ai appris le patois.
00:56C'était à force d'entendre les grands-parents parler patois entre eux,
01:00de ne pas comprendre mais d'avoir la sonorité à chaque fois qu'ils revenaient dans la tête.
01:04Plus après les cours en allemand, tout ce mélange-là a fait que du coup maintenant j'arrive à parler
01:09plate.
01:10Donc on ne parle pas avec les enfants directement en plate, même si c'est dommage.
01:14Quoi qu'il y a quelques expressions comme ça.
01:16Par exemple, « Ich konneme ».
01:18« Le Moldo ».
01:19Plus qu'une tradition, parler le plat a permis à Rebecca et son mari de trouver facilement du travail au
01:27-delà de la Moselle.
01:28Ça fait quelques années que je travaille au Luxembourg.
01:31Il y a beaucoup de personnes du coup étrangères au Luxembourg qui viennent travailler, donc beaucoup d'allemands.
01:39À l'heure actuelle, je ne pourrais pas travailler dans les conditions dans lesquelles je travaille si je n'avais
01:44pas de connaissances d'allemands et de patois.
01:46Si maintenant on devait s'arrêter de parler en patois, ça va se perdre très rapidement et c'est dommage
01:50parce que ça fait partie de notre culture
01:53et de ce qu'on est nous grâce à nos grands-parents, nos parents.
01:57Donc je pense que c'est important de continuer à le perpétuer et de garder ça qui est propre à
02:02nous.
02:02Mais d'où vient ce francic et pourquoi a-t-il pris autant de place ?
02:07Pour le comprendre, nous avons posé la question à un spécialiste de linguistique française.
02:13On explique bien l'histoire de la langue française si l'on comprend que cette langue s'est constituée dans
02:18le dialogue avec d'autres idiomes,
02:21notamment avec le francic.
02:23Le français est une langue conçue dans le dialogue plurilingue.
02:28On voit bien que le français est distinct de l'italien, de l'espagnol par sa distance avec le latin.
02:36Il a été éloigné par une forte germanisation.
02:40Et cette germanisation, c'est le fait que le français résulte de la prononciation franque de ce gallo-roman
02:48qui avait été quelque peu celtisé, mais qui était parlé par des seigneurs francs avec un accent germanique.
02:56Il faut être fier parce que si nous sommes si heureux de la langue française, c'est grâce à l
03:02'apport divers du francic.
03:05Et par ailleurs, il faut promouvoir le francic car il s'agit non pas d'un patois, le terme est
03:12à prohiber, il est péjoratif.
03:14C'est une langue de France, je me suis permis de lancer ce concept.
03:18C'est une des langues de la France et une des langues les plus importantes parce qu'une langue, ce
03:24n'est pas une muraille.
03:27C'est un pont.
03:28Et le francic, il est parlé de l'autre côté, de la sarre.
03:33C'est une langue européenne, un peu comme le catalan.
03:36Vous voyez, ce sont des langues qui vous permettent d'aller ailleurs, de dialoguer.
03:40C'est-à-dire, nous avons une langue de la République en commun, c'est le français, et puis nous
03:45avons des idiomes qui traversent les frontières, qui sont des idiomes de culture, de travail, d'échange, des ponts, en
03:52quelque sorte.
03:52Le pont sur la sarre.
03:54Et j'aime tant le francic pour ça et donc mirée de plate.
04:03Une langue très utilisée avant les guerres, puis très longtemps taboue en Moselle-Est, entraînant alors une crise identitaire pour
04:11bon nombre de personnes.
04:13J'ai toujours eu beaucoup de mal à expliquer qui j'étais, d'où je venais et quelle était ma
04:18culture.
04:18Donc je me suis dit, le jour où je prendrai ma retraite, je vais m'arranger pour prendre ma revanche
04:24et pour expliquer au monde entier quelle est notre culture.
04:27Et qui nous sommes, nous, les gens du Steinhardt ?
04:39C'est en 1832 que le mot Steinhardt est utilisé à l'écrit pour la première fois.
04:45Une région délimitée par son passé géologique et géographique, de Spichron à médecin, de Tédin à Roulin, avec 107 km²
04:54de superficie.
04:55Une région culturelle et forte d'une belle biodiversité.
04:59Rien d'administratif donc, ce qui explique que le mot Steinhardt s'est perdu peu à peu.
05:05Ça veut dire quoi concrètement Steinhardt ?
05:07Alors c'est une question qui est essentielle.
05:09Steinhardt, alors Stein en allemand c'est la pierre.
05:13Stein c'est la pierre.
05:14Hart en allemand standard d'aujourd'hui ça veut dire dur.
05:18Donc on pourrait croire que le terme de Steinhardt signifie la pierre dure.
05:22En fait il n'en est rien.
05:24En fait Steinhardt c'est Stein la pierre, mais la hart ça vient du celte qui a été germanisé et
05:32qui est une région escarpée et boisée.
05:35Rien de bien étonnant, avec plus de la moitié du territoire dédié à la nature.
05:46Regardez, là, là, ça fait 4-5 ans maintenant que je les ai repérés.
05:56Et là je les laisse venir tous les ans.
05:58Mais je n'y touche rien, je n'y fais rien.
06:01Ils viennent tout seuls.
06:07Comment vous expliquez que c'est arrivé comme ça naturellement ?
06:10C'est le sol ?
06:11C'est le sol.
06:13Je ne m'explique pas autrement.
06:16Tu as le plomb à toi ?
06:17Oui.
06:18C'est sur chaîne ?
06:19Bon appartement.
06:20On a à peu près les mêmes sortes d'orchidées sauvages que ce qu'on a de l'autre côté
06:23de la frontière, dans le Bliskao.
06:25Qui est une région protégée par l'UNESCO et dont les orchidées sauvages sont visitées par des milliers d'Allemands
06:32chaque année.
06:33Donc nous, on est seulement en train de découvrir notre potentiel.
06:36On est seulement en train de se rendre compte qu'on a autant, voire plus de choses que nos voisins
06:40allemands.
06:41Mais le tout, c'est d'abord de les découvrir, après de faire en sorte de les conserver.
06:46Et ce que René fait très bien, dès qu'il a pris conscience de la chose, il a commencé à
06:50protéger sa pelouse,
06:51à ne plus tondre à un, comme dans certaines régions où on tond vraiment pour qu'il n'y ait
06:56plus rien de vivant.
06:58Et sa pelouse, c'est tout simplement quelque chose de vivant, avec des orchidées, avec des lézards, avec des coléoptères
07:05de toutes sortes.
07:06Donc c'est le vivant qui reprend ses droits dans des endroits qui sont protégés,
07:11où il n'y a pas de pesticides, où il n'y a pas d'engrais,
07:14enfin où l'humain ne vient pas dégrader son environnement.
07:20Cette maison-là, vous y resterez le plus longtemps possible,
07:23et après vous souhaitez que les personnes fassent attention aussi à ce jardin et à ces orchidées ?
07:29Ça, ça dépend qui c'est qui va avoir le jardin, la maison.
07:33Ça vous inquiète ?
07:35Euh, un peu.
07:40Orchidées sauvages d'un côté, arbre emblématique de l'autre.
07:45Au Steinhardt, la star des jardins, c'est la couetche.
07:49Ça, c'est des couetches de chez nous.
07:52Oh, là, là, tu vois, c'est des gens.
07:55Hein ?
07:55C'est vrai qu'il y en a pas, on ne sait rien.
07:57Dans le temps, les gens faisaient tous de l'alcool, du schnapps, quoi.
08:01Et le fruit idéal pour l'alcool ici, c'est la couetche.
08:04Parce qu'à la fois, elle pousse très bien sur des terrains de mouches locales, comme le noyé,
08:10et elle permet de faire un bon rendement de couetche, de schnapps, c'est la tradition.
08:16Un fruit peu connu, rapporté en Europe par les croisés,
08:20et qui, comme d'autres essences, a été laissé de côté au profit de fruits plus communs.
08:25Pourtant, avec de l'espace et un bon entretien,
08:29le couetche produit naturellement des rejets pour assurer sa survie.
08:34Et ce, grâce au sol calcaire, dit mouchel calque, caractérisant le steinhardt.
08:50Des sous-sols d'une richesse incroyable,
08:53que Daniel a récolté toute sa vie pour confectionner une partie de sa maison.
08:58Dans ses murs, des traces du Jurassique,
09:01preuve de l'existence d'une mer peu profonde et de 240 millions d'années d'histoire.
09:06Ces pierres ont l'avantage d'être relativement dures,
09:12tout en étant, comment dire, on peut les façonner de telle manière
09:15à ce qu'on puisse faire ses maisons en ayant un mur propre
09:20qu'on n'a pas besoin de protéger par un enduit.
09:25Et ça, ça a été dans le temps supprimé,
09:27parce qu'avec la modernisation, etc., les peintures et tout, on a fini...
09:31Donc elles sont résistantes aux intempéries, etc.
09:34Absolument, c'est absolument une caractéristique, tout à fait claire.
09:37Alors de voir le travail qu'a fait ce particulier avec ces murets,
09:41qu'est-ce que ça représente pour vous ?
09:44Écoutez, pour nous autres, ça représente notre terroir,
09:50notre environnement, notre jeunesse.
09:55Il faut savoir que, gamins, tous nous ramassions des pierres
09:58qui avaient des formes qui nous paraissaient bizarres,
10:01des formes de coquillages, etc.
10:02Et tous, nous avons, dans notre cave ou dans différents endroits,
10:07dans nos maisons, des traces de cette géologie et de ce passé.
10:12Une habitude qu'a gardée Daniel,
10:14lui permettant de construire une tour originale dans son jardin.
10:29D'autres preuves attestent cette fois-ci
10:32de la présence des hommes dans le steinart depuis plus de deux millénaires,
10:37comme les vestiges gallo-romains de Roulin
10:39ou plus récemment, cette maison Lorraine de la fin du XVIIe.
10:44Bienvenue, vous êtes dans la maison des arts et des traditions de Roulin.
10:49Donc, ça, c'est une maison qui date de la fin du XVIIe siècle.
10:52On est sûr qu'elle date de cette époque-là.
10:55Donc, ici, on est rentré, on découvre déjà
10:58que les murs sont en colombage, ce qui est rare par ici.
11:02Un bâtiment qui, comme tant d'autres,
11:04aurait pu disparaître dans l'indifférence,
11:07devenu musée aujourd'hui.
11:09Alors, Patrick, on est dans une des pièces de cette maison
11:12où vous avez fait le moins de choses,
11:14voire rien du tout, l'antre de ce foyer.
11:17Oui, ici, on est dans le cœur de la maison, c'est l'âtre.
11:20C'est là où vivaient les gens.
11:23On est 300 ans en arrière.
11:25C'est là qu'ils vivaient parce qu'il faisait chaud,
11:27ils pouvaient cuisiner.
11:30Et le feu était ouvert dans cette cheminée.
11:34Ça veut dire qu'ici, on a ce qu'il y avait il y a 300 ans.
11:39Voilà.
11:40C'est dans son jus.
11:41Là, on est dans le jus.
11:43Que ce soit cette pièce-là de la maison
11:45ou tout le reste que vous avez un peu plus retapé,
11:49en quoi c'était important pour vous
11:51de préserver ce patrimoine-là au sein du steinart ?
11:56Dès l'origine, en voyant cette maison
11:58qui est rescapée de trois siècles d'histoire,
12:03et surtout suite à la dernière guerre mondiale
12:05où le village a été démoli à 80%,
12:07c'est une des rares maisons qui est restée,
12:10avec quelques dégâts, toiture, mais elle est restée.
12:14Et donc, pour montrer ce que c'était l'habitat
12:18il y a 300 ans, surtout à nos jeunes,
12:20voilà, c'était une maison qui n'a pas été transformée
12:24par le dernier occupant,
12:25qui n'a jamais rien fait dans cette maison.
12:27Donc, rester dans son jus, c'était la maison idéale.
12:30Des pièces reconstituées, des meubles restaurés
12:33et des écriteaux relatant la vie quotidienne à l'époque,
12:37tout cela mis en valeur par les membres de l'association.
12:44Un patrimoine local, sauvé de justesse.
12:47Mais ce qui fait aussi le steinart,
12:50ce sont toutes ces anecdotes
12:52transmises de génération en génération
12:54en lien avec l'histoire du territoire.
12:57J'ai le souvenir de mon père
12:59qui était un peu l'historien local de Roulin
13:01et qui est né donc en 1926
13:02et il me racontait très souvent
13:05que sa grand-mère à lui,
13:08lui racontait que quand elle avait 10-12 ans,
13:12elle glanait avec sa mère à elle.
13:13Donc, vous voyez, on remonte les générations
13:15et il glanait sur les hauteurs de Kadenbrunn,
13:19le lieu dit le Grauberg.
13:21Et soudain, ils ont entendu un grondement à l'horizon
13:25et donc mon arrière-arrière-grand-mère
13:29lui a dit, c'est la guerre, il faut qu'on rentre.
13:33Et c'était la bataille de Spichrön
13:35qui avait débuté.
13:51C'était le champ de bataille de 1870.
13:55Les Allemands, ils voulaient absolument
13:59conquérir les hauteurs de Spichrön
14:01le 6 août 70.
14:03Ils n'ont pas lâché jusqu'à 9 heures du soir
14:06avant que les Français se replient.
14:09Le premier champ de bataille de la guerre de 70,
14:12le 6 août,
14:14il a de nouveau servi comme champ de bataille
14:18en 1945 pour la libération du territoire.
14:23Une guerre franco-prussienne,
14:25se soldant par la défaite française,
14:28scellant un peu plus le sombre destin
14:30de l'Alsace et de la Moselle.
14:32Est-ce que vous pensez que c'est une période
14:33de l'histoire locale qui est encore trop méconnue
14:36malgré tout ce qui est fait par l'association ?
14:39Ou pas du tout ?
14:40Il n'y a pas tellement de gens que ça intéresse.
14:43Vous le trouvez ?
14:44C'est une histoire vraiment locale.
14:48On a tout fait.
14:49On a tout fait avec nos livres.
14:52Mais les derniers livres,
14:55comme celui-là avec le panorama,
14:59ça ne se vend plus tellement.
15:01Il n'y a plus les anciens de Spichren
15:04qui ont connu l'histoire.
15:15Et la croix a été érigée, inaugurée en 1934,
15:22un an avant ma naissance.
15:24D'accord.
15:25Et mon père,
15:26mon père qui travaillait dans une carrière là,
15:29en dessous,
15:30il a assisté au montage de la croix.
15:33elle a été fabriquée par terre,
15:38dans un coffrage,
15:39et elle a été relevée
15:41avec des mâts,
15:44un mâtre à câble,
15:47de chaque côté,
15:48pour la treuiller et pour la redresser.
15:51Parce que là, on a combien de mètres de haut ?
15:53Elle a 14 mètres.
15:55Ah oui.
15:5614 mètres de haut.
15:57Donc il y a un bout de votre histoire familiale
15:58qui est lié...
16:00Évidemment.
16:01C'est l'histoire.
16:02C'est lié à...
16:04C'est lié à tout le village.
16:06Parce que...
16:07Tous les gens du village
16:09connaissaient l'histoire de cette croix.
16:12L'objectif aujourd'hui,
16:13la transmettre
16:14et consolider le devoir de mémoire.
16:17L'essence même du travail de Jean-Claude,
16:20habitant de Boussbar.
16:21Dans les années 90,
16:23il restaure entièrement le calvaire du village
16:25et le déplace même dans son jardin.
16:28Pourquoi vous avez décidé
16:30de déplacer ce calvaire-là dans votre jardin ?
16:34Parce que, vous l'aviez dit tout à l'heure,
16:37ce n'était pas ici, à la base.
16:39Non, il se trouvait dans le champ à face,
16:41à côté de ma maison, de mon champ.
16:43Et le propriétaire de ce nouveau champ
16:46m'a dit un jour,
16:48Jean-Claude, moi,
16:49cette croix-là, ça ne m'intéresse pas,
16:51je vais l'abattre, je vais la démolir.
16:53Et c'est là que je dis, non,
16:55tu ne peux pas toucher à ce truc-là.
16:57Ça fait partie du patrimoine du village.
17:00Ça a une histoire, cette croix.
17:02Et il faut qu'on la préserve.
17:04Je dis, non, non, je vais voir le maire.
17:07Et c'est là que je suis allé voir le maire
17:09qui m'a dit, écoute, Jean-Claude, on va voir.
17:12Et je suis allé voir le maire et il m'a dit,
17:13bon, on est d'accord à déplacer le calvaire,
17:16de le mettre chez toi,
17:18à condition que tu ne cèdes une partie de ton terrain.
17:20Je dis, pas de problème.
17:21L'essentiel, c'est que la croix soit sauvée.
17:34J'en suis fier parce que ce n'est pas
17:38une simple croix qui n'a pas d'histoire,
17:42qui a été mise là par dévotion ou des choses comme ça.
17:45C'est quelque chose qui a une histoire,
17:47une grande histoire.
17:49Parce que ce Peta Metzinga,
17:51Pierre Metzinger,
17:52il a fait édifier cette croix
17:56en reconnaissance
17:57pour avoir eu la vie sauve
18:00pendant la guerre,
18:02en Italie, la bataille de Solferino
18:04en 1895.
18:07Ce garçon de Boussbac
18:09était dans l'armée de Napoléon
18:11dans une grande bataille à Solferino.
18:14On peut le retrouver dans l'histoire.
18:17Et au moment où il se battait au sabre,
18:20il était lui à pied,
18:23et deux cavaliers s'avancent vers lui
18:25avec le sabre prêt à lui trancher la tête.
18:29Et c'est là que Pierre Metzinger a eu un réflexe.
18:32Il a baissé sa tête
18:35et le sabre a ricoché sur son menton
18:39et lui a coupé le menton et toute la barbe
18:43et il s'est laissé tomber.
18:46Alors il s'est laissé tomber,
18:48il baignait dans son sang,
18:49il n'a plus bougé.
18:51Et c'est là qu'il a entendu l'un des deux dire
18:55« Je lui en donne encore un coup. »
18:59Et l'autre lui répond
19:00« Non, laisse-le, il a son compte. »
19:05Heureusement que ce Pierre Metzinger
19:08comprenait l'allemand
19:09parce qu'il était né ici.
19:11Il connaissait parfaitement le plat
19:15et il comprenait ce que disait l'allemand
19:17et c'est ça qui lui a donné la mission.
19:18C'est incroyable ce bout d'histoire ici sur le terrain.
19:21C'est incroyable et c'est ici, là, chez moi.
19:24Et vous vous surprenez encore à être…
19:26Oui, j'en ai la chair de poule.
19:28J'en ai la chair de poule
19:29parce que c'est dingue ce truc.
19:32Il a eu la vie sauve
19:33parce qu'il parlait le plat,
19:34parce qu'il comprenait le plat,
19:35parce qu'il comprenait l'allemand.
19:44Une centaine de calvaires
19:45a déjà été recensé dans le Steinhardt
19:48par les membres de l'association du même nom.
19:51Finalement, la force de ce territoire,
19:54c'est sa population dynamique,
19:56issue de migration
19:57et fière de préserver un pan de l'histoire mozélane.
20:05Des traditions encrées chez les anciens
20:07à remettre au goût du jour
20:09pour que la jeunesse s'en empare.
20:11Quoi de mieux que la fête du village
20:13pour créer du lien
20:14et éveiller les esprits.
20:16On est très fiers et contents
20:17d'être mozélans,
20:18lorrains, bien sûr,
20:19mais on est un peu
20:21palbagué à droite, à gauche
20:22pour les Indes.
20:23On n'est ni alsacien,
20:24ni lorrain,
20:26ni...
20:27Donc voilà,
20:27après, on le vit très bien.
20:29On n'est pas...
20:30Mais c'est vrai que c'est un peu dommage
20:31parce qu'on a vraiment
20:32de belles choses à faire valoir
20:34dans notre région.
20:35On est vert,
20:37on a une belle densité de forêt,
20:39on a des super paysages.
20:41Donc j'invite tout le monde
20:43à venir découvrir
20:44la région du Steinhoft.
21:04Sortir du mépris,
21:05de la honte de l'accent
21:06et de l'histoire compliquée
21:07du territoire
21:08pour en faire à nouveau
21:10une force
21:11aux enjeux modernes.
21:12Mon plus grand rêve,
21:14c'est qu'on soit considéré
21:16comme, disons,
21:18que d'autres régions...
21:19Là, je déborde un peu
21:20du Steinhoft
21:21parce que là,
21:21ça va un peu au-delà.
21:22C'est que la partie
21:24de la Moselle germanophone
21:26soit reconnue
21:27à ce juste intérêt
21:29et puisse être
21:31le...
21:31Comment dire ?
21:33La véritable liaison
21:34entre l'Allemagne
21:35et la France.
21:36Parce que les Alsaciens,
21:38ils ont un problème,
21:39ils ont le Rhin.
21:40Si vous voulez traverser
21:41le Rhin à la nage,
21:42je vous souhaite
21:43bon courage.
21:44Nous, on est directement
21:45branchés sur l'Allemagne.
21:46Donc, toute la partie
21:47germanophone
21:48de la Moselle
21:49pourrait être
21:50le véritable lien
21:51entre l'Allemagne
21:52et la France
21:53si on nous considérait
21:54comme tels.
21:56Si les gens
21:57qui ne nous connaissent pas
22:01peuvent comprendre
22:02notre histoire
22:03et peuvent s'en servir
22:04pour créer
22:05une véritable Europe.
22:07Pas une Europe
22:07de gens qui parlent
22:08l'un côté de l'autre,
22:09mais des gens
22:09qui parlent
22:10le même langage.
22:32On a vu plein de gens différents
22:33qui marchent un peu
22:35dans les traces
22:36de ce que vous souhaitez.
22:37qu'est-ce que vous aimeriez leur dire ?
22:39Qu'est-ce que ça vous fait
22:39de voir autant de personnes
22:40qui prend à cœur
22:43ce projet-là
22:44de remettre au goût du jour
22:45le Steinart ?
22:46Ça me plaît vraiment beaucoup
22:48de me rendre compte
22:49que même des gamins
22:51qui sont censés
22:52ne pas être
22:54dans cette course-là
22:55s'y intéressent
22:56et se trouvent
22:58dans la position
22:59de vouloir
23:00en savoir plus.
23:01Si, par notre action,
23:03on a réussi
23:03à éveiller
23:04le goût des gens
23:06pour connaître
23:07leur culture,
23:08leurs ancêtres,
23:10leur histoire,
23:11je pense qu'on aura réussi
23:12notre pari.
23:12Et ça,
23:13ça vaut de l'or
23:14parce que
23:14quand on sait
23:15d'où on vient,
23:16on sait où on peut aller.
23:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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