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  • il y a 14 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va revenir maintenant sur le dossier Patrick Bruel, il est visé par une nouvelle plainte, la tente 31e et
00:05ce qui provoque aussi pas mal de discussions au sein des familles des plaignantes, des avocats, c'est le fait
00:13de savoir que son contrôle judiciaire a été allégé.
00:15Venons-en d'abord au dernier élément qui s'ajoute au dossier Bruel avec vous Alexandra Gonzales, cette 31e plainte.
00:2232e ?
00:2232e, pardon, 32e. La plaignante, que dit-elle, que raconte-t-elle ?
00:27Alors c'est son avocate, Maître Myriam Gatch Benayoun, qui a annoncé ce matin chez nos confrères de France Inter
00:33qu'elle avait déposé une nouvelle plainte visant Patrick Bruel pour cette fois-ci tentative de viol.
00:40Et c'est donc la 32e plainte qui va être enregistrée par le parquet de Nanterre qui regroupe, qui chapote
00:47toute l'enquête.
00:49Cette avocate explique que sa cliente était très jeune au moment des faits, tout juste majeure, qu'elle décrit une
00:58scène de tentative de viol qui s'est déroulée lors d'une soirée,
01:02soirée à laquelle elle était invitée. Elle raconte qu'elle pensait qu'il y aurait du monde et que finalement
01:06elle s'est retrouvée en tête à tête avec Patrick Bruel,
01:09qu'elle a été très surprise, qu'elle ne s'attendait pas à cela et que lors de cette soirée
01:14qui se déroule dans le milieu, dit-elle, du showbiz,
01:17lors de cette soirée en tête à tête, il y a eu tentative de viol. Elle n'en dit pas
01:21plus pour l'instant, on ne connaît pas l'identité de cette plaignante.
01:24On sait seulement que les faits sont anciens. Ils ne sont pas datés, mais ils sont frappés par la prescription.
01:31Elle n'en dit pas plus sur ce qui s'est passé, frappé par la prescription. Est-ce que la
01:35plainte est recevable du coup alors ?
01:38Alors, puisque nous sommes avec un avocat, maître Perrier, est-ce qu'elle peut venir effectivement dans le dossier ?
01:45Alors je sais que maintenant on parle de la sérialité des plaintes. Alors il faut expliquer, c'est-à-dire
01:51que même si les faits sont anciens,
01:53si de nouvelles plaintes se rajoutent, on peut considérer qu'il n'y a pas prescription.
01:57Oui, c'est un peu technique.
01:58C'est un peu technique, mais ça se comprend assez bien. L'idée est que plutôt que d'examiner un
02:04fait par un fait
02:05et de regarder si en fonction de sa date prise isolément, le fait est prescrit, on va considérer que tous
02:11les faits relèvent d'un même mobile criminel.
02:14Et d'ailleurs l'avocate parle de même mode opératoire, parce que c'est précisément le critère de la sérialité
02:20ou de la connexité
02:21qui permettrait d'échapper à la prescription au sens où si le dernier fait, pour simplifier, n'est pas prescrit,
02:26eh bien on pourrait récupérer tous les autres antérieurs en considérant que c'est en réalité un seul et même
02:32sérial violeur.
02:34Et c'est une conception qui n'est pas absurde et qui a déjà été retenue judiciairement dans l'affaire
02:39de Dino Scala.
02:40Dino Scala, c'était ce qu'on appelait le violeur de la cambre.
02:43Et il a été jugé et condamné, y compris pour des faits qui, pris isolément, auraient été prescrits,
02:49mais on a considéré que c'était le même mode opératoire.
02:51Alors bien évidemment, il ne s'agit pas de comparer Dino Scala et Patrick Bruel,
02:54mais juridiquement l'idée est là, c'est que si le dernier fait n'est pas prescrit, on récupère tous
03:00les autres.
03:01Encore faut-il qu'il y ait vraiment des circonstances identiques.
03:03Mais là, 32, ça en fait beaucoup des plaintes.
03:05Non seulement, et là il y a un nombre important de plaintes, mais aussi un mode opératoire qui se répète.
03:12Et là, l'histoire que raconte cette avocate d'une jeune fille qui est tout juste majeure,
03:18qui va à une soirée et qui pense retrouver plein de gens et qui se retrouve finalement seule avec Patrick
03:24Bruel,
03:25c'est exactement ce qu'ont décrit d'autres jeunes femmes, notamment une jeune fille mineure qui avait 16 ans
03:31au moment des faits
03:32et qui, pareil, raconte qu'elle pensait aller faire un bœuf avec Patrick Bruel,
03:37et donc c'est-à-dire une répétition musicale, c'est le terme qu'on emploie, faire un bœuf,
03:41et qu'elle est arrivée qu'il y avait seulement Patrick Bruel et qu'il y a eu, à ce
03:45moment-là, elle, elle décrit carrément un viol.
03:47Donc si le mode opératoire est le même, et le même décrit par les différentes plaignantes,
03:54et qu'elles sont nombreuses, comme vient de l'expliquer Bertrand Perrier,
03:57il peut y avoir une sérialité qui est retenue par la justice à partir du moment où au moins l
04:03'un de ces faits n'est pas prescrit.
04:04Cette sérialité, juste pour rajouter, elle a été également évoquée dans le dossier de PPDA,
04:10puisque dans des affaires où on a considéré que, alors pas du tout pour le jugement,
04:15il n'a pas été jugé, mais on a considéré qu'on pouvait au moins instruire sur un certain nombre
04:20de faits
04:20qui, encore une fois, pris isolément, seraient prescrits,
04:22mais qui, s'inscrivant dans un même mode opératoire, dans une même conception criminelle,
04:28eh bien, pourraient échapper à la prescription.
04:29Mais là, vous avez en tête les plaintes sur quelle période elles s'étendent ?
04:34La première plainte remonte à l'an 2000.
04:37D'accord.
04:37Les premiers faits d'écrit remontent à l'an 2000.
04:39Et les plus récents ?
04:40Alors, les plus récents...
04:42On est sur 2018-2019 ?
04:43Oui, c'est ça, exactement, 2019, de mémoire.
04:46Donc, des faits qui sont, pour l'instant, pas forcément prescrits, mais qui s'étendent.
04:51Oui, voilà, 2019, je retrouve, le 7 juillet 2019, une masseuse qui avait expliqué
04:57que, lors d'une rencontre avec Patrick Brouel, il y avait eu une agression sexuelle
05:01dans la cabine de massage, alors qu'il était, à ce moment-là, nu avec une serviette sur lui.
05:07Donc, il y a des faits qui pourraient permettre cette réalité.
05:12Puis surtout, ce n'est pas terminé, l'enquête est en cours.
05:16Et cette même avocate, mais aussi d'autres du dossier, disent que petit à petit,
05:20des jeunes femmes ou des femmes plus âgées prennent la parole et décident de déposer plainte,
05:27ce qu'elles n'avaient pas fait jusqu'à présent.
05:29Et, par exemple, cette avocate disait qu'à la rentrée...
05:32En septembre.
05:33En septembre prochain, elle va ajouter des témoignages.
05:36Les témoignages, ce n'est pas une plainte.
05:37Non, voilà.
05:38Alors, en quoi est-ce que le témoignage aide, justement, à la constitution du dossier,
05:42si ce n'est pas une plainte, alors ?
05:43Il aide, précisément, à essayer de montrer qu'il y aurait une sorte d'itinéraire criminel unique,
05:48d'habitude criminelle, de même mode opératoire, de même conception, de même but,
05:54qui sont les critères de la connexité pour, encore une fois, échapper à la prescription.
05:58Et tout ça va, effectivement, servir l'idée de l'image de Patrick Brouel
06:03comme une sorte de violeur compulsif, récidiviste.
06:07Présumé innocent ?
06:08Présumé innocent, bien sûr.
06:09Attention, parce que là, on a des plaignantes, et on a quelqu'un qui est présumé innocent.
06:12Juste un mot, les juges d'instruction...
06:14Il conteste l'effet.
06:15Comment ?
06:15Il conteste l'effet, bien sûr.
06:16Il conteste l'effet.
06:17Juste un mot, les juges d'instruction n'apparaissent pas, a priori, très sensibles à cette thèse,
06:21puisque, au stade de la mise en examen de Patrick Brouel,
06:24je vous rappelle qu'il y a eu quatre mises en examen, quatre témoins à assister,
06:28c'est-à-dire le degré en dessous, et une constatation de la prescription.
06:31Donc, pour un fait, les juges d'instruction ont d'ores et déjà constaté la prescription,
06:36et donc, sans avoir égard à cette idée de sérialité ou de connexité.
06:40Mais, on rappelle, il y a quatre juges d'instruction qui sont sur l'affaire Brouel,
06:45ce qui est assez inédit.
06:47Oui, mais c'est pour faire face aussi.
06:50Alors, c'est pour plusieurs raisons.
06:51D'abord, parce que les plaintes sont très nombreuses,
06:53et qu'elles s'étendent sur de très nombreuses années.
06:55Il y a beaucoup de personnes à auditionner,
06:56et donc, c'est face aussi à cela que le doyen des juges d'instruction en a nommé quatre.
07:02Et puis, c'est aussi pour une histoire de collégialité,
07:04c'est-à-dire que les décisions sont prises collégialement
07:06et sont plus difficilement contestables.
07:10Les magistrats peuvent être plus difficilement attaquables
07:12quand la décision est prise à plusieurs.
07:15C'est accablant, Fatima Benomar, pour vous ?
07:17Oui, justement, même quand il y a prescription,
07:20c'est vraiment important que des femmes puissent se tourner vers la justice,
07:23ne serait-ce que pour renseigner, effectivement, avec leur témoignage,
07:26le faisceau d'indices lié au mot d'opératoire de Patrick Brouel.
07:30Ça nous rappelle aussi qu'on sort de plusieurs décennies d'ambiance d'Omerta,
07:35c'est-à-dire de décennies où les femmes avaient honte de parler
07:38parce que les femmes sont jugées,
07:39parce que, justement, beaucoup de victimes se sentaient en porte-à-faux,
07:43typiquement, d'aller à ce qu'elles pensaient être un rendez-vous
07:45et se retrouver en tête-à-tête avec Patrick Brouel.
07:47C'était une époque où, en sortant de là, elle se disait
07:50« Mais qui va me croire ? C'est moi qui me suis rendue,
07:52c'est moi qui me suis retrouvée en tête-à-tête avec lui. »
07:54Donc, je l'ai bien cherché, quoi, c'est ça ?
07:56Voilà, dans un monde du spectacle où on sait que beaucoup de réseautage
07:58se fait de manière informelle.
07:59Donc, parfois, de très jeunes filles, elles se disent
08:01« Bon, peut-être que c'est comme ça que ça se passe. »
08:03Donc, c'est important, effectivement, de se libérer de ce poids du silence et du tabou.
08:07Et oui, à titre personnel, bien entendu, je ne crois pas à la thèse d'un homme innocent
08:13face à plus de 32 femmes qui m'ytonneraient.
08:16D'autant plus qu'on a non seulement ces femmes,
08:18mais on a aussi plein de témoins.
08:20Il y a vos confrères de France Info qui ont fait une tribune
08:22avec tous les professionnels du monde du spectacle
08:24qui ont travaillé autour de Patrick Brouel
08:26et qui disent dans cette tribune « On nous disait d'isoler les jeunes femmes
08:30et de les prévenir loin de Patrick Brouel. »
08:33Et, enfin, encore il y a quelques jours, il y a Patrick Balkany
08:36qui, au détour d'une interview, dit « Oui, moi, ça ne m'étonne pas
08:39parce que Patrick Brouel s'est jeté, je reprends ces mots,
08:42sur la fiancée de mon fils un jour. »
08:44C'est un peu dommage qu'il en témoigne si tard.
08:47Et vous regrettez que son contrôle judiciaire ait été allégé ?
08:50La première chose qui me choque et qui me blesse en pensant aux victimes,
08:54c'est qu'en fait, les victimes, elles ont besoin…
08:55Parce qu'il a pu voyager.
08:57Ce sont d'ailleurs des citoyens, des gens qui l'ont vu voyager,
09:00qui l'ont pris en photo.
09:01C'est ça, en fait.
09:02Ça, ça dénote.
09:03Parenthèse, petite tournure d'esprit quand même, c'est bizarre.
09:06On prend en photo et puis on envoie à la presse en disant
09:07« C'est normal qu'ils voyagent. »
09:09Oui, c'est le monde d'aujourd'hui, on va dire.
09:11Mais ce que je veux dire…
09:11De la délation.
09:12Oui, en tout cas, ce que je veux dire, c'est que pour les victimes,
09:17c'est extrêmement dur parce qu'elles ont besoin de visibilité pour se réparer.
09:21C'est-à-dire qu'il y a deux mois, on leur a dit
09:22« Bon, il est mis en examen, il n'y aura pas la détention provisoire,
09:25ce que je peux entendre, je n'étais pas forcément pour. »
09:28Mais il y a ces paramètres-là du contrôle judiciaire.
09:31Elles, elles se reposent sur ça, elles ont cette visibilité sur ça.
09:33Elles disent « Voilà, on a pris au sérieux mon histoire. »
09:36Elles partent en vacances en se disant ça.
09:37Et quand elles découvrent, non pas de la part de la justice qui les prévient,
09:40mais par la presse, par Mediapart,
09:42que finalement, il y a eu une modification du contrôle judiciaire,
09:46c'est dur à encaisser pour elles parce qu'elles ont besoin d'être conscientes.
09:49C'est même pas une question de remettre en cause ces droits.
09:51C'est juste qu'elles ont besoin de savoir où elles en sont.
09:54Et ce n'est pas normal qu'elles soient parties avec la tête reposée en disant
09:56« Ok, on en est là de cette histoire, voilà les quatre conditions qui lui sont posées,
10:01donc interdiction d'aller dans les salons de massage, interdiction de quitter le territoire. »
10:06Et puis ça les perturbe et la désarçonne d'apprendre par hasard qu'en fait, ça a changé.
10:11Mais ça avec Maître Durieux-Dievold, qui est avocate de l'une des plaignantes.
10:15Bonsoir Maître, merci d'être en direct avec nous.
10:17Est-ce que vous-même et votre cliente, vous avez été choquée par le contrôle judiciaire allégé de Patrick Bruel
10:24?
10:25Le parquet a fait appel, je le précise.
10:27Oui, le parquet a fait appel.
10:29Fort heureusement, on a un parquet qui est volontaire et qui est en action derrière les parties civiles.
10:39Ce contrôle judiciaire allégé, ce n'est pas une mesure classique, c'est-à-dire que c'est une main
10:46levée dans le temps,
10:48qui n'est pas provisoire du tout, comme on peut le voir dans certains dossiers.
10:54Il avait un contrôle judiciaire donné avec la remise de son passeport et une interdiction d'aller à l'étranger,
11:00ce qui est un contrôle judiciaire classique qui a été fixé au mois de juin et aucun élément nouveau
11:05qui permet de justifier du changement de contrôle judiciaire en un mois et demi.
11:12Donc forcément, c'est choquant pour les victimes, d'autant plus qu'il aurait pu faire l'objet simplement d
11:20'une mesure provisoire,
11:21c'est-à-dire une autorisation de sortie du territoire ponctuelle, et que dans le cadre de ce contrôle judiciaire,
11:27il ne doit même pas justifier de ces allées et venues à l'extérieur de la France, ce qui n
11:32'est pas du tout une mesure classique.
11:34Donc on peut dire, et c'est ce qui a été décrié par...
11:36C'est un traitement de faveur ?
11:39Exactement.
11:40Pourquoi ? Parce que c'est Patrick Gourel ? Parce que c'est une star ?
11:45Alors, peut-être, je n'en sais rien.
11:47Ou alors, on a des juges d'instruction qui sont particulièrement précautionneux en tous les cas,
11:55parce que c'est une personnalité médiatique.
11:58Et en tous les cas, dans ce dossier, on ne pourra pas avoir une défense
12:01qui pourra se targuer d'une sévérité particulière des juges d'instruction à l'encontre de Patrick Gourel.
12:07Au contraire, si je compare par rapport à d'autres affaires de violence sexuelle,
12:13et j'en traite tous les jours, la personne mise en examen lambda pour, en tout cas, une sérialité,
12:21un nombre aussi important de faits qui lui sont reprochés de nature criminelle, notamment,
12:29fait l'objet d'un contrôle judiciaire strict, si ce n'est, dans certains cas même, d'une détention provisoire.
12:34Donc, vous voyez bien qu'en l'occurrence, il bénéficie, en tout cas, d'un traitement qui est particulièrement léger
12:42par rapport à d'autres affaires.
12:44Nous sommes avec Maître Olivier Pardot, qui est avocat, qui est ancien magistrat instructeur aussi.
12:49Bonsoir, Maître Pardot.
12:50Merci d'être avec nous.
12:52À écouter aujourd'hui, concernant le dossier Bruel, je dis aujourd'hui, mais d'une manière générale,
12:57il n'est pas présumé innocent, il est présumé coupable, Patrick Bruel, quoi, en fait.
13:00On a l'impression.
13:01Oui, je crois que vous avez dit les choses comme il fallait dire, c'est-à-dire qu'il y
13:06a une grande hypocrisie.
13:07Moi, je comprends la parole des partis civils.
13:11J'entends ce qu'elles disent.
13:13Je suis beaucoup plus en retrait, vraiment choqué par la parole des professionnels du droit.
13:19Enfin, on est tous avocats ou magistrats et on est tous attentifs au droit.
13:23On est tous généralement très précautionneux vis-à-vis de la détention provisoire.
13:28Et j'ai le sentiment, ce n'est pas le cas sur votre plateau, mais j'ai le sentiment que
13:32dans le nombre de débats,
13:34des personnes qui sont contre la prison, tout à coup, parce que c'est Patrick Bruel,
13:38voudraient le voir embastillé, voudraient le voir pendu haut et court immédiatement.
13:44Personne n'a parlé de détention provisoire ici.
13:47Non, c'est ce que je dis, mais j'ai beaucoup entendu qu'il y a eu des regrets au
13:51moment du débat contradictoire
13:53sur le fait qu'il n'ait pas été en détention provisoire.
13:56Ce que je voudrais dire, c'est que Patrick Bruel n'est pas au-dessus des lois,
14:00il n'est pas en dessous des lois, qu'il y a quatre juges d'instruction.
14:03Vous vous rendez compte ce que c'est quatre juges d'instruction ?
14:06Et qu'on est en train de leur faire le procès à ces juges d'instruction,
14:09qui sont les juges de l'une des juridictions les plus importantes de France,
14:12celle de Nanterre, qui est la deuxième juridiction de France,
14:15en leur disant, au fond, vous êtes sensible à la personnalité de Patrick Bruel,
14:21à sa notoriété, je ne crois pas du tout, c'est plutôt, aujourd'hui, la notoriété,
14:26c'est plutôt un handicap, et mon confrère Perrier ne me contredira pas
14:29qu'un avantage devant la justice.
14:31Alors, c'est vrai, c'est... Attendez, M. Pardot, parce que vous interpellez votre confrère.
14:34Dans le prolongement de ce que dit Olysée Pardot, qui est très vrai,
14:37on voit quand même que, dans cette affaire, les juges d'instruction
14:40n'ont pas la même lecture du dossier que le parquet.
14:42Mais il est coincé, Patrick Bruel.
14:43Non, non, non, attendez, je vais au bout.
14:45Si on allège son contrôle judiciaire en estimant qu'il présente toutes les garanties,
14:49qu'il a peut-être de la famille à voir à l'étranger,
14:51on lui dit, vous pouvez sortir, on dit, c'est un traitement de faveur,
14:53parce que c'est une star, alors que ça aurait peut-être été accordé à un qui-dame.
14:57Et puis, comme c'est une star, on dit aussi, lui, de toutes les manières,
15:01il faut montrer aux gens et aux qui-dames qu'on est sévère
15:05et que la justice passe, quel qu'il soit.
15:07Donc, il est coincé des deux côtés.
15:08D'abord, procéduralement, il est toujours possible de demander
15:10une modification de son contrôle judiciaire.
15:12C'est une règle de droit constante,
15:15et c'est soumis au juge d'instruction avec un appel possible
15:18devant la chambre de l'instruction.
15:18Donc, juridiquement, il n'y a pas de passe-droit.
15:20Il a fait cette demande, elle a été accueillie très bien.
15:23Ce que j'observe tout de même, c'est que les juges d'instruction
15:26avaient d'emblée placé Patrick Bruel sous contrôle judiciaire.
15:29Et que c'est le parquet de Nanterre qui a saisi
15:32le juge des libertés et de la détention
15:33pour qu'il y ait un débat sur la détention.
15:35Donc, on voit bien qu'il y a deux lectures dans cette affaire.
15:38La lecture du parquet et la lecture des juges.
15:40C'est le principe de la justice, d'avoir le débat contradictoire aussi.
15:43Non, mais c'est parfaitement normal.
15:45Je pense que c'est pas un hasard.
15:46Il arrive sur le sujet dans le même sens.
15:48Et c'est vrai que là...
15:49Peut-être qu'au fil des semaines, ça évolue en fonction des demandes
15:51du client et de l'évolution du dossier.
15:54Le dossier a peu évolué tout de même depuis la mise en examen.
15:56Oui, mais pour le contrôle judiciaire.
15:57Encore une fois, ça n'est pas une voie exceptionnelle.
16:01Tous les jours, des gens demandent,
16:03alors qu'ils sont mis en examen placé sous contrôle judiciaire,
16:05la modification de leur contrôle judiciaire,
16:09de leurs obligations.
16:10Et ça n'est pas quelque chose d'anormal
16:12dans une procédure pénale.
16:13Je pense que c'est pas tout à fait un hasard
16:15parce que les juges d'instruction,
16:16ils sont concentrés sur les huit dossiers,
16:19les quatre où il est mis en examen
16:20et les quatre où il est en témoin assisté.
16:23Alors que le parquet a une vision beaucoup plus exhaustive
16:27parce que lui, il reçoit et continue à recevoir
16:29de nouvelles plaintes, de nouveaux témoins.
16:31Donc je pense que aussi sa position n'est pas déconnectée
16:33du fait qu'il a peut-être une vision encore plus précise
16:36de ce qui charge Patrick Bruel.
16:41Mais maître Pardot,
16:43c'est vrai que le dossier s'épaissit concernant Patrick Bruel,
16:47et on a l'impression qu'il a déjà presque été jugé coupable
16:51publiquement, quoi, en fait.
16:53Oui, alors ça, c'est le temps médiatique.
16:56Vous connaissez ça par cœur.
16:58Le temps médiatique n'est pas le temps de la justice.
17:00Toujours est-il que moi, je ne veux pas
17:02que l'on mette à bas tout ce qui a été construit
17:06pour la protection des libertés
17:09au nom de M. Patrick Bruel.
17:12Patrick Bruel, il est injusticiable
17:15à l'instant où il est sous-présent devant les juges
17:17comme les autres, qu'on l'entende.
17:20Et que moi, je suis très attentif
17:24aux victimes ou aux partis civils,
17:26pour l'instant, mais aux victimes
17:27qui ont une présomption de vérité
17:29et que la présomption de vérité
17:31de ce qu'elles disent ne doit pas heurter
17:33la présomption de la défense.
17:35Je vous le dis, moi, je suis très choqué
17:37d'entendre des militants,
17:40et ce n'est pas le cas sur notre plateau,
17:42mais des militants qui sont plutôt à gauche,
17:44qui sont plutôt contre la détention,
17:46tout à coup, parce que c'est Patrick Bruel,
17:48ils ont une appétence pour la prison
17:50qui me fait penser à une sorte de populisme,
17:52de populisme qui me choque,
17:55et que demain, des avocats
17:58qui demandent aujourd'hui une fermeté,
18:02ils seront de l'autre côté,
18:03ils défendront leurs clients
18:04en demandant à leur tour cela.
18:07Donc, à un moment donné,
18:08il faut respecter la justice.
18:09On est au temps de l'instruction.
18:10Et en plus, je vais y ajouter quelque chose.
18:14Pour conclure.
18:14Tous ces gens qui viennent parler maintenant,
18:17je ne parle pas des personnes
18:19qui ont été victimes,
18:20des entourages,
18:21mais pourquoi ils ne leur ont rien dit avant ?
18:24C'était avant qu'il fallait parler.
18:25C'était avant qu'il fallait appliquer
18:27le principe de précaution.
18:28Maintenant, ça donne l'impression
18:30d'une alalie.
18:31Et moi, l'alalie, je n'aime pas ça.
18:33Merci, Maître Pardot.
18:34Merci d'avoir été avec nous
18:35pour comprendre l'évolution
18:37du dossier Patrick Bruel.
18:38Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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