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  • il y a 2 jours
Chaque nuit, entre 100 et 300 filles se prostituent dans le bois de Boulogne. Stella en connaît les moindres recoins. Arrivée du Brésil à 20 ans, sans argent ni papiers, cette femme trans y a conquis sa « plaque ». Elle y a travaillé chaque soir, de 1993 à 2008. Des années de nuits, de violence et aussi de rires qu’elle raconte aujourd’hui dans ses mémoires, « Allée de la Reine-Marguerite » (éditions Le Cherche-Midi, avril 2026), écrites avec son ami Yannis Ezziadi. Quinze ans plus tard, nous l’accompagnons avec son amie Vera, l’une des premières femmes trans arrivées au bois de Boulogne dans les années 1980, dans un lieu où les caméras ne sont pas les bienvenues. Anecdotes surréalistes, clients souvent mariés, rivalités entre filles, coup de gueule d’une travailleuse encore en activité, secteurs « chauds »… Plongée dans la vie et l’organisation d’un lieu que Paris connaît sans vraiment le regarder.

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Transcription
00:00Je vous présente ma plaque.
00:04C'est sous cette plaque d'égout que j'ai gagné beaucoup d'argent.
00:08Beaucoup, beaucoup d'argent.
00:10J'aimerais bien poser ma main comme ça, vous savez.
00:12Elle, c'est la pétillante Stella.
00:15Chaque nuit, entre 1993 et 2008, elle a travaillé ici, au Bois de Boulogne.
00:20Pour ça ?
00:23Passe après, chérie, passe après.
00:2420 ans après, tu vois, j'ai toujours la côte.
00:27Sous 37 degrés à 23 heures, rien ne l'a arrêté pour nous faire la visite.
00:32Je vais vous amener aussi pour connaître l'arbre assoumis.
00:34C'est là où on a attaché les clients.
00:35On a même eu la chance de rencontrer ses amis.
00:38La plus vieille, la moyenne et la dernière.
00:42Dont l'une est encore en activité.
00:44Quand je fais un client, comme bien c'est le mal, à un milieu de mode 50.
00:48Cet endroit, c'est celui où elle a atterri à l'âge de 20 ans,
00:51quand elle a quitté le Brésil pour venir en France.
00:54Elle y a connu une concurrence redoutable, des transactions à plusieurs milliers d'euros,
00:59mais aussi la violence de certains policiers et clients.
01:02Toutes ces histoires, elle les raconte dans son livre,
01:05à travers la plume de son ami Yanis Eziadi.
01:07À chaque fois qu'il y a des reportages faits sur le Bois de Boulogne,
01:10c'est toujours très misérabiliste, tout ça.
01:12Et moi, quand Stella m'a raconté le Bois de Boulogne,
01:14la chose qui m'a sauté aux yeux, c'est qu'elle riait,
01:16elle se remémorait les bons moments,
01:18elle dit qu'est-ce qu'on a ri, qu'est-ce qu'on a fait, et tout, malgré la
01:20violence.
01:22Moi, je suis très heureuse d'avoir sorti.
01:24Par contre, ça nous manque la magie du bois,
01:28ça nous manque l'ambiance.
01:34Attention, le Bois de Boulogne reste un lieu marqué par la violence,
01:38le proxénétisme et l'exploitation sexuelle.
01:40Stella, elle, y revient avec ses souvenirs.
01:44Cette odeur, je vous présente.
01:48L'entrée des artistes, voilà, c'est là-bas, la rue, là-bas où la voiture passe.
01:55On rentrait par là, et puis là, on voyait le mouvement des clients,
02:00des gens à l'intérieur du Bois, les travailleuses de sexe, tout le monde.
02:03Et ensuite, après, j'allais sur la piste.
02:06Et moi, j'arrivais toujours cette heure-ci, vers 22h30, voilà.
02:08Et je finissais à 2h du matin.
02:10En fait, là, c'est le début de l'allée de la Reine Marguerite.
02:13Là, il y avait beaucoup d'hontillaises, de la Guyane française,
02:16de la Martinique, de la Guadalupe.
02:19Bonsoir, bonne promenade.
02:22Ça fait presque, ouais, 15, 20 ans, 20 ans de tout ça.
02:27Et à chaque fois qu'on revient ici, ça fait quelque chose de...
02:29Oh, Véra.
02:30Véra, c'est son amie de toujours, sa seconde mère, comme elle l'aime l'appeler.
02:34Elle a aujourd'hui 75 ans.
02:35Véra, il faut savoir que c'est une des premières trans qui est arrivée au Bois-de-Boulogne
02:40dans les années 80 et qui a fait du Bois-de-Boulogne un endroit de prostitution pour travestis.
02:44Parce que quand vous venez ici, il faut savoir que 95% des filles qui travaillent sont trans ou travestis.
02:51Ça, c'est moi.
02:52Voilà.
02:52Quand je travaille au Bois-de-Boulogne.
02:55Tout le monde la connaît, Véra.
02:56Ouais, Véra, c'est un icône.
02:59Vous savez pas la chance que vous avez l'avoir aujourd'hui, parce qu'elle, c'est jamais ça.
03:02Elle l'aime pas.
03:03Venez, je vais vous amener au bon.
03:04Allez, Véra, viens, on va au bon.
03:06Excusez-moi de vous déranger, monsieur.
03:07En fait, ça, c'est le bon que, quand on arrive ici pour travailler, on atterrit.
03:11Je vais pas parler.
03:12Ah.
03:13Mais c'était celui-ci ou c'était celui-là-bas ?
03:14C'est celui-là, non ?
03:16Ah, c'est celui-là, oui.
03:18C'est bon, it's okay for you.
03:20Maintenant, ils ont levé.
03:22Maintenant, c'est celui-là.
03:23Non, tu connais ma place.
03:26C'est vrai, c'était là.
03:27Ils les ont changés, ils ont mis ça à la place.
03:29C'est précisément à cet endroit, un peu moins sexy aujourd'hui, que tout a commencé pour Stella.
03:34Fraîchement débarquée en France, elle est dans l'urgence de trouver un moyen de gagner un peu d'argent.
03:39Donc j'arrive, je me suis dit, bon, je vais aller me changer à l'intérieur du bois, sur le
03:44banc.
03:44Je suis en train de me changer et là, je vois une silhouette qui arrive de l'intérieur du bois.
03:48C'était Vera qui arrivait comme ça, parce qu'elle avait une taille de guêpe, comme ça.
03:52Descends, la Pamela Anderson.
03:54C'est elle qui m'a réclamé, oui, c'est elle.
03:56Oui, c'est ça.
03:57Qu'est-ce que vous faites ? C'est ma place.
03:59Allez, partez, cassez-vous d'ici.
04:01Donc je suis partie à l'avenue, là.
04:02Là, il y avait les filles qui travaillaient au rond-point, qui sont venues vers moi.
04:07Je me suis mis là, je me suis foutu à poil.
04:10Et les voitures qui montaient, je les arrêtais.
04:12Et puis là, c'était des coups de bagarres, coups d'épis, coups de tête, partout, partout.
04:15Hiver, elle était là, à la porte, là, ici.
04:17Elle était là, elle a regardé de là, voilà.
04:20Elle est terrible, celle-là.
04:23Je me suis bâti, donc c'est fini.
04:26Non, là, il y a la cheffe de la rue.
04:29Toute cette rue, c'était à elle.
04:30Du rond-point jusqu'au tournoi, là-bas, ça appartenait à Esmeralda.
04:35Esmeralda, c'était un travesti, presque deux mètres, d'origine algérienne.
04:40Elle a commandé l'avenue, vendu la drogue aussi, à tout le monde.
04:46Tout le monde est travesti, qui est drogué.
04:48Du coup, j'étais par terre comme ça, et puis là, je suis tombé en pleurs et tout ça.
04:51Je lui ai dit, écoute, je n'ai pas un endroit pour rester, je n'ai pas un endroit pour
04:54dormir,
04:55je mange quelques pattes à l'eau, je n'ai pas d'argent pour changer mon billet d'avion.
04:58J'aimerais juste que je me donne la possibilité de pouvoir travailler un peu
05:02pour que je puisse avoir un peu d'argent pour changer mon billet d'avion,
05:05pour que je puisse partir au Brésil.
05:07Donc, je pense qu'à quelque part, ça l'a touché.
05:09Et là, elle m'a regardé, elle m'a dit, d'accord, tu peux travailler là,
05:12mais si tu amènes quelqu'un, je vais te casser la gueule.
05:14Je dis, bon, tout le monde veut me casser la gueule.
05:17C'est comme ça que ça se passe, à chaque fois qu'il y a une nouvelle personne qui arrive.
05:20Oui, oui, oui, c'est ça.
05:22Elle a tenu beaucoup de courage pour faire ça.
05:26Par contre, je ne pouvais pas travailler ici.
05:29Donc, du coup, je me suis mis un peu plus haut.
05:30Je vais vous amener à ma plaque, à la fameuse plaque.
05:33C'est ma fameuse plaque.
05:35Un jour, je vais mettre mes mains comme ça, comme à Hollywood, voilà.
05:39Viens, verra.
05:40Parfois, il y avait même des accidents.
05:43Parce que quand on arrive ici, c'est...
05:46On ouvre le rideau.
05:47Ça veut dire, on ouvre le manteau de fourrure.
05:49Et puis là, on porte le jartel, on est en petite tenue,
05:53on pilote sur une gorge avec des bottes.
05:56Et là, on ouvre le rideau et le spectacle commence.
06:02Ça marche encore aujourd'hui?
06:07Ils ressemblaient à quoi, les clients?
06:09Ça ressemblait à monsieur tout le monde.
06:11Le médecin, le cirurgien, l'avocat, le joueur de foot,
06:16l'acteur, l'apprésentateur.
06:20Il est passé deux fois déjà, celui-là.
06:24Il est pas mal en plus.
06:25Il est pas mal en plus.
06:26C'est pas mal en plus, ça.
06:27La plupart, c'est des hommes mariés qui viennent ici
06:30juste pour notre s*****, voilà.
06:33C'est choquant à dire, mais c'est la vérité.
06:36La première chose, alors, ils veulent avoir l'apparence féminine
06:39avec les seins et tout ça, machin,
06:41mais avec le s***** d'homme.
06:43La plupart du temps, ils veulent la pénétration.
06:45Donc, c'est nous qui faisons le mec.
06:49Alors, venez, venez, il y a plein de photos là, vous pouvez zoomer.
06:53Là, c'est quand j'ai venu tout juste de faire ce qu'on appelle une féminisation du corps.
07:00J'ai changé tout mon corps du bas en silicone.
07:04Voilà.
07:04Et d'ailleurs, aujourd'hui, je paye le prix parce que le silicone,
07:07il s'est calcifié dans mon corps.
07:09Voilà, tout ça, regardez.
07:10C'est comme une pierre, une grosse pierre.
07:13Ça me fait très mal.
07:14Et en plus, là, qui fait très, très forte chaleur,
07:18je souffre parce que là, ça bouche les veines.
07:21Regardez, regardez la grosse plaque.
07:23Le produit que la fausse médecin m'a mis,
07:25c'est de l'huile de moteur d'avion.
07:27Depuis 20 ans que j'ai ça dans le corps.
07:29Ça, c'est moi, quand je venais de faire mes seins.
07:31Vous avez vu la bombe, la bombasse ?
07:35Il a mis du mot sur la table.
07:37Enlève ton soutien, laisse le mot sur la table.
07:47Allô, Vera, t'as bossé ou pas ?
07:49Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
07:51La mort, il n'a pas beaucoup d'argent.
07:53Ah, il n'a pas beaucoup d'argent.
07:55C'est quoi le bon Paris ?
07:57C'est 85 euros.
08:02Vite fait, on le voit.
08:04Parce qu'ici, cette partie-là,
08:05on vient avec les clients à pied.
08:07Quand on travaille au Bas-de-Bologne,
08:08on développe des sens
08:09que normalement, on n'a pas.
08:12Ça veut dire voir dans l'eau noire.
08:14Moi, je connaissais les phobies dans l'eau noire.
08:17Donc, parfois, il y avait beaucoup de voyeurs ici.
08:19La plaie d'ici, c'était les voyeurs.
08:20Parce que quand on était avec un client,
08:22les voyeurs, comme ils ne voulaient pas payer,
08:24c'est des voyeurs.
08:25Donc, ils se marchaient pendant qu'on faisait les clients.
08:27Mais après, quand les clients les voyaient,
08:30ça les coupait,
08:31donc ça prenait plus du temps.
08:32Le temps, c'est de l'argent ici.
08:35Moi, la plus grosse sensibilité de l'argent que j'ai eu ici,
08:37c'était par rapport à un client qui était très, très riche,
08:41qui voulait avoir une relation sérieuse avec moi.
08:44Par contre, il voulait que je fasse la vaginoplastie.
08:48Il voulait que je fasse l'opération.
08:50Du coup, je lui ai dit que l'opération,
08:52elle a coûté 10 000 euros.
08:53Il m'a donné 10 000 euros pour faire ma vaginoplastie.
08:56Que tu as fait ou quoi ?
08:58Que je n'ai pas fait.
09:00Fernanda !
09:04Fernanda !
09:07Moi, j'ai des copines, des amis,
09:08qui travaillent la journée sur Internet
09:10et parfois, si elles ne travaillent pas bien,
09:12elles reviennent travailler sur le bois le soir.
09:16Et ça fait longtemps !
09:19Ça va, ma chérie.
09:21Alors, je vous présente une très, très bonne copine à moi.
09:24C'est quoi ta origine, déjà ?
09:25Équateur.
09:26Équateur, il y a le football, c'est soi, là !
09:28Oui, il y a le football, c'est soi, là !
09:30Parle, raconte pour ton histoire, ma chérie.
09:32Ça fait 31 ans que je suis ici.
09:35Tu es heureuse ?
09:37Non, heureuse.
09:38Je ne peux pas dire qu'on est heureuse quand on fait la poste de ***.
09:40Chrissy, c'était une fille qui a toujours travaillé,
09:43mais elle n'aimait pas trop ça, ma chérie.
09:46C'est ça, oui.
09:47Mon emplacement, c'était là où j'aime maintenant les Péruviennes.
09:51Attention, parce que là, ça craint.
09:53Je vais vous montrer comme ça,
09:54mais les filles, ça craint.
09:55C'est vrai, donc déjà, je vais baisser les vitres.
09:58On peut filmer ou pas ?
09:59La vitre, la vitre est loin.
10:01Pour le moment, non.
10:02Il y a un endroit où vous pourrez filmer, attends.
10:04Là, non, parce qu'au carrefour, elles sont vraiment plus filantes.
10:07Là, c'est fait, là, c'est les Péruviennes.
10:09Ouais.
10:12Si tu vas là-bas, enfin, quand tu te vires, là, ici, ils m'ont viré aussi.
10:16C'est pas vrai.
10:17Je suis choquée, Chrissy, à toi, et non aussi elle.
10:19Regarde, viens, verra.
10:20Ah, verra, comment ça va ?
10:22Ah, verra !
10:24Comment ça, m'amor ?
10:27Les Péruviennes, qui sont tous là-haut, ils ont dégradé le travail.
10:31Je ne le dis pas pour moi, je le dis pour tout le monde.
10:34Et c'est quoi supérieur que tout le monde ?
10:35Ils ont envie de prendre la place comme si la place, il appartient.
10:39Et la Bologne n'appartient à personne.
10:41Et maintenant, on prend 10 euros, même pour te faire un bébé.
10:44Alors, c'est pas cher.
10:47Tu dis qu'ils ont cassé les prix.
10:48Ah oui, ils ont cassé les prix.
10:50En tout cas, pour 10 euros, ils ont envie de faire tout le total.
10:52Et c'est bon, ce n'est pas comme ça.
10:56Avant, pour nous, il y avait déjà, quand on arrivait, il y avait déjà des voitures qui nous attendaient.
11:00On ne peut plus racoler, verra.
11:01Il y avait une queue de voiture déjà qui s'arrêtait.
11:03Et on faisait « blou, blou, blou ».
11:05Tous ces couloirs-là, c'était des hommes, des hommes qui passaient.
11:09Et il y avait du mouvement, partout.
11:11Next, next, next.
11:13Aujourd'hui, regardez, c'est vide.
11:15Et qu'à l'époque, pas mal de personnes ont perdu la vue à la vie à cause d'une
11:18simple place.
11:19Parce que moi, j'ai vu, avec mes propres yeux, d'autres copines tuer d'autres filles ici.
11:24Pour une question bête de place.
11:26Stella a arrêté de travailler au bois en 2008,
11:29lorsqu'un ami lui a proposé de jouer dans la nouvelle pièce de théâtre de Laurent Baffy.
11:33Le salaire, il était très bien.
11:35Bon, pas pareil comme on gagnait ici, mais bon, c'est pas grave.
11:37Je vais vous montrer.
11:40Un point, un point c'est tôt.
11:43Voilà, moi je suis là, regardez.
11:45Ici en France, pour les gens, je suis rien.
11:48Je suis pire que de la merde.
11:50Partout, je vois du mépris, de la moquerie dans les yeux des gens.
11:54Et quand je rentre chez moi, à Belém,
11:59je suis accueilli comme un héros,
12:02comme un Dieu, parce que je suis leur enfant,
12:06ou leur frère, qui était jusqu'en France pour les aider à vivre.
12:11On va vous montrer les endroits plus chauds du bois de Boulogne.
12:16Nous, dans notre période avec Vera, il fallait qu'on soit discrètes.
12:20Aujourd'hui, les filles, vous allez voir...
12:27Aujourd'hui, vous allez voir, les filles, elles a mené des chaises,
12:30elles font des photos de camp, elles ont mis des guirlandes dans les arbres.
12:35Ah, Fernanda, la belle, Fernanda, elle est magnifique.
12:38Là, je suis.
12:39Salut, Fernanda !
12:40Ça va ?
12:42Ma chérie discrète, là, c'est chaud.
12:44Là, c'est chaud.
12:45Elles peuvent se jeter des pierres à la voiture.
12:47Vous ne pouvez pas mettre votre lumière, votre caméra,
12:50parce que les filles ne vont pas du tout être contentes.
12:53Les filles, là, tu les vois comme ça,
12:54mais il y en a, c'est des véritables voyous,
12:55des filles très dangereuses.
12:57Il n'y a pas un seul mec qui dicte la loi à qui que ce soit ici.
13:00C'est des filles elles-mêmes qui, voilà,
13:02et qui peuvent avoir des pratiques qui s'apparentent à du procès de ***.
13:07Parce qu'il y en a plein de points de France qui veulent,
13:09quand on parle du Bois Boulogne, qu'on a de l'argent au Bois Boulogne,
13:11qui veulent venir travailler au Bois Boulogne.
13:12Et donc, ces filles-là, les plus anciennes,
13:14pas toujours très bien intentionnées,
13:16elles vont dire aux filles,
13:16« Vas-y, si tu veux, je te trouve une place,
13:19si je peux t'avancer le billet d'avion et tout ça,
13:21et tu me rembourses avec des intérêts, tu vois. »
13:23Et ensuite, elles se retrouvent embringuées
13:24à ne pas réussir à rembourser les trucs et tout.
13:27Donc, voilà, ça, c'est le procès de *** qui existe au Bois Boulogne, c'est celui-ci.
13:32Là, on arrive dans l'endroit qui est l'endroit où Vanessa Campos a été assassinée.
13:37Et donc, c'est un endroit qui est un peu dangereux
13:39parce que c'est une route qui n'est pas éclairée du tout.
13:41En 2018, l'affaire Vanessa Campos marque l'actualité.
13:45« Prousticien ! Prousticien ! »
13:47Cette prosti*** étrangeur est tuée par balle
13:49alors qu'elle tente de s'opposer à un groupe de jeunes hommes
13:51qui raquettaient et agressaient régulièrement
13:54les travailleuses et leurs clients dans le secteur.
13:56Depuis l'assassinat de Vanessa Campos,
13:59elles ont installé, tu vois, elles-mêmes, de la lumière.
14:03Elles voient ce qui se passe à l'intérieur de la voiture.
14:05Elles ont installé ça en exprès.
14:07Là, les mecs que vous voyez, c'est des mecs qui viennent vendre, à boire et à manger.
14:12Ils vendent à boire, à manger, des préservatives, du gel.
14:15À l'arrière, tu peux filmer plus facilement parce que les vitres sont teintées.
14:19Tu vois, autant, quand tu es sur l'allée de la Reine Marguerite,
14:22tu es avec toutes tes copines, c'est différent.
14:24Et là, honnêtement, ça craint.
14:26Moi, j'ai toujours gardé vers le rond-point parce qu'on pouvait s'évader.
14:29Mais ici, non.
14:30Donc là, elles ont installé ça par-dessus.
14:32Comme ça, elles voient les mecs qui tournent autour.
14:35Elles voient aussi les gens qui sont dans les voitures.
14:37Tu vois, est-ce qu'il y a un moment où tu as eu peur pour ta vie à certains
14:40moments?
14:41Moi, oui.
14:42Il y a deux choses qui sont se passées au bois.
14:45Une fois, j'ai refusé un client.
14:47Du coup, il est rentré à l'intérieur du bois.
14:48Il est sorti avec un sabre.
14:50Il voulait me couper en petits morceaux.
14:51Sauf que moi, autour de l'endroit où je travaillais, à côté de ma plaque,
14:55je cachais toujours des armes, des bouteilles, des bases de fer, des pierres.
15:00Donc, j'ai pu me défendre avec une bouteille que j'ai cassée.
15:03L'autre fois, vous savez qu'il y avait l'histoire du tueur de bois de Boulogne.
15:07Un jour, il y a un monsieur qui s'est arrêté devant moi.
15:09Il m'a dit, la prochaine, c'est toi.
15:10Beaucoup plus tard après, il s'est fait arrêter par la police.
15:13Et là, on a su que c'était le tueur de bois de Boulogne.
15:18Vous voyez le mouvement?
15:19Toutes ces voitures que vous voyez là, c'est des clients.
15:22Il y a beaucoup, beaucoup de jeunes.
15:24Moi, ça m'est arrivé plusieurs fois de faire des jeunes
15:26qui sont la première fois qu'ils sont venus coucher avec quelqu'un.
15:28Ah ouais?
15:29Et moi, j'aime pas.
15:30Pourquoi?
15:31J'aime pas parce que ça prend trop de temps.
15:32Ils sont... Ah non, non.
15:34Ça prend trop de temps et moi, je n'ai pas trop de temps.
15:37Là, on fait quoi alors?
15:39Bah, on dépose...
15:42Déposez-nous juste en dehors du bois quoi, mais...
15:46On va les déposer là-bas au camion avec les filles.
15:50On va dire, on va dire, soyez gentils avec eux.
15:52Regarde, regarde ces groupes de mecs.
15:54Il y avait avant, dans notre époque, il y avait ça aussi.
15:56Regarde les beaux gosses, Vera.
15:57Des groupes de mecs comme ça qui venaient, qui passaient toute la soirée au bois.
16:01A advancement l'espace.
16:04Au revoir.
16:04Au revoir.
16:05La santé.
16:07Au revoir.
16:07Au revoir.
16:08Au revoir.
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