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Adama Camara, 34 ans, a été condamné à 8 ans de prison après avoir tiré sur les amis des meurtriers de son frère en 2014.
Aujourd’hui, il lutte contre la violence dans les quartiers.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : StreetPress, France TV.

#meurtre #adamacamara #rixe

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News
Transcription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Adama Camara, 34 ans, est un habitant de Garges-Légonesse, dans le Val-d'Oise.
00:15Le 20 mai, l'édition du 95 du Parisien a parlé de lui et de son combat contre la violence.
00:21À travers une série télé, Adama Camara veut dissuader les plus jeunes de participer aux bagarres entre bandes rivales,
00:27bagarres qui peuvent s'avérer mortelles.
00:30Adama Camara a lui-même été condamné en 2018 pour tentative de meurtre.
00:35Il avait tiré sur un homme en 2014 pour se venger de la mort de son petit frère trois ans
00:40plus tôt.
00:41Adama Camara témoigne aujourd'hui dans Codesources, au micro d'Emma Jacob.
00:54Adama Camara a grandi dans une famille nombreuse.
00:57Il est le deuxième d'une fratrie de huit enfants, six garçons et deux filles.
01:02Adama est né le 2 septembre 1988, dans le 18e arrondissement de Paris.
01:07En 1993, ses parents trouvent un plus grand appartement pour accueillir son petit frère, Sada.
01:13Avec sa famille, il déménage en banlieue nord de Paris, à Garges-Légonesse, dans le département du Val-d'Oise,
01:19où Adama grandit avec ses frères et sœurs.
01:21J'avais à peine cinq ans, quand je suis arrivé à Garges-Légonesse.
01:24C'était à l'époque beaucoup de solidarité, dans un quartier, entre la misère un peu,
01:30parce que c'est une réalité, on est dans des quartiers populaires dans les années 90,
01:33c'est assez compliqué, et entre la joie de découvrir d'autres personnes,
01:40et grandir dans un quartier populaire.
01:48Enfant, Adama est proche de ses frères et sœurs,
01:51notamment de son petit frère Sada, qui a cinq ans de moins que lui,
01:54et avec qui il passe beaucoup de temps.
01:56Sada, c'est un jeune qui adore le foot.
01:58Il s'entend avec tout le monde, rigole avec tout le monde,
02:02et beaucoup de blagues à la maison.
02:03On était des petits vanners plus jeunes.
02:06C'est un jeune qui bosse, qui sait bosser, qui a de bonnes notes,
02:10et qui a beaucoup de projets pour l'avenir.
02:13Quand il arrive au collège, Adama est en classe avec des jeunes originaires
02:16d'autres quartiers de Garges-Légonesse pour la première fois.
02:19Et des tensions apparaissent.
02:20Moi, je grandis vraiment dans le quartier de la Martine.
02:25L'école, c'est des gens qui habitent dans mon quartier.
02:28La boulangerie, elle est là, le centre social est là, la piscine, elle est là.
02:31Je ne sors pas de mon quartier, donc j'ai mes idées.
02:33Tout se construit dans mon quartier, donc il n'y a pas d'ouverture d'esprit.
02:39Et quand j'arrive au collège, forcément, je traverse la rue, je vais dans un autre quartier.
02:43Là, on découvre d'autres personnes de Garges.
02:45Sada, c'est un jeune qui veut représenter son quartier.
02:47Il y a des tensions qui commencent à naître.
02:49Et à un moment donné, on était confrontés à des violences,
02:52confrontés à des rixes, représentés son territoire.
02:55Et personne ne veut se laisser faire.
02:58Quand il a 23 ans, Adama commence un travail de chauffeur-livreur
03:01et s'installe avec sa petite amie à Écouan,
03:04une ville du Val-d'Oise située à quelques kilomètres de Garges-les-Gonesses.
03:07Le soir du 17 septembre 2011, Adama passe la soirée chez lui.
03:12Et à 2h du matin, quelqu'un sonne à la porte.
03:15Ma petite amie, elle se lève, elle prend l'interphone
03:18et je l'entends hurler « Non, c'est pas vrai ».
03:21Elle me regarde et me dit « Ils ont tué Sada et ton frère, il est mort ».
03:28Et donc moi, j'ai beau faire 1m90, je suis assez costaud, je m'écroule.
03:33Je m'écroule, je tombe par terre, je me dis « C'est pas possible,
03:35mon frère, il ne peut pas être mort, je l'ai vu ce matin ».
03:38« Sada, je l'ai vu ce matin ».
03:40Donc du coup, je m'habille en catastrophe, je me dirige vers la gare de Gare-Charcel
03:45et je descends de la voiture et je vois un dispositif de police.
03:48Et plus j'avance, et plus je vois par terre, il y a un drap blanc.
03:52Et là, malheureusement, je me rends compte que c'est la réalité.
03:56Derrière ce drap blanc, c'est mon petit frère qui est allongé, qui est mort.
04:00Quelques heures auparavant, son petit frère Sada, âgé de 18 ans,
04:04s'est battu près de la gare de Gare-Charcel
04:06contre deux autres jeunes du quartier Lamartine de Gare-les-Gonesses.
04:09L'un d'eux avait un couteau et a porté deux coups mortels à Sada.
04:14Forcément, au début, il y a cette peine, on a l'impression que nous aussi, on est morts
04:17et on se dit « C'est pas possible ».
04:20J'ai été à la morgue voir Sada et quand on voit son frère à la morgue,
04:24on a l'impression qu'il dort, mais on se dit « Il dort pas, il est mort ».
04:27On le touche, il est froid.
04:30Et moi, ce jour-là, je voulais lui parler en fait.
04:33Et je lui ai parlé, mais dans ma tête, et je le fixais, je lui demandais pardon.
04:37Je lui ai dit « J'ai pas su te protéger en tant que grand frère,
04:40mais tôt ou tard, je vais te venger parce que les personnes qui t'ont tué,
04:43ils vont aussi te rejoindre et il n'y a pas que nous qui allons souffrir,
04:47eux aussi vont souffrir.
04:48Donc je lui ai fait la promesse.
04:50Parce qu'on pense que la vengeance, c'est pour établir une injustice.
04:54Et moi, je pense à me venger dès le soir même.
04:58Adama connaît bien les agresseurs de son frère, car ils ont grandi dans le même quartier.
05:02En sortant de la morgue, ils partent à leur recherche.
05:05Mais avant qu'Adama ne les trouve, ils sont arrêtés par la police.
05:12Pendant plusieurs années, Adama se bat contre ce désir de vengeance et part s'installer dans l'Eure, en Normandie.
05:18Avec sa nouvelle compagne, ils ont une petite fille, Aliana, qui naît en 2013.
05:23Mais malgré ses efforts, Adama ne parvient pas à faire son deuil.
05:26Quand il y a des fêtes de fin d'année, quand il y a des anniversaires ou des fêtes religieuses,
05:32il y a toujours une chaise qui est vide.
05:34Il manque quelqu'un.
05:36Et dans le « il manque quelqu'un », il y a de la peine, il y a de la
05:39souffrance.
05:39Parce qu'on ne travaille pas dessus concrètement.
05:42On s'éloigne, on n'en parle pas pour peut-être penser ses plaies.
05:46Mais la réalité est que quand on ne parle pas de nos morts, on ne guérit pas.
05:51Donc on est toujours rattrapé par cette souffrance et cette réalité.
05:55Les deux agresseurs de son frère, eux, sont incarcérés en attente de leur procès.
06:00Il doit débuter le 2 septembre 2014 devant la cour d'assises du Val d'Oise.
06:05Trois ans après la mort de Sada.
06:09Une nuit, quelques semaines avant le début du procès,
06:12Adama a un déclic pendant qu'il est en train de donner le biberon à sa fille.
06:16Je me suis dit « mais Adama, aujourd'hui tu vis comme si de rien n'était,
06:19alors que tu as fait une promesse à Sada, tu lui as dit « tôt ou tard, je vais te
06:23venger ».
06:24Et là, aujourd'hui, tu commences à construire ta vie,
06:26mais ta fille ne va jamais connaître son oncle et ton frère ne va jamais connaître sa nièce.
06:31Et ce soir-là, j'ai eu ce mauvais déclic.
06:33Je me suis dit « il faut que j'agisse, il faut que je fasse quelque chose ».
06:35Je me suis dit « bon, les personnes qui ont tué mon frère, elles sont incarcérées,
06:39il y a un jugement qui va arriver.
06:41Et s'ils apprennent que leur frère est mort, eux aussi en cellule,
06:45ils vont souffrir comme nous, on souffre aussi à l'extérieur. »
06:48Adama se procure une arme, avec l'idée de passer à l'acte.
06:57Quelques jours avant le début du procès, le soir du 20 août 2014,
07:01il est en voiture à Garges-les-Gonesses
07:03et croise le grand frère d'un des agresseurs de Sada.
07:06Ce n'était pas prémédité.
07:07J'avais mon arme dans ma boîte à gants,
07:09mais je ne les ai pas cherchées.
07:10Je ne suis pas venu dans le quartier spécialement pour les chercher.
07:14Je tombe sur eux par hasard et je me dis « feu ».
07:20Et je lui tire dessus à plusieurs reprises,
07:23lui et des personnes qui étaient avec lui.
07:26Et je prends la fuite, je pars.
07:30Adama a agi à visage découvert et avec son véhicule.
07:34Il est très facilement identifiable et rapidement interpellé,
07:37puis placé en garde à vue.
07:39Pendant 24 heures, je vis dans cette interrogation,
07:42me dire « j'ai tué un homme »
07:43et cet homme que j'ai tué, c'était mon ami d'enfance.
07:46Sa mère, je la connais et je vais faire pleurer sa mère
07:49comme ma mère, elle pleure en fait.
07:51Et pendant 24 heures, vraiment, je vis avec ce sentiment
07:53qui est désagréable.
07:55Vraiment, je me dis « t'as un tueur, Adama.
07:57T'as tué un homme. »
08:00Je dors mal.
08:01Mais après, je me dis « bon, je vais me sentir mieux demain
08:03parce que j'ai vengé mon frère. »
08:05Et le lendemain, je me lève, j'ai toujours cette douleur
08:08de « toujours mal que mon frère soit pas là. »
08:11Et c'est là que je me dis « en fait, la vengeance, c'est un piège.
08:13On pense que la vengeance, ça soulage.
08:16Je suis tombé dans ce piège.
08:18Et là, non, il faut assumer en plus.
08:21Mais pas le temps pour les regrets, c'est trop tard. »
08:26Après sa garde à vue, Adama est présenté à une juge d'instruction
08:29qui lui apprend que l'homme sur qui il a tiré n'est pas mort.
08:32Elle demande le placement en détention d'Adama
08:34et le 22 août 2014, il est incarcéré à la maison d'arrêt du Val-d'Oise.
08:39« J'avais jamais fait de la prison.
08:41Donc quand j'arrive en détention, je me retire les menottes.
08:44Après, je passe à la fouille intégrale.
08:47Et la fouille intégrale, c'est quelque chose, c'est une épreuve.
08:50C'est un peu une humiliation même de se mettre à poil devant d'autres personnes.
08:54Après, direction à la cellule, on me donne mon paquetage arrivant,
08:57draps, serviettes, produits hygiéniques.
08:59Et j'arrive devant plusieurs cellules,
09:01dont une cellule où le surveillant s'arrête,
09:03il met une étiquette en dessous d'une autre.
09:05Il y a un détenu qui est à l'intérieur.
09:07Donc je rentre, on fait des salutations rapides.
09:11Je regarde la cellule, de 9 mètres carrés, c'est petit, c'est étroit.
09:16Et à un moment donné, j'arrête de parler, je commence à réfléchir
09:18et je me dis qu'à partir de maintenant,
09:20je vais vivre avec quelqu'un que je ne connais même pas.
09:23Je vais passer 22h sur 24 avec quelqu'un que je ne connais pas.
09:27C'est ça l'univers carcéral.
09:28Je me dis, c'est ça la prison.
09:30Et le lendemain, le réveil, c'est le surveillant à 7h qui fait l'appel
09:34et qui nous dit, préparez-vous pour la douche.
09:36Donc on va à la douche dans des petites cabines.
09:38Il n'y a pas d'intimité, c'est des portes ouvertes.
09:42Tout naïf, je dis au surveillant,
09:43mais la douche, c'est tous les jours à 7h.
09:46Il me dit, camarade, tu es pour au club med,
09:48la douche, c'est pas tous les jours.
09:50Et là, je me rends compte d'une autre réalité,
09:52c'est quand on est en prison,
09:54on n'est pas libre de nos mouvements,
09:56on n'est pas libre aussi de se laver quand on veut.
09:59Donc le choc carcéral, il est terrible.
10:05Pendant son incarcération,
10:07Adama maintient un lien très fort avec sa famille
10:09qui vient régulièrement lui rendre visite au parloir.
10:12Un jour, un de ses frères l'appelle
10:14et lui annonce que son père est atteint d'un cancer du pancréas en phase terminale
10:17et qu'il ne lui reste que quelques semaines à vivre.
10:20Avec l'aide de ses avocats,
10:22Adama entame alors les démarches auprès de l'administration pénitentiaire
10:25pour obtenir le droit d'aller lui dire au revoir.
10:27Je fais la demande le lundi,
10:29le mercredi je passe devant la cour d'appel de Versailles
10:31et le vendredi je suis censé sortir aller voir mon père
10:35donc j'ai peur.
10:37Et jusqu'à ce vendredi
10:38où je reçois le papier
10:40et je vois qu'il y a marqué refuser.
10:42Donc on refuse ma demande de sortir sous escorte.
10:46Et bien à partir de ce moment
10:47je savais que c'était malheureusement fini
10:49que mon père j'allais plus le revoir en vie.
10:51Donc le samedi, j'ai à ma petite amie
10:53d'aller le voir à l'hôpital.
10:54Il n'a même pas la force de prendre le téléphone.
10:57Donc je lui dis tu mets le téléphone à l'oreille
10:59et à ce moment-là je lui demande pardon.
11:01C'est les seuls mots que je peux lui dire.
11:04Et après je raccroche.
11:05Moi je suis dans ma cellule.
11:07Je pleure, je pleure, je pleure.
11:09Et trois jours après on m'appelle
11:11on me dit que mon père il est mort.
11:13Je me dis
11:14si je n'avais pas commis cet acte-là en 2014
11:17j'aurais pu porter son cercueil fièrement
11:20et l'enterrer.
11:21Je n'ai pas été là.
11:27En juillet 2018,
11:29deux mois après le décès de son père
11:31et dans l'attente de son procès,
11:33Adama est libéré sous contrôle judiciaire.
11:36Je me rappellerai toujours
11:37quand le surveillant il vient m'annoncer
11:38que je suis libérable.
11:40En fait je n'ai pas d'expression.
11:42J'étais tellement anesthésié
11:43et tellement triste
11:44de tout ce qui m'est arrivé en fait.
11:46Je rentre,
11:48j'ai un papa,
11:49je sors limite je suis orphelin.
11:51Et donc voilà.
11:51Et après je vais voir ma fille
11:54qui limite n'a jamais vu son père dehors.
11:56Elle a toujours vu son père au parloir.
11:58Donc ma fille qui est très contente
12:00et quand elle retrouve ses esprits,
12:01sa première phrase c'est de me dire
12:03on est au mois de juillet
12:04c'est de me dire
12:05je suis pressé d'aller à l'école en septembre.
12:08Moi je lui dis
12:08pourquoi t'es bizarre toi
12:10on est au mois de juillet
12:10t'aimes l'école à ce point-là ?
12:12Elle me dit non c'est comme ça
12:13moi aussi à l'école
12:14je vais pouvoir leur dire
12:15que j'ai un père.
12:17Et on prend aussi une autre claque
12:19on se dit en fait
12:20ce geste-là
12:21a fait beaucoup plus de mal
12:22qu'on le pense.
12:24Il a fait du mal de l'autre côté
12:25parce que les personnes
12:26ont été blessées dans leur chair
12:28mais il a aussi
12:30fait du mal à ma famille
12:31c'est pour ça que
12:32quand on dit
12:32quand on tue une personne
12:33c'est deux familles qui sont brisées
12:35quand on blesse une personne
12:36c'est aussi deux familles
12:37qui sont brisées
12:38la famille de l'agresseur
12:39et la famille de la victime.
12:45Un jour
12:45Adama tombe sur une vidéo
12:47d'un jeune victime d'un lynchage
12:48à Garges-les-Gonesses
12:49qui circule sur les réseaux sociaux.
12:51Adama se filme alors
12:52avec son téléphone
12:53pour raconter son histoire
12:54et alerter sur le danger d'Eriks
12:56et poste la vidéo sur Facebook.
12:58Bon, ce message
12:59il s'adresse
13:00à tous les gargeois
13:01parce qu'avec tout ce qui se passe
13:03dans nos cités
13:05les petits frères
13:06qui s'entretuent
13:06que ce soit à Sarcelles
13:08à Garges
13:09à Paname
13:10partout
13:11des types qui ont 15-16 ans
13:13voilà
13:13laisse tomber
13:15c'est malheureux.
13:15Dans les heures qui suivent
13:16elle est partagée
13:17plusieurs centaines de fois
13:18sur le réseau social.
13:19On me sollicite à gauche
13:21à droite
13:21pour venir parler aux jeunes
13:22et de là
13:23on a fait un projet
13:24qui s'appelle
13:24Descente de mots
13:25où on a réuni
13:27tous les jeunes
13:27autour de la musique
13:29et quand je fais le refrain
13:30je dis
13:30embrouille égale prison
13:32et après je termine
13:33je dis
13:34on se fait la guerre
13:35pourtant nos parents
13:35se connaissent
13:36on a grandi ensemble
13:37on s'entretue
13:38parce qu'au final
13:39on se bat avec qui
13:40et contre qui
13:41souvent des personnes
13:42qui nous ressemblent
13:43qui ont les mêmes
13:44problématiques
13:44que nous
13:51Le procès d'Adama
13:53a lieu quelques mois plus tard
13:54du 17 au 21 décembre 2018
13:56au tribunal de Pontoise
13:58il est condamné
13:59à 8 ans de prison
14:00pour tentative de meurtre
14:01et incarcéré
14:02au centre pénitentiaire de Lens
14:03dans les Hauts-de-France
14:05quelques mois plus tard
14:06Adama bénéficie
14:07d'un aménagement de peine
14:08en semi-liberté
14:09la journée il est dehors
14:11et le soir
14:12il retourne en détention
14:14à ce moment là
14:15il est interviewé
14:16par le média indépendant
14:17Street Press
14:17pour qu'il raconte son histoire
14:18et la vidéo est postée
14:20sur internet
14:20mon petit frère
14:21il est mort
14:22il s'est fait assassiné
14:23en 2011
14:25coup de couteau
14:26dès le soir même
14:27je voulais me venger
14:28je l'ai appris la veille
14:29le lendemain
14:29à chercher les mecs
14:30une vidéo qui devient virale
14:32qui dépasse le million de vues
14:33en l'espace de un mois
14:35ou deux
14:36et beaucoup de messages
14:37venant de toute la France
14:38des personnes
14:39qui me disaient
14:39Adama moi aussi
14:40j'ai vécu la même chose
14:41que toi
14:41je te comprends
14:43moi je vis cette chose
14:44là actuellement
14:44je me suis dit
14:47pourquoi pas aller donner
14:48la parole à ces familles là
14:49en février 2020
14:50Adama finit de purger sa peine
14:52et sort définitivement de prison
14:53il entre de nouveau
14:55en contact avec Street Press
14:56à qui il propose
14:57un projet de série documentaire
14:59Adama veut aller
15:00à la rencontre
15:01de celles et ceux
15:02dont la vie a basculé
15:03à cause d'Erix
15:03Street Press accepte
15:05et les épisodes
15:06sont tournés
15:06à la fin de l'année 2020
15:07je m'appelle Adama Camara
15:10j'ai 32 ans
15:12j'ai grandi ici
15:14à Garges-les-Gonesse
15:15en mai 2021
15:16la saison 1
15:18de cette série
15:18appelée Rix
15:19sort sur la plateforme
15:20France TV Slash
15:21partenaire du projet
15:22on a la preuve
15:23avec la série Rix
15:24que
15:25dans même des petits patelins
15:27où on ne s'y attend pas
15:29il y a eu des Rix
15:30il y a eu des exécutions
15:31ou des personnes
15:31qui ont été tuées
15:33pour moi
15:34c'est un phénomène de société
15:35c'est un problème sociétal
15:36il est temps
15:37de se pencher
15:38vraiment sur le sujet
15:39d'Erix
15:40et quand la série
15:41elle sort
15:41quand je reçois
15:42des sociologues
15:44qui travaillent
15:44sur le sujet
15:45depuis des années
15:46qui me disent
15:46franchement c'est top
15:47ce que tu fais
15:48et tout
15:48moi j'en suis content
15:49pas pour moi
15:51j'en suis content
15:51pour ces familles
15:52parce que c'est des familles
15:54qui sont détruites
15:54moi aujourd'hui
15:55je me bats
15:55vraiment pour les familles
15:57à sa sortie de prison
15:59en 2020
15:59Adama crée une association
16:01en hommage à son petit frère
16:02qu'il baptise Sada
16:04depuis
16:04il mène des actions
16:05pour lutter contre
16:06toutes les formes
16:07de violences
16:07dans les quartiers populaires
16:09Adama intervient
16:10notamment dans
16:10les établissements scolaires
16:11mais aussi auprès des jeunes
16:12suivis par la protection judiciaire
16:14de la jeunesse
16:14ou incarcérés
16:15en maison d'arrêt
16:16prendre le temps
16:17de s'asseoir
16:18de libérer la parole
16:19avec des professionnels
16:21et des citoyens
16:22lambda
16:23je pense que c'est
16:24exceptionnel
16:25on leur redonne confiance
16:27en eux
16:28ils font de belles choses
16:29et à la fin
16:29ils me disent
16:30ils me remercient en fait
16:35je me suis battu
16:37pour qu'on dise pas
16:38que Sada
16:38il est mort pour rien
16:40beaucoup ne connaissent pas
16:41Sada
16:41n'ont jamais vu Sada
16:43mais savent que Sada existait
16:44et Sada était un beau gosse
16:48le plus beau de la famille
16:49même
16:50et je me dis
16:51si à travers ce combat
16:53on peut sauver
16:55aider
16:57c'est que du positif
17:10Emma
17:10est-ce qu'Adama Kamara
17:11a été en contact
17:12avec l'homme
17:13sur lequel il a tiré
17:14et est-ce qu'il lui a demandé
17:16pardon
17:16alors Adama a essayé
17:18d'entrer en contact
17:18avec lui
17:19par le biais de ses avocats
17:20pour échanger
17:21pour s'excuser
17:22de son geste
17:23mais il n'a pas eu de réponse
17:24et même si Adama
17:25n'a plus jamais eu de contact
17:26avec lui
17:27il pense encore très régulièrement
17:28à ce qu'il a fait
17:29et aux conséquences
17:29pour sa victime
17:30et à l'inverse
17:31est-ce que lui a eu des contacts
17:32avec les deux hommes
17:34qui ont tué son frère
17:35ces deux agresseurs
17:36et qui ont été condamnés
17:37à des peines
17:38de 8 et 10 ans de prison
17:39non aucune
17:40Adama sait juste
17:41qu'ils sont tous les deux
17:42sortis de prison
17:42mais ils ont quitté
17:43Garge-les-Gonesse
17:44et Adama ne les a jamais revus
17:46la série qu'Adama Kamara
17:47a réalisé avec le média
17:49en ligne Street Press
17:50donc Rix
17:50est encore disponible
17:52sur la plateforme
17:53de France Télévisions
17:54sur internet
17:54France.tv
17:56et la saison 2
17:57est sortie le 3 mai
17:58sur la chaîne YouTube
17:59de Street Press
18:00Emma
18:01à quoi ressemble cette série ?
18:03C'est une série documentaire
18:04dans laquelle Adama
18:05et Street Press
18:05vont à la rencontre
18:06de jeunes et de familles
18:07dont la vie a basculé
18:08suite à des affrontements
18:09à des rixes
18:10un peu partout en France
18:11en région parisienne
18:12mais aussi à Toulouse
18:13Orléans
18:14ou encore Grenoble
18:15il y a 6 épisodes par saison
18:17qui durent chacun
18:18entre 10 et 15 minutes
18:19et dans lesquels
18:20on découvre à chaque fois
18:21le témoignage
18:22d'un jeune
18:22ou d'une famille
18:23qui ont subi les conséquences
18:24de ces rivalités
18:25et qui racontent leur colère
18:27leur peine
18:27et leur reconstruction
18:28et la nouveauté de la saison 2
18:30qui est sortie le 3 mai
18:31c'est que cette fois
18:32Adama va aussi
18:33à la rencontre de jeunes
18:35qui ont directement
18:35participé à des rixes
18:37comme dans l'épisode 5
18:38qui a été tourné
18:39avec des détenus
18:40à la maison d'arrêt
18:41de Villepinte
18:41en Seine-Saint-Denis
18:43Merci Emma Jacob
18:44Cet épisode de Code Source
18:45a été produit par
18:46Raphaël Pueyo
18:47Julia Paré
18:48Thibault Lambert
18:49et Clara Garnier-Amourou
18:50Réalisation
18:51Pierre Chafanjon
18:52Code Source
18:53est le podcast quotidien
18:55d'actualité du Parisien
18:56nous publions un nouvel épisode
18:57chaque soir
18:58du lundi au vendredi
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