00:03Mais tout d'abord, la fête, il devait être en notre question il y a dix ans, jour pour jour,
00:08à Nice, sur la promenade des Anglais.
00:10Un camion bélier conduit par un terroriste islamiste tué 86 personnes et faisait des centaines de blessés.
00:17Aujourd'hui, la France commémore ses victimes. Emmanuel Macron qui se rendra à Nice en fin de journée.
00:24Et vous, 0826 300 300, est-ce que vous vous souvenez de ce que vous faisiez ce jour-là en
00:31ce 14 juillet 2016 ?
00:33Il était 22h33 quand ce drame s'est produit sur la promenade des Anglais.
00:38Vous nous appelez pour témoigner, peut-être si vous êtes du côté de Nice.
00:41Vous vous souvenez forcément de ce qui s'est passé ce jour-là, 0826 300 300.
00:47On est au standard avec Christophe qui est à Nice. Bonjour Christophe.
00:51Oui, bonjour.
00:52Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
00:55J'imagine, Nice, on vit dans une ambiance particulière depuis quelques jours déjà avec ce dixième anniversaire.
01:04Oui, effectivement. Je me souviens très bien.
01:09Je me souviens très bien. J'étais au Jardin Albert 1er avec mes deux enfants.
01:13Ma fille avait 6 ans à l'époque et mon fils de 11 ans.
01:16Et on avait le choix de... C'est comme une patte d'oie où je prenais la promenade où je
01:22coupais dans le centre-ville.
01:24Et on a fait le choix de couper dans le centre-ville.
01:27Heureusement pour nous.
01:28Et on s'est retrouvés à voir quand même des gens qui se mettaient à courir.
01:32Parce qu'au bout de deux minutes, il y avait déjà le drame en place.
01:36On a vu des gens courir.
01:37J'ai pris ma fille dans les bras et j'ai couru jusqu'à la maison.
01:40Et ça me rappelle qu'hier soir, elle est sortie.
01:43Pour vous dire, hier soir, elle est sortie.
01:45Aujourd'hui, elle a 16 ans.
01:46Mais on doit continuer de vivre.
01:49Et il ne faut pas que ces gens...
01:50Parce qu'il y a trois mots qui me viennent de tête.
01:53La première, c'est la haine.
01:56Comment on peut se nourrir de haine à ce point-là ?
01:58Et les deux autres, c'est la bêtise et la méchanceté.
02:02Donc, heureusement que l'être humain, il n'est pas comme ça.
02:04Il y a des gens qui sont peut-être faibles ou bêtes et qui se transforment en des terroristes haineux.
02:11La logique, elle n'y est pas.
02:12Parce que la logique, vous le feriez pour des militaires ou quelque chose qui représente l'État ou la force.
02:20Mais quand je dis que c'est de la bêtise et de la méchanceté, il n'y a rien d
02:25'autre à penser.
02:26Donc, oui, il faut qu'on continue de vivre.
02:28Ça traumatise.
02:29Il y en a forcément une génération.
02:31Et c'est pitoyable.
02:33Alors, je ne sais pas s'il y aurait une thérapie de comprendre comment les gens peuvent tomber dans la
02:37haine à ce point-là
02:39en suivant le procès des gens qui sont radicalisés.
02:41Je n'ai aucune idée de ce qu'il faudrait faire.
02:44Mais heureusement qu'il n'y a pas autant de gens que ça quand même parce que c'est pitoyable.
02:51Christophe, vous avez parlé de votre fille.
02:53Elle a 16 ans aujourd'hui.
02:55Est-ce qu'elle se souvient, elle, de cette soirée ?
02:59Non.
03:01Elle n'en a pas gardé souvenir.
03:02C'est l'histoire qui a...
03:04C'est l'histoire.
03:05Je l'avais dans les bras en Corée.
03:06Donc, non, je ne pense pas.
03:08Ils ne réalisent pas des enfants.
03:10Ils ne réalisent pas.
03:11Donc, juste, moi, je n'ai pas...
03:14Je ne veux pas tomber là-dedans.
03:16Hier, je me suis couché à minuit et demi.
03:18J'attendais qu'elle m'appelle.
03:19Qu'elle ait pris son bolt parce qu'ils étaient à Villefranche pour regarder le feu d'articite avec des
03:23amis à elle.
03:24Mais je veux qu'on continue de vivre.
03:26Il n'y a pas...
03:27Et ce n'est pas la bêtise et la haine qui vont...
03:30La méchanceté qui va gagner sur le terrain de la vie.
03:34Continuer de vivre, mais commémorer.
03:36Vous serez à la commémoration vous-même, Christophe, ou pas ?
03:41Je ne saurais pas à la commémoration.
03:43Mais par contre, j'avais pensé à quelque chose un jour.
03:46Je m'étais dit...
03:47J'avais trouvé...
03:49Il y avait une action qu'une personne a faite.
03:51Il était en mobilette ou en scooter.
03:55Et il a essayé de rattraper le scooter pour monter dedans.
03:58Ça avait été filmé.
04:01La presse en avait parlé.
04:03Et je me disais...
04:04Je ne sais pas s'il y a eu une avenue, une rue à son nom à ce gars.
04:07Mais là, c'est contre un camion, un scooter,
04:09pour se dire je vais monter et faire ça.
04:12Là, c'est tout le contraire de la...
04:15C'est tout le contraire.
04:17C'est la bravoure.
04:18C'est un exemple même de gens qui sont remarquables.
04:22Donc, je ne sais pas si la famille de cette personne nous entend.
04:27Mais chapeau.
04:28Et j'aimerais qu'il y ait son nom.
04:30Autant que ce qu'on a fait sur la prom avec les noms.
04:34Ça, ça serait quelque chose de chouette.
04:36Non, non, je n'y serais pas.
04:39Je n'y serais pas.
04:39J'ai eu d'autres activités aujourd'hui.
04:41Oui, vous avez d'autres activités en tout cas.
04:44On sent que cette soirée vous a marqué.
04:47Comme vous l'avez dit, ça ne s'est joué à rien pour vous et votre fille notamment.
04:52Ça s'est joué à une décision de prendre une rue plutôt qu'une autre.
04:56Oui, j'ai connu beaucoup de gens traumatisés qui avaient du mal à remonter la pente.
05:01Voilà.
05:02Et ainsi va pour l'instant la vie.
05:05Il faut aller de l'avant.
05:07Aller de l'avant, commémorer en tout cas.
05:10Et une minute de silence.
05:12Je ne sais pas si vous avez vu qu'il sera respecté aux Etats-Unis avant la demi-finale de
05:16Coupe du Monde.
05:17France et Spagne.
05:20Vous en pensez quoi ?
05:21C'est beau.
05:22C'est beau.
05:23Ah ben c'est beau.
05:24C'est magnifique.
05:25C'est magnifique.
05:26C'est un hommage.
05:29Non, ça j'apprécie.
05:32Christophe, merci de votre témoignage ce matin sur Sud Radio.
05:35Si vous souhaitez témoigner, dire ce que vous avez vécu, les souvenirs que vous avez de ce soir-là.
05:41À Nice ou ailleurs ?
05:42Parce que ça fait partie de ces moments-là, forcément.
05:44On se souvient à cette heure-là, 14 juillet 2016, en fin de soirée.
05:50On se souvient de ce qu'on faisait.
05:51Ça fait partie des événements marquants, même si certaines victimes disent qu'on ne se souvient pas suffisamment de cet
05:57attentat de Nice.
05:59Vous nous appelez 0826-300-300.
06:02Oui, Christophe ?
06:03Non, je disais, non, je s'en souviens.
06:06Vous vous en souvenez, mais c'est ce que disent certaines victimes.
06:10C'est que cet attentat, en tout cas, on n'en parle pas assez par rapport à d'autres, peut
06:15-être.
06:15Non, il ne faut pas nourrir plus.
06:18Il y a un juste milieu, il y a un équilibre dans tout.
06:21Il ne faut pas nourrir de trop non plus, mais il ne faut surtout pas oublier.
06:24Merci pour vos mots, en tout cas, Christophe.
06:26Je vous souhaite une belle journée.
06:28Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
06:310826-300-300.
06:32On continue, on continue de parler ensemble à l'antenne.
06:360826-300-300.
06:38Manuela, au standard qui sonne, décidément, ce standard.
06:41Vous l'appelez pour être à l'antenne, que ce soit pour témoigner sur, effectivement, les 10 ans de cet
06:48attentat du côté de Nice.
06:49Ou pour parler du défilé du 14 juillet, défilé traditionnel du 14 juillet, qui débute dans une grosse demi-heure,
06:559h50.
06:56Dernier défilé d'Emmanuel Macron, un défilé historique, hors normes, XXL, c'est ce qu'on nous promet.
07:02Et puis, ces QR codes obligatoires pour y assister.
07:06Ces places qui ne sont plus disponibles.
07:07On ne peut pas, par exemple, se dire,
07:09« Tiens, avec mon enfant, je vais aller assister à ce défilé militaire. »
07:13Non, il n'y a plus de place.
07:14Alors, est-ce que ce défilé est encore un événement populaire ou pas ?
07:18Là aussi, je vous attends au standard 0826-300-300.
07:21On se parle, on se parle juste après ça.
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