- il y a 4 mois
La mort de Coluche, qu'il avait annoncée en pleurs à l'antenne, ses débuts à l'ORTF Limoges, ses subterfuges pour faire la promotion de films qu'il n'avait pas vus dans Le Grand Journal, ses années PSG ou encore cette émission avec Michel Polnareff sauvée grâce à ses blagues : Michel Denisot refait sa télé, samedi 6 juin 2026, avec Éric Dussart et Jade sur RTL !
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00:04Si aucun d'entre nous ne peut parler, on n'a aucune chance de continuer.
00:08Donc Coluche est mort.
00:09Alors je vous propose de revoir Coluche qui était donc à Zénith l'année dernière,
00:13juste après sa participation au Stoker de Montléris.
00:1640 ans plus tard, c'est toujours aussi difficile de rentrer dans le temps de StarChip.
00:18Ouais, j'ai toujours payé par l'émotion parce que c'est comme ça.
00:22C'est la seule fois où je n'ai pas pu contenir mon émotion à la télévision pour annoncer la
00:26mort de quelqu'un.
00:27Vous aviez appris la mort de Coluche combien de temps avant le direct ?
00:30Dans l'après-midi, ça devait être vers 16h, là il était 19h.
00:34Donc après on fait une émission...
00:36Là on est quoi à ce moment-là ? On est un peu sonné ?
00:37Vous aviez quand même une petite conscience ou vous étiez dans une forme de déni ?
00:40Je suis assis là où on s'assied, il y a 36 trucs qui reviennent,
00:45comme toujours quand il y a une mort par accident.
00:48Sauf que vous, vous devez faire ce boulot d'être à l'antenne.
00:51Ouais, je fais mon travail et avec Maryse et Philippe Gildas,
00:54on n'était pas trop de trois effectivement pour assurer ce travail.
00:59C'est vous qui leur avez demandé de venir vous épauler ?
01:01Oui, oui, oui.
01:02Bah oui, bah oui.
01:03Je ne pouvais pas parler tout seul et ils le connaissaient aussi,
01:06étaient très proches aussi de Coluche, autant que moi.
01:08À aucun moment la question s'est posée pour vous de savoir si vous pouviez faire l'émission ou pas
01:12?
01:12Non, non, non, non, non.
01:14Je pensais pouvoir la faire.
01:15Après j'ai été saisi par l'émotion dès le début.
01:18Et oui, cette fois-ci j'ai été cueilli.
01:21Est-ce que c'était aussi la fin d'une belle époque ?
01:23Parce qu'on dit que ça a été court, mais ça a été assez intense finalement.
01:26C'est extrêmement fort.
01:27Moi, j'ai connu Coluche vraiment très bien que les trois, quatre,
01:31à partir de Chao Pantin, on peut remonter à cinq ans,
01:33mais vraiment les trois dernières années de sa vie.
01:35Donc ce n'est pas toute sa vie,
01:36mais ces trois dernières années ont été très importantes pour tout le monde.
01:41D'abord parce qu'il y a eu les Restos du Coeur,
01:43il y a eu SOS Racisme, il y a eu son engagement,
01:44c'est devenu un canal qui a fait un bien énorme à la chaîne qu'on avait lancée.
01:51Et puis ce lien qu'on avait ensemble,
01:53on avait quelque chose de commun sur l'enfance,
01:54on avait à peu près la même enfance.
01:55Donc voilà.
01:56Et on en a parlé un jour, une minute dont 30 secondes de silence.
02:01Et ça nous a rapprochés beaucoup.
02:04Il se disait des choses dans les silences avec Coluche ?
02:06Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, bah oui, oui.
02:09Oui, vous savez, le silence, ça parle beaucoup.
02:12Et les regards parlent plus que la parole, je trouve.
02:14La plupart du temps, d'ailleurs, on devrait se taire.
02:16La mort, on peut dire qu'il avait déjà approché quelques années plus tôt,
02:19puisque après sa rupture avec Véronique Colucci,
02:22il tombe dans la drogue, drogue dure, c'est l'héroïne.
02:25Il descend très bas, on le voit dans le documentaire,
02:27comme absent parfois à la télé, quoi.
02:29Oui, oui, il a eu des moments de plongeon profond,
02:34après la séparation, qui est tombée au moment de Tchao Pantin,
02:37à ce moment-là.
02:38Et c'est vrai que cette situation dans laquelle il était,
02:44correspondait à ce que Claude Béry recherchait pour son film,
02:47et ce qui a fait le succès du film.
02:48On peut dire presque que ça a servi son rôle.
02:50Oui, oui, oui, bien sûr.
02:52Enfin, oui, il était le personnage.
02:54Souvent, les acteurs disent, il faut être le personnage, machin, etc.
02:58Là, on ne peut pas y être, puisqu'il ne l'était.
03:00Vous l'avez connu, ce Coluche-là, ou vous, quand vous le rencontrez,
03:02il a déjà remonté la pente ?
03:03Non, non, j'ai connu au moment de Tchao Pantin,
03:05mais on voyait qu'il y avait quelque chose de chancelant chez lui,
03:10et en même temps, dans son regard,
03:13il cherchait à s'accrocher, quoi, voilà.
03:19On dit beaucoup que ses amis l'ont sorti de ça.
03:22Oui, bien sûr, son entourage l'a aidé,
03:23c'est ce qu'il dit lui-même.
03:25Pour tomber dans la drogue, on n'a besoin de personne,
03:28mais pour en sortir, on a besoin de tout le monde.
03:30Voilà.
03:31Il ne s'ouvrait jamais à vous, sur justement cette dérive et cette mallette qui a été le tien ?
03:35Non, non, non, mais vous savez,
03:40quand les gens vont mal, et lui, quand il allait mal,
03:43mais je n'étais pas toujours là avec lui non plus,
03:44donc ce n'est pas la peine de parler.
03:48Il faut juste être là ?
03:49Il faut être là, voilà.
03:50Les gens qui vont mal, il faut être là.
03:52Mais ce n'est pas en parlant qu'on arrange des choses la plupart du temps,
03:55parce qu'on fait, au contraire, on appuie, il ne faut pas appuyer.
03:58Est-ce que c'est le plus beau jour de votre vie ?
03:59Ah oui !
04:00C'est un jour formidable.
04:02C'est formidable.
04:03C'est la première fois que vous vous mariez tous les deux ?
04:04Ensemble ?
04:05Ensemble, oui.
04:06Vous dites que c'est un mariage pour le meilleur et pour le rire.
04:09Tout le monde l'a bien compris, parce que ce n'était pas évident,
04:11au départ, ça aurait pu choquer des gens.
04:12Et quand on voit les...
04:14Je crois qu'il y a Kiv Mourouzi qui ne l'a pas compris.
04:16Je ne suis pas sûr qu'il n'ait pas compris.
04:17Qu'est-ce qu'Yves Mourouzi venait faire dans cette histoire de faux mariage
04:20entre Coluche et Thierry Leluron ?
04:22Oui, disons que je pense que c'est une taquinerie.
04:26Tout le monde connaissait Yves Mourouzi, à la fois Coluche et Leluron surtout.
04:32Et voilà, il trouvait qu'il voulait taquiner sur le mariage d'Yves Mourouzi.
04:36Qu'il sonnait un peu faux, à leur sens.
04:38Qu'il était une erreur, parce qu'Yves s'est marié,
04:40il est dans une fille, Sophie, qui va très bien aujourd'hui,
04:44que je salue, si elle nous écoute.
04:45Et donc, ce n'était pas faux, non ?
04:47Yves Mourouzi, vous avez travaillé avec lui quelques années auparavant,
04:49puisque vous aviez co-présenté le trésor de TF1.
04:52C'est avec lui que j'ai appris mon métier.
04:53Enfin, je n'avais fait aucune école, je l'ai faite à ce moment-là.
04:55Il ne vous en a pas voulu de vous être impliqué, finalement,
04:58dans ce happening qui se moquait un peu de lui ?
05:00Vous savez, j'ai reçu un message de Sophie Mourouzi, il y a quelques jours,
05:03me disant qu'Yves voulait que Coluche soit le parrain de sa fille.
05:07Donc, c'est vous dire à quel point ça n'avait pas laissé de traces du tout.
05:17Cet hymne des restos, il est né dans les coulisses d'une de vos émissions, Michel Deniso.
05:20Oui, comme on était voisin de palier, donc je faisais 19h-20h et lui 20h-15, 20h-30, je crois,
05:26à Canal.
05:27On était deux studios, il y avait des loges.
05:28Et donc, Jean-Jacques Goldman sort de mon plateau et Coluche le prend par la main,
05:33il l'emmène dans sa loge et lui demande ce que vient d'expliquer Jean-Jacques Goldman.
05:36Et donc, c'est à partir de là que ça a démarré.
05:38Dans le livre, il y a une pensée qui résume bien la sienne au sujet de ces restos du cœur.
05:42Quand je me suis présenté à la présidentielle, j'ai fait peur aux hommes politiques.
05:45Quand j'ai fait les restos, j'aurai fait honte.
05:48Oui, c'est ça.
05:48C'est une formule juste.
05:51Honte, c'est très fort.
05:53Il appuyait toujours, évidemment, mais ce qu'il disait lui-même,
05:56les hommes politiques comptent la pauvreté et puis ça s'arrête là.
06:00Et lui dit, je compte la pauvreté et je la règle.
06:04C'est vrai qu'il a démarré les restos du cœur sur la station voisine où il travaillait à l
06:09'époque,
06:10un après-midi, comme ça, pour faire un petit truc d'aide aux gens qui n'avaient pas de quoi
06:15manger.
06:16Et le prend très à cœur.
06:17Marie-Gildas, qui était à ses côtés à l'époque, dit, là, tout à coup, à l'antenne,
06:20Coluche est beaucoup moins drôle et il met vraiment le curseur sur cela pendant des semaines.
06:24Oui, il n'a pas été moulo, d'où l'ampleur de l'entreprise.
06:30Assez rapidement, c'est devenu très important.
06:32Tout le monde, l'émission de TF1 à l'époque, il y avait tout le monde, absolument tout le monde.
06:36Il n'y avait pas de problème de chaîne ou de ceci ou de cela.
06:41Donc, il n'y a jamais d'unanimité, mais il y avait une grosse...
06:45On n'en était pas loin.
06:46Vous avez fêté vos 81 ans, là, même si personne n'y croit, pas même vous ?
06:50Ah si ?
06:51Ah bon ?
06:51Ah bah oui.
06:52Ah oui, je remplis les papiers et tout, c'est marqué.
06:55Non, non, mais si, j'ai 81 ans, oui.
06:58Vous ne les faites pas ? Vous ne les ressentez pas ?
07:00Bon, ça dépend des moments.
07:02Je suis moins dynamique qu'il y a 40 ans, évidemment, comme quand on a 81 ans.
07:08Mais c'est vrai que je n'ai pas...
07:10Ce serait indécent de se plaindre.
07:12Voilà, vu mon âge, j'ai encore des activités.
07:16Je n'ai pas de problème majeur de santé.
07:18Et voilà, mais tu sais, en fait, quand on est vieux, c'est qu'on est jeune depuis plus longtemps.
07:23C'est joli.
07:24Voilà.
07:24On dit parfois que l'âge apporte des choses.
07:27Oui, oui, oui, ça aussi, bon, ça apporte...
07:31On relativise plus pas mal de choses, on coupe des branches qui ne servaient à rien,
07:35qu'on croyait indispensables.
07:37Et puis, on se concentre sur des choses plus fondamentales dans la vie, oui.
07:44Ça en retire aussi ?
07:46Oui, il y a des choses qu'on ne peut plus faire.
07:48De temps en temps, on dit, mais pourquoi ce n'est pas moi ?
07:49Mais oui, parce que tu as 80 ans, voilà, c'est tout.
07:52Ça m'arrive.
07:53Vous n'êtes pas prêt de vous arrêter ?
07:55Ben, je n'en sais rien.
07:56En tout cas, j'ai d'autres projets.
07:58J'ai d'autres projets.
07:58Après ce documentaire sur Coluche, je vais en faire un autre,
08:00ou un autre documentaire, ou deux.
08:02Et puis, j'ai un bouquet en cours.
08:04Voilà, je n'ai plus qu'autre chose que ça, mais que celui-là.
08:07C'est ça, l'électure de Jouvence, c'est la passion ?
08:10Oui, et puis j'ai ma vie de famille, voilà, qui me comble beaucoup avec des enfants et des petits
08:16-enfants, et c'est bien.
08:19C'est de la réforme régionale que traitait ensuite M. Jacques Chirac.
08:23Le secrétaire d'État à l'économie et aux finances soulignait que l'un des objectifs majeurs de la réforme
08:28était de donner à la région une partie des compétences de l'État.
08:32Je ne suis pas sûr que Coluche vous aurait trouvé très fun à l'époque-là.
08:35Non, non, non, mais j'étais assez coincé, effectivement.
08:38En fait, je suis devenu, je dis souvent que, bon, je n'ai aucun diplôme, rien,
08:41que j'ai réussi seulement quelques concours de circonstances,
08:43et là, ça en est un aussi, parce que c'était pendant les vacances, j'étais à la radio,
08:47il y avait la radio et la télé qui étaient deux choses voisines, mais différentes.
08:51Et le présentateur du journal Régional avait, pendant l'été, un rencard à 19h,
08:57et auquel il tenait beaucoup, la direction n'était pas là,
08:59elle me disait, est-ce que tu peux me remplacer ?
09:00Je dis, ben évidemment, je peux te remplacer.
09:01Donc, je l'ai remplacé, on s'est fait engueuler le lendemain, mais j'ai continué.
09:04Donc, voilà comment ça a été, les petites choses.
09:05Vous aviez quel âge, là ?
09:0722, 22, 23.
09:09Et alors, quand vous vous retrouvez devant les caméras,
09:10il y a du stress quand même pour cette première au JT ?
09:12Je me souviens, c'était un petit bureau, il y avait un tiroir,
09:15et j'avais mis un verre avec du martini, si je puis dire, dans le verre,
09:19et je bevais un petit peu de martini entre chaque sujet pour me donner d'assurance.
09:23Vous aviez 23 ans, déjà 8 ans de pratique du journalisme,
09:25parce que je crois que vous avez commencé à 15 ans comme pigiste, c'est ça ?
09:28J'ai commencé 15 ans à Châteauroux, je ne savais pas trop quoi faire pendant les vacances,
09:32je suis entré, j'ai frappé à la porte du journal local,
09:34ils étaient très sympathiques, et puis j'ai dit, est-ce que je peux regarder ?
09:37Ils m'ont dit oui, puis j'ai dit, est-ce que je peux rester ?
09:38Ils m'ont dit oui, et j'ai passé mes vacances avec eux,
09:41et après j'ai dit, ben c'est ça que je veux faire.
09:42Vous faisiez quoi ? Les chiens écrasés, comme on dit, c'est ça à l'époque ?
09:44À Châteauroux, je faisais ce que les autres ne voulaient pas faire,
09:47et je disais que c'est ce que j'aimais le plus.
09:50Pour me montrer votre motivation.
09:52Voilà, oui, donc je faisais les faits divers,
09:56vérifiais les avis d'obsèques, puis après petit à petit, j'ai progressé.
09:59Après la presse, la radio, Radio Limoges, vous étiez, j'ai vu, journaliste agricole.
10:04Il y avait un journal agricole tous les matins, on donnait les cours du blé, de tout ça,
10:07et j'allais faire des reportages chez les agriculteurs,
10:10chez les cultivateurs de noyés en Corrèze,
10:14etc.
10:15Le Hard News.
10:16Il paraît que vous aviez un rédacteur en chef qui s'appelait Claude François.
10:19Oui, tout à fait.
10:20Mais ce n'était pas le même, évidemment.
10:22Oui, mais le rédacteur en chef, il était plus âgé que le chanteur,
10:27donc il était après Claude François bien avant lui,
10:30et je pense que c'était un pseudo.
10:32Le Grand Journal, je l'ai fait 7 ans, je crois que c'est ça, ou 9 ans, je ne
10:35me rappelle plus.
10:35Et vous sentiez poindre l'ennui à la fin ou pas ?
10:37Ah oui, oui, oui, c'est temps que j'arrête, pour moi.
10:41Après, j'ai envie de changer.
10:42J'ai envie de tellement de choses encore aujourd'hui
10:45que je ne veux pas passer ma vie sur le même sujet, après chacun sa vie.
10:48Mais quand on fait un talk show quotidien comme Le Grand Journal,
10:51à force, qu'est-ce qui est le plus pesant ?
10:52Lire de mauvais livres, voire de mauvais films,
10:54ou devoir être obligé de dire qu'on a bien aimé ?
10:56Alors, je ne disais pas que j'ai bien aimé.
10:58J'avais un cliché, parce qu'on parle de films, tous les films,
11:03il y a à peu près, je ne sais plus, 150 films par an.
11:06Et donc, toute mon équipe savait ce que ça voulait dire,
11:09c'est que c'est un film qui est réussi.
11:12C'est large spectre, c'est bien.
11:15À la télé, on ne dit jamais que le film est mauvais.
11:17Donc, on reçoit des gens, les films, pour parler du film, ok, très bien.
11:21Et donc, quand je disais réussi, c'était...
11:23Ça voulait dire que ça n'était pas tant que ça.
11:25Mais les invités étaient souris.
11:26Ils étaient ravis, ouais.
11:27Mais ça prenait un temps fou, quand même, non ?
11:29De devoir regarder tous ces films, en plus.
11:31Alors, pendant huit ans, j'ai vu les films tous,
11:34je voyais vraiment tous les films.
11:35Et la neuvième année, j'avais fait un petit challenge.
11:38C'est-à-dire que je voyais souvent les films en production privée, etc.
11:42Donc, je partais à la moitié.
11:45Et je recevais l'invité, l'actrice, l'acteur.
11:48Et je détaillais très, très bien la première moitié.
11:51Et je disais, est-ce qu'on raconte la suite ?
11:53Et il y a tout le temps, il disait non.
11:54Quelle escroquerie !
11:55Et c'était une poilade totale de tout le monde.
11:58Et ça marchait très bien.
12:01Je suis tombé un petit peu amoureux de l'alcool,
12:05mais c'était...
12:07Mais il y avait une sorte d'abandon physique, à ce moment-là.
12:09Il y avait, oui, il y avait surtout...
12:11Parce qu'on vous a connu Bodybuildé,
12:12et il y en a vu quelqu'un assez monstrueux.
12:17Disons que, oui, j'étais un petit peu perplexe sur...
12:23Est-ce que c'était intéressant de rester en vie ou pas ?
12:25Enfin, des trucs de bas, tu vois.
12:26Vous avez pensé, à un moment donné, vous suicidez ou arrêtez, non ?
12:30Vous vous rendez compte, en écoutant ça, Michel Denisot,
12:32que vous étiez assez fort avec Michel Polnareff, quand même, hein ?
12:34Oui, c'était normal.
12:35C'était une émission que j'avais préparée avec Marc-Olivier Fogel,
12:37qui travaillait avec moi à cette époque,
12:38qui avait beaucoup fait pour que cette émission se fasse, d'ailleurs, dans la production.
12:42Et j'étais arrivé deux jours avant le tournage,
12:44et Marco m'avait dit,
12:46écoute, il est là-bas au bar, et il ne veut plus la faire.
12:49Et c'était une émission à gros budget,
12:50on avait deux hélicoptères, des pilotes d'Hollywood,
12:52enfin, pour...
12:53Oui, parce qu'on fait encore, c'était au milieu du désert,
12:54donc il y avait toute une production.
12:55C'était un piano dans le désert, enfin, c'était un truc, quoi.
12:57Et puis, il me dit, il ne veut plus la faire.
12:58Et Marco, vous le connaissez, il est accrocheur,
13:01il dit, j'ai tout essayé, ça ne marche pas.
13:02Il dit, il n'y a qu'un truc que vous avez en commun,
13:03que moi, je n'ai pas, c'est les blagues.
13:05Il vous a envoyé en mission commandée ?
13:07Mais j'ai même été voir Paul Narek,
13:09je ne l'avais pas vu depuis 15 ans,
13:11je n'ai même pas dit bonjour,
13:12j'ai attaqué sur une blague que je ne peux même pas raconter.
13:15À ce moment-là ?
13:16Et oui, oui, je vous l'ai...
13:17Et donc, il enchaîne, il me dit,
13:19tu mets la barre très haut.
13:20Et donc, une blague en entrée, une autre,
13:22on a fait un quart d'heure de blague,
13:24il n'a jamais plus été question qu'il ne fasse pas l'émission.
13:26Bon, une fois que vous l'avez devant vous...
13:28C'est un champion de la pirouette aussi, Paul Narek.
13:29Vous lui faites payer ses pirouettes,
13:31une fois que vous l'avez en face de vous,
13:32parce que les questions, le ton était très cash.
13:34C'est des questions normales, non ?
13:35Ce style d'interview qui est le vôtre,
13:36très direct, tout en étant très courtois,
13:38il y en a certains que ça peut déstabiliser,
13:39quand même, parfois.
13:41Oui, peut-être, oui.
13:42Je sais que Jean-Luc Goldman, au début,
13:44disait qu'il m'avait décrit comme un oiseau
13:46qui tourne avant de piquer.
13:49Un retour ?
13:50Oui, pas un retour, non, mais voilà.
13:52L'idée de faire plaisir à l'invité
13:54n'a jamais été au centre de votre dispositif.
13:56Non, non, non, je commence souvent par...
13:59Je ne suis pas brutal dans l'interview,
14:00mais je peux commencer sèchement, voilà.
14:03C'est tout.
14:04Et en revanche, avec les gens qui ont...
14:05Parfois, on intervient des gens
14:07qui n'ont jamais fait d'interview.
14:09Alors, à ceux-là, je fais toujours
14:10pour qu'ils se détendent.
14:12Je leur dis, avant l'enregistrement,
14:14la première question.
14:15Comme ça, ils ne sont pas tétanisés dès le début.
14:17Et s'ils se ferment, on n'obtient rien.
14:20Donc, ce n'est pas le but.
14:21Donc, quand quelqu'un n'a jamais fait d'interview,
14:23vient et on sent qu'il est stressé,
14:25je dis, ben voilà la première question.
14:26Donc, ça les détend.
14:27Ils ont la première réponse,
14:28mais après, on y va.
14:29Et en fait, le premier sujet que j'ai fait
14:31à la station de Poitiers en foot,
14:33c'était le match du PSG
14:35qui débutait en deuxième division
14:37contre Poitiers.
14:38C'était le premier match du PSG.
14:39Et alors, est-ce que le jeune Deniso,
14:40ce serait imaginé un jour ?
14:41C'est drôle, les histoires de la vie
14:43quand je parle des concours de circonstances.
14:45Donc, j'ai commenté le premier match du PSG.
14:47C'était à Poitiers.
14:48J'y étais.
14:49J'ai fait l'inauguration du Parc des Princes aussi.
14:53C'était moi sur TF1 à l'époque
14:55avec Michel Drecard.
14:55On était tous les deux pour faire ça.
14:57Et j'ai commenté après la première victoire
14:59du PSG en Coupe de France.
15:01Puis après, je suis devenu président du club, etc.
15:03Voilà.
15:03Leur seconde victoire, justement, au PSG
15:05en Ligue des Champions,
15:06il y a quelques jours,
15:07vous a sorti de votre flègme habituel.
15:09Vous avez exposé toi.
15:10C'est une réussite magnifique
15:12avec un management extraordinaire de Louis-Henriquet.
15:17C'est vraiment une admiration sans borne pour lui.
15:20Et puis, il fait l'équipe qui fait...
15:21Enfin, c'est une admiration pour tous ceux qui gagnent.
15:24Mais en fait, ça fait la troisième Coupe d'Europe
15:26puisqu'on en a gagné une avant,
15:27qui n'était pas la Ligue des Champions,
15:28mais ça commence à se remplir.
15:31Une qui était à l'arrivée sous votre présidence.
15:33Oui, en 1996.
15:35Cette année de présidence du club parisien,
15:37un joueur qui était parmi les favoris,
15:40Daniel Bravo,
15:41qui était le joueur préféré de Jacques Chirac, n'est-ce pas ?
15:44Oui.
15:46De 91 à 95,
15:47Jacques Chirac était maire de Paris.
15:48J'étais président.
15:49Il venait au match de temps en temps
15:50et on était assis côte à côte.
15:52Il aime l'ambiance, il aime le jeu,
15:54mais il n'est pas pointu dans le foot.
15:57Et un jour, on marque un but.
15:58Il fait, qui a marqué ?
15:59Je dis bravo.
16:00Il me dit, oui, mais bravo qui ?
16:02Voilà.
16:03Donc là, tu prends un peu de temps
16:04pour expliquer doucement,
16:05mais vous comprenez que c'est Daniel Bravo.
16:09Jacques Chirac, d'ailleurs,
16:09on ne lui dit pas bravo
16:10pour le nom qu'il avait donné à son Labrador
16:12et qu'il vous présente à l'hôtel de ville.
16:14Ah oui, oui.
16:15En fait, à l'époque,
16:16il m'est arrivé quelques fois
16:17de dîner avec lui à l'hôtel de ville
16:19et puis un soir,
16:21on discutait,
16:22on parlait de blagues aussi
16:24parce qu'il aimait beaucoup les blagues
16:25et comme moi.
16:26Et puis à un moment,
16:26il dit, vous ne connaissez pas mon chien ?
16:28Je dis, non, j'ai un Labrador.
16:29Alors, il appuie sur la sonnette,
16:30le maître d'hôtel fait entrer le Labrador.
16:32Il commence à courir partout dans le salon.
16:34Il l'appelle Ducon,
16:35Ducon vient ici,
16:36Ducon vient ici.
16:37Je dis, bon, vous l'appelez Ducon ?
16:38Il me dit, oui, c'est Giscard qui me l'a offert.
16:44Bonjour Eva.
16:45Bonjour tout le monde.
16:46Bonjour Michel.
16:47Bonjour Eva.
16:47Belle chaussure.
16:48Merci.
16:49Toujours les chaussures impeccables
16:51de Michel Teniseau.
16:51Impeccable, passe,
16:52on va faire mieux.
16:53Vous avez de la chance,
16:53Eva ne va pas balancer sur l'invité,
16:55donc en l'occurrence sur vous aujourd'hui.
16:57Vous êtes sauvée par Coluche
16:58parce qu'elle va revenir
16:59sur ses passages télé les plus improbables.
17:00On commence Eva avec le jeu de la vérité.
17:03La célèbre émission de Patrick Sabatier
17:05dans laquelle les invités
17:06devaient répondre en direct
17:07aux questions des téléspectateurs.
17:09Coluche est le seul
17:10à y avoir participé deux fois.
17:12La première, c'était le 17 mai 1985.
17:15Madame, mademoiselle, monsieur, bonsoir.
17:17Merci, nous sommes ici
17:18au 38e festival du cinéma à Cannes.
17:21J'espère que vous allez passer une bonne soirée.
17:23Une soirée dont on a beaucoup parlé.
17:25On peut encore s'attendre à tout.
17:27Je vous propose d'accueillir,
17:30en vous remerciant d'être fidèle
17:31à cette chaîne de télévision,
17:32monsieur Coluche.
17:33Je tiens tout de suite
17:34à rassurer les téléspectateurs.
17:36Il y en a pour une heure et demie,
17:37mais pour en épicé,
17:38il y a des chanteurs.
17:39Ce soir-là, 15 millions de téléspectateurs.
17:4215 millions.
17:42Ce premier jeu de la vérité,
17:43il est devenu culte et pour cause.
17:45Coluche avait commencé très fort
17:47puisque dès les premières minutes de l'émission,
17:49il avait grillé ses deux jokers.
17:51Première question.
17:52Bonsoir, madame.
17:53C'est à vous.
17:53Bonsoir, Coluche.
17:55Stop !
17:55Joker !
17:58Deuxième question.
17:59Stop !
18:01Joker !
18:02Voilà.
18:03Un début d'émission sur les chapeaux de roue.
18:05On avait demandé à Patrick Sabatier
18:06si ce premier coup d'éclat de Coluche
18:08l'avait inquiété en direct.
18:10Là, vous vous dites quoi, Patrick Sabatier ?
18:12Il va me torpiller l'émission, Coluche ?
18:14Il ne va pas jouer le jeu, justement ?
18:15Je vous parlais tout à l'heure,
18:17les 20 minutes avant l'émission,
18:19nous étions en coulisses
18:21et où il n'y avait plus personne.
18:22Non, Coluche, il y avait toujours des tas de personnes autour de lui.
18:25Enfin, un aéropage de copains.
18:27Là, on était seul et j'ai vu un Coluche différent.
18:31Plutôt pâle, plutôt inquiet,
18:34en même temps me vanant pour se décontracter, etc.
18:37Un, je ne savais...
18:38Il ne faisait pas encore son numéro, là ?
18:40Non, non.
18:40Il ne m'avait demandé pas du tout.
18:41Il m'avait demandé simplement le siège bébé.
18:43Je ne savais ni les questions,
18:45ni qu'il allait faire les deux jokers, etc.
18:47Mais il savait que c'était extrêmement important
18:49parce qu'il était très clivant, Coluche,
18:51contrairement à ce que l'on peut penser.
18:53Certains adoraient Coluche,
18:54mais d'autres le trouvaient vulgaire, etc.
18:57Et il voulait se servir de cette émission
18:59pour rassembler.
19:00Mais il a été extraordinaire à l'époque.
19:02Je voyais acquiescer pendant cette archive
19:04avec Patrick Sabatier d'Enfait à la télé
19:06lorsqu'il disait qu'il avait vu un Coluche anxieux,
19:08voire taiseux avant le direct.
19:09Vous l'avez connu, vous aussi, ce Coluche ?
19:11Oui, avant les émissions, il était concentré
19:14comme tout le monde, en fait.
19:15Oui, oui, il avait le souci d'être efficace
19:21dans le show et comme tout le monde.
19:24Il y avait beaucoup d'improvisation chez lui,
19:26mais il y avait aussi beaucoup de préparation.
19:27L'humour, c'est du sérieux ?
19:29L'humour, c'est...
19:30Oui, j'ajouterais et on ne plaisante pas avec.
19:34Vous-même, vous êtes du genre traqueur
19:35avant vos directs ou pas ?
19:36Oui, toujours un peu.
19:38Vous aussi, avant...
19:39Enfin, vous n'avez pas vu non plus
19:40que t'es trop traqueur en cette émission.
19:43Mais c'est vrai qu'on est concentré.
19:45Il ne faut pas être dans tous ces états
19:47quand on fait une quotidienne, sinon on meurt tôt.
19:49Mais donc, il faut être concentré.
19:51Et on est traqueur que quand on sent
19:55pendant l'interview qu'on n'a pas assez travaillé.
19:57Qu'on est en danger.
19:57Qu'on est en danger parce qu'on n'a pas assez travaillé.
19:59C'est ça, le seul traque vraiment
20:01quand on fait ça tout le temps.
20:03Coluche, angoissé avant l'émission,
20:04mais une fois que les lumières sont allumées,
20:06alors là, plus aucun stress.
20:07Du Coluche grand cru, une répartie incroyable.
20:09Il avait répondu à toutes les questions
20:11et même aux plus gênantes.
20:13Coluche, pour être aussi grossier...
20:15Voilà, comment on fait ?
20:16On peut vous débarrasser du problème maintenant ?
20:18Je vais vous faire une série de gros mots,
20:19par exemple, bite, poil, couille,
20:21trou du cul, par exemple.
20:22Alors qu'oreille, c'est pas un gros mot,
20:23c'est un trou aussi, vous voyez ?
20:25Allez comprendre.
20:25Je suis homosexuel
20:27et je voudrais savoir
20:29si vous avez eu une relation
20:30avec un homosexuel
20:32et que pensez-vous de l'homosexualité ?
20:34Eh bien, écoutez,
20:36j'ai eu des relations
20:38avec des homosexuels, oui,
20:40et finalement,
20:41je suis pas doué pour ça.
20:44Moi, je pense qu'il faut leur foutre la paix.
20:46Ces gens-là, ils font ce qu'ils veulent.
20:48Moi, j'ai essayé.
20:49Et puis, bon, ben voilà,
20:50j'en suis revenu.
20:51Il faut rappeler qu'on était en 1985.
20:53On revient à ce qu'on disait
20:54au début de l'émission
20:55sur le faux mariage.
20:56Les gars étaient stigmatisés à l'époque.
20:58Là, ce soir-là,
20:59entendre l'humoriste
21:00sans doute le plus connu de France
21:01dire cela sur TF1
21:02devant 15 millions de personnes,
21:03ça a dû faire beaucoup de bien
21:04aussi à cette communauté.
21:05Ah, bien sûr.
21:06Non, mais c'est très fort.
21:07Très, très fort.
21:08Il l'avait dit d'ailleurs aussi,
21:10pareil, parce que la lutte
21:11contre toute forme de discrimination,
21:12c'était bien l'objectif
21:13numéro un de Coluche.
21:15Dans le livre,
21:15à la question
21:16qu'est-ce que vous pensez
21:17des mots croisés,
21:18Coluche, il répond
21:18je suis pour les croisements,
21:20les noirs et les blancs.
21:21Il faut que ça se mélange,
21:21comme ça,
21:22on ne sera plus emmerdés.
21:23Oui, oui.
21:24Il avait la formule,
21:26je vous dis toujours,
21:26qui est brillante, attractive.
21:28Il y avait aussi des gens
21:29qui ne l'aimaient pas,
21:30comme l'a dit Patrick Sabatier
21:31tout à l'heure,
21:32il a raison,
21:33mais il y avait toujours du sens
21:34dans tout,
21:37mais souvent dans ce qu'il disait.
21:38Et c'était un vrai engagement.
21:39Mais il était un engagement
21:41sans drapeau,
21:42c'était son engagement.
21:44Allez, un petit dernier extrait
21:45pour la route.
21:46Oui, bonsoir, monsieur.
21:47Oui, voilà ma question.
21:48J'estime qu'en France,
21:49nous avons deux stars,
21:50Gainsbourg et vous.
21:51Serge Gainsbourg, d'ailleurs,
21:52sera l'invité du jeu de la vérité
21:54le 7 juin.
21:55Et comme vous le savez,
21:56Sabatier a réussi
21:57à faire pleurer Macias.
21:59Arrivera-t-il à me faire rire ?
22:00Fera-t-il bander Gainsbourg ?
22:02Vous le savez !
22:03Il avait le sens
22:04de ce qu'on appellerait
22:05aujourd'hui le teasing.
22:06Très fort.
22:07Il n'y a pas grand monde
22:08qui a cette capacité du rebond
22:10sans avoir des...
22:11Après, les humoristes
22:13ont aussi des auteurs, etc.
22:14Et lui, il était tout seul.
22:14Et ça fonctionnait comme ça.
22:17Et c'était extraordinaire.
22:19C'est un talent unique.
22:20Parce que tout ce qu'on entend là
22:21ce sont des punchlines en direct.
22:23Son talent est rare.
22:24Tout ce qu'on entend là
22:25ce sont des punchlines en direct
22:26qui réagissaient sur le moment.
22:28Il n'y avait pas d'auteur là,
22:28pas de mot d'esprit écrit en armes.
22:31Autre émission,
22:32Coluche a fait des étincelles,
22:33c'est le droit de réponse.
22:34En 1983,
22:35Michel Pollack consacre un numéro entier
22:37de son émission à l'humoriste
22:39avec un titre très provoque.
22:40Peut-on se débarrasser de Coluche ?
22:42Face à lui,
22:43des détracteurs
22:44parmi lesquels un ancien combattant.
22:45Je voudrais simplement
22:46que tu t'excuses Donald
22:47quand tu t'es amené sur scène
22:49habillé en poli de 4 heures
22:50en une médaille militaire
22:51que tu n'as jamais eue
22:52et puis en disant
22:53les anciens combattants
22:54il y en a mort,
22:55c'est des vieux cons.
22:56C'est pas des paroles à dire ça mon pote.
22:57J'ai parlé du mal des anciens combattants,
22:59j'ai dit du mal de la guerre.
23:00Alors si vous êtes pour la guerre,
23:01on peut discuter.
23:03Moi je suis contre.
23:04Maintenant si vous aimez les médailles,
23:05je m'en doutais que vous aimiez ça,
23:06je vous en ai acheté
23:07parce que c'est en vente
23:08dans le commerce.
23:09Et à la mémoire
23:10de mes camarades comiques
23:11morts en se faisant chier
23:12et essayez de vous faire rire,
23:14je vous crache au cul monsieur.
23:15Bon il était en roue libre
23:16ce soir-là à Coluche,
23:17il avait aussi aspergé d'eau
23:18les invités,
23:19puis il avait quitté le plateau
23:20après que la fesse lui a dit
23:21vous ne nous faites plus rire,
23:22enfin tu ne nous fais plus rire Coluche.
23:24Bon, 1983 c'est le Coluche
23:25qui ne va pas bien.
23:26Oui, il ne va pas bien,
23:28c'est le Coluche de Tchaopantin.
23:30C'est à ce moment-là effectivement
23:32cet extrait
23:32et dans le documentaire
23:34que j'ai fait aussi
23:35parce que ce n'est pas
23:37une hagiographie
23:38le documentaire
23:39c'est un portrait complet
23:41de cette époque-là
23:42et effectivement
23:43il n'était pas au mieux.
23:44C'était un peu le Gainsbar
23:45de l'humour là.
23:46Oui, oui, oui,
23:47il va trop loin
23:49et après il est revenu.
23:51On va maintenant réécouter
23:53une rencontre
23:54des plus improbables.
23:55Et ça s'est passé
23:56sur votre plateau
23:57Michel Denisot
23:58en 1985
23:58vous recevez dans Zenith
24:00un jeune prodige
24:01du basketball
24:01nommé Michael Jordan.
24:03Coluche est là aussi
24:05et il va dribbler les vannes
24:06devant ce géant du basket
24:07dans tous les sens du terme.
24:09Il fait 1m96
24:10c'est Michael Jordan
24:11qui a des...
24:12C'est un peu qui
24:12pour un...
24:12Pour un basketeur ?
24:14Oui, il mesurait après.
24:15Combien mesuriez-vous
24:16à 13 ans ?
24:16Demande Coluche.
24:17Enfin, à peu près 1m80.
24:19Déjà un grand petit.
24:21Mais je crois que...
24:21Mais bon, vous êtes polyvalent
24:22parce que vous avez joué au golf ?
24:24Vous avez même un handicap ?
24:25Bah oui,
24:26mais il ne voit pas la balle.
24:27Je ne vois pas loin.
24:28Peur de rien Coluche
24:29parce que c'était
24:30Michael Jordan
24:30que vous êtes trois fois au taille.
24:31C'est arrivé comme ça.
24:32C'est Jean-Philippe Lustig
24:33qu'on entend
24:33qui avait rencontré
24:35Michael Jordan
24:35un peu par hasard dans Paris.
24:36Ce n'était pas la grande star
24:37qu'il est devenue.
24:38Il était déjà connu
24:39mais il a fait venir
24:40un peu.
24:40Je lui ai dit
24:40fais-le venir
24:41et puis Coluche
24:41ne savait pas qui c'était.
24:44Vous pensez, Michel Denisot,
24:45que Coluche aurait été
24:46tout aussi bravache
24:46s'il s'était retrouvé
24:48comme vous
24:48face à ce géant de la boxe,
24:50Mike Tyson ?
24:53Certainement.
24:55Son comportement
24:55n'est pas le même
24:56que le mien
24:56dans les situations.
24:58Ça a été un grand moment
24:59pour vous ?
24:59C'est une interview
25:00de Mike Tyson
25:00aux Etats-Unis ?
25:01Oui, c'est un grand moment
25:01parce qu'on était
25:06allé le chercher
25:06à Phoenix,
25:07je me souviens,
25:07en Arizona.
25:09C'était juste après
25:10qu'il sorte de prison.
25:11Il revenait à la boxe.
25:12Il était dans un contexte
25:15volontairement
25:15de salle de boxe
25:16de série B,
25:18poisseuse et tout.
25:19Alors que sont arrivés
25:20trois vents noirs
25:21dans la poussière
25:21et tout.
25:22Je l'attendais,
25:22j'attendais.
25:23Et puis,
25:24ils sont sortis
25:24tout un tas de gens
25:25et donc il y avait
25:26de la musique à fond
25:27dans la salle
25:28à faire trembler les murs,
25:30faire monter
25:31la température
25:31pour qu'il perde
25:32du poids,
25:32etc.
25:33Il avait un bouffon
25:35qui s'appelait
25:35Crocodile,
25:36qui était un type
25:37qui faisait le show
25:38autour de lui
25:38tout le temps
25:39et qui provoquait.
25:41Et sinon,
25:41avec Mike Tyson,
25:44les choses étaient
25:45normales.
25:46C'était une interview.
25:47Musique à faire
25:48trembler les murs,
25:49mais Mike Tyson
25:49à vous faire trembler
25:50ou pas ?
25:58Vous étiez un peu
26:01c'était un beau moment
26:02pour moi.
26:02Mais il n'aimait pas
26:03que vous regardiez
26:03vos fiches ?
26:04Oui,
26:05juste à un moment donné,
26:07quand vous faites
26:07une interview longue,
26:09de temps en temps,
26:09on replonge un instant
26:10dans l'affiche
26:11et il m'a tapé
26:12sur le genou
26:13avec sa main droite
26:14et je me suis redressé
26:16tout de suite.
26:16Oui,
26:16qu'est-ce qu'il y a ?
26:17On ne contrarie pas
26:18Mike Tyson.
26:19Le 4.000.
26:19Le 4.000.
26:21Eva,
26:22direction la cérémonie
26:23des Césars
26:24en 1985.
26:25Un an après avoir reçu
26:27un César
26:27du meilleur acteur
26:28pour Ciao Pantin,
26:29Coluche est sur scène
26:30pour remettre cette récompense
26:31à Alain Delon.
26:32Salam,
26:32bonjour.
26:33Nous allons donc
26:34décerner le César
26:36du meilleur acteur
26:37pour l'année 85
26:38à celui qui a été
26:38le meilleur en l'année 84.
26:40Évidemment,
26:40tout de suite,
26:41je tiens à vous dire
26:42qu'ils ne sont pas tous là,
26:43les nominés,
26:44parce qu'évidemment,
26:45il y en a qui se disent
26:46tiens,
26:46je leur réponds,
26:47c'est pas la peine
26:47que j'y aille.
26:48On aura donc l'air con
26:48à leur place.
26:50Évidemment,
26:51Alain n'est pas venu
26:52mais il nous a envoyé
26:53un petit mot.
26:54Après avoir été longtemps
26:55contre l'immigration
26:56toute ma vie,
26:57je me retrouve maintenant
26:58d'une position d'immigré
26:59moi-même,
27:00à Lausanne donc.
27:01Si je ne viens pas,
27:03sois gentil de me la porter
27:04en Suisse
27:04pour ne pas faire
27:05le voyage pour rien,
27:06porte aussi la petite valise noire
27:07qui se trouve
27:07que c'est une grand passage.
27:10Je me demande
27:10si ce sketch
27:11avait beaucoup fait
27:11marrer Alain Delon.
27:12Ouais, ouais.
27:13Je ne vais pas répondre
27:14à sa place
27:14mais je pense que oui.
27:16Mais quel culot là encore !
27:17C'est le César quoi !
27:18C'est pas rien !
27:19Ouais, mais ça marche quoi !
27:20Bien tout le monde se marre ici !
27:22Ouais, ouais.
27:23Merci beaucoup Eva Cruvard
27:24pour tous ces grands moments de télé.
27:25Merci à vous !
27:25Au revoir !
27:26Merci.