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Thierry Breton, ancien ministre de l'Économie, était l'invité de BFMTV ce mardi 25 août.

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00:00Sujet brûlant d'actualité, Thierry Breton, la dette, évidemment, imaginons.
00:04Je ne sais pas si c'était un scénario de science-fiction, parce que le duel entre Jean-Luc Mélenchon
00:09et Marine Le Pen est possible,
00:11et il se pourrait que Jean-Luc Mélenchon soit élu président de la République en avril prochain.
00:16Imaginons s'il est président, qu'il décide effectivement d'annuler 18% de la dette, la part détenue par
00:21la Banque de France.
00:22Est-ce que vous pouvez nous dire, très concrètement, ce qui pourrait se passer ?
00:27– Votre référence, c'est probablement un petit article que j'ai écrit ce matin dans le journal Les Echos,
00:33sur cette question,
00:34où effectivement c'est une uchronie.
00:36Je me suis dit que la meilleure façon d'expliquer, parce qu'on est dans une phase où il faut
00:40expliquer à nos compatriotes
00:42la situation absolument difficile, très difficile, existentielle, disent certains,
00:48et je ne suis pas loin de les rejoindre, dans laquelle se trouve la France aujourd'hui.
00:52La meilleure façon de l'expliquer, c'est de dire, bon, il y a des élections, il y a une
00:56campagne,
00:58imaginons, alors bon, je pense que ce sera très difficile pour M. Mélenchon, si on en croit les sondages,
01:02mais enfin, on est au début de la campagne.
01:04– Imaginons qu'il est élu président de la République.
01:05– Il est élu président de la République.
01:06– 18% de la dette.
01:06– Et que donc, il va suivre les recommandations de ses conseillers, pour dire, bon ben moi voilà,
01:12alors j'annule, alors il avait commencé par dire, j'annule toute la dette.
01:15Bon, il a mis un tout petit peu d'eau dans son vin.
01:17Bon, une fois, je ne jette pas la pierre à quiconque.
01:19On est dans un moment où on peut tout se dire, et il faut tout se dire.
01:23– Dites-le nous, qu'est-ce que cela donnerait ?
01:24– Et donc, il nous dit après, bon finalement non, parce que je rappelle à nos téléspectateurs
01:28que la France, qui a quand même 3550 milliards de dettes,
01:3456% de cette dette, elle est détenue par des créanciers étrangers.
01:38– Donc ça, on ne peut pas y toucher.
01:38– Et là, on pourrait poser la question de la dépendance, mais on va y venir.
01:41– La dépendance, en tout cas, c'est comme ça, on est mis sur les marchés.
01:43Oui, mais vous avez parfaitement raison, c'est une très bonne remarque, je suis tout à fait d'accord.
01:47Alors là-dessus, il se trouve que, par le hasard de ce qui s'est passé,
01:51il y a eu deux moments, c'est-à-dire lorsqu'on a dû lutter contre l'inflation d'une
01:54part
01:54et lorsqu'on a dû lutter contre le Covid, où la Banque Centrale, donc, à ce moment-là,
01:59émise la dette et que les banques centrales, qui constituent, donc, encore une fois,
02:02les gouverneurs, donc, la structure qui gère, encore une fois, la BCE,
02:06donc, ont toutes pris une partie de ces dettes qui ont été constituées à ce moment-là.
02:11La Banque de France, dont je rappelle que ce n'est pas la France,
02:14la Banque de France, c'est une partie, encore une fois, du système monétaire
02:17qui gère désormais notre monnaie unique, c'est-à-dire celle de 347 millions d'Européens.
02:23La Banque de France, donc, a hérité, abrite, si on veut,
02:27alors, non pas 600 milliards, comme je le dis là, mais c'est 550 milliards, mais ce n'est pas
02:30grave.
02:31Donc, de ce qui reste, oui, mais enfin, ça baisse.
02:33Et c'est pour ça que c'est là où je voulais en venir.
02:34Et donc, il dit, bon, puisque c'est la Banque de France, et dans la Banque de France, il y
02:38a France,
02:39donc, si jamais je suis président de la République, j'interviens sur tout ce qui est France,
02:42et donc, j'annule.
02:44Pourquoi pas ? Sauf que, et c'est là où il faut dire les choses,
02:47mais pourquoi pas, encore une fois, c'est une proposition, on est dans les propositions.
02:50Donc, si jamais il veut le faire, d'abord, il y a des règles,
02:53des règles qui sont consubstantuelles au fait que nous avons désormais une monnaie unique,
02:57notamment...
02:57Les règles européennes.
02:58Alors, ce n'est pas des règles européennes, c'est nos règles à nous.
03:00L'Europe, c'est nous, Madame Mabrouk.
03:02Donc, je sais qu'on aime bien différencier l'Europe, c'est nous.
03:05Donc, c'est nous tous, et en particulier la France.
03:07Donc, ces règles, on les a faites ensemble.
03:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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