Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 semaines
Ce mercredi 26 août, l'attente des patrons vis-à-vis des politiques à l'occasion de la Rencontre des Entrepreneurs de France, a été décryptée par Hedwige Chevrillon et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:008h44 sur BFM Business AMC Live, canal 25, c'est d'heure donc du débat, Emmanuel Lechypre, Edwige Chevrillon.
00:06La REF s'ouvre ce matin à Roland-Garros, placée cette année sous le signe du courage.
00:10À quelques mois de la présidentielle, tous les politiques vont défiler, débattre ensemble demain.
00:15Opération séduction donc, et les sujets sont nombreux.
00:17Après cette étude du MEDEF montrant la crise de confiance, le sentiment de ne pas être entendu, les problèmes de
00:22fiscalité.
00:23Alors Edwige Chevrillon, les politiques sont-ils écoutés et surtout entendus ?
00:28Oui, enfin, la question qu'on peut se poser c'est, est-ce que les politiques font toujours rêver les
00:33patrons ?
00:34A priori on dirait non quand on les écoute sur tous les plateaux, quand on regarde les sondages.
00:38Mais en fait j'ai envie de dire oui.
00:40Regardez, on prend l'exemple de la REF qui s'ouvre.
00:42Elle va se clôturer demain par ce fameux débat avec tous les candidats, enfin une grande partie des candidats à
00:48l'élection présidentielle.
00:50C'est la seule chose dont on parle.
00:51On aurait pu imaginer pour que ce rendez-vous des entrepreneurs de France,
00:55on aurait pu parler, je ne sais pas, d'avoir des grands patrons, avoir des débats, des propositions très fortes.
01:01Voilà ce qu'on veut, voilà comment on va réindustrialiser la France.
01:04Non, on ne parle que de quoi ? De ce débat des politiques.
01:07Parce qu'en fait il y a une sorte de relation incesteuse entre les patrons et les politiques.
01:13Alors il faut dire qu'il y a le fameux dossier des aides aux entreprises.
01:17Que ce soit 200 milliards selon le rapport du Sénat, 187 milliards selon le Haut-Commissariat Clément Beaune,
01:25ou 100 milliards pour d'autres.
01:27Bref, un montant très considérable qui montre qu'en fait elles sont sous perfusion.
01:32Alors après elles vous disent mais on ne peut pas s'en passer.
01:35Oui, ok, mais il faudrait quand même à un moment qu'on essaye de couper ce lien,
01:41ce cordon ombilical qui existe entre l'État français et les entreprises.
01:46À un moment, au moment où il y avait justement ce débat autour des aides aux entreprises,
01:51le MEDEF a dit, écoutez, ok, on est d'accord au grand renoncement.
01:55En échange de quoi ? Vous baissez les impôts, les cotisations sociales, etc.
01:59qui sont énormes, on est bien d'accord.
02:01Et puis depuis, rien n'a été fait.
02:03On aurait pu imaginer que ce soit un thème demain à l'occasion de cette rêve.
02:07Mais pas du tout.
02:08Alors, bon, la décharge des entreprises, c'est que dans un pays totalement suradministré,
02:12que vous allez dépendre de tout, que ce soit pour la recherche, les crédits de recherche,
02:17pour l'apprentissage, pour tout, elles dépendent de l'État.
02:20Donc en fait, oui, ça fait toujours rêver les politiques,
02:24même s'ils sont 82% à estimer que le président de la République,
02:28le futur président de la République ne fera rien.
02:30Ils sont très pessimistes effectivement, ça c'est la dernière étude.
02:32Donc Emmanuel, il faut rêver les politiques ?
02:33Il faut que les patrons arrêtent de jouer les midinettes en espérant se faire séduire par un homme politique.
02:38Ce n'est pas du tout le but.
02:39Le but, c'est qu'ils doivent, au contraire, imposer au patron un rapport de force
02:45qui va permettre finalement de mener des politiques qui vont dans leur sens.
02:49Moi, je trouve que le MEDEF, il n'est pas assez incisif.
02:51Il n'est pas assez...
02:52Quand on dit c'est le courage qui est le maître mot de cette rêve,
02:56il faut que le MEDEF...
02:57Ça pourrait être courage fuyant les politiques.
02:59Bah oui, et puis le MEDEF, il doit se l'appliquer d'abord à lui-même, ce courage.
03:03Sur ce ou le chaos, c'est ce qu'il dit ce matin Patrick Martin à la Une du Parisien.
03:06Oui, mais ce qui est quand même frappant, c'est que quand vous regardez finalement cette enquête
03:10qu'on nous présente comme étant une enquête d'une ampleur sans précédent,
03:13les réponses des dirigeants, vous auriez pu les faire sans faire cette enquête massive
03:17puisqu'on vous dit qu'ils veulent moins de fiscalité et moins de charges,
03:20qu'ils veulent réindustrialiser la France, qu'ils veulent des normes et des procédures administratives plus simples,
03:24qu'ils veulent stabiliser les règles sociales, etc.
03:27Quand vous reprenez le carte sur table, qui est le fameux rapport que sort le MEDEF de 2017,
03:32il y a 10 ans, c'était exactement les mêmes revendications.
03:35Et pourtant, on ne peut pas dire que depuis, même depuis la deuxième moitié du mandat de François Hollande
03:40et sous Emmanuel Macron, il n'y a pas des choses qui ont été faites en faveur des entreprises.
03:46Donc on a l'impression que finalement, ils réclament toujours les mêmes choses, les patrons,
03:50alors qu'en fait, ils ont quand même obtenu beaucoup et que beaucoup a été fait.
03:54Alors oui, il y a encore des gros boulets qui pèsent autour de leurs pieds,
03:59et je pense notamment aux impôts de production, donc ça c'est un thème dont il va falloir qu'ils
04:02ne s'en parlent.
04:02Il y a la suradministration.
04:03Et puis je pense surtout qu'il va falloir, oui mais ça ce n'est pas leur boulot,
04:06ce n'est pas leur boulot, il ne faut pas qu'ils se mêlent des affaires de l'État.
04:08Moi je pense qu'il faut qu'ils défendent leurs intérêts, qu'il faut qu'ils fassent comprendre,
04:11ils ont une chance incroyable, c'est que les Français considèrent que les plus crédibles
04:15pour redresser la situation économique du pays, c'est les entreprises.
04:18Eh bien qu'ils s'en servent, qu'ils fassent de la pédagogie.
04:21C'est vrai qu'on s'est arrêté un peu à la moitié du chemin sur la baisse des impôts,
04:23la CVS, la C3S.
04:25Alors là-dessus, effectivement, donc ça pour moi c'est le sujet principal.
04:28Honnêtement sur le coût du travail, oui il y a encore des écarts.
04:31Oui mais on voit bien qu'ils ne peuvent pas, ils s'adressent toujours au gouvernement,
04:35ils s'adressent toujours aux ministres, ils s'adressent toujours aux politiciens.
04:39Oui mais Edwige, peser dans la campagne,
04:40ce n'est pas juste auditionner les candidats à la présidentielle
04:44pour leur exprimer les désirs d'État.
04:46Moi je pense qu'il faut qu'il y ait des gros efforts, il faut qu'il y ait un
04:48rapport de force.
04:49Si vous ne faites pas ça, on n'investit plus.
04:51Moi ce que j'attends du Medef, c'est qu'ils nous disent,
04:54cette année par exemple, on n'a pas créé, on n'a pas investi tant de milliards,
04:58on n'a pas créé tant de dizaines de milliers d'emplois,
05:00qu'ils aient un impact sur la vie économique.
05:03Il n'y va pas assez fort Patrick Martin, Edwige Chevriand ?
05:05Non, moi je pense qu'il faut qu'effectivement il a un rapport de force,
05:08là-dessus je suis d'accord avec Emma Deluchy.
05:09Ce qu'il y a c'est que, en fait, les entreprises,
05:12même au moment du Covid, c'était frappant,
05:14on voyait les entreprises, elles dépendaient complètement de l'État.
05:17Il y a un moment, à la sortie du Covid,
05:19j'ai posé la question à un chef d'entreprise,
05:22je lui disais mais profitez-en,
05:23et le gouvernement on ne sait plus où il est, tout le monde est perdu,
05:25allez-y, négociez directement avec les syndicats,
05:29essayez de faire avancer.
05:31Ah mais non, on attend le ministre.
05:32J'avais envie de dire, pourquoi vous attendez le ministre ?
05:34Donc il y a toujours cette logique-là,
05:37et ils ont du mal quand même à en sortir.
05:39Il faut dire quand même que le poids de l'État en France est tel,
05:43vous prenez la commande publique.
05:44La commande publique, c'est à peu près 20%.
05:46C'est très important pour les petites entreprises.
05:50C'est là la différence entre les grandes entreprises,
05:52qui elles peuvent dire, faire un petit bras d'honneur.
05:55Et certains ne manquent pas de le faire,
05:56quand on voit les grands patrons,
05:57que ce soit Bernard Arnault ou Patrick Pouillanet.
05:59Mais vous croyez que les entreprises,
06:00elles attendent beaucoup de l'État aujourd'hui ?
06:02Elles attendent presque tout de l'État.
06:05Mais c'est ça qu'il faudrait essayer d'avoir,
06:08de faire une force d'opposition.
06:10Ils n'arrivent pas à faire cette force d'opposition.
06:12– Écoutez, merci à tous les deux.
06:15Emmanuel Lechypre et Edwige Chevrillon pour ce débat
06:19consacré à l'AREF et aux politiques et aux patrons
06:21qui vont se retrouver dès demain.
06:24Pour ce grand débat, il y aura au moins sept candidats
06:26à l'élection présidentielle déclarés
06:28qui seront sur le…
06:30– Et puis il faudra leur donner les volets
06:32tout au long de l'année.
06:33– Voilà, exactement.
06:34– Faire des propositions,
06:35suivre l'évolution des propositions des candidats,
06:39montrer leurs effets, les faces et tout.
06:41– Et ne pas oublier que la production de richesses,
06:42c'est que les patrons qui le font.
06:43Enfin, c'est que, pas les patrons, c'est les salariés aussi.
06:45Mais c'est les entreprises.
06:47Donc tout dépend des entreprises.
06:48– Voilà, merci à tous les deux en tout cas.
06:50– Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations