- il y a 6 semaines
A l’occasion des 40 ans de la Cité des sciences et de l’industrie, un T’éduc exceptionnel autour de la présentation de la nouvelle Cité des enfants 2-6 ans.Une table-ronde avec des questionnements sur : Comment cultiver l’émerveillement, la curiosité des enfants et adolescents d’aujourd’hui, dans une société de l’immédiateté et de l’hyperconnexion ? suivi d'une présentation détaillée de la nouvelle Cité des enfants 2-6 ans.Avec : Patrice Huerre, pédopsychiatre, auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’enfance et l’adolescence ; Gilles Vernet, enseignant et auteur du livre et du film “Si on levait les yeux au ciel” ; Nil Didier, muséographe de l'exposition Cité des enfants 2-6 ans ; Sophie Edouard, professeur de sciences physique et chimie animée par Marie-Catherine Mérat, journaliste scientifique
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00:00:00...
00:00:06Bonjour.
00:00:07Bonjour à toutes et tous.
00:00:09Je devrais presque dire toutes,
00:00:10parce que je vois que le public est très féminin.
00:00:14Puis-je vous demander parmi vous
00:00:15s'il y a des enseignants d'école maternelle ?
00:00:18Ah, super !
00:00:19Parce qu'on devait avoir avec nous la présidente de l'AGEEM,
00:00:23l'Association générale d'enseignants d'école maternelle,
00:00:25et qui, finalement, n'a pas pu venir.
00:00:27Donc, vous pourrez peut-être partager avec nous
00:00:31des expériences, des témoignages,
00:00:33et ça viendra enrichir la table ronde.
00:00:35Donc, merci, en tout cas, d'être là.
00:00:37Donc, oui, grandir en s'émerveillant
00:00:39depuis 40 ans à la cité.
00:00:42Cette citation, vous la connaissez.
00:00:44Éduquer, ce n'est pas remplir des vases,
00:00:46mais c'est allumer des feux.
00:00:47Qui a dit ça ? On ne sait plus trop.
00:00:50Aristophane, Montaigne, Rabelais, peut-être ?
00:00:52On ne sait pas trop, mais on répète cette citation à l'envie.
00:00:55C'est qu'elle nous parle.
00:00:58N'est-ce pas cela que nous tous, parents enseignants,
00:01:01à l'école, à la cité des sciences,
00:01:04à la cité des enfants, essayons de faire allumer des feux,
00:01:07éveiller la curiosité ?
00:01:09Quoi de mieux ? On le sent bien que la surprise,
00:01:12le questionnement, au fond,
00:01:13l'émerveillement pour apprendre et grandir.
00:01:15Mais ce n'est pas si facile de susciter l'émerveillement.
00:01:19Surtout quand des petits objets électroniques
00:01:22devenus bien envahissants
00:01:24ont eux aussi quelque chose de merveilleux et d'irrésistible.
00:01:28Grandir en s'émerveillant, s'émerveiller pour grandir,
00:01:31pour évoquer ces grandes questions,
00:01:34nous avons le plaisir d'accueillir nos quatre intervenants du jour.
00:01:39Patrice Huert, Sophie Édouard et Gilles Vernet.
00:01:43Bonjour à tous les trois.
00:01:47Alors, Patrice Huert, vous êtes pédopsychiatre,
00:01:50auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'enfance et l'adolescence.
00:01:53On en citera quelques-uns tout à l'heure,
00:01:54puis on donnera toutes les références.
00:01:56Sophie Édouard, vous êtes professeure de physique chimie
00:01:59de la 3e à la terminale,
00:02:01au lycée Jules Ferry, dans le 9e, à Paris.
00:02:04Et Gilles Vernet, vous êtes enseignant en CM2,
00:02:06dans le 19e arrondissement, en REP+,
00:02:09et réalisateur, auteur de plusieurs films,
00:02:12dont Si on levait les yeux au ciel,
00:02:14et c'est pareil, on donnera les références
00:02:16à la fin de cette petite table ronde.
00:02:19Alors, comme on n'est pas nombreux,
00:02:20je vous invite à même intervenir pendant la table ronde
00:02:23et à partager avec nous.
00:02:24Si vous avez envie de poser des questions,
00:02:27profitons-en, on n'est pas nombreux.
00:02:28Alors, ma première question,
00:02:30elle est pour vous, Patrice Huert,
00:02:32parce que quand on pense émerveillement,
00:02:34on pense à son corollaire,
00:02:36je dirais son corollaire, la curiosité.
00:02:39Et finalement, comment elle naît,
00:02:41cette curiosité, chez l'enfant ?
00:02:44Est-ce qu'elle est là d'emblée ?
00:02:53Alors, d'abord, ce n'est pas un vilain défaut.
00:02:56La curiosité, contrairement à ce qu'on entend dire souvent,
00:03:00j'en ferais plutôt l'éloge, moi.
00:03:03Et un petit enfant, y compris dans les premiers mois de la vie,
00:03:07qui n'est pas dans un environnement défaillant,
00:03:14négatif, etc., est un hyper curieux.
00:03:18Tout l'intéresse.
00:03:20Il suffit de voir, de déplacer un objet,
00:03:24quelque chose qui bouge à côté,
00:03:25une lumière, une forme, une couleur.
00:03:28Tout est attirant et tout va faire l'objet de cette curiosité.
00:03:33qui va être, et on y reviendra sans doute,
00:03:38assez souvent bridé.
00:03:39Assez souvent bridé, au nom de la prudence,
00:03:44du danger que peuvent représenter telle ou telle expérience.
00:03:50Et j'ai un parent l'autre jour qui me disait,
00:03:52je suis embêté, mon petit enfant, il a dix mois,
00:03:54il marche à quatre pattes,
00:03:57il va attraper les chaussures qui traînent,
00:03:59et il les met à la bouche.
00:04:01Qu'est-ce que je fais ?
00:04:02Donc, je lui interdis.
00:04:02Je lui ai dit, ce n'est pas possible.
00:04:04Et j'ai même fait une tape sur la main.
00:04:05Je lui ai dit, mais ça, c'est de la curiosité au départ.
00:04:09La curiosité, qu'elle soit visuelle, olfactive, gustative.
00:04:15Et la question qui va se poser, on y reviendra sans doute,
00:04:17c'est, mais qu'est-ce qu'on fait avec cette curiosité
00:04:19que l'enfant a naturellement ?
00:04:22Naturellement, et à un niveau que beaucoup d'adultes,
00:04:26sans doute, ont enviré,
00:04:28alors même qu'ils ont un peu perdu leur curiosité.
00:04:30Donc, il y a un peu d'envie à l'égard de ces bébés
00:04:33ou ces petits-enfants, hyper curieux de tout,
00:04:36qui ont envie de tout découvrir, de tout toucher,
00:04:39de tout attraper, de tout goûter.
00:04:41Et je crois qu'il y a de l'envie derrière,
00:04:43chez certains adultes.
00:04:47Et puis, là, tout va dépendre, en tant que parent,
00:04:49de la manière dont leurs premières curiosités
00:04:54ont été soutenues ou bridées ou empêchées.
00:04:58Je crois que là, il y a...
00:04:59En tout cas, c'est une qualité première de l'enfant,
00:05:03s'il est en bonne santé et dans un environnement
00:05:06suffisamment sécurisant.
00:05:07Il sera naturellement très curieux, et c'est tant mieux.
00:05:11Alors, je ne sais pas si vous aurez la réponse à cette question.
00:05:14Je reste un tout petit peu avec vous.
00:05:16Vous dites, la curiosité, elle peut être bridée.
00:05:19Est-ce qu'elle peut aussi être bridée parfois,
00:05:21là, je m'adresse aussi à vous, par les programmes
00:05:23et par les injonctions, en fait, des programmes ?
00:05:27Le français, les maths...
00:05:29Vous êtes déjà à un âge plus avancé, là.
00:05:31Moi, j'étais chez les tout-petits, là, encore.
00:05:33Les tout-petits de la crèche et les tout-petits de la maternelle.
00:05:37Est-ce qu'elle devient bridée avec l'âge ?
00:05:39Progressivement.
00:05:40Mais, par exemple, la maternelle, l'école maternelle,
00:05:42en France, je trouve que c'est un modèle de maintien
00:05:45le plus possible de cette curiosité en éveil
00:05:49par rapport à ce qui se joue après.
00:05:51Après, vous en témoignerez, la curiosité, c'est bien,
00:05:54mais il ne faut pas qu'elle s'exerce n'importe comment
00:05:56et dans toutes les directions.
00:05:59Sinon, ça ne va pas marcher.
00:06:01Donc, là, vous parlez de plus grand,
00:06:03mais pour les petits, en tout cas,
00:06:06c'est une qualité humaine, première,
00:06:10ce plaisir de découvrir, d'explorer, d'expérimenter.
00:06:15Et ça, c'est vraiment très précieux.
00:06:19Justement, Gilles Vernet, vous, qui êtes enseignant en primaire,
00:06:23donc avec des enfants un peu plus âgés,
00:06:26est-ce qu'il faut la maintenir, cette curiosité ?
00:06:30Est-ce qu'elle est toujours là ?
00:06:31Est-ce qu'elle varie ?
00:06:34Oui, oui, tout à fait.
00:06:35C'est indubitable.
00:06:36Je fais une citation avec eux de Gilles
00:06:39qui termine par...
00:06:40Oui, c'est...
00:06:42Sache que le...
00:06:45Enfin, pardon, je ne me rappelle pas de la citation elle-même,
00:06:48mais la fin, c'est le sage et celui qui s'étonne de tout.
00:06:52Savoir garder sa curiosité,
00:06:53ce n'est pas seulement, d'ailleurs, pour l'enfant.
00:06:55Mais pour l'éveiller,
00:06:58ce que je voulais dire, c'est qu'en tant qu'enseignant,
00:07:00ce qu'on est amené à faire, c'est à transmettre, nous,
00:07:02ce qui nous rend curieux, ce qui nous intéresse.
00:07:07Il n'y a rien de tel pour susciter la curiosité de son enfant
00:07:10que de faire part de ce qui soi-même nous enthousiasme.
00:07:14Et c'est vrai que le fait d'aller dans des lieux comme la cité des sciences,
00:07:18je pensais aux petits-enfants,
00:07:20parce que, comme beaucoup, j'ai amené mes enfants
00:07:23à la cité des enfants pour les petits,
00:07:25c'est exactement...
00:07:26c'est vraiment un foyer de curiosité.
00:07:29Il y a tout et sujet à découverte et par l'appréhension,
00:07:34par tous les sens.
00:07:36Et donc, c'est vraiment très favorable au développement de la curiosité.
00:07:41Mais la curiosité, c'est effectivement,
00:07:43on s'aperçoit toujours que les élèves curieux sont ceux qui s'intéressent.
00:07:46Et pour ça, globalement, c'est quand même aussi de transmettre ses passions.
00:07:50Vous parliez des programmes.
00:07:52Bien sûr que si on ne fait que les programmes en s'y tenant
00:07:55et surtout que si on essaie de les faire intégralement,
00:07:58on laisse plus de place à ce qui, nous, peut nous passionner en tant qu'enseignant
00:08:02et pour lequel on va transmettre un goût, une flamme, une curiosité.
00:08:08Alors moi, j'ai fait comme ça cette association assisée directe
00:08:11entre émerveillement et curiosité.
00:08:14Vous êtes d'accord avec ce lien entre les deux ?
00:08:17Je veux dire, est-ce qu'on va susciter la curiosité, l'éveiller par l'émerveillement ?
00:08:22Est-ce que c'est comme ça qu'il faut le voir ?
00:08:25Ou est-ce qu'on est émerveillé parce qu'on est curieux ?
00:08:29Oui, il y a une part de ça.
00:08:31Mais bon, l'enfant qui découvre, il n'est pas toujours émerveillé,
00:08:34il est intrigué, etc.
00:08:35L'émerveillement, pour moi, ça passe par le langage.
00:08:37C'est-à-dire qu'il y a plein de sujets d'émerveillement,
00:08:41en réalité, dans la vie, réellement.
00:08:45Mais il s'agit de les nommer.
00:08:47Quand on fait une balade et qu'on regarde ces nuages comme ils sont beaux dans le ciel,
00:08:52c'est en les nommant qu'on fait vivre l'émerveillement.
00:08:56L'émerveillement peut se ressentir, mais quand il se partage,
00:08:58et pour moi, l'émerveillement, c'est un superbe support de langage.
00:09:03on partage ce qui nous émerveille.
00:09:05Mais ça passe par le langage.
00:09:06Sinon, ça reste un constat.
00:09:11Vous vouliez réagir, peut-être ?
00:09:13Oui, en même temps, c'est vrai que cet émerveillement,
00:09:16depuis que je vois cette adorable petite jeune fille
00:09:19qui joue là depuis tout à l'heure,
00:09:21et qu'on voit jouer à la cité des enfants,
00:09:24vraiment cette cité des enfants, pour y revenir,
00:09:26pour moi, c'est vraiment les sciences et l'émerveillement par les sciences.
00:09:31Et pour moi, la curiosité scientifique,
00:09:34elle se découvre à cette cité des enfants.
00:09:37Donc, c'est vraiment quelque chose pour lequel
00:09:40la cité des enfants a, je trouve, très bien réussi
00:09:43à justement faire un parallèle entre l'émerveillement des nuages,
00:09:48de la nature, de tout ce qu'on voit, et la science.
00:09:51Et vraiment, je trouve que c'est ce parallèle, moi, qui m'intéresse beaucoup.
00:09:56Oui, complètement.
00:09:57C'est quelque chose qui est fascinant d'observer
00:10:00que chez beaucoup, beaucoup d'enfants,
00:10:02les sciences, le fait de comprendre,
00:10:04créent un émerveillement.
00:10:06Tout simplement parce qu'en fait, c'est rentrer dans la matière,
00:10:09je les amène souvent à la Villette,
00:10:11que ce soit pour le grand récit de l'univers.
00:10:13On dit que dans l'existence, les grandes questions,
00:10:15et d'ailleurs, les enfants s'interrogent,
00:10:18la mort, donc la finitude de l'existence,
00:10:20mais aussi l'infini de l'espace.
00:10:22Quand ils découvrent le récit de l'univers,
00:10:25avec la Lune qui se crée à partir de...
00:10:28Enfin, ça les sidère, ça les émerveille.
00:10:31Et c'est vrai que la science,
00:10:33je suis matheux à la base,
00:10:36la science a ce côté, et encore plus la physique,
00:10:39un côté émerveillant, fascinant,
00:10:42parce qu'on comprend.
00:10:43On va au-delà de ce qu'on voit.
00:10:46C'est rigolo de dire que la science,
00:10:47elle émerveille parce qu'on comprend,
00:10:49parce qu'on pourrait se dire...
00:10:50Non, au contraire, c'est parce que c'est mystérieux
00:10:52et qu'on ne comprend pas,
00:10:53qu'on va être complètement estomaqués,
00:10:55et l'effet waouh à se dire,
00:10:56ah, mais comment ça marche ?
00:10:57Donc en fait, ça, c'est les deux.
00:10:58Et vous disiez d'ailleurs, Sophie-Edouard,
00:10:59non, c'est pas parce qu'on comprend
00:11:00qu'on n'est plus émerveillé.
00:11:01Voilà, c'est vraiment pour moi la chose que la physique
00:11:04et la chimie peuvent permettre d'avancer
00:11:06et que les sciences permettent d'avancer.
00:11:08C'est-à-dire que moi, je suis toujours émerveillée
00:11:10par une éclipse, je suis toujours émerveillée
00:11:12par un ciel la nuit, je suis toujours émerveillée
00:11:15par l'eau qui coule, par des choses.
00:11:17Mais comprendre, finalement, ça structure peut-être
00:11:20encore plus mon émerveillement.
00:11:23Et finalement, c'est ce qui va soutenir tout ça.
00:11:26Et c'est vrai que, enfin, voilà, je pense que
00:11:29dans nos apprentissages, donc moi, j'enseigne
00:11:31de la troisième jusqu'à la terminale,
00:11:34nous, ce qu'on aimerait, pour revenir sur la curiosité,
00:11:37nous, ce qu'on aime, c'est maintenir cette curiosité,
00:11:40cette curiosité scientifique, cette envie d'aller
00:11:42vers les sciences.
00:11:44Eh bien, j'avoue que la cité des sciences permet
00:11:46de continuer à émerveiller et continuer à maintenir
00:11:51cette curiosité qui existait petit et qui, justement,
00:11:54est un formidable moteur de connaissances.
00:11:57C'est-à-dire que quand on est émerveillé,
00:11:58eh bien, on a envie de comprendre,
00:12:00on a envie d'aller plus loin.
00:12:02Et justement, la compréhension n'enlève pas
00:12:04l'émerveillement.
00:12:05C'est justement parce qu'on comprend
00:12:06comment fonctionne une ex-lipse.
00:12:08Ça n'enlève rien au spectacle, mais ça en rajoute.
00:12:11On va poursuivre sur cette question, effectivement,
00:12:14de la science propice à l'émerveillement.
00:12:15Mais sur le développement cognitif, Patrice Huert,
00:12:19on a parlé des tout-petits.
00:12:21Et là, vous avez évoqué l'idée qu'à un moment donné,
00:12:23peut-être, il faut entretenir quand même,
00:12:24parce que peut-être, ça s'éteint un peu.
00:12:25Est-ce que c'est vrai, ça, qu'il y a des stades comme ça ?
00:12:29Des stades de développement de la curiosité
00:12:31qui seraient, voilà, elles seraient là
00:12:33quand tout va bien, quand ils sont tout petits,
00:12:35et puis après ?
00:12:36Il y a différentes manières de se manifester,
00:12:39cette curiosité.
00:12:40L'émerveillement, je veux bien, c'est bien,
00:12:43c'est formidable.
00:12:45Mais curiosité n'est pas toujours synonyme
00:12:47d'émerveillement.
00:12:48Ça peut être aussi parce que ça intrigue,
00:12:50parce que ça inquiète,
00:12:52et qu'on voudrait comprendre,
00:12:54qu'on voudrait savoir,
00:12:55qu'on voudrait que certains mystères s'éclaircissent.
00:12:59L'émerveillement viendra peut-être
00:13:01comme résultat de cette quête.
00:13:03Mais au départ,
00:13:04ce n'est pas forcément la recherche d'un émerveillement.
00:13:07Ça peut être une prime de surcroît,
00:13:10si vous voulez.
00:13:11Oui ?
00:13:12Oui, l'émerveillement, en fait,
00:13:13il peut être le point de départ,
00:13:16ou il peut être la conclusion, au fond.
00:13:18Il peut être l'arrivée.
00:13:18Il peut être à l'arrivée,
00:13:20et dans le meilleur des cas, tant mieux.
00:13:24Alors, par rapport à votre question,
00:13:25il y a différentes étapes dans la vie de l'enfant,
00:13:28évidemment,
00:13:29où cette qualité-là se manifeste
00:13:32de façon différente.
00:13:35Le tout-petit jusqu'à trois ans,
00:13:38c'est la recherche permanente de tout.
00:13:43Tout est bon à goûter,
00:13:45à regarder, à écouter.
00:13:47Voilà, tout est bon.
00:13:49Encore une fois,
00:13:50je vais parler d'enfants
00:13:51qui sont en bonne santé
00:13:52et dans un environnement favorable.
00:13:54Parce que mon métier m'amène à voir d'autres
00:13:57qui sont plutôt dans des dispositifs
00:13:59de privation ou de maltraitance.
00:14:02Et là, c'est évidemment très différent.
00:14:04Mais donc, dans ces cas,
00:14:06heureusement,
00:14:07les plus importants en nombre,
00:14:09la curiosité de tout petit enfant est immense.
00:14:12Tous azimuts s'exercent,
00:14:13et par tous les sens.
00:14:15Le toucher, le goût, l'odorat,
00:14:17tout permet de tenter d'appréhender ce monde
00:14:22que l'enfant découvre après la naissance.
00:14:24Et puis, après,
00:14:25il y a la période de l'école maternelle,
00:14:28disons les trois à six ans,
00:14:29où cette curiosité reste en général tout à fait vive,
00:14:33mais va commencer à pouvoir prendre des chemins
00:14:36de socialisation,
00:14:38de partage avec les autres.
00:14:40Ce n'est plus une curiosité à sens unique.
00:14:42Moi et l'objet,
00:14:43moi et la découverte de tel environnement, etc.
00:14:46Mais ça va être ce que l'on peut partager aussi.
00:14:48Donc, il y a un élément nouveau
00:14:49du plaisir de découvrir ensemble,
00:14:52d'apprendre ensemble, etc.
00:14:54Et puis, il y a la période qu'on appelle dans notre langage
00:14:57la période de latence,
00:14:58entre six ans et l'âge de la puberté,
00:15:01qui est la période de l'enseignement scolaire primaire,
00:15:03où cette curiosité va être,
00:15:07quand les choses se passent normalement,
00:15:10assez bridée,
00:15:11bridée et plutôt soumise
00:15:13à qu'est-ce qui vous intéresse,
00:15:15vous les adultes qui vous occupez de moi,
00:15:17parce que ça, ça va m'intéresser,
00:15:19pour que je puisse vous intéresser.
00:15:20Donc, on est dans un système où,
00:15:22ce que vous attendez de moi,
00:15:24je vais tenter de le produire
00:15:25pour vous satisfaire,
00:15:27plus que parce que ça m'intéresse forcément.
00:15:30L'intérêt peut en venir en prime, bien entendu.
00:15:32Et tant mieux si c'est le cas,
00:15:33et si on réussit à avoir les deux.
00:15:35Mais le moteur principal, ça va être
00:15:37qu'est-ce qui te fait plaisir,
00:15:37toi, papa, toi, maman, toi, le professeur,
00:15:40pour que je puisse t'apporter la bonne réponse
00:15:42ou ce qui te satisfera.
00:15:45Je simplifie évidemment le débat.
00:15:46Arrive la puberté, et là, tout est chamboulé de nouveau.
00:15:49Tout est chamboulé de nouveau.
00:15:50Avec ça, les enseignants de collège,
00:15:52puis de lycée, mais un peu moins en fin de lycée,
00:15:55vont rencontrer, c'est-à-dire que la curiosité
00:15:58est avant tout tournée vers soi,
00:16:00c'est-à-dire un corps qui se transforme,
00:16:02des pensées nouvelles, des idées sexuelles, etc.
00:16:05Toutes sortes d'éléments inattendus
00:16:08qui n'étaient pas programmés
00:16:10et avec lesquels il va falloir composer.
00:16:13Donc, cette curiosité va,
00:16:14pour pouvoir être satisfaite,
00:16:17chercher d'autres modalités de résolution
00:16:20plus ou moins acceptées ou acceptables,
00:16:25y compris transgressives.
00:16:27Alors, les écrans offrent de multiples manières
00:16:30de transgresser.
00:16:32Mais cette curiosité est toujours là,
00:16:35réactivée, très fortement,
00:16:37comme chez le tout-petit,
00:16:39avec évidemment ce qui intrigue,
00:16:41qui est différent de ce qui intriguait le tout-petit.
00:16:45Alors, ce que vous dites là,
00:16:46certains aspects, en tout cas,
00:16:47rejoignent ce que disait Gilles Vernet tout à l'heure,
00:16:49dans l'idée que, en tout cas,
00:16:50à l'aube de l'adolescence,
00:16:53c'est quand même l'intérêt du professeur
00:16:55pour ses propres enseignements,
00:16:57ce qu'il va partager avec ses élèves,
00:16:58qui va susciter leur intérêt.
00:17:01Donc, c'est quelque chose que...
00:17:02Voilà, l'enthousiasme de l'enseignant,
00:17:04c'est quelque chose que vous vivez...
00:17:06Oui, oui, certainement.
00:17:08En même temps que la valorisation,
00:17:10si un enfant a une passion qui n'est pas la mienne,
00:17:13mais que je vois un potentiel,
00:17:14il faut aussi valoriser ce potentiel-là.
00:17:18Mais c'est effectivement plus l'idée d'une passion,
00:17:23de transmettre une envie,
00:17:25quelque chose de moteur pour l'enfant,
00:17:27pour qu'il le suive après.
00:17:29Mais je voulais rebondir sur une chose
00:17:31qui était très importante, me semble-t-il,
00:17:33par rapport à ce stade de la petite enfance
00:17:35que vous soulignez,
00:17:36où se jouent tellement de choses
00:17:39sur le plan du rapport au monde,
00:17:41à l'appréhension et au langage,
00:17:44puisque on sait qu'entre 0 et 5 ans,
00:17:46le bain langagé dans lequel vit l'enfant
00:17:48est capital pour la suite.
00:17:50Et il y a un reportage d'un envoyé spécial
00:17:53qui s'appelait L'Héroïne numérique,
00:17:54où on voyait un enfant qui avait été éduqué
00:17:56de 1 à 3 ans par une mère seule,
00:17:59dépassée un peu,
00:18:00qui n'avait pas compris le danger,
00:18:01qui l'avait laissé en permanence
00:18:03avec le smartphone.
00:18:05Et tout ce que vous décrivez,
00:18:08cette vivacité, cette curiosité,
00:18:10cette envie d'aller découvrir,
00:18:12d'aller toucher, d'aller bouger,
00:18:14disparu.
00:18:15Il était en position fétale sur son écran.
00:18:19Aujourd'hui, c'est une question
00:18:21dont il faut absolument avertir les parents,
00:18:23et je pense qu'ils se sont avertis
00:18:25dans la petite enfance,
00:18:26mais aussi, et c'est ce qui est arrivé en Suède,
00:18:29d'avertir les parents,
00:18:30que c'est eux aussi, dans le cadre familial,
00:18:32qui doivent surveiller leur propre usage,
00:18:33sans quoi le bain langagier
00:18:35dans lequel va évoluer l'enfant
00:18:37va être largement diminué.
00:18:41Et donc, c'est juste que...
00:18:43C'était pour insister sur ce côté
00:18:46hyper propice de cette petite enfance
00:18:49pour un nombre d'apprentissages
00:18:51incommensurable,
00:18:52et comment notre accaparement par les écrans
00:18:55peut ternir ou gâcher un petit peu cet âge.
00:19:01Et alors, typiquement,
00:19:02la cité des enfants,
00:19:03mais aussi, moi, je me rappelle
00:19:05mon fils à 5 ans visitant le sous-marin.
00:19:08Le sous-marin, fascination totale.
00:19:11La géode.
00:19:12Vous avez donc des lieux
00:19:14où là, l'enfant va être
00:19:18effectivement émerveillé complètement.
00:19:20Les enfants, Dieu merci,
00:19:22ne le sont pas trop sur les écrans.
00:19:23Mais c'est vraiment un super support familial
00:19:25pour justement ce langage,
00:19:27ces moments ensemble
00:19:27qui sont si capitaux.
00:19:30Et d'ailleurs, si la science
00:19:31a ce statut particulier d'émerveillement,
00:19:34c'est parce que les sciences cognitives
00:19:35aussi montrent bien
00:19:36que les enfants sont des petits scientifiques
00:19:39par nature.
00:19:40Ah oui, complètement.
00:19:41Et c'est vrai que la cité des enfants,
00:19:43j'y suis retournée,
00:19:44donc mes enfants sont grands,
00:19:45mais j'y suis retournée
00:19:46avec des petits neveux.
00:19:47et vraiment ce côté de manipuler l'air,
00:19:51manipuler l'eau.
00:19:52C'est vraiment un moment
00:19:54où justement,
00:19:54on va faire des sciences expérimentales,
00:19:56on va manipuler la matière
00:19:58et je vous rejoins tout à fait,
00:19:59on va en discuter.
00:20:00C'est-à-dire que j'ai retrouvé l'année,
00:20:03enfin voilà, mon petit neveu
00:20:05qui est vraiment de 4 ans, je crois,
00:20:08et qui dit,
00:20:08mais pourquoi la balle, elle rentre ?
00:20:10Mais qu'est-ce qui se passe ?
00:20:11Et c'est vraiment l'interaction
00:20:12autour de l'expérience.
00:20:14Donc j'avoue que je suis prof
00:20:16de physique, chimie
00:20:17et j'adore cette manipulation,
00:20:20cette expérience,
00:20:21cette manipulation de la matière.
00:20:22Et c'est vrai que j'aime beaucoup
00:20:23ce que vous dites
00:20:24parce qu'on ne s'était pas rendu compte
00:20:26que c'était finalement parler
00:20:28avec les élèves,
00:20:29parler avec nos enfants
00:20:30ou parler avec des enfants
00:20:32de cette expérience.
00:20:34C'est le partage de l'expérience,
00:20:36c'est mettre des mots
00:20:36sur qu'est-ce qui se passe
00:20:38avec la matière,
00:20:39qu'est-ce qui se passe avec l'air,
00:20:40qu'est-ce qui se passe avec l'eau.
00:20:41Et cette cité des enfants,
00:20:43elle permet à l'enfant
00:20:44d'expérimenter en toute sécurité,
00:20:46sans lécher les chaussures
00:20:48qui sont dans l'entrée,
00:20:49mais en toute sécurité,
00:20:51elle permet d'expérimenter la matière,
00:20:53de finalement faire sa propre expérience.
00:20:55Et c'est vrai,
00:20:57je pense que je ne m'en étais pas rendu compte,
00:20:59d'arriver à exprimer avec des mots
00:21:01ce qui se passe.
00:21:02Et c'est vraiment ce passage au langage
00:21:04qui est très important.
00:21:05Et pour juste repartir
00:21:07sur cet émerveillement,
00:21:08j'ai emmené mes premières 15-16 ans.
00:21:14Et c'est vrai qu'on est allé
00:21:16à une séance du planétarium
00:21:17sur les éclipses
00:21:18qui sont aussi fascinantes
00:21:19et qui vont permettre l'émerveillement.
00:21:22Mais ils m'ont demandé
00:21:23est-ce qu'on peut retourner
00:21:24à la cité des enfants ?
00:21:25Et je leur ai dit non,
00:21:25ce n'est pas possible.
00:21:26À 16 ans,
00:21:27vous ne pouvez pas retourner
00:21:28à la cité des enfants.
00:21:29Mais c'était des petits parisiens.
00:21:31Et c'est vrai que cet émerveillement
00:21:32face à l'expérience,
00:21:34face à jouer avec l'eau,
00:21:36avec l'air,
00:21:36avec la matière,
00:21:38avec l'électricité
00:21:39et faire des expériences.
00:21:41Et ils étaient conscients
00:21:41que c'était des sciences.
00:21:42Mais ils étaient conscients.
00:21:44Ils se rappelaient
00:21:44de la maison à construire.
00:21:45Ils se rappelaient
00:21:46de plein de choses.
00:21:47Et ils avaient gardé
00:21:48cet émerveillement
00:21:49tout en, finalement,
00:21:51pouvant toujours en parler.
00:21:52Et peut-être,
00:21:53faut-il les rassurer
00:21:54en disant qu'ils y retourneront
00:21:55quand ils seront parents.
00:21:56Et qu'ils pourront, comme ça,
00:21:58accompagner leurs enfants
00:21:59dans cette découverte
00:22:00et en profiter
00:22:01pour retrouver les plaisirs
00:22:03qu'ils connaissaient à l'époque.
00:22:05parce que moi,
00:22:06je vois quand même
00:22:07pas mal de parents
00:22:08qui sont d'anciens enfants
00:22:09qui ont fréquenté
00:22:10la cité des enfants
00:22:11et qui conduisent
00:22:14leurs enfants
00:22:14avec bonheur
00:22:15là où ils ont trouvé
00:22:16du bonheur eux-mêmes.
00:22:18Donc, voilà.
00:22:20Oui, là, vous parliez
00:22:20des écrans.
00:22:21C'est quand même...
00:22:21Bon, je fais partie
00:22:22de...
00:22:22J'ai créé
00:22:23l'Institut du virtuel
00:22:24sur les enjeux
00:22:25des relations
00:22:26aux objets virtuels
00:22:27chez l'enfant
00:22:28et l'adolescent,
00:22:29en particulier.
00:22:30Et c'est vrai
00:22:31que cette question-là,
00:22:34il y a souvent
00:22:35des réponses
00:22:35un peu catégoriques.
00:22:37C'est bon,
00:22:37c'est pas bon.
00:22:38C'est dangereux
00:22:39ou c'est pas dangereux.
00:22:41Il faut se souvenir
00:22:42que les tout premiers
00:22:43temps de la vie
00:22:44de l'enfant
00:22:44se passent
00:22:45sous le signe
00:22:46du chiffre 2.
00:22:47C'est la dépendance
00:22:49totale du bébé
00:22:50à l'égard
00:22:50de son entourage,
00:22:52de sa mère
00:22:53ou de son père,
00:22:53si son père
00:22:54s'en occupe,
00:22:55est totale.
00:22:57c'est le chiffre 2.
00:22:58Et ça survit
00:22:59en dépend
00:22:59de la qualité
00:23:00de cette relation
00:23:01et de cet investissement.
00:23:02Et puis après,
00:23:03on va passer
00:23:05à la fin
00:23:05de la première année
00:23:07au chiffre 3,
00:23:08c'est-à-dire
00:23:09qu'il y a
00:23:09un tiers.
00:23:10Et dans la relation
00:23:11aux écrans,
00:23:12on va retrouver
00:23:12la même chose.
00:23:13C'est la grande différence
00:23:14qu'il y aura
00:23:15entre l'enfant seul
00:23:16face aux écrans,
00:23:18dans une espèce
00:23:20de fascination
00:23:22dans laquelle
00:23:23il s'enferme.
00:23:24Et là,
00:23:25on ne peut voir
00:23:25que les aspects
00:23:26négatifs
00:23:26que vous avez évoqués
00:23:27par la suite
00:23:29ou bien
00:23:30on est dans
00:23:31une relation
00:23:31à 3.
00:23:32Quand je vois
00:23:32des parents
00:23:33qui disent
00:23:33que c'est terrible
00:23:34et tout le temps
00:23:34devant son écran,
00:23:36son truc,
00:23:37là,
00:23:37il passe son temps
00:23:38avec des jeux débiles
00:23:39où il y a des morts
00:23:39partout,
00:23:40etc.
00:23:41Mais est-ce que
00:23:42vous avez joué
00:23:43avec eux déjà
00:23:43une fois ?
00:23:45Et c'est tout à fait
00:23:46différent.
00:23:46Non pas qu'ils y trouveront
00:23:47forcément du plaisir,
00:23:48mais que l'enfant
00:23:51et l'écran,
00:23:52s'il y a un tiers
00:23:52avec lequel
00:23:53ils communiquent
00:23:54en même temps
00:23:55qu'ils jouent,
00:23:55c'est tout à fait différent.
00:23:57C'est comme l'enfant
00:23:57qui joue seul,
00:23:58c'est très bien
00:23:58qu'il a la capacité
00:24:00de jouer seul,
00:24:00mais c'est bien aussi
00:24:01quand on joue
00:24:02avec quelqu'un d'autre.
00:24:03Et cette place
00:24:04du tiers
00:24:05dans la relation
00:24:06que l'on a
00:24:07aux écrans,
00:24:08aux jeux,
00:24:09aux activités ludiques,
00:24:10ça,
00:24:10ça va être tout à fait
00:24:11important aussi.
00:24:13Vous aviez
00:24:14quelque chose
00:24:14Oui,
00:24:16c'est vrai que
00:24:17je me méfie
00:24:19entre guillemets
00:24:19de l'outil
00:24:19de communication
00:24:21que ça constitue
00:24:22parce que c'est
00:24:23un des outils
00:24:23de communication,
00:24:24ce sont des outils
00:24:25de communication
00:24:25fabuleux
00:24:26qui vont permettre
00:24:29Je voulais juste
00:24:30reprendre
00:24:31sur ce que vous disiez
00:24:31entièrement d'accord
00:24:32sur le fait
00:24:33que quand on regarde
00:24:34un écran
00:24:34et qu'on verbalise
00:24:35ensemble
00:24:35en regardant un film,
00:24:37en regardant
00:24:38un reportage
00:24:39ou même
00:24:40ce qu'on veut
00:24:42voir de jouer,
00:24:43effectivement,
00:24:43ça change tout.
00:24:45Simplement,
00:24:45souvent,
00:24:46on met l'enfant
00:24:47sur l'écran
00:24:47pour avoir du temps
00:24:48soi-même.
00:24:50Mais il y a aussi
00:24:52la question
00:24:53de quoi faire
00:24:55sur l'écran.
00:24:56Qu'est-ce qu'on...
00:24:57c'est-à-dire d'occuper
00:24:58le terrain,
00:24:58de guider l'enfant
00:24:59vers...
00:24:59Tiens,
00:25:00va regarder ce film,
00:25:01il est fabuleux,
00:25:01j'ai adoré,
00:25:02ou va jouer à ce jeu.
00:25:02Voilà,
00:25:02et pourquoi pas
00:25:03être émerveillé.
00:25:04Mais on est presque
00:25:05sur un autre débat.
00:25:06On va être dans
00:25:07le débat des écrans.
00:25:08Un autre débat.
00:25:09Mais ce que je veux dire,
00:25:10c'est bien sûr,
00:25:10il y a des outils,
00:25:11mais par rapport
00:25:12à la rupture empathique
00:25:15qui se crée
00:25:16avec cette médiation
00:25:18permanente de l'écran
00:25:19dans notre rapport
00:25:20au monde,
00:25:21la visite de la vedette,
00:25:22c'est exactement
00:25:23le contraire.
00:25:23C'est une prise au réel.
00:25:26Alors qu'on est
00:25:27de plus en plus
00:25:27médié par du virtuel
00:25:28qui pose une question
00:25:29dans notre représentation
00:25:31du monde,
00:25:32notre représentation
00:25:33dans la relation
00:25:33à l'autre,
00:25:34puisque si elle est
00:25:35sans arrêt à travers ça,
00:25:36on perd quand même
00:25:37beaucoup de choses
00:25:38dans la communication.
00:25:39Et Nile Didier
00:25:40le dira sans doute,
00:25:41mais il y a un peu
00:25:42de numérique,
00:25:43mais très invisible
00:25:44en fait,
00:25:44dans cette cité
00:25:45des enfants.
00:25:46Et au fond,
00:25:47c'est pas du tout
00:25:47le sujet, en effet.
00:25:49Et on est en prise directe
00:25:50avec les éléments.
00:25:51Alors je reviens justement
00:25:52sur ce qu'on fait
00:25:53dans cette cité
00:25:54quand on est tout petit,
00:25:55on explore,
00:25:56on expérimente.
00:25:58Les sciences
00:25:58sont effectivement
00:25:59très prospices.
00:26:00La curiosité,
00:26:01le doute,
00:26:02le questionnement,
00:26:02l'émerveillement.
00:26:04Après,
00:26:05est-ce qu'on a
00:26:06cette même liberté
00:26:07dans l'expérimentation ?
00:26:08Je pense au collège,
00:26:09par exemple.
00:26:12Quand même,
00:26:13les sciences,
00:26:13à un moment donné,
00:26:14parfois ça effraie.
00:26:15Et puis on n'ose plus.
00:26:17Et puis on expérimente,
00:26:18mais de façon très guidée.
00:26:19Enfin, je dis ça,
00:26:21c'est peut-être
00:26:21évidemment pas toujours le cas,
00:26:23c'est très enseignant-dépendant,
00:26:24il y a plein de choses
00:26:25qui rentrent au jeu,
00:26:25mais quand ça devient
00:26:27trop figé,
00:26:28où est l'émerveillement,
00:26:30où est la curiosité ?
00:26:31Elle peut être
00:26:31sacrément bridée.
00:26:32Donc j'imagine
00:26:33qu'il y a quand même
00:26:34des postures pédagogiques,
00:26:35des pédagogies en tout cas,
00:26:36qui fonctionnent
00:26:37ou d'autres
00:26:37qui fonctionnent un peu moins.
00:26:39Oui, tout à fait.
00:26:39La place de l'expérience
00:26:41en France,
00:26:42que ça soit au collège
00:26:43comme au lycée,
00:26:44est une place de l'expérience
00:26:46qui a toujours été là.
00:26:48C'est-à-dire qu'il y a
00:26:49des laboratoires dans les collèges,
00:26:50il y a des laboratoires
00:26:51dans les lycées,
00:26:52et si on veut même parler
00:26:54de pilotage par l'examen,
00:26:57nos élèves de terminale
00:26:58en spécialité physique-chimie
00:27:00ont une épreuve
00:27:01qui s'appelle
00:27:02l'évaluation
00:27:03des capacités expérimentales,
00:27:04où on va évaluer
00:27:05leurs capacités expérimentales,
00:27:07donc on va les évaluer
00:27:09en physique-chimie,
00:27:10une partie de la note
00:27:11est donc liée
00:27:11à leur expérimentation.
00:27:13Donc vraiment,
00:27:14la France a maintenu,
00:27:15dans tout l'apprentissage,
00:27:17a maintenu
00:27:18cette place de l'expérience.
00:27:19Je ne dis pas
00:27:20la place de l'émerveillement,
00:27:21parce qu'effectivement,
00:27:23en classe,
00:27:23suivant les conditions
00:27:24qui sont localement
00:27:25plus ou moins
00:27:26avec du matériel,
00:27:28des demi-groupes,
00:27:30des conditions
00:27:30qui vont faciliter,
00:27:32finalement,
00:27:32ce travail
00:27:33d'expérimentation
00:27:35du réel,
00:27:36ça va être
00:27:37plus ou moins là,
00:27:38et c'est vrai
00:27:39que certains enseignants
00:27:40vont donc privilégier,
00:27:41même si c'est certainement
00:27:43très chronophage,
00:27:44le fait de laisser
00:27:45à l'élève
00:27:46le temps de faire
00:27:47sa propre expérience,
00:27:48qui est quand même,
00:27:49voilà,
00:27:50quand il a envie
00:27:50de tester quelque chose,
00:27:51est-ce que si je mets
00:27:52du sulfate de cuivre
00:27:53avec de la soude,
00:27:54ça va faire quelque chose,
00:27:55et si je mets
00:27:55de l'acide chlorhydrique,
00:27:57est-ce que ça va faire
00:27:57quelque chose ?
00:27:58Et ça reste,
00:27:59j'ai souvenir de mes élèves
00:28:00de troisième,
00:28:01qui quand on fait
00:28:02des expériences très guidées,
00:28:04et puis à la fin,
00:28:04ils disent,
00:28:04mais madame,
00:28:05si on mélange
00:28:05le tube numéro 1
00:28:06avec le tube numéro 2,
00:28:07qu'est-ce que ça peut faire ?
00:28:08Et là,
00:28:09l'émerveillement
00:28:10est encore là,
00:28:11donc à nous
00:28:12d'avoir les conditions
00:28:13de sécurité
00:28:13pour que le tube numéro 1
00:28:15puisse sans problème
00:28:16être avec le tube numéro 2,
00:28:17mais c'est vrai que,
00:28:19voilà,
00:28:20je pense qu'il faut
00:28:21la maintenir
00:28:21parce qu'une science
00:28:23expérimentale,
00:28:24c'est vraiment
00:28:25quelque chose
00:28:25sur la chimie,
00:28:27sur l'astronomie,
00:28:30sur les choses,
00:28:31c'est des choses
00:28:32qui vont permettre
00:28:32finalement à nos élèves
00:28:34de garder cet émerveillement,
00:28:36cette curiosité,
00:28:37de se projeter
00:28:38vers des carrières
00:28:39qui sont scientifiques,
00:28:40de finalement,
00:28:42et c'est vrai que,
00:28:42des fois,
00:28:43je me rends compte
00:28:44que la physique chimie
00:28:46et les mathématiques
00:28:46fonctionnant en parallèle,
00:28:49des fois,
00:28:49on a aussi un enseignement
00:28:51qui est très modélisant,
00:28:53qui est très théorique,
00:28:54qui est plus sur l'expérience,
00:28:55mais que ces allers-retours
00:28:57que nous faisons
00:28:58sur ces sciences expérimentales,
00:28:59que ce soit
00:29:00les sciences du vivant
00:29:01ou la physique chimie,
00:29:02vont permettre à certains
00:29:03justement de garder
00:29:04cette envie
00:29:05et cet engagement
00:29:06dans l'enseignement
00:29:07et finalement,
00:29:09s'engager,
00:29:10c'est peut-être
00:29:11le...
00:29:12Comment dire ?
00:29:13Ce que nous,
00:29:14en tant qu'enseignants,
00:29:15nous aimerions bien
00:29:16que l'émerveillement
00:29:18arrive vers l'engagement.
00:29:19Vous voyez ce que je veux dire ?
00:29:20Oui, mais parce qu'il faut,
00:29:21j'ai l'impression à vous entendre,
00:29:22qu'il faut juste s'autoriser
00:29:23à jouer encore un peu.
00:29:25Peut-être.
00:29:26Jouer un peu comme les petits
00:29:28à la cité des enfants,
00:29:29mais on aimerait bien
00:29:30pouvoir le faire aussi
00:29:31quand on a 14 ans
00:29:32et qu'on est en classe
00:29:33de sciences de TP.
00:29:36Justement, Patrice Huère,
00:29:37vous avez écrit, pour le coup,
00:29:39des ouvrages sur le jeu.
00:29:40Alors, peut-être le jeu,
00:29:41c'est des enfants plus petits,
00:29:43mais c'est absolument essentiel,
00:29:45en fait, le jeu pour apprendre.
00:29:47Pourquoi des enfants plus petits ?
00:29:48Il n'y a pas d'âge
00:29:49pour jouer...
00:29:49Non, mais dans vos ouvrages,
00:29:51j'avais plutôt lu des passages
00:29:52sur les enfants plus jeunes.
00:29:53Oui, oui.
00:29:54Oui, oui.
00:29:54C'est là que ça commence
00:29:55quand tout va bien.
00:29:56Mais il n'y a aucune raison
00:29:57que ça s'arrête.
00:29:59Et c'est vrai que c'est quand même...
00:30:02Si on garde cette capacité
00:30:04de jeu active,
00:30:05que les apprentissages,
00:30:06en particulier,
00:30:07vont être attractifs
00:30:10et plaisants.
00:30:12Sinon, c'est la contrainte.
00:30:13Donc, moi, je rajouterais
00:30:15à ce que vous venez de dire,
00:30:17le fait que...
00:30:18c'est comment faire en sorte
00:30:20qu'on favorise les questions
00:30:23plus que les réponses,
00:30:26ou autant que les réponses.
00:30:27C'est-à-dire que toute question
00:30:29devrait être bienvenue,
00:30:30y compris la plus apparemment aberrante.
00:30:35Et que ce soit des questions
00:30:38relatives à la vie en général,
00:30:40à la vie en société,
00:30:41à ce qui se passe à la maison,
00:30:44ou que ce soit des questions
00:30:44relatives à un programme scolaire.
00:30:46Je trouve que...
00:30:47Et moi, pour mes souvenirs,
00:30:48mais j'ai des très, très anciens élèves,
00:30:50très, très anciens élèves,
00:30:52la question était très malvenue.
00:30:54Ou alors, on avait le droit
00:30:55de lever la main
00:30:58dans cette époque lointaine
00:30:59que si on avait quelque chose
00:31:01de très important à dire
00:31:03et une remarque pertinente
00:31:05et intelligente.
00:31:06Sinon, c'était...
00:31:08Taisez-vous.
00:31:08Écoutez.
00:31:09Donc, ce questionnement,
00:31:11comment on va pouvoir
00:31:12le laisser suffisamment actif
00:31:15pour qu'il ne s'éteigne pas
00:31:16avec les premiers temps de la vie
00:31:17ou les permanents
00:31:18et continue tout au long de la vie
00:31:20où toute question est intéressante ?
00:31:22Alors, dans mon métier,
00:31:23j'ai la chance d'être confronté
00:31:25à des questions,
00:31:25alors existentielles parfois,
00:31:27mais des questions humaines
00:31:28que, évidemment,
00:31:30je vais tenter de favoriser
00:31:31l'émergence de ces questions
00:31:33qu'un certain nombre
00:31:34d'enfants,
00:31:35d'adolescents
00:31:36et d'adultes,
00:31:37patients,
00:31:39n'osent pas poser
00:31:40alors que ça les...
00:31:42ça les embarrasse à minima
00:31:44mais que ça peut les empêcher
00:31:46de vivre carrément parfois.
00:31:48Et donc, là,
00:31:49toute question, pour moi,
00:31:50est une question
00:31:51est intéressante
00:31:52et pertinente.
00:31:53Mais ça suppose
00:31:55que la personne
00:31:56à qui s'adresse la question
00:31:59soit capable de l'écouter,
00:32:00de l'entendre
00:32:01et de la respecter
00:32:02avant d'apporter les réponses
00:32:03qu'ils soient très réceptifs
00:32:05dans le meilleur des cas.
00:32:06Gilles Vernet,
00:32:06vous êtes sensible à ça,
00:32:08j'imagine.
00:32:09Et je voulais évoquer
00:32:10un concept
00:32:11dont vous m'avez parlé
00:32:12et qui m'a fortement intéressé,
00:32:14qui est celui de la résonance
00:32:16du sociologue
00:32:17et philosophe allemand
00:32:18Hartmut Rosa.
00:32:20Hartmut Rosa.
00:32:22Et donc, la résonance
00:32:23qui serait finalement
00:32:25cette espèce d'entendre,
00:32:26cette vibration,
00:32:27entre guillemets,
00:32:28qui se passe entre
00:32:29l'enseignant et l'élève.
00:32:30C'est même un triangle.
00:32:31L'enseignant, l'élève
00:32:32et la matière
00:32:33dont il est question,
00:32:34le sujet dont il est question.
00:32:35Il se passe là quelque chose
00:32:37de l'ordre d'un intérêt commun
00:32:38et là,
00:32:39une forme de transformation
00:32:41et donc un apprentissage.
00:32:42Mais vous avez,
00:32:43ça me semble,
00:32:44beaucoup plus de choses
00:32:45que moi
00:32:45et vous en avez l'expérience.
00:32:46Oui, oui, oui.
00:32:47C'est créer des résonances
00:32:50avec la classe
00:32:51et les élèves.
00:32:52C'est à la limite
00:32:53tout le boulot
00:32:54de la maîtresse
00:32:55ou du professeur.
00:32:56Alors, parce que,
00:32:59c'est ce que dit
00:32:59Art Montrosa,
00:33:00quand on arrive à...
00:33:01Alors, il explique
00:33:02que c'est particulièrement
00:33:03quand on va partager
00:33:04des choses, justement,
00:33:05soit qui nous passionnent
00:33:07ou qui nous émeuvent,
00:33:09qu'en fait,
00:33:09l'enfant va percevoir
00:33:10ou les élèves vont percevoir
00:33:12qu'il y a un intérêt particulier
00:33:14parce que c'est pas seulement
00:33:15intellectuel,
00:33:16mais c'est aussi émotionnel
00:33:17et ils vont y porter
00:33:19une attention décuplée.
00:33:23Et clairement,
00:33:23je pense qu'il y a
00:33:25cette dimension
00:33:26pour les élèves
00:33:28d'une interaction
00:33:29avec le professeur.
00:33:30Alors, je suis 100 fois d'accord
00:33:31avec le questionnement.
00:33:32C'est tout mon saignement.
00:33:34On fait, en début de semaine,
00:33:36une citation philosophique
00:33:38de tout ordre
00:33:39qui peut être là.
00:33:41Récemment, c'était
00:33:42Saint-Exupéry
00:33:42« Si tu diffères de moi,
00:33:44mon frère,
00:33:44loin de me léser,
00:33:45tu m'enrichis. »
00:33:46Et on va parler autour de ça.
00:33:48Il va y avoir
00:33:49plein de questions
00:33:50qui vont.
00:33:51Ce que j'adore
00:33:52dans la question,
00:33:53c'est qu'elle appelle
00:33:54échange,
00:33:56langagier,
00:33:56à nouveau.
00:33:57Et on s'aperçoit
00:33:59que les enfants
00:33:59qui sont ceux
00:34:00qui posent les questions
00:34:01sont ceux souvent
00:34:02qui réussissent le mieux.
00:34:04Et entre autres,
00:34:05ils sont aussi ceux
00:34:06qui maîtrisent le langage.
00:34:07Parce qu'ils peuvent
00:34:08formuler leurs questions.
00:34:10Il y en a même
00:34:11qui parlent en continu
00:34:12en disant des questions
00:34:13tout le temps.
00:34:13Pourquoi ?
00:34:14Pourquoi ?
00:34:14Etc.
00:34:14Mais ils maîtrisent
00:34:17le langage.
00:34:17Pour la question,
00:34:18pour tout ça,
00:34:19le langage est absolument
00:34:21capital,
00:34:22et y compris
00:34:23dans cette résonance
00:34:24dont on parlait.
00:34:25Et je voulais ajouter
00:34:26une dernière chose.
00:34:26Ça, c'est une chose
00:34:27d'enseignant,
00:34:27mais c'est ce que j'aime
00:34:29rappeler,
00:34:29parce que je l'ai partagé
00:34:30avec beaucoup de profs.
00:34:32C'est qu'on s'aperçoit
00:34:32que souvent,
00:34:33les élèves qu'on sauve
00:34:34ou qu'on fait vraiment
00:34:35progresser,
00:34:37ça passe par cette résonance
00:34:38d'un ordre
00:34:40entre autorité et affection,
00:34:41mais d'un ordre affectif
00:34:43quand même,
00:34:44entre l'élève
00:34:45et le ou la professeure.
00:34:48C'est comme ça
00:34:49qu'on fait,
00:34:51qu'on change peut-être
00:34:52un petit peu des destins.
00:34:53Et on en vient
00:34:54à la question des émotions
00:34:55dont on n'a pas parlé
00:34:57depuis le début,
00:34:57parce que dans cette résonance-là,
00:34:59il rentre beaucoup d'émotions.
00:35:01Et à la cité des enfants,
00:35:03il y a beaucoup d'émotions.
00:35:05C'est vraiment au cœur ?
00:35:06Ah oui, vraiment.
00:35:07J'avoue que je trouve
00:35:08qu'ici, à la cité,
00:35:09c'est vraiment,
00:35:10pour moi,
00:35:11les musées scientifiques
00:35:12sont vraiment
00:35:13le cœur de l'émotion.
00:35:15C'est-à-dire que
00:35:15c'est vrai qu'on peut faire
00:35:16un cours,
00:35:17on peut faire un cours
00:35:18sur la mécanique classique,
00:35:20sur la mécanique newtonienne,
00:35:21mais jamais
00:35:22il y a cette histoire
00:35:24d'émotions
00:35:26qu'on reçoit
00:35:27dans un musée de sciences.
00:35:28Et c'est vrai
00:35:29qu'emmener nos élèves
00:35:31dans un musée de sciences,
00:35:32c'est vraiment,
00:35:33pour moi,
00:35:34susciter
00:35:35cette émotion
00:35:36qui retransparaît.
00:35:38Et je trouve ça
00:35:38vraiment intéressant.
00:35:39Et c'est vrai que
00:35:40sur ces histoires
00:35:41de projets,
00:35:42de pouvoir faire
00:35:43un projet avec les élèves,
00:35:45de pouvoir les emmener,
00:35:46de pouvoir amener
00:35:48tout ça,
00:35:48je pense que
00:35:49la cité des sciences
00:35:50offre un merveilleux
00:35:52partage
00:35:53avec nos élèves parisiens.
00:35:55Et plein d'autres projets,
00:35:56on va en discuter,
00:35:57mais je voulais avant
00:35:57partager avec vous
00:35:58une petite découverte,
00:36:00parce que vous m'avez
00:36:01donc parlé
00:36:01de sociologue
00:36:02et philosophe allemand,
00:36:03Art Moutrosa,
00:36:04et ça m'a fortement
00:36:05intéressée.
00:36:06Et je suis allée
00:36:07voir un petit peu
00:36:08ce qu'il avait fait,
00:36:09lire des interviews.
00:36:12Et alors,
00:36:12un peu étonnée,
00:36:13j'ai trouvé une interview
00:36:14où il expliquait
00:36:15que c'était sa pratique
00:36:17de l'astronomie,
00:36:18donc l'astronomie observationnelle,
00:36:20qui avait pu avoir
00:36:20un effet
00:36:21sur l'élaboration
00:36:22de sa sociologie
00:36:23de la relation au monde.
00:36:24Donc,
00:36:25en fait,
00:36:25c'est justement,
00:36:25vous disiez,
00:36:26cet accès au lointain,
00:36:27cette espèce
00:36:28d'émerveillement
00:36:29complètement immédiat,
00:36:31en fait,
00:36:32de l'espace,
00:36:33de l'accès à l'espace,
00:36:34qui crée quelque chose,
00:36:36quoi.
00:36:36Et c'est rigolo
00:36:37de se rendre compte
00:36:38que ce sociologue,
00:36:39effectivement,
00:36:40en vivant ça,
00:36:41a bâti un peu,
00:36:42en tout cas,
00:36:43ça a été un peu
00:36:43un élément.
00:36:44Oui,
00:36:44vraiment,
00:36:44la cité,
00:36:45voilà,
00:36:46je vous engage
00:36:47à aller au planétarium
00:36:48parce que je trouve
00:36:49que le planétarium
00:36:50est vraiment
00:36:51ce fait d'emmener
00:36:54en astronomie,
00:36:54on ne peut pas forcément
00:36:55observer tout le temps
00:36:57un ciel la nuit.
00:36:58C'est compliqué
00:36:59d'organiser ça,
00:37:01mais avec des plus grands
00:37:01comme avec des plus petits.
00:37:03Mais c'est vrai
00:37:03que cet émerveillement
00:37:04des planètes,
00:37:05de voir la lune,
00:37:06de voir le soleil,
00:37:08de voir ce que va faire
00:37:09une éclipse,
00:37:10c'est vraiment incroyable.
00:37:11Et l'astronomie
00:37:11a ce pouvoir,
00:37:13comme la chimie,
00:37:14comme d'autres,
00:37:14mais l'astronomie,
00:37:15je trouve,
00:37:16ce pouvoir d'emmener
00:37:17vers autre chose
00:37:18et de questionner aussi.
00:37:20Moi,
00:37:20je soulignerais
00:37:20que dans ces expériences
00:37:23de vie que vous décrivez,
00:37:25ce qui, pour moi,
00:37:26est le moteur principal,
00:37:27c'est que l'enfant
00:37:29est avec un adulte
00:37:30qui compte pour lui
00:37:31et avec lequel
00:37:33il partage cette expérience.
00:37:34Ou d'autres enfants.
00:37:36Ou d'autres enfants.
00:37:37Mais déjà,
00:37:38par rapport aux adultes
00:37:39de référence,
00:37:40il n'y a qu'à regarder
00:37:40les parents
00:37:42accompagnant leurs enfants
00:37:43dans différentes expériences
00:37:44qu'offre la cité
00:37:46des enfants.
00:37:48Il y a un aspect
00:37:50régressif,
00:37:50c'est-à-dire qu'ils vont
00:37:51retrouver le plaisir
00:37:51qu'ils avaient enfant.
00:37:53Mais il y a aussi
00:37:54ce partage d'émotions,
00:37:55d'expériences
00:37:56qui va alimenter
00:37:58leurs relations
00:37:58pour la suite.
00:37:59Et ça,
00:37:59c'est extrêmement précieux,
00:38:00extrêmement important.
00:38:01Une contagion,
00:38:02en somme,
00:38:03de l'émerveillement,
00:38:04on pourrait dire.
00:38:04Et un partage.
00:38:05On a vécu ça ensemble.
00:38:06On a vécu ça ensemble.
00:38:08Pas chacun dans son monde.
00:38:10100 fois, oui.
00:38:11Et ça me fait juste
00:38:12rebondir sur un plan
00:38:14incidemment
00:38:15qui est l'importance
00:38:15de la lecture
00:38:16dans l'éducation
00:38:17et l'importance
00:38:19des moments
00:38:19de lecture partagées
00:38:20qui servent dans ce sens-là.
00:38:22ou des moments
00:38:23à la vilette partagés.
00:38:24Mais le moment
00:38:25de lecture partagée,
00:38:26on ne le dit pas assez
00:38:26aux parents
00:38:27qu'il est capital
00:38:29pour ancrer
00:38:29l'amour de la lecture
00:38:31chez l'enfant
00:38:31parce qu'il va associer.
00:38:33On a partagé ça
00:38:34avec papa,
00:38:35avec maman,
00:38:36avec de l'affection.
00:38:38C'est-à-dire que le livre,
00:38:38voilà.
00:38:39Et c'est pareil
00:38:39quand on partage
00:38:40les choses
00:38:41qui nous émeuvent.
00:38:42c'est vrai
00:38:43que ça marque
00:38:44beaucoup plus durablement
00:38:45l'esprit de l'enfant.
00:38:47Et qu'il y a une différence
00:38:49entre faire
00:38:49les expériences seules
00:38:51et les faire
00:38:52avec, comme on dit,
00:38:53quelqu'un qui importe.
00:38:54Ça peut être les grands-parents.
00:38:55Ça marche très bien
00:38:56les grands-parents.
00:38:57Oui, et encore une fois,
00:38:59les émotions
00:39:00qui sont mobilisées,
00:39:02qui sont suscitées
00:39:02par l'expérience,
00:39:03elles sont aussi collectives.
00:39:04Et parfois,
00:39:05parce que le copain,
00:39:06d'un seul coup,
00:39:07il dit
00:39:07« Oh, c'est incroyable, machin. »
00:39:09« Oh, je vais voir. »
00:39:10Et puis on va aller regarder
00:39:11et puis on va aussi
00:39:12être estomaqués.
00:39:13Mais quand même,
00:39:14on parle beaucoup de science
00:39:15et on est à la cité des sciences.
00:39:17Et j'imagine bien
00:39:18que vous aimez les sciences,
00:39:19mais il n'y a pas
00:39:19que les sciences aussi.
00:39:20Pour l'émerveillement,
00:39:22il faut quand même
00:39:23le redire aussi.
00:39:24Notamment,
00:39:24je pense à votre projet,
00:39:25mais vous vouliez peut-être
00:39:26me dire autre chose,
00:39:27mais votre projet
00:39:28« Aller à l'opéra »,
00:39:30c'était tous à l'opéra ?
00:39:31C'était ça ?
00:39:32Non, « À nous, l'opéra ».
00:39:33Voilà, je vais le mettre comme ça.
00:39:34Des enfants en réseau
00:39:35d'éducation prioritaire
00:39:36qui...
00:39:37Et en fait,
00:39:37c'était dans le cadre
00:39:38d'un projet
00:39:40avec l'Opéra de Paris.
00:39:41C'est un programme
00:39:42qui s'appelle
00:39:42« Dis-moi des collègues d'opéra »
00:39:44qui est exceptionnel
00:39:44où ils sélectionnent
00:39:46une quinzaine de classes
00:39:47chaque année
00:39:47qui vont faire un projet,
00:39:49visiter l'opéra, etc.
00:39:50Et là, c'était la place de l'art
00:39:52et l'émerveillement
00:39:52qu'ont pu...
00:39:53Je me souviendrai
00:39:54toute ma vie
00:39:56de l'émerveillement
00:39:56qu'ont eu ces enfants
00:39:57quand ils sont rentrés
00:39:58dans l'opéra Garnier.
00:39:59Alors qu'au début,
00:40:00l'opéra, ils disaient
00:40:01« Oh là là, c'est rasoir
00:40:02pour une partie d'entre eux, etc. »
00:40:04Il est évident
00:40:05qu'il y a...
00:40:06Enfin, il y a différentes...
00:40:08Les mamelles
00:40:09de l'émerveillement
00:40:10sont quand même nombreuses.
00:40:12Il y a évidemment les sciences,
00:40:13il y a la nature,
00:40:15on y pense tout de suite.
00:40:16Vous parliez d'Armond Trousa,
00:40:17je voulais juste spécifier.
00:40:19Il a une maison
00:40:20dans la forêt noire,
00:40:21il a un énorme télescope
00:40:22et il s'émerveille des étoiles.
00:40:25Et il y a quelque chose
00:40:25dans les choses...
00:40:28Dans ce qu'il y a
00:40:29de fascinant dans la science,
00:40:30c'est d'approcher
00:40:31ce qui nous échappera toujours.
00:40:33C'est-à-dire qu'il y a
00:40:34un côté métaphysique
00:40:35quand même là-dedans.
00:40:35On regarde des étoiles
00:40:36qu'on ne touchera jamais,
00:40:37mais on comprend.
00:40:40Donc c'était pour souligner
00:40:42que la nature
00:40:43est en elle-même
00:40:45une grande source
00:40:45d'émerveillement,
00:40:46évidemment,
00:40:47et de partage langagier
00:40:49avec les enfants,
00:40:50comme l'art.
00:40:51L'art,
00:40:52sous toutes ses formes,
00:40:53là c'est la danse,
00:40:54le chant,
00:40:55la musique,
00:40:56la musique capitale, etc.
00:40:57Mais voilà,
00:40:58tout ça,
00:40:59ce sont des sources
00:40:59d'émerveillement.
00:41:00Ici,
00:41:01on a la science
00:41:03et quand on est au planétarium,
00:41:04on a aussi la musique,
00:41:05on a aussi...
00:41:06Enfin, voilà.
00:41:07Oui, mais d'ailleurs,
00:41:09j'étais tout à l'heure
00:41:10à la cité des enfants,
00:41:12c'est très poétique.
00:41:13Il y a des espaces
00:41:14très poétiques.
00:41:15Donc on retrouve en fait
00:41:17l'émerveillement aussi
00:41:19par la beauté,
00:41:20par la poésie,
00:41:21par toutes les ambiances
00:41:23qui vont être créées.
00:41:25encore une fois,
00:41:26les émotions
00:41:27et c'est extrêmement important
00:41:29aussi d'être
00:41:29dans les bonnes conditions
00:41:30pour qu'émerge
00:41:33quelque chose
00:41:33de l'ordre de l'intérêt,
00:41:35oui,
00:41:35de l'émerveillement.
00:41:36C'est important, ça,
00:41:36les conditions.
00:41:37Oui, oui,
00:41:38là, votre histoire
00:41:39me fait penser
00:41:40à un principal de collège
00:41:43accompagné dans sa pratique
00:41:44pendant quelques temps,
00:41:45un collège qui était situé
00:41:46entre une branche
00:41:47du périphérique
00:41:48et de l'autoroute,
00:41:49dans une zone
00:41:50particulièrement défavorisée
00:41:52et qui était...
00:41:53M. Rossetto
00:41:55et qui était
00:41:56un passionné
00:41:57d'art et d'histoire,
00:42:00etc.,
00:42:01et qui avait réussi
00:42:03à obtenir
00:42:03des fonds
00:42:05pour pouvoir emmener
00:42:05toute sa classe,
00:42:06qui était une classe
00:42:07particulièrement réputée,
00:42:09difficile,
00:42:10en Italie
00:42:10pour voir une petite chapelle
00:42:12au sommet d'une colline
00:42:13avec ses élèves.
00:42:15Il a réussi
00:42:16à obtenir finalement
00:42:17les subventions
00:42:17avec des mécènes extérieurs
00:42:19à l'éducation nationale,
00:42:20a réussi à braver
00:42:22toutes les barrières
00:42:23pour passer
00:42:24et pour arriver.
00:42:26Et cette classe,
00:42:28ce collège,
00:42:29était devenu
00:42:29un collège
00:42:30d'une tranquillité
00:42:31et d'un investissement
00:42:32dans les études
00:42:33considérables,
00:42:34au point que,
00:42:35deux ans plus tard,
00:42:36on l'a muté.
00:42:37Mais c'est pour dire
00:42:39que le partage
00:42:40d'une passion
00:42:41avec ces jeunes
00:42:44qui étaient réputés
00:42:44absolument...
00:42:46on ne pouvait rien en faire.
00:42:48C'était terminé pour eux.
00:42:50Eh bien, non.
00:42:51Ce partage de passion
00:42:53est autour de l'art,
00:42:56par exemple.
00:42:56Mais ça pourrait être
00:42:57autour d'autres choses.
00:42:58De la passion,
00:42:59de l'astronomie,
00:43:00peu de n'importe quoi d'autre.
00:43:02C'est quand même
00:43:03quelque chose
00:43:03qui était terminant
00:43:04dans la création
00:43:06d'une dynamique,
00:43:08d'une part,
00:43:08et puis dans la relance
00:43:10des investissements
00:43:11individuels
00:43:12de chaque jeune
00:43:13qu'ils ignoraient avoir.
00:43:16Ils ignoraient avoir
00:43:17cet élan possible
00:43:18et ce retour sur image,
00:43:21d'une certaine manière,
00:43:22est quelque chose
00:43:23d'extraordinairement
00:43:24important et gratifiant.
00:43:27Oui, j'avoue que
00:43:28sur cette histoire
00:43:29de projet,
00:43:31je ne peux qu'adhérer
00:43:33à la prochaine éclipse.
00:43:35Il y a une éclipse
00:43:35cet été
00:43:36et il y a une éclipse
00:43:38solaire en 2027.
00:43:40Et c'est vrai que...
00:43:41Enfin, voilà.
00:43:42Je partage avec vous
00:43:43l'idée de fonctionner
00:43:45avec un certain nombre
00:43:47de classes
00:43:47pour justement arriver
00:43:48à continuer
00:43:49à susciter l'émerveillement
00:43:51et avoir un projet global
00:43:52de classe
00:43:53sur ces éclipses
00:43:56que la Cité des sciences
00:43:57va permettre
00:43:58de préparer.
00:43:59Et je dois avouer
00:44:00que je suis aussi
00:44:01sur un autre projet
00:44:03qui vient de commencer
00:44:03hier soir
00:44:04en discutant
00:44:05sur des éoliennes
00:44:07en mer
00:44:07à Fécamp
00:44:08qui ne sont pas
00:44:09si loin que ça.
00:44:11et c'est vrai
00:44:12qu'on a un projet
00:44:13qui commence tout juste
00:44:15mais c'est vrai
00:44:16que d'emmener,
00:44:17d'emmener voir,
00:44:18d'être confronté
00:44:19au réel,
00:44:20ça nous paraît
00:44:21des projets
00:44:22qui peuvent permettre
00:44:24de faire avancer
00:44:25tout ça.
00:44:25et de partager
00:44:26ces expériences.
00:44:28Tout à fait.
00:44:29Et puis c'était
00:44:29pour souligner
00:44:31l'importance
00:44:32des sciences
00:44:32dans notre bas-monde
00:44:35qui est,
00:44:36quand je pense
00:44:37à ce que vous faites,
00:44:37je me dis
00:44:37que c'est capital
00:44:38parce que si
00:44:39on peut quand même
00:44:40orienter plus d'enfants,
00:44:42de filles entre autres,
00:44:43mais vers le monde
00:44:44des sciences
00:44:45qui est assez dominant
00:44:47aujourd'hui.
00:44:48Le monde de l'art,
00:44:49il est souvent ancien,
00:44:50même si on peut vivre
00:44:51de l'art.
00:44:52mais aujourd'hui,
00:44:53le monde est très scientifique
00:44:54pour comprendre le monde.
00:44:57Il est difficile
00:44:58aujourd'hui
00:44:58de vraiment comprendre
00:44:59le monde
00:45:00sans avoir
00:45:00un minimum
00:45:01de connaissances scientifiques.
00:45:04Et la Villette
00:45:05est vraiment
00:45:06un super support
00:45:06pour ça.
00:45:07Mais c'est vraiment
00:45:07pour insister.
00:45:09C'est vrai.
00:45:09Moi, je vous le dis,
00:45:10mes passions sont...
00:45:11Pourtant,
00:45:12j'adore les maths,
00:45:13mais les maths,
00:45:13c'est conceptuel.
00:45:14La physique,
00:45:15pour différentes raisons,
00:45:16ce n'était pas spécialement
00:45:17mon truc.
00:45:19Mais je me dis,
00:45:20il faut que je fasse
00:45:21plus de science
00:45:22avec mes élèves
00:45:22parce que c'est capital
00:45:26pour...
00:45:26Et la Villette
00:45:27est en fait
00:45:27mon point d'ancrage
00:45:29sur l'astronomie
00:45:30parce qu'il y a
00:45:31tout ce qu'il faut
00:45:32et sur tout ce
00:45:33qui est engrenage
00:45:35pour avoir
00:45:36des supports
00:45:37justement un peu pratiques
00:45:38ou visuels,
00:45:39quelque chose
00:45:39sur lequel
00:45:39on appuie
00:45:40notre enseignement.
00:45:41Mais c'est vrai
00:45:42qu'il faut rappeler
00:45:43à quel point
00:45:43les sciences sont déterminantes
00:45:44dans notre monde.
00:45:45Et pour ceux
00:45:46qui regarderaient
00:45:47après la vidéo
00:45:48et qui se diraient
00:45:49mais nous,
00:45:49on n'a pas
00:45:49la cité des sciences
00:45:50juste à côté,
00:45:51on peut quand même
00:45:52aller dehors
00:45:53par exemple
00:45:53parce que ça,
00:45:55je fais référence
00:45:56à ce qu'a pu me dire
00:45:57Maurice Chrétien
00:45:57qui malheureusement
00:45:58n'est pas là
00:45:58mais qui disait,
00:45:59qui militait à la GEM
00:46:00pour la classe dehors
00:46:01et pour le fait
00:46:02de, oui,
00:46:03on peut faire des maths dehors
00:46:04en comptant les marrons,
00:46:05etc.
00:46:05Alors, je me tourne vers vous
00:46:06parce que du coup
00:46:07vous êtes quelques-uns
00:46:08à être enseignant
00:46:11de maternelle
00:46:12et peut-être que vous-même
00:46:13vous faites ça.
00:46:14Justement,
00:46:15vous voyez l'intérêt
00:46:15de sortir avec les enfants,
00:46:17d'aller en forêt
00:46:18ou d'aller en ville,
00:46:19d'aller faire
00:46:19des petites expérimentations,
00:46:21des observations dehors.
00:46:23Est-ce que certains
00:46:24souhaitent partager ?
00:46:25Parce que je ne sais pas
00:46:25si vous, Gilles Vernet,
00:46:26vous allez dehors aussi
00:46:27beaucoup,
00:46:28ou régulièrement
00:46:29avec vos jeunes,
00:46:34de temps en temps
00:46:34au but de Chaumont,
00:46:35mais Paris,
00:46:36c'est plutôt
00:46:37dans les classes nature
00:46:38comme dans le film
00:46:38« Et si on levait les yeux »,
00:46:40on est parti dix jours
00:46:41en pleine nature
00:46:42et où là,
00:46:42les effets sont très réels
00:46:44parce que pour beaucoup,
00:46:45ils ne l'ont même pas
00:46:46beaucoup vu,
00:46:47la forêt,
00:46:48des choses comme ça,
00:46:49ça a fait un effet immédiat.
00:46:52À Paris,
00:46:52ce n'est pas si évident.
00:46:53Par contre,
00:46:54je fais beaucoup de conférences
00:46:56en France autour du sujet
00:46:57et je rencontre
00:46:57beaucoup de professeurs
00:46:58qui ont la nature
00:47:00à 500 mètres
00:47:02ou un kilomètre
00:47:02de l'école
00:47:03et où là,
00:47:04ils y passent du temps.
00:47:06Et c'est très chouette
00:47:07la classe dans la nature.
00:47:09Il faut avoir des conditions.
00:47:10Qu'est-ce qu'on y fait ?
00:47:11Est-ce que vous faites ça,
00:47:12vous,
00:47:12un peu ?
00:47:16Vous êtes plutôt
00:47:16en région parisienne,
00:47:17c'est plus difficile ?
00:47:20Peut-être qu'on va vous donner
00:47:22un coin de jardin.
00:47:32D'accord.
00:47:32Mais on vous donnera un micro
00:47:33parce que je pense
00:47:34qu'on ne va pas vous entendre.
00:47:36Voilà.
00:47:39Merci.
00:47:40Bonjour,
00:47:41toute cette foule derrière moi.
00:47:43Donc,
00:47:43je disais que
00:47:45se poser des questions
00:47:46et répondre,
00:47:47c'est bien,
00:47:47mais il faut leur permettre
00:47:48aussi d'émettre
00:47:49des hypothèses,
00:47:50de chercher.
00:47:51Par exemple,
00:47:51on plante des choses
00:47:52et on met de la lumière,
00:47:53on n'en met pas,
00:47:54on essaye des choses
00:47:55et on constate.
00:47:56Et ça,
00:47:56c'est très important
00:47:57dès le début
00:47:58pour les sciences,
00:47:59je pense.
00:48:01Une méthode.
00:48:02Le mot hypothèse,
00:48:04c'est tellement compliqué
00:48:06de leur faire,
00:48:07justement,
00:48:09produire leurs propres hypothèses,
00:48:11leurs propres explications.
00:48:12C'est pas si compliqué
00:48:12que ça,
00:48:13en fait.
00:48:13Je vais vous inviter
00:48:14avec mes élèves,
00:48:15je pense.
00:48:19Oui,
00:48:19bonjour.
00:48:20Je suis sur Fontenay-sous-Bois.
00:48:22On a la chance
00:48:23d'avoir le parc de Vincennes.
00:48:24sur le bois de Vincennes.
00:48:26Donc,
00:48:26avec une collègue de CP,
00:48:27j'avais des Cévin cette année.
00:48:29On faisait classe dehors
00:48:31tous les mardis après-midi.
00:48:33J'ai eu la chance aussi
00:48:35de travailler
00:48:36avec le réseau de la pédagogie
00:48:37par la nature
00:48:37que je souhaite citer.
00:48:39Ce qui fait un travail remarquable.
00:48:42Pour vous dire
00:48:43sur les conséquences
00:48:44en termes de compétences
00:48:47psychosociologiques,
00:48:48puisqu'on parle
00:48:49de l'émerveillement,
00:48:50on a des enfants
00:48:52très excités
00:48:53au sortir
00:48:53de la pause méridienne
00:48:55qu'on emmenait
00:48:57régulièrement.
00:48:59Et entre l'aller
00:49:01où ils étaient
00:49:01dans un état émotionnel
00:49:03très agité
00:49:04et le retour
00:49:06où on pouvait faire classe
00:49:08sereinement avec eux,
00:49:11on l'a remarqué.
00:49:13Et je voulais dire aussi
00:49:15que des petits
00:49:16qui étaient très,
00:49:17très, très, très
00:49:17en insécurité
00:49:18avec des comportements
00:49:20de mal-être
00:49:21s'épanouissaient
00:49:22complètement dans le bois.
00:49:25Et donc,
00:49:27je suis très favorable
00:49:28à ce type d'expérience.
00:49:31Patrice Huère,
00:49:32vous voulez peut-être
00:49:33réagir à cette idée-là
00:49:34que parfois,
00:49:35des enfants très inhibés
00:49:36vont se réveiller.
00:49:38Je trouve qu'effectivement,
00:49:39ce sont des pratiques
00:49:41qui sont tout à fait
00:49:44intéressantes
00:49:44et importantes
00:49:45et favorisant
00:49:46vraiment le développement
00:49:48de l'enfant.
00:49:50Mais il me semble
00:49:51avoir entendu
00:49:52assez souvent
00:49:53que c'était des pratiques
00:49:54très habituelles
00:49:55dans les pays nordiques.
00:49:57Même quasiment
00:49:58toute la classe
00:49:59se faisait dehors,
00:50:00mais alors même
00:50:00qu'il faisait très froid
00:50:01dans certains endroits.
00:50:03Et où en tout cas,
00:50:03le rapport à l'extérieur,
00:50:05à la nature,
00:50:06à la vie,
00:50:06comme source
00:50:08de questionnements
00:50:10et d'expériences
00:50:11est tout à fait présent.
00:50:14Merci beaucoup.
00:50:17Est-ce que vous avez
00:50:18des questions ?
00:50:21N'hésitez pas,
00:50:22c'est à vous.
00:50:26Ou des témoignages,
00:50:27d'ailleurs,
00:50:28si vous voulez partager
00:50:29des instants,
00:50:29des moments,
00:50:30des moments waouh.
00:50:36Bonjour.
00:50:36Moi, j'aurais une question
00:50:37sur la place du corps
00:50:39à l'école,
00:50:40puisque dans la cité
00:50:41des enfants,
00:50:42on met le nom
00:50:42de corps en avant
00:50:43et on le rend acteur.
00:50:46Et notamment,
00:50:47en tant que parent,
00:50:47on a un peu cette crainte,
00:50:49quand on a des enfants
00:50:50encore en maternelle,
00:50:51ça va,
00:50:52on les laisse encore bouger.
00:50:53Mais c'est vrai
00:50:54qu'à l'entrée aux primaires
00:50:55et puis même
00:50:56de nos souvenirs
00:50:56qu'on peut avoir
00:50:57de collège,
00:50:57de lycée,
00:50:58on est quand même
00:50:59assis la plupart du temps.
00:51:01Alors,
00:51:02si vous avez des réponses,
00:51:03ça m'intéresse.
00:51:04Mais c'est vrai
00:51:05que de mon expérience,
00:51:06je me souviens
00:51:06d'avoir été collégienne
00:51:08et très bonne élève
00:51:10et très studieuse,
00:51:11mais à bouger.
00:51:12Et je me souviens
00:51:12que pour mon corps,
00:51:13c'était très inconfortable.
00:51:15Finalement,
00:51:16à l'esté des enfants,
00:51:17je trouve qu'on arrive
00:51:18plutôt bien
00:51:19à mettre le corps
00:51:19en mouvement.
00:51:20Comment est-ce qu'on pourrait faire ?
00:51:22Alors,
00:51:22si ça se fait déjà,
00:51:23tant mieux.
00:51:24Et comment on pourrait faire
00:51:24pour généraliser
00:51:26le fait que le corps
00:51:27puisse aussi s'exprimer
00:51:29à l'école ?
00:51:31Je vais juste rebondir
00:51:32parce que c'est un de mes arguments
00:51:34pour choisir la spécialité physique-chimie
00:51:37à la fin de seconde,
00:51:38c'est qu'au moins,
00:51:39vous avez des heures
00:51:41de travaux pratiques,
00:51:42des heures d'expérience
00:51:43où justement,
00:51:44on manipule debout,
00:51:46en manipulant en chimie,
00:51:47on ne manipule pas assis,
00:51:48on ne manipule pas forcément
00:51:50les quatre heures en première
00:51:52ou les six heures en terminale,
00:51:53mais que ça fait justement,
00:51:55quand on choisit ces spécialités,
00:51:56des choses où justement,
00:51:57le corps va se poser différemment
00:51:59puisqu'il faut,
00:52:00alors je ne sais pas
00:52:01si vous vous souvenez,
00:52:02mais il faut remplir la burette,
00:52:04il faut s'installer
00:52:05sur finalement
00:52:07toute notre paillasse
00:52:08qui va être...
00:52:10Et on voit des élèves
00:52:11qui sont nettement plus à l'aise
00:52:13justement avec leur corps
00:52:14qui se placent différemment
00:52:16et qui ne sont pas assis
00:52:17pendant deux heures de cours.
00:52:19Ce qui n'empêche pas
00:52:19qu'il y ait d'autres moments,
00:52:20mais c'est vrai que je pense
00:52:21que vous avez raison,
00:52:23certains ont plus besoin
00:52:24que d'autres,
00:52:25même en terminale,
00:52:26même en première,
00:52:26même en terminale.
00:52:27finalement de se poser différemment
00:52:29et d'agir différemment
00:52:31dans la classe.
00:52:31Moi, je trouve que c'est formidable
00:52:33que vous facilitez ça,
00:52:35mais ça ne peut pas être généralisé.
00:52:37D'après les échos que j'ai,
00:52:38moi, de certains jeunes patients,
00:52:41ce n'est pas vraiment ça
00:52:42qui se passe.
00:52:42Et j'assiste,
00:52:44comme beaucoup,
00:52:44depuis,
00:52:45allez, on va dire,
00:52:465, 6, 7 ans,
00:52:48à une augmentation
00:52:50des soi-disant
00:52:51troubles de l'activité,
00:52:53des hyperactifs,
00:52:55comme s'il y en avait
00:52:56beaucoup plus qu'auparavant,
00:52:58je crois que la contrainte
00:52:59de rester assis
00:53:00pour un certain nombre
00:53:01devient de moins en moins
00:53:02supportable
00:53:03et que toute pédagogie
00:53:06qui permettrait
00:53:07que le corps,
00:53:07comme vous le suggérez,
00:53:09soit aussi pris en compte
00:53:11et puisse s'exprimer
00:53:13d'une certaine manière,
00:53:15ça, ça mériterait vraiment
00:53:17toute notre attention
00:53:18puisque sinon,
00:53:19on va les mettre
00:53:20du côté de la pathologie
00:53:22alors même qu'ils expriment
00:53:24à travers leur corps
00:53:25et leur corps agité parfois,
00:53:27il faut en convenir,
00:53:29un questionnement
00:53:30des modalités éducatives
00:53:33dont ils bénéficient,
00:53:34entre guillemets.
00:53:36Le corps,
00:53:37merci pour votre question
00:53:38parce que la question
00:53:40de la place du corps
00:53:42à l'école
00:53:43mais plus largement
00:53:44dans la société
00:53:45tout entière
00:53:47peut vraiment être posée.
00:53:49C'est d'autant plus sérieux
00:53:51de se poser la question
00:53:52pour les enfants aujourd'hui
00:53:53que quand ils viennent,
00:53:54quand ils vont chez eux,
00:53:56ils restent pour une partie
00:53:57sédentaire
00:53:58et ils vont être absorbés
00:54:00par le monde virtuel.
00:54:01Donc la conscience du corps
00:54:03elle-même
00:54:04est réduite pour une partie
00:54:06ceux qui sont trop
00:54:08surexposés
00:54:09et ils sont nombreux.
00:54:11Et personnellement,
00:54:13le meilleur moyen
00:54:14de rétablir le corps
00:54:15que j'ai trouvé,
00:54:16c'est le matin
00:54:17en démarrant
00:54:19après l'appel,
00:54:20faire trois minutes
00:54:21de respiration
00:54:22consciente ensemble
00:54:23et d'étirement à la suite.
00:54:25On retrouve le corps
00:54:27et pour certains,
00:54:28vraiment,
00:54:28on sent le bien-être,
00:54:29le bien-être
00:54:30que ça produit.
00:54:31Mais effectivement,
00:54:32c'est une vraie
00:54:33grosse question
00:54:34que ça se passe du corps,
00:54:35d'autant plus
00:54:35qu'on devient
00:54:36de plus en plus sédentaire
00:54:38et qu'on fait face
00:54:39à des enfants
00:54:40qui aussi,
00:54:40parce qu'ils passent
00:54:41beaucoup de temps
00:54:41sur les écrans,
00:54:42ce n'est pas la seule raison,
00:54:43mais on démultiplie
00:54:45ces troubles
00:54:46du comportement,
00:54:47enfin troubles,
00:54:48en fait,
00:54:48on appelle ça trouble,
00:54:49mais cette hyperactivité,
00:54:51ce besoin de bouger,
00:54:52de toucher quelque chose,
00:54:54etc.
00:54:55Quand j'ai fait le film
00:54:56« À nous l'opéra »,
00:54:58ça, c'est vraiment là
00:54:59où j'ai pris en pleine figure
00:55:00que le corps
00:55:01n'était pas vraiment
00:55:02assez mis en valeur
00:55:03à l'école
00:55:03parce qu'on avait
00:55:04des séances de danse,
00:55:05des après-midi de danse
00:55:07tous les 15 jours
00:55:09et ce qui se révélait
00:55:10à ce moment-là
00:55:11et le bien-être,
00:55:12l'épanouissement,
00:55:13alors c'était une super chorégraphe
00:55:14qui faisait un super travail
00:55:15avec eux,
00:55:16mais l'épanouissement physique
00:55:18qu'on voyait se jouer
00:55:19dans leur manière
00:55:20de se comporter,
00:55:21dans la manière d'être
00:55:22était vraiment très fort
00:55:23et je me suis dit
00:55:24« Bon, on a des programmes
00:55:26si je pouvais avoir ça
00:55:26chaque année,
00:55:27mais ce n'est pas possible. »
00:55:29Mais c'est une vraie question
00:55:30et c'est une question
00:55:31que tous les enseignants
00:55:32doivent se reposer
00:55:33parce que c'est très segmenté.
00:55:35On a le cours de PS,
00:55:36de sport,
00:55:37on a le cours...
00:55:37Et puis voilà,
00:55:38c'est tout.
00:55:39Et c'est vrai que
00:55:40retrouver de la place du corps
00:55:42à travers la respiration,
00:55:43les étirements et le champ,
00:55:44moi, c'est pas la ma...
00:55:45Je vous laisse réagir
00:55:46puis on conclut.
00:55:48J'ai juste une spéciale dédicace
00:55:49pour nos élèves de Terminal
00:55:51qui passent le grand oral
00:55:52en ce moment
00:55:53et le grand oral,
00:55:54ils sont obligés
00:55:55d'être debout
00:55:55pendant 10 minutes
00:55:56et que...
00:55:57Enfin, voilà,
00:55:58pendant la première présentation
00:55:59et je vous assure
00:56:00que nous sommes en train,
00:56:02nous, professeurs de lycée,
00:56:03de nous reposer la question
00:56:04de l'oral,
00:56:05justement,
00:56:06en science
00:56:06et de la place du corps
00:56:08et de se retrouver debout
00:56:09et des postures
00:56:11qui sont différentes.
00:56:12Je ne dis pas,
00:56:12je suis d'accord
00:56:13que tout est gagné,
00:56:14mais je dis
00:56:15qu'il y a des petites choses
00:56:16qui font ça.
00:56:17Je reprendrai
00:56:17l'origine du mot pédagogue,
00:56:20pas pédagogus,
00:56:20c'est-à-dire on marche à côté
00:56:22et le pédagogue
00:56:24était celui
00:56:24qui accompagnait,
00:56:26c'était l'élève
00:56:27dans une marche partagée
00:56:29et c'est là
00:56:30que l'enseignement
00:56:31a été prodigué.
00:56:32Alors,
00:56:32ce que vous dites
00:56:33me fait m'émeu
00:56:34parce que
00:56:35quand le film
00:56:36et si on levait les yeux,
00:56:37c'était dans la meuse,
00:56:39c'était des après-midi
00:56:40de balade en forêt
00:56:41et les moments
00:56:43d'échange langagier,
00:56:45moi avec les élèves,
00:56:46mais les élèves aussi
00:56:47entre eux,
00:56:48c'était magnifique
00:56:49et quand on marche ensemble
00:56:50et qu'on parle,
00:56:51c'est vrai,
00:56:51c'est Socrate,
00:56:52ça fait un peu penser
00:56:53à des images idéalisées
00:56:55mais c'est vrai
00:56:55que c'est...
00:56:56Et puis tout le monde sait
00:56:57que quand on marche,
00:56:57on pense.
00:56:59je ne sais plus
00:56:59qu'il disait ses genoux
00:57:00ou je ne sais plus
00:57:01qu'il disait
00:57:01vous pensez trop,
00:57:02vous ne pensez pas assez,
00:57:03marchez.
00:57:04Vous pensez trop,
00:57:05marchez.
00:57:06Vous pensez mal,
00:57:07marchez encore.
00:57:08Alors,
00:57:09nous marcherons.
00:57:11Merci.
00:57:12Merci beaucoup,
00:57:13en tout cas,
00:57:13à nos trois intervenants
00:57:14et merci à vous
00:57:15pour votre attention.
00:57:17Et maintenant,
00:57:18on va peut-être laisser
00:57:18la parole à Nile Didier
00:57:20qui va nous présenter
00:57:22la nouvelle
00:57:23Cité des enfants
00:57:24de 6 ans.
00:57:41Bonjour à tous.
00:57:47Merci beaucoup.
00:57:51Je suis ravie
00:57:53de vous parler
00:57:54aujourd'hui
00:57:54de la nouvelle
00:57:55Cité des enfants
00:57:56de 6 ans.
00:57:57Ça a été une aventure
00:58:00passionnante
00:58:00de moderniser,
00:58:01de réinventer
00:58:02cette exposition.
00:58:04On a travaillé
00:58:05avec l'objectif
00:58:06de soutenir les enfants
00:58:07dans leur développement
00:58:09et on a cherché
00:58:10à mettre en place
00:58:11un espace
00:58:12qui cultive
00:58:13l'émerveillement,
00:58:14qui cultive
00:58:14la curiosité
00:58:15des petits
00:58:16et qui leur donne
00:58:18envie
00:58:18de nourrir
00:58:19un lien profond
00:58:21avec le monde
00:58:22qui les entoure.
00:58:26Alors,
00:58:27comme vous allez le voir
00:58:27pendant votre visite,
00:58:29on a conservé
00:58:30les éléments
00:58:30auxquels notre public
00:58:31était le plus attaché,
00:58:33auxquels les petits
00:58:34étaient le plus attachés,
00:58:35donc les jeux d'air,
00:58:37les jeux d'eau,
00:58:38le chantier,
00:58:40les machines à boules
00:58:41de l'artiste Pierre Andresse
00:58:43et un grand bateau
00:58:45qui portait
00:58:46dans l'ancienne
00:58:47Cité des enfants
00:58:47le nom de vaisseau spécial.
00:58:50Donc,
00:58:50on a rénové
00:58:51ces dispositifs,
00:58:52on les a transformés
00:58:53pour partie
00:58:54et on les a intégrés
00:58:55à un nouveau parcours
00:58:57d'exposition.
00:59:00Alors,
00:59:00ce parcours,
00:59:01il se décline
00:59:02en cinq univers
00:59:03que les visiteurs
00:59:05vont pouvoir aborder
00:59:06dans l'ordre
00:59:06qu'ils souhaitent.
00:59:08on a un espace
00:59:10appelé
00:59:10la tribu élastique
00:59:12où les enfants
00:59:13peuvent explorer
00:59:13leur sens
00:59:14et les potentialités
00:59:16de leur corps
00:59:16en mouvement.
00:59:17On a une forêt
00:59:19dans cette exposition,
00:59:20ça nous a semblé
00:59:21vraiment indispensable
00:59:22à notre époque
00:59:23de faire
00:59:24une place
00:59:25à la nature,
00:59:26à la biodiversité
00:59:27dans une exposition
00:59:28pour les petits.
00:59:30Une partie
00:59:31qu'on a appelée
00:59:31l'atelier
00:59:32des briques à braques
00:59:33qui est un univers
00:59:34qui embarque
00:59:35les visiteurs
00:59:36dans le monde
00:59:37de petits inventeurs
00:59:38au cœur tendre.
00:59:40Et cette partie,
00:59:41elle tourne autour
00:59:41de deux notions
00:59:42qui nous semblent
00:59:43absolument essentielles
00:59:45pour construire
00:59:46un monde habitable,
00:59:47une société de l'entraide,
00:59:48de l'intelligence collective,
00:59:50c'est la créativité
00:59:51et l'empathie.
00:59:54Voilà,
00:59:54comme je vous le disais,
00:59:55on a également repris
00:59:56l'activité du chantier
00:59:58qui est le lieu
00:59:59de la coopération
01:00:00par excellence
01:00:00dans ce parcours
01:00:01et auquel notre public
01:00:03était vraiment
01:00:04très attaché.
01:00:05On a décidé
01:00:07de déplacer
01:00:08cette activité
01:00:08à la lumière naturelle.
01:00:10On a refait
01:00:11la maison
01:00:12dans des matériaux
01:00:13qui évoquent davantage
01:00:14le souci écologique
01:00:16de notre époque.
01:00:17Et on a ajouté
01:00:18également deux ateliers,
01:00:19un atelier peinture
01:00:20et un atelier électricité
01:00:21qui n'étaient pas présents
01:00:23avant
01:00:23pour enrichir
01:00:24cette expérience.
01:00:26Et enfin,
01:00:28nos petits visiteurs
01:00:29et leurs accompagnateurs
01:00:30vont pouvoir découvrir
01:00:31un univers
01:00:32entre air et eau
01:00:34où ils vont pouvoir
01:00:35s'émerveiller
01:00:36en testant
01:00:37le comportement
01:00:38de l'eau
01:00:38en observant
01:00:39la force de l'air
01:00:40et où ils vont aussi
01:00:41pouvoir se révéler
01:00:42les membres
01:00:43d'un équipage
01:00:46lancé à la conquête
01:00:47d'un bateau farfelu.
01:00:54Alors,
01:00:54par rapport
01:00:55à l'ancienne cité
01:00:56des enfants,
01:00:57on a opéré
01:00:58un changement
01:00:58majeur,
01:00:59on a eu envie
01:01:00de faire construire
01:01:02des décors
01:01:03qui plongent
01:01:04nos petits visiteurs
01:01:05dans des mondes
01:01:06imaginaires.
01:01:08Alors,
01:01:08avoir des environnements
01:01:10plus enveloppants
01:01:11de ce type,
01:01:12c'était un moyen
01:01:13pour nous
01:01:14de remettre
01:01:15l'imaginaire
01:01:16au premier plan,
01:01:17de donner aux enfants
01:01:18des espaces
01:01:19où ils puissent
01:01:20se raconter
01:01:20des histoires
01:01:22et puis,
01:01:23bien sûr,
01:01:24on le sait,
01:01:25transmettre
01:01:26des contenus
01:01:27pédagogiques,
01:01:28scientifiques
01:01:28à travers
01:01:29une dimension
01:01:30poétique,
01:01:32en tout cas,
01:01:33ça nous semble
01:01:33vital
01:01:34pour se construire.
01:01:35Donc,
01:01:35on a cherché
01:01:36à pousser
01:01:38ce curseur-là
01:01:39le plus possible.
01:01:43pour prendre
01:01:46aussi de la distance
01:01:47avec notre société,
01:01:48de l'hyperconnexion,
01:01:50de l'immédiateté
01:01:51dans laquelle on vit,
01:01:53on a eu envie
01:01:54de pousser,
01:01:56en tout cas,
01:01:57de nourrir
01:02:01l'appétit
01:02:02que les petits
01:02:03ont pour le détail.
01:02:05Patrice Huert
01:02:05en a parlé
01:02:06plutôt
01:02:07dans notre table ronde.
01:02:10ils ont
01:02:10ce goût
01:02:11extraordinaire
01:02:12pour ceux
01:02:13qui ne se voient
01:02:13pas du premier coup
01:02:14depuis qu'ils sont bébés,
01:02:16cette observation
01:02:17qui est extrêmement développée.
01:02:19Et donc,
01:02:19dans l'exposition,
01:02:20on a cherché
01:02:22à travailler
01:02:22des petits détails
01:02:23dans ces univers,
01:02:24dans les illustrations,
01:02:26dans les sons,
01:02:27dans les objets
01:02:28qu'on y présente
01:02:29pour nourrir
01:02:30ce rapport au monde
01:02:31qui est très caractéristique
01:02:32des petits.
01:02:34On se disait aussi
01:02:36que c'était
01:02:36un moyen
01:02:38intéressant
01:02:39qui ne voient pas
01:02:39tous la même chose.
01:02:42L'idée,
01:02:42c'était que
01:02:43l'expérience
01:02:44soit le moins
01:02:45uniformisée possible.
01:02:48Je vous partage
01:02:49deux exemples
01:02:52pour illustrer
01:02:53mon propos ici.
01:02:54Ici,
01:02:55je vous mets
01:02:55une image
01:02:55d'une maman
01:02:56et de sa fille
01:02:57qui sont en train
01:02:59d'observer
01:02:59la sculpture
01:03:00d'une poule d'eau
01:03:02et de ses oeufs
01:03:03qu'on trouve
01:03:04dans l'espace forêt.
01:03:07comme on peut le voir,
01:03:08elles ont remarqué
01:03:08un petit détail.
01:03:09Je ne sais pas
01:03:09si vous pouvez le voir
01:03:10sur la photo,
01:03:11c'est peut-être un peu loin,
01:03:12mais elles ont vu
01:03:13un petit quelque chose
01:03:14qui se voit à peine,
01:03:16qui a été intégré
01:03:16volontairement
01:03:17par le sculpteur
01:03:18qui s'est chargé
01:03:19de la réalisation
01:03:19de ces sculptures.
01:03:21Elles voient
01:03:21que la coquille
01:03:22de l'un des oeufs
01:03:24est légèrement fissurée.
01:03:27Ce petit détail
01:03:28leur donne l'occasion
01:03:30de se lancer
01:03:31dans un échange
01:03:32sur la naissance
01:03:33à venir d'un oisillon
01:03:34et sur le rôle actif
01:03:37que va avoir l'oiseau
01:03:38dans sa naissance.
01:03:45Autre exemple
01:03:45que je vous partage,
01:03:47ici,
01:03:48on peut voir un décor
01:03:49en papier découpé
01:03:51qui a été réalisé
01:03:52pour présenter
01:03:52aux enfants leur mission
01:03:53dans la partie intitulée
01:03:55de l'atelier
01:03:55des briques à braques.
01:03:57Comme vous pouvez le voir,
01:03:58la scène se concentre
01:03:59sur quatre personnages
01:04:01principaux,
01:04:02les briques à braques
01:04:03qui croulent sous
01:04:04les lettres de commande
01:04:05des habitants
01:04:06des contrées voisines.
01:04:07Mais on a également
01:04:09disséminé
01:04:09dans ce décor
01:04:12une série
01:04:13de petits crayons
01:04:14farceurs
01:04:16dont j'ai entouré
01:04:17sur l'image
01:04:18tout en bas à gauche
01:04:19deux représentants
01:04:20qui sont en train
01:04:22de faire une bêtise.
01:04:22Je ne vous dis pas laquelle.
01:04:23Vous le découvrirez
01:04:24dans l'exposition.
01:04:25Mais ça vous donne
01:04:26un autre exemple
01:04:26de la façon
01:04:27dont on va venir
01:04:28nourrir le sens
01:04:29de l'observation
01:04:29des petits
01:04:30et leur goût
01:04:31du détail
01:04:32ou du minuscule.
01:04:39J'avais maintenant
01:04:40envie de vous parler
01:04:41de la place du jeu
01:04:42dans l'exposition
01:04:42et de la place du jeu
01:04:44dans le développement
01:04:45des enfants.
01:04:46Dans un projet
01:04:47comme celui-ci,
01:04:48évidemment,
01:04:49la question du jeu
01:04:50est fondamentale.
01:04:52récemment,
01:04:53j'ai entendu
01:04:53un psychologue
01:04:54clinicien
01:04:55et psychomotricien,
01:04:57Fabien Joly,
01:04:58qui parlait du jeu
01:04:59et il employait,
01:05:00il a utilisé
01:05:00une image
01:05:01que j'ai trouvée
01:05:01très belle
01:05:02que j'avais envie
01:05:02de vous livrer ici.
01:05:04Il nous disait
01:05:05le jeu,
01:05:06c'est notre colonne
01:05:07vertébrale
01:05:07à tous les âges.
01:05:10Alors ça,
01:05:11par exemple,
01:05:12c'est quelque chose
01:05:13que Donald Winnicott
01:05:14avait infiniment compris.
01:05:18c'était important
01:05:19pour moi
01:05:19de rappeler
01:05:20la figure
01:05:21de ce pédiatre
01:05:22et psychaniste britannique
01:05:23qui a beaucoup théorisé
01:05:25sur le jeu.
01:05:26Il savait
01:05:27que le jeu
01:05:27était central
01:05:28dans le développement
01:05:29des enfants
01:05:29et il disait même
01:05:30que c'était
01:05:31la seule activité humaine
01:05:32qui permettait
01:05:33à un sujet
01:05:34de découvrir son self
01:05:36au sens d'un pôle créatif
01:05:38vivant, singulier
01:05:40qu'on porterait chacun.
01:05:43Alors nous,
01:05:44tout ça,
01:05:44bien sûr,
01:05:44adultes,
01:05:45on a parfois tendance
01:05:45à l'oublier.
01:05:47Et donc,
01:05:49pourquoi c'est si extraordinaire
01:05:51le jeu
01:05:51et pourquoi c'est si structurant
01:05:52pour les enfants ?
01:05:53Eh bien,
01:05:54parce que c'est de la pure vie.
01:05:56C'est de la pure vie
01:05:57et parallèlement,
01:05:59sans même qu'on s'en aperçoive,
01:06:00c'est quelque chose,
01:06:01c'est un lieu
01:06:01qui nous permet
01:06:02de travailler
01:06:03la mémoire,
01:06:04la cognition,
01:06:05la motricité.
01:06:07Et je dirais que
01:06:09cerise sur le gâteau,
01:06:10c'est l'activité
01:06:12qui, par essence,
01:06:13nous permet
01:06:13de nous relier aux autres.
01:06:15Alors peut-être
01:06:16parce que ça nous relie
01:06:17de vrai self
01:06:18à vrai self.
01:06:25J'avais maintenant envie
01:06:26de vous parler
01:06:26de l'importance
01:06:27du jeu de rôle,
01:06:28plus particulièrement,
01:06:29dans le développement
01:06:30de l'enfant.
01:06:31et vous dire
01:06:35que ça avait été
01:06:37aussi un fil
01:06:38dans la conception
01:06:39de cette exposition.
01:06:40Vous le verrez
01:06:41dans les différents espaces,
01:06:42mais par exemple,
01:06:43dans le chantier,
01:06:44les enfants se glissent
01:06:45dans la peau
01:06:45de maçons,
01:06:47d'électriciens,
01:06:47de peintres.
01:06:49Dans l'espace entre R et O,
01:06:51ils sont donc les membres
01:06:52de l'équipage d'un bateau.
01:06:53Dans l'atelier
01:06:54des briques à braques,
01:06:55ils font fonctionner
01:06:56ensemble un atelier.
01:06:58Donc voilà,
01:06:58cette place du jeu de rôle,
01:07:00elle est centrale
01:07:01dans ce projet.
01:07:02Et on sait
01:07:04qu'elle est cruciale
01:07:05dans le développement
01:07:06de l'enfant
01:07:07pour la bonne raison
01:07:08qu'elle ouvre
01:07:10cette possibilité
01:07:11merveilleuse
01:07:12à un moment
01:07:12de s'improviser
01:07:13autre que soi-même.
01:07:16et donc bien souvent,
01:07:17les situations
01:07:18qui sont explorées
01:07:19par les enfants
01:07:20dans le jeu de rôle,
01:07:21elles font écho
01:07:22à des affects
01:07:23qui sont éprouvés
01:07:24dans d'autres contextes
01:07:25et elles permettent
01:07:26de les verbaliser,
01:07:27de les retravailler.
01:07:30Et puis bien sûr,
01:07:31lorsque le jeu de rôle
01:07:31est pratiqué en groupe,
01:07:33l'enfant va apprendre
01:07:34à communiquer ses idées,
01:07:35à rebondir sur celles des autres
01:07:37et à s'organiser
01:07:40collectivement
01:07:40pour faire quelque chose.
01:07:42Donc ça,
01:07:43c'est évidemment
01:07:43et évidemment précieux.
01:07:55Alors,
01:07:56l'un des enjeux
01:07:57de cette exposition,
01:07:58c'était aussi
01:07:59de soutenir,
01:08:01de parvenir à soutenir
01:08:02le jeu
01:08:04dans la relation
01:08:05adulte-enfant
01:08:06et entre enfants.
01:08:08Alors,
01:08:09pour le faire,
01:08:10on a cherché
01:08:11à développer
01:08:12des activités
01:08:13qui permettent
01:08:14de répondre
01:08:14à trois types
01:08:15de besoins
01:08:16fondamentaux
01:08:17que nous avons tous,
01:08:19êtres humains,
01:08:19adultes et enfants,
01:08:20chaque jour,
01:08:21sans toujours nous en rendre compte.
01:08:23À des moments,
01:08:24nous avons besoin
01:08:24de liens,
01:08:25nous avons besoin
01:08:26d'interactions véritables.
01:08:29Alors,
01:08:29pour les petits,
01:08:30ça se traduit
01:08:31par le besoin
01:08:32de jouer avec l'adulte
01:08:33et je dirais même
01:08:34de rencontrer
01:08:35l'enfant
01:08:36en l'adulte
01:08:37et donc de vraiment
01:08:38partager
01:08:39des moments
01:08:40où on est partenaire
01:08:42de jeu.
01:08:43À d'autres moments,
01:08:45on a tout à chacun
01:08:46besoin d'espace.
01:08:48Besoin d'espace,
01:08:49donc besoin de faire seul.
01:08:51Pour les petits,
01:08:52ça peut être faire seul
01:08:52ou faire entre enfants
01:08:54mais sans l'adulte
01:08:55en autonomie.
01:08:57Et puis,
01:08:57encore d'autres moments,
01:08:59on a besoin d'appui.
01:09:01Alors,
01:09:01on a besoin de faire seul
01:09:02mais en étant épaulé,
01:09:05soutenu,
01:09:05encouragé.
01:09:07Voilà,
01:09:07donc on a conçu
01:09:08tout un tas d'activités
01:09:09qui nous permettent
01:09:10de répondre
01:09:11à ces différents besoins
01:09:12qui peuvent s'exprimer
01:09:14chez les enfants
01:09:14au cours de la visite.
01:09:23Alors,
01:09:24très tôt dans la conception
01:09:25de ce projet,
01:09:26on a eu envie
01:09:26de semer
01:09:27des paroles
01:09:28inspirantes
01:09:29dans l'exposition
01:09:30à destination
01:09:31des adultes
01:09:32accompagnateurs.
01:09:34L'idée,
01:09:35c'était
01:09:35de faire résonner
01:09:36des voix
01:09:37d'enfants,
01:09:38de pédagogues,
01:09:40de cliniciens,
01:09:41d'artistes
01:09:41qui servaient
01:09:43une vision profonde
01:09:44de l'être
01:09:45et qui nous invitaient
01:09:47à nourrir
01:09:49un lien
01:09:50et qui nous rappelaient
01:09:52notre besoin
01:09:53d'interaction
01:09:53avec le monde
01:09:54qui nous entoure.
01:09:56Alors,
01:09:56on sait que les adultes
01:09:58ont peu de temps
01:10:00pour se plonger
01:10:01dans des ressources
01:10:03textuelles très longues.
01:10:05quand ils visitent
01:10:05une exposition
01:10:07encore plus
01:10:07quand ils accompagnent
01:10:08des enfants
01:10:08de 2 à 6 ans.
01:10:10Mais,
01:10:10par contre,
01:10:11ils peuvent capter
01:10:12d'un regard
01:10:13une phrase
01:10:13qui s'offre à eux
01:10:14sur un mur
01:10:15et parfois,
01:10:17une citation
01:10:18peut aussi être
01:10:18l'occasion
01:10:19d'une conversation
01:10:20improvisée
01:10:21avec l'enfant
01:10:22qu'on accompagne
01:10:23ou le groupe
01:10:23qu'on accompagne
01:10:24et peut même
01:10:25donner lieu
01:10:25à des questionnements
01:10:27d'ordre éthique
01:10:28ou philosophique.
01:10:31Pour information,
01:10:32la citation de gauche
01:10:33est présentée
01:10:34sur une des machines
01:10:35du chantier
01:10:36et celle de droite
01:10:37est présentée
01:10:39dans un espace
01:10:40où les enfants
01:10:41ont des comptes
01:10:42à disposition
01:10:43dans la forêt.
01:10:53Alors,
01:10:54pour cultiver
01:10:56l'émerveillement,
01:10:57cultiver la curiosité
01:10:58des enfants,
01:10:59leur soif de découverte,
01:11:01on a développé
01:11:01une série
01:11:02d'activités
01:11:03multisensorielles.
01:11:05Alors,
01:11:05on propose
01:11:07des activités
01:11:08où on manipule
01:11:09des objets.
01:11:10Donc,
01:11:11par exemple,
01:11:11là,
01:11:12comme on peut le voir,
01:11:13on va pouvoir
01:11:14observer le comportement
01:11:15d'une petite boule
01:11:16quand on la lance
01:11:16dans un parcours.
01:11:18On va pouvoir
01:11:21construire
01:11:22des personnages
01:11:22avec des objets
01:11:23du quotidien.
01:11:24Ça va être
01:11:25des fourchettes,
01:11:26des boulettes
01:11:26et des boîtes
01:11:27de conserve.
01:11:28voilà.
01:11:29On va pouvoir
01:11:30transporter
01:11:31des petits bateaux
01:11:32dans des bassins,
01:11:33jouer avec des écluses,
01:11:34remplir des seaux
01:11:36pour découvrir
01:11:37les propriétés
01:11:39de l'eau.
01:11:39Donc,
01:11:39manipuler des objets.
01:11:44On a un autre type
01:11:46d'activité
01:11:46dans cette cité
01:11:47des enfants
01:11:48qui va consister
01:11:49à mettre
01:11:49son corps
01:11:50en mouvement.
01:11:51Donc là,
01:11:51on présente
01:11:51des jeux
01:11:52de seaux,
01:11:54d'adresses,
01:11:54d'équilibre.
01:11:58Et enfin,
01:11:59troisième type
01:12:00d'activité,
01:12:01dans cette exposition,
01:12:02on va mettre
01:12:03ses sens
01:12:03en éveil.
01:12:04Donc là,
01:12:05par exemple,
01:12:05vous pouvez voir
01:12:06les enfants
01:12:06qui découvrent
01:12:07des sculptures
01:12:08d'animaux réalistes
01:12:09qui sont attouchés
01:12:10dans la forêt,
01:12:12des matières contrastées
01:12:13à toucher
01:12:14dans la partie
01:12:15de la tribu élastique.
01:12:16On voit une petite fille
01:12:18qui observe
01:12:19dans sa longue vue
01:12:20la vie
01:12:20d'une mésange bleue
01:12:22à nouveau
01:12:23dans la forêt.
01:12:24Et puis,
01:12:24on a toute une série
01:12:26de dispositifs
01:12:27qui font la parbelle
01:12:28à l'écoute.
01:12:29Je ne voudrais pas
01:12:29être trop longue,
01:12:30donc je ne vais pas
01:12:31m'éteindre davantage.
01:12:32Et également
01:12:33des dispositifs
01:12:36qui sollicitent
01:12:36l'olfaction.
01:12:43Alors,
01:12:43vous l'avez rappelé
01:12:44tout à l'heure
01:12:45pendant la table ronde,
01:12:46dans notre musée,
01:12:47nourrir l'émerveillement
01:12:48des petits,
01:12:49leur curiosité.
01:12:50Ça passe,
01:12:51bien entendu,
01:12:52par le fait
01:12:53de proposer
01:12:54une forme
01:12:54d'éveil scientifique.
01:12:56Et donc,
01:12:57les enfants
01:12:57vont avoir accès
01:12:58à différents types
01:12:59d'activités,
01:13:00des activités
01:13:01d'observation
01:13:02et d'écoute
01:13:03qui les placent
01:13:04dans la position
01:13:05de petits naturalistes.
01:13:08Ils ont aussi
01:13:09accès
01:13:09à des activités
01:13:10où ils vont pouvoir
01:13:11comparer,
01:13:12classer,
01:13:14des expériences
01:13:15pour découvrir
01:13:15les propriétés
01:13:16de la matière.
01:13:17Donc,
01:13:18par exemple,
01:13:18avec les jeux d'air,
01:13:20ils vont comprendre
01:13:21que l'air,
01:13:21ce n'est pas du rien.
01:13:22qu'il s'agit bien
01:13:23de quelque chose
01:13:24qui se déplace,
01:13:25qui se mesure
01:13:26et qui peut exercer
01:13:28une pression
01:13:29sur des objets
01:13:30et être capable
01:13:31de les mettre
01:13:31en mouvement.
01:13:36Et puis,
01:13:37enfin,
01:13:38on propose aussi
01:13:39aux enfants
01:13:39de manipuler
01:13:40des objets techniques
01:13:41simples
01:13:42qui leur demandent
01:13:43de mettre en marche
01:13:44un raisonnement.
01:13:45par exemple,
01:13:46sur le chantier,
01:13:47on propose
01:13:48un nouvel atelier,
01:13:49l'atelier d'électricité,
01:13:50qui permet aux petits
01:13:51d'appréhender
01:13:52la notion de circuit.
01:14:00Alors,
01:14:01j'en viens maintenant
01:14:01à la fameuse question
01:14:02des écrans
01:14:03qui est toujours
01:14:04essentielle
01:14:05à se poser
01:14:05quand on conçoit
01:14:06une exposition
01:14:07et encore plus
01:14:07pour les enfants.
01:14:10Donc,
01:14:11ça nous a semblé
01:14:12vraiment crucial
01:14:13pour ce projet
01:14:15qui est un usage
01:14:17très limité
01:14:18du numérique.
01:14:19Donc,
01:14:19les enfants
01:14:20n'ont aucun appareil
01:14:21type tablette
01:14:23entre les mains.
01:14:24Ça,
01:14:24c'était vraiment
01:14:24un souhait très fort.
01:14:27On s'est autorisé
01:14:28trois installations
01:14:30audiovisuelles
01:14:30sur plus d'une soixantaine
01:14:32de dispositifs
01:14:33qui ont une forme sensible
01:14:35qui nous semblait
01:14:36participer
01:14:37d'un émerveillement
01:14:38et notamment
01:14:39pour la forêt
01:14:40qui nous permettait
01:14:41d'offrir une découverte
01:14:43de cet écosystème
01:14:44en mouvement.
01:14:47Donc,
01:14:48cette installation
01:14:48en vidéo
01:14:49que vous découvrez ici,
01:14:51elle permet aux petits
01:14:51de découvrir
01:14:52les différents visages
01:14:54de la forêt
01:14:55au fil des saisons
01:14:56et d'observer
01:14:58le comportement
01:14:58des animaux.
01:14:59Elle est inspirée
01:15:01des livres pop-up.
01:15:04C'est un long travail
01:15:06de réalisation
01:15:08de film d'animation
01:15:08qui a été effectué
01:15:10en aquarelle
01:15:11et qui est projeté
01:15:12sur un décor
01:15:13en bois
01:15:14et en tulle.
01:15:15C'est le tulle
01:15:15qui donne ce caractère
01:15:17un peu magique
01:15:17à cette installation
01:15:19puisqu'il permet
01:15:20de présenter
01:15:21dans le ciel
01:15:22des variations
01:15:22atmosphériques,
01:15:23la pluie,
01:15:24la neige,
01:15:25et de dénuder
01:15:26ou de rhabiller
01:15:27les arbres
01:15:28au fil des saisons.
01:15:30Je vous ai mis
01:15:30une petite photo
01:15:31qui vous montre
01:15:32le passage
01:15:32de l'hiver
01:15:34au printemps.
01:15:38On a une deuxième
01:15:40installation audiovisuelle
01:15:42dans la forêt
01:15:43qui est une mare
01:15:46qui permet
01:15:48de découvrir
01:15:49l'écosystème
01:15:50de cette mare,
01:15:50les insectes,
01:15:51les plantes,
01:15:52les poissons,
01:15:53les tétards
01:15:53et avec lesquelles
01:15:54les enfants
01:15:55peuvent interagir.
01:15:56Je vous laisse
01:15:57découvrir
01:15:58quelques images
01:16:00également.
01:16:02Sur le chantier,
01:16:04un atelier
01:16:05de peinture
01:16:06que l'on a ajouté
01:16:07comme je vous le disais
01:16:08où les petits
01:16:09peignent un mur.
01:16:10C'est un mur numérique
01:16:12mais avec des objets
01:16:13physiques,
01:16:14avec des pinceaux
01:16:15qui vont venir
01:16:15tromper
01:16:16dans des vrais
01:16:20peaux de peinture.
01:16:21Enfin,
01:16:22des vrais peaux de peinture.
01:16:23Des peaux de peinture
01:16:23physiques
01:16:24et ils vont venir
01:16:25capter la couleur
01:16:26et ensuite
01:16:26pouvoir peindre
01:16:27dans la couleur
01:16:28qu'ils ont choisi
01:16:29la maison
01:16:30et ça donne lieu
01:16:31à des projets
01:16:32collectifs
01:16:33assez réjouissants.
01:16:38Voilà,
01:16:39je conclurai
01:16:39cette présentation
01:16:40en vous remerciant
01:16:41pour votre écoute
01:16:43et en vous souhaitant
01:16:43une bonne découverte.
01:16:45Merci.
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