- il y a 22 heures
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit Hubert Védrine, diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
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NewsTranscription
00:00:00Cela fait dix jours maintenant que l'Iran est la cible des attaques israéliennes et américaines.
00:00:04Hier, les bombardements ont visé des installations pétrolières autour de Téhéran,
00:00:08créant des incendies gigantesques et entraînant la pollution de l'air.
00:00:12Au Liban, 500 000 personnes ont dû fuir le sud de Beyrouth.
00:00:15Là, c'est le Hezbollah qui est visé.
00:00:16L'Iran, de son côté, multiplie les envois de drones et de missiles en direction d'Israël,
00:00:20où les sirènes d'alerte ont de nouveau retenti aujourd'hui.
00:00:23Un conflit qui commence à avoir des conséquences économiques importantes
00:00:25sur la livraison de pétrole ou de gaz.
00:00:27En France comme en Europe, le spectre d'un nouveau choc pétrolier risque de devenir réalité.
00:00:32Le conflit au Moyen-Orient est-il un soubresaut de plus dans l'histoire de la région
00:00:35ou un tournant, y compris pour l'Occident ?
00:00:38Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, est l'invité de LCP, l'indice est politique.
00:01:00– Bonsoir et merci d'être avec nous, comme tous les lundis, sur la 8, pour LCP, l'indice est
00:01:04politique.
00:01:04Bonsoir Hubert Védrine, merci d'être avec nous, ce soir.
00:01:07Vous êtes aussi co-auteur de « Et l'Occident ? ».
00:01:10Je fais ce point-là, parce qu'il y a un point d'interrogation au bout,
00:01:12on y reviendra au cours de cette émission, parce que votre livre résonne beaucoup avec l'actualité.
00:01:16Ce n'est pas un livre d'actualité, mais il se trouve que ce que vous décrivez dedans
00:01:19sur l'Occident d'aujourd'hui et l'avenir de l'Occident
00:01:21correspond à ce qu'on est en train de vivre et aux peut-être conclusions ou enseignements.
00:01:26– Avec Maurice Gaudelier.
00:01:28– Merci de le préciser.
00:01:30À mes côtés ce soir, pour vous interroger sur ce plateau,
00:01:32Hervé Gattegnaud de Radio Classique, bonsoir Hervé, bonsoir Stéphanie,
00:01:35Stéphanie Despierres pour LCP, bonsoir Laurent Fargue, Laurent pour le challenge,
00:01:39et puis bien sûr Hugo Couturier, Hugo, bonsoir, Hugo Perchoir,
00:01:42avec la chaîne Twitch LCP Assemblée Nationale, pour relayer vos commentaires et vos questions.
00:01:48Première question avant d'aller dans le détail de tout ce qui se passe actuellement.
00:01:51Vous avez, vous, l'expérience des crises internationales.
00:01:54Est-ce que celle qui secoue le Moyen-Orient aujourd'hui est une de plus parmi d'autres
00:01:58ou elle a quelque chose de particulier ?
00:02:01– Si on raisonne sur 2000 ans, c'est une de plus.
00:02:04Mais si on raisonne plus récemment, il est évident que les États-Unis
00:02:08n'ont jamais, jamais pardonné la prise d'otage de 79 au moment de la révolution islamique.
00:02:16Donc si on raisonne en termes de western, un jour ou l'autre, ça devait arriver.
00:02:21La vengeance impitoyable, comme dirait Clint Eastwood.
00:02:25Bon, si on raisonne sur la période la plus récente depuis 79,
00:02:29il y a eu plusieurs moments de négociations pour arriver la question du danger de l'Iran,
00:02:37notamment sur le plan nucléaire, mais ça n'a jamais marché.
00:02:39Donc on pourrait dire que ça devait arriver,
00:02:42sauf que Trump s'est fait élire en s'engageant à ne jamais faire ça,
00:02:47en mettre fin aux interventions désordonnées, des démocrates ou des républicains néo-cons
00:02:52comme W. Bush pour imposer la démocratie et les droits de l'homme.
00:02:55Dès que moi, jamais. Je suis l'homme qui termine les guerres,
00:02:59qui ne les commence jamais.
00:03:00Bon, il n'a jamais annoncé qu'il ne bombarderait pas.
00:03:03En tout cas, il y a un contraste énorme,
00:03:05donc il faut se demander qu'est-ce qui a pu le pousser à déclencher cette guerre.
00:03:10On va y revenir. Mais ce que vous dites, en fait, sur l'histoire longue,
00:03:13c'est une crise parmi d'autres, mais elle est quand même particulière, celle-ci.
00:03:16Maintenant, c'est une question que j'adresse à vous.
00:03:18Est-ce que cette crise particulière vous inquiète, vous ?
00:03:23Non, honnêtement, on ne va pas ajouter à l'inquiétude.
00:03:25Non, vous ?
00:03:26Non, il y a des médias, mais pas vous, qui vivent de ça,
00:03:29mais ce n'est pas mon cas, en fait.
00:03:31Je pense que c'est très gênant, parce qu'il y a des répercussions,
00:03:34il y a l'éventuel choc pétrolier et gazier.
00:03:37Bon, ça, c'est évident.
00:03:39D'autre part, c'est très malheureux pour les peuples de la région.
00:03:41On n'a jamais réussi depuis très, très longtemps.
00:03:43Est-ce qu'ils arrivent à coexister à peu près en paix ?
00:03:46Je pense que, mon ami Elie Barnavik, la vraie question,
00:03:49l'éléphant dans la pièce, comme il dit dans une interview récente,
00:03:52c'est la question palestinienne.
00:03:54D'ailleurs, la question iranienne ne s'est posée pour Israël
00:03:57qu'à partir du renversement du Shah.
00:04:00Et donc, la question des Israéliens,
00:04:02est-ce qu'on colonise à fond ou pas, se posait avant.
00:04:05Donc, il ne faut pas oublier cette question,
00:04:06est-ce qu'elle va revenir, un jour ou l'autre.
00:04:09Donc, il y a un élément de compassion, d'émotion,
00:04:13de tristesse par rapport au peuple frappé par tout ça,
00:04:15tous d'ailleurs, dans la région.
00:04:17Mais il n'y a pas d'inquiétude directe,
00:04:18même si je trouve très bien que le président de la République
00:04:21fasse ce qu'il doit faire en tant que chef de l'État
00:04:24pour assurer la protection de nos intérêts sur différents...
00:04:27On va y revenir en détail.
00:04:28Mais ce n'est pas une inquiétude au sens guerre mondiale.
00:04:30Il ne faut pas jouer avec ça.
00:04:31C'est ça que je vous demandais.
00:04:32En tout cas, la guerre au Moyen-Orient déstabilise le marché pétrolier.
00:04:35Aujourd'hui, sous l'égide de la France,
00:04:36une réunion exceptionnelle du G7 a été convoquée.
00:04:39Et à cette occasion, le principe de puiser dans les réserves
00:04:42a été acté pour éviter une flambée des cours
00:04:43qui se ressent déjà sur les prix de l'essence
00:04:45et du gazole à la pompe en France.
00:04:47Plus 20 centimes en une semaine.
00:04:49Pour la ministre de l'Énergie, Maud Bréjon,
00:04:51la situation actuelle n'a cependant rien à voir
00:04:53avec ce qu'on a pu connaître il y a quelques années,
00:04:55notamment au moment du déclenchement de la guerre en Ukraine.
00:04:58Nous n'avons pas de risque de pénurie.
00:05:00Et là encore, nous sommes dans une situation très différente
00:05:02de celle de 2022, puisque le parc nucléaire fonctionne à plein
00:05:05et donc joue ce rôle de tampon, d'amortisseur.
00:05:09Nous sommes moins dépendants du gaz
00:05:11que ce que nous étions dépendants il y a 3 ou 4 ans.
00:05:12Il pourrait être question, s'il vous a évoqué François Langlais,
00:05:14de racheter du gaz aux Russes
00:05:16et de renoncer à ne plus en acheter à partir de 2027 ?
00:05:19En aucune façon.
00:05:21Hubert Védrine, il est clair en tout cas
00:05:22que l'Europe et la France
00:05:24vont payer le prix de cette guerre.
00:05:27Alors, c'est très dangereux, très gênant pour les Chinois.
00:05:31Parce que l'essentiel du pétrole et du gaz,
00:05:33disons la moitié environ, vient de Golfe, de la région.
00:05:36Pour la Russie, ce n'est pas mauvais,
00:05:38parce que ça fait monter en effet le prix du gaz
00:05:40et compte tenu du désordre qui s'installe,
00:05:43Poutine va réussir à vendre un peu plus,
00:05:45exporter un peu plus de pétrole,
00:05:46malgré la montagne de sanctions.
00:05:49Pour les autres, ça dépend de la durée, en fait.
00:05:51Mais ce n'est pas nous d'abord.
00:05:52La vraie question, c'est Trump, en fait.
00:05:55Donc, Trump a décidé, pour des raisons
00:05:57sur lesquelles on reviendra, chance après,
00:05:58de lancer une guerre
00:05:59contre l'avis de la majorité de sa base
00:06:03avant la première guerre pour le Koweït,
00:06:05la guerre du Golfe.
00:06:06Enfin, la première guerre,
00:06:09quand Saddam Hussein avait envahi le Koweït,
00:06:1275% des Américains étaient pour la guerre avant, déjà.
00:06:16Avant la guerre en Irak, 2003,
00:06:19erreur fatale,
00:06:2070% étaient d'accord.
00:06:22Là, on est à 25%.
00:06:24Alors, il peut y avoir un effet patriotique,
00:06:26un effet drapeau,
00:06:26mais le problème numéro un,
00:06:28avant la question militaire,
00:06:30avant la question de la survie du régime,
00:06:32etc., etc.,
00:06:33c'est la question interne.
00:06:35Donc, le choc dont on a parlé,
00:06:37elle a raison,
00:06:37il y a un risque de choc pétrolier, etc.,
00:06:39c'est plus ou moins vrai en fonction de la durée.
00:06:42La durée ne dépend pas uniquement des réserves de munitions.
00:06:45Emmanuel Macron a dit,
00:06:46cette guerre va durer.
00:06:47Vous, vous pensez qu'elle va durer ?
00:06:48Non, mais il a raison de dire
00:06:49qu'il faut préparer les gens.
00:06:52Il ne faut pas découvrir chaque matin
00:06:54que c'est épouvantable
00:06:54parce qu'elle n'est pas terminée.
00:06:55Donc, il faut préparer les gens
00:06:56à ce qu'elle dure éventuellement.
00:06:58Il a sans doute dit ça
00:06:59parce qu'il n'y a pas un scénario clair
00:07:00de conclusion.
00:07:02D'autant que ce que dit Trump
00:07:03n'est pas du tout fixe.
00:07:05Il change des vies sans arrêt
00:07:06sur le résultat.
00:07:08Donc, il y a la question
00:07:09de la durée militaire
00:07:11du côté israélien-américain
00:07:13qui sont pour le moment convergents,
00:07:15la question militaire
00:07:16du côté iranien
00:07:17et la question politique
00:07:19du côté américain.
00:07:20Avant nous,
00:07:21il est plus en première ligne
00:07:23que nous, en fait,
00:07:23par rapport à ça
00:07:24parce que lui,
00:07:25il joue les mille termes
00:07:26des élections intermédiaires
00:07:27dans huit mois.
00:07:28Donc, je veux bien
00:07:29qu'on parle de l'Europe,
00:07:29mais on est moins en première ligne
00:07:31que ce qu'on...
00:07:32C'est l'analyse
00:07:34qu'on espérait.
00:07:35Alors, Emmanuel Macron
00:07:36s'est rendu aujourd'hui
00:07:37à Chypre
00:07:37pour témoigner
00:07:38de la solidarité de la France
00:07:39après la frappe
00:07:40dont le pays a été la cible
00:07:41la semaine dernière
00:07:42mais aussi pour évoquer
00:07:43le renforcement
00:07:43de la sécurité en Méditerranée
00:07:45où le porte-avions nucléaires
00:07:46Charles de Gaulle est arrivé.
00:07:47D'ailleurs,
00:07:47le président de la République
00:07:49est allé tout à l'heure
00:07:50sur le porte-avions.
00:07:51Emmanuel Macron envisage
00:07:52une action défensive
00:07:53dans le détroit d'Hormuz.
00:07:55A-t-il expliqué ?
00:07:57Et nous sommes en train
00:07:58de mettre en place
00:07:59et nous l'avons évoqué
00:07:59à l'instant aussi
00:08:00une mission purement défensive,
00:08:03purement d'accompagnement
00:08:04qui doit se préparer
00:08:07avec des Etats européens
00:08:08et non-européens
00:08:09et qui a vocation
00:08:10à permettre
00:08:10dès que cela sera possible
00:08:12après la sortie
00:08:14de la phase la plus chaude
00:08:15du conflit
00:08:16qui permettra l'escorte
00:08:18de porte-conteneurs
00:08:20et de tanqueurs
00:08:20pour réouvrir progressivement
00:08:22le détroit d'Hormuz
00:08:25qui est essentiel
00:08:25au commerce international
00:08:27mais également
00:08:28à la circulation
00:08:30du gaz
00:08:31et du pétrole
00:08:31qui doivent pouvoir
00:08:33sortir à nouveau
00:08:34de cette région.
00:08:36Erzé.
00:08:37Le président de la République
00:08:39parle d'attitude
00:08:40défensive de la France.
00:08:41Officiellement,
00:08:42la France est non-béligérante
00:08:43dans ce conflit.
00:08:44Elle ne participe pas
00:08:45à la guerre
00:08:46et en même temps,
00:08:48est-ce qu'envoyer
00:08:50notre porte-avions
00:08:51en Méditerranée
00:08:52le plus près possible
00:08:53de la zone de conflit,
00:08:55est-ce que ce n'est pas
00:08:56s'exposer
00:08:57à un risque
00:08:58pour la France
00:08:59d'être attirée
00:09:00malgré elle
00:09:00dans ce conflit
00:09:01de façon cette fois
00:09:03pas seulement défensive
00:09:04mais peut-être offensive ?
00:09:06Je ne pense pas.
00:09:07Je pense qu'il fait le job
00:09:08en fait.
00:09:10Il faut faire ça
00:09:11mais il parle
00:09:12d'accompagnement.
00:09:13Il parle d'affaire
00:09:14d'Ormouge,
00:09:14c'est plus important
00:09:15que la localisation
00:09:16du porte-avions.
00:09:17Ça se fait partie
00:09:18du fait qu'il faut
00:09:19montrer une fermeté
00:09:21même défensive.
00:09:22Ce n'est pas offensif.
00:09:23On n'a joué aucun rôle
00:09:24dans le déclenchement
00:09:25de la guerre.
00:09:26On n'a pas attaqué
00:09:27pour le moment.
00:09:28En revanche,
00:09:29on a des accords
00:09:30de sécurité et de défense
00:09:31avec deux ou trois émirats.
00:09:33On a beaucoup de gens
00:09:34dans la région
00:09:34donc c'est normal
00:09:35de montrer qu'on a
00:09:36une capacité
00:09:37précisément de défense
00:09:38et de protection
00:09:39et de sécurité.
00:09:40En revanche,
00:09:41sur la question du détroit
00:09:42d'Ormouge,
00:09:42ça c'est très important
00:09:43à ce qu'il a dit.
00:09:44On accompagnerait
00:09:46une éventuelle action
00:09:48donc américaine.
00:09:49C'est impossible
00:09:50qu'il y ait une action
00:09:51de la France seule
00:09:52ou de l'Angleterre seule
00:09:52ou de je ne sais pas qui.
00:09:54Impossible.
00:09:55On accompagnerait
00:09:56un travail
00:09:57pour sécuriser
00:09:58le passage
00:09:58des tankers
00:09:59dans le détroit.
00:10:00Ce qui suppose
00:10:01que les Iraniens
00:10:02n'aient plus de capacité
00:10:03de missiles
00:10:04ou de drones.
00:10:06Ça suppose
00:10:06que les bases iraniennes
00:10:07soient vraiment détruites
00:10:08etc.
00:10:10Après,
00:10:10il y a la question
00:10:11de l'assurance
00:10:11parce que les compagnies
00:10:13en question,
00:10:13il y a notamment
00:10:14une très très grande
00:10:15compagnie française
00:10:16mais il n'y a pas
00:10:17que celle-là.
00:10:17C'est la CGM.
00:10:18Il y a une question
00:10:19de prime assurance
00:10:20qui ont sauté au plafond
00:10:21encore plus vite
00:10:22que la question
00:10:22de l'énergie.
00:10:24Donc je comprends
00:10:25que la France
00:10:26se dit disponible
00:10:27pour participer
00:10:28à une éventuelle action
00:10:29d'accompagnement
00:10:30pour resécuriser
00:10:32le détroit.
00:10:33Ce n'est pas choquant
00:10:33à ce stade.
00:10:34Mais ça dépend,
00:10:35ce n'est pas non plus inquiétant,
00:10:37mais ça dépend
00:10:38de l'état,
00:10:39du rapport des forces.
00:10:40Comme je l'ai dit,
00:10:40missiles, drones.
00:10:42Sinon,
00:10:43on est au bord
00:10:43de la belligérance.
00:10:45Mais on ne peut pas dire
00:10:46qu'on y soit déjà là.
00:10:48Donc moi,
00:10:48je ne fais pas
00:10:48de procès d'attention,
00:10:49mais on va regarder
00:10:51attentivement
00:10:51la suite quand même.
00:10:52Vous en avez dit un mot,
00:10:53la France a des accords
00:10:54de défense
00:10:55avec plusieurs pays
00:10:56du Golfe.
00:10:57le Qatar,
00:10:58les Émirats arabes unis,
00:10:59le Koweït.
00:11:01Certains de ces pays
00:11:02sont visés
00:11:04par des frappes iraniennes
00:11:05aujourd'hui.
00:11:06Est-ce que,
00:11:06théoriquement,
00:11:07en vertu de ces accords,
00:11:08la France ne devrait pas
00:11:09d'ores et déjà
00:11:10participer
00:11:11à des formes
00:11:12de répliques ?
00:11:13Non.
00:11:14Ce n'est pas défensif,
00:11:15la réplique.
00:11:16On sécurise les bases,
00:11:17oui.
00:11:18On a en effet
00:11:19notamment une base
00:11:20importante à Abu Dhabi
00:11:21depuis Nicolas Sarkozy.
00:11:24Certains ont dit
00:11:24que c'était
00:11:25une chèvre au piqué.
00:11:26Bon,
00:11:27on verra comment ça tourne.
00:11:28Mais c'est normal
00:11:29qu'on les aide.
00:11:30Mais que demandent-ils ?
00:11:31Je n'en sais rien.
00:11:32Qu'est-ce qu'on peut faire
00:11:33pour eux, en fait ?
00:11:34Il y a des missiles,
00:11:35il peut y avoir des missiles
00:11:35ou des drones.
00:11:36Bon, on peut les aider
00:11:37à sécuriser les installations,
00:11:39mais d'après ce que je connais
00:11:41des accords,
00:11:42il n'y a aucune obligation
00:11:45d'engagement
00:11:46pour entrer dans des répliques.
00:11:48Je ne suis pas sûr
00:11:48que les Émirats
00:11:49aient envie de jouer
00:11:50la stratégie des répliques.
00:11:52Ils ne sont pas
00:11:52sur la stratégie américaine,
00:11:54encore moins israélienne.
00:11:56Donc, on reste
00:11:57dans la protection élargie
00:12:00pour le moment.
00:12:01Stéphanie ?
00:12:01La France a laissé
00:12:02l'accès à sa base d'Istre
00:12:03la semaine dernière
00:12:05à l'armée américaine.
00:12:06L'Espagne,
00:12:06elle a refusé
00:12:07de donner l'accès
00:12:08aux bases américaines
00:12:09qui sont sur son territoire.
00:12:10Est-ce que vous comprenez
00:12:11la position de la France ?
00:12:13Oui, disons,
00:12:15les pays européens
00:12:15se sont solidarisés
00:12:17de l'Espagne.
00:12:18Aucun n'a réagi
00:12:19comme l'Espagne,
00:12:20qui est une politique
00:12:22connue,
00:12:22assez ferme
00:12:23sur ces questions.
00:12:24Et les pays européens
00:12:25se sont dit
00:12:25solidaires de l'Espagne.
00:12:27Voilà,
00:12:27on en est là.
00:12:29Donc, vous comprenez...
00:12:30Il y a souvent
00:12:30des nuances importantes
00:12:31entre les pays européens.
00:12:32Il n'y a pas
00:12:32de politique étrangère
00:12:33unifiée.
00:12:34Ce n'est pas
00:12:35dans les traités,
00:12:35bien sûr.
00:12:36Donc, chacun
00:12:37s'appelait le bon choix.
00:12:38Donc, oui,
00:12:39je comprends tout à fait
00:12:39la position
00:12:41du premier ministre espagnol,
00:12:43le président du gouvernement espagnol.
00:12:45Et je trouve très bien
00:12:46la réaction de solidarité
00:12:48des autres Européens.
00:12:49Mais il se peut
00:12:49que ça n'aille nulle part,
00:12:50en fait.
00:12:51C'est comme l'agitation
00:12:52sur le Groenland.
00:12:52Est-ce qu'on en est maintenant ?
00:12:54Donc, c'est un épisode
00:12:55qui va être vite dépassé.
00:12:57Les Etats-Unis...
00:12:59Ce qui n'était pas bien,
00:12:59c'est que les Européens
00:13:00ne disent rien
00:13:02par rapport à l'Espagne.
00:13:03Ils ne soutiennent pas l'Espagne.
00:13:05Ils disent
00:13:05qu'on ne comprend pas
00:13:06pourquoi il a fait ça.
00:13:07C'est plutôt bien géré.
00:13:08C'est un théâtre secondaire.
00:13:12Les Etats-Unis et Israël
00:13:13n'ont pas averti
00:13:14la France des attaques
00:13:16contre l'Iran.
00:13:17Vous, qui avez été ministre
00:13:17des Affaires étrangères,
00:13:18est-ce que ça vous choque ?
00:13:19Que ?
00:13:20Que les Etats-Unis et Israël
00:13:22n'aient pas prévenu la France
00:13:23de l'attaque en Iran.
00:13:25Pourquoi ?
00:13:25Ils n'ont pas prévenu la France.
00:13:28Est-ce que ça vous choque ?
00:13:28Ou est-ce que ça vous paraît normal ?
00:13:30Non, ce n'est pas normal.
00:13:31Ce n'est pas surprenant.
00:13:32Ce n'est pas normal
00:13:32au sens bien habituel.
00:13:34C'est ça la question.
00:13:36Oui.
00:13:36Il y a plein d'exemples
00:13:37depuis des décennies
00:13:38où les Etats-Unis
00:13:40ne préviennent pas la France.
00:13:41C'est les Israéliens encore moins.
00:13:42Pourquoi la France, d'ailleurs ?
00:13:43Donc, rien de nouveau.
00:13:45Non, mais n'importe quel pays européen.
00:13:47Qui ont-ils prévenu, en fait ?
00:13:48Personne.
00:13:49Les acteurs dans l'affaire,
00:13:51c'est les Israéliens
00:13:52qui ont une politique très claire.
00:13:53En tout cas, depuis Netanyahou.
00:13:54Très claire.
00:13:55Qui n'est pas du tout la même
00:13:56que Rabin, Peres, Solomert et compagnie.
00:13:58Bon, c'est un autre Israël.
00:13:59Les Etats-Unis, avec l'hésitation,
00:14:01puisque Trump a été élu
00:14:02en disant qu'il ne ferait jamais ça.
00:14:04Donc, la question, c'est
00:14:05comment il va en sortir
00:14:06et quand par rapport à ça.
00:14:08Qui d'autre a de l'influence ?
00:14:09Les Omanais, qui étaient intermédiaires,
00:14:12qui avaient dit qu'il y avait un accord
00:14:13sur le nucléaire
00:14:14qui était à portée de la main.
00:14:16Parce qu'il a dit, à mon avis,
00:14:17il a joué un rôle
00:14:17dans le déclenchement israélien.
00:14:20Parce qu'il ne voulait pas d'accord.
00:14:21Parce que pour un accord avec l'Iran,
00:14:23c'est forcément mauvais.
00:14:24Bon, donc voilà les acteurs.
00:14:26Je ne vois pas tellement d'autres acteurs.
00:14:28Les autres dont on a parlé,
00:14:29ils sont tous défensifs.
00:14:31Dont la France dedans.
00:14:32Mais vous n'êtes pas prévenu ?
00:14:33Pour vous, ça confirme
00:14:34qu'ils ne nous considèrent pas
00:14:35comme de véritables alliés ?
00:14:36Non, mais ça concerne le monde entier.
00:14:39Oui, mais nous, traditionnellement,
00:14:41nous étions, nous croyions être
00:14:43les alliés des Américains.
00:14:45Le fait qu'ils ne nous préviennent pas,
00:14:47est-ce que ça confirme le fait
00:14:48qu'il ne faut plus totalement
00:14:50les considérer comme nos alliés ?
00:14:51Alors, c'est autre chose,
00:14:53mais c'est l'occasion de rappeler
00:14:54que ce sont les Européens
00:14:56qui ont supplié les Américains
00:14:57après la guerre de les protéger.
00:15:00Le Sénat ne voulait pas.
00:15:01Truman avait arbitré.
00:15:02Donc on a l'alliance atlantique.
00:15:04Mais allié, c'est un terme très gentil,
00:15:06enfin très convivial.
00:15:07En fait, on est des protégés.
00:15:09Et on a un protecteur.
00:15:11Et les États-Unis,
00:15:13si on reprenait la longue période
00:15:14depuis 1949,
00:15:16il y a des cas où les présidents américains,
00:15:18ils ont consulté un peu,
00:15:20informé un peu d'autres noms.
00:15:21Non, ça dépend des moments.
00:15:22Ce n'est pas tout à fait nouveau.
00:15:23Ce n'est pas que trumpiste.
00:15:25Alors on peut dire que c'est insupportable,
00:15:26c'est une humiliation atroce.
00:15:27Sans précédent, il faut en sortir.
00:15:29Parce que là, il faut que les Européens
00:15:31se décident à aller dans le sens
00:15:33de ce pour quoi Macron prêche
00:15:35depuis des années,
00:15:36l'autonomie stratégique.
00:15:38Mais si les Européens aient voulu ça,
00:15:40ils auraient été gaullistes, autrefois.
00:15:42Ils ont passé leur vie à combattre De Gaulle,
00:15:44beaucoup plus que les Américains eux-mêmes.
00:15:46Bon, alors ça progresse un peu.
00:15:48Enfin, Poutine, par son attaque en Ukraine,
00:15:51il a re-solidarisé au début les États-Unis
00:15:54et l'Europe.
00:15:56Donc l'alliance.
00:15:57En revanche, c'est les doutes de Trump
00:15:59qui créent une incertitude.
00:16:01Mais ça ne va pas jusqu'à l'affirmation de l'autonomie.
00:16:04D'ailleurs, quand Macron et Sterner
00:16:06réunissent une coalition de volontaires,
00:16:08très bien,
00:16:09pour donner des garanties à l'Ukraine,
00:16:11dans l'hypothèse d'un cessez-le-feu,
00:16:13tout le monde dit qu'on va donner des garanties.
00:16:15Et si il y a une garantie américaine ?
00:16:17Si on était déjà à l'autonomie stratégique,
00:16:19il dirait qu'on n'a pas besoin.
00:16:20Merci beaucoup.
00:16:21On n'a plus besoin de vous.
00:16:22On est entre les deux, en fait.
00:16:24Alors, je ne sais pas si la crise actuelle
00:16:25change grand-chose par rapport à ça.
00:16:27C'est un phénomène historique très long.
00:16:29Il faudrait, à mon avis, encore des années
00:16:31pour que les Européens
00:16:33prennent le risque de s'affirmer vraiment.
00:16:35Laurent ?
00:16:36Laurent ?
00:16:37Oui, on revient un peu sur la scène française.
00:16:39Donc, le Premier ministre Sébastien Lecornu
00:16:40doit recevoir les principaux chefs de parti
00:16:42ces prochains jours.
00:16:44Qu'est-ce qu'il doit leur dire, selon vous ?
00:16:46Quel doit être son message ?
00:16:48Là aussi, il fait le job.
00:16:50C'est normal.
00:16:51C'est normal qu'il donne des informations.
00:16:53S'il a d'autres informations
00:16:54que celles qui circulent sans arrêt.
00:16:58Les trucs d'informations continuent très bien.
00:17:00Il leur donne des informations
00:17:00sur les décisions prises par la France,
00:17:03la situation avec les pays,
00:17:06ce que nous demandent les pays
00:17:07dans lesquels on a des bases
00:17:08ou des accords de sécurité.
00:17:10Quelle est la mission du porte-avions ?
00:17:12Ce qu'on peut faire éventuellement pour le Liban ?
00:17:15On sait bien que les Israéliens durs, nationalistes,
00:17:18veulent neutraliser complètement le sud de Liban.
00:17:20Ce n'est pas nouveau.
00:17:21Ça fait des décennies.
00:17:22Et neutraliser complètement le sud de Beyrouth.
00:17:24Le sud du sud de Beyrouth.
00:17:26Il doit avoir beaucoup d'informations
00:17:27à donner pour ça.
00:17:28Puis il donnera des indications
00:17:29sur qu'est-ce qu'on fait pour les Français
00:17:31dans la région,
00:17:33comment on les rapatrie,
00:17:34comment on les protège.
00:17:35C'est normal.
00:17:35C'est le travail du Premier ministre.
00:17:37Dans cette période-là,
00:17:39est-ce que vous observez,
00:17:40est-ce que vous appelez
00:17:41à une sorte d'union nationale
00:17:42derrière le Président ?
00:17:43Est-ce que vous estimez que
00:17:45pour que la France soit plus forte,
00:17:46il faut qu'il y ait une sorte
00:17:47d'union politique
00:17:48derrière les choix du Président ?
00:17:50Ce n'est pas à moi
00:17:52d'appeler tout seul
00:17:52à une union nationale
00:17:53sur ces questions.
00:17:54Mais je constate
00:17:55qu'il n'y a pas énormément de dissonance.
00:17:57Parce qu'à mon avis,
00:17:58il est leader politique.
00:17:59D'abord, on a fait une classe politique
00:18:01aujourd'hui qui est moins...
00:18:03Comment dire les choses gentiment ?
00:18:04Qui est moins branchée
00:18:05sur les questions internationales,
00:18:07qui a moins d'expérience,
00:18:08qui maîtrise moins toutes ces données,
00:18:10qui à mon avis n'a aucune idée
00:18:11de combien de temps ça va durer.
00:18:13Donc des conséquences à gérer,
00:18:14y compris en termes internes.
00:18:16On a parlé tout à l'heure
00:18:17de la crise énergétique.
00:18:19Ils ne savent pas très bien.
00:18:20Donc ils sont assez prudents.
00:18:21Et on n'a pas vu se déchaîner
00:18:24la guerre en général stérile,
00:18:25la guerre de position.
00:18:27Vous savez, dans la vie politique,
00:18:29sur les sujets sur lesquels
00:18:30on n'a aucune influence,
00:18:31on prend des positions,
00:18:32on mène des guerres de position.
00:18:34Et on s'insulte entre positions.
00:18:35Vous regrettez
00:18:36qu'il n'y ait pas plus de débat
00:18:37sur ce sujet ?
00:18:38Non, mais c'est comme ça
00:18:39dans les démocraties modernes
00:18:40où il faut parler toute la journée,
00:18:42réagir toute la journée.
00:18:43Donc ça ne m'étonne pas
00:18:44qu'il n'y en ait pas pour le moment.
00:18:46Si ça dure,
00:18:48il y aura des débats.
00:18:49Mais d'abord aux Etats-Unis.
00:18:50Je vous renvoie aux Etats-Unis
00:18:51parce que c'est là
00:18:52où se reprendra la décision.
00:18:54À un moment donné,
00:18:55Trump verra qu'il ne peut plus continuer
00:18:57parce que la protestation
00:18:59est à trop bonté.
00:19:00Et à ce moment-là,
00:19:00il arrêtera.
00:19:01Et il inventera
00:19:02qu'il atteigne l'objectif.
00:19:03Et il lâchera Israël ?
00:19:04On ne sait pas.
00:19:05Oui, c'est ça.
00:19:06On ne sait pas.
00:19:06Parce que s'il arrête,
00:19:07la conséquence,
00:19:08c'est qu'il lâche Israël
00:19:09ou Israël tout seul ?
00:19:10Il arrêtera
00:19:10s'il ne peut plus tenir
00:19:11sur le plan interne.
00:19:12Oui, mais la conséquence...
00:19:13Ça devient trop dangereux.
00:19:14Là, il peut y avoir
00:19:15divergence avec Israël.
00:19:17Parce que pour le moment,
00:19:19il y a coïncidence
00:19:20des objectifs.
00:19:21Ce qu'a dit Rubio,
00:19:22le secrétaire d'État
00:19:23montre d'ailleurs
00:19:24que les Israéliens
00:19:25ont un peu précipité
00:19:27l'attaque.
00:19:28Ils avaient des informations
00:19:29sur la réunion
00:19:30autour du guide,
00:19:31mais ils en avaient
00:19:31tout le temps, en fait.
00:19:32Et on se demande...
00:19:33Ils ont tellement infiltré
00:19:35le système iranien
00:19:36qu'on se demande
00:19:37ce qu'ils savaient ou pas
00:19:37avant le 7 octobre,
00:19:38maintenant.
00:19:39C'est tout à fait nouveau
00:19:40comme question.
00:19:41En tout cas,
00:19:42ils ont montré aux Américains
00:19:43qu'ils savaient
00:19:44qu'ils allaient y aller.
00:19:45Et ce qu'a dit Rubio,
00:19:46c'est qu'on était obligés
00:19:47d'y aller.
00:19:47Donc, il y a une sorte
00:19:48d'instrumentalisation
00:19:49sur la date,
00:19:50en tout cas, au début.
00:19:51En revanche,
00:19:52sur quand est-ce
00:19:53qu'on s'arrête,
00:19:54là, c'est une décision
00:19:55américano-américaine,
00:19:56indépendant de ce
00:19:57qu'on ressent, nous,
00:19:58en fait.
00:19:59Là, il peut y avoir
00:19:59divergence après,
00:20:01dans l'hypothèse,
00:20:02surtout si Trump
00:20:03se contentait
00:20:04d'un régime
00:20:05qui a survécu,
00:20:06très affaibli,
00:20:08avec des dirigeants
00:20:08qui prétendent
00:20:09arrêter le nucléaire,
00:20:10alors que les Israéliens
00:20:11diraient que ce n'est pas possible,
00:20:12c'est trop dangereux,
00:20:13il faut continuer.
00:20:14Mais on n'en est pas là.
00:20:15Je reviens sur ce que
00:20:16vous venez de dire,
00:20:16Hubert Vérin,
00:20:17à propos des renseignements,
00:20:18vous disiez,
00:20:19la question se pose
00:20:20de savoir ce qu'ils savaient
00:20:21exactement avant le 7 octobre.
00:20:22Qu'est-ce que vous voulez dire ?
00:20:23Oui, c'est ce que certains
00:20:24américains commencent à...
00:20:25Enfin, disons,
00:20:25les américains MAGA,
00:20:27qui sont contre l'engagement,
00:20:29contre la guerre,
00:20:30qui sont bien représentés
00:20:31par le vice-président Vance,
00:20:33ce qui n'est rien,
00:20:33d'ailleurs, en ce moment.
00:20:35Là, on est sur la ligne
00:20:35Rubio,
00:20:36qui est une sorte de
00:20:37néoconservateur,
00:20:38Trumpiste 1.5.
00:20:39Donc, il y a une sorte
00:20:40de désaffection
00:20:41tout à fait sans précédent
00:20:43d'Israël.
00:20:44Il y a même des sondages
00:20:45aux Etats-Unis récents,
00:20:46mais c'est à cause de Gaza,
00:20:47sauf de la Cisjordanie,
00:20:48ce n'est pas à cause de l'Iran,
00:20:49mais en tant qu'il y a
00:20:50une sympathie pour les Palestiniens,
00:20:51ce qui n'est jamais arrivé.
00:20:52Supérieure à la sympathie
00:20:53pour les Israéliens.
00:20:54Alors, c'est tellement étrange
00:20:55que par rapport à l'Amérique,
00:20:56que je demande à vérifier.
00:20:59Mais il y a quand même
00:20:59quelque chose qui se passe,
00:21:01en tout cas,
00:21:02dans les générations,
00:21:03ce ne sont pas les mêmes.
00:21:04Et y compris
00:21:05chez les juifs américains
00:21:06qui votent démocrate,
00:21:07en général,
00:21:08et qui sont en tout cas libéraux.
00:21:12des nationalistes israéliens
00:21:15alliés à des partis
00:21:15vraiment ultra autour de lui.
00:21:18Il y a quelque chose
00:21:18qui ne bouge pas du tout
00:21:19en France, d'ailleurs.
00:21:20Mais aux Etats-Unis.
00:21:22Alors, évidemment,
00:21:22Trump, il regarde ça.
00:21:24Est-ce que ça peut toucher
00:21:25ou pas son électorat maga ?
00:21:27C'est pour ça que je répète
00:21:30que dans les questions principales
00:21:32sur la suite,
00:21:33en dehors de l'aspect militaire,
00:21:35indépendamment de nos réactions...
00:21:36C'est pour ça que je réagissais
00:21:37aussi sur ce que vous disiez,
00:21:38Hubert Védrine,
00:21:38quand vous disiez
00:21:38que c'est les Etats-Unis
00:21:40qui diront éventuellement
00:21:41stop à un moment.
00:21:42Mais si les Etats-Unis
00:21:43disent stop,
00:21:43est-ce qu'Israël pourra
00:21:44continuer tout seul ?
00:21:45Oui, bien sûr.
00:21:45D'accord.
00:21:46Ils n'ont pas attendu.
00:21:47pour pronostiquer cette loi.
00:21:48Oui, ils ont les moyens
00:21:49de continuer.
00:21:49En tout cas,
00:21:51ils sont tentés de jouer
00:21:52les minorités ethniques.
00:21:54On sait que les Persans,
00:21:56au sens classique,
00:21:57c'est un peu plus de la moitié,
00:21:58en fait.
00:21:59Donc, il y a énormément
00:21:59d'Azéries,
00:22:00de Balouts,
00:22:01de Kurdes,
00:22:02même d'Arabes,
00:22:03à dire.
00:22:03Bon, cela dit,
00:22:05la famille Ramenei
00:22:07est Azeri.
00:22:08Donc, il ne faut pas non plus
00:22:09fantasmé sur les minorités
00:22:10ethniques.
00:22:10Mais les Estraéliens
00:22:11peuvent jouer ça
00:22:12très bien.
00:22:13Alors, je ne sais pas
00:22:14si à un moment donné,
00:22:14ils voudront jouer
00:22:15le fils du chat
00:22:17ou un général X
00:22:18qui sera nationaliste,
00:22:19normal, on va dire.
00:22:20C'est très ouvert.
00:22:21Je ne serais pas étonné
00:22:22qu'il y ait une divergence,
00:22:23en tout cas,
00:22:24entre la stratégie américaine
00:22:25et la stratégie...
00:22:26Pas tout de suite,
00:22:27mais ça peut arriver
00:22:28dans 15 jours,
00:22:29trois semaines,
00:22:30à moins que Trump
00:22:31atteigne l'objectif
00:22:31et que le régime
00:22:32se soit effondré.
00:22:33Mais sinon,
00:22:34vous ne seriez pas étonné
00:22:34qu'il y ait une divergence
00:22:35entre la stratégie américaine
00:22:36ou israélienne ?
00:22:38Sauf si le régime
00:22:39s'est complètement effondré,
00:22:40en vrai.
00:22:41Ça peut arriver,
00:22:42en tout cas.
00:22:42Hugo, sur Twitch.
00:22:43Oui.
00:22:44Non, mais c'est intéressant
00:22:44ce qu'il disait.
00:22:45J'ai votre livre
00:22:46que vous avez écrit
00:22:47il y a 30 ans,
00:22:47les mondes de François Mitterrand.
00:22:49Déjà, vous parlez
00:22:49de lassitude vis-à-vis
00:22:51d'Israël et du Likoud
00:22:52et ça revient
00:22:53avec ce que vous venez de dire.
00:22:54Il y a une question
00:22:55pour vous dans le chat
00:22:55de Tranche qui dit
00:22:56ces conflits successifs
00:22:57au Moyen-Orient
00:22:58autour d'Israël,
00:22:59n'est-ce pas la faillite
00:23:00du droit international
00:23:00et du multilatéralisme
00:23:02qui ont été incapables
00:23:03d'enrayer les conflits ?
00:23:05Moi, ça ne me choque pas
00:23:06qu'on invoque
00:23:07le droit international,
00:23:08bien sûr,
00:23:08mais où est-ce qu'il était
00:23:10appliqué, par qui ?
00:23:12Est-ce qu'on peut donner
00:23:13un exemple de ça ?
00:23:14Vous en avez un ?
00:23:15Le seul exemple
00:23:16que j'ai vu, moi,
00:23:17dans ma longue vie au pouvoir,
00:23:19si je puis dire,
00:23:19c'est la première guerre du Golfe.
00:23:21Il y a eu une décision
00:23:22du Conseil de sécurité
00:23:25sans veto soviétique
00:23:26parce que Gorbachev
00:23:27voulait être du côté
00:23:29des Occidentaux.
00:23:31Donc, unanimité,
00:23:32une coalition internationale
00:23:33conduite par les États-Unis,
00:23:35mais avec plus de 20 pays,
00:23:37donc une quinzaine
00:23:38de pays arabes,
00:23:40et qui ont mis en œuvre
00:23:41la résolution du Conseil de sécurité
00:23:42et qui se sont arrêtés
00:23:44à la résolution.
00:23:46Quand le Koweït
00:23:47a été libéré,
00:23:47George Bush,
00:23:48le père,
00:23:49toujours distingué,
00:23:50avait consulté
00:23:51tous les dirigeants,
00:23:52dont Mitterrand d'ailleurs,
00:23:53qui avaient dit
00:23:53vous devriez arrêter
00:23:54parce que vous êtes
00:23:54dans les clous, là.
00:23:55C'est tellement rare.
00:23:57On est dans les clous
00:23:58du droit international,
00:23:59il faut s'arrêter là.
00:24:00Très bien, il a arrêté.
00:24:01C'est d'ailleurs
00:24:02ce que lui recommandait
00:24:02Colin Powell,
00:24:04son chef d'état-major
00:24:05devenu ministre après,
00:24:07qui disait
00:24:07on ne va pas aller
00:24:08dans une guérilla en Irak.
00:24:09C'est d'ailleurs ça
00:24:10ce que les néo-conservateurs
00:24:11américains reprochaient
00:24:12au président Bush.
00:24:14C'est pour ça qu'ils avaient
00:24:15inventé un prétexte absurde
00:24:16par la suite,
00:24:17comme si l'Irak
00:24:18était libre en septembre.
00:24:20Donc voilà un exemple
00:24:21vrai et bien
00:24:21dans toutes les interventions
00:24:23que l'Occident a faites.
00:24:26À part du moins,
00:24:26il n'ait plus peur
00:24:27de l'URSS qui avait disparu
00:24:28au nom de l'ingérence,
00:24:29qui est un conseil
00:24:30hyper populaire en France
00:24:31pendant longtemps.
00:24:32C'est le seul cas
00:24:33qui soit dans les clous
00:24:35du droit international.
00:24:36En dehors de ça,
00:24:37j'en vois pas.
00:24:38Il n'y en a plus.
00:24:38Est-ce que l'OMS
00:24:39sert encore à quelque chose ?
00:24:40Comment ?
00:24:40On va y revenir tout à l'heure
00:24:41là-dessus,
00:24:41je sais pas, ça tombe bien.
00:24:42Alors hier, en tout cas,
00:24:43le nouveau guide suprême iranien
00:24:45a été nommé.
00:24:46Il s'appelle
00:24:47Moshtaba Ramenei,
00:24:47le fils d'Ali Ramenei,
00:24:49tué la semaine dernière.
00:24:50Immédiatement,
00:24:51Donald Trump a réagi
00:24:52en faisant le pari
00:24:52qu'il ne restera pas longtemps.
00:24:54Le président des Etats-Unis
00:24:55revendique même
00:24:55un droit de regard
00:24:56sur le futur pouvoir iranien.
00:24:58Trump a dit même
00:24:59qu'il ne va pas rester longtemps
00:25:00sans mon soutien.
00:25:02Stéphanie.
00:25:03On voit mal
00:25:03la stratégie de Donald Trump.
00:25:05Est-ce que vous pensez
00:25:06qu'il en a une ?
00:25:07Et laquelle ?
00:25:10J'ai dit tout à l'heure
00:25:11ce que j'en pensais,
00:25:11c'est qu'il en a plusieurs
00:25:13et qu'il nous dira
00:25:14quelle était laquelle
00:25:15quand il faudra arrêter.
00:25:17Il sera obligé d'arrêter.
00:25:18Il dira,
00:25:19j'ai atteint l'objectif,
00:25:21c'est le plus grand président
00:25:21qu'on ait jamais vu,
00:25:22le tam-tam de Trump,
00:25:24vous voyez.
00:25:24mais a priori avant,
00:25:26entre eux,
00:25:27faire un coup politique
00:25:28pour faire oublier
00:25:29le désaveu
00:25:30que je mets en tête,
00:25:32l'opération interne
00:25:34pour essayer de contrer
00:25:36ou de ralentir
00:25:37la désaffection
00:25:38de son électorat
00:25:39qui est très rapide
00:25:41pour d'autres raisons.
00:25:41Par exemple,
00:25:42l'électorat latino,
00:25:43catholique,
00:25:44aux Etats-Unis
00:25:44qui avait rallié Trump
00:25:47parce qu'il n'en pouvait plus
00:25:49du wokisme.
00:25:50Tous les chrétiens
00:25:51au catho
00:25:51en aura le bol
00:25:52du wokisme
00:25:53aux Etats-Unis.
00:25:53Ils sont en train
00:25:54de le lâcher, là.
00:25:55Donc, ça,
00:25:56c'est hyper menaçant
00:25:57pour les mi-termes.
00:25:57Donc, il me donne un gros coup.
00:25:59Il ne va jamais le dire
00:25:59comme ça,
00:26:00comme objectif.
00:26:01Alors, après,
00:26:01l'entre eux,
00:26:03neutraliser l'Iran,
00:26:04détruire la menace nucléaire
00:26:06ou des missiles
00:26:07ou des drones
00:26:08plus compliqués
00:26:09ou simplement dire
00:26:11« Bon, ça va,
00:26:11ils sont plus dangereux,
00:26:12on peut continuer,
00:26:13on peut faire affaire avec eux »,
00:26:14il n'a pas choisi encore.
00:26:16Mais le fait qu'ils aient désigné,
00:26:17je ne sais pas d'ailleurs
00:26:18comment,
00:26:18après ces tonnes de bombardements,
00:26:20ils arrivent quand même
00:26:21rassembler l'Assemblée des Experts,
00:26:22je ne sais pas dans quelle cave.
00:26:24Bon,
00:26:24ils arrivent à élire le fils.
00:26:27Bon, là,
00:26:27on revient dans l'ouestern, là.
00:26:30Parce que du point de vue américain,
00:26:31si on comprend bien sa psychologie,
00:26:32c'est inacceptable.
00:26:34S'il y avait le président,
00:26:36pas le guide,
00:26:37mais le président,
00:26:38je ne sais pas sur quelle ligne il est,
00:26:40d'ailleurs,
00:26:40en tout cas,
00:26:40il a survécu pour le moment,
00:26:42ou bien un général nationaliste
00:26:43normal, classique,
00:26:45Trump pourrait s'arranger
00:26:46là-dessus en disant
00:26:47« Ça y est,
00:26:48on a atteint l'objectif ».
00:26:49Le fils,
00:26:50ça me paraît impossible
00:26:51que Trump parait,
00:26:52même s'il avait
00:26:53des sondages très,
00:26:54très mauvais,
00:26:55il est obligé d'en rajouter.
00:26:57Ils vont essayer
00:26:57de l'éliminer.
00:26:58Si on revient
00:26:59au déclenchement
00:27:00de l'opération
00:27:00fureur épique d'Israël
00:27:02et des Etats-Unis
00:27:02sur l'Iran,
00:27:04vous disiez tout à l'heure
00:27:05que vous aviez l'impression,
00:27:06vous envoyez ce mot,
00:27:07si j'ai bien entendu,
00:27:08d'instrumentalisation
00:27:10des Etats-Unis
00:27:11par Israël.
00:27:12Vous pouvez nous expliquer
00:27:12pourquoi ?
00:27:13C'est en gros
00:27:14ce qu'a dit Rubio,
00:27:15le secrétaire d'État.
00:27:17Une formule,
00:27:18d'ailleurs,
00:27:18il est controversé,
00:27:19non, mais parce que
00:27:20les Américains sont habitués
00:27:21à l'électeur américain.
00:27:23Est-ce que les Etats-Unis
00:27:23soutiennent
00:27:25systématiquement Israël ?
00:27:26Mais entre soutenir
00:27:27systématiquement
00:27:28et être instrumentalisés ?
00:27:30Où est-ce que vous...
00:27:31Alors Rubio,
00:27:32en gros,
00:27:32il a dit
00:27:33qu'ils avaient appris,
00:27:34enfin les Israéliens
00:27:35leur avaient dit
00:27:36qu'ils allaient frapper
00:27:37l'Assemblée Réunion
00:27:38dont ils avaient connaissance
00:27:39autour du guide
00:27:41et qu'ils ne pouvaient pas,
00:27:42eux,
00:27:42Américains,
00:27:43les laisser faire seuls.
00:27:45Donc, en gros,
00:27:46il explique bien Rubio.
00:27:47Donc, il y a une controverse
00:27:48depuis qui est étonnante.
00:27:50Encore une fois,
00:27:50les Américains sont habitués
00:27:52à ça,
00:27:52mais pas à l'instrumentalisation
00:27:54visible à ce point.
00:27:56Bon, je me borne
00:27:57à reprendre
00:27:58ce que j'ai entendu
00:27:59du secrétaire d'État.
00:27:59C'est une faute de Trump ?
00:28:00Est-ce que c'est lié
00:28:01à Donald Trump, ça ?
00:28:02Et à sa volonté
00:28:03d'appuyer Benjamin Netanyahou ?
00:28:04Non, pas directement,
00:28:04parce que Donald Trump,
00:28:06tous les prix américains
00:28:07ont été pro-israéliens,
00:28:09sauf Bush père
00:28:10qui trouvait que déjà
00:28:11Netanyahou allait trop loin.
00:28:12C'est ancien, ça.
00:28:14Tous les autres,
00:28:15qu'ils le pensent ou pas,
00:28:16ils sont pro-israéliens,
00:28:17même si Obama explique
00:28:18dans ses mémoires
00:28:19qu'il aurait fallu faire autrement
00:28:20pour essayer de contenir
00:28:22le nationalisme israélien
00:28:23et qu'il n'a pas pu
00:28:24parce qu'il y a tas de trucs.
00:28:25Bon, voilà.
00:28:26Donc, mais chez Trump,
00:28:27il n'y a pas d'affect,
00:28:28en fait, depuis le début.
00:28:29Il est sensible
00:28:30aux évangélistes américains,
00:28:32le vote,
00:28:32mais pas tellement sur Israël.
00:28:34D'ailleurs,
00:28:34c'est déjà arrivé
00:28:35deux ou trois fois
00:28:36que les envoyés de Trump,
00:28:38notamment Steve Witkoff,
00:28:39vous savez,
00:28:39le promoteur copain de Trump,
00:28:41qui l'a envoyé maintenant,
00:28:42permanent,
00:28:43qui dit à Netanyahou
00:28:44qu'il fallait arrêter.
00:28:46Donc, il y a une petite nuance
00:28:48entre les deux.
00:28:49Ceux qui ont obtenu
00:28:49le cessez-le-feu à Gaza,
00:28:51qui n'est pas tout à fait respecté,
00:28:52mais quand même
00:28:53le cessez-le-feu.
00:28:54C'est Trump qui a obligé
00:28:55et Netanyahou
00:28:56a appelé l'émir du Qatar
00:28:57pour s'excuser
00:28:59quand ils ont fait une opération
00:29:00pour anéantir une réunion
00:29:01de négociateurs.
00:29:04Donc, il y a une petite marge.
00:29:05Donc, ça ne vient pas
00:29:06directement de Trump.
00:29:07C'est l'Amérique,
00:29:08en général.
00:29:09Sauf que, comme je l'ai dit tout à l'heure,
00:29:10il y a un début d'évolution
00:29:11dans l'opinion publique américaine.
00:29:14Il ne faut pas exagérer,
00:29:15mais il y a un début de distinction
00:29:16entre le soutien Israël fondamental
00:29:19et le soutien de Netanyahou.
00:29:20Un tout début
00:29:21qu'on ne voit pas en Europe,
00:29:23notamment pas en France,
00:29:24mais il y a un tout début
00:29:24aux États-Unis.
00:29:25Je ne sais pas où ça va aller,
00:29:28mais je pense que je vous conseille
00:29:29de relire les interviews
00:29:31de Barnavi,
00:29:31qui est très minoritaire,
00:29:33mais qui dit des choses
00:29:34quand même extrément intelligentes
00:29:35et justes.
00:29:36Laurent,
00:29:37si on revient sur la situation
00:29:39en Iran,
00:29:40est-ce qu'on peut espérer
00:29:41un soulèvement du peuple iranien
00:29:43et finalement une transition
00:29:45vers la démocratie ?
00:29:45Ce qu'espèrent beaucoup de pays,
00:29:47mais est-ce que c'est
00:29:48une hypothèse crédible ?
00:29:50D'abord,
00:29:51on ne peut pas espérer
00:29:52parce que c'est trop dangereux.
00:29:54Et il ne faut pas du tout dire
00:29:55ce qu'avait fait Trump
00:29:56dans l'épisode d'avant.
00:29:58Allez manifester,
00:29:58et on arrive.
00:29:59C'est honteux, ça.
00:30:00C'est en gros ce qui l'a fait
00:30:01de pire depuis qu'il est président.
00:30:03C'est envoyer les gens
00:30:04à la tuerie, vous voulez dire.
00:30:05C'est envoyer les gens
00:30:06à la tuerie.
00:30:06Oui, c'est ça.
00:30:08Alors, on dit 30 000 morts,
00:30:09je ne sais pas comment on les calcule,
00:30:10mais c'est quand même monstrueux.
00:30:11Donc, on ne va pas jouer là-dessus.
00:30:12On peut se demander
00:30:13est-ce que ça risque d'arriver ?
00:30:15Alors, un de nos grands spécialistes
00:30:17de l'Iran en France,
00:30:18qui est le professeur Ourkad,
00:30:20a bien expliqué depuis des semaines
00:30:22qu'il y a eu énormément
00:30:24de révoltes,
00:30:25de rébellions
00:30:26ou de manifs contre le régime,
00:30:28qui est un régime effrayant,
00:30:30depuis des années,
00:30:31mais jamais global.
00:30:32Donc, c'était tel ou tel groupe,
00:30:34telle ou telle région,
00:30:35telle ou telle catégorie sociale.
00:30:36Ou les femmes, courageusement,
00:30:38mais jamais globalement.
00:30:39Sauf dans les périodes récentes
00:30:41où, précisément,
00:30:41ils ont cru dans Trump
00:30:42et ils se sont fait massacrer.
00:30:44Alors, est-ce qu'on peut parier là-dessus ?
00:30:46Je n'en sais rien,
00:30:47mais moi, on n'a pas le droit
00:30:48de leur dire,
00:30:49allez manifester
00:30:50ou de montrer des espérances là-dessus.
00:30:52Si ça ne se traduit pas
00:30:53un nouveau bain de sang,
00:30:55si le régime est toujours là,
00:30:57que Trump a été obligé d'arrêter
00:30:58avant d'avoir renversé le régime,
00:31:00ou alors si c'est le chaos après,
00:31:01avec des règlements de compte.
00:31:03Donc, on ne peut que espérer
00:31:04qu'un jour,
00:31:06ce grand peuple,
00:31:07ce grand pays
00:31:08connaisse une vie normale
00:31:09avec un régime normalement.
00:31:11On peut l'espérer, ça.
00:31:12Mais moi, je ne vois pas encore
00:31:13le scénario
00:31:14parce que je trouve
00:31:14que la résistance du régime
00:31:16sous les bombardements,
00:31:18qu'on voit tous les jours
00:31:19depuis maintenant, quoi,
00:31:20dix jours ?
00:31:20Dix jours.
00:31:21Alors, ils sont quand même
00:31:22très coriaces.
00:31:24Et donc, on souhaite pour l'Iran,
00:31:27bien sûr.
00:31:28Alors, le jour où le régime
00:31:29sera vraiment tombé,
00:31:30je ne sais pas quand,
00:31:31le jour où il y aura vraiment,
00:31:32après le chaos,
00:31:33un vrai régime moderne,
00:31:35peut-être nationalisme,
00:31:36normal, moderne,
00:31:38ça devient un pays émergent
00:31:40en quelques années.
00:31:41Ça peut être un pays
00:31:42qui domine la région
00:31:43en quelques années.
00:31:44Mais sans réalité,
00:31:47aucun pays arabe ne le souhaite.
00:31:49Alors, ils ont d'autres soucis avant,
00:31:50donc ça s'exprime moins.
00:31:51Mais on le sent entre les lignes.
00:31:53Laurent ?
00:31:53Actuellement, les forces d'opposition
00:31:55sont suffisamment structurées,
00:31:57suffisamment unies.
00:31:58Ce qu'on a vu à Paris
00:31:59des filets d'un côté
00:32:02de pro favorables
00:32:03au retour du chat,
00:32:05d'autres qui ne sont pas du tout
00:32:06favorables à cette hypothèse.
00:32:07Est-ce que les forces d'opposition
00:32:09sont suffisamment unies
00:32:10pour faire tomber le régime
00:32:12et créer une transition ?
00:32:13On en sait autant
00:32:14les uns les autres,
00:32:15c'est-à-dire pas grand-chose,
00:32:16en fait.
00:32:17Personne ne sait
00:32:18pourquoi le fils d'Ishak
00:32:20a un discours d'ailleurs
00:32:21très modéré,
00:32:23très démocrate,
00:32:23se présente en tant que
00:32:25voulant être là
00:32:26pour la transition
00:32:27vers un régime républicain
00:32:28ou monarchique.
00:32:30Les propos qu'il tient
00:32:31sont les propos
00:32:31les plus prudents,
00:32:33les plus respectueux
00:32:34des choix futurs
00:32:35d'une constituante.
00:32:36Bon.
00:32:36Mais est-ce qu'il est soutenu
00:32:38dans le pays ?
00:32:38On n'en sait rien.
00:32:39Il n'est pas soutenu
00:32:40par l'Amérique
00:32:40pour le moment.
00:32:41Ça peut devenir
00:32:42une...
00:32:43une solution,
00:32:44une martingale
00:32:45pour lui,
00:32:45à un moment donné.
00:32:46Est-ce que les Moudjahidines
00:32:47du peuple,
00:32:48qui étaient considérés
00:32:49comme terroristes
00:32:50autrefois,
00:32:50mais qui ne le sont plus,
00:32:52qui se prétendent
00:32:53comme très très puissants
00:32:54sur place le sont,
00:32:55on n'en sait rien.
00:32:57Est-ce qu'il y a eu
00:32:57une structure
00:32:58qui a émané
00:32:59des manifestations
00:33:00de femmes,
00:33:01je le répète,
00:33:01hyper courageuses ?
00:33:02Il semble que non.
00:33:04Est-ce que les Kurdes,
00:33:06on parle des malheureux Kurdes,
00:33:08pour le coup,
00:33:09je m'inquiète pour eux
00:33:09parce que si l'Amérique
00:33:11utilise les Kurdes
00:33:12d'Irak,
00:33:13c'est la seule zone
00:33:15où le monde kurde
00:33:16est à peu près en paix.
00:33:17Le Kurdiste en Irak
00:33:18qui en plus a l'avantage
00:33:19de avoir 10%
00:33:20du pétrole irakien.
00:33:22Ils venaient à peu près
00:33:23mieux qu'ailleurs.
00:33:24S'ils sont utilisés
00:33:25par l'acier
00:33:26ou je ne sais pas qui,
00:33:27pour aller essayer
00:33:27de déstabiliser l'Iran,
00:33:29je trouve ça hyper dangereux.
00:33:30Ça ressemble
00:33:31à toutes sortes
00:33:31d'interventions
00:33:33aux conséquences tragiques
00:33:35depuis plusieurs décennies.
00:33:36Je ne sais pas répondre
00:33:37à votre question
00:33:38et je crois que personne ne sait.
00:33:40Si Trump savait,
00:33:42on verrait déjà apparaître
00:33:43un embryon de solution.
00:33:45Il y a l'Iran,
00:33:46évidemment,
00:33:46il y a le Liban aussi
00:33:48qui a une place
00:33:48et une histoire particulière
00:33:49avec la France.
00:33:50Hervé ?
00:33:50Le président libanais
00:33:52appelle la France à l'aide.
00:33:54Le Liban est à son tour
00:33:56attiré dans ce conflit.
00:33:57Au-delà de l'aide humanitaire,
00:33:59ce que la France fait déjà,
00:34:01est-ce que la France
00:34:02peut concrètement
00:34:03faire quelque chose
00:34:04pour aider le Liban
00:34:05et si oui, quoi ?
00:34:07Alors, pour faire
00:34:08une réponse honnête
00:34:09et réaliste,
00:34:10comme d'habitude,
00:34:11le régime libanais
00:34:12à la française,
00:34:13inventé par la France
00:34:14autrefois,
00:34:14a déjà été renversé
00:34:16en 1958.
00:34:1758.
00:34:18Il a déjà été sauvé
00:34:19par des marines américaines
00:34:20en 58.
00:34:22Donc, il y a un décalage
00:34:24hallucinant
00:34:24entre l'idée
00:34:25qu'on se fait en France
00:34:26de nos liens
00:34:26avec le Liban
00:34:27et la réalité du Liban
00:34:28qui est un pays
00:34:29de plus en plus éloigné
00:34:30de la France,
00:34:31de la francophonie,
00:34:32dans lequel les différents
00:34:34groupes musulmans
00:34:35en conflit entre eux
00:34:36sont quand même
00:34:37de plus en plus majoritaires
00:34:38par rapport à ça.
00:34:39Bon, ça, c'est la vérité.
00:34:41Il n'empêche,
00:34:42il n'empêche
00:34:43que le président Macron
00:34:45a montré
00:34:46à juste titre,
00:34:48assez courageusement,
00:34:49un vrai intérêt
00:34:50pour le Liban
00:34:50et que la situation actuelle
00:34:52avec le président actuel du Liban
00:34:53est quand même bien meilleure
00:34:55qu'il y a quelques années.
00:34:57Et en plus,
00:34:57il y a une distinction
00:34:58dans les mouvements chiites
00:35:01parce que, par exemple,
00:35:02le mouvement,
00:35:03un des deux principaux
00:35:04mouvements chiites
00:35:05a accepté
00:35:06de se différencier
00:35:07encore plus
00:35:08des mouvements
00:35:08pro-iraniens.
00:35:09Le gouvernement libanais
00:35:12a pris une décision,
00:35:13un décret,
00:35:14je ne sais pas
00:35:14quel est le terme exact,
00:35:17pour soutenir
00:35:18le désarmement
00:35:18du Hezbollah.
00:35:20Bon, donc,
00:35:21il y a un mouvement
00:35:22au Liban récemment
00:35:23qui corrige un peu
00:35:24ce que j'ai dit
00:35:24sur 20 ou 30 ans,
00:35:28qui montre
00:35:29qu'il y a une volonté
00:35:30libanaise
00:35:30un peu plus forte
00:35:31qu'il y a 5 ou 10 ans
00:35:32d'aller dans ce sens.
00:35:34Donc, ça,
00:35:34il faut l'aider.
00:35:35Qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:35:36Je n'en sais rien,
00:35:37mais c'est un signe
00:35:38quand même
00:35:39dans le drame,
00:35:40dans la tragédie libanaise.
00:35:42C'est un signe
00:35:43positif pour nous
00:35:43que le président du Liban
00:35:45appelle le président Macron
00:35:46et c'est très bien
00:35:47qu'il fasse
00:35:48tout ce qu'il peut.
00:35:49Alors, il y a
00:35:49l'humanitaire,
00:35:50il y a l'aspect politique.
00:35:52Je ne suis pas sûr
00:35:52qu'il arrive
00:35:53à convaincre
00:35:53les Israéliens
00:35:55de renoncer
00:35:55à dominer le sud-Liban
00:35:56au sud de l'Italie.
00:35:58C'est leur obsession
00:35:58depuis Charodin.
00:36:00Oui, justement.
00:36:01Un ministre redisait
00:36:02ce week-end...
00:36:02Charodin change à la fin.
00:36:03À la fin,
00:36:03il était pour les deux États,
00:36:04d'ailleurs.
00:36:04Le ministre de l'économie
00:36:05israélien redisait
00:36:06ce week-end
00:36:07vouloir transformer
00:36:09le sud-Liban
00:36:10en un nouveau Gaza.
00:36:11Est-ce que, justement,
00:36:12la France ne pourrait pas
00:36:15prétendre intervenir
00:36:15dans ce débat ?
00:36:16Oh, c'est le ton !
00:36:16Fixer des limites,
00:36:18donner des avertissements
00:36:19à Israël
00:36:20pour qu'Israël
00:36:21n'aille pas trop loin ?
00:36:23À un moment donné,
00:36:24il faudrait être capable
00:36:24de dire non.
00:36:26Parce que, regardez,
00:36:27évidemment,
00:36:28les gens qui veulent
00:36:29Netanyahou,
00:36:29ils sont obsédés,
00:36:30on peut le comprendre
00:36:31par les menaces différentes,
00:36:33mais il y a une fuite
00:36:33en avant
00:36:34qui n'est que la guerre.
00:36:35Que la guerre.
00:36:37Paradoxalement,
00:36:37je me demande...
00:36:39Je vais tester une idée
00:36:40devant vous.
00:36:41Étant donné que Netanyahou
00:36:42a fait le sale boulot,
00:36:44on peut dire,
00:36:45qu'il a réussi à affaiblir
00:36:46toutes les menaces
00:36:47sur Israël,
00:36:48Hezbollah,
00:36:49Hamas,
00:36:50pas complètement,
00:36:50mais quand même beaucoup,
00:36:51l'Iran maintenant,
00:36:53est-ce que c'est encore dangereux
00:36:54d'imaginer un État palestinien ?
00:36:57Oui.
00:36:58Alors que l'argument
00:36:59des ultra-nationalistes,
00:37:00enfin,
00:37:01le Likoud d'aujourd'hui,
00:37:02plus ses alliés,
00:37:03encore plus nationalistes,
00:37:04c'est de dire
00:37:05que c'est trop dangereux.
00:37:06D'ailleurs,
00:37:07l'État palestinien,
00:37:07ce serait le Hamas.
00:37:09Ils ont tout fait
00:37:10pour que ce soit le Hamas
00:37:11et pas l'autorité palestinienne.
00:37:12C'était très bien décrit
00:37:13par Olmert et Oud Baraksin.
00:37:15Donc on pourrait dire,
00:37:16étonnamment,
00:37:17aujourd'hui,
00:37:19s'il a vraiment neutralisé
00:37:20ou affaibli énormément
00:37:22les menaces sur Israël,
00:37:24alors pour le coup,
00:37:25il est soutenu par tout le monde,
00:37:26même le camp de la paix
00:37:27sur l'Iran,
00:37:28on pourrait dire,
00:37:29mais il n'y a plus de danger,
00:37:30en fait.
00:37:31Quel serait le danger
00:37:32de tenter un État palestinien ?
00:37:33– Ça ouvrirait la porte
00:37:35à un État palestinien ?
00:37:36– Ça ouvrirait, pardon,
00:37:37la porte à un État palestinien ?
00:37:38– Parce que si Netanyahou
00:37:39était un grand homme d'État
00:37:39méconnu,
00:37:41si c'est un idéologue nationaliste,
00:37:43bon, ça ne marchera pas.
00:37:43– J'avais des doutes.
00:37:44– Mais je crois que personne
00:37:45n'a dit ça encore.
00:37:46– Non, mais c'est intéressant
00:37:47ce que vous dites là,
00:37:48parce que vous dites,
00:37:48si effectivement,
00:37:49il a éliminé
00:37:51toutes les menaces
00:37:52qu'il a répertoriées,
00:37:53voilà,
00:37:55alors dans ce cas,
00:37:56il n'y a plus d'obstacles
00:37:57pour créer un État palestinien
00:37:58réellement.
00:37:59– On pourrait dire,
00:38:00non, il y a les obstacles
00:38:00et qu'ils ne veulent pas.
00:38:01– Oui.
00:38:02– Netanyahou,
00:38:02depuis le début,
00:38:03dit avec moi,
00:38:03il n'y aura jamais
00:38:03d'État palestinien.
00:38:04– Mais de fait.
00:38:05– D'ailleurs,
00:38:05il n'y a que des terroristes,
00:38:06en fait,
00:38:06je m'arrangerai pour qu'il n'y ait
00:38:07que des terroristes
00:38:08avec le soutien extravagant
00:38:10du Qatar ou Hamas.
00:38:11Bon, et en mettant,
00:38:12ils aissent fixer
00:38:13l'autorité palestinienne.
00:38:14Bon, donc c'est un jeu
00:38:16cynique, brillant,
00:38:17très efficace
00:38:18jusqu'aux horreurs
00:38:19du 7 octobre,
00:38:20sauf qu'on reparle
00:38:21du sujet maintenant.
00:38:29l'autorité palestinienne,
00:38:30puisqu'ils ont choisi
00:38:3115 technocrates palestiniens
00:38:32pour s'occuper de Gaza
00:38:33éventuellement,
00:38:34ce qui est déjà trop
00:38:35pour Netanyahou
00:38:36et ses alliés,
00:38:36sauf si,
00:38:37sauf si,
00:38:38mais là je suis
00:38:39dans l'utopie complète,
00:38:41ce n'est pas mon
00:38:41image de marque habituelle,
00:38:44sauf si Netanyahou
00:38:45voyait qu'il y a
00:38:45une chance historique
00:38:46de tout changer,
00:38:48pour qu'il n'y ait pas
00:38:49simplement une victoire
00:38:50militaire israélienne
00:38:52au Proche-Orient,
00:38:53le grand slam militaire,
00:38:55mais une incroyable
00:38:56percée politique.
00:38:59Est-ce qu'il est capable de ça ?
00:39:00Tout ce qu'on connaît
00:39:00de lui amène à penser non,
00:39:02mais c'est impossible
00:39:05de ne pas y rêver quand même.
00:39:06Hugo ?
00:39:07Oui, toujours dans votre livre
00:39:08qui date d'il y a 30 ans,
00:39:10vous citez De Gaulle
00:39:11qui déclare
00:39:11maintenant l'état d'Israël
00:39:12organise sur les territoires
00:39:14qu'il a pris
00:39:14l'occupation qui ne peut aller
00:39:16sans oppression,
00:39:17répression,
00:39:18expulsion,
00:39:18et s'y manifeste
00:39:19contre lui une résistance
00:39:20qu'à son tour
00:39:21il qualifie de terroriste,
00:39:21c'est la citation que vous dites
00:39:22dans le livre,
00:39:23et vous dites que ses propos
00:39:24n'ont infléchi en rien
00:39:26le cours du conflit
00:39:26en cours à l'époque,
00:39:27il y a plus de 60 ans
00:39:28que ses propos ont été tenus,
00:39:30à 30 ans vous dites
00:39:31que ça ne changeait rien,
00:39:32aujourd'hui encore
00:39:33ça continue à arriver
00:39:34la colonisation, etc.
00:39:35Est-ce qu'il n'y a pas
00:39:36une part de faiblesse
00:39:38aussi de la France
00:39:39et de l'Occident
00:39:40pour lutter
00:39:41contre la colonisation israélienne ?
00:39:44Ce n'est pas une faiblesse,
00:39:45c'est le génie de De Gaulle, ça.
00:39:48Le fait que c'est rien,
00:39:49il y a mille choses
00:39:50qu'on n'a pas pu empêcher.
00:39:52C'est avec notre droit
00:39:52de l'homisme
00:39:53pendant des décennies
00:39:54qui avait été efficace.
00:39:56La Chine serait un grand
00:39:57pays démocratique.
00:39:59Et la Russie serait devenue
00:40:00une sorte de gros Danemark.
00:40:02Bon.
00:40:03Donc, ce n'est pas une question
00:40:04de...
00:40:05Ça ne démontre pas une...
00:40:06Ça démontre qu'on n'est pas
00:40:08ou plus les maîtres du monde,
00:40:09c'est tout.
00:40:11En dehors de ça,
00:40:12quand De Gaulle a dit ça,
00:40:13c'était génial.
00:40:14Il annonçait,
00:40:15c'est une époque
00:40:16où Israël évitait
00:40:18en déclenchant la colonisation
00:40:19ou pas.
00:40:19Il y avait des pours et des contres.
00:40:21Les médias français de l'époque
00:40:23se sont accrochés
00:40:23uniquement sur la phrase
00:40:25de De Gaulle.
00:40:26Grand peuple d'élite
00:40:27sur de lui est dominateur.
00:40:28Tout le monde s'est déchaîné
00:40:29sur De Gaulle,
00:40:30alors que Ben Gourion
00:40:31avait trouvé ça
00:40:32assez flatteux, en fait.
00:40:34Formule.
00:40:34Ils ont continué
00:40:35à échanger après.
00:40:36Mais la vraie phrase
00:40:37géniale de De Gaulle,
00:40:38c'est qu'ils disaient
00:40:38qu'ils sont tentés
00:40:39par l'occupation.
00:40:41Donc, ils vont y aller.
00:40:42Peut-être.
00:40:43Ça va déclencher
00:40:43de la résistance
00:40:44qui vont traiter
00:40:44de terrorisme.
00:40:46Ça décrit toute la suite,
00:40:47en fait.
00:40:48Toute la suite.
00:40:49Bon, Netanyahou
00:40:50et ses alliés
00:40:50dont j'ai parlé
00:40:52et qui sont bien pires
00:40:52que lui,
00:40:53croyaient avoir
00:40:54réglé la question
00:40:55et ce qui était
00:40:56sidérant pour eux
00:40:58au moment des horreurs
00:41:00du 7 octobre
00:41:01si qu'ils croyaient
00:41:02que la question
00:41:02avait disparu.
00:41:05Alors que, bizarrement,
00:41:06c'est atroce
00:41:07qu'il ait fallu
00:41:08parler des horreurs
00:41:08du 7 octobre
00:41:10du Hamas.
00:41:10Il a fallu passer par ça
00:41:12pour que,
00:41:12dans le plan Trump,
00:41:13deux ans après,
00:41:14il y ait une sorte
00:41:15d'embryon
00:41:15d'autorité palestinienne
00:41:17à Gaza.
00:41:18Pourquoi pas avant ?
00:41:19Et pour vous,
00:41:19le Hamas,
00:41:20c'est du coup,
00:41:20c'est résistance,
00:41:21terrorisme ou les deux ?
00:41:22Le Hamas,
00:41:23pour vous,
00:41:24du coup,
00:41:24si on reprend cette phrase
00:41:24de De Gaulle,
00:41:25c'est de la résistance,
00:41:26du terrorisme ou les deux ?
00:41:27C'est un mélange,
00:41:28évidemment,
00:41:28tout ça,
00:41:28c'est un mélange.
00:41:29Mais ça n'existerait pas
00:41:30si les Etats-Unis
00:41:34avaient soutenu
00:41:34Mitterrand,
00:41:35Mitterrand,
00:41:36pro-israélien,
00:41:37en mars 82,
00:41:39sur un état palestinien.
00:41:41Quand Begin avait dit
00:41:42que c'est ça qui s'oppose
00:41:43à l'amitié entre nous,
00:41:45vous voyez ?
00:41:45Il y a beaucoup
00:41:46d'occasions manquées.
00:41:47Ça aurait pu avoir lieu
00:41:48avec Bush,
00:41:49père,
00:41:49éventuellement,
00:41:50et Baker,
00:41:50et je pense que la situation
00:41:51aurait été complètement différente
00:41:53et que l'islamisme mondial,
00:41:55qui est un vrai,
00:41:56vrai danger,
00:41:57aurait eu beaucoup moins
00:41:58d'éléments,
00:41:59beaucoup moins de grains à moudre
00:42:00s'il y avait une situation,
00:42:01un accord à peu près convenable
00:42:03avec un état palestinien
00:42:05allié à Israël
00:42:06pour combattre les Israéliens.
00:42:07Il y a des occasions manquées
00:42:09monstrueuses dans cette affaire
00:42:11et moi,
00:42:11je pense que mon ami Barnavi,
00:42:12que quand la guerre d'Iran
00:42:14va s'arrêter,
00:42:14je ne sais pas quand,
00:42:16ça va revenir à ce sujet
00:42:18qu'on croit complètement oublié,
00:42:19mais ce n'est pas le cas,
00:42:20en fait.
00:42:21Et Trump,
00:42:21il n'a pas oublié
00:42:22son plan pour Gaza,
00:42:23en fait.
00:42:24Vous voyez,
00:42:24c'est moins...
00:42:25Entre-temps,
00:42:26il y a la guerre en Iran
00:42:27et je suis incapable,
00:42:29comme vous,
00:42:29de dire combien de temps
00:42:30ça va durer.
00:42:31En tout cas,
00:42:32il y a aussi la France
00:42:34qui essaie de se positionner,
00:42:35même si vous disiez,
00:42:36pour l'instant,
00:42:36la France,
00:42:37on ne l'entend pas
00:42:37forcément beaucoup.
00:42:39Ce matin,
00:42:39le ministre des Affaires étrangères,
00:42:40Jean-Noël Barraud,
00:42:41a rappelé la position officielle.
00:42:44Mais il faut que cette escalade
00:42:46s'arrête
00:42:47parce qu'elle emporte
00:42:47sans doute
00:42:48plus de risques encore
00:42:49pour la sécurité,
00:42:51la stabilité de la région,
00:42:52qu'elle n'apporte de solution
00:42:53aux problèmes majeurs
00:42:54des actions
00:42:56du régime iranien,
00:42:57s'agissant de la déstabilisation
00:43:00de la région
00:43:00et du traitement
00:43:02réservé à son propre peuple.
00:43:03Laurent ?
00:43:04Oui,
00:43:05quand on entend
00:43:06Jean-Noël Barraud,
00:43:07est-ce que la voix
00:43:08de la France
00:43:08porte encore
00:43:09dans ce genre de conflit
00:43:10sur la situation internationale ?
00:43:11Est-ce qu'il y a encore
00:43:13une voix de la France
00:43:14qui porte ?
00:43:15Elle porte beaucoup plus
00:43:16qu'en 1940,
00:43:17par exemple.
00:43:19Ce que je veux dire par là
00:43:20que c'est une interrogation
00:43:22typiquement française.
00:43:24On se réfère à quand ?
00:43:25À Louis XIV ?
00:43:26À Napoléon ?
00:43:29À De Gaulle ?
00:43:30Mais pas en 58 ?
00:43:31Après 62 ?
00:43:33Donc c'est une interrogation
00:43:35un peu lancidante,
00:43:36un peu masochiste,
00:43:37un peu nostalgique.
00:43:40Globalement,
00:43:40les Occidentaux
00:43:41ne sont plus
00:43:42les maîtres du monde.
00:43:43On n'a plus le monopole.
00:43:45Même les Etats-Unis,
00:43:46même les hyperpuissants.
00:43:48Et nous, la France,
00:43:48on a décroché
00:43:49pour des tas de raisons.
00:43:51Et même quand la voix
00:43:52de la France porte,
00:43:53par exemple,
00:43:53la voix de Chirac
00:43:54et Villepin,
00:43:55ça n'a pas empêché
00:43:56la guerre.
00:43:58Hélas.
00:43:59Donc il ne faut pas
00:43:59le traiter
00:44:00sur un mode nostalgique,
00:44:01en fait.
00:44:02D'ailleurs,
00:44:03quand j'étais ministre,
00:44:03donc il y a qu'une vingtaine
00:44:04d'années,
00:44:05on me demandait
00:44:06quasiment chaque semaine
00:44:07est-ce que la France
00:44:08est encore une grande puissance ?
00:44:09Vous voyez l'obsession
00:44:10Louis XIV de Napoléon,
00:44:12tout ça.
00:44:12Et je disais
00:44:13la France est une puissance
00:44:15moyenne,
00:44:16comme avait dit Giscard
00:44:17qui s'était fait engueuler.
00:44:18Donc j'ajoutais
00:44:19d'influence mondiale.
00:44:22Après,
00:44:22ça dépend des moments,
00:44:23ça dépend des sujets.
00:44:24C'est encore le cas ?
00:44:25Moyenne d'influence mondiale ?
00:44:26Oui, oui.
00:44:27Sinon,
00:44:27le président du Liban
00:44:28n'appellerait pas Macron à l'aide.
00:44:30Il peut l'aider un peu,
00:44:31mais pas énormément.
00:44:32Donc il y a encore
00:44:33beaucoup d'éléments.
00:44:34Il y a 200 pays
00:44:35aux Nations Unies.
00:44:36200.
00:44:37Il y a combien de puissances
00:44:38là-dedans ?
00:44:39Même pas les 20 du G20.
00:44:41Une quinzaine.
00:44:42Donc on a une puissance moyenne.
00:44:44C'est énorme.
00:44:45Énorme.
00:44:46Donc il n'y a pas de raison
00:44:47de planisser sur nous-mêmes.
00:44:48Il faut se demander,
00:44:50pas en général,
00:44:50mais au cas par cas,
00:44:51est-ce que sur ce sujet,
00:44:53dans tel ou tel domaine,
00:44:54il commençait par se demander
00:44:55si on n'a pas vu s'éroder
00:44:58notre capacité
00:44:59à négocier
00:45:00dans l'Union européenne
00:45:01pour des raisons
00:45:02de décrochage économique.
00:45:04Ce n'est pas lié à Macron,
00:45:05ça.
00:45:05Décrochage économique.
00:45:07Bon.
00:45:08Sinon,
00:45:09dans l'affaire du Mercosur,
00:45:10ça serait tourné autrement.
00:45:11C'est autre chose.
00:45:11Donc la question se pose,
00:45:12mais pas sur un mode tragique.
00:45:14Laurent.
00:45:15Certains qualifient cette guerre
00:45:16de d'illégitime,
00:45:17voire d'illégale.
00:45:18On pense notamment
00:45:19à Jean-Luc Mélenchon.
00:45:20Vous, comment est-ce que
00:45:21vous qualifieriez ce conflit,
00:45:23cette guerre en Iran
00:45:24qui a été ouverte ?
00:45:25Je ne vois pas l'intérêt
00:45:25de plaquer des mots
00:45:26comme ça sur ces événements.
00:45:28Ça ne change rien,
00:45:28de toute façon.
00:45:29On définit l'égalité internationale.
00:45:32Mais est-ce que cette guerre
00:45:33est illégitime ?
00:45:34Je vais citer un exemple.
00:45:35Un exemple qu'elle a
00:45:36décident du Conseil
00:45:37de sécurité unanime
00:45:38dans l'affaire
00:45:39de la guerre du Golfe.
00:45:41C'est quoi ?
00:45:43C'est pas ça.
00:45:44Donc c'est une invocation
00:45:45que je respecte
00:45:46parce que l'idée d'un monde
00:45:48régi un jour
00:45:48par le droit international
00:45:50évidemment est une idée
00:45:51séduisante.
00:45:52On aimerait bien
00:45:52que ce soit vrai.
00:45:54Bon.
00:45:54Mais ce n'est pas vrai en fait.
00:45:55C'est faux.
00:45:56Pour vous,
00:45:56ça n'existe pas.
00:45:57Le droit international,
00:45:58c'est une chimère.
00:45:58C'est un objectif.
00:46:00C'est une espérance.
00:46:01C'est pour ça que les qualificatifs
00:46:03d'illégitime ou d'illégal,
00:46:04c'est difficile à utiliser.
00:46:06Bon.
00:46:07Après, on peut distinguer.
00:46:08Par exemple,
00:46:09j'en reviens à mon ami Barnaby
00:46:10parce que c'est la plus belle figure
00:46:12avec beaucoup d'anciens militaires
00:46:13du camp de la paix en Israël.
00:46:15Lui, il dit,
00:46:16bon, il n'y a pas de légalité
00:46:17dans la décision de Trump
00:46:19et du gouvernement israélien
00:46:21sur l'Iran,
00:46:22mais je trouve ça légitime.
00:46:24Lui, il dit ça.
00:46:25Parce que tous les Israéliens,
00:46:26même les plus pacifistes,
00:46:28ils ont envie
00:46:28que la menace iranienne
00:46:29soit neutralisée, bien sûr.
00:46:31Après, ça dépend qui définit.
00:46:34Alors, légal ou pas,
00:46:35il y a des textes,
00:46:36on va dire,
00:46:36c'est conforme au texte.
00:46:38Légitime, ça dépend
00:46:38qui parle, en fait.
00:46:39Évidemment.
00:46:40Est-ce que c'est nous,
00:46:40Poutine ou les Chinois ?
00:46:42C'est comme l'égalité et l'équité.
00:46:44Alors, pour prolonger,
00:46:45ce qu'on voit,
00:46:45c'est que les Nations Unies
00:46:47sont traitées
00:46:48comme une quantité négligeable
00:46:49dans cette affaire.
00:46:50La charte des Nations Unies,
00:46:53plus personne n'en parle,
00:46:54alors que théoriquement,
00:46:55elle définit les conditions
00:46:56d'une intervention comme celle-ci.
00:46:58Au fond,
00:46:59est-ce que vous diriez,
00:47:00vous rejoignant
00:47:01un certain nombre de réflexions
00:47:02que vous avez eues
00:47:03et écrites depuis longtemps,
00:47:05qu'on a basculé définitivement
00:47:07dans la loi du plus fort
00:47:09et qu'on a oublié
00:47:10le projet
00:47:11d'un monde
00:47:12régi par le droit international ?
00:47:15Mais je ne dis pas ça
00:47:16d'une façon cynique.
00:47:17Non, ça peut être compris
00:47:18comme ça éventuellement.
00:47:20Mais les Nations Unies,
00:47:21d'abord, le UE de trop,
00:47:23elles n'ont jamais été unies.
00:47:25Est-ce que c'est bien
00:47:26qu'il y ait un rendez-vous annuel ?
00:47:27Absolument, c'est très bien.
00:47:28Très bien.
00:47:29Mais c'était décidé à Yalta,
00:47:31où il n'y a eu aucun partage du monde,
00:47:32mais l'Organisation des Nations Unies,
00:47:34ils ont décidé,
00:47:35mais comme à Yalta,
00:47:36ils ne voulaient pas être
00:47:37à la merci de décisions absurdes
00:47:39de l'Assemblée générale,
00:47:41alors qu'ils n'étaient que 49,
00:47:42maintenant des 200,
00:47:43ils ont créé le Conseil de sécurité,
00:47:45qui est l'organe sérieux.
00:47:47Bon, avec le droit de veto.
00:47:49Si ce n'est pas le veto,
00:47:50d'ailleurs,
00:47:50les puissances ne resteraient pas.
00:47:52Si le veto disparaît,
00:47:53les États-Unis sortent le lendemain.
00:47:55Donc il ne faut pas rêver
00:47:57avec les gens du droit international,
00:47:59il faut supprimer le veto,
00:48:00pô, nanana.
00:48:01Donc c'est mieux que rien.
00:48:03Après, si vous attendez
00:48:04des choses miraculeuses de l'ONU,
00:48:06vous êtes forcément déçus.
00:48:08C'est comme la Cour pénale internationale.
00:48:10Donc les meilleurs idéalistes,
00:48:12utopistes se retournent.
00:48:13Ils ont tort.
00:48:14Contre ces organismes,
00:48:15le monde ne serait pas meilleur
00:48:16sans ONU,
00:48:18ni sans la Cour pénale.
00:48:19En attendant,
00:48:19c'est la loi du plus fort
00:48:20qui règne ?
00:48:21Ça a toujours été la loi du plus fort.
00:48:22Qu'est-ce qui a gagné
00:48:23la guerre mondiale ?
00:48:26Ce sont les États-Unis.
00:48:28Supériorité militaire,
00:48:29que De Gaulle avait compris
00:48:30tout de suite.
00:48:31Qu'est-ce qui a gagné
00:48:32contre le militarisme japonais ?
00:48:34C'est deux bombes atomiques.
00:48:36Bon, après,
00:48:37quel est le cas depuis ?
00:48:39Oui, ce n'est pas la loi du plus fort.
00:48:40L'alliance atlantique
00:48:41a été la plus forte.
00:48:42Ça a créé la dissuasion
00:48:43par rapport à la Russie.
00:48:45Avec l'URSS,
00:48:46ce n'était pas des questions
00:48:47de droit international,
00:48:47c'était des questions
00:48:48de dissuasion nucléaire mutuelle.
00:48:51En revanche,
00:48:51les Européens,
00:48:53les anti-européens,
00:48:54que j'appelle
00:48:54« bisous d'ours »,
00:48:55mais ce n'est pas méchant,
00:48:56en fait,
00:48:56quand il y a la fin de l'URSS,
00:48:58quand les États-Unis ont dit
00:48:59« on a gagné »,
00:49:00ce que j'appelais moi
00:49:01l'hyperpuissance,
00:49:02les Européens ont cru vraiment,
00:49:04donc ça fait longtemps,
00:49:0530 ans,
00:49:06qu'on était entrés
00:49:07dans la communauté internationale,
00:49:09il n'y en a pas,
00:49:10dans le règne du multilatéralisme,
00:49:12qui n'a jamais empêché
00:49:13les puissances
00:49:13de décider à la fin,
00:49:14en fait,
00:49:15dans le règne du droit.
00:49:16C'est une aspiration,
00:49:18je ne peux pas m'en moquer,
00:49:19c'est honorable,
00:49:20philosophiquement,
00:49:20moralement,
00:49:21c'est magnifique,
00:49:22mais on n'est pas en état
00:49:23de l'imposer,
00:49:24encore une fois.
00:49:25Sinon,
00:49:25je l'ai dit tout à l'heure,
00:49:26on aurait transformé la Russie
00:49:27en un gros Danemark,
00:49:29donc ce n'est pas nouveau,
00:49:31il ne faut pas se décourager,
00:49:32il ne faut pas que les utopistes
00:49:34se découragent
00:49:35et deviennent cyniques,
00:49:37c'est un chemin
00:49:37de longue durée.
00:49:38Sans être cynique,
00:49:39à mon tour,
00:49:40notre puissance moyenne,
00:49:41comme vous disiez,
00:49:42est en même temps
00:49:43l'influence mondiale
00:49:45et le deuxième exportateur
00:49:47de matériel militaire
00:49:49au monde,
00:49:51est-ce que justement,
00:49:51est-ce que ça,
00:49:52c'est un des moyens
00:49:53pour notre puissance moyenne
00:49:54d'avoir une influence mondiale ?
00:49:56D'abord,
00:49:57les armements modernes,
00:49:58c'est à 90%
00:50:00de la technologie,
00:50:02donc le chiffre,
00:50:03ça représente,
00:50:04c'est de la technologie avancée.
00:50:05Si on veut rester dans la course
00:50:08qu'on a raté depuis 10 ans
00:50:09par rapport à la Chine,
00:50:10notamment l'intelligence artificielle,
00:50:12il ne faut pas arrêter ça,
00:50:13c'est un des seuls domaines
00:50:14où on est puissant et fort,
00:50:15il n'y a jamais de technologie
00:50:17purement militaire,
00:50:18c'est très dual,
00:50:19comme vous le savez.
00:50:20Après,
00:50:21et en plus,
00:50:22il y a beaucoup d'armements
00:50:22qui ne servent jamais,
00:50:24qui vont à la casse,
00:50:25c'est excellent
00:50:25pour les marchands d'armement,
00:50:27il faut renouveler sans arrêt.
00:50:28Bon,
00:50:28ça ne me choque pas.
00:50:29Évidemment,
00:50:30dans un monde idéal,
00:50:31merveilleux,
00:50:32en paix,
00:50:33où il n'y a plus de menaces
00:50:33de classe,
00:50:34de civilisation,
00:50:35ni rien,
00:50:35très bien,
00:50:36on désarmerait.
00:50:37Mais je ne crois pas
00:50:38au pacifisme.
00:50:38Mais est-ce que ça donne
00:50:40des droits et des devoirs
00:50:40à la France,
00:50:41de ce fait ?
00:50:42Alors,
00:50:42ça donne un élément,
00:50:43oui.
00:50:44Il y a beaucoup de pays,
00:50:45regardez ce qui se passe
00:50:45avec l'Inde,
00:50:47les rafales,
00:50:47l'Inde,
00:50:48ça ne me choque pas,
00:50:49ça.
00:50:49Donc,
00:50:49ça crée un lien
00:50:50qui n'est pas que militaire,
00:50:52qui est un lien technologique,
00:50:53qui est un lien de formation,
00:50:54avec des centaines d'ingénieurs
00:50:56qui travaillent.
00:50:56Donc,
00:50:57il y a un élément
00:50:57que moi,
00:50:58j'assume.
00:50:59Et est-ce qu'il faudrait
00:51:00une préférence européenne
00:51:01en matière d'achat
00:51:03de matériel militaire ?
00:51:04Vous y seriez favorable ?
00:51:06Ça serait génial, ça.
00:51:07Moi,
00:51:08je trouve que dans tous
00:51:08les discours
00:51:10trop utopiques
00:51:11sur l'Europe
00:51:12qui devrait s'affirmer,
00:51:13etc.,
00:51:14etc.,
00:51:14on proclame trop
00:51:15qu'on a conquis les esprits
00:51:17en matière d'autonomie stratégique,
00:51:19ce n'est pas encore vrai.
00:51:20J'ai dit pourquoi tout à l'heure.
00:51:22Mais l'idée
00:51:22qui est en train de...
00:51:23qui est adoptée
00:51:24par la Commission
00:51:25récemment,
00:51:27à l'initiative de la France,
00:51:28et notamment de séjourner
00:51:30le vice-président,
00:51:31que je salue,
00:51:32parce qu'il était
00:51:32très, très décrié,
00:51:34quand même.
00:51:34Tout le monde le sait.
00:51:35Mais bon,
00:51:35j'en pensais qu'il comptait
00:51:36rien.
00:51:37C'est formidable.
00:51:39C'est la première
00:51:40concrétisation.
00:51:40C'est la préférence européenne,
00:51:41oui.
00:51:41Préférence européenne
00:51:42dans les achats
00:51:44marché public,
00:51:4670% environ.
00:51:48Donc,
00:51:48il faudrait l'appliquer
00:51:49à tout,
00:51:50progressivement.
00:51:50C'est une bataille féroce
00:51:52parce que la plupart
00:51:53des Européens,
00:51:54ils pensent ne pouvoir
00:51:55juste que du commerce,
00:51:56sauf qu'ils sont
00:51:57déstabilisés par Trump.
00:51:59Donc,
00:51:59c'est formidable.
00:52:00et il faut souhaiter
00:52:01que ça avance,
00:52:02que ce soit ratifié
00:52:04par le Parlement européen
00:52:05et mise en œuvre,
00:52:07avec des délais,
00:52:07bien sûr.
00:52:08Mais c'est la plus grande
00:52:09avancée depuis très,
00:52:11très longtemps
00:52:11en matière d'autonomie,
00:52:13pas d'autonomie complète.
00:52:14Ça serait formidable.
00:52:16Je salue vraiment
00:52:16l'initiative.
00:52:17Tout à l'heure,
00:52:18en commençant l'émission,
00:52:19vous parliez de la Russie.
00:52:20On va y revenir rapidement
00:52:21parce que le temps
00:52:21passe très vite.
00:52:22Stéphanie.
00:52:23L'Ukraine est rentrée
00:52:24dans sa cinquième année de guerre.
00:52:26Les États-Unis
00:52:26sont concentrés sur l'Iran.
00:52:28Le président ukrainien,
00:52:29très vite,
00:52:29a dit qu'il craignait
00:52:30de manquer de munitions.
00:52:31Est-ce que la Russie
00:52:32ne serait pas la principale
00:52:34bénéficiaire
00:52:34de cette guerre contre l'Iran ?
00:52:38Conjoncturellement, oui,
00:52:38parce que le prix du pétrole
00:52:40et du gaz monte.
00:52:42Ils arriveront à en exporter plus
00:52:44parce que le monde
00:52:44va avoir besoin
00:52:45de pétrole et de gaz
00:52:46d'où qu'ils viennent.
00:52:47Donc, ça l'a fait blip,
00:52:48en tout cas.
00:52:49On en revient
00:52:50aux données d'avant.
00:52:51Alors, pour être honnête
00:52:52avec les gens
00:52:53qui nous écoutent,
00:52:54il a vraiment une...
00:52:56pas une tête sympathique.
00:52:59Je ne vois pas
00:52:59il y a rien.
00:52:59Je pense,
00:53:00comme les vieux réalistes
00:53:01américains,
00:53:03Kissinger,
00:53:03Brzezinski,
00:53:04d'accord pour une fois,
00:53:06Merchheimer,
00:53:07George Kennan,
00:53:08le vieux diplomate,
00:53:09que les États-Unis
00:53:10ont très, très mal géré
00:53:11les dix années
00:53:12après la fin de l'URSS.
00:53:14Donc, la période
00:53:15Yeltsin,
00:53:17Poutine 1 et 2,
00:53:18Medvedev.
00:53:19Et je pense vraiment
00:53:20comme eux
00:53:20et d'autres maintenant
00:53:21plus récents
00:53:22comme Graham Allison
00:53:22et des tas d'autres
00:53:24que l'engrenage
00:53:25aurait pu être évité.
00:53:27Bon, je ne peux pas le prouver,
00:53:28ça n'a pas eu lieu,
00:53:30mais c'est pour vous dire
00:53:31que je pensais ça
00:53:32avant Trump.
00:53:33Ce n'est pas du tout
00:53:34être proche de Poutine
00:53:35ni trumpiste.
00:53:36Bon, cela étant dit,
00:53:38comme ça n'a pas eu lieu
00:53:39et l'engrenage
00:53:39que l'on connaît,
00:53:41la seule solution aujourd'hui
00:53:42c'est d'arrêter les choses
00:53:43et de dissuader Poutine
00:53:44de recommencer.
00:53:46Est-ce que vous avez l'impression
00:53:47que l'idée,
00:53:50enfin le fait
00:53:50que les projecteurs
00:53:51soient braqués
00:53:52sur le Moyen-Orient
00:53:53vont laisser plus
00:53:54les mains libres
00:53:55à Vladimir Poutine ?
00:53:56Non, vous pensez
00:53:56que ça ne va pas durer longtemps ?
00:53:58Ce n'est pas un problème
00:53:58de projecteur pour Poutine.
00:54:00Donc ça, c'est le monde
00:54:02médiatique occidental.
00:54:03C'est un problème de quoi ?
00:54:04Ça n'aura qu'une durée, ça.
00:54:05On en revient à la question d'avant
00:54:07qui est que,
00:54:08donc l'engrenage a eu lieu
00:54:09malheureusement.
00:54:10Or, au bout de quatre ans,
00:54:12après un nombre de morts
00:54:14monstrueux en Ukraine
00:54:15et monstrueux en Russie,
00:54:17morts, blessés, handicapés,
00:54:19il n'a même pas réussi
00:54:19à conquérir tout le Donbass.
00:54:21Vous vous rendez compte ?
00:54:23Poutine, qu'on présente
00:54:24comme étant sur le point
00:54:25d'envahir toute l'Europe.
00:54:27Alors, je comprends
00:54:28que les anciens pays neutres
00:54:29préfèrent passer l'idée
00:54:30qu'ils rejoignent l'OTAN.
00:54:32Il faut augmenter les budgets.
00:54:33Poutine va nous attaquer, etc.
00:54:35Bon, c'est une bonne guerre,
00:54:36si je puis dire.
00:54:37Mais la vraie question,
00:54:38c'est est-ce qu'un dirigeant ukrainien
00:54:40va se résigner
00:54:42à lâcher le morceau du Donbass
00:54:44que demandent les Russes
00:54:45qui n'ont même pas conquis militairement ?
00:54:47Il semblerait qu'en privé,
00:54:48Zelensky ne soit pas loin,
00:54:49à condition d'avoir
00:54:51des garanties en béton.
00:54:53Sécurité pour les suites.
00:54:56Or, les Européens,
00:54:58ils ne peuvent pas eux-mêmes
00:54:59donner cette garantie.
00:55:00Il faut une garantie américaine.
00:55:01On en est là.
00:55:02Ce n'est pas tellement
00:55:03modifié par l'Iran, ça.
00:55:04Et est-ce qu'une façon
00:55:05de protéger ou d'aider
00:55:07un peu plus l'Ukraine,
00:55:08ce ne serait pas son entrée
00:55:09dans l'Union européenne ?
00:55:09Est-ce que vous y êtes favorable ?
00:55:11Et à quelle échéance ?
00:55:13On ne peut pas être favorable.
00:55:14Si on annonce ça,
00:55:16vous avez des tracteurs
00:55:17dans toute l'Europe.
00:55:20On ne peut pas gérer
00:55:21l'entrée dans l'Ukraine
00:55:22qui n'est remplie par aucune
00:55:23des conditions.
00:55:25Admettons qu'on le fasse
00:55:25pour des raisons humaines
00:55:27et morales.
00:55:28Le système européen
00:55:29explose.
00:55:31Explose.
00:55:32Donc, c'est une très
00:55:32mauvaise idée.
00:55:33Non, c'est une bonne idée
00:55:34moralement.
00:55:35Mais il faut dire,
00:55:36voilà l'objectif.
00:55:38Voilà comment on va
00:55:38les faire bénéficier.
00:55:40Bourlange a dit des choses
00:55:41très intéressantes là-dessus,
00:55:42par étape.
00:55:43on va les faire bénéficier.
00:55:44Si, c'est le feu.
00:55:45Donc, ils vont approcher
00:55:46petit à petit
00:55:47de tel ou tel programme.
00:55:49Ça peut les aider
00:55:52à déminer,
00:55:53reconstruire, etc.
00:55:55Sur des années.
00:55:56Mais il ne faut pas
00:55:56promettre l'adhésion.
00:55:58C'est des promesses
00:55:59moralement
00:56:02séduisantes,
00:56:02mais immorales,
00:56:03en fait.
00:56:04Mensongères.
00:56:04Il faut dessiner
00:56:05un cheminement.
00:56:07Cheminement
00:56:07pour les aider.
00:56:09Alors, on est à un an
00:56:10presque de la prochaine
00:56:11présidentielle.
00:56:12Et on sait que le contexte
00:56:13international pèsera.
00:56:14Ça a été le cas.
00:56:14On parlait de l'Ukraine
00:56:15tout à l'heure en 2022.
00:56:16Cette fois, ça pourrait
00:56:17être le Moyen-Orient,
00:56:18voire autre chose,
00:56:19parce que ça bouge
00:56:19beaucoup dans le monde.
00:56:20Une question chacun.
00:56:21Il nous reste cinq minutes.
00:56:22Hervé.
00:56:23Emmanuel Macron
00:56:24aura fait deux mandats
00:56:25de président de la République
00:56:26l'an prochain.
00:56:28Quel bilan
00:56:28vous tirez,
00:56:29vous qui êtes un expert,
00:56:30de la diplomatie
00:56:32menée par Emmanuel Macron
00:56:33à la tête de la France ?
00:56:35Vous m'embrassez
00:56:36parce que depuis
00:56:37que j'étais au gouvernement
00:56:38il y a 20 ans
00:56:39et depuis,
00:56:39je n'ai jamais
00:56:41commenté sous cette forme
00:56:42l'action des présidents.
00:56:43Là, c'est l'occasion.
00:56:44Non.
00:56:45Ah si, c'est l'heure du bilan.
00:56:45Non, non.
00:56:47D'abord, c'est trop tôt
00:56:48pour le bilan.
00:56:49Oh.
00:56:49Et je pense que c'est...
00:56:50Vous avez une impression générale.
00:56:51Les conditions sont...
00:56:53Les conditions sont très mauvaises.
00:56:54Ce n'est pas possible
00:56:55de faire un bilan.
00:56:56En plus,
00:56:57il est l'objet
00:56:58d'une sorte de...
00:57:00Disons,
00:57:00d'excitation allergique
00:57:01contre lui.
00:57:02Bon, ce n'est pas possible.
00:57:03En plus,
00:57:04il faudrait reprendre
00:57:05la situation de la France
00:57:06au début.
00:57:08Maintenant,
00:57:09intégrer l'affaire du Covid.
00:57:11Intégrer les gilets jaunes.
00:57:13Intégrer Trump.
00:57:14Non, non, non, non.
00:57:15Donc, on ne peut pas.
00:57:16Et je pense que les présidents,
00:57:18depuis la question,
00:57:20le passage au quinquennat,
00:57:22ont été affaiblis.
00:57:23Tous.
00:57:24parce qu'ils n'ont pas
00:57:25un calendrier
00:57:26qui donne l'assurance
00:57:27qu'ils vont survivre
00:57:28après l'Assemblée,
00:57:29que ça ne les a pas aidés
00:57:31et qu'ils sont confrontés
00:57:32à une situation
00:57:32extrêmement différente
00:57:34d'un pays
00:57:35qui continue à croire
00:57:37qu'il a une sorte
00:57:38de rôle particulier,
00:57:40un pays dans lequel
00:57:41les élites,
00:57:42plus que l'opinion,
00:57:42n'arrivent pas à intégrer
00:57:44la réalité économique
00:57:45du décrochage.
00:57:47Et donc,
00:57:48une fois que j'ai dit tout ça,
00:57:49c'est très compliqué
00:57:49d'isoler
00:57:50et prétentieux un peu
00:57:52le jugement
00:57:53sur le bilan.
00:57:54Le bilan,
00:57:55c'est pour 2027.
00:57:56OK, le bilan,
00:57:56c'est pour après.
00:57:57Alors, on a vu déjà...
00:57:59Allons biquer dans ma réponse,
00:58:00mais...
00:58:00Non, non, mais justement,
00:58:02mais il y a 2027,
00:58:03justement, qui arrive.
00:58:03C'est pas commode
00:58:04de, disons,
00:58:05de juger...
00:58:05On a vu à la précédente
00:58:06élection présidentielle
00:58:07que les critères
00:58:08de la politique étrangère
00:58:10devenaient primordiaux
00:58:11dans le débat public
00:58:12en France.
00:58:12Ils ne sont jamais primordiaux.
00:58:13Ça peut être à nouveau
00:58:15le cas à la prochaine élection.
00:58:17Vous aviez l'air
00:58:18tout à l'heure
00:58:18d'émettre quelques doutes
00:58:20sur la capacité
00:58:21des candidats
00:58:21à être à la hauteur
00:58:22de ces enjeux.
00:58:23Vous pensez quoi ?
00:58:24Ça peut devenir déterminant
00:58:26dans une élection présidentielle ?
00:58:26Je parle de la classe politique
00:58:27en général,
00:58:28mais pas des 15 candidats
00:58:29en particulier.
00:58:30Ça dépend.
00:58:31Est-ce que ça peut devenir
00:58:31déterminant pour le choix
00:58:33d'un président de la République
00:58:34en France,
00:58:35sa capacité à faire peser
00:58:36la France
00:58:37dans le débat public mondial ?
00:58:39Déterminant, non.
00:58:40C'est jamais déterminant.
00:58:42À la fin des fins,
00:58:43les gens vont regarder
00:58:44leur niveau de vie,
00:58:46leur sécurité.
00:58:47C'est un peu lié.
00:58:48L'avenir des enfants,
00:58:50ils vont réagir
00:58:51par rapport à ça.
00:58:53Donc, ce n'est pas
00:58:53les questions internationales.
00:58:54Et plutôt le prix de l'essence
00:58:55que le Moyen-Orient.
00:58:56Pour le moment,
00:58:57mais l'opinion ne se dit jamais
00:58:59qu'est-ce qu'il faut faire
00:59:00en politique étrangère.
00:59:02Ça n'arrive jamais, ça.
00:59:03Ils se disent
00:59:04est-ce qu'on a bien
00:59:04ou mal réagi ?
00:59:05Donc, ça dépendra
00:59:07des événements
00:59:08des trois mois avant,
00:59:09en fait.
00:59:10Qu'est-ce qui aura
00:59:10scandalisé les gens ?
00:59:12Ou enthousiasmer les gens ?
00:59:14Où est-ce qu'ils auront
00:59:15été contents ?
00:59:16Vous voyez, par exemple,
00:59:16récemment,
00:59:17Emmanuel Macron,
00:59:18par sa position assez ferme
00:59:19sur l'ensemble des questions,
00:59:20puis en même temps,
00:59:21il a repris un peu
00:59:22dans les sondages.
00:59:23Bon, on est en 2026.
00:59:24Qu'est-ce qui va se passer
00:59:25au printemps 2027 ?
00:59:26Je n'en sais rien.
00:59:27Eh bien, on vous réinvitera
00:59:28ce moment-là.
00:59:28Stéphanie...
00:59:29Ce n'est pas des options
00:59:29politiques étrangères.
00:59:31Donc, ça dépend
00:59:31où on est Trump à l'époque.
00:59:33Peut-être que c'est Trump
00:59:34qui fera peur
00:59:35ou qu'on tarissera
00:59:36en pleine...
00:59:37Je ne sais pas.
00:59:37On ne peut pas répondre
00:59:38aujourd'hui, en fait.
00:59:39Dans la perspective de 2027,
00:59:40justement,
00:59:41la France Insoumise
00:59:41et le Rassemblement National
00:59:42vont relancer le débat
00:59:43sur une sortie de l'OTAN.
00:59:44Est-ce que la question
00:59:45se pose pour vous ?
00:59:47La question se poserait
00:59:48s'ils étaient majoritaires,
00:59:51s'ils gagnaient
00:59:52et s'ils maintenaient
00:59:53cette position.
00:59:54Mais est-ce que,
00:59:54sur le fond,
00:59:55vous pensez
00:59:56qu'il faut s'interroger
00:59:57sur la nécessité
00:59:58de rester au sein de l'OTAN ?
00:59:59Non, la question se pose pas.
01:00:01Même le général de Gaulle
01:00:02est resté dedans.
01:00:03Pas l'OTAN.
01:00:04Non, le commandement militaire.
01:00:05Oui.
01:00:06Il faut distinguer
01:00:07entre les deux.
01:00:07Le commandement militaire.
01:00:08Ça a été ça, le changement.
01:00:09Leurs positions sont variables.
01:00:11C'est vrai.
01:00:12Mais vous savez
01:00:12que c'est sur le commandement militaire.
01:00:14Est-ce que la question
01:00:15de la France
01:00:15dans le commandement militaire
01:00:16de l'OTAN
01:00:17se pose pour vous ?
01:00:19Non, elle se posera.
01:00:21En vrai,
01:00:21oublions les positions
01:00:23des partis politiques
01:00:24qui n'ont pas tellement
01:00:24d'intérêt sur ces sujets.
01:00:26En plus,
01:00:26vous n'êtes jamais
01:00:27sûr qu'ils vont
01:00:27mener une politique
01:00:28qui ressemble
01:00:30à ce qui était
01:00:30dans leur programme
01:00:31qu'ils vont oublier hautement.
01:00:33Bon.
01:00:33La question se poserait
01:00:34le jour où on aurait réussi
01:00:36à ne pas faire
01:00:38la défense européenne
01:00:38à la française
01:00:39dont aucun pays européen
01:00:41ne veut.
01:00:42Mais le jour où on arriverait
01:00:43à donner un contenu,
01:00:45un pilier européen
01:00:46de l'Alliance,
01:00:47on s'est mis d'accord
01:00:48sur qu'est-ce qu'on met
01:00:50comme moyen,
01:00:51quel est l'état-major
01:00:53et qui donne les ordres
01:00:54si on va dans cette direction
01:00:55un jour,
01:00:57on pourrait dire
01:00:57qu'on n'a plus besoin
01:01:00des organes intégrés
01:01:01puisqu'on a créé
01:01:02un autre organe intégré
01:01:03dans l'Alliance.
01:01:04Toute dernière question,
01:01:05Laurent,
01:01:05très rapidement,
01:01:06il nous reste 30 secondes.
01:01:07Oui, dernière question,
01:01:08une accession,
01:01:08pour prolonger cette question,
01:01:09une accession du Rassemblement
01:01:10national au pouvoir
01:01:11en 2027.
01:01:12Quel effet, selon vous,
01:01:13ça aurait sur la position
01:01:14de la France
01:01:15sur la scène européenne
01:01:16et internationale ?
01:01:18Il y aurait une réaction.
01:01:21L'ensemble des partenaires
01:01:22de la France
01:01:23se posent à d'abord
01:01:24les Européens,
01:01:25se dire est-ce qu'ils vont
01:01:26vraiment sortir
01:01:27de l'Union européenne ?
01:01:28Ils prétendent que non.
01:01:30Qu'est-ce qu'ils vont faire
01:01:30avec l'euro ?
01:01:32Après, il y a toute une série
01:01:33de questions qui en découlent.
01:01:35Mais il me semble
01:01:36que les partenaires européens
01:01:37diraient on va voir
01:01:38parce que ce n'est pas possible
01:01:39qu'ils mettent en œuvre
01:01:40un programme qui est aussi absurde.
01:01:42Merci.
01:01:42D'y compris sur le plan économique.
01:01:44Merci Hubert Védrine.
01:01:45Je n'aurai pas une réaction
01:01:46dans les 48 heures.
01:01:48Merci Hubert Védrine
01:01:49d'avoir été l'invité
01:01:49de l'Indice et Politique
01:01:50sur LCP.
01:01:51Je rappelle le titre
01:01:52de votre livre
01:01:52« Après l'Occident »
01:01:54pour l'interrogation
01:01:54avec beaucoup de choses
01:01:55de réflexion
01:01:56que vous avez déjà évoquées
01:01:57sur le plateau.
01:01:58Notre plus grand anthropologue
01:01:59après Lévi-Strauss.
01:02:00C'est bien de le rappeler.
01:02:01C'est un débat entre les deux.
01:02:02Donc ce livre
01:02:02qui a servi aussi
01:02:04de base de réflexion
01:02:05à vos réponses ce soir.
01:02:07Merci d'avoir été
01:02:08sur notre plateau donc.
01:02:08L'Indice et Politique
01:02:09revient l'année prochaine
01:02:10sur LCP.
01:02:11Bonne soirée,
01:02:11bonne semaine.
01:02:12À lundi.
01:02:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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