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  • il y a 3 mois
Lundi 29 juin 2026, retrouvez Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:04Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique, chaque lundi nous parlons
00:08de l'actualité américaine,
00:10une actualité très politique aujourd'hui que nous développons avec Pierre-Yves Dugas, notre correspondant américain qui est avec nous
00:16à distance.
00:17Bonsoir et bienvenue Pierre-Yves, oui. Parlons politique et des manœuvres politiques aujourd'hui, du côté de la Maison Blanche,
00:26au Congrès, c'est un peu le grand bargain.
00:29Donc si je résume, parce que ce n'est pas forcément des sujets qui sont des sujets domestiques américains, pas
00:35forcément des sujets qu'on suit sur le plan global.
00:39Donald Trump refuse de promulguer une loi qui est liée à l'immobilier, c'est ça Pierre-Yves, pour faire
00:45pression sur les élus républicains sur un autre projet de loi
00:50qui vise à modifier, réformer les règles d'inscription sur les listes électorales. C'est ça le grand bargain là
00:57?
00:59Voilà, il est assez inhabituel de voir le président républicain mettre autant de pression sur les élus de son propre
01:06parti
01:07pour les obliger au Sénat à voter une loi qui les chagrine pour le moment et qu'ils hésitent fortement
01:14à voter
01:14et qui consisteraient en gros à obliger les États américains, puisque toutes les règles électorales aux États-Unis dépendent essentiellement
01:24en premier lieu des États
01:26et ne sont pas édictés au niveau fédéral, mais l'État fédéral veut obliger les États pour les élections fédérales,
01:34selon Donald Trump,
01:36à justifier de leur nationalité. Les électeurs aujourd'hui peuvent s'inscrire sur les listes électorales sans justifier de leur
01:44nationalité.
01:46Et Donald Trump, qui a un narratif dont il ne veut pas démordre, persiste à dire qu'il aurait battu
01:54Joe Biden
01:55si ce dernier et son parti démocrate n'avaient pas triché et fait voter des fantômes, en particulier en jouant
02:05sur ce qu'ils considéraient être comme le flou
02:08et ces règles assez laxistes, il faut bien le dire, qui seraient inimaginables en France, par exemple,
02:14et qui permettent aux gens de s'inscrire en ligne ou par correspondance sur la liste électorale
02:20sans vraiment justifier clairement, de manière centralisée, de leur citoyenneté et de leur domiciliation.
02:30Les démocrates sont contre cette loi, ils ont voté contre à la Chambre, mais ils sont minoritaires à la Chambre,
02:38ils sont minoritaires aussi au Sénat, mais au Sénat, il y a une minorité de républicains qui sont de l
02:43'avis des démocrates
02:44et qui pensent que cette loi est inutile parce qu'on n'a jamais pu prouver que des migrants, que
02:51des sans-papiers,
02:52que des étrangers en position légale ou illégale aux États-Unis avaient dopé les listes électorales pour voter
03:01et encore moins, a-t-on pu prouver que lorsqu'ils votaient illégalement, ils votaient systématiquement pour la gauche.
03:07Mais Donald Trump ne veut pas en démordre et il met dans la balance, pour forcer le Sénat républicain à
03:15voter cette loi,
03:16le passage d'une loi, alors là c'est extraordinaire et c'est une exception à Washington,
03:21une loi qui a été votée par une majorité écrasante dans les deux chambres et par les deux parties.
03:28Donc on ne comprend pas pourquoi Donald Trump veut brusquement empêcher cette réforme des normes
03:37qui concernent la construction et qui a pour objectif de doper la construction aux États-Unis dans le secteur résidentiel
03:46et qui prétend œuvrer en faveur d'un apaissement du coût effectif du logement.
03:54De quoi s'agit-il ?
03:55Il s'agit en particulier, c'est une démarche assez populiste
04:00qui a été adoptée tant par les démocrates que par les républicains
04:05d'interdire aux institutions financières d'investir massivement dans le secteur résidentiel.
04:12Il faut savoir qu'aujourd'hui, pour ce qui est du secteur locatif,
04:17les grandes institutions financières ne représentent que 3% du marché immobilier résidentiel américain locatif.
04:25Et dans ce qui est le sous-secteur de la maison individuelle, ça n'est que 0,5%.
04:29Pour autant, dans certaines métropoles, de grosses institutions jouent quand même un rôle
04:34qui est un petit peu plus que marginal et ces institutions sont mal vues.
04:39Et les républicains, tant que les démocrates populistes, prétendent que c'est en gros Wall Street
04:45qui fait monter artificiellement le prix du logement et qui empêche l'américain moyen,
04:50en particulier les défavorisés, d'accéder à un prix à peu près correct au logement.
04:54Cette loi réformerait également les normes de construction,
05:00en particulier pour aider les maisons qui sont assemblées dans des usines
05:04à être transportées ensuite sur des sites où elles sont érigées et raccordées dans des terrains viabilisés.
05:11Tout cela est suspendu si le Sénat et une poignée de républicains
05:17ne veulent pas voter cette fameuse loi sur la réforme électorale.
05:22Alors, ça paraissait absurde, mais c'est très Washingtonien.
05:25C'est très important aux yeux de Donald Trump qui pense qu'une des choses les plus importantes
05:31qu'il peut laisser dans l'histoire américaine sera d'avoir changé radicalement
05:36la procédure d'inscription sur les listes électorales pour les élections fédérales.
05:45Voilà pour la saga trumpienne qui se poursuit et que nous vivons avec vous,
05:49bien sûr, chaque jour ou quasiment, en tout cas chaque semaine.
05:52Pierre-Yves, regardons ce qui se passe du côté du Parti démocrate.
05:55On est toujours dans ce phénomène de polarisation,
05:59polarisation entre les deux grands pôles, républicains et démocrates,
06:02mais polarisation au sein des partis.
06:05On a tous l'habitude maintenant de la partie droitière,
06:08de l'électorat républicain, la base MAGA,
06:11on appelait ça le Tea Party à un moment précédent, Pierre-Yves,
06:16mais on a le même phénomène à gauche chez les démocrates.
06:19On a une montée en puissance de la partie gauchière, si je puis dire,
06:24du parti démocrate, pour ne pas dire gauchiste peut-être, Pierre-Yves,
06:28qui est en train de remporter les scrutins du moment.
06:32Ah, le journaliste français qui débarque de Paris
06:36va être ravi de couvrir ses élections américaines
06:38parce que la gauche américaine est en train de ressembler à la gauche française.
06:41Donc le journaliste français, qui sort de l'école de journalistes
06:45ou qui a été formaté à l'AFP, ETOC,
06:48sera ravi de voir que cette élection extraordinaire
06:52d'un socialiste à la mairie de New York,
06:56M. Mandani, ne semble pas être une exception purement new-yorkaise.
07:02Nous avons maintenant un socialiste à la mairie de Seattle,
07:06nous avons un socialiste probablement à la mairie de Washington,
07:11et nous avons des candidats ouvertement socialistes,
07:14je les qualifie des socialistes parce qu'eux-mêmes se réclament
07:18de l'aile socialiste du Parti démocrate,
07:20qui ont gagné les primaires démocrates dans la région de New York
07:24et qui sont peut-être en passe de les gagner aussi dans le Colorado.
07:28Il faut surveiller cette élection dans le Colorado demain
07:32où la candidate, une avocate de 29 ans,
07:40Mela Keros,
07:41est semble-t-il sur le point de battre dans la primaire démocrate
07:48la députée sortante qui est en place depuis maintenant 15 mandats.
07:53Elle est à la gauche, Mela Keros,
07:55elle est clairement à la gauche du Parti démocrate,
07:57et tous ces socialistes autoproclamés
08:00sont qualifiés par Donald Trump de communistes,
08:03bien entendu, on est dans la surenchère,
08:05mais ils affichent des positions qui ne sont pas du tout conformes
08:09à celles de l'establishment démocrate,
08:10qui est de plus en plus mal à l'aise.
08:12En particulier, les leaders démocrates du Congrès
08:15qui sont très mal à l'aise parce qu'eux ont atteint
08:18leur position de responsabilité au sein du Congrès
08:21en vertu de l'ancienneté.
08:23Ce sont donc, entre guillemets, des dinosaures
08:25qui sont plutôt de l'aile social-démocrate,
08:27voire centriste du Parti,
08:28et qui voient arriver ces jeunes loups
08:31qui sont ouvertement socialistes,
08:32qui sont contre l'État d'Israël,
08:34pour la taxation du patrimoine
08:36et pas simplement du revenu des riches,
08:38qui sont favorables à une nationalisation
08:40de l'assurance maladie.
08:41Autant de thèmes qui, pour un Français,
08:44paraissent tout à fait socio-démocrates et acceptables,
08:47mais pour un démocrate centriste,
08:50sont assez révolutionnaires.
08:51Est-ce qu'ils sont en train de prendre le pouvoir
08:52au sein du Parti démocrate ?
08:53Qu'est-ce que ça ouvre comme perspective
08:57d'équilibre pour le 2027, bien sûr, Pierre-Yves ?
09:03Alors, est-ce que dans un État comme le Colorado,
09:08où l'essentiel des électeurs démocrates sont centristes,
09:13on peut reproduire ce phénomène extraordinaire
09:15de socialisme triomphant que l'on observe à New York ?
09:20C'est la grande question.
09:21Est-ce qu'on peut également dupliquer le phénomène new-yorkais
09:25dans l'État du Michigan ?
09:26Nous avons un candidat qui est un médecin,
09:29qui s'appelle Abdoul El-Sayed,
09:31un biologiste qui est socialiste,
09:33qui est sur le point de battre dans la primaire
09:36Healy Stevens,
09:38qui est le préféré de l'Establishment démocrate.
09:41Et tout cela, pour répondre à votre question,
09:42nous promet un congrès encore plus polarisé,
09:47avec probablement,
09:49si les tendances actuelles se confirment,
09:51pour les élections qui vont avoir lieu début novembre,
09:54les républicains qui perdent le contrôle
09:57de la Chambre des représentants
09:58et qui pourront tout juste,
09:59tout juste d'extrême justesse peut-être,
10:01préserver leur majorité étroite au Sénat.
10:06Un gouvernement complètement divisé,
10:08une gauche démocrate qui va chercher à nouveau
10:11à destituer Donald Trump
10:12et à bloquer toutes ses initiatives.
10:15L'essentiel de l'acquis législatif de Donald Trump
10:19n'aura pu être réalisé
10:22que durant la première partie de son second mandat,
10:25car les deux prochaines années,
10:26à ce moment-là,
10:27vont s'avérer catastrophiques pour la Maison-Blanche.
10:29Est-ce qu'il faut imaginer
10:30que c'est forcément un représentant
10:31de cette aile socialiste du Parti démocrate
10:34qui se retrouvera
10:38face à un candidat républicain en 2028 ?
10:40Est-ce que c'est beaucoup trop tôt pour le dire ?
10:42Est-ce qu'il y a encore un centre de gravité
10:44au sein du Parti démocrate
10:45qui permet de se dire
10:46que la vieille garde, si je puis dire,
10:48sera encore en place pour 2028 ?
10:51Il y a encore quelques personnalités démocrates
10:55centristes qui peuvent séduire une partie de la gauche.
11:01Le gouverneur de Pennsylvanie, par exemple,
11:04le gouverneur démocrate également du Maryland,
11:07sont des personnalités
11:08qui peuvent encore fédérer quelque chose.
11:10Et puis, il y a bien sûr
11:11celui qui est donné comme le favori,
11:13le gouverneur sortant de Californie,
11:17Gavin Newsom,
11:18qui espère drainer des votes sur la gauche
11:23tout en n'affolant pas trop l'électorat centriste.
11:29Les élections locales américaines
11:31peuvent basculer dans un sens ou dans un autre,
11:35mais le système électoral américain
11:37a été délibérément conçu
11:38pour éviter qu'une région
11:40qui serait très à gauche
11:42puisse dévorer et faire basculer
11:44l'élection présidentielle.
11:46Donc, au niveau des primaires,
11:49il est beaucoup plus facile de gagner
11:50quand on a une position extrême,
11:52mais ensuite, quand on arrive à l'élection nationale,
11:54il faut se repositionner comme centriste
11:56et pour ça, il faut être crédible.
11:58Et tous ces socialistes affichés
12:00qui ont quand même derrière eux
12:02des années de postes sur X
12:05où ils prennent des positions radicales
12:07contre la police,
12:08contre la police de l'immigration,
12:12en faveur de la Palestine
12:13et contre l'existence même de l'État d'Israël,
12:16tous ces gens-là vont avoir beaucoup de mal
12:18à lever des fonds dans une élection présidentielle.
12:20Bon, c'est encore un peu tôt,
12:22mais bon, c'est l'horizon quand même
12:23de la politique américaine
12:25avec les élections de mi-mandat
12:26et puis ensuite,
12:28le morceau de la prochaine élection présidentielle.
12:30Merci beaucoup, Pierre-Yves.
12:31Pierre-Yves Dugas avec nous chaque lundi
12:33dans ce quart d'heure américain,
12:34dans Smart Bourse, une émission
12:36et un quart d'heure que vous retrouvez bien sûr
12:37en replay sur notre plateforme bismar.fr.

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