- il y a 5 mois
- #covid19
Trois ans après le début de la pandémie de Covid-19, des personnes souffrent encore de symptômes inexpliqués ainsi que de séquelles, des mois voire des années après leur infection. Diane, 29 ans, est l’une d’entre elles. Pour Code source, Diane a accepté de raconter son histoire au micro d’Ambre Rosala. Nicolas Berrod, journaliste au service Futurs du Parisien, apporte ensuite son éclairage sur le Covid long.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.
#covid19
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.
#covid19
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Au mois de décembre 2020, Code Source donnait la parole à Amélie, une mère de famille de 43 ans qui,
00:188 mois après avoir contracté le Covid-19, n'était toujours pas guérie.
00:22A cette époque, on commençait à mettre un nom sur ces symptômes qui s'éternisent, le Covid-long.
00:27Trois ans après le début de l'épidémie en France, on a voulu raconter le quotidien de ces personnes
00:32qui souffrent encore aujourd'hui, des mois, voire des années après leur infection.
00:37Celle qui témoigne aujourd'hui dans Code Source s'appelle Diane Malos, elle a 29 ans
00:41et depuis qu'elle a développé un Covid-long fin 2020, elle est épuisée à toute heure de la journée.
00:47La moindre tâche est devenue pour elle extrêmement fatigante.
00:51Ambre Rosala l'a rencontrée.
00:59Diane Malos habite dans un village d'environ 5000 habitants à l'ouest de Lyon, dans le département du Rhône.
01:04Elle a grandi ici, à la campagne, avec son petit frère et leurs parents.
01:08Quand elle a 18 ans, elle emménage à Lyon pour intégrer Sciences Po,
01:12puis à Paris trois ans plus tard quand elle est admise au centre de formation des journalistes.
01:16Après son master, elle rentre chez elle près de Lyon pour le travail,
01:19mais aussi parce que la nature lui manque beaucoup.
01:22Moi j'avais l'habitude des promenades en forêt le week-end, je faisais des randos en montagne,
01:26je faisais du ski, moi j'adorais ça.
01:29Puis j'ai jamais été hyper à l'aise en ville, je l'ai fait pour les études, il fallait
01:34le faire, etc.
01:35Mais honnêtement j'étais plutôt contente de quitter Paris.
01:39Après plusieurs CDD pour le journal local Le Progrès à Lyon,
01:42elle est finalement embauchée en CDI en 2019.
01:45Quelques mois plus tard, en mars 2020,
01:47le confinement est déclaré en France à cause de l'épidémie de Covid-19.
01:52Diane, qui a 27 ans, est confinée et travaille depuis chez elle,
01:55où elle couvre l'actualité liée à l'épidémie dans la région lyonnaise.
01:59C'était assez anxiogène je trouve.
02:01Pourtant techniquement on était tous en télétravail,
02:03donc il y avait moins de trajet, il y a beaucoup de choses qui se passaient à distance et tout.
02:07Mais les histoires étaient dures,
02:09enfin moi je me souviens que je traitais beaucoup les sujets des EHPAD.
02:11Quand il y a un truc qui m'intéresse, j'ai un peu du mal à m'arrêter et à
02:14mettre des barrières.
02:15Donc moi j'ai terminé des doubles pages à minuit trente, enfin des trucs comme ça.
02:19Et ouais, ça bouffait un peu je trouve.
02:21Mais c'était hyper intéressant.
02:22Au début du mois de décembre 2020, Diane attrape le Covid-19.
02:26Je dîne avec mon frère qui avait le Covid à ce moment-là,
02:30mais qui n'avait pas encore de symptômes.
02:32Et quelques jours après, il m'appelle, bon je suis positif et tout.
02:36Donc l'assurance maladie m'appelle, donc je vais faire un test quoi.
02:38Parce qu'en plus je commençais à avoir le nez bouché.
02:41Donc je fais un test et je suis positive et je crois que c'était le 7 décembre 2020.
02:47J'ai le nez bouché, j'ai mal à la gorge, je ne tousse pas.
02:50J'ai une petite fièvre, genre j'ai 38 quoi, 38 et demi.
02:54Covid plutôt léger et je perds le goût et l'odorat.
02:56Mon médecin est plutôt rassurant.
02:58Mon médecin traitant me dit, parce qu'il veut quand même me voir en consultation pour vérifier l'oxygène.
03:03Donc je vais en consultation et il me dit, bon bah perte de goût et d'odorat, c'est classique,
03:07vous faites une forme un peu spéciale jeune.
03:10Dans une semaine c'est terminé quoi.
03:13Et donc oui, non, je n'étais pas spécialement inquiète en fait.
03:16Au bout d'une semaine, Diane n'a plus de fièvre ni le nez qui coule.
03:19Et elle retrouve le goût et l'odorat.
03:20Mais elle commence à ressentir des épisodes d'extrême faiblesse.
03:24Elle est très fatiguée de manière répétée, mais ça finit toujours par passer.
03:28Deux semaines après le Covid, j'ai recommencé les randos en montagne.
03:31J'ai recommencé à travailler et tout, à fond quoi, comme si j'étais normale.
03:36Et puis un jour, il y a eu un peu la rando de trop on va dire,
03:39ou arrivé en haut, mes jambes ne pouvaient plus avancer.
03:42Mon cerveau commandait, mais mon corps ne répondait plus.
03:44Je ne pouvais plus marcher.
03:45C'est super bizarre comme sensation parce qu'on a l'habitude quand on est en bonne santé,
03:48qu'on est fatigué de pouvoir un peu forcer, le corps y répond.
03:51Mais là, le corps ne répondait plus.
03:52Vraiment, je ne pouvais pas avancer.
03:55Et au point qu'il a fallu me tirer en luge quoi.
03:58Et puis le lendemain, j'ai eu un espèce d'épuisement immense qui m'est tombée dessus.
04:03Mais vraiment un truc que je n'avais jamais connu.
04:05Il fallait que je me couche, j'avais à peine la force de parler.
04:08Et j'avais des moments où vraiment je passais ma journée au lit.
04:11Je ne pouvais même pas lire, je ne pouvais même pas regarder un truc sur mon téléphone.
04:14Je pouvais à peine aller aux toilettes.
04:17Et puis après, ça allait un peu mieux.
04:18Et puis du coup, pendant tout le temps où ça allait mieux,
04:20je faisais tout ce que je n'avais pas eu le temps de faire les quelques jours d'avant où
04:23j'étais au lit.
04:23Et je replongeais comme ça.
04:25Et donc j'alternais comme ça les moments très très bas au lit.
04:29Et les moments où j'avais l'impression de pouvoir refaire des choses.
04:31Et au bout de trois mois, l'épuisement est devenu chronique en fait.
04:37Son médecin traitant lui explique qu'elle souffre de Covid long.
04:39Et que c'est pour ça qu'elle est épuisée au quotidien.
04:42Il lui dit que ça va finir par passer.
04:44Et il décide de l'arrêter pour qu'elle puisse se reposer.
04:46Le moindre acte de la vie quotidienne est fatigant et est difficile.
04:51Rien qu'être réveillée en fait, c'est épuisant.
04:54Je me lève le matin.
04:55Je prends mon petit déjeuner.
04:58Je peux faire un peu de lecture.
04:59Je suis déjà fatiguée.
05:00Il faut déjà que je me repose.
05:01Il faut que je me fasse à manger après le midi.
05:03Je déjeune.
05:04Et ensuite, il faut absolument que je me couche et que je fasse la sieste.
05:08Incapable de regarder un film.
05:10Incapable de marcher plus de dix minutes.
05:12Incapable de faire mes courses.
05:14Cuisiner, c'était difficile.
05:16J'ai un mal de gorge chronique.
05:18Il y a des douleurs musculaires.
05:19Le moment où on a un peu forcé et où il est temps de se reposer,
05:22on a un peu des symptômes grippaux.
05:25J'ai les sinus bouchés.
05:26J'ai mal à la gorge.
05:27J'ai des frissons.
05:28Je me sens faible.
05:30Et donc oui, à quel point c'est handicapant ?
05:32Franchement, sur tous les aspects, c'est hyper handicapant.
05:37Le compagnon de Diane, qu'elle a rencontré quelques mois auparavant,
05:40la soutient énormément.
05:41Il aide autant qu'il le peut au quotidien.
05:44Si Diane fait un effort trop important pour elle,
05:46même si cela paraît anodin pour quelqu'un en bonne santé,
05:49elle risque de faire ce qu'on appelle un malaise post-effort.
05:52Elle ne perd pas connaissance, mais elle ressent une fatigue extrême
05:55pendant plusieurs jours après cet effort trop important.
05:58C'est une sensation en fait de fin de vie.
06:00C'est-à-dire que pendant trois jours, je suis incapable de sortir de mon lit.
06:05Enfin, je me tiens au mur pour aller aux toilettes quand même.
06:07J'ai du mal à parler.
06:08Je ne sors pas de mon lit.
06:09Je suis complètement épuisée.
06:10Je ne peux rien faire.
06:11Je ne peux pas lire.
06:12J'attends que ça passe.
06:14Et franchement, c'est des moments où on a l'impression qu'on va mourir.
06:16Enfin, on a l'impression d'être en fin de vie.
06:17Moi, les premiers mois, je demandais à mon médecin, je lui disais,
06:19mais je peux mourir là ?
06:21Enfin, est-ce que je vais mourir d'épuisement ?
06:23Il me disait, ben non, pas à votre âge.
06:25Mais c'est vraiment une question qu'on se pose parce que ça ressemble à ça.
06:30Les semaines passent et l'état de santé de Diane ne s'améliore pas.
06:34Elle n'a que 27 ans et elle ne comprend pas pourquoi elle n'arrive pas à guérir.
06:37Je me suis dit, mais pourquoi moi, alors que je viens de commencer ma vie, entre guillemets ?
06:43Je venais de rencontrer mon compagnon.
06:45Enfin, on était ensemble depuis trois mois.
06:47J'avais mon CDI depuis un an et quelques mois.
06:49Enfin, je commençais enfin ma vie d'adulte normale, quoi.
06:53Pourquoi moi, alors que je fais gaffe, je mange sain, équilibré, souvent bio, je fais du sport,
07:00j'ai un mode de vie sain ?
07:02Qu'est-ce qui m'arrive ? Pourquoi tout le monde guérit et pas moi ?
07:04Au bout de six mois, Diane sent une légère amélioration après des semaines et des semaines au repos.
07:10J'allais un petit peu mieux.
07:11Vraiment, petit à petit, au fil des mois, j'arrivais à refaire quelques trucs,
07:15à reconduire un petit peu, par exemple, reprendre la voiture,
07:18à avoir une vie sociale à nouveau, à passer un peu de temps avec les gens,
07:21parce qu'on ne le dit pas, mais en fait, c'est quelque chose qui est épuisant,
07:23les interactions sociales dans nos états.
07:26Mais bon, c'était quand même, c'était du petit mieux très lentement stagnant, quoi.
07:31C'est-à-dire, j'étais toujours obligée de m'allonger tous les après-midi
07:34et de rien faire pendant plusieurs heures.
07:35Et mon médecin me dit, des fois, il y en a qui reprennent le travail, ça leur fait du bien.
07:39Je me dis, bon, je vais peut-être écouter mon médecin, donc j'ai repris le travail, ouais.
07:42Et c'est vrai qu'au début, c'est plutôt cool, parce que je me dis,
07:46OK, bon, j'ai plein de symptômes, mais je n'ai pas trop perdu en cognitif.
07:49C'est bon, je suis toujours capable d'écrire des articles.
07:52Bon, sauf qu'au bout d'un mois...
07:55Après un épisode stressant où j'ai dû faire une intervention télé,
07:58j'ai travaillé très tard et tout, et trois jours après, j'étais au lit et je ne pouvais plus
08:01me lever.
08:02Et au début, je ne voulais pas trop perdre la phase, donc on m'a posé des jours de congé.
08:06Puis j'ai repris, mais je n'y arrivais pas, donc j'ai dit, bon, il faut m'arrêter encore,
08:11là, je ne peux pas.
08:13Diane est à nouveau en arrêt maladie.
08:15Son médecin traitant part à la retraite et elle en trouve un nouveau.
08:18Elle lui explique que cela fait de longs mois qu'elle ressent une fatigue extrême
08:21après avoir été infectée par le Covid-19.
08:25Ce nouveau médecin lui fait faire de nombreux tests sanguins et cardiaques
08:28qui ne révèlent rien d'anormal.
08:30Il lui conseille alors de faire de l'activité physique pour améliorer son état.
08:36Mon médecin traitant, j'avais beau lui raconter les malaises post-efforts que je faisais,
08:39il me disait, mais vous faites bien du sport, vous prévoyez des séances de course.
08:43Et j'étais là, mais tu ne te rends pas compte, je ne peux pas passer l'aspirateur chez moi,
08:46comment tu veux que j'aille courir en fait ?
08:48Et je me suis dit, mais il y a des médecins, ils ne savent pas écouter,
08:50ils rabâchent ce qu'on leur a appris.
08:52Il faut faire de l'activité physique, il n'y a que ça, etc.
08:55Et je me suis dit, il ne voit pas que pour cette maladie en particulier, ça ne fonctionne pas.
08:59Je ne dis pas que ça ne fonctionne pas en général, je dis que ça ne fonctionne pas pour cette
09:02maladie.
09:02L'activité physique nous aggrave.
09:03Son médecin lui parle ensuite d'une clinique de réadaptation pour les patients atteints de Covid long.
09:08Et je me suis dit, bon, ça va, on va tenter.
09:10De toute façon, j'étais dans la phase où je voulais tout tenter.
09:12J'achetais tous les compléments alimentaires possibles, je faisais du yoga, de la méditation.
09:16Et oui, on m'a fait faire un test à la marche de 6 minutes, ça m'a complètement épuisée.
09:22J'ai dû m'allonger après, je ne tenais plus debout, je n'arrivais même plus à parler.
09:25Et le médecin m'a dit, mais c'est parce que vous stressez et que vous contractez vos muscles,
09:29il faut aller voir une psy.
09:31Donc je suis partie le jour même, j'ai dit, non mais je m'en vais, en fait, j'arrête
09:34le programme.
09:35Et moi, j'ai vraiment eu ce sentiment-là que vraiment, les bonnes femmes, leurs problèmes, c'est tout dans
09:41la tête.
09:44Diane préfère faire des recherches de son côté pour essayer de comprendre ce qu'elle a et pourquoi son état
09:48ne s'améliore pas.
09:50Elle entend parler d'une maladie, l'encéphalomyélite myalgique, qui n'est pas officiellement reconnue en France.
09:56C'est une maladie neurologique dont le symptôme principal est une fatigue persistante depuis plus de 6 mois, inexpliquée et
10:03invalidante.
10:04Diane se reconnaît tout de suite dans cette description.
10:06Elle creuse un peu plus et elle tombe sur l'interview du docteur Frédéric Retornat, l'une des rares spécialistes
10:12de cette maladie en France.
10:16Elle avait fait une interview en presse quotidienne régionale où j'adorais le titre.
10:20Elle disait, non mais il y a quelque chose qui ne va pas, il ne faut pas dire que ce
10:23sont des feignasses chroniques.
10:24Je me suis dit, ah elle, elle a l'air bien et tout.
10:27Et donc, c'est comme ça que j'ai eu son nom et j'ai pris rendez-vous.
10:30Et j'ai eu de la chance, je suis tombée dans ses derniers patients.
10:33Après, elle a fermé sa patientèle parce qu'elle était débordée, elle ne pouvait plus prendre les Covid longs.
10:36Donc, mon compagnon m'a amenée, on a pris la voiture, on est allé à Marseille et là, elle m
10:40'a fait faire les bons examens.
10:42Cette spécialiste rencontre Diane en mars 2021.
10:44Elle lui fait faire un PET scan pour vérifier l'activité de son cerveau.
10:48C'est une technique d'imagerie qui permet de visualiser des organes de manière très précise.
10:54Il y a des anomalies dans le cerveau.
10:55Il y a des hypométabolismes.
10:57C'est une sorte de ralentissement de certaines zones du cerveau.
11:00Et puis, moi, elle m'a fait revenir dans son service pour faire un test à l'effort un peu
11:04spécial.
11:05Où, en fait, on fait un électromyogramme de surface sur les muscles des jambes et des bras pendant l'effort.
11:11En plus de mesurer de façon classique le cardio et l'oxygène.
11:15Et on se rend compte que les muscles crachent à l'effort.
11:18Enfin, qu'il n'y a plus d'activité musculaire, chute.
11:21Il y a un problème au niveau des muscles qui vient du cerveau.
11:23C'est neurologique, mais on a un problème.
11:26On a un vrai problème qui se voit aux examens.
11:30Un an et trois mois après être tombée malade du Covid-19,
11:34Diane a la confirmation qu'elle souffre bien d'encéphalomyélite myalgique,
11:37qu'elle a développée après son infection en virus.
11:40C'est une forme de reconnaissance pour elle, mais c'est aussi très difficile à accepter.
11:46À la fois, oui, j'ai enfin un truc pour prouver.
11:49Et en même temps, punaise, je suis vraiment malade chronique.
11:52Par contre, j'étais vraiment soulagée de trouver une spécialiste
11:54qui me croyait et qui allait me soutenir dans les démarches administratives.
11:57Parce que je sentais que mon médecin traitant, il voulait me faire reprendre le travail
12:01parce qu'il avait des pressions de la sécurité sociale.
12:03Il commençait à ne plus vouloir m'arrêter.
12:05Enfin, comment dire, ce n'est pas un plaisir d'être en arrêt de travail.
12:08Moi, je rêve de pouvoir travailler, mais j'ai fait l'expérience.
12:12Je vois très bien que je n'y arrive pas.
12:14Et puis, je n'ai plus besoin de faire des recherches,
12:15parce que moi, je faisais des recherches non-stop sur des médicaments qui pouvaient aider,
12:19des compléments qui pouvaient aider,
12:21parce que je ne voyais pas de spécialistes de ma maladie, en fait.
12:23Donc, je faisais les recherches moi-même.
12:24Et là, une fois que je l'ai eue, je me suis dit, ça y est, je vais pouvoir me
12:27reposer l'esprit.
12:28Je lâche les études scientifiques en anglais, machin.
12:31Je reste tranquille et de toute façon, elle, elle saura.
12:34Et enfin, je me repose sur elle, quoi.
12:35En fait, j'ai pu faire confiance à quelqu'un.
12:39Cette spécialiste continue de suivre Diane.
12:42Et ensemble, elles entament des démarches pour qu'elle soit reconnue travailleuse handicapée.
12:47Il n'existe, pour le moment, aucun traitement pour soigner l'encéphalomyélite myalgique.
12:52Seul le repos peut améliorer l'état de santé de Diane,
12:55qui est en arrêt maladie depuis plus de deux ans.
12:58Physiquement, c'est stable avec des aggravations passagères.
13:02Mais globalement, c'est toujours le même handicap.
13:04C'est-à-dire que moi, il faut que je sois en arrêt de travail,
13:07que je me couche plusieurs heures par jour.
13:10C'est vraiment dévastateur à cet âge-là d'être aussi diminuée,
13:13de ne pas pouvoir travailler.
13:14Je ne sais pas si je pourrais retravailler un jour.
13:16Moi, j'adore mon métier.
13:17J'espère qu'un jour, quand même, je pourrais au moins faire un petit 30%.
13:20Je ne sais pas.
13:21On verra.
13:22Et puis, il y a plein d'autres questions beaucoup plus intimes
13:24sur le fait de fonder une famille ou pas.
13:27Enfin, c'est hyper dur.
13:28Il y a beaucoup plus de recherches qu'avant sur l'encéphalomyélite myalgique.
13:31Et je me dis que ça finira peut-être à 8h sans parler de guérir les gens,
13:34mais au moins qu'il y a un traitement qui améliore
13:36et qui fait qu'on puisse avoir une vie un peu plus normale.
13:38C'est-à-dire, rien que reprendre le travail et marcher un peu en montagne,
13:41moi, ça serait déjà...
13:42Enfin, maintenant, je me contenterais de peu, on va dire.
13:45Je ne demande pas à faire le marathon de Paris, quoi.
13:58Merci à Diane et merci à Ambre Rosala pour ce témoignage.
14:02Et pour faire un point sur le Covid long,
14:04je suis maintenant avec Nicolas Béraud,
14:06journaliste au service futur du Parisien.
14:08Vous couvrez l'actualité du Covid-19 depuis le début de la pandémie.
14:11D'abord, tout simplement, comment on définit un Covid long ?
14:14Alors, il y a une définition qui est celle de l'Organisation mondiale de la santé,
14:18qui est un petit peu reconnue de façon universelle.
14:21Le Covid long, selon cette définition, ce sont des symptômes persistants
14:24qui apparaissent dans les trois mois qu'il suit une infection
14:27et qui durent pendant au moins deux mois.
14:29Et surtout, et ça c'est très important,
14:31qu'ils ne peuvent s'expliquer par aucun autre diagnostic.
14:33C'est pour ça que ce qui est important lorsqu'on veut diagnostiquer un Covid long,
14:36c'est d'abord d'aller exclure toutes les autres différentes hypothèses
14:39qui peuvent expliquer ces symptômes.
14:41Et il existe plusieurs formes de Covid long, c'est ça ?
14:43Oui, tout à fait. Il existe plusieurs formes, parce qu'il y a des gens chez qui ça va surtout
14:47se traduire
14:47par des épisodes de fatigue très importantes,
14:50d'autres qui vont potentiellement faire des malaises,
14:52d'autres qui vont avoir parfois des battements du cœur très importants.
14:54Il y a effectivement différents symptômes.
14:56Il y a des dizaines de symptômes qui sont listés
14:58comme pouvant appartenir à cette catégorie Covid long.
15:01On sait combien de personnes sont concernées par cette maladie en France ?
15:04Non, on ne sait pas.
15:05Alors, il y avait une estimation qui avait été faite l'été dernier
15:08par Santé publique France de 2 millions de personnes
15:10qui se diraient affectées par un Covid long en France.
15:13Mais c'est une estimation à prendre avec énormément de prudence.
15:16D'abord parce qu'elle est, en fait, c'est une extrapolation
15:18à partir d'une étude sur un petit nombre de volontaires.
15:20Donc, il faut être très prudent.
15:22Grosso modo, les études donnent des résultats assez variables
15:24parce que ça va de 1% à parfois 30-50%
15:27des patients ayant été infectés qui auront par la suite un Covid long.
15:32Les études les plus robustes sont autour de 15-20%.
15:35Est-ce qu'aujourd'hui, le Covid long est considéré comme une maladie invalidante ?
15:39Alors, le Covid long en tant que tel ne permet pas de bénéficier
15:42du dispositif ALD, affection de longue durée.
15:44Par contre, il peut permettre de l'obtenir, ce dispositif,
15:48sous certaines conditions, soit parce que ce Covid long, en fait,
15:51entraîne par exemple une maladie respiratoire
15:53qui donne elle-même droit au dispositif ALD,
15:56soit parce qu'on respecte certains critères,
15:58notamment suivre un traitement très lourd
16:00ou alors devoir être hospitalisé.
16:02Dans ce cadre-là, ça peut permettre de bénéficier
16:05du dispositif ALD, mais par définition, le Covid long seul, non.
16:09Dernière question, Nicolas Béraud.
16:11À l'heure actuelle, est-ce qu'il existe des traitements
16:13pour soigner ou soulager les malades ?
16:15Non, il n'existe pas de traitements universellement reconnus
16:18pour soigner les malades.
16:19Tout d'abord, parce que comme on l'a dit,
16:20les symptômes peuvent être variables.
16:22Donc, c'est vraiment au cas par cas avec le médecin.
16:24Et puis, il y a aussi une autre piste de réflexion.
16:26C'est des traitements qui pourraient être pris
16:28avant un éventuel Covid long
16:29pour réduire le risque de Covid long.
16:31Et là aussi, il y a des pistes d'études,
16:33des molécules qui sont testées,
16:34mais il n'y a pas non plus encore de traitements
16:36qui soient déjà reconnus
16:37comme pouvant réduire le risque d'apparition
16:39d'un Covid long plusieurs mois
16:40après une infection Covid.
16:43Merci Nicolas Béraud.
16:44Cet épisode a été produit par Raphaël Pueyo,
16:48réalisation Julien Moncouquiol.
16:50Code Source, c'est le podcast quotidien
16:52d'actualité du Parisien.
16:53N'oubliez pas de vous abonner à Code Source
16:55sur votre plateforme d'écoute préférée,
16:57de laisser des petites étoiles
16:58ou un commentaire
17:00et vous pouvez aussi nous écrire
17:01à cette adresse
17:02codesource.leparisien.fr
17:06Sous-titrage Société Radio-Canada
17:12Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires