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Après le suicide de Clément, 15 ans, ses parents tentent de trouver des réponses dans son téléphone. Ils sont persuadés que leur fils a été victime de harcèlement sur les réseaux sociaux et portent plainte contre les plateformes. Témoignage.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Grouzis et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

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#réseauxsociaux #protection #codesource

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News
Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Codesource revient aujourd'hui sur le combat d'un couple de parents qui cherchent à comprendre
00:16pourquoi l'un de leurs fils s'est suicidé en septembre 2024.
00:21Clément avait 15 ans, ses parents essaient d'obtenir l'ouverture d'une enquête
00:25sur les différentes raisons qui l'ont amené à mettre fin à ses jours.
00:29Sa mère, Emmanuelle Pouédras, explique que Clément subissait du harcèlement en ligne
00:34de la part d'au moins deux de ses camarades et elle dénonce le manque de coopération
00:39de la part des réseaux sociaux qui refusent de déverrouiller ses comptes pour en révéler le contenu.
00:45Emmanuelle Pouédras et son mari ont porté plainte le 19 septembre contre plusieurs plateformes,
00:50dont TikTok et Meta qui possèdent Instagram et WhatsApp.
00:53Après avoir témoigné ce jour-là dans le Parisien,
00:57Emmanuelle Pouédras a accepté de recevoir Barbara Gouy pour Codesource.
01:06Je rencontre Emmanuelle chez elle à Lorient en Bretagne.
01:10Elle habite dans une jolie maison en dehors du centre-ville et elle est tout de suite très accueillante et
01:17pleine de vie.
01:18En arrivant, je remarque qu'elle a une paralysie de la moitié du visage.
01:23Pour Emmanuelle, c'est lié à la mort de son fils.
01:26Depuis son suicide, en septembre 2024, Emmanuelle vit dans l'incompréhension.
01:33On s'installe autour de la table du salon pour qu'elle me raconte son histoire.
01:39Emmanuelle Pouédras est née le 21 février 1970.
01:44Elle grandit en Tunisie parce que son père enseigne là-bas.
01:48Quand elle a 11 ans, ses parents se séparent et Emmanuelle part vivre dans le sud de la France avec
01:55sa mère.
01:56Dix ans plus tard, elle décide d'aller à Paris pour travailler dans une agence de communication
02:01et en 2004, elle prend la tête du service de presse d'Adidas.
02:06À cette période, elle rencontre son futur mari.
02:10Je l'ai rencontré par l'intermédiaire de deux copains.
02:14Voilà, un grand classique du genre.
02:17On s'est rencontrés en 2004.
02:19On se connaissait avant, mais on ne s'était pas rencontrés en âme sœur.
02:24Et donc, on s'est mariés en 2007.
02:27On était un peu matures, 37 ans pour moi et un peu moins pour lui.
02:33Donc voilà, on était sûrs de notre décision.
02:36Emmanuelle et son mari auront deux fils, dont Clément, le cadet, qui est né le 11 mars 2009.
02:44Clément était un garçon extrêmement intelligent.
02:50Il a été détecté comme enfant surdoué.
02:54Il avait un sens de l'observation extrêmement aigu.
02:58On pouvait lui demander quelque chose dans la maison.
03:02Est-ce que tu as vu ça ? Il savait exactement où étaient rangées les choses.
03:05Et c'est un garçon qui avait beaucoup d'humour, très jeune.
03:09L'humour était sa façon de sortir d'une situation qui le gênait, en fait.
03:14Donc il faisait une petite pirouette humoristique et donc on passait à autre chose.
03:18C'est un garçon extrêmement sensible, qui ne voulait pas le montrer et qui, on va dire, cachait ses émotions.
03:26Et c'était un peu notre rayon de soleil, toujours le sourire aux lèvres.
03:32Emmanuelle, son mari et ses deux garçons, déménagent en 2022 pour s'installer à Lorient.
03:38Clément s'adapte bien.
03:39Il semble se plaire dans la région.
03:41L'école est juste à côté de leur maison.
03:43Ils peuvent y aller en vélo.
03:45Mais au mois d'avril 2024, à la fin du collège,
03:49Emmanuelle détecte quelques baisses au niveau des notes scolaires de Clément.
03:53Elle lui demande si tout va bien.
03:54On avait eu des discussions et il m'avait juste dit, j'ai juste ça en écho,
04:00ce que je ressens m'appartient.
04:02Et donc on avait respecté ça.
04:05On lui avait juste dit que c'était important de pouvoir parler.
04:10C'est-à-dire qu'il savait que la parole était libre chez nous
04:13et que s'il ne voulait pas le faire avec nous,
04:15il y avait la possibilité de le faire avec quelqu'un à l'extérieur.
04:19C'était quelque chose qu'on avait ouvert parce qu'on sait qu'à l'âge de 14-15 ans,
04:24ils sont en train de se construire et qu'il y a des fois des choses où on ne veut
04:27pas les dire aux parents.
04:28Emmanuelle ne s'inquiète pas.
04:29Elle fait confiance à son fils et elle n'a reçu aucune alerte des professeurs.
04:34Emmanuelle et son mari ne sont pas des parents stricts.
04:37Elle donne une certaine liberté à Clément,
04:39mais il a des règles, par exemple pour l'utilisation des réseaux sociaux.
04:43Jusqu'à ses 15 ans, en fait, il y avait un protecteur sur le téléphone,
04:50donc d'accès à certaines applications.
04:53Et les réseaux sociaux, pour nous, ils n'y allaient pas.
04:58En fait, TikTok, c'était non autorisé chez nous.
05:03Snapchat, on l'a autorisé parce que le groupe de copains,
05:08de potes et on ne voulait pas l'exclure du monde dans lequel il était, le monde social.
05:14Donc on avait autorisé Snapchat et les téléphones
05:17et les jeux vidéo ne sont pas acceptés dans les chambres la nuit.
05:23On va se coucher, le téléphone est à la droite, se reposer aussi,
05:26donc les téléphones sont en bas, en train de charger.
05:28Clément réussit le brevet et pendant l'été 2024,
05:31avant d'entrer au lycée, il part en vacances avec ses cousins.
05:35Il semble heureux. Le lundi 2 septembre 2024, c'est la rentrée.
05:40Il était content de la classe dans laquelle il était.
05:43Il était content d'avoir fait sa rentrée en seconde.
05:46Il avait même pris les choses scolairement en disant
05:50« Ok, il y a des enjeux, c'est le lycée, etc. »
05:54Il avait préparé son emploi du temps la veille au soir
05:57avec l'emploi du temps scolaire et son organisation personnelle
06:02avec « Là, je vais goûter de telle heure à telle heure.
06:04Là, je me fais une pause de jeu et là, je travaille. »
06:07Il avait planifié ses semaines.
06:09Et le vendredi matin, comme tous les vendredis, comme tous les jours,
06:13on prend le petit déjeuner ensemble et puis il part au lycée
06:17et il me dit « Au revoir maman, un bisou, au revoir maman, bonne journée. »
06:23On est le 6 septembre 2024.
06:25Emmanuelle part au travail.
06:27À présent, elle tient une boutique près de Lorient.
06:30Elle est fleuriste.
06:31Pendant l'après-midi, l'école l'appelle pour lui dire
06:34que la carte scolaire de Clément a été retrouvée dans les bois.
06:38« Je lui envoie un message pour lui demander s'il est bien à la maison.
06:41Il me confirme que oui.
06:43Donc je me dis « Ok, pas d'inquiétude. »
06:45Et quand je rentre, je suis sur le chemin du retour à la maison
06:50et là, mon mari m'appelle en me demandant si je sais où est notre fils.
06:56Et il m'a dit il y a une heure et demie qu'il était à la maison.
07:00Ben non, il n'y est pas.
07:02On ne comprend pas qu'il ne soit pas à la maison
07:03parce que la règle, elle est chez nous, elle est assez claire.
07:05Tu quittes la maison, tu préviens.
07:07Justement, comme ça, on ne s'inquiète pas.
07:10Et mon mari reçoit un message de Clément par SMS.
07:14en lui disant « T'inquiète pas, je teste un truc grave.
07:19Je serai là demain. »
07:22Emmanuel et son mari ne comprennent pas le sens de ce message.
07:25Ils imaginent qu'il s'est peut-être fait voler son téléphone.
07:28Dans le doute, il contacte tout de suite la police
07:31pour signaler la disparition de leur fils.
07:34Il est 19h.
07:36Les policiers leur conseillent d'attendre encore un peu
07:38car il est trop tôt pour lancer des recherches.
07:42Vers les coups de 21h,
07:44j'ai un coup de téléphone du commissariat de Lorient
07:48qui me dit de venir les voir
07:52pour déposer quelque chose,
07:54pour ouvrir une disparition inquiétante.
07:57Quand j'arrive au commissariat,
07:59on me dit « Votre fils a été retrouvé.
08:02Désolé, il est décédé. »
08:04Et c'est la seule information que j'ai.
08:06« Rentrez chez vous.
08:07Le lieutenant de gendarmerie va vous appeler. »
08:10« Et en fait, notre fils a été retrouvé à 21h15.
08:14Et donc en fait, entre le moment où j'ai lancé les démarches,
08:18la recherche à 19h,
08:21et il s'est passé deux heures. »
08:25Clément s'est suicidé.
08:27Emmanuel est effondré,
08:28elle prévient sa famille,
08:30il n'arrive pas à y croire.
08:32Pendant trois semaines,
08:33elle et son mari sont en arrêt de travail.
08:35Le grand frère de Clément, quant à lui,
08:38ne rate l'école qu'une seule journée.
08:41Collectivement, ils veulent avancer,
08:43même s'ils n'ont aucune explication sur le geste de Clément.
08:47Et au mois de février, par hasard,
08:49dans une BD,
08:50on retrouve un mot
08:52de Clément
08:53qui nous dit
08:55« Désolée,
08:57vous n'y êtes plus rien,
08:59je me suis ôté la vie
09:00pour des centaines de raisons. »
09:06Mais Emmanuel et sa famille
09:07ne connaissent toujours pas
09:09les circonstances de la mort de Clément,
09:11ni ce qui a pu le pousser
09:12à mettre fin à ses jours.
09:14L'enquête a conclu un suicide
09:16sans en chercher les causes.
09:18Ils n'ont même pas eu d'informations
09:20sur la personne
09:21qui a ramené sa carte scolaire
09:23perdue dans les bois
09:24au lycée.
09:25En décembre,
09:26le dossier est classé.
09:27Mais depuis le début,
09:29Emmanuel a une certitude.
09:31Les réponses à leurs questions
09:32se trouvent dans le téléphone de Clément.
09:35Je lui dis
09:36« Il faut déverrouiller ce téléphone,
09:37le secret il est là-dedans
09:38parce que je ne veux pas croire
09:40que mon fils,
09:41notre fils,
09:43s'est donné la mort comme ça,
09:44sans raison. »
09:46C'est un gamin
09:47qui était très cartésien.
09:50Comment quelqu'un,
09:51certes en construction de personnalité,
09:53peut décider comme ça,
09:56de son propre chef,
09:57de se donner la mort ?
09:59Il y a forcément un déclencheur.
10:01Il y a « Est-ce que c'est
10:02la rentrée scolaire ?
10:03Est-ce que c'est
10:04de la malveillance de personne ?
10:07Est-ce que c'est
10:08une mauvaise rencontre ? »
10:10Tout ça, on ne sait pas.
10:11Après le suicide de Clément,
10:13Emmanuel se rend compte
10:14qu'il utilisait TikTok,
10:16malgré l'interdiction.
10:18La gendarmerie a placé son téléphone
10:20sous-scellé,
10:21mais ne l'a pas déverrouillé
10:23pour connaître son contenu.
10:25Depuis qu'Emmanuel l'a récupéré,
10:27elle a contacté Samsung
10:28pour réclamer le déverrouillage
10:30du téléphone de cette marque.
10:32On lui dit qu'il n'y a pas de solution
10:34pour le faire,
10:35sans effacer les données.
10:36On lui conseille donc
10:38de se rapprocher
10:39de chacun des réseaux sociaux
10:40qu'avait Clément
10:41pour obtenir
10:43les mots de passe
10:43de son fils.
10:44Mais personne ne lui répond.
10:46La seule chose
10:48à laquelle elle a accès,
10:49c'est sa boîte mail,
10:51car son compte Google
10:52était resté connecté
10:53sur l'ordinateur familial.
10:55Sur cette boîte mail,
10:57elle retrouve trois mois
10:58de conversations de groupe
11:00que Clément avait enregistrées.
11:02Dans ces conversations,
11:03il se faisait insulter
11:05par deux de ses camarades.
11:10Il était dénigré.
11:12Je me dis pourquoi
11:14il a sauvegardé
11:15trois mois de cette conversation.
11:17C'est qu'il voulait bien
11:18y garder des preuves, etc.
11:20J'ai retrouvé une photo
11:22de deux jeunes qui sont venus.
11:24Il les voit dans la rue
11:26et il a pris une photo
11:28en preuve qu'ils sont venus
11:30l'emmerder.
11:31Voilà, il y a un sondage
11:36sur ses potentielles
11:39orientations sexuelles.
11:42Et tout ça, en fait,
11:46les gendarmes l'ont pas vu
11:47parce qu'ils n'ont pas demandé
11:49de réquisition.
11:50Tout ça, c'est pas normal.
11:51À force de faire des recherches,
11:53Emmanuel réussit à avoir accès
11:55à quelques messages
11:55qui ont été envoyés à son fils
11:58le jour même où il est décédé.
12:00Elle ne m'explique pas
12:01comment elle y a eu accès.
12:02On sait que le jour même,
12:04il y a des échanges
12:05qui ont eu lieu sur WhatsApp
12:07et on sait qu'il y en a eu
12:08sur Snapchat,
12:09mais on ne les a pas.
12:12Où il y a notamment,
12:14il y a un camarade
12:15qui lui demande
12:16où il est né de son suicide.
12:17Et ça, c'est un élément
12:19qui était entre les mains
12:19de la gendarmerie.
12:21On s'est dit,
12:22c'est pas normal.
12:23On a même échangé
12:27avec des jeunes du même âge
12:28et avec son frère aîné,
12:29savoir si c'était normal
12:31de parler comme ça
12:33entre jeunes.
12:34Et tous nous ont dit
12:35dans le curseur,
12:36il a été mis trop loin là.
12:37Après qu'elle ait commencé
12:38à médiatiser son histoire,
12:41Emmanuel commence à avoir
12:42des réponses
12:43de certains réseaux sociaux,
12:44mais souvent,
12:45c'est pour lui dire
12:46qu'ils ne peuvent rien faire
12:47et qu'ils ne peuvent pas
12:48lui donner les accès
12:49au compte de Clément.
12:51Après plusieurs mois de bataille,
12:53elle arrive à se connecter
12:54à son compte TikTok.
12:56J'y suis allée deux fois
12:58pour éviter de bouger
12:59trop l'algorithme
13:01puisque ça n'a pas été gelé
13:03par réquisition.
13:05Et là, 75% des vidéos
13:08qui lui sont envoyées
13:10sont des vidéos de dépression.
13:15Donc, ça veut dire
13:16que l'algorithme TikTok sait.
13:18L'algorithme savait
13:19qu'il n'allait pas bien.
13:20Donc, ils sont responsables
13:22à la fois parce qu'ils envoyaient
13:23du contenu
13:24et à la fois parce qu'il n'y a pas
13:26eu d'alerte.
13:27C'est un double combat
13:28pour Emmanuel.
13:29Elle veut savoir
13:30si son fils était victime
13:31de harcèlement
13:32et elle veut aussi
13:34rendre compte
13:35de la responsabilité
13:36des réseaux sociaux
13:37dans la santé mentale
13:38des jeunes.
13:40Quand c'est le suicide
13:42d'un enfant,
13:43on ne cherche pas
13:44à savoir pourquoi
13:45à travers son téléphone.
13:47Il y a bien une raison.
13:48Ce n'est pas normal
13:49qu'un enfant de 15 ans
13:52mette fin à ses jours.
13:54On ne peut pas se limiter
13:55à...
13:56On fait les constatations.
13:58Il est décédé de ça.
13:59Il n'avait pas bu.
14:01Il n'avait pas pris de drogue.
14:02Donc, il a fait de son plein gré.
14:04Et on s'arrête là.
14:06Et on dit à la famille,
14:07débrouillez-vous avec ça.
14:08C'est pas...
14:09C'est...
14:09On est en colère.
14:10On est en colère.
14:12Donc, on a décidé
14:13de se bagarrer.
14:14C'est une façon
14:15aussi pour nous
14:17parce que notre vie
14:18continue,
14:19parce que...
14:20Parce que...
14:21Voilà.
14:22Le sujet clément
14:23n'est pas un sujet
14:24qui envahit
14:25nos paroles,
14:26nos échanges au quotidien
14:27parce que la famille continue.
14:29Il y a son frère aîné
14:30qui doit avancer,
14:31qu'on doit accompagner.
14:33Mais c'est une façon
14:35pour nous
14:35de toujours
14:36le rendre présent.
14:40Emmanuel pense à lui
14:41tous les jours.
14:42Chez elle,
14:43elle me montre
14:43les éléments
14:44de sa maison
14:45qui lui font penser à lui.
14:47Par exemple,
14:48un truc tout bête,
14:49mais Clément
14:51était très bricoleur.
14:53Donc, on faisait
14:54des...
14:54Et un peu créatif.
14:56Donc, tous les soirs
14:57et tous les matins,
14:59quand j'accroche
15:00mon manteau
15:01sur le porte-manteau,
15:03c'est un porte-manteau
15:04qu'on a fabriqué ensemble.
15:06Et donc,
15:06je pense à lui
15:08à chaque fois.
15:09On monte dans
15:10la chambre de Clément.
15:16En fait,
15:17sa chambre a été transformée
15:19en lieu partagé
15:20et vivant
15:21avec à la fois
15:23un lieu de travail
15:24pour son frère aîné.
15:26Voilà,
15:26comme ça,
15:27il est au calme
15:27et ça lui fait
15:29un espace de travail
15:30et une partie atelier.
15:32Puisque moi,
15:33je...
15:34C'est le dessin,
15:35la peinture
15:37me permet
15:37de sortir aussi
15:39quelques émotions.
15:41Voilà,
15:42il y en a qui font ça
15:43dans le soir,
15:43mais moi,
15:43je fais ça dans la peinture.
15:44L'objectif,
15:45c'est de ne pas faire
15:47un sanctuaire.
15:48En fait,
15:48ce n'est pas notre démarche.
15:50Ce n'est pas un endroit
15:51qui est dans de nostalgie.
15:52Il est toujours présent,
15:54en fait,
15:55mais différemment.
15:57Emmanuel et sa famille
15:58veulent que Clément
15:59soit reconnu
16:00comme une victime.
16:01C'est exactement
16:02ce qu'on demande.
16:04Demander justice,
16:05on est compatifs
16:06et on va se bagarrer
16:08parce que c'est...
16:10Voilà,
16:10on se doit de le faire
16:13et puis on en a besoin.
16:30Barbara,
16:31pourquoi Emmanuel a fait
16:32le choix de témoigner
16:33à ton micro
16:34et plus largement
16:35dans les médias ?
16:35En témoignant,
16:36elle espère donner
16:37un coup d'accélérateur
16:38aux procédures
16:39qu'elle a entreprises
16:40auprès des réseaux sociaux
16:41pour pouvoir accéder
16:43au compte de Clément.
16:44Mais surtout,
16:45elle témoigne
16:45pour sensibiliser les parents.
16:47Ce qu'elle me dit,
16:48c'est qu'elle pensait
16:49que ça n'arrivait qu'aux autres
16:50et que ça ne lui arriverait jamais.
16:51Donc aujourd'hui,
16:53elle veut vraiment dire
16:54aux parents
16:54qu'il faut faire attention
16:55aux moindres signes de détresse
16:57que pourraient présenter
16:58leur enfant.
16:59Je le disais
16:59au tout début du podcast,
17:00les parents de Clément
17:02ont porté plainte
17:03contre plusieurs réseaux sociaux.
17:05Oui, en fait,
17:06Emmanuel s'est rapproché
17:07de l'avocat Pierre de Buisson
17:08quelques mois après
17:09le décès de Clément.
17:10Il suit d'autres affaires
17:12similaires à celles de Clément
17:13et le 19 septembre dernier,
17:15ils ont déposé plainte
17:17contre TikTok, Instagram,
17:18WhatsApp, Snapchat et Discord
17:20pour incitation au suicide,
17:23mise en danger de la vie d'autrui,
17:25complicité de cyberharcèlement
17:27et non-assistance à personne en danger.
17:29Cette plainte est déposée
17:31avec constitution de partie civile,
17:33ce qui entraîne automatiquement
17:34l'ouverture d'une instruction.
17:36C'est-à-dire qu'un juge d'instruction
17:38va devoir dire si, oui ou non,
17:40il faut mener une nouvelle enquête.
17:42En tout cas, avec cette procédure,
17:44Emmanuel et son avocat
17:45espèrent faire reconnaître
17:47la responsabilité des réseaux sociaux
17:49dans le suicide de Clément.
17:51Merci Barbara Gouy.
17:52Ce podcast évoque le suicide.
17:54Si vous-même,
17:55vous avez besoin d'écoute,
17:57vous pouvez appeler le 3114.
17:59C'est le numéro national
18:01souffrance et prévention du suicide.
18:03Une écoute professionnelle
18:04et confidentielle
18:05y est assurée 24h sur 24,
18:087 jours sur 7.
18:08C'est donc le 3114.
18:10On met ce numéro
18:11dans la fiche du podcast.
18:13Code Source,
18:14c'est le podcast quotidien
18:15d'actualité du Parisien.
18:16Cet épisode a été produit
18:17par Clara Grouzis
18:19et Anaïs Godard
18:20réalisé par Julien Moncouquiol.
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