- il y a 2 mois
Ce lundi 22 juin, Antoine Larigaudrie a reçu Gustav Sonden, cofondateur de Colbr, et Matthias Baccino, sénior advisor chez Trade Republic, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Tout pour investir, le déchiffrage.
00:04Et on retrouve en direct autour de ce plateau Gustave Sanden de Colbert.
00:08Bonjour.
00:09Bonjour Antoine.
00:09Et Mathias Baccino de Trade Republic.
00:11Bonjour.
00:12Bonjour.
00:12D'être avec nous en direct ce matin, on va peut-être justement parler beaucoup d'énergie
00:17avec le pétrole, mais aussi nos champions de l'intelligence électrique,
00:22comme je les appelle les Legrand, les Schneider.
00:24D'ailleurs, il y a des entreprises européennes qui bénéficient à plein de la vague d'investissement
00:30dans la tech, puisque de temps en temps, on s'en souvient, ça revient.
00:33On a besoin d'électricité, on a besoin de transformateurs, on a besoin de matériel de précision
00:38pour équiper les data centers, de manière plus générale.
00:41Et ça aussi, c'est un biais comportemental.
00:43On oublie complètement qu'il y a un autre dossier, c'est l'électrification de l'industrie,
00:47pas que de l'IA, de l'industrie.
00:49Et ça, c'est tout bon pour nos spécialistes français, Schneider et Legrand.
00:53Mathias.
00:54Oui, et on a tendance à l'oublier, mais on a aussi des champions en Europe.
00:58Il y en a moins qu'aux Etats-Unis.
01:00Il y a une profondeur de marché de ces entreprises-là qui est plus faible en Europe.
01:04Mais néanmoins, ils existent et ils sont absolument indispensables à ce qui est en train de se passer.
01:09Je voudrais juste ajouter peut-être deux éléments sur pourquoi ça va être, à mon avis,
01:16intéressant de s'intéresser à ces entreprises, justement.
01:19En tropique, en étant bloqué par les Etats-Unis la semaine dernière,
01:23où il y a dix jours, sur Fable et Mythos, pour leur modèle de pointe étant interdit aux non-américains,
01:30ça a été probablement quelque chose qui va être réglé avec des solutions du type partenaire privilégié,
01:35qui seraient probablement réservées aux Européens, entre autres.
01:37Néanmoins, c'est un signal extrêmement fort qu'il faut des infrastructures complètes,
01:45souveraines, du début à la fin, en Europe, en allant des centrales nucléaires,
01:51en passant par les data centers, en passant par les softwares d'IA,
01:56y compris les modèles avec, entre autres, Mistral,
02:01mais aussi ensuite dans l'IA dans le monde physique, c'est-à-dire la robotique.
02:06J'étais samedi matin à Vivatec,
02:08et il se trouve que mon frère a exposé avec sa start-up, Corben, qui fait des robots.
02:13Vous les avez vus, ceux qui ont viandé les deux écrans ?
02:15Alors, ceux-là, non, parce qu'ils n'étaient pas sur le stand de mon frère,
02:18mais j'en ai vu un que j'ai pu piloter,
02:19et Corben construit une IA propriétaire pour équiper les robots en Europe d'un cerveau souverain.
02:27Bon, et bien tout ça, ça va se faire, entre autres, avec des entreprises européennes
02:31sur lesquelles les États-Unis ou la Chine n'auront pas la capacité de leur demander
02:35de fermer le service aux Européens du jour au lendemain.
02:37Donc c'est un sujet extrêmement important qui est en train de se dénouer sous nos yeux,
02:43et les Legrand, les Schneider et d'autres ont les capacités de bénéficier
02:49de la mise en place et de ce qu'on pourrait appeler le réveil IA de l'Europe.
02:54Si on n'est pas assez secoué par la guerre commerciale de Donald Trump depuis un an,
02:58les ambitions chinoises en termes de croissance économique et de domination économique,
03:02hélas, ce qui est en train de se passer sur l'IA,
03:04et qu'on ne se réveille pas maintenant, je ne sais pas quand est-ce qu'on se réveillera.
03:07Oui, par exemple, justement, cette histoire de...
03:10Oui, oui, notre modèle d'IA, c'est que pour les Américains,
03:13et tout ça, moi je me souviens sur...
03:14Je regarde un petit peu Twitter, mais...
03:16Ça a provoqué une vague de pleurnicheries,
03:19enfin je trouvais ça totalement indigne,
03:21de décideurs, de patrons qui disent
03:24« on n'y a pas droit, on se débrouille ! »
03:27Enfin, je ne sais pas.
03:28Et puis on fait confiance aussi à l'Europe pour,
03:31de temps en temps, effectivement, au même titre que nos programmes de défense,
03:34se faire bousculer un petit peu par un président américain
03:37qui fait n'importe quoi, pour se dire
03:39« bon, on va se prendre en main. »
03:40Alors, il y a des accros, il y a des chaos, on est 27,
03:42mais globalement, les solutions, elles existent, Gustave.
03:46Est-ce qu'on n'a pas fini avec ce quart d'heure pleurnicherie
03:49qui est vraiment horripilant au bout d'un moment,
03:51parce qu'on a l'impression, on est européen,
03:52de toute manière, on est foutu.
03:54Surtout qu'il n'y a effectivement pas que les modèles,
03:56il y a tout un tas d'industries qui sont, Mathias vient de le rappeler,
04:00qui sont liées et pour lesquelles on a quelques avantages à faire valoir.
04:03Il y a quelques semaines, on parlait de « Chousse France »,
04:05je le rappelle, 90 milliards à peu près d'investissements annoncés,
04:09c'est dix fois à peu près ce que c'était il y a quelques années.
04:12Donc on voit que, un, on a des ressources,
04:14deux, on arrive à attirer des capitaux étrangers pour financer,
04:17pour développer les actifs pour lesquels on a des avantages,
04:21pour le coup, concurrentiels et compétitifs.
04:24Du coup, je me suis amusé à regarder rapidement en préparant l'émission,
04:27non pas les NVIDIA et Consor et leurs performances boursières,
04:30mais plutôt le second degré, c'est-à-dire les entreprises américaines
04:34plutôt de l'énergie et notamment du nucléaire
04:36et quelles étaient les performances boursières des trois dernières années.
04:39Vous avez Vertiv, par exemple, plus 1700%,
04:42vous avez Constellation Énergie qui est le plus gros fournisseur nucléaire,
04:45plus 290% en trois ans et Thalène Énergie plus 740%.
04:51C'est assez intéressant parce que là, en l'occurrence,
04:53on est vraiment œil pour œil, dents pour dents,
04:55enfin on est vraiment sur une bataille d'égo
04:58et on est très loin de ces performances-là en bourse
05:00pour les entreprises équivalentes en Europe.
05:03Donc appuyons sur ce qu'on a et effectivement,
05:06au lieu de pleurnicher, faisons valoir nos arguments.
05:09On a réussi dans les marchés privés, avec Choose France,
05:12a priori, à dégager quand même un petit peu d'énergie.
05:14Alors, on peut discuter de la souveraineté capitalistique,
05:17mais en tout cas, il y a quand même à la fois les actifs
05:19et les capitaux pour financer les projets.
05:21Donc il n'y a plus qu'à.
05:23J'allais dire, les consciences se réveillent.
05:25On avait quand même, là pour le coup,
05:28ça provoquait des éclats de rire désespérés.
05:31L'Allemagne qui nous avait annoncé il y a quelques mois
05:33qu'elle allait construire son cloud souverain avec Amazon.
05:36Bon, ok.
05:37Non, mais en plus, ce n'était pas une blague.
05:40Nous, bon, ben voilà, on va faire appel à des opérateurs locaux,
05:44à l'Europe, etc.
05:45Bon, ça a l'air de se réveiller un peu.
05:47Et puis, il y a aussi la deuxième vague de la pleurnicherie
05:51qui est, ah oui, vous comprenez,
05:53vous avez vu les milliers de milliards de dollars de capitalisation,
05:56ça se passe au state, ça ne se passe pas chez nous.
05:58Mais on n'a pas besoin de faire mille milliards de dollars de capitalisation
06:01pour être archi-pointu et pour être demandé partout.
06:04Regardez, ASML, le monde entier a besoin d'ASML.
06:07Surtout, si on regarde comment les capitaux sont dépensés,
06:10je pense que vous avez vu ce que je vous ai envoyé.
06:12Et on va y venir.
06:14On a la vérité des chiffres autour d'OpenAI.
06:16Exactement.
06:17Et ce n'est pas ce qu'on croit.
06:19Parce qu'on se dit, bon, de toute manière,
06:21Cashburn, Cashburn, c'est une société qui va pulvériser sa trésorerie
06:24en recherche et développement.
06:25Ben non.
06:25Il y a un autre truc qui commence à peser de plus en plus.
06:28Vous l'avez relevé.
06:29Et je pense que c'est un des chiffres les plus intéressants de la matinée.
06:32Dites-nous, Gustave.
06:32Effectivement, on pense toujours CapEx,
06:34et donc bataille d'infrastructures.
06:36Et si j'ai 20 milliards versus 5 milliards,
06:38il y a une rivalité qui devient difficile à réconcilier.
06:41Sauf que là, effectivement, les chiffres d'OpenAI,
06:44qui sont privés, sont sortis la semaine dernière.
06:47Et donc, on s'aperçoit qu'il y a un chiffre d'affaires
06:48qui augmente très fort.
06:49Bon, là, pas de surprise, 13 et quelques milliards de dollars.
06:52En revanche, une perte de 20 et quelques milliards.
06:54Ça non plus, pas de surprise majeure.
06:56En revanche, quand on regarde la composition des dépenses,
06:58on s'aperçoit qu'il y a quand même 40% du chiffre d'affaires
07:01qui est dépensé en marketing.
07:03C'est ça qui est dingue.
07:04Et donc là, on ne parle pas tout à fait de recherche et développement.
07:07Pardon ?
07:08On parle d'autre chose.
07:09Alors, c'est du CapEx, mais waouh !
07:11Alors, au sens...
07:12Du marketing, quoi !
07:14Je vous laisserai votre discussion avec votre comptable, Antoine,
07:16mais je ne sais pas si on peut immobiliser 40% des dépenses en marketing en CapEx.
07:22En revanche, on peut dire que c'est de l'investissement d'une certaine façon,
07:25ça c'est certain.
07:26Mais là, clairement, on voit finalement les faiblesses d'un modèle.
07:30Ce qu'il faut peut-être relever quand même pour être tout à fait transparent,
07:33c'est que tous les champions de l'IA n'ont pas les mêmes problématiques.
07:37Open AI est le seul, en fait, des champions de l'IA
07:40à ne pas avoir sa plateforme de distribution.
07:42Et si je vais un peu plus loin même, sa communauté.
07:45Je prends SpaceX, évidemment, il n'y a plus besoin d'en parler,
07:49qui détient XAI à sa plateforme de distribution intégrée,
07:53au travers de Twitter, mais aussi effectivement de la communauté d'Elon Musk.
07:57Google, inutile de vous dire que c'est des gens qui ont une plateforme de distribution intégrée,
08:02je pense à Gemini.
08:03Et donc, en fait, il y a un retard structurel,
08:05ou en tout cas, il y a une inexistence à cette plateforme de distribution qui leur fait défaut.
08:09Mais potentiellement, il faudrait regarder effectivement
08:11quelles sont les dépenses réelles de marketing de ceux que je viens de citer.
08:15Ça pourrait être assez intéressant de le regarder.
08:17Et ça, ça relance un peu le débat de
08:18est-ce qu'on a un tel retard capitalistique,
08:21ou est-ce qu'on a un retard marketing,
08:23auquel cas, on peut être assez optimiste.
08:25Bon.
08:26Non, mais ça, c'est un truc à suivre,
08:28parce que ça, c'était le facteur X qu'on n'attendait pas,
08:31les dépenses de marketing.
08:32Et où ils les dépensent exactement ?
08:34Ça peut aussi donner des idées d'investissement.
08:35Oui, c'est un sujet que je vais creuser,
08:38parce que je suis très étonné.
08:39C'est marrant.
08:39Leur marketing est quand même très fortement
08:43drivé par le produit, ce qu'il peut faire,
08:44et la viralité que ça peut déclencher,
08:47et l'usage de bouche à oreille ensuite massif
08:49qui se déclenche.
08:50Donc, je suis étonné.
08:52Je n'ai pas le sentiment d'avoir été exposé moi-même
08:55à un marketing grand public agressif
08:57de la part d'OpenAI ou même d'Enthropic.
09:00Mais c'est intéressant, je vais regarder.
09:01C'est pour ça qu'on peut se poser la question de où ?
09:04Il faut voir ce qu'ils mettent derrière aussi
09:06les dépenses de marketing,
09:08s'il y a des dépenses de lancement dans des pays aussi.
09:10Voilà, c'est intéressant.
09:11On parle de 5 milliards et quelques,
09:12donc c'est appréhendable.
09:14Oui, totalement.
09:15Mais c'est intéressant dans le sens où,
09:17oui, effectivement, on n'est pas soumis forcément
09:18à de la pub.
09:20C'est un petit peu comme Ferrari ou Richard Mill.
09:23Est-ce que c'est des gens qui ont besoin vraiment de pub ?
09:25Mais non, c'est peut-être plus complexe que ça
09:27et justement, l'introduction en bourse
09:29va les obliger à mettre carte sur table
09:30et ça, c'est intéressant.
09:33Oui, il ne vous aurait pas échappé qu'il fait chaud.
09:38Bon, et vous avez décidé de vous concentrer
09:42un petit peu sur les ravages économiques
09:44dus au manque de climatisation.
09:47Franchement, ça m'arrive parfois sur ce plateau,
09:51mais ce matin, je suis réellement profondément en colère.
09:54Donc, je vais essayer de garder mon calme,
09:56ça ne va pas être simple.
09:58Donc, un pays comme Singapour
10:00a vu son décollage économique arriver
10:03le jour où ils ont commencé à climatiser.
10:07Pourquoi ?
10:08Eh bien, pour une raison simple.
10:09Quand vous subissez une température supérieure à 30 degrés,
10:14la perte de productivité est estimée à 10%.
10:18Chaque degré supplémentaire au-dessus de 30 degrés,
10:22c'est 3% de productivité horaire en moins par degré.
10:26Les capacités cognitives des personnes qui travaillent,
10:30quand il fait plus de 28 degrés,
10:32elles baissent de 10% par degré supplémentaire.
10:35Donc, c'est un problème économique aussi.
10:39C'est un problème de société massif,
10:41de mise en danger des personnes les plus fragiles,
10:44alors même qu'on entend encore, il y a quelques jours,
10:46des idéologues mentir sur des médias de grande écoute
10:52sur l'impact écologique de la climatisation.
10:55Ils ont menti et ils le savent.
10:58Ils nous parlent de 4 degrés de hausse de la température extérieure
11:01à cause de la climatisation.
11:02C'est faux.
11:03Ce n'est pas démontré.
11:05Donc, face à un problème comme celui-là,
11:07je suis favorable, moi, à une mécanique simple
11:10qui est la mécanique d'innovation.
11:12Il est évident que pour protéger les plus fragiles
11:15et le développement économique du pays,
11:17il faut climatiser.
11:19Est-ce que ce n'est pas écologique ?
11:21Sans doute.
11:22Mais ce qui est bien, c'est que les entrepreneurs,
11:24si vous leur dites,
11:25on va équiper toute la France de climatisation,
11:27ça serait bien que vous nous trouviez un système
11:29qui ne pollue pas.
11:30Eh bien, ils vont trouver.
11:31Voilà.
11:32Le meilleur service qu'on puisse rendre à la planète,
11:36c'est d'encourager les industriels
11:38et les entrepreneurs français
11:40à s'intéresser à ce sujet de la climatisation
11:42sans honte,
11:43parce que ça protège les plus fragiles
11:45et ça protège le développement économique.
11:47Eh bien, je suis absolument convaincu
11:50que s'ils font ça et s'ils se mettent en recherche,
11:53c'est les entrepreneurs, les scientifiques
11:54et les industriels français
11:55qui trouveront les solutions
11:56pour que cette climatisation,
11:58elle soit à la fois efficace
11:59et qu'en même temps, elle ne pollue pas.
12:01Et si on n'investit pas dans cette technologie,
12:04on ne risque pas de trouver des solutions
12:05pour que la climatisation pollue moins.
12:07Et en revanche, penser qu'on va pouvoir
12:09vivre en France de la même manière
12:11qu'on le vit aujourd'hui,
12:12sans climatiser le pays,
12:14c'est une dinguerie.
12:15Et pendant ce temps-là,
12:16il y a des gens qui meurent.
12:18Donc, il y a un problème économique majeur,
12:20ça s'appelle la stagflation climatique.
12:22C'est très mauvais, évidemment,
12:23pour l'économie,
12:24parce que là, on le voit bien,
12:25depuis une semaine,
12:25le pays est à l'arrêt.
12:26Enfin, je ne sais pas pour vous,
12:27mais moi, j'ai du mal, vraiment.
12:28Je souffre de la chaleur.
12:29Moi, je dois vous dire que je suis mieux au bureau
12:31que chez moi.
12:32Donc, c'était le petit coup de gueule
12:34de ce lundi matin,
12:35parce que j'en ai vraiment marre
12:38d'entendre n'importe quoi sur ce sujet.
12:40Ce n'est pas la réalité,
12:41ce n'est pas la réalité souhaitée par les gens.
12:43Donc voilà, c'était le petit coup de gueule.
12:45Si on ne veut pas devenir un pays
12:48sous-développé économiquement,
12:50l'un des enjeux va être de climatiser.
12:51C'est évident.
12:52Bon, Mathias, on va transmettre ce coup de gueule.
12:55Il est tout à fait légitime.
12:56Peut-être ajouter dans la boucle aussi
12:57les entrepreneurs du BTP,
12:59parce qu'il y a des progrès techniques.
13:01Autour de cette table,
13:02il y a des tas d'entrepreneurs du BTP
13:04qui nous montrent des progrès
13:06en termes de gestion des flux intérieurs,
13:08sans avoir besoin à fond de tirer sur la clim
13:11pour faire mieux circuler l'air.
13:13Sur le terrain, moi,
13:13je n'en vois pas beaucoup des immeubles comme ça.
13:15Je peux vous dire que le mien,
13:16il a été construit il n'y a pas très longtemps.
13:17Il est isolé n'importe comment.
13:19Donc après, on peut toujours reprendre
13:22le problème de l'isolation à zéro
13:24sur un immeuble déjà construit.
13:25Mais enfin, c'est un gaspillage éhonté.
13:27Et là, il y a plein de questions à se poser.
13:28Mais c'est quelque chose de global.
13:32Ce n'est pas anecdotique.
13:34Je veux dire, on sait que c'est que
13:35quelques semaines dans l'année.
13:36Mais Allianz Trade nous dit quand même
13:37que ça pourrait coûter 200 milliards d'euros
13:39à la France d'ici à 2030.
13:42Donc, ce n'est pas anodin.
13:43C'est un enjeu économique absolument considérable.
13:48Juste un truc, Gustave, on va continuer à parler énergie.
13:51On est dans la thématique énergie.
13:54Les prix du brut se sont quand même bien calmés.
13:57On est sous les 80 dollars pour le Brent.
13:59Oui, sur le terrain, il n'y a pas de signe d'accalmie.
14:05C'est compliqué.
14:06Il y a eu d'ailleurs ce matin des grosses explosions
14:08entendues du côté de l'Arabie Saoudite,
14:11du côté d'autres pays du Golfe
14:13concernant des dispositifs de craquage.
14:17C'est un peu technique, mais des complexes énergétiques.
14:21Le détroit d'Hormuz, ça se passe au compte-gouttes.
14:24Là, on reste dans une situation qui est quand même très tendue.
14:28Effectivement, les marchés sont plus optimistes
14:30que la réalité physique.
14:32Donc, on a eu une petite baisse, 33% en un mois.
14:35C'est pas mal.
14:36On était autour des 120 dollars.
14:38On est autour des 80 dollars le baril.
14:40Donc, ça s'est quand même sacrément ajusté.
14:43C'est valable aussi pour les pétrolières.
14:45Je ne sais pas si vous avez suivi.
14:46Je me rappelle, la semaine dernière,
14:47on ouvrait avec Total à moins 6 presque.
14:50Il y a eu aussi un pricing assez fort.
14:51Oui, ça vient corriger à bas bruit.
14:52Mais ça vient corriger, oui.
14:54Ce qui induit d'ailleurs des multiples
14:56qui ne sont quand même pas très chers sur les pétrolières
14:58et particulièrement notre champion français.
15:00Je crois qu'on est autour des 8 fois.
15:02Bon, ce n'est pas particulièrement cher
15:03quand on voit l'année qu'on a passé.
15:06Et pourtant, effectivement, si on regarde le terrain,
15:09les réserves sont au plus bas.
15:11Et c'est donc ces réserves qui ont compensé massivement
15:14jusqu'à présent la consommation de pétrole
15:17et donc potentiellement un petit peu soutenu
15:20cette baisse de prix.
15:21On est passé de 2700 millions de barils
15:25à peu près 160 millions de barils de réserve.
15:27Ce n'est pas tout à fait pareil.
15:28Si on regarde du côté des États-Unis,
15:31à Cushing, là où effectivement on a ses réserves,
15:36on est presque au seuil critique
15:37qui est de 20 millions.
15:39Alors même que pour le coup,
15:39il n'y a pas eu de perturbation majeure,
15:41comme vous le savez, de la production américaine.
15:43Mais non, c'est ça qui est fou.
15:44Et dans cette obsession de Trump,
15:47il parle comme si c'était un pays
15:49qui importait massivement du pétrole.
15:52Même ce pays producteur
15:54est quand même impacté au niveau de la production.
15:56Je dirais que le dernier point
15:58sur la réalité physique,
16:00encore une fois, du marché,
16:02c'est les assurances.
16:05On en revient toujours.
16:06Dans le coût de revient, si vous voulez,
16:09du pétrole,
16:10c'est clairement quelque chose
16:10qu'il faut prendre en considération.
16:12Passer de 200 000 dollars
16:13pour assurer un navire
16:14qui franchit le bateau d'Hormuz
16:15à 1 million de dollars aujourd'hui.
16:16Donc oui, ils sont assurés.
16:17Je vous rappelle, il y a quelques semaines,
16:19il n'y avait parfois pas de police d'assurance
16:21disponible.
16:21Là, ils sont assurés,
16:22c'est 1 million de dollars.
16:23C'est quand même des sacrées hausses de prix
16:25qui, pour l'instant,
16:26ne sont absolument pas reflétées
16:28dans les cours,
16:29qui sont assez optimistes,
16:30je dois dire.
16:31Donc espérons effectivement
16:32que le protocole d'accord
16:34arrive à un accord définitif
16:36et que les infrastructures
16:37soient reconstruites
16:39et que la production reprenne son cours.
16:40Mais ça fait beaucoup de scie.
16:42Et je trouve les marchés
16:46sacrément optimistes.
16:47Et c'est potentiellement
16:48une bonne nouvelle
16:49pour nos amis pétroliers
16:50parce qu'eux, en fait,
16:52le fait d'avoir un forward
16:53qui est potentiellement plus cher
16:55que l'immédiat
16:55leur permet finalement
16:57de produire à bas coût
17:00et de vendre plus cher.
17:02Mathias, une petite réaction,
17:0420 secondes.
17:05D'abord, probablement que la Chine
17:07et les Etats-Unis
17:08vont quand même devoir
17:11prendre un moment
17:12pour encaisser tous les impacts
17:14que ça a eu pour eux,
17:16cette guerre.
17:16Je pense évidemment
17:17au stock de pétrole
17:18mais aussi au stock d'armes
17:19côté américain.
17:21Ensuite, moi, je m'inquiète
17:23parce que je pense à Donald Trump.
17:25S'il réussit à sortir de ce conflit,
17:28il va lui falloir un narratif
17:29pour lancer sa campagne
17:30des mid-termes.
17:32Et quel sera ce narratif ?
17:35C'est la grande question
17:36que je vais me poser
17:37pendant quelques semaines
17:37jusqu'à ce qu'il avance ses pions
17:39et on peut espérer
17:41que ce ne sera pas
17:41un regain de guerre commerciale
17:43avec l'Europe
17:44ou une relance
17:45de la guerre commerciale
17:46avec la Chine.
17:47Ou, tiens, le Groenland !
17:49Voilà.
17:49C'est la question que je me pose.
17:52Après, l'impact inflationniste
17:53de cette guerre,
17:54pour moi, il est complètement acquis.
17:56Je le dis depuis des semaines.
17:57On sera à au moins 3% en France.
18:00La croissance est en train
18:01de s'arrêter.
18:01On va avoir une récession
18:02technique dans le pays.
18:04Donc, voilà,
18:04c'est évidemment une mauvaise nouvelle
18:06et on redit la même chose
18:08qu'on dit depuis février.
18:09C'est les pays
18:10qui étaient mal équipés
18:10pour faire face à cette crise
18:11qui en ressortent à faibli.
18:13La France en tête, malheureusement.
18:14Mathias Baccino,
18:15Trade Republic
18:16et Gustave Sanden de Colbert.
18:17Merci infiniment
18:18d'avoir déchiffré
18:19l'actu avec nous ce matin.
18:20Merci.
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