- il y a 7 semaines
Les deux invitées qu'accueille Claire Chazal sur le plateau d'Au bonheur, des livres n'appartiennent pas exactement à la même génération, mais elles ont en commun de pratiquer avec brio un genre peut-être un peu trop discret en France : la nouvelle. Ainsi Éliette Abécassis, que l'on connaît pour ses nombreux succès de librairie, publie-t-elle un joli recueil de vingt-deux variations sur le thème de la rupture, qui donne son titre à l'ensemble : « Ruptures », chez Grasset. Alice Renard, quant à elle, découverte en 2024 avec un premier roman très remarqué, « La Colère et l'Envie », se propose dans les neuf récits de « Peaux Vives » (chez Héloïse d'Ormesson) de « changer de peau », en empruntant à chaque fois la voix d'un personnage différent : son recueil est un bel exercice narratif sur l'identité, récompensé par le prix Goncourt 2026 de la nouvelle. Ce sont là deux femmes brillantes, assurément, que l'on est curieux d'entendre dialoguer avec Claire Chazal sur leur art et leur condition. Année de Production :
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00:06Musique
00:18Bienvenue dans l'émission littéraire de Public Sénat.
00:20Je suis ravie de vous retrouver pour un nouveau numéro d'Au bonheur des livres.
00:24C'est une émission hebdomadaire, vous le savez,
00:25dans laquelle nous essayons tout simplement de vous donner envie de lire des livres.
00:30Mais aussi de découvrir ou de mieux connaître leurs auteurs.
00:33Ces deux auteurs, aujourd'hui, ces deux auteurs ont écrit chacune des nouvelles.
00:38Et c'est un genre particulier, vous le savez, assez rare d'ailleurs,
00:42que nous sommes évidemment très heureux de mettre en avant,
00:45qui souvent permet une écriture plus poétique.
00:48Elle nous parle l'une et l'autre des rapports entre les êtres humains,
00:52des moments où les personnages se fissurent,
00:55où ils cherchent leur place par rapport aux autres,
00:58ou même par rapport à eux-mêmes,
01:00au fond, où ils cherchent leur propre identité.
01:03Elia Tabekassis, d'abord, qui publie Ruptures, au pluriel, chez Grasset,
01:07pour évoquer ces fractures à l'intérieur d'un couple,
01:10à l'intérieur d'une famille, ou encore entre amis.
01:14Il y a à la fois de la douleur, de la souffrance,
01:16mais aussi de l'humour dans ce livre.
01:18Alice Renard, elle nous propose Peau vive, au pluriel,
01:21chez Héloïse Dormesson.
01:23Je le signale, elle vient d'obtenir le prix concours de la nouvelle,
01:27et on vous en fait les sites, chère Alice Renard,
01:29on est ravis de vous recevoir.
01:31Vous nous proposez des monologues, neuf au total,
01:35écrits à la première personne,
01:37qui, ces monologues, ces portraits, ces personnages,
01:40traversent le temps, l'espace et les générations.
01:45Alors, chère Elietta Bekassis, vous êtes auteure, réalisatrice, scénariste,
01:50notamment pour Amos Gitaille et bien d'autres,
01:53formation littéraire, normalienne, agrégée de philosophie.
01:56Je précise que vous êtes fille d'un penseur du judaïsme
01:58et d'une psychanalyste, c'est pour vous situer,
02:01mais évidemment, nous sortirons largement de tout cela.
02:04Vous avez écrit votre premier roman à 23 ans,
02:07et en cela, vous vous ressemblez avec Alice,
02:09puisqu'elle a 23 ans aujourd'hui,
02:12enfin, en tout cas, cette année.
02:14Et vous avez souvent publié des ouvrages autobiographiques.
02:18Il y a eu un heureux événement, il y a eu divorce à la française.
02:21Vous veniez aussi de publier 45 rudules,
02:23mais alors là, c'était l'évocation de vos années
02:25à l'école normale supérieure.
02:27Et puis, aujourd'hui, voici donc rupture.
02:29Ce sont 22 nouvelles.
02:31Alors, sur la couverture, chère Elietta, vous écrivez,
02:34aimer est à la portée de tous, rompre, voilà le grand art.
02:39C'est cet art-là que vous avez souhaité ausculter,
02:43et donc, dans votre esprit, évidemment, c'est toujours plus difficile.
02:47Il y a eu des références personnelles.
02:49Enfin, vous avez pensé à ce que vous, vous aviez pu vivre
02:52comme difficulté dans la rupture ou dans l'éloignement ?
02:55Bien sûr, ça part d'expériences personnelles,
02:59mais aussi de ce que j'observe autour de moi.
03:01Je crois qu'on est dans une époque de rupture,
03:05et peut-être davantage depuis le Covid,
03:07où la rupture amicale, je trouve, s'est installée.
03:12Enfin, il y a eu quelque chose de l'ordre de l'éloignement
03:14qui s'est installé.
03:15J'ai l'impression qu'on rompt de plus en plus facilement,
03:20mais pas moins douloureusement,
03:22parce que les ruptures sont toujours douloureuses.
03:25Et je pense qu'elles sont accélérées et brutales.
03:28Et ce que j'ai voulu faire, c'est en faire des histoires,
03:32parce que la rupture en elle-même, c'est une histoire.
03:35Donc, c'est naturel de faire des histoires de rupture.
03:38Bien sûr.
03:39Alors, il y a souvent, effectivement, je disais,
03:42il y a aussi de l'humour, bien évidemment, on va en parler,
03:44mais c'est vrai, c'est une souffrance, parfois.
03:47Et les plus douloureuses ne sont pas forcément celles qu'on croit.
03:51Et notamment, vous évoquez ces ruptures entre amis.
03:54Par exemple, liées au 7 octobre, pourquoi ne pas le dire ?
03:57Et qui provoquent des éloignements, presque violents.
04:02Oui, absolument.
04:03Alors, cette nouvelle, ça s'appelle Deux si bons amis.
04:07Oui.
04:07Et c'est deux couples d'amis, l'un invite l'autre.
04:11Alors, ils se connaissent depuis 30 ans,
04:13ils sont très, très, très liés.
04:15Leurs enfants sont amis,
04:17ils se sont rencontrés dans l'enfance
04:19et pendant leurs études.
04:21Donc, des liens très solides.
04:23Et puis, au cours de ce dîner,
04:24ils vont aborder le 7 octobre.
04:27Et les conséquences.
04:28Et c'est irréconciliable.
04:29Et là, ça va partir,
04:32le dîner va partir complètement en vrille
04:35et ils ne se reverront plus jamais.
04:38Et ce que j'ai voulu dire, c'est...
04:40Et c'est ce que vous avez pu vivre, évidemment, autour de vous.
04:42Et surtout, c'est la façon dont le politique fracture l'intime
04:47et à travers l'intime, aussi, la société, aujourd'hui.
04:51Donc, en fait, ce qui est intéressant dans la nouvelle,
04:53c'est qu'on peut prendre, comme ça, des instants de vie,
04:55des petites séquences
04:57et leur donner une résonance sociale, universelle,
05:03qui fait qu'on peut se reconnaître
05:07dans ces petites séquences de vie
05:09et puis, peut-être, prendre de la distance et aussi en rire,
05:12parce que j'ai essayé que ces nouvelles,
05:14même si ça s'appelle rupture,
05:16effectivement, soient drôles, joyeuses
05:18et que ce soient, en tout cas,
05:21des nouvelles qui fassent sourire ou rire.
05:25Et qui nous fassent réagir,
05:25parce que nous vivons tout cela.
05:27Nous les vivons.
05:28Enfin, c'est pour ça que ça nous parle et que ça nous touche.
05:30Parce que ça nous est arrivé.
05:32Est-ce qu'Alice Renard, vous avez le sentiment,
05:33comme disait Eliette,
05:34qu'après le confinement,
05:36évidemment, vous êtes tellement jeune,
05:37mais enfin, vous l'avez vécu,
05:39il y a eu ces éloignements
05:41ou ces difficultés à rester amie ou proche ?
05:44Je ne sais pas si c'est quelque chose
05:47que je pourrais situer, comme toi,
05:49dans le temps, par rapport à ça.
05:50Mais je trouve ça très intéressant,
05:54cette phrase que vous avez citée,
05:55qui est au dos du livre,
05:56parce que j'ai l'impression que c'est vraiment
05:57dans ces moments de tension,
05:59on se déchire,
06:01qu'on se rend compte
06:03si l'amour qui nous unissait était pur ou pas.
06:09Est-ce que c'était de la possessivité ?
06:11Ou est-ce que c'était vraiment de l'amour ?
06:13Et si on arrive à se séparer dans la douceur,
06:16c'est qu'on a aimé l'autre dans sa liberté.
06:19Et si on se sépare dans le déchirement,
06:21c'est peut-être que ce n'était pas de l'amour,
06:23mais une sorte de captivité de l'autre.
06:25Du coup, je trouve ça très intéressant que tu aies traité ce thème.
06:27Alors, parfois, c'est un peu plus compliqué que ça.
06:30Alice, par exemple, il y a une nouvelle d'Éliette
06:32où il y a vraiment une souffrance.
06:34Il y a même ce syndrome du cœur brisé,
06:37vous l'évoquez dans une des histoires,
06:39c'est très touchant.
06:41Et cette douleur physique, on la ressent pratiquement.
06:44Et on ne peut pas ne pas penser, par exemple,
06:46à Marjane Satrapie qui est morte de tristesse.
06:50On ne sait pas dans quelles conditions
06:52ou dans quelles circonstances,
06:53mais c'est ça qui s'est passé.
06:55Oui, c'est cette nouvelle qui s'appelle.
06:57Le syndrome du cœur brisé, oui, ça existe.
07:00Et c'est une jeune fille qui arrive à l'hôpital
07:03avec apparemment un problème cardiaque.
07:05Et puis, le médecin lui dit
07:07« Est-ce que vous avez eu une rupture sentimentale récemment ? »
07:11Et là, tout lui revient, effectivement.
07:14Son amie vient de la quitter
07:16et ça lui a causé un trouble dans le cœur
07:20qui pourrait être comme un cœur brisé.
07:24C'est un syndrome qu'on connaît en cardiologie.
07:28Évidemment, il y en a donc cet exemple autour de nous,
07:30de cette réalisatrice, notamment,
07:32qu'on va citer, bien sûr, de Persepolis,
07:35qui avait perdu son compagnon un an avant, je crois,
07:37et qui en est morte, nous a-t-on dit.
07:41Alors, il y a des voix de toutes origines
07:43dans vos nouvelles,
07:44Elia Tabekassis, je dirais, même d'ailleurs,
07:47toute génération, il y a des nourris de littérature,
07:51mais aussi des réseaux sociaux.
07:52Je veux dire qu'il y a des cultures différentes.
07:55Oui, j'ai voulu ancrer ces nouvelles aussi
07:58dans la modernité, qui est aussi une rupture
08:01et qui fait en sorte, peut-être,
08:04d'accélérer les ruptures.
08:06Il y a cet homme qui divorce par Zoom
08:09en faisant un PowerPoint de tout ce qu'il y a et qu'il n'allait pas.
08:13Un peu dans la dystopie.
08:14Un peu dans l'humour, oui.
08:16Oui, dans l'humour, et voilà,
08:17et tout le divorce se fait comme ça, par Zoom.
08:20J'ai aussi imaginé cette jeune mathématicienne,
08:24spécialiste des algorithmes,
08:25qui travaille pour des réseaux sociaux
08:28et qui invente l'algorithme
08:30qui va nous permettre de rencontrer
08:31la personne idéale, l'âme-sœur.
08:36Et ça ne marche pas du tout.
08:38En fait, le problème, c'est que ça marche.
08:41On le lance dans cette ville,
08:42mais ça ne marche pas
08:43parce que tout le monde tombe fou amoureux
08:45et du coup se désabonne du site de rencontre.
08:48Donc, elle est convoquée par le siège
08:50pour réintroduire une variable
08:52qui va être la variable rupture
08:53pour que le site puisse de nouveau fonctionner.
08:57Nous sommes quand même une génération
08:58qui peut pouvoir nous rencontrer
09:00sur des sites de rencontre.
09:02Je ne sais pas si ça vous choque ou pas
09:04ou ça vous paraît absolument irréel à vous, Alice ?
09:09Non.
09:10Parce que cette génération peut quand même
09:13en user largement.
09:15Oui.
09:18Je pense que, même par exemple,
09:20dans les choix des musiques qu'on écoute,
09:23c'est souvent des playlists générées par Algory.
09:25Oui, par exemple.
09:26Et dans plein de choix,
09:27les gens qu'on rencontre,
09:28les musiques qu'on écoute,
09:29les choses qui viennent à nous
09:32viennent de moins en moins
09:33par des successions magiques,
09:35des synchronicités, des hasards,
09:38où on peut sentir, en fait,
09:39dans toutes ces suites de hasards
09:41que le monde est vivant,
09:42que quelque chose nous est adressé.
09:44Ça vient douce et merveilleux.
09:46Et ça, c'est souvent complètement cassé
09:49par la froideur d'un logiciel.
09:52Oui, ça m'inquiète.
09:53Oui, c'est ça.
09:54Et d'ailleurs, ce que dit Eliette,
09:56c'est que, oui, même s'il y a des algorithmes
09:58qui, soi-disant, rapprochent les gens,
09:59mais ça n'empêche pas les ruptures.
10:03Au contraire, puisqu'au fond,
10:04vous nous décrivez cette société-là.
10:06C'est ce qui est intéressant dans le livre aussi.
10:08Oui.
10:08Cette société de l'égoignement.
10:10C'est-à-dire écrire les ultra-modernes ruptures
10:12comme celle-ci de cette nouvelle
10:14qui a pour titre « Coucou, ma belle ».
10:17Et c'est « Coucou, ma belle » sur Instagram.
10:21Il paraît que tu sors avec Stan.
10:23Eh bien, moi aussi, rencontrons-nous.
10:26Et puis, c'est comme ça qu'elles confondent
10:29leur ami.
10:31Ou alors mon pire date,
10:32qui est aussi à une date,
10:36une rencontre avec quelqu'un d'inconnu.
10:39Et puis, qui va se dérouler
10:41d'une façon absolument catastrophique.
10:43Où les choses s'enchaînent extrêmement mal.
10:46Toutes ces ultra-modernes ruptures
10:48qui font notre vie,
10:53nos modernités.
10:55Et que, voilà, l'écrivain a vocation,
10:58je pense, de faire voir.
11:00Il faut donner à voir, en fait.
11:01Sans juger.
11:03Ce n'est pas pour dire que c'est bien ou que c'est mal.
11:04C'est juste pour donner à voir.
11:06D'ailleurs, vous, j'allais dire,
11:08vous ne prenez le parti ni de...
11:10Enfin, la plupart de ces 22 nouvelles,
11:12ni de la victime, ni du bourreau.
11:13Ni d'ailleurs de l'homme, ni de la femme.
11:15Ce n'est pas ça qui est en question.
11:17Et c'est plus intéressant.
11:19Enfin, en général, oui,
11:20on se sépare à deux.
11:22Alors oui, il y en a peut-être un
11:23qui fait plus de mal à l'autre, mais...
11:25Oui, c'est ça.
11:26Non, c'est plus la modernité.
11:28Et comme dans cette nouvelle
11:29qui s'appelle Accélération sentimentale,
11:32oui, ce n'est pas la faute de l'un ou de l'autre.
11:33C'est que tout va tellement vite.
11:35Et puis, voilà, on raconte cette histoire.
11:37On s'est rencontrés.
11:38Tout de suite, on s'est mis ensemble.
11:39On a fait un enfant.
11:41On s'est mariés.
11:42Oui, puis on s'est séparés.
11:44Tout ça dans la foulée.
11:45La nouvelle fait deux pages,
11:48presque une seule phrase.
11:50Et à bout de souffle.
11:52C'est ça.
11:53Voilà.
11:53Alors, on ne sait pas si on aime beaucoup
11:54cette période
11:55où aussi on se sépare par lassitude,
11:57ce qu'on faisait peut-être moins avant.
12:00C'est un couple qui se déchire,
12:02mais qu'on s'ennuie.
12:05On s'ennuie, ça c'est peut-être le pire.
12:09Au moins, on n'a pas le temps de s'ennuyer.
12:11Non.
12:13Alors, vous, Alice Renard, vous avez 24 ans.
12:15Votre premier livre a été écrit il y a trois ans
12:18qui s'appelait La colère et l'envie.
12:19C'est lui qu'on avait remarqué
12:21pour sa virtuosité littéraire.
12:24Vous aviez d'ailleurs reçu un prix
12:25de l'Académie française.
12:26Et puis donc, ici, vous nous proposez
12:28un recueil de neuf nouvelles
12:30qui s'appelle Peau vive
12:32et qui a reçu, je le disais,
12:33le concours de la Nouvelle
12:34chez Loïse Dormesson.
12:36Ce sont donc neuf portraits
12:37qui traversent le temps et l'espace.
12:39Mais je précise qu'elles ont été écrites
12:41quand vous étiez plus jeune.
12:42C'est cela, Alice ?
12:43Oui, c'est ça.
12:44Je les ai écrites à la même période
12:47que le roman, mais un tout petit peu avant.
12:49D'accord.
12:49Et pourquoi aujourd'hui ?
12:50Est-ce qu'elles vous ont parues pertinentes ?
12:52Vous avez voulu changer des choses ?
12:56C'est une stratégie éditoriale.
12:59Parce que mon roman suivant
13:02m'a pris beaucoup de temps
13:05parce que j'ai envie de faire quelque chose
13:06qui est beaucoup plus d'ampleur.
13:08Et c'est une manière...
13:11de rester un peu présente.
13:12Oui.
13:15De ne pas vous faire oublier.
13:16Mais vous avez considéré que ça tenait la route,
13:20que c'était bien.
13:21Oui, oui.
13:21Ce n'est pas toujours évident.
13:23Un écrit de très grande jeunesse...
13:26Il y a une chose qui reste quand même
13:29un fil rouge entre la colère et l'envie.
13:32Et ce recueil, c'est la question de l'identité.
13:34L'identité en métamorphose, l'identité troublée.
13:37Isor dans la colère et l'envie,
13:38c'est une jeune fille dont l'identité
13:41ne peut pas être figée dans des cases.
13:43Et ça, c'est des personnages
13:44qui sont dans un moment de défigement aussi
13:47parce que leur rapport au monde est bouleversé.
13:49Et ce sont des personnages qui sont comme fluides,
13:51mouvants, parce que la boîte dans laquelle
13:54ils étaient enfermés s'écroule
13:56et du coup, tout redevient souple.
13:58Donc ça, c'est une thématique commune.
14:01C'est aussi une des raisons pour lesquelles
14:03je pense que c'était pertinent.
14:05Oui, bien sûr.
14:06Et on vous a rapproché parce qu'au fond,
14:08il s'agit d'une certaine façon des mêmes thèmes
14:10puisqu'on cherche à se définir souvent
14:12par rapport aux autres parce qu'on se sépare
14:17ou qu'on cherche son identité.
14:19Et c'est souvent par rapport, évidemment,
14:22au reste de l'humanité.
14:24Je précise que pour actualiser le livre aussi,
14:26Alice Renard, vous avez ajouté des illustrations.
14:29Oui.
14:29Donc, alors, ce ne sont pas des visages
14:31que vous nous offrez, ce sont des mains.
14:33Oui.
14:33Pourquoi ?
14:34Parce que...
14:37Pour chacune des neuf nouvelles.
14:40Ces textes sont des portraits,
14:41mais comme je viens un petit peu de le dire,
14:44ce n'est pas des portraits figés,
14:46c'est-à-dire que ce n'est pas des portraits
14:47tels qu'on l'aurait dans un corridor
14:49avec une personne immobile.
14:52Ce serait comme des portraits flous,
14:54de mouvements,
14:54comme une personne qui court,
14:56qu'on prend en photo,
14:57et c'est une ombre fugace.
14:58Et un visage,
15:00j'ai l'impression que ça représente
15:01tout ce que l'identité a d'immobile,
15:03alors que ces mains,
15:05c'est des mains à chaque fois
15:05qui sont en action,
15:07qui sont en mouvement sur les dessins.
15:08et j'ai l'impression que ça représente
15:09justement cette mobilité de l'être.
15:12Et aussi, chacune de ces mains,
15:15elles ne sont pas typées.
15:17Donc, il y a des personnages
15:18qui sont des enfants,
15:18qui sont vieux,
15:19qui viennent de différents continents,
15:20mais le dessin de ces mains,
15:21à chaque fois,
15:22c'est plus ou moins ma main.
15:24Et dans ces textes,
15:26la manière de s'exprimer
15:28de tous ces personnages
15:28est identique.
15:29Par exemple, à la fin,
15:30il y a un jeune homme
15:32qui fait des graffitis
15:34et il n'a pas une manière
15:35de parler qui est marquée.
15:36parce que ce qui est en train
15:39de parler en eux,
15:41entre guillemets,
15:41c'est la littérature,
15:42mais c'est une sorte
15:43de souffle d'humanité
15:45qui passe à travers eux
15:46et c'est leur conscience profonde
15:47qui les relie.
15:48Et du coup, aussi,
15:49le fait que ces mains
15:50soient celles de l'écrivain,
15:54ça représente ça.
15:55Et aussi, bien sûr,
15:56c'est la parole de l'écrivain
15:57puisque vous dites « je »
15:59pour chacun de ces personnages.
16:01Vous n'avez pas pensé,
16:02vous, Eliette Abekassis,
16:03à dire « je » à un certain moment,
16:04même si ces personnages
16:05que vous décrivez,
16:06doivent avoir parfois
16:07quelque chose à voir avec vous.
16:10Parfois, c'est pas facile
16:10d'écrire à la première personne.
16:12Non, c'est vrai que
16:16la distance permet peut-être
16:18de dire plus de choses
16:19que quand on dit « je » paradoxalement
16:22parce qu'on a envie
16:23de se cacher.
16:24Moi, je pense que les personnages
16:26sont un peu des masques,
16:27même s'ils nous reflètent
16:28tous un peu, bien sûr.
16:31Oui, mais donc,
16:31finalement,
16:32qu'ils sont, finalement,
16:33quand nous soyons
16:34en Cornouailles
16:35en 1292,
16:37à Saint-Pétersbourg
16:38en 1804
16:39ou dans le Calvados
16:40en 1890
16:41ou ailleurs,
16:42il y a quelque chose
16:43de vous.
16:43Il y a cette intimité-là,
16:45c'est la vôtre
16:46d'une certaine façon.
16:48Je ne sais pas si...
16:49Enfin, il y a un peu de ça,
16:50mais aussi,
16:51j'invite le lecteur
16:52qui lit le texte
16:53à dire « je » lui aussi
16:54quand il le prononce
16:55à haute voix
16:56parce que l'expérience
16:58que propose ce recueil aussi,
17:00c'est de se mettre
17:01à la place
17:01de toutes ces personnes
17:02et d'essayer leur peau.
17:04C'est dans le petit prologue.
17:09Donc, le fait de dire « je »,
17:10le lecteur,
17:11quand il lit,
17:12est en train de dire « je » aussi
17:13pour ces personnes
17:13qui sont très différentes de lui
17:15et c'est une sorte
17:16d'exercice d'empathie,
17:19de déguisement.
17:20Oui, mais ce sont des personnages,
17:22d'ailleurs,
17:22pour certains d'Éliètes,
17:23c'est la même chose,
17:24qui sont donc confrontés
17:26à l'autre, bien sûr,
17:27à eux-mêmes
17:28et à la mort,
17:29la plupart du temps.
17:30Enfin, c'est ce que l'on ressent
17:31chez vous,
17:32Alice Réronard,
17:35à cet effacement,
17:36à une sorte de…
17:39Oui,
17:40ils vivent une forme
17:42de mort de leur identité.
17:44Par exemple,
17:45la première nouvelle,
17:47cette jeune femme,
17:47Jeanne,
17:48elle se réveille le matin
17:49de ses 35 ans.
17:50Elle est paysanne,
17:52dans le Calvados,
17:53elle est forte et digne,
17:54c'est ce que vous dites.
17:54On pense beaucoup
17:55à la Jeanne d'une vie,
17:58non ?
17:58De mot passant ?
17:59Ah oui.
18:00Je n'y avais pas pensé.
18:01Ah oui,
18:01moi, je me suis dit,
18:03tiens,
18:03on la retrouve dans l'époque,
18:06dans le fait qu'elle soit paysanne,
18:08dans ses aspirations.
18:10C'est vrai.
18:11Donc, cette jeune femme,
18:12Jeanne,
18:12elle se réveille ce matin-là
18:13et elle sent qu'elle doit
18:14abandonner quelque chose
18:15d'elle-même
18:16pour être capable de vieillir
18:18et donc,
18:19elle abandonne,
18:19en l'occurrence,
18:20ce qu'elle dit,
18:20c'est sa beauté.
18:21Elle dit,
18:22ma beauté,
18:22je la passe à ma fille,
18:24mais ma douceur,
18:25je la garde.
18:25Mais c'est comme,
18:26elle se défait d'un vêtement
18:28et c'est une forme de mort,
18:29à chaque fois,
18:29de mort symbolique.
18:32Parce que,
18:33si on veut renaître,
18:34il faut mourir.
18:36Ces personnages,
18:37ils sont en mutation,
18:38donc ils sont en mort.
18:39Oui,
18:40puis si elle pense
18:40à son propre vieillissement,
18:41elle pense forcément à la fin.
18:43Il y a aussi Gilles
18:44qui vit dans la rue
18:46et là aussi,
18:47on pense à une espèce
18:48d'effacement.
18:50Alors,
18:51il regarde les autres,
18:52c'est vrai,
18:52mais qu'est-ce qui a bien pu
18:55vous faire écrire
18:56« Je »
18:57sur un SDF
18:58qui est
18:59au carrefour de l'Odéon,
19:00Alice ?
19:03Chacun de ces personnages,
19:05j'ai eu besoin d'eux
19:07pour devenir
19:08quelqu'un d'autre.
19:11Et
19:12il y a
19:13deux thématiques
19:14qui reviennent,
19:15enfin,
19:16il y a des thématiques
19:17qui irriguent
19:18plusieurs textes,
19:19notamment le rapport
19:20à l'espace,
19:20comme dans le texte
19:21de Gilles,
19:22et le rapport au savoir.
19:23Parce que,
19:24quand j'ai écrit ces textes,
19:25j'étais étudiante
19:26à la Sorbonne
19:26et je me sentais
19:28précisément figée
19:29dans une identité
19:30purement intellectuelle.
19:32Et donc,
19:32il y a plusieurs personnages
19:34qui,
19:35Alexei,
19:35brûle des livres,
19:36le petit Robin au Moyen-Âge,
19:38il refuse d'apprendre.
19:39Et Gilles,
19:40lui,
19:40il est dans un rapport
19:41très physique au monde
19:42où il voit,
19:43il est devant l'Odéon,
19:45il voit deux jeunes étudiants
19:46qui sortent
19:47et il dit,
19:48mais eux,
19:48ils ont leur monde,
19:50c'est qu'un monde
19:51d'idées,
19:52de belles abstractions.
19:53Et moi,
19:54je suis un homme
19:55qui vit dans l'espace,
19:56qui vit le lever du soleil,
19:58le froid,
19:59la marche.
19:59et j'avais besoin
20:01de lui,
20:02je pense,
20:03pour défiger
20:04quelque chose
20:05à l'intérieur de moi.
20:06Oui,
20:06au fond,
20:07c'est toujours
20:07l'expérience
20:07de l'écriture,
20:08c'est qu'on grandit
20:10avec une écriture.
20:11Enfin,
20:11vous-même,
20:11vous avez écrit très jeune,
20:12Elia Tabécassis,
20:15qu'est-ce que ça déclenche
20:16comme mécanisme en soi
20:18à ce moment-là ?
20:19Vous aussi,
20:20vous avez senti un carcan
20:22qui était d'ailleurs,
20:23évidemment,
20:24cet apprentissage
20:24de la littérature,
20:25enfin,
20:25des lettres.
20:27Oui,
20:27vraiment,
20:28je pense que l'écriture,
20:29c'est une vraie libération
20:32et une vraie liberté
20:34et peut-être
20:34la seule façon
20:35d'échapper
20:36à sa destinée,
20:38à son chagrin,
20:41à toutes les emprises,
20:43en fait,
20:43on s'échappe
20:45complètement
20:45par l'écriture.
20:46Ça,
20:46c'est merveilleux.
20:47On a quand même
20:47cette chance-là,
20:48non ?
20:50Ça veut dire
20:50que dans les portraits
20:51que vous faites
20:52dans Rupture,
20:54il y a sans doute,
20:55bien sûr,
20:55des choses,
20:55on l'a dit,
20:56qui étaient proches de vous,
20:56mais est-ce que ça,
20:58au fond,
20:58ça a purgé
20:59certaines choses,
21:00là aussi ?
21:01Alors,
21:01oui,
21:02parce que,
21:02en fait,
21:03quand je me suis mise
21:04pour une romancière,
21:05commencer à écrire des...
21:06comme j'ai écrit
21:07beaucoup de romans,
21:08des nouvelles,
21:08c'est un peu...
21:11Comment dire ?
21:11C'est contre-nature
21:12parce qu'on a l'habitude
21:14de s'installer
21:15complètement
21:16dans un univers
21:17et pour très longtemps
21:18et je sais
21:19que je vais habiter
21:19avec mes personnages,
21:21ça va durer un an,
21:22deux ans,
21:22parfois plus
21:22et là,
21:23en fait,
21:24comme ce sont
21:24des petites séquences
21:26de vie
21:27et quand on se met
21:28en disposition
21:29d'écrire une nouvelle,
21:31en fait,
21:31tout est sujet
21:32puisqu'on prend
21:33des séquences
21:34et ces séquences,
21:35et ça,
21:35c'est très agréable
21:36le fait de...
21:37Chaque jour,
21:38on est tellement
21:39parfois heurtés,
21:41bouleversés,
21:42il y a cette nouvelle
21:43qui s'appelle
21:44Magasins de proximité
21:45et puis de se retrouver
21:46dans ces magasins,
21:49ces petits magasins-là,
21:52le samedi soir
21:53et de voir
21:53les gens qui viennent
21:55qui sont...
21:56c'est certaine,
21:56il y a une jeune femme,
21:59voilà,
21:59c'est ça,
21:59une femme qui avait
22:00une petite bouteille
22:01de rosé
22:02et puis juste
22:02un petit truc
22:04de saumon
22:04de deux tranches
22:05et on voit
22:06qu'elle va partir
22:07chez elle
22:07toute seule,
22:09cette dame
22:10et...
22:11Oui,
22:11il y a la mère
22:12qui ne regarde pas
22:12sa fille,
22:13c'est beau garçon
22:14et qui l'aperçoit
22:15mais elle ne se parle pas
22:17et...
22:17Et c'est ça
22:18et tout ça,
22:20quand on écrit
22:21des nouvelles,
22:22eh bien,
22:23on peut le dire
22:24et donc c'est très...
22:26c'est très exaltant
22:27et c'est très,
22:28très créatif
22:28parce qu'on a
22:30beaucoup d'idées
22:31et on a beaucoup d'envie
22:32quand on écrit
22:33et puis on peut
22:34tout traiter,
22:35en fait,
22:35on n'est pas obligé
22:36de rester cantonné
22:37dans son roman.
22:38C'est comme une grande liberté.
22:39Voilà,
22:40c'est ça.
22:40Vous avez senti ça,
22:42vous, Alice Renard,
22:42parce que vous avez
22:43commencé par un roman
22:44et puis là,
22:45c'est une autre forme,
22:46alors vous me direz
22:46vous l'avez écrite avant
22:47mais est-ce qu'il y a
22:48cette liberté-là
22:49quand on écrit des nouvelles ?
22:50Pour nous,
22:51ça nous paraît extérieurement
22:52plus facile.
22:53C'est moins lourd
22:53à porter,
22:54j'ai envie de dire,
22:54qu'un roman.
22:55Est-ce que vous avez
22:56ressenti ça ?
22:59Est-ce que c'est moins lourd ?
23:01Je ne sais pas.
23:01Non.
23:01Mais tu viens de dire
23:03qu'on peut tout explorer
23:05dans les nouvelles
23:05parce qu'on peut changer
23:06d'une lumière à chaque fois
23:07et c'est vraiment ça
23:07que j'ai ressenti.
23:08C'est pour ça que j'ai essayé
23:09de placer mes personnages
23:10à des âges très différents,
23:12à des époques très différentes,
23:12dans des milieux
23:13sociaux très différents.
23:14J'avais fait un tableau
23:16où j'essayais
23:17de tout harmoniser
23:18pour que plus de choses
23:19soient...
23:20entre Saint-Péters
23:20pour que le plus
23:22de l'expérience humaine
23:23puisse être représentée
23:25et j'ai beaucoup aimé
23:28pouvoir faire
23:29comme une sorte
23:30de bâton de parole
23:31que se passent
23:32des personnages
23:32aussi différents
23:33que possible.
23:34Un relais
23:36à travers une humanité
23:38très diverse.
23:40Et ça,
23:41oui,
23:42la forme des nouvelles,
23:43ça permet de faire
23:44toutes ces petites bulles
23:45et puis on les met
23:46côte à côte
23:47et ça devient
23:48l'humanité,
23:50le monde,
23:50je ne sais pas.
23:51Oui,
23:52bien sûr,
23:52c'est une façon aussi
23:54de décrire le monde.
23:57On le disait avec vous,
23:58Elia Tabekassis,
24:00c'est raconter ces ruptures
24:02que nous vivons tous
24:03dans quel que soit
24:04le domaine d'ailleurs,
24:05c'est vraiment raconter
24:06notre époque.
24:07Moi,
24:07je suis très frappée
24:08par votre livre,
24:09je le trouve à la fois
24:10drôle parfois
24:11mais un peu triste aussi,
24:15enfin un peu désabusé
24:17mais le constat
24:18n'est pas réjouissant
24:19finalement.
24:20Chaque époque
24:21a ses ruptures,
24:23on a toujours rompu
24:25avec la famille,
24:26les amis,
24:28évidemment,
24:29les ruptures amoureuses,
24:31professionnelles,
24:32ce qui nous caractérise,
24:34je ne sais pas
24:34si c'est plus pire
24:36ou pas,
24:37peut-être pas,
24:38c'est l'accélération,
24:40je pense.
24:40C'est l'accélération.
24:41C'est ça,
24:41comme dit le philosophe
24:43Art Moutrosa,
24:44c'est vraiment
24:44ce qui caractérise
24:45notre modernité,
24:46c'est l'accélération
24:46des ruptures
24:47et c'est ça
24:48qui rend les choses
24:48un peu plus difficiles
24:50à vivre
24:50parce qu'on est à la fois
24:52dans des ruptures amicales,
24:53famille,
24:55tout se succède
24:56vraiment très vite
24:57sans qu'on ait le temps
24:59de...
24:59Il faut les vivre,
25:00c'est ça.
25:00Voilà, c'est ça.
25:01Vous avez ce sentiment,
25:02Alice Renard ?
25:02Je ne sais pas si vous avez...
25:03Enfin, vous,
25:04vous n'avez pas de point
25:05de comparaison
25:06que moi j'ai beaucoup,
25:07qu'elle y était
25:08un peu plus aussi
25:09avec ce qui se passait avant,
25:11mais comment vous percevez
25:13votre époque ?
25:15Une époque
25:16de tous les possibles
25:18ou au contraire
25:18quelque chose
25:19qui enferme,
25:20qui est de l'immédiateté ?
25:24Oui, je...
25:25Pour moi,
25:26cette vitesse,
25:27c'est un danger
25:30parce que la grâce,
25:33elle est dans la lenteur,
25:34la beauté,
25:35elle est dans la lenteur,
25:37dans la littérature.
25:39Le sacré,
25:39il est dans la lenteur
25:40et le divin
25:44est dans le silence,
25:45j'ai l'impression.
25:46Et une époque
25:46qui va vite
25:47et qui parle trop,
25:49elle est en train
25:50d'étouffer
25:53l'immuable
25:54et la beauté
25:55et ça m'inquiète.
25:57Bien sûr,
25:57mais ça nous inquiète tous.
25:59La pensée raccourcie,
26:00la complexité qui s'en va,
26:02le sens de la nuance
26:03qu'on n'a plus beaucoup.
26:05Mais en tout cas,
26:05ce qui me trappe,
26:06c'est qu'il n'y a pas
26:07moins de sentiments.
26:08Non, peut-être pas.
26:09Non, pas du tout.
26:10Il y a toujours autant de passion.
26:12C'est pas parce que ça va vite.
26:14Ça s'accélère,
26:15mais il peut y avoir
26:15une intensité de sentiments,
26:17j'allais dire,
26:18heureusement.
26:19Et puis,
26:20il y a la littérature
26:21qui nous ralentit.
26:22Grâce à ça,
26:23vous êtes obligés
26:23de vous poser
26:24pour écrire vos livres
26:25et nous pour les lire.
26:27Et on en est très heureux.
26:28Alors,
26:29quelques coups de cœur
26:31avant de nous séparer,
26:33chère Eliette et chère Alice.
26:36La conquête de l'ordinaire
26:38de Jérémy se banne.
26:40C'est un roman
26:41sur le passage
26:42de l'enfance
26:43à l'âge adulte
26:43aux éditions Mazarin.
26:45Bien sûr,
26:46nous citons
26:47Marjane Satrapi
26:48puisqu'elle a fait
26:49une sorte d'autobiographie
26:51dessinée
26:52absolument incontournable
26:53en quatre volumes
26:54entre 2000 et 2004.
26:57Et puis aussi
26:57Femmes, Vie, Liberté.
26:58Elle était évidemment
26:59à la source
27:00de ce mouvement
27:01en Iran
27:02pour les femmes iraniennes.
27:04Et puis,
27:05pour ma part,
27:05je citerai
27:06déjà jadis,
27:07déjà demain,
27:08de Scholastik Moukassonga.
27:10Alors là,
27:10son œuvre personnelle
27:11est connue
27:11dans le monde entier.
27:12Elle est traduite.
27:13Elle avait eu
27:14le Renaudot en 2012
27:16pour Notre-Dame du Nil.
27:18Et cette fois,
27:18c'est aussi un livre de nouvelles.
27:20Donc, c'est aussi pour ça
27:21que nous l'avons choisi
27:22car il faut, je crois,
27:24défendre cette forme littéraire
27:26déjà jadis,
27:27déjà demain,
27:28qui nous emmène évidemment
27:29au Rwanda,
27:30son pays natal,
27:31chez les Galimars,
27:32Scholastik Moukassonga.
27:33Merci à toutes les deux
27:35d'être venus nous voir.
27:36Eliette Abekassi,
27:37ça s'appelle
27:37Rupture,
27:38c'est chez Grasset.
27:39Et vous, Alice Renard,
27:40c'est Peau vive
27:42aux éditions Héloïse d'Ormesson
27:44et on attend vos prochains livres,
27:45bien sûr,
27:45pour ralentir notre vie à tous.
27:49Merci beaucoup.
27:50Merci à vous.
27:51À très vite.
27:53Sous-titrage Société Radio-Canada
28:04Sous-titrage Société Radio-Canada
28:06Sous-titrage Société Radio-Canada
28:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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