- il y a 2 semaines
Après le succès de "Deux colères fracassées dans l’ignorance", Guillaume Bernard revient avec une nouvelle pièce de théâtre audacieuse consacrée à l'une des figures les plus emblématiques de l’histoire de France : Jeanne d’Arc.
Dans "Vous n’aurez pas la Pucelle de Lorraine", l’auteur décrit un dialogue et même un débat sur une terrasse de café à Paris en 1920 entre les tenants de la Jeanne catholique et ceux qui ont tenté de la séculariser.
Dans "Vous n’aurez pas la Pucelle de Lorraine", l’auteur décrit un dialogue et même un débat sur une terrasse de café à Paris en 1920 entre les tenants de la Jeanne catholique et ceux qui ont tenté de la séculariser.
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00:00Hier, une amie fidèle de TV Liberté m'appelle et me demande
00:04« Alors, TV Liberté est sauvée financièrement ? »
00:07J'aurais évidemment aimé lui dire oui,
00:09mais je lui ai répondu avec honnêteté « Non, non, pas encore ».
00:13Car la vérité, c'est que les derniers jours d'une campagne de dons
00:16sont toujours les plus décisifs.
00:18C'est le moment d'un vrai qui tout double.
00:20Soit nous franchissons ensemble la ligne d'arrivée,
00:23soit nous n'aurons pas les moyens à terme d'assurer notre survie,
00:26de poursuivre nos projets et de préserver notre indépendance.
00:30Tout se joue cette semaine, absolument tout.
00:33Alors, si vous aimez TV Liberté,
00:36si vous voulez qu'elle continue d'exister, d'enquêter et de se battre
00:39pour une information libre, n'attendez plus.
00:41Faites un don, même modeste, si c'est votre premier.
00:44Et si vous nous avez déjà soutenus, faites l'effort de renouveler votre aide.
00:48Il nous manque encore plusieurs dizaines de milliers d'euros,
00:50soit l'équivalent de 500 personnes, 500 dons de 100 euros.
00:54C'est beaucoup, mais c'est encore possible.
00:56Malgré la période estivale, malgré la situation économique de chacun,
01:00je vous le redis, tout se joue maintenant.
01:16Mon invité du jour est bien connu des télésplicateurs de TV Liberté.
01:19Il s'agit de l'historien Guillaume Bernard,
01:21qui vient nous présenter son ouvrage « Vous n'aurez pas la pucelle d'Orléans ».
01:25C'est sa deuxième pièce de théâtre publiée, qui porte sur Jeanne d'Arc.
01:29Bonjour Guillaume Bernard.
01:30– Bonjour Olivier.
01:31– Alors pour planter le décor, on se trouve sur une terrasse de café,
01:34dans l'histoire racontée.
01:36C'est une pièce de théâtre, en 1920, et quatre interlocuteurs se font…
01:41Deux groupes de deux même se font face à face.
01:44Un curé et un officier qui défendent la dimension catholique de Jeanne d'Arc,
01:47et face à eux, un professeur de mathématiques et un avocat,
01:52qui eux incarnent plus le camp républicain,
01:54qui ne sont pas hostiles à Jeanne d'Arc, c'est aussi ça qui est intéressant,
01:57mais qui lui nie un peu son… qui sont moins friands de christianisme, on va dire,
02:01et qui lui nie un peu son aspect religieux, la dimension religieuse de Jeanne d'Arc.
02:06Alors avant tout, c'est un format qui est original.
02:09Comment vous est venue l'idée d'écrire ce livre sur Jeanne d'Arc,
02:12et surtout sous cette forme ?
02:15– Deux raisons principales.
02:17Un goût personnel pour la littérature, et en particulier pour le théâtre.
02:21Et c'est vrai que depuis quelques années, je me suis remis à essayer d'écrire des choses
02:26dans ce domaine-là, soit seul, soit en collaboration avec Corentin Stemmler.
02:31Naturellement, ceux que j'écris n'engagent que moi.
02:34Et puis une deuxième raison, je dirais plus universitaire,
02:38c'est-à-dire que les grands dialogues philosophiques, ça existe,
02:42et très souvent, je trouve que par la confrontation des arguments,
02:48on comprend mieux les enjeux.
02:50On pense évidemment au dialogue de Platon, qui met en scène Socrate,
02:54mais il y en a bien d'autres, et donc j'ai trouvé que c'était une forme
02:58qui permettait à la fois d'être vivante, et en même temps d'aller au fond des choses,
03:03et de confronter les arguments, pour essayer de trouver la vérité.
03:07– Justement, alors l'historien n'est jamais très loin dans les pièces de théâtre.
03:10À travers les échanges, on apprend, on nous rappelle des éléments historiques
03:14de la vie de la sainte, mais aussi un contexte, qui est celui de la canonisation
03:19et de l'opposition entre catholiques et républicains.
03:21Est-ce que vous pouvez justement nous replanter le décor de 1920,
03:25pas de Jeanne d'Arc, mais du moment de l'histoire ?
03:27– Oui, du moment du dialogue.
03:291920, c'est l'année où aboutit le processus de canonisation,
03:34qui avait commencé en 1869, et c'est en 1920 que, effectivement,
03:39l'Église, par le pape de l'époque, Benoît XV,
03:43proclame la sainteté de Jeanne d'Arc.
03:45Et en même temps, 1920, c'est quelques semaines après la canonisation,
03:51eh bien le vote définitif, qui avait commencé bien longtemps avant,
03:56mais le vote définitif d'une loi sur le patriotisme,
03:59et en l'honneur de Jeanne d'Arc.
04:01Et c'est ce qui fait que c'est la deuxième fête nationale,
04:03qui existe toujours, on a essayé de l'éliminer il y a quelque temps,
04:07mais elle existe toujours, cette fête nationale,
04:11le dimanche du mois de mai, qui est le plus proche de la date du 8 mai,
04:15le 8 mai étant la date anniversaire de la levée du siège d'Orléans en 1429.
04:22Et donc, en 1920, c'est là où j'ai situé ce dialogue,
04:27eh bien s'opposent différents camps,
04:30le camp blanc, le camp bleu, le camp rouge,
04:33et il se dispute Jeanne d'Arc pour savoir qui est le plus légitime
04:36pour recueillir l'héritage de Jeanne,
04:41d'où le sous-titre du livre.
04:44D'une certaine manière, le titre, c'est ce qui pose la situation,
04:48et le sous-titre, le testament posthume de Jeanne d'Arc, c'est ça.
04:51C'est la question de savoir qui des différents courants politiques,
04:55des différents principaux courants politiques,
04:58eh bien, est véritablement l'héritier de l'œuvre de Jeanne.
05:01C'est-à-dire que l'œuvre de Jeanne, elle ne se limite pas
05:03à ce qu'elle a fait au début du XVe siècle.
05:07Son œuvre est toujours présente et a toujours une signification pour nous,
05:12notamment, par exemple, pour savoir ce qu'est la patrie,
05:15ce qu'est l'identité de la France.
05:17C'est ce que nos différents débatteurs, eh bien,
05:20cherchent dans leur opposition.
05:22– On reviendra sur cet aspect de la récupération,
05:26pas forcément aux sources négatives de Jeanne d'Arc aujourd'hui,
05:30mais pour revenir sur elle particulièrement,
05:32vous évoquez donc une canonisation tardive,
05:35qui commence à la fin, dans la deuxième partie du XIXe,
05:39pourquoi l'Église a mis autant de temps à canoniser Jeanne d'Arc ?
05:42– Bon, d'abord parce qu'à l'évidence,
05:45Jeanne ayant été d'abord condamnée en 1430 par un tribunal d'inquisition,
05:5025 ans plus tard réhabilité, c'est vrai,
05:53mais tout de même d'abord condamnée,
05:54disons que sans doute une partie des ecclésiastiques
05:58n'était-il pas très à l'aise avec le personnage de Jeanne.
06:01Et puis ensuite, il faut bien le dire,
06:03c'est un personnage qui est resté très populaire à Orléans,
06:07il y a des fêtes johanniques depuis l'époque médiévale à Orléans,
06:11mais dans le fond, c'est un personnage qui a en grande partie disparu
06:17de l'univers culturel et intellectuel et symbolique français,
06:21et qui est revenu sur le devant de la scène, il faut bien le dire,
06:25plutôt au XIXe siècle.
06:27Alors, il y a eu quelques œuvres, mais il y a une œuvre infamante,
06:29par exemple celle de Voltaire à son propos,
06:31mais au XIXe siècle, il y a des auteurs qui s'intéressent à elle,
06:35les deux Jules, Jules Michelet, Jules Kichra,
06:38qui sont plutôt de gauche, qui sont plutôt républicains,
06:41qui sont plutôt laïcistes et qui honorent Jeanne d'Arc.
06:45Alors, il n'en voit qu'une partie, il ne voit en elle que la fille du peuple
06:48et il ne voit pas la catholique, et encore moins, évidemment, la royaliste,
06:53mais c'est vrai que Jeanne n'est redevenue un personnage important
06:57dans l'histoire de France qu'au XIXe siècle,
07:00et c'est dans ces conditions-là que Mgr Dupont-Loup, l'évêque d'Orléans,
07:04a lancé le processus qui aboutit en 1920 à sa canonisation.
07:08– Et est-ce qu'il y avait vraiment un débat dans la société française,
07:11à ce moment-là, sur l'identité de Jeanne d'Arc, je veux dire, en 1920,
07:15on est au lendemain de la Grande Guerre, le dialogue est assez apaisé,
07:22on voit entre des… il peut être virulent, mais il est apaisé entre personnes
07:25qui se respectent parce qu'elles ont fait la guerre.
07:27– Oui, exactement, et ça c'est important parce que c'est deux ans après
07:30la Première Guerre mondiale, qui a été à la fois une épreuve monumentale
07:36et une saignée extraordinaire.
07:38Donc oui, il y a du respect dans les protagonistes du dialogue.
07:40– Mais à ce moment-là, en France, on a vraiment des débats sérieux, politiques.
07:45– Absolument, par exemple, alors j'en reviens à la loi de 1920,
07:50la loi de 1920 sur Jeanne d'Arc, sur le patriotisme et en l'honneur de Jeanne d'Arc,
07:55c'est une loi à l'origine qui a été voulue par un parlementaire radical socialiste,
08:00Joseph Fabre, dans les années 1890.
08:04D'abord député, il n'arrive pas à faire voter cette loi, puis ensuite sénateur,
08:08il arrive à faire voter cette loi au Sénat, et ça n'est que 25 ans après
08:12que Maurice Barès, dans les circonstances de la canonisation de Jeanne d'Arc,
08:17reprend le texte et le fait voter à la Chambre des députés,
08:21et chose extraordinaire, à l'unanimité et à main levée.
08:25Voilà, et donc dans son discours, Maurice Barès explique que les différents courants politiques
08:32peuvent voir en Jeanne d'Arc une incarnation de leurs idéaux,
08:37et que c'est pour ça qu'il veut réactiver cette loi,
08:41de telle manière qu'on ne puisse pas dire que Jeanne ne serait que la sainte catholique
08:45qui vient d'être proclamée par le Saint-Siège.
08:48Et c'est notamment sur la base de cette position très syncrétique de Maurice Barès
08:54qu'effectivement, moi j'ai voulu greffer mon dialogue, qui est un dialogue hypothétique,
09:00ce sont des personnages que j'ai inventés, mais qui évoquent des arguments
09:05qui sont dans les sources historiques, de la même manière que quand ils évoquent Jeanne d'Arc,
09:10l'épopée de Jeanne d'Arc, je me suis naturellement référé aux documents
09:14que nous avons sur Jeanne d'Arc, et en particulier que nous avons grâce aux procès,
09:18aux procès verbaux, des procès qu'elle a subis.
09:21– Alors il y a des clins d'œil à l'actualité de l'Église,
09:24des clins d'œil qui ne sont pas… en fait que vous n'avez pas forcément voulu,
09:28puisque ce livre a été écrit avant les fameux sacres…
09:31– Oui, avant, avant, avant.
09:32– Les fameux sacres de la fraternité sacerdotale Saint-Pilice,
09:35mais on ne peut pas s'empêcher d'y penser quand on vous explique
09:40que Jeanne a été condamnée par l'institution, mais qu'elle tient bon néanmoins,
09:44donc elle se rebelle, et finalement l'histoire lui aura donné raison.
09:47Je ne vais pas aller le direct, je ne vais pas réanimer le débat
09:50qui a été assez pénible, mais c'est quand même une sainte
09:53qui a lutté contre l'institution.
09:56– Oui, oui, absolument.
09:58Si vous voulez me faire dire qu'un jour Mgr Lefebvre sera canonisé,
10:02ça ne me dérangerait pas que vous me le fassiez dire.
10:05Bon, mais…
10:06– Si c'est le même temps que Jeanne d'Arc…
10:09– Ça va mettre du temps, ça va mettre du temps.
10:11Non, en tout cas, ce qui est sûr, c'est que parfois,
10:14il faut savoir résister aux institutions en place.
10:16Et quand on regarde l'épopée de Jeanne d'Arc, et c'est en cela que l'épopée de Jeanne
10:21d'Arc
10:21est un enseignement pour nous aujourd'hui, c'est quoi ?
10:24C'est une France qui est envahie, un pouvoir légitime qui est réduit à la portion qu'on grue,
10:31Charles VII est le petit roi de Bourges.
10:33Ce sont les institutions officielles, pensons par exemple à l'Université de Paris,
10:37qui collaborent avec l'ennemi, avec l'occupant.
10:40C'est une situation qui paraît absolument désespérée.
10:43Et en quelques semaines, en quelques mois, en quelques années,
10:47eh bien la situation est entièrement retournée.
10:50L'épopée de Jeanne d'Arc, elle nous enseigne quelque chose,
10:53c'est que rien n'est jamais perdu, et qu'il ne faut jamais désespérer,
10:58il faut toujours garder espoir.
10:59Et puis, il me semble aussi, et alors c'est l'objet notamment du débat,
11:04qui est de savoir, dans le fond, qu'est-ce que c'est que la patrie,
11:08et qu'est-ce que c'est que l'identité ?
11:10Est-ce que la patrie, c'est l'adhésion à un régime politique,
11:12comme on le pense depuis la Révolution française ?
11:15Et c'est pour ça que l'abbé, qui est l'un des protagonistes du débat,
11:19qui est plutôt royaliste, eh bien fait valoir le fait que l'avocat républicain
11:24a une patrie qui n'est pas la patrie de Jeanne d'Arc,
11:28parce que la patrie de Jeanne d'Arc, c'est une patrie charnelle.
11:30Et de la même manière, il se pose une autre question,
11:33quelle est l'identité d'un corps social ?
11:35Est-ce que c'est simplement une somme d'identité particulière à un moment donné,
11:39ou est-ce que c'est quelque chose qui a été pétri par l'histoire,
11:43quelque chose qui est ontologique, et auquel cas, effectivement,
11:46aussi bien le bleu, l'avocat, que le rouge, le professeur de mathématiques,
11:50ne comprennent pas qu'évidemment, le catholicisme fait partie intrinsèque
11:54de l'identité de la France.
11:56Et donc voilà, c'est un débat qui oppose les trois grandes tendances politiques,
12:03le blanc, le bleu et le rouge, et à propos de Jeanne d'Arc,
12:08non pas simplement par, je dirais, intellectualisme,
12:12mais parce qu'effectivement, en 1920 et depuis 1920,
12:15on peut raisonnablement penser que Jeanne d'Arc, eh bien,
12:21nous a légué un enseignement, nous a légué un exemple
12:26qui est toujours d'actualité.
12:27– Mais alors aujourd'hui, en revanche, sur les bancs de l'Assemblée à gauche,
12:31j'imagine qu'il y aurait peu de gens pour défendre Jeanne d'Arc,
12:33peu aussi à droite, quelles que soient les droites d'ailleurs,
12:38mais elle est prisée aujourd'hui finalement dans les milieux nationalistes,
12:40ou des gens qui se revendiquent du nationalisme,
12:42ou d'une certaine forme de patriotisme,
12:45elle a lutté contre l'envahisseur,
12:47est-ce qu'aujourd'hui, quelqu'un qui lutte contre un envahisseur
12:50serait canonisé même ?
12:51C'est aussi ça, ça peut paraître un peu anachronique,
12:54mais dans de telles conditions, c'est quelque chose
12:57qui ne va pas dans le sens de ce que dit même l'Église aujourd'hui.
13:00– En tout cas, certains ecclésiastiques,
13:02ne confondons pas l'institution fondée par le Christ,
13:06qui a un enseignement pérenne et constant,
13:08avec des prises de position personnelles de certains ecclésiastiques.
13:13– Aujourd'hui, ce qui reste de Jeanne d'Arc,
13:14c'est qu'elle est présentée, et peut-être à tort,
13:17essentiellement comme celle qui a abouté les Anglais hors de France.
13:20– Oui, mais attention, ce n'est pas par haine des Anglais.
13:23Jeanne d'Arc n'a jamais dit qu'elle n'aimait pas les Anglais,
13:26et elle n'a jamais dit qu'elle intervenait au nom d'un dieu
13:28qui haïrait les Anglais.
13:30Elle dit simplement qu'il faut rendre à chacun son dû.
13:32Que par conséquent, les Anglais, en étant présents en France,
13:37en prétendant faire succéder à Charles VI,
13:40dit le fou, le petit roi Henri VI, qui vient de naître,
13:44qu'ils usurpent quelque chose qui ne leur revient pas.
13:49Elle n'est là que pour faire respecter la juste répartition des choses.
13:54Il ne s'agit pas du tout, je dirais, d'une haine contre des individus,
13:59mais simplement de constater que la justice,
14:02l'ordre naturel des choses, nécessite qu'il y ait un respect
14:06de l'ordre dynastique qui a été violé par le fameux traité de Troie de 1420.
14:13– Tout ça c'est quand même très politique, c'est philosophique,
14:16parce que c'est une question de justice aussi,
14:18mais est-ce qu'il y a un héritage spirituel de Jeanne d'Arc ?
14:21– Oui, c'est le fait que, enfin en tout cas, me semble-t-il,
14:26c'est le fait que la patrie céleste, qui est visée par les catholiques,
14:34elle n'exclut pas le fait qu'il y ait une patrie terrestre,
14:37et que même justement c'est grâce à sa patrie terrestre
14:40que l'on va pouvoir vivre de manière juste, de manière vertueuse,
14:44de manière honnête, que l'on va pouvoir justement accumuler des mérites
14:49qui permettront aux catholiques de faire son salut.
14:52Et inverse, donc ça, ça explique, je dirais, aux catholiques
14:55que ce n'est pas parce qu'il y a la patrie céleste
14:58que l'on doit renier sa patrie terrestre.
15:00Et pour ceux qui, eh bien, n'ont peut-être pas,
15:04dans un premier temps, je dirais, d'intérêt pour les questions spirituelles,
15:08ça leur rappelle que la patrie terrestre qui est la leur,
15:11elle n'existe véritablement, charnellement, et du point de vue identitaire,
15:16que parce qu'il y a eu le catholicisme.
15:19La Gaule romaine, elle a été, comment dire, divisée par les Burgondes,
15:25par les Visigoths, et il s'avère que lorsque le pouvoir impérial romain
15:30s'est effondré, eh bien les Francs ont réunifié la Gaule romaine
15:34au nom et pour le compte du catholicisme,
15:37puisque les Visigoths étaient ariens, les Burgondes eux aussi,
15:39et c'est donc au nom du catholicisme que les Francs ont refait l'unité
15:43de la Gaule romaine, ont créé le royaume des Francs,
15:46ce qui va devenir par la suite la France.
15:48Et donc par conséquent, à ceux qui aujourd'hui n'auraient pas nécessairement
15:54un intérêt, je viens de le dire, pour des questions spirituelles,
15:57eh bien ça leur rappelle que la patrie qu'ils peuvent aimer
16:02et dont ils se veulent, je dirais, les enfants,
16:04eh bien cette patrie-là, elle ne peut pas être entièrement comprise
16:08et défendue si on n'admet pas le fait que cette patrie française,
16:11elle est intrinsèquement et ontologiquement catholique.
16:14– Et alors, tout à l'heure, vous parliez de Barès,
16:17et votre ouvrage porte sur un combat de mémoire,
16:21en fait, très schématiquement, entre la droite et la gauche,
16:24qui se bataille l'héritage de Jeanne d'Arc en 1920.
16:27– Les droites et les gauches.
16:28– Les droites et les gauches.
16:29– Et en l'occurrence, quelques semaines avant d'enregistrer cet entretien,
16:35on a une place Maurice Barès qui a été débaptisée.
16:39Aujourd'hui, on parle beaucoup du combat culturel,
16:41alors il y a des médias alternatifs qui sont créés,
16:43il y a beaucoup d'initiatives culturelles, vous parliez de la Dame de Pierre,
16:46mais il y a tout un tas d'initiatives sur un spectre très large,
16:49il y a le Puy du Fou, il y a énormément de choses qui se font,
16:52mais on a l'impression quand même que ce fameux combat culturel
16:55n'est pas du tout gagné, puisque d'un point de vue mémoriel,
16:57tout le quinquennat d'Emmanuel Macron aura été une récupération mémorielle
17:02qui va à l'encontre des idées de droite,
17:05donc la droite a perdu ce combat culturel et mémoriel pour le moment.
17:09– Alors, vous avez raison, ce combat n'est pas encore gagné,
17:12mais moi qui suis un peu plus âgé que vous,
17:15j'ai connu des temps où la question de l'immigration
17:19n'était même pas une question admissible en tant que telle.
17:23Aujourd'hui, la question de l'immigration est une question politique,
17:26elle est sans doute maltraitée, mais elle est reconnue comme étant une question légitime.
17:31Donc il y a quand même une évolution des choses qui font qu'il y a une présence
17:38de plus en plus assumée, de plus en plus certaine des idées politiques réactionnaires
17:45ou conservatrices, il y a toute une palette d'idées,
17:48qui auparavant avaient été entièrement étouffées.
17:51Donc je reconnais que le combat n'est pas gagné,
17:54mais que pour autant, il vaut mieux voir le verre à moitié plein qu'à moitié vide,
18:00et que donc il y a quand même, je dirais, une progression,
18:04une assurance des initiatives, des mouvements, des réalisations concrètes
18:10qui n'existaient pas il y a encore quelques années et qui aujourd'hui se développent.
18:14Et vous savez, s'il y a une telle animosité vis-à-vis, par exemple,
18:20d'un Pierre-Édouard Sterrin, c'est évidemment parce qu'ils se rendent compte en face
18:26qu'ils contribuent au financement d'activités culturelles
18:31qui contribuent à la reconquête identitaire,
18:35et que ça leur fait, me semble-t-il, nous semble-t-il,
18:39quand même très peur, incontestablement.
18:41– Alors pour revenir à votre pièce, c'est une pièce qui est écrite,
18:46mais est-ce qu'elle va être jouée ? Est-ce que vous envisagez de la faire jouer ?
18:49– Oui, c'est… alors, tout auteur espère effectivement
18:53qu'un jour ces pièces soient jouées.
18:57J'en ai déjà écrites deux seules, une autre avec Corentin,
19:02et pour ne rien vous cacher, nous avons une quatrième pièce.
19:06Moi, j'ai une quatrième pièce qui est d'ores et déjà terminée,
19:10co-écrite avec Corentin Stemmler, et qui, elle, devrait être, je dirais,
19:15la première initiative que nous devrions mettre en œuvre
19:19pour effectivement porter sur les traiteaux, porter au théâtre, je dirais,
19:24une œuvre qui ne serait pas simplement littéraire dans un livre,
19:27mais qui sera, je dirais, jouée devant un public.
19:30Et si, eh bien, cette œuvre-là fonctionne bien,
19:35eh bien, on peut espérer que les autres plus anciennes seront un jour jouées.
19:39– Ça peut être jouée, mais ça peut aussi être filmé,
19:41ça peut être diffusé à la télévision.
19:42Je crois qu'à l'époque, c'était Bernard Tapie qui avait mis du théâtre à la télévision.
19:45Est-ce que ce n'est pas quelque chose qui pourrait revenir ?
19:47– Alors, moi, je suis… alors, je suis un très grand adepte,
19:52non seulement du fait d'écouter ou de regarder des captations de théâtre,
19:58mais aussi le fait de lire du théâtre.
20:02J'insiste sur le fait que, pour nos téléspectateurs,
20:04qu'on peut lire mes textes, je dirais, sous forme, je dirais,
20:08d'un dialogue philosophique ou d'un dialogue politique,
20:11sans que l'on ait forcément besoin, je dirais, d'avoir une mise en scène.
20:15Bon, mais en tout cas, moi, je suis très friand de théâtre,
20:18et je vous rappellerai que le grand art littéraire au XVIIe et au XVIIIe siècle,
20:24c'était le théâtre.
20:24Et c'est vrai que ça a été un peu éclipsé au XIXe par le roman,
20:28hormis quelques pièces très importantes, Hernani, Cyrano de Bergerac.
20:33C'est vrai que le roman s'est imposé.
20:35J'espère que le théâtre redeviendra, je dirais, une œuvre,
20:40enfin, je dirais, un style littéraire d'importance.
20:42Il est vrai que nous essayons, j'essaye d'écrire mes textes
20:48de telle manière qu'il soit adaptable pour le cinéma ou pour la télévision.
20:57S'il y a des producteurs qui nous écoutent,
21:00je suis absolument ouvert à toute proposition.
21:04– On fera transmettre les propositions.
21:06– Exactement, très bien.
21:07– Vous n'aurez pas la pucelle de Lorraine, de Guillaume Bernard,
21:10aux éditions de l'Homme nouveau,
21:11les éditions de l'Homme nouveau que je n'avais pas citées tout à l'heure,
21:13que je cite trois fois comme ça,
21:15les éditions de l'Homme nouveau, comme ça, ils ne nous en voudront pas.
21:17– Voilà, je le répète, c'est une petite pièce de théâtre,
21:20c'est très simple à lire, notamment pour ceux qui prennent le métro.
21:23Comme ça peut se lire en trois, quatre fois,
21:25on peut passer d'une station à l'autre, d'une ligne à l'autre, sans difficulté.
21:30Moi, c'est comme ça que je l'ai lu.
21:32Et même pour des plus jeunes, ça permet de rentrer dans l'histoire de Jeanne d'Arc
21:36de manière assez simple et ensuite, éventuellement,
21:39d'être amené à lire d'autres ouvrages.
21:42Mais c'est un livre qui se lit très rapidement, très facilement.
21:46Merci Guillaume Bernard.
21:46– Merci infiniment de votre accueil, merci Olivier.
21:48– Sous-titrage Société Radio-Canada
21:51– Sous-titrage Société Radio-Canada
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