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  • il y a 5 semaines
Vendredi 10 juillet 2026, retrouvez Pierre-Yves Burlot (Président, Orée), Alexandre Lemille (Directeur Général France, Anthesis) et Claire Bottineau (Directrice RSE, Groupe ELIS) dans SOMMET DE LA TRANSFORMATION DURABLE, une émission présentée par Fabrice Cousté.

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Transcription
00:06Le sommet de la transformation durable, édition 2026 depuis le pavillon d'Armenonville.
00:10On va parler économie circulaire avec un titre merveilleux de la conférence qui vient de se terminer.
00:15Entrez dans la boucle. On est ravis d'accueillir Alexandre Lemille. Bonjour Alexandre.
00:20Bonjour, enchanté.
00:21Vous êtes directeur général d'Antesis. Un petit mot sur Antesis ?
00:24Antesis, c'est un groupement international d'experts environnementaux et sociaux qui conseille les grands groupes français et internationaux.
00:31On est présents sur les cinq continents, sur tous les sujets de durabilité, ESG, biodiversité, climat et d'économie circulaire.
00:39Alors l'économie circulaire, ils connaissent bien chez ELIS. On est ravis d'accueillir Claire Bottineau. Bonjour Claire.
00:43Bonjour.
00:44Vous êtes directrice RSE d'ELIS et vice-présidente du C3-2 chez ELIS. Est-ce qu'on peut présenter
00:51encore ELIS ?
00:52Oui. Donc ELIS, leader de l'économie circulaire, un groupe international, 31 pays, 5 milliards d'euros de chiffre d
00:58'affaires.
00:59Et puis donc le business model qui est de louer les produits plutôt que de les vendre.
01:04Toutes sortes de produits. On voit beaucoup dans les camions dans la rue.
01:07Voilà, exactement. C'est surtout tout ce qui est textile, vêtements de travail, tout ce qui est linge, draps, serviettes
01:12pour les hôpitaux, l'hôtellerie, la restauration.
01:14Tout ce qui est, voilà. Et puis aussi tout ce qui est sanitaire. Et puis du coup aussi vous parliez
01:18collège des directeurs du développement durable, C3D pour les intimes.
01:21Donc une fédération de directeurs et de directrices développement durable. On est 400 aujourd'hui pour pousser la transformation des
01:28modèles vers notamment des modèles circulaires.
01:30Avec une assemblée générale ce matin.
01:32L'assemblée générale qui s'est tenue ce matin, celui de son campus annuel. Donc le moment festif où tout
01:38le monde se retrouve pour partager sur ces sujets.
01:40Avec une belle journée pour parler justement de tous ces sujets. Pierre-Yves Burleau, bonjour.
01:46Bonjour.
01:46Vous êtes président d'Oré, une association. Expliquez-nous ce que fait Oré.
01:50Oui, Oré c'est une association qui regroupe 200 acteurs, des grandes entreprises, des plus petites, de tout secteur.
01:58Il y a aussi des collectivités locales, des associations de protection de l'environnement, des acteurs académiques, des acteurs scientifiques,
02:04l'État.
02:06Et ces 200 partenaires ont trois priorités. L'ARSE, la biodiversité et bien sûr l'économie circulaire.
02:14D'accord. Alors cette économie circulaire, on va rentrer dans le vif du sujet avec vous Clara Bottino.
02:18Chez Élise, c'est un peu la raison d'être de votre entreprise. Ça fait partie de l'ADN.
02:22Ça fait tout à fait partie de la raison d'être et de l'ADN.
02:25Puisqu'effectivement, notre but, c'est de concevoir des produits qui vont durer longtemps, qu'on va mettre à disposition
02:30de nos clients, donc loués.
02:31Et qu'on va entretenir. Vous parlez de laver du linge.
02:34Donc on le lave, on adapte les processus de lavage.
02:36On va faire des réparations, on va mutualiser entre différents clients.
02:40On va reconditionner certains appareils, c'est-à-dire qu'on va les désausser, les remettre en état.
02:44Et on fait aussi un peu de réutilisation.
02:45Et on travaille au recyclage aussi en fin de vie.
02:48On recycle aujourd'hui presque plus de 70% de nos textiles en fin de vie.
02:52Et on travaille sur des projets un peu innovants de textile to textile.
02:55On refait des produits à partir de nos anciens produits.
02:58C'est-à-dire que, je veux dire, le plus courant, ce qu'on a vraiment l'image d'Épinel
03:01d'Élise, les serviettes ou les draps.
03:03Exactement.
03:04Ils vont servir à refabriquer de la matière, à fabriquer du textile.
03:07Voilà. Aujourd'hui, tout ce qui est serviettes, finalement, c'est le plus simple à recycler.
03:11Parce que vous n'avez pas de points durs, comme on dit.
03:13Donc le bas blesse plutôt sur le vêtement.
03:15Aujourd'hui, en Europe, c'est 1% des vêtements qui sont recyclés pour redevenir du vêtement.
03:201% seulement ?
03:21Oui, ce n'est pas beaucoup.
03:22Et donc, chez Élise, on a un projet.
03:24On a mis 3 ans à le développer pour reconstruire toute une chaîne de valeur.
03:28On refait du vêtement à partir de nos propres vêtements.
03:32Donc, on a fait aujourd'hui un tablier.
03:35100% matière recyclée, dont 60% de nos propres produits.
03:38Et là, on étend la gamme avec une veste de chef.
03:41Donc, voilà.
03:41Et puis, l'idée, c'est de continuer sur cette jolie aventure.
03:44Ce qui est compliqué, vous disiez, c'est quoi ?
03:45C'est des boutons ?
03:46C'est séparé des différentes matières ?
03:47En fait, c'est tout.
03:49Donc, il y a d'abord retirer les boutons.
03:50Ensuite, ça semble très simple, mais il faut déchirer le textile.
03:54Mais il faut le déchirer d'une telle façon que vous allez garder une longueur de fibre suffisante
03:57pour pouvoir en refaire un fil de qualité.
03:59En plus, pour nous, la durée de vie d'un produit, c'est ultra important.
04:02Donc, si vous êtes sur un produit, on refait un fil, mais le tissu est de mauvaise qualité.
04:07On a perdu un peu l'objectif.
04:09Donc, on est vraiment sur refaire un fil de qualité.
04:12Ensuite, il faut refaire un tissage de qualité.
04:14Et là, c'est pareil.
04:15En fait, il y a plein de façons de faire des tissus.
04:17On a la chance d'avoir au sein du groupe une filiale qui s'appelle le Jacquard Français,
04:20qui est un industrie du textile patrimoine vivant.
04:23Il n'y a plus beaucoup d'entreprises du textile en France, sauf le Jacquard Français,
04:27dont le Jacquard Français.
04:28Et donc, eux, ils sont capables de nous refaire un tissu de très bonne qualité.
04:32Justement, on est au cœur de la question quand on parle d'économie circulaire.
04:35On voit ça très bien avec la fast fashion, avec tout le monde en tête,
04:38ces montagnes de vêtements qui sont jetées chaque année.
04:40Parce que finalement, il est souvent plus simple et moins cher d'acheter du neuf
04:45venu des pays à Baco, Asie du Sud-Est.
04:48Ça vous coûte cher, finalement, cette économie circulaire, d'avoir ce processus ?
04:51Il est peut-être même plus cher, sinon plus vertueux, que de racheter des matières ?
04:55Alors, le processus d'économie circulaire, chez nous, on considère que c'est vraiment créateur de valeur.
05:00C'est vraiment le business model du groupe.
05:01Il faut voir qu'il y a 86% du secteur du groupe qui est basé sur cette économie de
05:05la fonctionnalité.
05:07Et en fait, au contraire, on arrive à faire des études où on démontre
05:10que ça coûte moins cher pour nos clients de louer les produits plutôt que de les acheter.
05:16Alors, de toute façon, nous, on n'est pas en compétition avec l'Ultral Fast Fashion.
05:18On est sur des vêtements professionnels, du linge.
05:21Et on va plutôt une fois de plus chercher quelque chose qui va être de qualité.
05:26Très bien. Alexandre Lemine, ça vous parle, évidemment, vous qui êtes au cœur de cette réflexion avec vos clients.
05:32Cette économie circulaire, c'est vrai que, je le disais, il y a toujours cette problématique de se dire
05:37est-ce qu'on fait de l'économie circulaire, à part la beauté du geste, j'ai envie de dire,
05:40par conviction ou parce que ça a une véritable portée économique et ça devient enfin compétitif ?
05:45On parle souvent de passer à l'échelle pour que ça soit vraiment compétitif.
05:49Oui, on a bien vu avec Alice Group, c'était par conviction après la Deuxième Guerre mondiale,
05:55comme Claire nous l'a expliqué l'autre jour.
05:58Et donc, c'est parti du PDG et qui a vraiment changé le modèle d'affaires à travers toute l
06:05'entreprise.
06:06Donc, ça, c'est le cas idéal. Mais sinon, il va falloir convaincre nos clients d'aller vers cette économie
06:13circulaire,
06:13soit en identifiant, en sécurisant leur chaîne d'approvisionnement pour aller chercher les matières dont ils ont besoin
06:22et de sécuriser ces matières, soit en optimisant ce qu'elles ont déjà, les produits qu'elles utilisent déjà
06:29ou les services qu'elles mettent en place, de manière à les mutualiser ou les faire circuler le plus longtemps
06:34possible
06:34dans l'économie, soit en valorisant l'après-vente, en allant rechercher les matériaux dont elles ont besoin
06:42pour refaire des objets. Et c'est là où il y a un aspect compétition, c'est de préserver la
06:47matière
06:47de manière à avoir un stock pour recréer des objets à revendre après dans l'économie le plus longtemps possible.
06:54Donc, tout ça, ce sont des nouveaux concepts, des nouvelles approches et une nouvelle façon pour nos clients
06:58de réfléchir.
06:59Pierre Burleau, vous êtes aussi au contact des entreprises qui se posent ce genre de questions.
07:05Comment on arrive à convaincre ? On parlait effectivement pédagogie, on parlait peut-être data aussi,
07:10de prouver par l'exemple. Comment on fait aujourd'hui pour entraîner les gens dans cette économie circulaire ?
07:16Votre diagnostic, il est le bon. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, effectivement, on le voit avec Elis,
07:21il y a différents modèles circulaires qui sont viables économiquement.
07:26Et la viabilité peut s'améliorer si on augmente la réglementation, c'est-à-dire qu'on va interdire
07:32certains usages uniques, par exemple, ou via la fiscalité. On va rendre plus compétitif du réemploi,
07:40du recyclage, taxer la production de déchets, etc. Mais globalement, aujourd'hui, et vous avez cité
07:47le cas de la fast fashion, on est dans un monde où le modèle majoritaire, c'est le modèle de
07:54l'usage unique.
07:56On achète, on consomme, on jette. Et on est dans ce modèle-là, pas parce qu'on a envie de
08:05détériorer la planète,
08:06parce que c'est moins cher. Parce que pour les consommateurs, pour le pouvoir d'achat, il est plus simple,
08:13il est plus facile, il est moins onéreux de passer sur de l'usage unique, du jetable.
08:18Et c'est peut-être plus rentable pour certaines entreprises aussi.
08:20Exactement. Et donc, la question, c'est comment on passe de modèles dans certaines filières qui sont rentables,
08:30notamment je pense aux filières B2B, où là on a des clients qui sont captifs, à une généralisation des modèles
08:39économiques
08:40basés sur l'économie circulaire qui sont plus rentables. Et là, il faut se le dire, ça va coûter plus
08:47cher.
08:47C'est-à-dire que si on veut produire mieux des produits qui sont plus durables, qui utilisent moins de
08:59substances dangereuses
09:00pour l'environnement et pour la santé, il va falloir faire attention à ce qu'on va consommer,
09:07il va falloir faire attention à comment on le distribue, comment on va le réemployer, le réparer.
09:12Quand on a des substances dangereuses, comment on les sort du système ? Et ça a un changement de modèle.
09:18C'est compliqué parce que c'est en termes d'acceptabilité et puis aussi de pouvoir d'achat,
09:21puisqu'aujourd'hui, on sait que tout le monde est un petit peu contraint et surveille effectivement ce qu'il
09:25a à fin sur son compte.
09:27C'est le débat fin du monde versus fin du mois.
09:29En fait, ce que Pierre-Yves explique, c'est l'économie d'aujourd'hui avec les systèmes de taxation et
09:35de subvention actuels.
09:36Mais si on change le modèle de taxation et si on change le modèle de subvention, le modèle peut devenir
09:43vertueux et peut devenir circulaire.
09:45Peut-être que Claire peut nous rappeler que son modèle, elle, génère des bénéfices et ça fonctionne à grande échelle.
09:53On en disait tout à l'heure 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
09:55Donc effectivement, c'est un modèle qui fonctionne à grande échelle.
09:58Après, ce qu'on voit aussi au sein du C3D où on a un groupe de travail qui est dédié
10:02à l'économie circulaire,
10:03c'est qu'il y a quand même de plus en plus d'entreprises qui se saisissent du sujet et
10:06qui essayent vraiment de travailler sur l'ensemble des composantes.
10:09Alors souvent sur des petits projets un peu expérimentales, mais avec une volonté de faire une différenciation, de passer à
10:14l'échelle.
10:15Et après, effectivement, il y a tout le volet réglementaire et aussi politique autour de la table ronde.
10:20On avait Pierre-Emmanuel Saint-Esprit aussi qui parlait du collectif Économie circulaire 2027.
10:25Et donc comment est-ce qu'on fait pour poser un certain nombre de sujets sur la table, notamment des
10:30politiques.
10:31Et puis on a aussi avec le Collège des directeurs du développement durable des discussions autour de tout ce qui
10:36est le cadre normatif et comptable
10:40pour essayer de voir comment est-ce qu'on peut faire évoluer le cadre comptable pour mieux prendre en compte
10:43les sujets d'économie circulaire.
10:45Ça veut dire que pour les présidentielles qui arrivent dans quelques mois, vous vous appelez de vos voeux, par exemple,
10:51une plus grande réglementation, une plus grande fiscalité.
10:54Alors ça, on adore ça en France, taxer. Peut-être ça va compliquer aussi ou complexifier. C'est ce que
10:59vous attendez de nos politiques pour l'année prochaine ?
11:02Je ne vais pas me positionner sur les moyens politiques. Orée est une association qui ne prend pas position politiquement.
11:08Mais ce qui est certain, c'est que si on veut un changement de modèle vers l'économie circulaire et
11:15passer du tout jetable très linéaire à l'économie circulaire,
11:19c'est un changement de paradigme. On ne peut pas se dire que c'est en améliorant le système actuel
11:25et en se basant sur ce qui marche
11:27qu'on va déployer radicalement des modèles qui vont transformer les choses dans les prochaines années.
11:32Il faut assumer, si on veut un changement de modèle franc, il faut assumer effectivement que ça aura des conséquences
11:38sur le pouvoir d'achat des ménages,
11:42ça aura des conséquences potentiellement sur la fiscalité, sur les modèles de production, sur les modèles de consommation.
11:48Et donc, il faut faire attention au piège de dire que l'économie circulaire peut tourner tout seul avec des
11:54améliorations du système.
11:55Ok, il faut créer l'impulsion. Claire Bottino, comment on va plus loin quand justement, vous disiez, le groupe se
12:00crée après-guerre,
12:01donc ça fait quand même un certain temps déjà. C'est quoi la prochaine étape justement pour votre groupe ?
12:06On a beau être effectivement très circulaire déjà par nature et dans notre business model, on n'est jamais parfait,
12:12malheureusement, j'adorerais.
12:14Mais donc, il y a toujours pousser plus loin, réparer plus, garder en utilisation les produits le plus longtemps possible,
12:19mutualiser plus.
12:21On a malheureusement encore dans certains centres du plastique à usage unique qui peut être demandé pour livrer nos produits
12:28pour des raisons réglementaires ou de perception d'hygiène.
12:31Donc là, on travaille avec les clients pour dire en fait, on a des solutions réutilisables parce que c'est
12:35vraiment notre état d'esprit.
12:36Et donc, comment est-ce qu'on fait pour garder ça ?
12:39Je pensais à ce qu'ils se voyaient aussi vos camionnettes. Vous êtes passés à la flotte et passés à
12:42l'électrique.
12:42Exactement, oui, tout à fait. Bien vu.
12:45Je circule dans la ville.
12:46Dans Paris, on en a pas mal. Effectivement, on a de plus en plus de poids lourds électriques.
12:50Il faut savoir qu'on a commencé il y a 4-5 ans à avoir des poids lourds électriques.
12:53On était parmi les pionniers parce qu'à l'époque, notre partenaire qui était le leader européen des poids lourds
13:02électriques n'en avait pas vendu beaucoup.
13:04Et entre notre site en France et ce qu'on avait en Suède, on avait quand même une grosse partie
13:09déjà des volumes.
13:10Et on ne fait vraiment qu'investir sur ces sujets-là.
13:14Donc effectivement, de plus en plus de poids lourds électriques pour livrer nos clients.
13:17On a aussi des véhicules plus petits pour livrer les clients dans le quotidien.
13:22Mais effectivement, une transition de nos flottes.
13:24Ça paraît adapté également à ces distances qui ne sont pas forcément gigantesques.
13:27Exactement, on est sur une logique de tourner.
13:30Mais vous connaissez très bien le groupe Elis, c'est ce que je vois.
13:33Et effectivement, on a une logique de proximité parce qu'on est sur de l'optimisation.
13:37Et donc pour vraiment optimiser, c'est important que tous les clients soient le plus près possible.
13:42Et donc on a un site Elis à peu près tous les 50 km en France.
13:46Eh bien voilà pour ce qu'on peut dire sur cette économie circulaire.
13:49Un grand merci à nos invités, Alexandre Lemille pour Antésis, Claire Bottineau pour Elis et Pierre-Yves Burleau pour Auré.
13:57Merci à vous tous et à très bientôt sur Bismarck.
14:00Merci.
14:00Merci.
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