00:00BFM Business et RMC Live présentent la matinale de l'économie.
00:05Good morning business.
00:07Robert Rivaton nous a rejoint pour débriefer l'actualité du jour.
00:11Bonjour Robin, on commence avec les questions chinoises et ces échanges commerciaux.
00:14On a eu les chiffres, c'était hier matin, des échanges commerciaux qui ont bondi sur les deux premiers mois
00:19de l'année.
00:20Les exportations qui dépassent toutes les attentes avec plus 22% sur un an.
00:25On est à plus 28 vers l'Europe.
00:27Exactement, on est sur des chiffres, alors les Chinois publient toujours les chiffres janvier-février
00:30puisque comme il y a le nouvel an chinois, ça perturbe un petit peu la lecture des chiffres si ce
00:34n'est pas désaisonalisé.
00:36Donc on a eu janvier-février effectivement hier et c'est des chiffres absolument records.
00:42Plus 20%, 21% d'augmentation exprimée en dollars et avec des choses assez dingues vers des zones telles que
00:50l'Europe, 28%,
00:51l'ASEAN 21%, l'Amérique latine 20%, l'Afrique plus 32%.
00:56Et donc c'est des chiffres qui montrent ce qu'on raconte ici depuis quand même pas mal de temps,
01:01c'est que la puissance industrielle ou le moteur industriel chinois est en train d'arriver à maturité
01:06et que ce mécanisme-là va se poursuivre et avec des secteurs qui en plus tirent vers le haut très
01:11fort.
01:11Sur les Etats-Unis, qu'est-ce que ça donne ?
01:13Moins 17% sur les Etats-Unis exprimés en dollars avec toujours cet effet qu'on connaît,
01:17c'est-à-dire qu'une partie des exports supplémentaires vers l'ASEAN, notamment vers le Vietnam, vers l'Indonésie,
01:23repartent vers les Etats-Unis ou repartent vers le Mexique et remontent vers les Etats-Unis.
01:27Mais plus 28% vers l'Europe, là c'est le rouleau compresseur quand même.
01:30C'est l'absolu rouleau compresseur, c'est pas faute de l'avoir dit, redit et exprimé sous de multiples
01:36angles
01:37et ça ne fera qu'augmenter pendant les 5 à 10 prochaines années
01:41puisqu'encore une fois, les mécaniques internes de la puissance manufacturière chinoise
01:47qui sont cette concurrence brutale à l'intérieur du pays, cet investissement dans l'éducation,
01:52cet investissement dans la recherche et le développement arrivent à maturité aujourd'hui.
01:55Donc en fait, on ne peut pas demander aux Chinois d'agir, c'est à nous de réagir.
02:00Et si on n'est pas capable de se dire, nous qui agissons et qui mettons en place des mesures
02:04fortes,
02:05on va se faire dévorer.
02:06On a eu des annonces la semaine dernière sur le contenu européen notamment.
02:10Vous tiquez d'un côté, ce n'est pas assez fort.
02:12Ah non, ce n'est pas du tout.
02:1370% notamment dans les véhicules électriques.
02:16Oui, mais on reste sur des choses assez niches.
02:19On n'utilise pas.
02:20Pour moi, le point principal, c'est qu'un continent comme l'Europe
02:24qui n'est pas capable de mettre en place la préférence pour les achats publics,
02:27alors que cette préférence existe depuis 2015 en Chine,
02:30existe depuis 1933 aux Etats-Unis,
02:33alors que ça paraît le B.A.B.A.
02:34C'est-à-dire que l'accès au marché public européen doit être réservé
02:37à des gens qui fournissent des produits européens à hauteur de 70%, pourquoi pas.
02:42Mais si on n'est pas capable de mettre ça en place
02:46alors que ça existe dans les deux autres zones concurrentes,
02:48c'est bien qu'on n'est pas capable de faire le B.A.B.A.
02:50Vous êtes effrayés par la question de la hausse des prix.
02:52Vous voyez bien le sujet avec l'énergie ces derniers jours.
02:55L'inflation nous effraie.
02:57C'est le propre d'un continent vieillissant
02:59qui a peur que l'inflation vienne renier le pouvoir d'achat de ses consommateurs
03:03et donc qui préfère sacrifier le futur au bénéfice du présent.
03:07Et on revient souvent sur des questions de retraite et autres,
03:09sur des questions d'arbitrage entre le présent et le futur.
03:12Et aujourd'hui, on voit bien que le focus mis en Europe sur toutes les politiques,
03:16cette politique commerciale comme des politiques industrielles,
03:18comme des politiques de protection sociale, ramène au présent en disant
03:21ce qu'on veut, c'est évidemment éviter l'inflation pour les gens
03:24qui sont consommateurs aujourd'hui.
03:25Les consommateurs demain, tant pis pour eux.
03:28Autre information qui vous a marqué, c'est le rachat par méta de Moldbook.
03:31Alors ça, on en avait parlé sur BFM Business.
03:34C'est un réseau social d'intelligence artificielle qui discute entre elles.
03:37C'est pas majeur quand même comme rachat, si ?
03:41C'est plus majeur qu'on le pense.
03:42Alors Moldbook, c'est un petit projet de développement indépendant.
03:45Au début, il y a un tout petit truc avec plein de failles de sécurité
03:48comme tous ces projets qu'on a vus un peu émerger sur les agents IA,
03:51donc ces IA qui sont autonomes et qui vont mener des tâches
03:54sans la supervision d'un humain.
03:57Effectivement, il y a eu cette création de ce réseau social.
04:00Alors, il a été un peu débunké parce qu'au début,
04:02on disait que les agents communiquaient entre eux,
04:04ils avaient des discussions.
04:05En réalité, il y avait des humains derrière.
04:06Bon, voilà, c'est de bonne guerre.
04:08Mais là, pourquoi Mark Zuckerberg achète ce petit projet indépendant ?
04:12C'est parce que dans sa vision, pour lui, une fois qu'un réseau social est installé,
04:17hier pour des humains, donc c'était le rachat très tôt de WhatsApp,
04:20c'était le rachat très tôt d'Instagram,
04:22demain pour des agents IA qui discuteront entre eux,
04:26une fois que le réseau est installé, il devient la référence
04:28et naturellement le flux va se diriger vers ce réseau.
04:31Et donc, il préfère prendre une position, préempter le sujet.
04:34Il avait racheté il y a deux mois maintenant Mano Seai,
04:37une société chinoise devenue singapourienne qu'il a rachetée,
04:39qui était une société spécialisée dans les agents IA.
04:41Et donc, on voit bien qu'aujourd'hui, les grands géants de la tech
04:44commencent à se positionner dans cet univers qui est l'évolution après l'IA.
04:48On n'est plus seulement sur le chatbot qui vous répond,
04:50on est sur, on donne des instructions à un agent qui va les exécuter
04:54pendant que vous dormez, pendant que vous faites autre chose,
04:55pendant que vous allez courir et qu'il le fait de manière non supervisée
04:59avec tous les risques évidemment que cela comporte.
05:01Mais c'est vraiment la prochaine évolution qui est en train d'arriver.
05:03Il y a eu les résultats d'Oracle hier soir.
05:06Oracle, résultat salué par les marchés stratosphériques,
05:09et dans lesquels on voit la dépendance à OpenAI
05:11et les difficultés à venir.
05:13Est-ce que ça vous inquiète ?
05:14On a des inquiétudes notamment sur le crédit privé aux Etats-Unis
05:17où il y a des investisseurs qui demandent des retraits.
05:19Et ça ne se passe pas bien parce qu'on leur dit qu'il n'y a pas assez d
05:21'argent.
05:21Comment vous regardez là, derrière,
05:23toutes les questions au Moyen-Orient de la bulle IA qui est toujours là ?
05:27La bulle IA, la bulle du crédit privé,
05:29on sait qu'on a prêté pendant la période des taux d'intérêt très bas,
05:33on a prêté à des sociétés qui ne méritaient pas d'avoir cet argent-là.
05:37Et donc, à un moment ou à un autre, on devra purger.
05:40Alors ça peut être une purge limitée.
05:41Aujourd'hui, personne ne pense que le crédit privé, c'est systémique,
05:45malgré les alertes de Jamie Dimon sur les cafards,
05:47si vous vous en souvenez, il y a quelques mois.
05:49Personne ne pense encore que c'est systémique,
05:51mais on ne le sait pas trop.
05:52Et il est possible que le gros sujet, c'est
05:54s'il y a un retournement économique violent,
05:56il y a beaucoup de sociétés qui ne seront pas capables
05:58d'honorer le remboursement de leur dette privée.
06:00Est-ce qu'il y aura un retournement économique violent ?
06:01En tout cas, le détroit d'Hormuz est toujours bloqué ce matin.
06:04Merci beaucoup Robin Yvaton d'être venu ce matin.
Commentaires