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  • il y a 12 heures
Pianistes star, Katia et Marielle Labèque ont construit une vie à quatre mains. Alors qu'elles célèbrent leur 55 ans de carrière, les deux soeurs que l'on prend souvent pour des jumelles nous racontent leur parcours hors normes.

Retrouvez tous les épisodes de "Photos de famille" sur le site de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/photo-de-famille

Photo de miniature : Marion Philippe

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Transcription
00:00Sur la photo de famille, ce matin, les sœurs Katia et Marielle Labeck.
00:13Sur cette photo de famille, il y a deux sœurs qu'on prend souvent pour des jumelles.
00:17Katia l'aînée, Marielle la cadette, les sœurs Labeck sont une entité.
00:22Il paraît même qu'on les reconnaît rarement quand elles ne sont pas l'une avec l'autre.
00:25Alors, stars pianistiques internationales, elles ont construit une vie à quatre mains
00:31avec un répertoire pour deux pianos qui courent de Mozart à Philippe Glace, en passant par George Gershwin.
00:36Le tandem, Labeck fête ses 55 ans de carrière avec une longévité digne des Rolling Stones
00:41et des alliés comme Madonna ou Tom York de Radiohead.
00:44L'une aime la nuit, l'autre le jour, l'une s'envole au-dessus du clavier quand l'autre
00:48s'ancre dans les basses.
00:50La complémentarité de ces deux-là est aussi puissante que leur différence.
00:53Mais comment part-on conquérir le monde en couple musical avec sa sœur ?
00:58Quels choix déterminants leur ont permis de durer ?
01:01Et quelles places ont encore en elles l'enfance basque et les racines italiennes ?
01:05On a la chance de pouvoir leur demander.
01:07Photos de famille, Mathilde Serrel sur France Inter.
01:13Bonjour à toutes les deux, les sœurs Labeck.
01:15Bonjour, bonjour.
01:16Vous vous y appelez les petites Labeck à un moment, mais c'est fini tout ça.
01:20Maintenant, malheureusement, non.
01:22Vu l'âge, c'est un peu terminé, mais pourquoi pas.
01:28Alors les sœurs Labeck, je vais vous demander de vous présenter.
01:31D'abord, Katia, est-ce que vous pourriez me décrire votre petite sœur Marielle ?
01:35Marielle est très têtue, elle est très disciplinée.
01:39Elle travaille beaucoup, mais elle a un cœur d'or et elle est très drôle.
01:45Voilà, très bien, ça c'est dit.
01:47C'est à votre tour.
01:47Faites aussi bien, Marielle, pour décrire Katia, votre grande sœur.
01:51Je ne sais pas si on aura le temps, là, dans l'émission.
01:54Mais non, je pense qu'elle a une très, très belle énergie.
01:59Elle est toujours très positive, ce qui n'est pas toujours mon cas.
02:02Même quelque chose qui est négatif devient quelque chose de positif, toujours avec elle.
02:06Donc ça, c'est une grande, grande force.
02:08Elle est parfois impatiente, elle veut que les choses soient faites hier.
02:13Donc parfois, ce n'est pas évident.
02:15Moi, j'ai l'impression toujours de courir derrière un train, je n'arrive pas à rattraper.
02:18Mais c'est bien.
02:20En fait, on est très complémentaires.
02:22Et donc, elle change.
02:25Elle aime beaucoup découvrir, découvrir des répertoires.
02:30Elle a toujours des idées.
02:31Elle a toujours...
02:33Elle a le goût du risque.
02:34Elle a le goût du risque, oui.
02:35Ça, c'est sûr.
02:36Mais je ne monterai jamais dans un train s'il n'y a pas Marielle.
02:39Je vous préviens.
02:40Vous utilisez cette métaphore, je vous, Katia.
02:42Je crois que c'est...
02:43Vous, ce n'est pas qu'on se jette à l'eau avec Marielle.
02:45C'est que Marielle, elle a déjà prévu le bateau, l'équipement.
02:48Qu'est-ce qu'on va manger sur le bateau ?
02:49Combien de temps on part ?
02:50C'est important.
02:51Mais moi, je me jette à l'eau, même si je ne sais pas nager.
02:54Voilà pour comprendre un petit peu les deux univers La Becq.
02:58Il y en a une qui est née en 1950, l'autre en 1952.
03:00Mais en tout cas, toutes les deux à Bayonne.
03:03Et on va y revenir.
03:03C'est vrai qu'on ne vous reconnaît pas quand vous n'êtes pas ensemble, la Sœur La Becq ?
03:07Oui, absolument.
03:07Et c'est très parfait comme ça.
03:11Alors, ce qui vous présente le mieux comme couple musical,
03:14ce sont peut-être ses notes.
03:40C'est une œuvre.
03:43Philippe Glace.
03:44Voilà, composée pour vous quand même.
03:47Alors, celle-là, non, malheureusement.
03:49Mais on se l'est appropriée très vite, dès qu'on a su qu'il l'avait écrite.
03:54Il a composé pour vous, mais pas celle-ci.
03:55Pas celle-ci.
03:56Il a composé pour nous.
03:57Il nous a entendu jouer celle-là.
03:59Et quand il nous a entendu jouer celle-là,
04:01il a dit qu'il aimerait bien écrire un concerto pour deux pianos et orchestres pour nous.
04:06Et c'est ce qu'on a fait.
04:07La création mondiale était en 2015 à Los Angeles,
04:10avec l'orchestre de Los Angeles et Gustavo Dudamel.
04:13Ce qu'on entend là, c'est donc votre jeu à deux pianos.
04:17Oui, sans orchestre.
04:18Et Marielle, sans orchestre.
04:20Et vous dites souvent, Katia, que Marielle, c'est votre basse dans la vie,
04:24comme sur un piano.
04:26Qu'est-ce que ça signifie ?
04:27Comment ça se traduit ?
04:29On l'entend là, au début.
04:31Elle joue souvent les basses.
04:32Donc, c'est comme les fondations d'une maison, les basses.
04:36Si vous n'avez pas de basses, vous n'avez pas de quoi appuyer tout le reste,
04:40les mélodies, les improvisations.
04:42Donc, dans un groupe de jazz, c'est la même chose.
04:44Mais en musique classique, c'est la même chose.
04:46Et même les groupes baroques, ils ont une section rythmique presque très forte, justement.
04:52Et donc, c'est vrai qu'elle a une facilité à placer les basses dans le temps,
05:01qui est très stable.
05:02Et ça permet, évidemment, de s'envoler.
05:05Parce que là, c'est ça qu'on entend.
05:07C'est Katia qui s'envole, Marielle ?
05:09Pas encore, mais ça ne va pas tarder.
05:11Ça ne va pas tarder, oui.
05:13C'est ça.
05:14Elle décolle pendant ce temps-là.
05:15Et vous, vous rattrapez la voltigeuse ?
05:17Oui, elle me rattrape souvent au vol.
05:19Mais c'est ce qui est intéressant, je pense, en fait.
05:22C'est vrai.
05:23Sur une fondation, être très stable et d'avoir une personne comme une voix,
05:28comme un chanteur, qui est souvent libre sur des basses.
05:32On ne peut pas être libre toutes les deux.
05:33Sinon, ça devient insupportable.
05:36Sinon, c'est un groupe punk.
05:37Mais c'est bien.
05:38Et en fait, Katia a toujours une part un peu d'improvisation, de liberté,
05:42que j'ai moins, j'en ai moins besoin.
05:45Mais c'est ça qui est beau.
05:46C'est pour ça que les concerts sont différents.
05:48Les concerts, c'est aussi un peu comme un voyage.
05:50On les prépare, on travaille beaucoup.
05:52Et après, le jour du concert, on ne sait jamais exactement ce qui va se passer.
05:56Parfois, il y a les turbulences aussi.
05:58Parfois, ça se passe très bien.
06:00Voilà.
06:00C'est la beauté.
06:01Heureusement qu'il y a encore le digrec.
06:04Il y a les concerts.
06:05Oui, c'est bien pour nous.
06:07C'est bien.
06:07Vous avez comparé d'ailleurs, Katia, ce rapport que vous avez avec votre sœur à une correspondance de Virginia Woolf
06:15avec Vanessa Bell.
06:17Oui, sa sœur.
06:19Pendant 37 ans, sa sœur.
06:20Elles se sont écrites.
06:21Voilà.
06:22C'est magnifique.
06:23Vous vous écrivez, les deux ?
06:25On se téléphone, on se texte.
06:27On se parle tous les jours.
06:30Je me souviens, une fois, on avait fait un voyage en Angleterre.
06:33On a habité l'Angleterre assez longtemps.
06:35Puis on rentrait, je ne sais pas, genre Manchester sur Londres.
06:38On avait l'appartement à Londres.
06:39Trois heures de voiture.
06:40Pendant trois heures, on n'a pas arrêté de parler.
06:43Et à la fin, le chauffeur nous a dit, mais vous ne vous connaissez pas ?
06:47On a dit, si, on est sœurs.
06:49Elle me dit, mais qu'est-ce que vous avez encore à vous dire pendant trois heures ?
06:52Sans arrêter, vous n'avez pas arrêté de parler pendant une seconde.
06:59Voilà, ça, c'est plutôt de bon augure pour cette émission.
07:02On est d'accord qu'il n'y a pas de dominante dans votre couple musical.
07:06Une complémentarité, mais pas de dominante.
07:08Non.
07:09Jamais.
07:10Evidemment, il faut rassurer les auditeurs, puisque vous célébrez vos 50-50 carrières,
07:1450-50 ce duo, 50-50 ce répertoire aussi, pour deux pianos,
07:19avec un coffret chez Deutsch Gramophone,
07:20que vous avez mis six mois à choisir ensemble.
07:24Parce qu'il a fallu se mettre d'accord sur ce que vous alliez retenir.
07:26Et là, dites-moi qu'il y a quand même un petit peu de dispute.
07:29Forcément.
07:30Mais il n'y a pas de couple sans contraste, sans dispute, sans bataille.
07:36Heureusement qu'on a ces batailles, effectivement.
07:39Mais au moment où on entend quelque chose, je dois dire qu'on est d'accord.
07:42On n'est pas du tout... On ne s'écoute jamais.
07:45Une fois que le disque est fini, on passe à autre chose.
07:49Mais c'est vrai qu'au moment où on écoute une pièce,
07:52on est d'accord si ça vaut la peine de la mettre sur ce disque.
07:58Enfin, parce que ça représente une période de notre vie.
08:01Ça ne veut pas dire que c'est là où on est aujourd'hui.
08:04Mais tout ce qu'on a vécu auparavant a fait ce que nous sommes aujourd'hui.
08:10Donc, tout d'un coup, quand on est face à cette musique, on est d'accord.
08:14Là, on n'a jamais eu de problème.
08:15Sur le papier, parfois, on dit « Ah non, on ne va pas mettre ça. »
08:18Ok, écoutons.
08:19D'accord.
08:20D'accord, donc la musique fait foi.
08:22Mais c'est vrai que ce choix-là de 55 pièces,
08:25petite idée de ma sœur, d'ailleurs, ce n'est pas la mienne.
08:28Elle m'a un peu maudit au début, mais bon, pas grave.
08:32Mais c'est vrai que ça a été énormément de musique à écouter,
08:36de choix, de listes.
08:38Liste 1, liste 2, liste 3.
08:40Il y avait une liste par jour.
08:42On refaisait, on écoutait.
08:43Après, on n'était pas sûr des enchaînements.
08:45On s'estissait difficile.
08:46Mais une fois qu'on avait fait le choix des pièces,
08:48donc oui, ça a été...
08:49Vous disiez six mois, non, moi je dirais un an.
08:52Moi, j'ai commencé vraiment...
08:53Oui, on a écouté...
08:54Vous êtes une positive, vous êtes comme moi.
08:57Oui, j'ai dit deux mois, quelque chose.
09:00Non, non, non, c'était vraiment un an à partir du...
09:01En juin, l'année dernière, on a commencé vraiment
09:04à se concentrer sur tous les titres et tout.
09:0655, ça fait beaucoup...
09:07Bon, l'idée était bien parce que c'était comme les doigts de la main.
09:10On aimait bien le chiffre.
09:11Oui, oui, et 55 grandes carrières, c'est...
09:14Bon, puis il fallait pièces courtes aussi.
09:15On ne pouvait pas mettre des pièces,
09:16même parfois des pièces qui auraient été très importantes
09:18de notre répertoire, mais qui étaient trop longues
09:21parce que pour un mètre 55, on n'allait pas sortir...
09:2310 disques.
09:2414 CD.
09:25Mais pourquoi pas ?
09:26Non, il fallait vraiment des pièces de 3 minutes.
09:28Il y aurait eu une overdose de la becque.
09:30Mais c'était joli, c'était une belle...
09:31En tout cas, on peut l'écouter sur les plateformes en ligne aussi.
09:35Donc, pour découvrir votre univers,
09:38pour ceux qui ne le connaissent pas, les soeurs de la becque,
09:39ça n'a pas forcément bien commencé non plus
09:42lorsque vous avez joué pour la première fois à quatre mains.
09:45On a trouvé un extrait de ce que vous avez joué à ce moment-là.
09:49Je crois que c'est Dolly de Gabriel Foré.
09:52Alors, ce n'est pas celui de l'époque.
10:20C'est une tendresse de Dolly.
10:23Effectivement, ce n'est pas celle de Gabriel Foré.
10:25Ce n'est pas celle qu'on a mise dans la sélection des 55
10:28parce qu'on avait envie de jardin.
10:30Je ne sais pas pourquoi.
10:31Je crois qu'en ce moment, on a tous envie de jardin.
10:33Donc, on avait les jardins féeriques de Ravel.
10:36Et on s'est dit, avec Ravel, on va mettre Foré, le jardin de Dolly.
10:39Donc, on est allé plutôt sur les jardins.
10:41Mais en même temps, cette expérience avec Gabriel Foré au piano à quatre mains,
10:46c'est le début d'un cauchemar.
10:48Avant que ce soit le rêve, les sorlèdes.
10:50Mais complètement.
10:51Marielle avait six ans, j'avais huit ans.
10:53Et elle me prenait toute la place au piano
10:56parce qu'elle était déjà plus grande que moi quand elle avait six ans.
11:00Elle avait des plus grandes mains.
11:01Et elle me poussait.
11:02Et je dis, non, mais ce n'est pas possible.
11:04Tu m'as tenu cette note.
11:05Je n'arrive pas à la répéter après.
11:07Enfin, ça a été un scandale.
11:08C'est très difficile, le quatre mains.
11:10C'était son rêve, maman, vraiment.
11:12Rêver de voir ces deux filles jouer ensemble.
11:15Et là, elle a dit, bon, mais malheureusement, ça ne va pas se faire.
11:18Ah oui, alors comment ça s'est fait ?
11:20Pourquoi vous avez insisté après cette catastrophique séance de piano à quatre mains ?
11:25Marielle, vous vous souvenez ?
11:27Après avoir pris toute la place ?
11:28Après avoir pris toute la place.
11:30En fait, on a fait nos études séparément.
11:33On a eu un prix séparément.
11:35Parce qu'en fait, il y a beaucoup de duos aujourd'hui qui commencent tout de suite.
11:40On a le cas de deux sœurs.
11:42Enfin, il y en a pas mal.
11:43Deux frères qui viennent nous voir.
11:45Et qui ont commencé tout de suite à jouer en duo.
11:47Et en fait, ça, je ne pensais pas une si bonne idée.
11:49Parce que je pense qu'il faut se développer un peu séparément.
11:51On connaît justement ses qualités.
11:54Et c'est ce qu'on a fait.
11:55On a eu un prix chacune séparément.
11:56Et ensuite, on a décidé qu'on voulait rester ensemble.
11:59En fait, on ne connaissait pas trop le répertoire pour deux pianos.
12:02Mais moi, je ne me voyais pas aller voyager quelque part qu'à Thierry ailleurs.
12:05On avait envie de rester ensemble.
12:07Donc, ça a commencé comme ça.
12:09C'est vrai qu'on peut le rappeler.
12:10Il n'y avait à la fois pas d'appétence pour les duos.
12:13À ce moment-là, enfin, le répertoire à deux pianos.
12:16C'était plutôt même ringard.
12:18Personne n'en voulait.
12:19Vous n'aviez pas, en effet, de connaissance du répertoire.
12:22Et vous vous êtes lancé peut-être à la poursuite de ce rêve, en effet,
12:26qui était celui de votre mère, de voir ces deux filles jouer ensemble
12:29sur toutes les plus grandes scènes du monde.
12:31Non, on l'a fait par amour.
12:32On l'a fait parce qu'on voulait rester ensemble.
12:34On savait déjà que c'était notre force, c'était d'être à deux.
12:38Et il y avait eu beaucoup de duos qui avaient existé,
12:42mais ça restait très local.
12:44C'est-à-dire, il y en avait en France, il y en avait aux États-Unis.
12:47Les connus aux États-Unis, ils n'existaient plus.
12:50Il n'y avait pas de remplacement.
12:52Il y en avait en Allemagne, mais qui était déjà un peu sur la fin.
12:57Donc, quand on a commencé, vraiment, il n'y en avait pas internationalement.
13:01Et je me souviens, les premiers concerts qu'on a fait à Boston,
13:04qu'on a fait à New York, les gens nous disaient
13:06« Ah, mais ça fait 29 ans qu'on n'a pas eu un piano de duo avec l'orchestre.
13:10Ça fait 32 ans qu'on n'a pas eu un duo de piano. »
13:13Et on s'est dit « Mais, OK, qu'est-ce que vous faisiez ? »
13:16C'est quand même bizarre.
13:19Il y a un beau répertoire, il y a des beaux concertos,
13:22il y a des choses magnifiques à deux pianos.
13:23Alors, on va reparler aussi de cette maison basque,
13:26baignée de musique et de lumière,
13:28où l'on vient s'asseoir au festin des horizons changeants.
13:32C'est la vôtre.
13:33Avant que vous débarquiez sur toutes les grandes scènes internationales,
13:36vous avez débarqué à Paris toute seule.
13:37Vous aviez 11 et 13 ans.
13:39Les Sœurs Labeck sont sur France Inter.
13:41France Inter.
13:44Mathilde Serrel.
13:48Photos de famille.
13:50Les Sœurs stars du piano.
13:52Les Labeck, Katia et Marielle sont dans ce nouvel épisode de Photos de famille
13:55et elles sont nées à Bayonne.
13:57Elles ont grandi à Andaï, au bord de l'océan.
14:10Je pose ici le décor sur un fond de champ basque que nous avons sélectionné.
14:14Oui, c'est joli.
14:16Je m'arrête sur cette photo de famille avec vous.
14:18Vous allez passer vos dix premières années dans cette maison à Andaï qui s'appelle
14:23la Villa Betty Argyan.
14:25Je ne sais pas si je le dis bien.
14:26Ça veut dire toujours dans la lumière en basque.
14:28Voilà.
14:28C'est ça.
14:28Elle représente quoi pour vous, cette maison, toutes les deux ?
14:31C'était notre famille.
14:33Il y avait nos parents et il y avait mon frère, il y avait ma sœur, il y avait tous
14:39les chiens qu'on recueillait sur la plage.
14:42On avait des petits canards, on avait une chèvre aussi.
14:46Et l'océan, oui.
14:48Oui, l'océan à trois minutes à pied.
14:52Et c'était vraiment le bonheur.
14:53C'était incroyable.
14:55Ça nous a donné une grande force, en fait, d'avoir cette base de vie, c'est-à-dire
15:03de ne pas naître dans une capitale, dans le bruit, dans la pollution.
15:07On a vraiment eu une vie très saine.
15:09Très saine et puis une vie en musique.
15:11C'est-à-dire à la maison, ça veut dire toujours en lumière, mais moi je veux dire
15:13aussi toujours en musique parce qu'en fait, comme à l'époque, il n'y avait pas énormément
15:19de concerts sur la Côte-Basque à Andaï, donc on écoutait beaucoup.
15:23Et maman était italienne de Torre del Lago, la ville de Puccini.
15:28Donc on écoutait beaucoup d'opéras et parfois mon père préférait Tébaldi, elle préférait
15:33Callas.
15:34Enfin voilà, on écoutait ça beaucoup et c'est très joyeux parce qu'il y avait toutes
15:36ses élèves qui venaient et qui jouaient déjà un peu à deux pianos ou à quatre mains.
15:41Donc en fait, la musique, c'est une chose très naturelle pour nous.
15:43Oui, vous disiez, c'est comme boire un verre d'eau dans votre maison.
15:45Oui, ce n'était pas quelque chose de dramatique.
15:47Ce n'était pas comme, oh mon Dieu, j'ai ma vocation.
15:51Non, c'était normal d'aller au piano, de jouer, d'essayer de chanter des mélodies,
15:56de les retrouver sur le clavier.
15:57C'est vrai qu'on a eu une enfance extraordinaire.
16:01Très très belle, avec des parents magnifiques.
16:02Votre père, médecin amateur de rugby.
16:06Ah pas amateur, il était champion de France.
16:09Champion amateur ?
16:10Champion professionnel.
16:13Professionnel ou amateur ?
16:14Mais non, à l'époque, les professionnels n'existaient pas.
16:17Mais il était champion de France en 1943.
16:20C'était un athlète.
16:22Il était magnifique.
16:22Ah oui, l'équipe de doger.
16:23Ah oui, c'était important.
16:24Médecin, rugbyman et mélomane.
16:27Et mélomane, oui.
16:28Et c'est comme ça qu'il rencontre votre mère.
16:30Oui, parce qu'il l'entend jouer au casino.
16:35Au casino d'Andaï-Plage,
16:37qui est un casino de style mauresque.
16:40Très très belle architecture.
16:44Et voilà, il tombe amoureux
16:46parce qu'il entend cette femme qui est magnifique quand même,
16:48avec des grands yeux verts, brunes, des cheveux longs.
16:51Et elle joue Chopin.
16:52Elle joue Chopin, qu'elle va beaucoup jouer dans votre maison,
16:54notamment une fantaisie, un impromptu.
16:57Fantaisie impromptue de Chopin, rêve d'amour de Liszt.
17:01C'était ses deux grands morceaux.
17:03Elle jouait ça souvent.
17:04C'est votre mère qui va vous pousser
17:06à faire cette carrière de pianiste,
17:09toutes les deux,
17:10qui vous met au piano dès votre plus jeune âge.
17:12Mais un jour, elle va vérifier si vous êtes douée quand même, non ?
17:14Oui, c'est-à-dire,
17:16elle n'avait pas besoin de me pousser beaucoup.
17:18Parce que franchement, j'y allais tout le temps.
17:21Marielle était...
17:22Oui, moi j'avais un peu moins envie.
17:24C'était moins naturel.
17:25Cathy allait y aller.
17:26Elle voulait improviser.
17:26Elle ne voulait pas apprendre le solfège.
17:28Elle disait à notre mère
17:30que ça l'embêtait d'apprendre les notes.
17:33Cathy allait aimer improviser.
17:35Donc c'était bien.
17:37D'ailleurs, elle aurait dû même continuer.
17:38Parce qu'après, une fois qu'on apprend
17:40justement les partitions,
17:42c'est difficile de revenir à l'improvisation.
17:44Notre base, c'est d'être classique.
17:45Mais voilà.
17:47Et vous, Marielle,
17:47vous vouliez faire du violon ?
17:48Et surtout, elle est à la plage ?
17:50Non.
17:50Voilà, c'est surtout ça, oui.
17:52Non, non.
17:53Moi, j'étais toujours éclatée.
17:55Avec les animaux, avec la plage.
17:58Et les tapis.
17:59On pouvait sauter sur les trampolines
18:01pendant des heures.
18:02Et je sautais toute la journée sur ce tapis.
18:04Je faisais l'ouverture du tapis,
18:05la fermeture du tapis.
18:07Et puis après, éventuellement,
18:08je travaillais un petit peu.
18:09Mais là, c'est vrai qu'elle nous a vraiment appris
18:10la discipline, le travail.
18:12On ne pouvait pas travailler et penser à autre chose.
18:14Là, vraiment, au moment où on était au piano,
18:15elle était très tendre et extraordinaire.
18:18Au moment où on travaillait,
18:19elle était assez dure.
18:21Parce que sinon, on se fait, comme elle dit,
18:22on se fait bouffer par les enfants, quoi.
18:24Et vous êtes allée voir votre sœur, Marielle.
18:26Vous êtes allée voir Katia,
18:26qui jouait à Paris,
18:28au Théâtre des Champs-Elysées.
18:30Une pièce de Mozart
18:31pour cette émission concours
18:32qui s'appelait
18:33Au Royaume de la Musique.
18:35Et c'est là que vous vous êtes dit
18:36tiens, je vais quand même m'y mettre.
18:38Et c'est ça.
18:39C'est exactement ça.
18:40Oui, ça m'a vraiment donné envie.
18:41De toute façon, avec maman,
18:42c'est difficile de résister.
18:44Parce que tous les enfants
18:45qu'elle approchait,
18:45elle voulait absolument qu'ils...
18:46Elle est convertissée.
18:47Ah oui, non, mais grave.
18:48Elle nous aurait fait faire du piano
18:50si vous l'aviez rencontrée.
18:51Mais là, ça a été un peu...
18:52Vous avez fait trois ans,
18:53c'était pas glorieux.
18:54Et Katia a été malade.
18:55Avec elle, ça aurait été glorieux.
18:56Toi, tu avais la...
18:57Je sais pas, elle avait de la fièvre.
18:58Je me souviens, Katia.
18:59Et là, j'ai trouvé courageuse,
19:00quand même,
19:01de venir sur scène
19:02et de jouer.
19:03Et puis après,
19:05voilà, c'est venu naturellement.
19:06Mais j'aimais la danse.
19:07J'aimais énormément la danse
19:08quand j'étais jeune.
19:10Et puis, voilà.
19:12Vous avez décidé
19:12de suivre votre sœur
19:13dans cette voie.
19:14Exactement.
19:14Et je le disais,
19:15votre mère,
19:16quand vous aviez 8 ans, Katia,
19:17et vous 6 ans, Marielle,
19:19elle va procéder
19:20à une sorte de vérification
19:21de votre don pianistique ?
19:23C'est sûr.
19:24Comment est-ce qu'on vérifie ça ?
19:25Elle fait venir un professeur...
19:27Elle était très amie
19:27avec Aldo Ciccolini,
19:29qui était un grand pianiste italien.
19:31Maman avait toujours
19:32ses racines italiennes très fortes.
19:35Et comme elle était amie avec Aldo,
19:37elle l'a fait venir à la maison.
19:38Elle lui a dit, écoute,
19:39Katia est obsédée avec l'instrument.
19:43Est-ce que vraiment,
19:44je dois l'entraîner là-dedans ?
19:47Et Marielle est très, très solide aussi.
19:50Elle est beaucoup plus jeune.
19:51Là, deux ans de différence,
19:53ça faisait beaucoup.
19:54Maintenant, aujourd'hui,
19:55ça ne compte plus.
19:56Ça ne compte plus tellement.
19:58Aujourd'hui, deux ans,
19:59c'est rien.
20:00C'est trois minutes.
20:04Et donc, on a joué pour lui.
20:06Et après ça, il lui a dit,
20:07oui, tu dois absolument...
20:08Il a tamponné le...
20:09Oui.
20:10Il a tamponné un départ
20:12qui est douloureux aussi,
20:12parce que c'est un arrachement.
20:14Vous quittez cette maison
20:14bénédiaire et de musique...
20:16Oui, on avait 11 ans et 13 ans
20:18et c'était affreux.
20:18Il fallait préparer
20:19le Conservatoire de Paris.
20:21Il fallait rentrer dans cette maison.
20:22On n'a pas des bons souvenirs
20:24parce que c'était...
20:25C'était une drôle d'époque
20:27et c'était une façon
20:28d'aborder la musique
20:29qui était pour nous
20:31pas naturelle.
20:32Parce qu'on peut jouer Mozart
20:35extraordinairement
20:35quand on a 7 ans
20:36parce qu'on n'a pas
20:38une tradition fausse.
20:40mais après,
20:40quand on rentre
20:41au Conservatoire de Paris
20:42et qu'on vous apprend
20:43que toutes les notes
20:44doivent être égales
20:45et que pour être sérieux,
20:47il faut jouer les mouvements
20:48lents très lents
20:49et les endantes très lents
20:51et des choses comme ça,
20:52on a vraiment envie
20:53de se révolter.
20:54Donc, oui,
20:56le Conservatoire de Paris,
20:58ça n'a pas été
20:59une période bénie.
21:01Dieu merci,
21:01on n'est pas resté longtemps,
21:024 ans,
21:03puis on est sortis
21:04avec un premier prix chacune.
21:05Et puis là,
21:06on a commencé à respirer.
21:07Alors, vous avez
21:0811 et 13 ans à l'époque.
21:10Ce qui est assez fou,
21:10c'est de vous imaginer,
21:11vous,
21:12ces deux fillettes à Paris
21:14dans un studio
21:15avec les deux pianos.
21:17La nounou,
21:18c'est ça ?
21:18Il y a quelqu'un quand même
21:19qui s'occupe de vous ?
21:20Il y a deux qui nous avaient
21:21vus naître
21:21et qui n'étaient pas mariés,
21:23qui n'avaient pas d'enfants,
21:25qui étaient complètement...
21:26Espagnol.
21:26On était comme ses enfants.
21:28Donc, elle,
21:28elle nous a suivis.
21:29Maman venait,
21:30elle prenait le train
21:31le jeudi soir,
21:34assise en deuxième classe
21:35et elle allait acheter
21:36toutes les courses en Espagne
21:39parce que c'était moins cher.
21:40On peut imaginer
21:40que le train est assez long
21:42pour venir de la Côte-Basse
21:43jusqu'à Paris.
21:44C'est toute la nuit.
21:45Donc, elle arrivait
21:46le vendredi matin,
21:47elle était vendredi,
21:48samedi, dimanche
21:48et le dimanche soir,
21:50elle repartait évidemment
21:51avec le même train de nuit
21:54mais beaucoup plus légère
21:55parce que toutes les victuailles
21:57restaient chez nous.
21:58Oui, c'était difficile.
22:00À l'époque,
22:00je savais très bien
22:01qu'en restant à Honda
22:02et on n'allait rien faire.
22:04Donc, elle voulait nous donner
22:04cette chance
22:05et puis après,
22:06elle le disait elle-même.
22:07Elles sont libres.
22:08Si elles veulent arrêter la musique,
22:09elles arrêteront la musique.
22:10Mais pour jouer du piano
22:11ou du violon,
22:12il faut commencer très, très tôt.
22:13On ne peut pas commencer
22:13le piano à 20 ans.
22:15On disait,
22:15c'est impossible.
22:17Une technique vraiment
22:17qu'il faut acquérir très tôt.
22:19Donc, c'était pour elle
22:20un sacrifice.
22:21Tout le monde lui disait,
22:22mais tu es folle,
22:22l'envoyer ta fille à Paris,
22:24il ne faut jamais faire ça.
22:24Et on s'en est rendu compte.
22:27Et en fait,
22:28on a vraiment travaillé beaucoup
22:30et on était heureuses
22:31de le faire aussi pour eux
22:32parce qu'elle a cru en nous.
22:34Elle savait qu'on allait travailler.
22:37Et nous ont fait confiance.
22:38Papa aussi.
22:39Parce que pour papa,
22:41à l'époque,
22:41il avait tous ses copains
22:42qui lui disaient,
22:43mais t'es fou,
22:44t'envoies deux filles à Paris,
22:46mais c'est un lieu de perdition
22:47et tout ça.
22:48Et il était très cool avec ça.
22:50Et mon père était vraiment
22:51un avance de son temps.
22:54Oui, parce qu'il faut préciser
22:55que là, on est dans les années 60.
22:57Donc, voilà,
22:58on n'envoie pas
22:59de fillettes à Paris
23:01avec des chevelus,
23:03des gens avec des t-shirts trop courts.
23:04Qu'est-ce qui peut se passer encore ?
23:05Absolument.
23:05Mais pour vous, Marielle,
23:07aussi, ça va être un moment
23:08où Katia,
23:08vous prenez la position maternelle
23:11aussi dans votre duo.
23:13Elle s'occupait de moi.
23:14Et puis, en fait,
23:15on partait aux cours ensemble.
23:17Il fallait prendre le bus,
23:18le métro.
23:19C'était assez compliqué.
23:20On habitait loin.
23:21On avait ce tout petit appartement.
23:24Je me souviens,
23:25c'était trois toutes petites pièces.
23:27Et quand on ouvrait
23:27les portes des chambres,
23:28comme ça,
23:29on pouvait jouer un peu
23:29à deux pianos.
23:31C'était drôle.
23:33La configuration.
23:34Et vous allez prendre
23:35une décision, Katia,
23:37qui est très importante.
23:38C'est que vous n'êtes pas
23:38dans la même classe au départ.
23:39Et vous allez, vous,
23:41un peu vous rétrograder
23:42pour être en même temps
23:43que Katia,
23:45que Marielle dans le même cours.
23:46Elle était trop petite
23:47pour aller à pied,
23:49prendre le bus,
23:50pour aller à pied,
23:51pour prendre le métro
23:52et ensuite arriver à Saint-Augustin
23:54et remonter jusqu'à la rue de Madrid.
23:56C'était impossible.
23:57Donc, j'étais en supérieur.
23:58J'ai démissionné.
24:00Les gens m'ont dit,
24:00mais vous êtes complètement folle.
24:02On ne démissionne pas
24:03d'un supérieur
24:04pour se préparer en préparatoire.
24:06Donc, effectivement,
24:07ce concours-là,
24:07quand j'ai démissionné
24:09du supérieur
24:09pour aller en préparatoire,
24:11oui, j'étais un peu stressée
24:12parce que là,
24:13si je démissionnais du supérieur
24:14et que je ratais
24:15l'entrée en préparatoire,
24:16ça ne la faisait pas.
24:18On ne sait jamais.
24:19On ne sait jamais.
24:20Alors, mais ça l'a fait
24:21et c'est assez fou
24:22quand on y pense.
24:24C'est une bifurcation fondamentale
24:25dans votre parcours
24:26parce que c'est ce qui fait
24:27que vous allez sortir
24:28ensemble du conservatoire,
24:30même si vous avez
24:30chacune un prix.
24:32Complètement.
24:32Et c'est ça qui construit
24:35votre carrière.
24:36Oui, oui, absolument.
24:37Si ça ne s'était pas produit
24:38à ce moment-là,
24:39on n'aurait pas
24:39l'essentiel avec.
24:40On s'est retrouvés
24:40donc la même année
24:41à passer le concours des prix.
24:42Il y avait je ne sais pas
24:42combien de candidats.
24:44On était peut-être 60 ou plus
24:45et on a tiré deux numéros
24:47genre 18-19 ou 16-17.
24:49Je ne me souviens pas.
24:49C'était tout.
24:50Et moi, je passais après elle
24:51et je me souviens
24:52qu'elle avait très,
24:53très, très bien joué.
24:54Il y avait Brahms et Ravel
24:57et elle avait super bien joué Brahms.
24:59Je me suis dit
24:59bon, il faut que je me rattrape
25:01sur Ravel.
25:02Et vous gagnez donc
25:03toutes les deux.
25:03Mais ils font un peu
25:04une exception aussi.
25:05C'est la première fois
25:06dans les annales du conservatoire.
25:08Dans les annales du conservatoire
25:09de Paris,
25:10ça ne s'était jamais trouvé
25:11que deux sœurs
25:12la même année
25:13sur la même discipline
25:14en piano solo
25:15et chacune un premier prix.
25:17Et l'année suivante,
25:18les Sœurs la bec,
25:19vous êtes à la télé
25:20à la RTF 1969.
25:27Allez voir ainsi
25:28sagement assises côte à côte,
25:30on pourrait bien les prendre
25:31pour ce qu'elles sont.
25:32De jeunes filles
25:33de bonne famille
25:34distillant choubert
25:35à quatre mains.
25:37Cela pourrait être
25:38seulement cela.
25:39Or c'est autre chose aussi.
25:41Car Katia
25:42et Marielle la bec,
25:43celles-là même
25:44que leurs amis
25:45appellent affectueusement
25:46les petites la bec,
25:48ne sont pas des velléitaires.
25:49Et il y a longtemps déjà
25:50qu'elles ont choisi
25:51de vivre par la musique
25:53et pour la musique
25:54ensemble,
25:55lui sacrifiant
25:56tout ce qui fait
25:57pour les autres
25:57une jeunesse insouciante.
25:59Elles ont fait ce choix,
26:01n'en ont jamais dévié
26:02et le premier prix de piano
26:03obtenu cette année
26:04dans la classe
26:04de Mme Lucette-Descaves
26:06au Conservatoire de Paris
26:07a effacé
26:08les derniers sourires
26:09sceptiques
26:09qui jalonnaient encore
26:10leur marche au succès.
26:13Une histoire
26:14qu'elles nous ont contée
26:15et qui nous entraîne
26:16maintenant
26:16dans le royaume
26:17enchanté de la musique.
26:19Qui a effacé
26:20les derniers sourires
26:22sceptiques
26:23qui quoi ?
26:23qui ombrageaient
26:24leur marche
26:24de succès.
26:25C'est bon,
26:25en 1969,
26:27les Sœurs Labeck,
26:28ça vous fait quoi
26:28de vous réécouter
26:31jouer déjà ?
26:32Et puis,
26:33comment vous êtes présentées
26:34les petites Labeck ?
26:36Pas grand-chose,
26:37je ne suis pas du tout
26:37nostalgique.
26:40Et les sourires sceptiques,
26:42il y en a toujours eu
26:43tout le long
26:44de notre vie.
26:45C'est ça.
26:45Donc ça fait partie,
26:46c'est quelque chose
26:47de normal.
26:48Je veux dire que
26:48si tu sors ta tête
26:50du groupe,
26:51tu prends le risque
26:52de te la faire décapiter,
26:54donc ce n'est pas grave.
26:57Marielle,
26:58vous vous souvenez
26:59de cette arrivée
27:00à la télé en 1969 ?
27:01Alors là,
27:02je veux dire,
27:02pas du tout.
27:03Vous êtes des modèles
27:03pour les jeunes filles.
27:05Il faut vous présenter
27:06aussi comme ça.
27:08Je ne me souviens pas,
27:08mais je me souviens
27:09que oui,
27:11il se prit
27:12la même année
27:13et que les gens
27:14ont parlé
27:14et puis les gens
27:15se sont souvenus
27:16de nous
27:16parce qu'on était
27:16deux sœurs.
27:17C'est ça.
27:18Je me souviens
27:18de deux sœurs
27:18qui sont passées
27:19à la télévision.
27:20c'est une image
27:20qui reste.
27:20C'est une image
27:21qui reste.
27:21C'est une belle image
27:22d'ailleurs.
27:23Lorsqu'on voit
27:23les petites sœurs
27:24qui viennent nous voir,
27:25ces deux petites jumelles
27:27allemandes
27:28avec des cheveux rouges,
27:29toutes les deux
27:29avec des cheveux rouges
27:30comme ça,
27:30elles étaient au premier rang
27:31d'un concert
27:32à l'arrière.
27:33Oui,
27:33elles jouaient du piano
27:34et c'est joli
27:36si on peut leur donner
27:37envie de faire la musique.
27:38Vous avez compris
27:40à ce moment-là
27:40qu'il y avait
27:41quelque chose
27:42qui jouait
27:42avec les sœurs
27:43Labeck.
27:43Je ne dis pas
27:44que vous avez fait
27:44du marketing en avance
27:45mais vous vous êtes
27:46quand même dit
27:47qu'il y a un truc
27:47qui va fonctionner
27:48dans ce duo.
27:48Non,
27:49pas vraiment
27:50et puis je crois
27:50que surtout
27:51quand on a commencé
27:52à jouer
27:52on n'avait aucune idée
27:53si on allait rester
27:54ensemble pendant un an
27:55ou deux ans.
27:55C'est un peu comme
27:57tu te maries
27:58tu ne sais pas
27:58si ça va durer
27:59toute ta vie
28:00ou vous allez divorcer
28:01au bout de six mois.
28:03On n'a aucune idée.
28:04Je crois que chaque...
28:05À ce moment-là
28:06vous ne savez pas
28:07et vous continuez
28:07à ne pas savoir
28:08parce qu'on vous pose
28:08la question très souvent
28:09dans les interviews.
28:10Oui
28:10et vraiment
28:11on continue à ne pas...
28:13Franchement
28:13on n'a pas de recettes.
28:14C'est la vie
28:14qui décide un peu
28:15il n'y a pas de recettes
28:16sinon ce serait trop facile
28:17et puis surtout
28:18ça dure le temps
28:19que ton désir dure.
28:21Si demain
28:21je me réveille
28:22et je n'ai plus envie
28:24de faire ça
28:25eh bien
28:25on ne peut pas
28:27mentir là-dessus.
28:28Donc
28:28il se trouve juste
28:29qu'on a toujours
28:30ce désir-là.
28:31Ça c'est le vrai miracle.
28:33Marielle
28:33on va partir aux Etats-Unis
28:35avec votre sœur Katia
28:36on va ouvrir
28:37un nouveau chapitre
28:37puisque
28:38après cette ascension
28:39française
28:40vous allez découvrir
28:42les Etats-Unis
28:42vous allez découvrir
28:43Georges Gershwin
28:44on parlait
28:45des sourires sceptiques
28:46mais alors
28:47vous allez ensuite
28:47à la télévision
28:49américaine
28:49et vous allez
28:50jouer un compositeur
28:51américain
28:52oh et ça
28:53à l'époque
28:54c'est aussi assez audacieux
28:55on vous écoute.
28:56Rhapsody in Blue
28:56will be out in combat
28:57Will you welcome
28:58Katia and Marielle Lebec
28:59à la télévision
29:29à la télévision
29:29des cuisiner
29:31on est en 1985
29:36et vous êtes à la télévision
29:38américaine
29:39Katia et Marielle Lebec
29:40vous êtes avec
29:41ce Gershwin
29:43Rhapsody in Blue
29:45et ce qui est assez fou
29:46en fait
29:47c'est que le présentateur
29:48vous dit
29:49mais c'est Johnny Carson
29:51il n'y a pas d'oeuvre
29:51de Gershwin
29:52pour deux pianos
29:53qu'est-ce qui se passe
29:55déjà il est un peu étonné
29:56mais c'est l'original
29:57George Gershwin
29:58n'a jamais écrit
29:59Rhapsody in Blue
30:00l'orchestration lui-même
30:02donc ça c'est vraiment
30:03la version originale
30:04et oui il était étonné
30:06mais Johnny Carson
30:07c'était un mythe
30:08aux Etats-Unis
30:09c'était vraiment l'émission
30:10que tout le monde regardait
30:12et je me souviens
30:13il me demande
30:13mais est-ce que vous avez
30:15regardé cette émission
30:16je dis mais oui
30:16parce que justement
30:17récemment
30:18vous avez fait une blague
30:19sur les sushis
30:20où il venait de dire
30:21qu'il venait
30:22que les sushis
30:23c'était plus in
30:24et c'était dommage
30:25parce qu'il venait à peine
30:26de savoir comment les cuisiner
30:27évidemment c'était rigolo
30:29et j'ai dit
30:30mais justement
30:31personne n'avait compris
30:32cette blague
30:33vous lui avez dit en gros
30:34qu'il faisait mal son boulot
30:35qu'il faisait des blagues
30:36pas drôles
30:37il a rigolé
30:38parce que je crois
30:39qu'il ne s'attendait pas à ça
30:41et Marielle
30:42comment vous avez découvert
30:43à ce moment-là aussi
30:43le répertoire de Gershwin
30:44parce que
30:45c'est quelque chose
30:46que vous n'aviez pas
30:47dans vos bottes
30:48jusqu'ici
30:49non
30:49parce qu'on a entendu parler
30:51beaucoup de Gershwin
30:51lorsqu'on est allé
30:53pour la première fois
30:54à Los Angeles
30:54moi je ne parlais même pas anglais
30:55en 79
30:56pour jouer le concerto
30:58de Luciano Berrio
30:59donc ça c'était
30:59on est dans un répertoire
31:00très très dur
31:01donc là c'est de la musique
31:02plutôt contemporaine
31:03très exploratrice
31:04très exploratrice
31:05exactement
31:06très difficile
31:07et on a eu un super rapport
31:08enfin on a travaillé
31:09beaucoup avec Luciano
31:10et on a fait beaucoup
31:11de concerts ensemble
31:12donc c'était important
31:14et là on a entendu parler
31:15de George Gershwin
31:16donc on a
31:17oui on a commencé
31:19à travailler
31:20mais ce qui a été
31:21et joué cette partition
31:23et l'enregistrer
31:24mais ce qui était
31:25très joli
31:25c'est qu'un jour
31:26on a reçu
31:26notre propre disque
31:27qui venait donc
31:28des Etats-Unis
31:29de Los Angeles
31:30et qui était signé
31:31il y avait un petit papier
31:32avec l'autographe
31:33de George Gershwin
31:34et une lettre
31:34de Ira Gershwin
31:35qui est son frère
31:36pas sa soeur
31:37et ça on était
31:39tout à fait intrigués
31:39je pensais que c'est
31:40quelqu'un qui nous a eu
31:40une blague
31:41mais non c'était vrai
31:42et en fait
31:42Ira voulait nous rencontrer
31:45il était âgé
31:46à l'époque
31:46il était assis
31:47sur sa chaise
31:48avec une couverture
31:49et il écoutait
31:50tous les disques
31:50tout ce qui sortait
31:51sur son frère
31:52c'était très beau
31:53donc il a voulu
31:54nous rencontrer
31:55donc voilà
31:56on était là
31:57toute jeune
31:58et on était là
31:59à Los Angeles
32:00dans la maison
32:00de George Gershwin
32:01on a joué sur son piano
32:02on a écouté
32:02beaucoup d'enregistrements
32:04il nous a donné
32:05beaucoup de partitions
32:06il nous a donné des partitions
32:07dans un américain à Paris
32:09qui était vraiment aussi
32:10original pour deux pianos
32:11donc en fait
32:11on jouait du Gershwin
32:12mais pas tel
32:14qu'il l'avait lui pensé
32:15donc son frère
32:16était heureux
32:17de tomber sur vous
32:18pour que vous finissiez
32:19le travail
32:19et il a dit
32:20vous avez tellement bien joué
32:21mon frère aurait adoré
32:23on a l'impression
32:24que vous avez
32:24des petites étincelles
32:25il nous a dit
32:26quelque chose
32:26de très joli
32:27de très poétique
32:28et finalement
32:29on a fait même
32:30l'ouverture du musée
32:31George Gershwin
32:32c'était à Washington
32:33je crois
32:33donc c'était étonnant
32:35de deux françaises
32:37on a été
32:38complètement soutenus
32:39par la famille
32:40Gershwin
32:40donc ça c'était important
32:41effectivement
32:42et pour l'ouverture du musée
32:44on jouait
32:44sur les deux pianos
32:46dont un était à George
32:47et l'autre
32:47était à Aera
32:48donc son frère
32:49donc c'était
32:51très symbolique
32:51c'était un très très beau moment
32:53ça vraiment
32:53je me souviens de ce moment
32:54quand on s'est retrouvés
32:55face à face
32:56avec Aera
32:57j'étais très émue
32:58je dois dire
32:59je me suis rendu compte
33:00c'était étonnant
33:01et comme lorsqu'on a reçu
33:02ce CD
33:03avec le petit autograph
33:05de Georges
33:06c'était étonnant
33:07il y avait
33:08à ce moment-là
33:09un snobisme
33:11pour
33:11on parlait
33:12de ces têtes
33:14qui dépassent du rang
33:14et qu'on a vite fait
33:16de couper
33:16disait
33:17Katia Labec
33:18il y avait un snobisme
33:19pour les compositeurs
33:20américains
33:21c'était pas de la grande musique
33:23par rapport à justement
33:24à cette musique
33:25exploratrice
33:26à l'indice française
33:27vous étiez de cette école-là
33:29quand même
33:29parce que vous avez commencé
33:30avec Messiaen
33:31on avait trahi
33:32on passait
33:34d'Olivier Messiaen
33:36de Luciano Berio
33:37de Pierre Boulez
33:38de Giorgi Ligeti
33:40on passait de là
33:42à une musique
33:42qui tout d'un coup
33:44n'était pas populaire
33:45en France
33:46mais grâce au
33:47Grand Chichiqué
33:48de Jacques Chancel
33:49devient populaire
33:51et quand on a commencé
33:53à jouer Gershwin
33:54personne ne jouait Gershwin
33:56et en tout cas
33:58pas cette version
33:59à deux pianos
34:00mais ça a continué
34:01parce que quand on a commencé
34:03quand on a commencé
34:04à jouer
34:04Philippe Blass aussi
34:05des années plus tard
34:07en 2011
34:08vraiment Philippe
34:09n'était pas joué beaucoup
34:10dans les grandes salles
34:11de concert classique
34:12et je crois que c'est
34:14justement
34:14Luciano Berio
34:15qui disait à propos
34:16de John Cage
34:17autre grand compositeur
34:18américain
34:19c'est comme dessiner
34:20une moustache
34:21à la Joconde
34:21et en même temps
34:23il adorait Cage
34:24il ne comprenait pas
34:25pourquoi Cage
34:25qui était tellement
34:26intelligent
34:27tellement malin
34:28qui était un si grand
34:29compositeur
34:30pourquoi il faisait
34:31des choses pareilles
34:33et Marielle
34:34on parlait de snobisme
34:35à l'instant
34:36mais il y a eu
34:36ce snobisme
34:37par rapport
34:38à cette carrière
34:39télévisée
34:39là c'est pas pour rien
34:41qu'on a choisi
34:41deux archives télévisées
34:43c'est aussi pour se projeter
34:44dans la modernité
34:45que ça représente
34:46à l'époque
34:47oui
34:47deux sœurs
34:48qui sont à la télévision
34:50grand public
34:50qui courent les plages
34:52de télé
34:52comme les stars
34:52de variété
34:53pour le monde
34:54du classique
34:54oui c'est sûr
34:55vous êtes carrément
34:56exogènes
34:58maintenant c'est l'inverse
35:00maintenant c'est
35:00complètement l'inverse
35:01si les jeunes artistes
35:03ne courent pas
35:03les plateaux télé
35:05c'est pas bien vu
35:06mais à l'époque
35:07c'était mal vu
35:09à l'époque
35:10c'était mal vu
35:12alors dans ces plateaux télé
35:13dans vos itinérances
35:15donc de plateaux télé
35:16il y en a une
35:17qu'on a retenue
35:17qu'on aime beaucoup
35:18vous êtes sur le plateau
35:19de nulle part ailleurs
35:20avec Antoine de Cône
35:22on l'adore celle
35:23José Garcia
35:24Philippe Gildas
35:26à la présentation
35:27c'est Canal Plus
35:28Katia
35:29Marielle
35:30nous sommes les frères
35:31verseurs
35:34vous au conservatoire
35:35vous avez obtenu
35:36le premier prix
35:37ex aequo
35:38quelle coïncidence
35:39Marielle
35:39c'est mon frère
35:42et moi même
35:44nous avons été
35:44les deux seuls
35:45candidats
35:46refusés
35:46au concours d'entrée
35:47le même jour
35:50quelle coïncidence
35:53quelle coïncidence
35:55alors nous allons
35:56expérimenter un peu
35:57de musique expérimentale
35:58devant vous
35:59il s'agit d'une pièce
36:00intitulée
36:01quel est donc
36:01le farceur
36:02qui pelote le cul
36:03de verseur
36:04oh
36:05j'en sais
36:073
36:084
36:113
36:124
36:13quel est donc
36:14le farceur
36:15qui pelote le cul
36:16de verseur
36:16quel est donc
36:17le farceur
36:18qui pelote le cul
36:19de verseur
36:23c'était tellement drôle
36:25c'est un tout petit piano joué
36:26c'était tellement drôle
36:28très drôle
36:28très difficile de jouer
36:29après ça
36:30je veux dire
36:31de se concentrer
36:32on riait tellement
36:33c'était tellement drôle
36:34on s'est vraiment amusé avec
36:35mais vous étiez
36:36la bec
36:37on dit qu'on était sur la fiche
36:38la bec
36:39la bec vers
36:41attention sacrée blague
36:43ça c'est resté
36:44et vous êtes
36:45aussi à ce moment-là
36:45on vous propose
36:46un huit mains
36:46avec les frères
36:48vous n'allez pas forcément
36:50accepter
36:50il n'y a pas un grand répertoire
36:51il n'y a pas un grand répertoire
36:52mais on regrette
36:53qu'il n'ait pas été écrit
36:55on peut encore
36:56ils sont là
36:57Antoine Deconé
36:58et José Garcia
36:59on peut le faire
37:01la bec verser
37:02si vous êtes disponible
37:03en tout cas
37:03on peut relancer
37:05ce projet
37:06vous vous allez à ce moment-là
37:08aussi détonner dans le paysage
37:10avec vos looks
37:11incroyables
37:11vous avez
37:12une science comme ça
37:13des apparitions
37:15en Asi d'Inalaya
37:16en Ricardo Ticci
37:17en Givenchy
37:18ça c'est des choses
37:20qui ne se passent pas du tout
37:20dans votre milieu
37:21non mais on a eu
37:22une amie merveilleuse
37:23Colum Pringle
37:24qui était à l'époque
37:25la directrice du L
37:27et elle nous a présenté
37:29Asdine
37:29elle nous a présenté
37:30Yamamoto
37:31elle nous a présenté
37:32Issei Miyake
37:32et on a effectivement
37:34et plus tard
37:35Ricardo Ticci
37:36qui est vraiment extraordinaire
37:38et ça nous a toujours
37:41intéressé
37:41et Peter Copping
37:44aussi
37:44pour lequel on a joué
37:45on a joué pour son défilé
37:47quand il était chez Nina Ricci
37:48il est revenu chez Lanvin
37:49maintenant
37:49ça nous intéresse tout le temps
37:51parce que
37:53pour nous
37:53c'est une façon
37:54aussi de se sentir bien
37:55sur scène
37:57mais ça détonne
37:58Marielle à ce moment-là
37:59est-ce que ça joue
38:00sur la crédibilité ?
38:02mais en fait
38:03en même temps
38:03on a eu aussi
38:04des vêtements
38:04très classiques
38:06je me souviens
38:06des premières tenues
38:07dont nous avait parlé
38:08Colum
38:09elle trouvait très beau
38:11qu'on arrive en smoking
38:12toutes les deux
38:12avec des chaussures plates
38:13c'était très chic
38:14je me sentais bien
38:15aussi dans ses vêtements
38:16pour moi
38:16ça a été toujours important
38:17oui on n'était pas
38:18en mini-jupe
38:19parce que moi j'ai trop froid
38:20s'il n'y a pas 28 degrés
38:21dans la loge
38:22il paraît que vous
38:22vous mettez radiateurs partout
38:23vous allez
38:24complètement
38:25je suis la seule en ce moment
38:26qui n'a pas souffert
38:27de la canicule
38:29je m'en excuse d'ailleurs
38:30vraiment
38:31je prie tout le monde
38:32de m'en excuser
38:32mais j'ai continué
38:33à dormir avec ma couette
38:36alors il y a aussi
38:37ce monde de stars
38:39finalement dans lequel
38:39vous vous entrez
38:40à ce moment-là
38:40on est parti d'Andaï
38:42et là on est
38:43dans des enregistrements
38:44avec Sting
38:44qui va vous présenter Madonna
38:46vous allez faire
38:47un disque collégial
38:48avec
38:48une chanson collégiale
38:49avec Elton John
38:50comment vous vivez
38:51ce moment-là
38:52je ne sais pas
38:53ça se passe
38:54très simplement
38:55on est à une fête
38:56à Londres
38:58Marielle n'est pas là
38:59d'ailleurs
38:59je suis toute seule
39:01parce que Marielle est du jour
39:02et vous de la nuit
39:03c'est ça
39:03oui c'est ça
39:04donc là c'était un peu tard
39:05et je vois une jeune femme blonde
39:08très jolie
39:09qui arrive
39:09qui me dit
39:09mais on me dit
39:10que tu es pianiste
39:11je dis bah oui
39:11je suis pianiste
39:13elle me dit
39:13mais comment je peux faire
39:14pour savoir
39:15je dis mais t'as qu'à venir
39:17à la maison
39:17et puis je vais jouer pour toi
39:19avec ma soeur
39:20et bien d'accord
39:21je viens à Paris
39:23dans 8 jours
39:24et je viendrai
39:25donc elle téléphone
39:26elle arrive à 11h du soir
39:28avec Jean-Paul Gaultier
39:30qui nous a fait d'ailleurs
39:31des vêtements extraordinaires
39:32et cette femme
39:33c'était Madonna
39:36mais vraiment
39:36qui va devenir
39:37votre proche
39:38oui quand elle dit
39:39qu'elle fait un truc
39:40vraiment elle le fait
39:41c'est quand quelque chose
39:44l'intéresse
39:44elle a fait apprendre
39:46le piano
39:47à ses 4 filles
39:49et merci
39:50joue bien d'ailleurs
39:51donc elle
39:52oui elle est quand même
39:53très déterminée
39:54bon ça c'est le moins
39:55qu'on puisse dire
39:56et Marielle
39:57vous allez aussi
39:58travailler avec elle
39:59alors on vous voit
39:59dans le documentaire
40:00I'm going to tell you a secret
40:01c'est en 2005
40:03et puis vous allez
40:04la convaincre de travailler
40:05parce que vous avez monté
40:05aussi votre structure
40:06votre label
40:07vous avez votre studio
40:08à Rome
40:09les Sœurs-Labeck
40:09vous avez construit
40:10l'Empire
40:11non mais
40:14vous allez aussi
40:15travailler avec Calacan
40:16et Madonna
40:17c'est vous qui lui présentez
40:18ces petits percussionnistes basques
40:19absolument
40:20et elle les adore
40:21parce que pour une fois
40:22elle entend parler des gens
40:23dans une langue
40:24qu'elle ne connait pas
40:26et une culture
40:27dont elle n'a aucune idée
40:28Marielle c'est qui
40:29c'est Calacan ?
40:30ils sont formidables
40:31comment vous les trouvez ?
40:32vous ne signez pas
40:33que des musiciens basques
40:34mais en tout cas
40:34vous avez eu un
40:35beaucoup de musiciens
40:36évidemment au Pays Basque
40:37on a beaucoup travaillé
40:38avec Thierry Viscary
40:39ils sont tous merveilleux
40:40puis on a redécouvert
40:41un peu le Pays Basque
40:42qu'on avait abandonné
40:43quand même
40:44pendant pas mal d'années
40:45un peu grâce à eux
40:46et on a reécouté
40:48beaucoup de chants basques
40:50parce que tous les basques
40:50chantent tout le temps
40:51même après les repas
40:52des fêtes
40:53au moment des fêtes
40:54de fin d'année
40:56c'était très beau
40:57et donc
40:59Madonna était venue une fois
41:00sur la Côte Basque
41:01et on ne savait pas
41:02trop quoi faire
41:03elle connait tout
41:04elle a tout vu
41:04tout entendu
41:05et on avait pensé
41:06à inviter ces musiciens basques
41:07donc ils ont chanté pour elle
41:08et là elle a adoré
41:10tout ce qu'ils ont fait
41:11et elle a décidé
41:13de les amener
41:13en tournée avec eux
41:14ils n'avaient même pas
41:14un passeport
41:15ça a été pour eux
41:16une espèce de révolution
41:17la tournée MDNA
41:19c'était extraordinaire
41:21et moi j'ai vu le show
41:22elle a lancé un moment
41:23avec un beret basque
41:25ça m'a fait rire
41:26mais c'est bien
41:26c'est même bien
41:27pour le pays basque
41:28pour le pays basque
41:29mais nous on n'a pas fait
41:30grand de projet
41:31enfin musicalement
41:32on ne fait pas vraiment
41:34les mêmes musiques
41:35mais
41:36mais vous avez fait
41:37quand même la connexion
41:38voilà
41:38Madonna
41:39Canacan
41:40absolument
41:40entre les yeux
41:41on partait en tournée
41:42vraiment longtemps
41:43ça durait pendant un an
41:44c'est incroyable
41:45et est-ce qu'on pourrait justement
41:47vous écouter
41:48dans ces racines
41:49que vous infusez
41:50parfois dans vos compositions
41:52dans vos productions musicales
41:54c'est un boléro de Ravel
41:56avec des percussionnistes basses
41:58justement
42:29on est un peu au croisement
42:31de la matrice Labeck
42:33je dirais d'une certaine manière
42:35parce que Ravel
42:35c'est la figure tutélaire
42:38c'est l'obsession de votre mère aussi
42:40sur le point de la composition
42:41Ravel naît aux Pays-Bas
42:42il y revient chaque année
42:44il adorait les musiciens basses
42:46il allait en montagne
42:48écouter cette musique populaire
42:50et voir les gens danser
42:51on dit qu'il a commencé
42:53le boléro sur la plage de Cibourg
42:55en écrivant le rythme
42:56sur la plage
42:58enfin sur le sable
42:59vrai ou faux
43:00et effectivement
43:01ils sont extraordinaires
43:02parce qu'ils sont très nature
43:03on les fait venir
43:04on leur dit même pas
43:05au début
43:05pour qui ils vont jouer
43:07là vous parlez de Canacan
43:08de Canacan
43:08après elle arrive
43:10mais ça fait pas
43:11plus d'effet que ça
43:13et on joue
43:14voilà
43:14on joue le boléro
43:15quelle place elle a
43:17Marielle, Katia
43:18la racine aussi italienne
43:20de votre mère ?
43:21pour moi c'est énorme
43:23pour moi c'est
43:23j'adore l'Italie
43:24j'adore vivre à Rome
43:26on est arrivés de Rome
43:28vraiment
43:30il n'y a pas longtemps
43:31et j'adore ce pays
43:35c'est là où vous avez votre studio aussi
43:36oui on a le studio
43:38on a l'appartement
43:39on a la vie
43:40c'est comme un petit village
43:42on vit dans un quartier
43:44mais qui est la Roma Barocca
43:46et c'est vraiment
43:47comme un petit village
43:48on connait les magasins
43:50on connait tout le monde
43:51c'est une très belle vie
43:53et Marielle
43:54comment ça vous
43:55vous voyez cette influence basque
43:57italienne
43:59vous en êtes loin
44:00maintenant
44:01ou ça vous travaille un peu
44:03peut-être comme l'enfance
44:04vous travaille
44:04ce qui est beau
44:05c'est de pouvoir changer
44:06justement
44:06c'est ça qui est bien
44:07en fait on voyage tellement
44:09donc en fait on ne sait pas ce que c'est
44:10d'habiter dans un pays
44:11parce que nous chaque année
44:13est différente
44:14tout dépend des concerts qu'on a
44:16c'est vrai
44:17c'est la routine
44:18on a une très belle vie
44:19très compliquée
44:20logistiquement
44:21c'est vraiment assez difficile
44:23mais la routine
44:24on ne connait pas
44:25on n'a pas du tout
44:25la notion d'un week-end
44:27voilà
44:28parfois on est là
44:28parfois on...
44:29bon
44:29mais ce qui est bien
44:30c'est de pouvoir changer
44:31parce que moi
44:32ce qui me concerne l'été
44:33par exemple en Italie
44:35c'est quand même très très chaud
44:36même si Katia ne souffre pas
44:38et moi vraiment je souffre
44:39donc j'aime bien
44:40me retrouver un peu
44:40sur la côte basque
44:42je me mets dans l'eau
44:43j'attends que la chaleur
44:44de la canicule passe
44:45et comment vous vivez
44:47ce retour
44:47sur la côte basque
44:49maintenant que vos parents
44:49n'y sont plus
44:50alors que ça devait être une joie
44:51j'imagine
44:51ça a été dur
44:52c'est très dur
44:53au début ça a été très difficile
44:55au début ça a été très difficile
44:56parce qu'on a l'impression
44:57qu'il manquait vraiment
44:58justement la racine
45:00il manquait le plus important
45:01s'habituer à
45:04à retourner
45:05sans les voir
45:05ils venaient toujours
45:06nous chercher à l'aéroport
45:08ils venaient tous les deux
45:09et puis ensuite mon père
45:10venait tout seul
45:10et puis après
45:11il n'était plus là
45:12donc oui
45:12ça n'a pas été facile
45:14mais c'est un peu
45:15ce qui a été notre vie
45:16en fait avec Katia
45:17ce qui a été beau
45:18c'est de partager
45:18des moments magnifiques
45:19des moments où c'est amusé
45:21des moments où on a
45:22on a pleuré beaucoup
45:23on a eu peur en avion
45:25je crois que c'est ça
45:26qui est beau
45:26c'est 55 ans
45:27de métier
45:27d'enregistrement
45:28mais de tout
45:29tout le reste en fait
45:30et de tout ce qu'on a partagé
45:32depuis le début
45:38en 2000
45:39à l'aube du 21ème siècle
45:41Tom York et Radiohead
45:42le groupe de la région
45:43d'Oxford
45:44publie ce chef-d'oeuvre
45:46Everything in its right place
45:47et vous imaginez bien
45:48qu'au début des années 2000
45:49en fait
45:50rien n'est à sa place
45:51c'est sur l'album
45:52Kid A
45:53et pour l'une des sœurs
45:55Katia Labeck
45:55nos invités dans
45:56Photos de famille
45:56Tom York
45:57est l'un des plus grands
45:59compositeurs du 20ème siècle
46:00et même aujourd'hui
46:02du 21ème siècle
46:03Katia Labeck
46:04pour vous
46:05c'est le
46:06on parlait de
46:07Philippe Glass
46:08de Georges Gershwin
46:09c'est ça aussi
46:11pour vous
46:11Tom York
46:11aujourd'hui ?
46:12Oui parce que
46:13compositeur
46:14pour moi
46:14c'est de créer la musique
46:15alors peu importe
46:16que Tom ne lise pas
46:18la musique
46:18qu'il n'écrive pas
46:19la musique
46:20mais la musique
46:21qu'il crée
46:22et qu'il continue
46:23à créer
46:24il n'y a pas
46:25une période
46:27de Radiohead
46:28ou de Tom York
46:29en solo
46:30qui ne me fascine pas
46:31c'est quelque chose
46:32vraiment
46:32d'assez incroyable
46:34et il est
46:35obsédé par la musique
46:37il vit pour ça
46:38et oui
46:39ça a été un choc
46:40quand j'ai découvert
46:40sa musique
46:41ça a vraiment été un choc
46:42Vous avez travaillé
46:43avec lui Marie
46:43vous avez travaillé
46:44avec Tom York ?
46:44Oui on a travaillé
46:45en fait il a écrit
46:46enfin écrit
46:47il n'écrit pas
46:48mais il a fait
46:49il a envoyé
46:51des
46:52des
46:52des visites
46:53exactement
46:55à David Chalmin
46:56qui a recréé
46:57des partitions
46:59après avoir
46:59ça je ne peux pas
47:00expliquer
47:00parce que j'ai toujours
47:01pas compris
47:01comment ça a marché
47:02on sent la structure
47:04classique
47:04les partitions
47:05qu'on joue
47:05bon là on a reçu
47:06des choses
47:08c'est des ondes
47:09on a fabriqué
47:10ça c'est extraordinaire
47:11que ça existe
47:12que ça puisse exister
47:12oui c'est vrai
47:13que c'est extraordinaire
47:14et donc on a
47:14et David
47:15c'est assez incroyable
47:16d'arriver à faire ça aussi
47:17Tom était très
47:19très épaté
47:19quand il a vu
47:20la partition écrite
47:21il ne pensait même pas
47:22qu'il était capable
47:23de faire ça
47:24c'est votre compagnon
47:25on peut le dire
47:26Cathy Alabeck
47:27c'est mon compagnon
47:27et c'est un musicien
47:27extraordinaire aussi
47:29et il a été vraiment
47:30un élément majeur
47:31dans ça
47:32parce qu'il a pu
47:33transcrire
47:34la pensée de Tom
47:35en l'écrivant
47:36à deux pianos
47:37et Marie Alabeck
47:38vous étiez assez
47:38musique baroque
47:39vous ?
47:40oui
47:40mais j'aime
47:42toutes les musiques
47:42vous êtes rock
47:44comme votre soeur
47:44vous êtes quand même
47:45plus baroque
47:46ces pièces de Tom
47:47c'était magnifique
47:47vraiment une pièce lente
47:48qu'il a écrite
47:49on dirait vraiment du Schumann
47:50parfois avec des mélodies
47:51mais vraiment
47:52c'était magnifique
47:53et c'était très beau
47:54quand on a joué pour lui
47:55la première fois
47:56là j'avais un peu le trac
47:58il y a un peu de stress
47:59mais c'était
48:00c'était
48:01ouais c'était
48:01et il a écrit
48:02une très belle chanson aussi
48:03des deux
48:05vous êtes celle
48:06Marielle qui refait le match
48:07le plus
48:07non ?
48:08le concert
48:09c'était pas exactement
48:10comme il fallait
48:10c'était pas en place
48:12elle sort de scène
48:13Katia
48:14elle se dit
48:14c'était super
48:16et Marielle lui dit
48:17ouais
48:19peut mieux faire
48:20mais alors vraiment
48:22alors maintenant
48:22on a une règle
48:23c'est interdit
48:25en sortant de scène
48:26de dire quoi que ce soit
48:28on en parle le lendemain
48:29alors
48:30pour bien comprendre
48:31vos différences respectives
48:32pour vous raconter
48:34vous Marielle
48:35et vous Katia
48:36on va se projeter
48:36dans un élément clé
48:38de votre vie
48:38à toutes les deux
48:39ce sont les départs
48:40en long courrier
48:58Marielle
48:58et Katia Labeck
49:00vous passez votre vie
49:01dans les avions
49:01vous avez dit
49:02vous changez quasiment
49:03de territoire
49:03de nationalité
49:04en fonction des tournées
49:06où vous évoluez
49:07et vous n'avez rien à voir
49:08à la veille d'un départ
49:09Marielle
49:10vous l'avez raconté
49:11d'ailleurs
49:12dans un livre
49:13qui est votre vie
49:14à quatre mains
49:15Katia et Marielle Labeck
49:16de Renaud Machard
49:17alors c'est quoi
49:19la grande différence
49:19donc Marielle
49:20entre vous
49:21et Katia
49:22la veille d'un départ
49:23moi je n'ai pas
49:24les différences
49:24il y en a beaucoup
49:24ah oui non mais
49:26alors toutes les différences
49:27on prépare tellement de choses
49:28avant de partir
49:29c'est de pire en pire
49:30je vois
49:31on prépare déjà
49:32des fruits secs
49:32très important
49:33parce que
49:34on ne va pas dire
49:35de mal
49:35des compagnies
49:38bon
49:38mais vous vous refaites
49:40votre valise
49:40jusqu'à la dernière seconde
49:41moi je refais ma valise
49:42parce que je ne sais pas
49:43si finalement
49:44je prends ces bottes
49:45ou si je rajoute
49:47ces baskets
49:48parce qu'en fait
49:49je suis très indécise
49:50alors ça pour faire des valises
49:51c'est l'enfer quoi
49:53pour ça je voyage
49:53toujours avec trop de choses
49:54parce que
49:55je me prends la tête
49:57pendant trois heures
49:57pendant ce temps-là
49:58Katia regarde des films
49:59et puis après finalement
50:00je reprends quand même
50:01la paire de chaussures
50:02que j'ai retirée
50:03de la veille
50:04je la remets dans le sac
50:05et tant pis
50:05le sac est trop lourd
50:07parce que vous anticipez
50:09vous anticipez trop
50:10vous vous posez trop de questions
50:11à ce moment-là
50:12Marie-Alevec
50:12versus Katia
50:13on le disait
50:14qui part toujours
50:14dans l'eau
50:15sans savoir si elle sait nager
50:16c'est un peu plus facile
50:18pour moi aussi
50:18parce qu'il suffit
50:19que j'ai des gros pulls chauds
50:21tout le temps
50:21dans la valise
50:22donc ça va
50:24des gros pulls chauds
50:25noirs de préférence
50:26des fruits secs
50:27je pars souvent avec
50:28des avocats
50:29c'est vraiment bizarre
50:30mais parfois dans les avions
50:31ça nous a sauvés
50:32des galettes
50:33mais ça va ça
50:34et après on se retourne
50:34dans les avions aussi
50:35aux Etats-Unis
50:36et compagnie américaine
50:37et ils vous donnent
50:37juste des junk food
50:39et ça c'est pas possible
50:40pour les sœurs Labec
50:41mais ça vous raconte bien
50:42quand même
50:42cette différence
50:43au monde du voyage
50:44ça vous résume bien
50:45aussi dans la vie
50:46c'est clair
50:47c'est clair
50:48quelle place il y a
50:49pour quelqu'un
50:50justement
50:50parler de David Chamelin
50:52à l'instant
50:53dans un couple musical
50:54comme le vôtre
50:55les sœurs Labec
50:55il faut leur demander
50:56que ce soit un homme
50:57ou une femme
50:57il faut leur demander
50:59vous voulez savoir
51:00ce qu'ils disent
51:01ils disent qu'en fait
51:02alors que ce soit
51:04pour Marielle
51:05comme pour Katia
51:05c'est toujours la même réponse
51:06d'un côté comme d'autre
51:06on épouse aussi
51:08l'autre part
51:11l'autre moitié
51:12Labec
51:12c'est trois couples
51:14en fait
51:14c'est sûr
51:16mais Katia est avec David
51:17depuis 22 ans
51:19je crois maintenant
51:1922-23 ans
51:20moi ça va faire
51:21je pense 40
51:22l'année prochaine
51:23donc
51:24mais oui
51:25quand on vit avec des musiciens
51:26c'est vrai qu'on se comprend
51:27on a tous la même vie
51:28les mêmes stress
51:29on sait ce que ça représente
51:30on sait qu'on doit toujours
51:31tous travailler beaucoup
51:33mais c'est magnifique
51:34en même temps
51:35mais comment vous
51:36vous avez vécu beaucoup ensemble
51:37et vous avez fini quand même
51:38par réussir
51:39parce que vous l'avez dit
51:40on a fait de la musique ensemble
51:41pour ne pas se séparer
51:42c'est vrai
51:43absolument
51:44Marielle a raison
51:45c'est trois couples
51:46son couple avec Sémion
51:47mon couple avec David
51:48et notre couple
51:49Marielle et moi
51:50et ça fonctionne
51:52c'est un peu difficile
51:54à organiser
51:55parfois
51:56les vacances
51:57on n'en a pas
51:58parce que
51:59voilà
52:00mais en même temps
52:01ce qu'on fait
52:01c'est notre passion
52:03oui on prend des moments
52:04mais on peut prendre des vacances
52:05autour d'un concert
52:07on va partir en Crète
52:09dans pas longtemps
52:10on va s'arrêter quelques jours
52:11on va s'arrêter des jours
52:12mais c'est à nouveau
52:13ça il n'y a pas de
52:14il n'y a pas de
52:15comment dire
52:15c'est jamais la même chose
52:16mais c'est beau aussi
52:17et votre enfant
52:18votre enfant c'est
52:19la musique
52:20c'est 55 entre autres
52:21exactement
52:22c'est
52:24c'est des projets
52:2550 carrières
52:26voilà
52:26exactement
52:27c'est d'en parler ensemble
52:28c'est de créer des choses ensemble
52:30chaque projet
52:31est un peu
52:32comme un peu un enfant
52:34et qu'est-ce qui fait que
52:35à la fois
52:37vous renouvelez le désir
52:38vous l'avez dit
52:39vous êtes allé vers des instruments anciens
52:41d'ailleurs
52:42au début du XXIe siècle
52:43on écoutait Tom York tout à l'heure
52:45vous vous êtes retourné vers la musique ancienne
52:47à ce moment-là
52:47qu'est-ce qui fait que
52:48vous faites le bon pas de côté
52:50la bonne aération
52:51qui fait que le désir
52:53se maintient dans ce troisième couple
52:55qui est le vôtre
52:55l'instinct
52:56oui
52:56et des musiques aussi
52:58des musiciens qu'on a découvert
52:59moi je me souviens
52:59de la découverte
53:01de Giovanni Antonini
53:02dans les années 90
53:0396 je crois
53:04où ils ont enregistré
53:05les quatre saisons
53:05et de Vivaldi
53:07et j'ai une amie
53:08violoniste
53:08Victoria Moula
53:09qui est une étude
53:10à écouter ça
53:10j'ai dit attends
53:10je ne vais pas écouter
53:11les quatre saisons
53:12mais aujourd'hui
53:12je n'avais pas trop envie
53:13et ça a été un choc
53:14vraiment un musicien
53:16extraordinaire
53:16donc là on a voulu
53:17rencontrer
53:18on a voulu
53:19enregistrer
53:20les concerts de Bach
53:20et jouer avec eux
53:21avec Giardino Harmonico
53:22qui était un groupe
53:24magnifique
53:24et lui aussi
53:26là en ce moment
53:26il est en train
53:27d'enregistrer
53:27toutes les symphonies
53:28de Hayden
53:28oui c'est vrai
53:29jusqu'en 2032
53:30moi j'écoute
53:31beaucoup de musique baroque
53:32puis après
53:33j'écoute
53:34voilà
53:34j'écoute la radio
53:35j'écoute
53:36c'est la même chose
53:37je ne sais pas
53:38je n'écoute pas
53:38de telle heure à telle heure
53:39ce qu'on peut
53:41à chaque fois
53:41mais c'est très beau
53:42Katia Labec
53:43vous êtes d'accord
53:43pour faire durer
53:44votre troisième couple
53:46dans votre vie
53:47celui que vous formez
53:48avec votre soeur
53:48il faut faire rentrer
53:50on va dire
53:50un nouveau musicien
53:51ou une nouvelle musicienne
53:53découvrir
53:55cette même passion
53:57et après
53:57je trouve que
53:58la musique baroque
53:58est très proche
53:59du rock
54:00enfin
54:00c'est sur une base
54:02rythmique
54:02il y a des choses
54:03très similaires
54:05sur Dowland
54:06sur Purcell
54:07il y a la façon
54:08dont ils ont construit
54:09les grounds
54:11c'est ça
54:13qui va donner
54:13la base
54:15absolument
54:15c'est comme
54:16dans un groupe pop
54:18un groupe rock
54:19c'est comme base batterie
54:20oui
54:20c'est très important
54:22et c'est vrai
54:23que tous ces musiciens là
54:25que ce soit
54:26Arnon Cour
54:26Gardiner
54:27Antonini
54:28Reinhard Goebel
54:30aussi
54:30ils nous ont redonné
54:31le désir
54:33d'approcher
54:34les grands classiques
54:36et l'instrument
54:37te dicte aussi
54:38comment jouer
54:40parce que l'instrument
54:41a des limites
54:41et ça c'est très bien
54:42mais en même temps
54:43donc on a aussi
54:44des instruments
54:45on a deux Silbermann
54:46et deux Walter
54:47deux fortes épisées
54:48quatre fortes pianos
54:50à la maison
54:51et on n'en joue pas
54:53beaucoup en France
54:54c'est vrai
54:54on n'a pas beaucoup
54:55de concerts
54:55sur ces instruments
54:56en France
54:57mais on a fait
54:58beaucoup de tournées
54:58à l'étranger
54:59hier à Rome
55:00nous étions avec
55:01Tom York
55:02justement
55:02et j'étais étonnée
55:04quand il a parlé
55:05de Gisualdo
55:06et finalement
55:06il a pris son petit téléphone
55:07il a noté
55:08parce qu'il voulait
55:09écouter la musique
55:10on arrive de Rome
55:11et en fait hier
55:12on était avec Tom
55:13Tom York
55:13et c'est vrai
55:14que Gisualdo
55:15il ne connaissait pas
55:17et certaines
55:18Gisualdo
55:19je ne connais pas
55:19non plus
55:20non
55:20le pauvre
55:21mais grâce à vous
55:23Radiohead
55:24va être sous influence
55:25baroque
55:26et ça
55:27c'est la dernière oeuvre
55:28des Sœurs Labec
55:30il est
55:31mais ça s'entend
55:32dans sa musique
55:33et dans toutes ses mélodies
55:34je sais qu'il écoute
55:35de la musique
55:36il est vraiment
55:37l'héritier direct
55:38d'Auland
55:40absolument
55:40merci
55:41les Sœurs Labec
55:42vous avez dit
55:42que vous verriez
55:43continuer comme ça
55:44jusqu'à la fin de vos jours
55:45vous validez encore
55:45dans cette interview
55:46nous sommes en 2026
55:47et bien encore 55 ans
55:49dans 55 ans
55:50on va faire un autre projet
55:52alors un grand récital
55:54événement
55:54le 11 octobre
55:55à Paris
55:56à l'Opéra Garnier
55:57avec vous
55:57les Sœurs Labec
55:58une tournée
55:58en France et dans le monde
56:00le 6 octobre à Marseille
56:01le 9 octobre à Bonn
56:02en Allemagne
56:03le 11 octobre à Rome
56:04le 14 octobre à Rouen
56:06et j'en passe
56:06Rotterdam
56:07Beauvais
56:07et le Brésil
56:09vous jouerez aussi
56:10l'un de vos grands succès
56:11du Philippe Glasse
56:12à la Philharmonie de Paris
56:14en mai 2027
56:15pour vous découvrir
56:16ou vous reparcourir
56:18le coffret 55
56:19pour vos 50-50 carrières
56:21avant le deuxième 55
56:22si on a bien suivi
56:23c'est sorti
56:24chez le Deutsch Gramophone
56:25et disponible
56:25sur les plateformes d'écoute
56:27enfin je le signale
56:27Katja et Marielle Labec
56:29une vie à quatre mains
56:30de Renaud Machard
56:31c'est sorti
56:32chez Boucher Jastel
56:33merci et bon vol
56:34merci infiniment
56:45cette photo de famille
56:46a été préparée
56:48et programmée
56:48par Marion Philippe
56:50réalisée par
56:51Amazir
56:51Amada Inghest
56:53programmation musicale
56:54Valentin Chedebois
56:55et à la technique
56:56c'était Guillaume Ficheux
56:58et Adèle Caglard
57:16Amazir
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