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  • il y a 4 semaines
Nous commençons cette semaine par un focus sur la gestion de l'eau à Lisbonne. Puis reportage sur la fonte des glaciers qui fait bouger la frontière entre Suisse et Italie. Deux belles découvertes pour terminer : nous suivrons la chef étoilée Ghislaine Arabian à Tanger et partirons à la récolte du jasmin de Grasse, un trésor pour les parfumeurs. Année de Production :

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00:00...
00:06Nous commençons cette semaine par un focus sur la gestion de l'eau à Lisbonne,
00:10puis reportage sur la fonte des glaciers qui fait bouger la frontière entre Suisse et Italie.
00:16Deux belles découvertes pour terminer, nous suivrons la chef étoilée Guylaine Arabian à Tanger
00:20et partirons récolter le jasmin de grâce, un trésor pour les parfumeurs.
00:49Lisbonne et la gestion des eaux, c'est toute une histoire.
00:52Au XVIIIe siècle, cet aqueduc est construit.
00:55Il va permettre le développement de la cité, jusque-là confronté à des pénuries d'eau importantes.
01:02Aujourd'hui, avec le réchauffement climatique, l'eau est aussi synonyme de catastrophe avec des inondations dramatiques.
01:11Actuellement, un vaste chantier est en cours pour contenir les effets de ces épisodes de pluie.
01:28Depuis plus de sept siècles, la vie s'écoule ici dans le quartier d'Alphamin,
01:33au son de la fontaine dite « de l'intérieur ».
01:39C'est le berceau de Lisbonne, une vie rendue possible par une nappe phréatique et son captage dès le XIIIe
01:47siècle.
01:50Les fontaines étaient un point de rencontre.
01:54Elles étaient la vie ici à Alfama, sur cette colline, la colline du château,
02:00où la vie à Lisbonne a commencé.
02:04C'est ici que Lisbonne est née, car il y avait de l'eau,
02:08et donc il y avait toujours des familles près des points d'eau.
02:11C'est là que les enfants jouaient.
02:19Au pied de la colline d'Alphama, sous le château Saint-Georges, surplombant le tâge,
02:26se trouve aussi la fontaine du roi, qui n'est plus alimentée aujourd'hui.
02:34Elle possédait six becs, chacun étant dédié à une catégorie de population,
02:39en fonction des classes sociales.
02:41C'était l'un des principaux points d'eau de la ville.
02:45Au XVIIIe siècle, la partie occidentale de Lisbonne va se développer,
02:49grâce à l'arrivée de l'eau et l'implantation d'une trentaine de fontaines,
02:53comme celle du râteau.
02:56C'est l'aqueduc des eaux libres qui va alimenter Lisbonne jusqu'en 1974.
03:0265 mètres de hauteur au-dessus du val d'Alcantara,
03:05c'est aujourd'hui la pièce maîtresse du musée de l'eau.
03:11L'aqueduc a été construit pour tenter de résoudre le problème de pénurie d'eau.
03:15La ville était en pleine expansion, la population augmentée.
03:18Effectivement, le roi Don Juan V, à l'époque où il était au pouvoir,
03:22a finalement compris le problème.
03:24Ce n'était pas seulement un problème du XVIIIe siècle, c'était plus ancien.
03:27Mais à ce moment-là, c'était grave.
03:29Ils ont compris qu'il fallait de l'eau à Lisbonne.
03:31Ils ont donc profité des sources existantes.
03:34Il y avait de nombreuses sources.
03:35L'aqueduc était alimenté par 77 sources.
03:40L'eau circulait dans des rigoles latérales,
03:43de part et d'autre du cheminement destiné à l'entretien.
03:46Des canalisations couvertes pour protéger la précieuse ressource
03:51des impuretés et de l'évaporation.
03:56Avant la construction de l'aqueduc,
03:58une famille avait accès à 6 litres d'eau.
04:01Après la construction de l'aqueduc,
04:03dans un premier temps, c'était 7 litres et demi.
04:06Et à la fin, 14 litres par personne.
04:08Donc, on voit déjà une grande différence.
04:12Actuellement, à Lisbonne,
04:13à Lisbonne et en Europe en moyenne,
04:17le consommateur utilise 136 litres par personne.
04:20C'est un bien précieux et rare.
04:2655 kilomètres de galerie pour acheminer l'eau depuis Sintra.
04:31Sous la dictature, les hommes de la police politique
04:33les utilisaient pour se déplacer discrètement.
04:37Aériens ou souterrains, avec des architectures variées,
04:41les tunnels pénètrent jusqu'au cœur de la ville.
04:44Jusqu'à la pièce maîtresse du dispositif,
04:48le réservoir principal de Maïda Zagos,
04:53la mer des eaux.
04:56Un bassin de 7,50 mètres de profondeur,
04:59d'une capacité de 5 500 mètres cubes,
05:03dessiné par l'architecte militaire hongrois,
05:06Carlos Mardel.
05:12Ce n'est pas un réservoir typique.
05:14C'est un réservoir dont l'architecture ressemble presque
05:17à celle d'une église ou d'un temple.
05:19Au fond, c'est aussi pour mettre l'eau en valeur.
05:22C'est un temple de l'eau,
05:23en ajoutant à ce système fonctionnel
05:25une composante esthétique très forte.
05:27Ça fait partie de l'époque.
05:29Ça fait partie du règne de Don Juan V.
05:31Il aimait rendre ses œuvres emblématiques.
05:35Depuis le réservoir, à partir de 1867,
05:38l'eau arrivait directement dans les maisons.
05:41L'une des portes de l'aqueduc s'ouvre
05:43sur la terrasse de San Pedro de Alcantara
05:45et sa vue sur la partie orientale de la ville
05:48où Lisbonne s'est développée
05:50autour de ses premières fontaines.
05:52Si l'eau permet la vie,
05:56elle peut aussi apporter le chaos.
05:59Très régulièrement,
06:01la basse-ville de Lisbonne est submergée,
06:03comme ici, en 2022.
06:06115 inondations en 150 ans.
06:10Et comme pour amener l'eau au XVIIIe siècle,
06:13on creuse un tunnel pour s'en débarrasser.
06:15Cet engin grignote les collines de Lisbonne.
06:17Au point mort depuis une vingtaine d'années,
06:19le plan de drainage de la capitale
06:21est enfin en cours d'exécution.
06:23Un chantier monumental,
06:25l'un des plus importants en Europe.
06:266 km de tunnel pour évacuer l'eau des intempéries
06:30vers le fleuve.
06:31700 ouvriers sur relais 24h sur 24,
06:34livraison prévue en 2026.
06:39Philippe Arosetta est la conseillère municipale
06:42chargée du dossier.
06:44Dans la ville aux Sept-Collines,
06:45dont la morphologie favorise les inondations,
06:48la municipalité a privilégié une approche globale.
06:56Ce que la ville essaie de faire,
06:59c'est de prévenir les inondations dans la zone basse.
07:01C'est une situation qui va résoudre
07:04les pics les plus accentuées.
07:05Mais la ville construit également
07:07de nombreux bassins de rétention,
07:09qui sont des zones d'espace vert
07:10qui vont retenir l'eau dans toute la ville,
07:13pour empêcher que l'eau atteigne les égouts
07:15et le système de drainage.
07:17C'est une partie très importante que nous développons.
07:20Nous y consacrons beaucoup, beaucoup d'attention.
07:25Stockées, mais aussi recyclées,
07:27y compris les eaux usées
07:29pour leur donner une deuxième vie.
07:30C'est dans la station d'épuration de Bayrolas
07:33qui traite les rejets de 213 000 habitants
07:35que se déroule une opération pilote.
07:38Ici, des traitements supplémentaires
07:41permettent d'obtenir Agua Maïs,
07:44eau plus,
07:46une eau dépolluée,
07:47utilisable pour l'irrigation, la voirie ou l'industrie,
07:50comme le prévoit la réglementation européenne.
07:58Cette eau est à la fin du processus de traitement.
08:01C'est une eau de classe A
08:03et elle est prête à être utilisée.
08:05Sur les 54 000 m3 traités chaque jour ici,
08:094 500 sont réutilisés,
08:11la plupart pour l'arrosage des parcs voisins de l'usine.
08:16Le Portugal recycle 2,7 % de ses eaux usées.
08:20C'est encore très loin des 8 % de l'Italie
08:23ou des 14 % de l'Espagne.
08:24Mais ce ne sont que les balbutiements.
08:30Nous avons commencé ce processus relativement récemment au Portugal
08:33et l'objectif est qu'il augmente de manière exponentielle.
08:37Il n'est pas nécessaire d'arroser les jardins avec de l'eau potable.
08:40Il n'est pas nécessaire de laver les rues avec de l'eau potable.
08:42Le chemin que nous empruntons
08:44est d'augmenter la capacité de production
08:46et aussi la capacité d'utilisation.
08:48Pour cela, il est très important que les agents économiques,
08:51les acteurs de l'agriculture et les municipalités
08:54s'inscrivent dans cette logique,
08:55ce qu'ils commencent à faire progressivement
08:57pour pouvoir utiliser cette eau
08:58qui a une seconde vie après que nous l'avons bu.
09:02Et dans les années qui arrivent,
09:04ce ne sera certainement pas du luxe.
09:07Car au Portugal comme ailleurs,
09:09les sécheresses sont et seront de plus en plus fréquentes.
09:13Habituelles au sud,
09:14elles touchent désormais tout le pays,
09:16y compris Lisbonne.
09:18Les inondations, elles aussi, seront plus nombreuses.
09:21Selon ce climatologue de l'Université de Lisbonne,
09:23les deux phénomènes sont étroitement liés.
09:31Si les pluies apparaissent après une période sèche
09:34et se produisent avec grande intensité,
09:37le sol est sans protection,
09:38avec peu de végétation.
09:40Les particules du sol sont plus désagrégées
09:42et il y a tendance à plus d'érosion
09:44et à ce que les matériaux soient transportés
09:46vers le lit des cours d'eau.
09:50Il y a clairement une relation entre les sécheresses
09:53et les inondations,
09:54l'une à cause du manque d'eau
09:56et l'autre à cause de l'excès d'eau.
09:58Mais elles se produisent dans des contextes
10:00qui peuvent être liés au changement climatique.
10:05Le plan de drainage de Lisbonne
10:07est dimensionné pour des crues centenales,
10:09mais la ville n'est pas à l'abri
10:10de précipitations plus importantes.
10:12Mais Lisbonne et l'eau,
10:14c'est aussi une histoire de résilience.
10:16L'aqueduc des eaux libres a été l'un des rares ouvrages
10:19à survivre au terrible tremblement de terre de 1755.
10:32Entre l'Italie et la Suisse,
10:33le réchauffement climatique
10:35a aussi des conséquences surprenantes.
10:37Avec la fonte des glaces,
10:39difficile de savoir où se trouve la frontière
10:41entre les deux pays.
10:42Elle évolue rapidement de quelques mètres.
10:46Et tout là-haut, dans les Alpes,
10:48au petit Servin,
10:49le chalet d'altitude vit au rythme d'interrogation.
10:57Avec le temps,
10:58ce glacier posé entre la Suisse et l'Italie
11:01a perdu de sa superbe.
11:04Son manteau blanc est grignoté
11:05par le gris de la roche.
11:08Au grand dame,
11:09des adeptes du ski d'été.
11:11Peu de neige l'hiver,
11:13des étés très chauds,
11:14le réchauffement climatique.
11:15Alain Vichte assiste depuis 40 ans
11:18à la fonte de ce géant
11:20qui trône à plus de 3300 mètres.
11:24« C'est sûr que ça fait mal au cœur de voir ça.
11:26Si on regarde le petit Servin en haut,
11:28on voit en dessous, au centre, deux roches.
11:31Et sur la roche de gauche,
11:32qui aujourd'hui, vraiment,
11:34on ne voit plus que la roche qui apparaît,
11:35dans le temps, il y avait du glacier,
11:37il y a également de la neige
11:38sur laquelle on pouvait descendre à ski. »
11:40Alain Vichte n'est pas un simple observateur.
11:43Employé par l'Office fédéral de topographie,
11:46il est responsable de la frontière nationale suisse.
11:49Armé de son GPS,
11:50il vérifie que rien n'a bougé.
11:53« Avec 17 satellites,
11:55ça va être parfait.
11:56On aura une bonne précision
11:59qui va être en dessous du centimètre. »
12:02Rien n'a signalé sur cette borne,
12:04posée sur de la roche.
12:06Mais la situation a bien changé
12:08devant ce refuge italien.
12:10« En fait, l'ancienne frontière passait par ici
12:12parce que dans le temps,
12:14le glacier était à peu près 3 mètres plus haut que moi.
12:16On devait, de ce point ici,
12:19descendre pour entrer au restaurant.
12:21Donc on voit bien le retrait de la glace
12:23et par rapport à ça,
12:24la frontière qui s'est déplacée. »
12:27Et en reculant,
12:27le glacier a fait bouger la ligne de partage des eaux
12:30qui traditionnellement définit la frontière.
12:32Si l'eau s'écoule vers le nord,
12:34le territoire est suisse.
12:35Si c'est vers le sud,
12:37il est italien.
12:39Démonstration dans les locaux
12:40de l'Office fédéral de topographie à Berne.
12:42« En jaune, on a l'ancienne ligne de partage des eaux 2015.
12:46En rouge, on a la ligne de partage des eaux en 2022. »
12:50« Sur la roche,
12:52c'est très stable même,
12:54tandis que dans le temps,
12:55on avait un piton glacier
12:58qui a fondu,
12:59d'où le déplacement de la ligne de séparation des eaux. »
13:02Le refuge-restaurant se trouve désormais
13:04à mi-chemin entre la Suisse et l'Italie.
13:07Située dans l'une des plus grandes stations de ski au monde,
13:10la bâtisse, devenue un enjeu économique,
13:12fait l'objet d'intenses tractations entre les deux pays.
13:15Mais doit-elle pour autant changer de nationalité ?
13:18Les clients ne sont pas tous d'accord.
13:22« Je crois au niveau honnêtement de nourriture
13:26et des prix aussi.
13:28C'est mieux si c'est italien. »
13:30« La différence entre l'Italie et la Suisse,
13:31la nourriture en Italie est bien meilleure,
13:33l'organisation un peu meilleure en Suisse.
13:35Alors, si ça pouvait être l'entre-deux,
13:39ça serait parfait. »
13:42Une situation qui n'amuse pas employé et gérant des lieux.
13:45Ces négociations ont retardé les travaux de rénovation
13:48de ce vieux refuge construit en 1975.
13:53« C'est une histoire sans fin,
13:54car ce n'est pas facile de travailler ici.
13:58Il y a des problèmes,
13:59car même si nous sommes sur un glacier,
14:03nous devons chercher l'eau en contrebas.
14:06Ce sera plus facile de travailler
14:08dans un nouveau refuge, plus moderne. »
14:12Le glacier ayant partiellement disparu,
14:14difficile de déterminer une frontière naturelle.
14:16D'autant que les nombreux chantiers
14:18d'aménagement du domaine ont rendu
14:20le terrain illisible.
14:21Un développement économique qui donne
14:23à la délimitation de cette frontière
14:25plus d'importance encore.
14:28« Il y a une entrée d'argent,
14:30donc il y a des impôts qui sont pris là-dessus.
14:32Et c'est toutes des choses qui doivent être déterminées
14:34par rapport au pays,
14:35de savoir de quel côté il paye ses impôts.
14:38Par rapport au personnel,
14:39c'est des frontaliers, c'est des Italiens.
14:41Et tout ça, c'est l'importance
14:42de déterminer une frontière. »
14:45Alain Wicht a participé
14:47aux négociations bilatérales.
14:4912 ans de discussion
14:50pour aboutir à un accord au printemps dernier.
14:52La Suisse et l'Italie doivent encore le parafait.
14:56Mais si tout se passe bien,
14:58le refuge devrait rester italien.
15:07Rendez-vous à présent sur les hauteurs
15:09de la Casbah de Tangier
15:10pour une rencontre particulière.
15:13La chef étoilée, Guylaine Arabian,
15:15a délaissé ses fourneaux du nord de la France
15:17pour relever un double défi.
15:19Concocter deux dîners haut de gamme
15:21au saveur locale.
15:22À ses côtés,
15:23un jeune chef d'une vingtaine d'années,
15:25autodidacte et fan de la française.
15:28Une association couronnée de succès,
15:30un reportage coloré et succulent.
15:41La chef Guylaine Arabian
15:43atterrit à Tangier, au Maroc.
15:44Pour le festival Sama,
15:46elle va pendant deux soirs
15:47prendre les rênes des cuisines
15:48d'une célèbre maison d'hôtes
15:50au cœur de la Casbah.
15:51Une plongée dans la ville du Détroit
15:53qu'elle visite pour la première fois.
15:55L'occasion aussi d'une rencontre
15:57entre la chef du nord de la France
15:58et les saveurs d'un marché méditerranéen.
16:01Une rencontre également avec Abdelha,
16:03jeune chef autodidacte,
16:04bombardée pour deux soirs
16:05second de la cuisinière doublement étoilée.
16:08Aventure humaine et gastronomique
16:10sous le ciel de Tangier.
16:12Je suis un grand fan de Guylaine.
16:14J'ai regardé les émotions qu'il a faites
16:17de top chef, de gaspillage alimentaire.
16:20Je m'en fiche,
16:22qu'on soit impressionné ou pas.
16:23Alors ça, c'est vraiment pas quelque chose
16:25qui peut ni me troubler,
16:27ni en sens négatif,
16:29ni en sens positif.
16:30J'arrive, je suis là pour travailler,
16:32il est là, c'est le chef.
16:33Et moi, sur ce que je fais là,
16:36j'ai quelque chose à lui donner.
16:37Mais lui, avec...
16:39Il a aussi quelque chose à me donner,
16:41en fait,
16:42et c'est ça qui est intéressant.
16:44Je m'appelle Abdelha.
16:45Je fais la cuisine marocaine,
16:48internationale,
16:49un peu méditerranéen,
16:50un peu français.
16:51Et je commençais
16:53à travailler au Dano.
16:56Je commençais à plonger.
16:58Après une année,
16:59je commençais à apprendre
16:59un petit peu la cuisine et tout.
17:02C'est pas la première fois
17:03que je viens au Maroc.
17:04C'est la première fois
17:05que je cuisine au Maroc.
17:06Vous avez cuisiné
17:07à partir de ce qu'on a trouvé
17:08ici, directement.
17:09Oui.
17:10On n'a pas triché.
17:11On a fait directement
17:12avec ce qu'on a trouvé
17:13dans le souk.
17:14J'ai été quand même
17:15assez époustouflée
17:16de voir la variété
17:18de choses qu'ils avaient,
17:20qu'ils pouvaient nous présenter.
17:22Et il n'y a rien de restrictif.
17:24Donc, comme je voulais faire du poisson
17:25et qu'ici, il y a le marché
17:26de Tangier,
17:27le marché avec les pêcheurs
17:29qui est extraordinaire,
17:31effectivement,
17:33on est parti sur un turbo.
17:35C'est un turbo
17:36qui était pêché ici,
17:38un beau turbo sauvage.
17:39Et puis,
17:41les légumes,
17:41il y avait tout.
17:43Tout.
17:43J'ai trouvé plein d'herbes
17:45que je ne pouvais pas encore
17:46trouver à Paris
17:46mais qui étaient ici.
17:48Ce qu'il y a d'extraordinaire
17:49et qui vous en met plein le nez,
17:51c'est quand on passe devant
17:53les stands d'épices d'olives.
17:55Ils ont dix sortes d'olives.
17:56Ça, c'est des choses
17:57qu'on ne voit pas.
17:58J'ai eu un plaisir infini, là.
18:00Et puis,
18:00je retourne ce matin
18:01parce que j'ai fait le marché hier
18:03pour le repas d'hier soir
18:05et je refais aujourd'hui
18:07pour le repas de ce soir
18:08parce que dans mon mille feuilles
18:09de légumes,
18:09il y aura peut-être un nouveau produit
18:11ou ce sera peut-être les mêmes.
18:12Mais je m'en fiche.
18:13Le tout,
18:14c'est d'aller voir
18:14ce qu'ils peuvent me proposer
18:16et tout ça.
18:17Ça, c'est fabuleux.
18:18Même pour les légumes,
18:21avant de l'acheter,
18:22ils goûtent, cru.
18:24Les odeurs,
18:25enfin moi,
18:25les odeurs me guident beaucoup.
18:28Plus que le goût,
18:29c'est l'odeur.
18:30Je suis attirée par une odeur
18:31et je vais partir vers l'odeur.
18:33Quand je vois
18:34toutes ces épices-là
18:35qui sont là,
18:36il y a ça.
18:37Et puis,
18:37il y a un savon noir
18:39que je ne savais pas
18:40ce que c'était.
18:41Ça faisait des grosses montagnes
18:42comme ça,
18:43on dirait de l'ambre
18:44avec quelques transports.
18:45C'est quoi ?
18:46C'est du savon noir.
18:47C'est bon pour la peau.
18:49On fait ça.
18:50Mais si on lave les carreaux
18:51avec le savon noir,
18:52ils sont magnifiques.
18:54Je trouve ça fabuleux.
18:55Et en cuisine,
18:56c'est pareil en fait.
18:57On a chacun son savon noir.
19:00Fais-la danser quoi,
19:01ta cuisine.
19:01Fais-la danser.
19:08Ce qui était drôle,
19:09c'est qu'hier,
19:10après le service,
19:11les deux responsables de salle
19:13sont devant en disant
19:14« Ah, mais on a bien aimé là,
19:16ce que vous nous avez
19:16obligés à faire. »
19:17Je dis « Bien sûr,
19:19c'est un restaurant ici. »
19:21On n'arrive pas en disant
19:22« Alors maintenant,
19:22j'en ai huit,
19:23j'en ai sept,
19:23j'en ai trois. »
19:24Alors, on n'est pas au marché.
19:25On n'est pas au marché.
19:27C'est comme un soldat à cuisine.
19:28Il faut gérer la cuisine,
19:30il faut gérer la salle aussi.
19:31Moi, je suis quand même
19:32un peu plus nord.
19:35Donc, on est comme ça.
19:37Et c'est vrai qu'au début,
19:39la rigueur,
19:40vous ne comprenez pas.
19:42Quand le service a commencé
19:44à tourner,
19:46ils ont vite compris.
19:47Ils ont vite compris
19:48qu'en fait,
19:49ce que j'exigeais,
19:50c'était,
19:51ça allait leur faciliter la vie.
19:53Les deux jours
19:53qu'on a passé,
19:54qu'on a passé avec Guylain,
19:55c'est comme deux années
19:57de travail.
19:58Mais pour moi,
20:00je m'aimerais bien
20:00passer un cent ans
20:01avec Guylain.
20:03C'était tellement frais.
20:04Voilà.
20:05Il y avait une espèce
20:06de fraîcheur
20:06dans le bordel
20:07que je trouve
20:08que c'était formidable.
20:10Formidable.
20:11Et en fait,
20:11ils en ont tiré
20:12tout ce qui était important
20:13pour eux
20:13et ils l'ont ressenti,
20:14ce qui était important.
20:15Aussi bien en cuisine
20:17qu'en salle.
20:18Vous avez ramené
20:18de la rigueur du Nord,
20:19mais ils ont réussi
20:20quand même
20:21à laisser rentrer
20:22un peu de soleil
20:22de la Méditerranée.
20:24Oui, mais bon,
20:25la rigueur,
20:25c'est bon aussi.
20:26On apprécie d'autant plus
20:27ce soleil après.
20:28D'accord ?
20:36Le jasmin
20:37est l'un des trésors
20:38de grâce.
20:39Dans les Alpes-Maritimes,
20:40ils sont encore
20:41quelques petits producteurs
20:42à chérir cette fleur
20:44dont le parfum
20:45fait le bonheur
20:45des grandes maisons de luxe
20:47à la renommée internationale.
21:01Il est 6 heures.
21:02C'est l'heure.
21:04Au lever du jour.
21:06Voilà, elle est juste parfaite.
21:09Il ne faut pas que la fleur
21:09soit brûlée par le soleil.
21:11On va vraiment,
21:12tous les jours,
21:13adapter les heures de récolte
21:15au meilleur moment,
21:16lorsqu'elle est le plus parfumée.
21:18lorsqu'elle va se donner
21:20intensément.
21:21Une tradition pour la famille
21:22de Carole Bianca Lana,
21:24le jasmin.
21:26Son arrière-grand-père
21:27a connu l'âge d'or,
21:28puis vint la crise.
21:29Envolée du prix des terrains,
21:30diminution des terres cultivables,
21:33désintérêt des parfumeurs.
21:34Après quelques décennies
21:36où la situation était plutôt
21:38assez morose en Pays de Grâce,
21:40il y a un retour des parfumeurs.
21:43Il y a un retour des parfumeurs,
21:43il y a un retour de la demande.
21:44On assiste à la volonté du parfumeur
21:49d'avoir son producteur,
21:52son champ d'exception.
21:55Toutes ces fleurs sont réservées
21:56par l'un des plus grands parfumeurs français.
21:59Il y a 16 ans,
22:00elle crée une association,
22:02un groupement pour fédérer
22:03les petits producteurs.
22:05Hier, avec la rosée,
22:06il était plus banane.
22:07Ce matin, avec le vent,
22:08il est plutôt amande.
22:10Leur permettre de se développer,
22:12de séduire les grands noms du luxe.
22:15À quelques kilomètres de là,
22:17en plein cœur de Grâce,
22:19dans le jardin de la maison Dior,
22:20le créateur cherche l'inspiration.
22:22Elles sont bien droites,
22:23elles sont belles.
22:24Si ses concurrents Chanel,
22:25Lancôme,
22:26viennent d'acquérir de nouvelles terres,
22:29lui continue de privilégier
22:30les partenariats.
22:31Elles sont moins jolies
22:32que celles qui sont en contrebas.
22:33Avec les petits producteurs locaux.
22:35Vous avez des...
22:36Là, vous avez des agrumes.
22:37On doit avoir quelques citronnés.
22:39Regardez, regardez,
22:39ils sont encore tout verts.
22:42Nous avons une dizaine de contrats
22:44sur la région.
22:45J'en signe dans les mois prochains
22:47un peu plus encore.
22:49Et c'est autant de vie
22:51que de famille,
22:53que d'histoire personnelle.
22:54Quand il y a un coup de froid,
22:55un coup de chaud,
22:56je les appelle,
22:57je m'inquiète.
22:58Le jasmin est magnifique.
23:00Il est super beau.
23:01Depuis 2008,
23:03le parfumeur
23:03et Carole Buancalana
23:05collaborent.
23:06La production
23:07pour les géants
23:07de la parfumerie
23:08est réservée
23:09à des flacons
23:10aux deux gammes.
23:11Normalement,
23:12avec des périodes sèches
23:14comme ça,
23:14tu devras avoir
23:15un absolu super intense.
23:17On a besoin
23:18de cet échange,
23:18de ce retour.
23:19C'est plus comme ci,
23:20c'est plus comme ça.
23:21J'ai besoin de plus de ci,
23:22de plus de ça.
23:23Et si on essaye ici,
23:24c'est tout le temps
23:25des challenges.
23:26Et du coup,
23:27c'est super motivant.
23:29Des millions de fleurs
23:30sont nécessaires
23:31pour obtenir
23:32l'absolu de parfum,
23:33l'extrait le plus pur.
23:35On est sur quand même
23:36un coût de jasmin au kilo
23:37qui est de l'ordre
23:38de 110 000,
23:39120 000 euros du kilo.
23:40Si on va
23:43Inde ou Égypte,
23:44on descend à 3 000,
23:454 000 euros.
23:46Donc,
23:47il faut bien aussi
23:48que la spécificité
23:49du jasmin grassoie
23:51est quelque chose d'unique.
23:53Unique.
23:53Un terroir exceptionnel
23:55et un savoir-faire.
23:57Pas de grand domaine
23:58pour eux,
23:58mais une cabane.
24:00Il y a 2 ans,
24:02ils changent de vie,
24:03se lancent dans le jasmin.
24:05Déjà,
24:05un grand parfumeur
24:06leur a acheté
24:07la totalité
24:08de leur récolte.
24:09Ici,
24:10la pression frontière
24:11est telle
24:11que trouver des terrains,
24:13c'est compliqué.
24:13Et d'être appuyé
24:14par un vrai partenaire
24:16et puis avoir un contrat
24:17sur plusieurs années,
24:18ça nous donne une visibilité
24:19et on se dit
24:21que dans plusieurs années,
24:22on sera encore là.
24:24Ils vont même
24:25se lancer
24:25dans la production
24:26de roses
24:26dès l'an prochain.
24:29La chance
24:29que nous avons,
24:30c'est également
24:30que notre partenaire
24:31actuel
24:32s'est déjà engagé
24:34et nous a déjà dit
24:36qu'il allait acheter
24:37nos fleurs.
24:38Donc,
24:38elles ne sont pas
24:38encore plantées,
24:39mais elles sont déjà vendues.
24:40nos roses.
24:43Vanessa et Christophe Aubert
24:44creusent petit à petit
24:46leurs sillons.
24:47Carole Biancalana,
24:48elle,
24:48continue d'écrire
24:49jour après jour
24:50l'histoire familiale.
24:51C'est la fin
24:52de notre travail
24:52et on confine
24:54aux fleurs
24:55à une autre expertise
24:56pour les transformer
24:58en absolu.
25:01C'est la dernière fois
25:02qu'on les voit,
25:03avant de les retrouver
25:03dans un flacon.
25:04Mais déjà,
25:05une autre fleur
25:06s'impatiente.
25:08Son nom,
25:09la tubéreuse.
25:11autre trésor
25:12des alchimistes.
25:13Avant le coucher
25:15du soleil,
25:16elle exhalte
25:16toutes ses senteurs.
25:19Il faut alors cueillir
25:20sans perdre de temps
25:21le parfum,
25:23la grâce
25:24d'une nuit d'été.
25:33Méditerranéo,
25:34c'est terminé
25:34pour cette semaine.
25:36A bientôt
25:36pour de nouvelles découvertes
25:37en Méditerranée.
25:49Sous-titrage Société Radio-Canada
25:52Sous-titrage Société Radio-Canada
25:57Sous-titrage Société Radio-Canada
25:57Sous-titrage Société Radio-Canada
25:59Sous-titrage Société Radio-Canada

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