00:00Si je devais résumer Chafik, je dirais que c'est l'histoire d'un jeune de Voipi, très talentueux depuis
00:04l'enfance,
00:05mais dans le parcours, il n'a jamais été une autoroute.
00:07Il y a des catégories U11, U13, U15, on voyait tout de suite qu'il avait quelque chose de différent
00:12avec le ballon.
00:13C'était évident, il était déjà très technique, capable d'éliminer, de transmettre rapidement,
00:18mais aussi de récupérer énormément de ballons sans faire de fautes.
00:21Et malgré un petit gabarit de jeunes, il avait un timing assez impressionnant.
00:25À Voipi, on le surnommait l'attraction.
00:27Et quand on surnomme l'attraction, moi qui ai de génération 81,
00:30ça me renvoie vers l'époque de Rivaldo, quand il jouait FC Barcelone,
00:35où c'est la première fois que j'entendais dire que les spectateurs venaient de partout parce qu'il était
00:40l'attraction.
00:41Chafik, c'était son alter ego, mais au niveau amateur et au niveau local.
00:45Surtout, il avait de la personnalité, malgré ce qu'il laisse dégager comme personne d'introvertie.
00:51En fait, il ne l'est pas. Dès qu'il touche le ballon, il devenait détendu, il était créatif.
00:55Mais s'il y a une chose qu'il a toujours eue,
00:57c'est le sourire, c'est ce qu'il définit, le sourire.
01:00Il a été lancé en pro, enfin en senior, pardon, à 16 ans, c'est ça, Chafik, chez vous ?
01:06Exactement ça.
01:07Alors, c'est moi qui entraînais les seniors en cette période.
01:11Et à 16 ans, lorsque j'entraînais les seniors, j'ai décidé de le surclasser.
01:15Et Chafik, ce n'est pas le premier jeune que j'avais surclassé.
01:17Il y en avait d'autres qui étaient passés avant lui.
01:19Pas des masses, mais il y en a eu.
01:21Il avait des qualités, mais il avait un problème assez particulier.
01:24C'est ça, il faut se le dire.
01:25Il pouvait faire un très gros match et malgré tout, ne pas forcément prendre beaucoup de plaisir.
01:30Et pourquoi ? Parce que ses copains lui manquaient.
01:32Et ce qui est assez drôle, c'est qu'à chaque début de saison, c'était presque le même scénario
01:36avec lui.
01:36Il faisait toujours deux, trois entraînements.
01:38Et ensuite, c'était j'en ai marre du fou, j'arrête.
01:40Mais véridique, j'en ai marre du fou, j'arrête.
01:43Et nous, on lui disait pratiquement, que ce soit les copains ou l'entraîneur en question.
01:49Toi, tu n'as pas le droit d'arrêter.
01:51On n'allait jusqu'à voir ses parents.
01:52Ses parents ont toujours été une ressource très importante.
01:55Et lorsqu'il fallait parler sérieusement, travailler avec les parents permettait clairement de renforcer le lien avec le jeune.
02:01Il avait malheureusement la malchance que notre club, dans les catégories dans lesquelles il évoluait, était au plus bas niveau.
02:08Parfois, je souffrais de le voir jouer sans véritable opposition.
02:11Un jeune qui sortait d'un quartier populaire avec un talent comme le sien, c'était évident qu'il avait
02:15au moins le droit d'avoir des opportunités de test.
02:19Au moins de test, je ne parle même pas de signer.
02:21Quand il était 13, il y avait le FC Metz qui organisait un grand événement.
02:24Et notre équipe avait connu plusieurs défaites.
02:27Parce que le niveau collectif des autres équipes était très relevé.
02:29Mais Chaffi, qui lui, sortait clairement du lot.
02:31Et je me souviens encore de personnes autour du terrain qui ne le connaissaient pas et qui se demandaient qui
02:36était ce petit.
02:37C'est un classique.
02:38J'ai surtout en mémoire un match face au Stade René.
02:42Il a été vraiment remarquable.
02:44Il y avait même une ou deux personnes du FC Metz qui étaient présentes.
02:47Elles avaient approché Chaffi et on s'était dit, cette fois, ça y est, c'est peut-être une porte
02:52qui va s'ouvrir.
02:53Mais au fait, on n'a jamais eu de retour.
02:54Wapi, c'est un quartier populaire de la Banlie-Messine qui n'est pas réputé pour dégager une bonne image,
03:01malheureusement.
03:02Je pense que Chaffi, qui payait un peu les pots cassés de ce qu'il n'a jamais commis.
03:06J'avais le sentiment qu'il était conscient, mais qu'il avait aussi de l'espoir.
03:09Et donc, à partir de là, on était arrivé au maximum de ce qu'on pouvait lui apporter au club.
03:14Et je crois que c'est à partir de ce moment-là que je me suis dit que j'allais
03:16continuer à travailler avec lui, essayer de l'accompagner jusqu'à ses 16 ans.
03:19Parce qu'au fond, le talent, il était là.
03:22Et ce qui manquait, c'était surtout la bonne opportunité.
03:24Et là, il y a eu la transition Amnéville, qui excellait à l'époque, au niveau amateur.
03:29Donc, je me suis dit qu'il fallait qu'il quitte le cocon de Wapi pour découvrir autre chose.
03:33J'ai proposé à Amnéville.
03:34Au départ, il s'interrogeait, mais j'étais tellement sûr du jeune que je leur avais dit quelque chose du
03:40genre,
03:41prenez-le aux entraînements, donnez-lui deux mois, et si dans deux mois, il ne vous apporterait rien du tout,
03:46il repart comme il est venu.
03:47Il n'avait tellement pas de doute concernant.
03:49Et du coup, il a finalement évolué au niveau national, 18 ou 19 nationaux.
03:53C'était du chafique dans toute sa beauté.
03:56Mais il y a une chose qui était très surprenante, parce qu'aujourd'hui, vous le voyez comme offensif.
04:00Il a toujours été offensif quand il a grandi à Wapi.
04:03Quand il a joué en exigme national, il a beaucoup joué arrière-gauche.
04:06À l'issue de sa saison extraordinaire à Thionville, Sarbrug a fait réaliser son rêve en le signant professionnel.
04:13Et malheureusement, sportivement, ça n'a pas fonctionné comme on l'avait espéré pour lui.
04:18Il est revenu à Thionville, et il est revenu encore plus fort.
04:21Il est revenu encore plus fort, et c'est peut-être ce que je retiens à lui, sa capacité à
04:26rebondir.
04:26Et c'était un petit peu ça sur l'équatif, parce qu'il n'a jamais relâché.
04:30Et je pense que son environnement lui a aussi demandé davantage de patience et davantage de brouillardise.
04:36Ce que j'aime aussi chez lui, c'est qu'il n'a jamais vraiment coupé le lien avec Wapi.
04:41Il y a, si je ne dis pas de bêtises, environ deux ans, il avait eu l'idée de faire
04:46un petit commerce, une espèce de petite sandwicherie avec des glaces et mille chèques.
04:52Une idée qu'il avait avec un ami à lui du quartier.
04:56Mais au fond, ce qu'il voulait, c'était surtout rassembler les gens.
04:58Chaque soir, ses copains étaient là.
05:00Il faisait venir les gens de Thionville.
05:02Donc du coup, les gens ont vu par les réseaux qu'il y avait un petit truc comme ça.
05:06Et c'était l'occasion de voir Shafik et puis les copains et les joueurs qui jouaient avec Shafik.
05:13Donc tout le monde était content de voir ça.
05:14Il a vraiment fait vivre un petit peu le quartier.
05:17Le quartier avait besoin de voir autre chose, de voir des gens de l'extérieur.
05:19Et c'était beau à voir.
05:21Maintenant, il arrive à Laval.
05:23Je peux dire simplement au Lavalois.
05:25Vous avez clairement misé sur le bon cheval.
05:27Et ça représente énormément pour lui.
05:30Et c'est beaucoup pour nous.
05:32Vous savez, quand on voit Shafik à Laval porter le maillot, on rêve grand.
05:37On se dit, c'est la Champions League.
05:39Et je pense que tout Wapi sera en nombre au FC Metz pour la rencontre de ce samedi.
05:44En espérant, je vous laisse un petit peu imaginer ce que je veux dire.
05:47Qu'il soit titulaire.
05:48Je suis de la bonne humicine.
05:49Je reste pour le FC Metz.
05:51Mais ce jour-là, je serai pour Laval parce que c'est Shafik.
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