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00:29Transcription by CastingWords
00:38Transcription by CastingWords
01:00C'est une sexualité pervertie, avec des tendances sadiques, qui a constitué la toile de fond de toute cette affaire.
01:10La cruauté avec laquelle ces crimes violents ont été commis.
01:16Meurtre, tentative de meurtre, viol, kidnapping, et j'en passe.
01:34Je suis née et j'ai grandi dans l'ouest de Silane.
01:43C'est une petite communauté à taille humaine.
01:46Quand on se promène dans la rue, on croise forcément quelqu'un qu'on connaît, de près ou de loin.
01:56Je pense que je me sentais très libre.
02:00Je n'avais pas peur de marcher dans la rue ou de rentrer chez moi à pied tard le soir.
02:05Ça ne m'effrayait pas.
02:08Je profitais vraiment de la vie.
02:12Pendant l'été 2015, j'ai rencontré mon petit ami.
02:17Il était souvent avec deux très bons amis du lycée.
02:21Niklas et Philippe.
02:23Comme Niklas s'était aussi trouvé une petite amie,
02:26ça nous a semblé naturel de commencer à se voir régulièrement tous ensemble.
02:32On a très vite créé des liens tous les cinq.
02:35On faisait de plus en plus de choses ensemble.
02:38Donc on a appris à bien se connaître.
02:45On était un petit groupe très soudé.
02:48On adorait passer du temps ensemble.
02:50Parce qu'on pouvait vraiment être nous-mêmes.
02:53On pouvait être honnêtes les uns avec les autres.
02:56Et se parler de tout ce qui se passait dans nos vies.
02:59On partageait tout.
03:19Ce jour-là, ce n'est pas moi qui étais à de service.
03:23C'était mon jour de repos.
03:25Mais après l'office, j'ai reçu un appel d'un collègue.
03:29À sa voix, j'ai su qu'il était inquiet.
03:31Il m'a dit, c'est bizarre, une des choristes n'est pas venue aujourd'hui.
03:35Ça ne lui ressemblait pas.
03:37Il s'apprêtait à appeler sa mère
03:38quand celle-ci est arrivée en courant
03:40et a demandé si sa fille était là.
03:43Elle était terrifiée et bouleversée.
03:46Et on l'est tous devenues.
03:55Peu avant midi,
03:56je suis tombée sur un poste
03:58dans un groupe Facebook de notre ville, Corser.
04:01Une femme y expliquait que sa nièce de 17 ans
04:04n'était pas rentrée chez elle
04:06après sa soirée à Slagelser la veille.
04:09Le dimanche après-midi,
04:10alors que j'étais en voiture,
04:11je suis passée devant la gare.
04:13La police était là avec des chiens
04:15et ils avaient complètement fermé l'accès au chemin de Kodak.
04:26Le chemin de Kodak part de la gare de Corser
04:29et mène au centre-ville.
04:31Ils croisent la route de Mottala.
04:34Pour rentrer chez elle depuis la gare,
04:36elle avait dû emprunter la route de Thornborg.
04:43La police signale la disparition d'une jeune fille de 17 ans.
04:46Elle a été vue pour la dernière fois
04:47à la gare de Corser vers 4 heures du matin.
04:50Au moment où la nouvelle a été diffusée,
04:52on a également appris par des groupes Facebook
04:54qu'un incendie était en cours
04:56dans l'ancienne usine Basta.
05:02Les pompiers espèrent réussir
05:04à maîtriser les flammes dans la soirée.
05:06On pense qu'il s'agit d'un incendie
05:08d'origine criminelle.
05:11J'ai eu l'horrible pressentiment
05:13que quelqu'un avait peut-être fait du mal à cette fille
05:15et l'avait abandonnée dans l'usine Basta.
05:26Quand je suis arrivé au travail,
05:27ma rédactrice en chef nous a expliqué
05:29qu'une jeune femme venait de disparaître à Corser
05:32et elle voulait qu'on suive l'affaire.
05:34Beaucoup de questions se posaient.
05:36Où se trouvait-elle ?
05:37Était-elle rentrée chez une amie ?
05:39Ou bien avec un garçon ?
05:41Était-elle volontairement partie ?
05:43J'ai appris que le 10 juillet 2016,
05:45cette fille avait rejoint deux amis
05:48et qu'ensemble,
05:49elles avaient décidé de se rendre
05:50dans un bar à chicha
05:51à Slagelsen.
06:03Pendant la soirée,
06:04elle envoyait des messages à un garçon
06:05avec qui elle sortait depuis un moment.
06:08Mais celui-ci a fini par lui répondre
06:10qu'il ne voulait pas la revoir,
06:12ce qui l'a beaucoup contrarié.
06:17Les filles se sont ensuite rendues dans un fast-food,
06:20puis à la gare
06:21pour reprendre le train d'érection Corser.
06:28Dans le train,
06:29l'une des filles a appelé un taxi.
06:32J'ai commandé un taxi
06:33pour rentrer chez moi
06:35et j'ai demandé à mon amie
06:36« Tu veux pas le prendre aussi ? »
06:38et finir à pied de chez moi ?
06:40Mais elle a pas voulu.
06:41Je lui ai demandé au moins 4 ou 5 fois.
06:51Je crois qu'elle voulait être seule.
06:53Quand on est dingue d'un garçon
06:54et qu'il nous largue,
06:56on n'est pas d'humeur à boire
06:57et à faire la fête.
06:59Je crois qu'elle en avait marre.
07:04Si seulement j'avais réussi
07:05à la convaincre
07:06de finir à pied de chez moi,
07:08plutôt que de faire un long trajet
07:09seule depuis la gare.
07:32On se devait d'agir.
07:34On devait aider ces gens
07:35qui soudain se retrouvaient
07:37sans nouvelles de leurs filles,
07:38de leurs soeurs,
07:39de leurs nièces.
07:41Un groupe de bénévoles
07:42est parti à pied de la gare
07:43en direction du centre-ville,
07:45tandis qu'un second groupe
07:46a fait le même chemin
07:47dans l'autre sens.
07:48Tout le monde s'est retrouvé
07:49à la bibliothèque.
07:51Le soir, le temps s'est dégradé.
07:53Je me suis rendue à la bibliothèque
07:55moi aussi en me disant
07:56« Peut-être que je peux faire
07:57quelque chose pour aider. »
07:59La police et les proches
08:01l'ont cherché toute la journée
08:02en vain.
08:03On a mené des recherches
08:05avec des chiens
08:06et un hélicoptère.
08:07Mais on a dû tout arrêter
08:09à cause de l'orage.
08:12Je me suis rendue à la bibliothèque.
08:13Même si je ne connaissais pas
08:13cette fille,
08:15je pensais beaucoup
08:16à ce qui avait pu lui arriver.
08:18Mais en même temps,
08:19je le minimisais un peu
08:20en me disant
08:21qu'elle était peut-être
08:22simplement allée
08:23chez un garçon
08:23sans prévenir sa mère.
08:26Je me basais sur ma propre expérience
08:29puisque j'avais moi-même
08:3017 ans à l'époque.
08:32C'est seulement bien plus tard
08:33dans l'après-midi,
08:34quand j'ai su
08:35qu'elle ne s'était toujours
08:35pas manifestée,
08:37que j'ai commencé à me dire
08:38qu'il avait dû lui arriver
08:39quelque chose.
08:42Personne ne l'a revu
08:43depuis 4 heures ce matin.
08:45Si vous pensez avoir
08:45des informations
08:46à son sujet,
08:47merci de contacter
08:48la police au plus vite.
08:5231 jours,
08:5324 équipes
08:53et 50 matchs.
08:54L'arbitre
08:55Marc Luttenberg
08:56va bientôt siffler
08:57le coup d'envoi
08:58du dernier match décisif.
09:01Avec mon groupe d'amis,
09:03on se retrouvait souvent
09:04pour regarder le foot.
09:05Le 10 juillet 2016,
09:07c'était la finale de l'Euro
09:08et on voulait
09:08la voir ensemble.
09:10On voulait aller voir le match
09:12sur un grand écran
09:13en extérieur à Copenhague.
09:15Mais la météo
09:16annonçait de la pluie.
09:22Alors mon petit ami
09:23nous a proposé
09:24d'aller regarder le match
09:25ensemble au camping
09:26de ses parents.
09:28L'idée,
09:29c'était d'installer
09:30une télé sous un auvent
09:31pour voir le match au sec.
09:33Philippe est passé
09:34chercher Nicolas
09:34et sa petite amie
09:35en voiture
09:36et ils sont tous
09:37partis au camping ensemble.
09:41Les garçons étaient
09:41d'un côté de la table
09:43et j'étais en face
09:44avec la petite amie
09:44de Nicolas.
09:46Elle et moi,
09:47on a commencé à discuter
09:48de la vie,
09:49de l'actualité
09:51et je lui ai demandé
09:52si elle avait entendu
09:53parler de la jeune fille
09:54de 17 ans
09:54qui n'était pas rentrée
09:55chez elle
09:56après une soirée en ville.
10:07On sentait bien
10:07que c'était quelque chose
10:08qui nous inquiétait
10:09toutes les deux.
10:12On n'en a pas parlé
10:13très longtemps
10:14parce que c'était
10:14un sujet difficile.
10:16En plus,
10:16il pleuvait,
10:17il faisait nuit,
10:18tout ça créait
10:19une ambiance un peu sinistre.
10:22Ouais.
10:23Les garçons étaient
10:24focalisés sur le match
10:25de foot.
10:30Avec mon petit ami,
10:31on est restés dormir
10:32au camping.
10:33C'est quelque chose
10:34qu'on faisait souvent
10:35quand on passait du temps
10:36là-bas.
10:38Et ce soir-là,
10:39j'avais peur de sortir
10:40étant donné que ça s'était
10:41passé tout près
10:42de là où on était.
10:47Quand on a une envie
10:48pressante la nuit
10:49au camping,
10:50on doit marcher
10:51quelques mètres
10:51pour rejoindre
10:52les toilettes communes.
10:54Pour la première fois
10:55de ma vie,
10:55j'avais peur
10:56d'y aller toute seule.
10:58Cette nuit-là,
10:58j'ai donc réveillé
10:59mon petit ami
11:00pour qu'il m'accompagne
11:01aux toilettes.
11:17L'hôtel Comwell Grands Park
11:19nous a offert le thé,
11:21le café et un abri.
11:22On s'est tous rassemblés
11:23là-bas pour la nuit.
11:24Jane Valstead
11:25coordonne les bénévoles.
11:27Elle n'a pas dormi
11:27depuis qu'elle a commencé
11:28les recherches
11:29hier à 20 heures.
11:30Ces raisons sont
11:31les mêmes que tout le monde.
11:33J'ai moi-même
11:34trois filles de 17,
11:3523 et 27 ans
11:36et ça aurait très bien
11:37pu arriver
11:38à l'une d'entre elles.
11:40Toutes sortes de gens
11:41ont participé
11:42aux recherches.
11:43Des jeunes,
11:44des personnes âgées
11:44en déambulateur,
11:45des parents
11:46avec des poussettes.
11:47Aller vers les chantiers
11:48navals
11:49et ensuite dans ces ruelles-là.
11:51À un moment donné,
11:52je suis sortie
11:53prendre l'air.
11:54Il y avait des policiers
11:55devant.
11:57J'ai commencé
11:57à discuter avec eux
11:58et à leur demander
12:00qui était cette jeune fille
12:01de 17 ans.
12:02C'est en parlant
12:03avec ces policiers
12:06que j'ai compris
12:06qu'il s'agissait
12:07de la fille
12:08de ma collègue.
12:09Et là,
12:10ça a été
12:12vraiment
12:15un gros coup dur.
12:20Je suis à un âge
12:21où je trouve
12:21que tous les jeunes
12:22sont beaux.
12:23Mais cette jeune fille
12:24était superbe
12:25avec ses cheveux
12:26lisses et bruns.
12:29C'était aussi
12:30une fille adorable
12:30très préoccupée
12:31par la question
12:32du bien-être animal.
12:34Elle était dotée
12:34d'un sens aigu
12:35de la justice.
12:36Elle avait arrêté
12:37de manger de la viande.
12:38Non pas parce qu'elle
12:39n'aimait pas ça,
12:40mais parce qu'elle
12:41refusait qu'on tue
12:42des animaux.
12:47L'enquêteur
12:48est venu me voir
12:50et il m'a expliqué
12:51que la jeune fille
12:52avait déjà fait ça
12:53auparavant.
12:55Il a commencé
12:56à me parler
12:56de chagrin d'amour.
12:58Alors je me suis dit
12:59super,
13:00on va vite la retrouver.
13:02Il nous paraît évident
13:03que la jeune femme
13:04est en plein tourment
13:05amoureux
13:06et qu'elle vit
13:07un chagrin d'amour.
13:10Quelqu'un s'est aperçu
13:11qu'elle était en ligne
13:11sur Messenger.
13:13Alors beaucoup de gens
13:14se sont mis à écrire
13:15sur sa page Facebook
13:16« Reviens s'il te plaît ».
13:19Je crois que les gens
13:20s'imaginaient
13:21qu'elle avait simplement
13:22besoin de s'isoler.
13:23Nous avons des raisons
13:24de croire
13:25qu'elle a pris un train
13:26pour Copenhague.
13:28On a exprimé des doutes
13:29au sujet des déclarations
13:30de la police.
13:31Vous dites qu'elle a déjà
13:32fait ça ?
13:33Vous êtes sûr
13:34qu'elle a pris un train ?
13:35Vous l'avez vu
13:35sur des vidéos de surveillance ?
13:37Et il s'est avéré
13:38qu'il n'avait même pas
13:39visionné les images
13:40de surveillance
13:41ni de la gare de Corsair
13:42ni de celle de Copenhague
13:44ni d'aucune autre
13:45entre les deux.
13:47Ce n'est que le mardi
13:48soit plus de 48 heures
13:50après sa disparition
13:51que les images
13:52ont été vérifiées.
13:55En les visionnant
13:56ils se sont aperçus
13:57qu'elles n'étaient pas
13:57reparties vers la gare.
14:00Pour moi
14:00c'était source
14:01d'interrogation.
14:02Pourquoi la police
14:03déclarait quelque chose
14:04s'ils n'avaient pas encore
14:05fait l'objet
14:06d'une enquête approfondie ?
14:08Que se passait-il
14:09depuis 48 heures ?
14:10Et si elle n'avait pas
14:11pris le train
14:11alors où était-elle ?
14:18La police n'a toujours
14:19pas de piste
14:20et demande de l'aide
14:21à la population.
14:22Le mardi
14:23il a également été révélé
14:24que contrairement
14:25à ce que la police
14:26avait cru
14:27la jeune fille
14:27n'avait pas lu
14:28ses messages en ligne.
14:29C'était un malentendu.
14:31En fait
14:31c'était les policiers
14:33qui étaient actifs
14:33sur son profil Facebook.
14:35Ce qu'ils avaient pris
14:36pour un signe de vie
14:37de sa part
14:38était en fait
14:39un signe de vie
14:40de leur part.
14:43Donc tout le discours
14:44de la police
14:44qui affirmait
14:45que la jeune fille
14:46était en vie
14:46qu'elle se trouvait
14:47quelque part
14:48et qu'elle allait bien
14:49a commencé à être
14:51remis en cause
14:51entre le mardi
14:52et le mercredi.
14:59Certains éléments
15:00laissent penser
15:01qu'elle aurait été
15:02aperçue
15:02près de la route
15:03de Turnborg.
15:04La police souhaiterait
15:05parler à quiconque
15:06se trouvait dimanche
15:07dans la zone
15:08au sud de l'angle
15:08de Kingbridge
15:09et de la route
15:10de Turnborg.
15:13L'affaire
15:14qui était jusque là
15:15entre les mains
15:15de la police locale
15:16a alors été confiée
15:18à la police judiciaire.
15:19Le fait que les services
15:20de la police judiciaire
15:21prennent le relais
15:23signifiait
15:23qu'une enquête
15:24allait être ouverte
15:25pour savoir
15:25ce qui se cachait
15:26réellement
15:26derrière cette disparition.
15:33Pendant ce temps,
15:34de plus en plus
15:35de personnes
15:35se rendaient
15:36à Corseur
15:36pour participer
15:37aux recherches.
15:39Si vous la trouvez
15:40ou si vous avez besoin
15:41d'un soutien psychologique,
15:42venez nous voir.
15:43Des centaines,
15:44si ce n'est
15:44des milliers de bénévoles,
15:46affluaient dans la petite ville
15:47pour partir à sa recherche.
15:49Il y aura toujours
15:50quelqu'un ici
15:51si besoin.
15:53Une amie est venue
15:54me demander
15:54si on n'avait pas intérêt
15:55à faire appel
15:56à Sophie Sonderhoup
15:57et à son groupe
15:58de recherche
15:59des personnes disparues
16:00pour nous aider.
16:04J'avais déjà participé
16:05à la recherche
16:06de personnes disparues,
16:08donc j'avais de l'expérience.
16:10J'ai tout de suite vu
16:11que les habitants
16:12de Corseur
16:12étaient désireux d'aider.
16:14Ils apportaient
16:15plein de nourriture,
16:16entre autres.
16:16Donc,
16:17il y avait
16:18une vraie volonté
16:18d'agir.
16:19Je voudrais souhaiter
16:20la bienvenue
16:21à tout le monde ici.
16:22C'est formidable
16:23qu'on soit
16:24autant de bénévoles.
16:27Au début,
16:28les gens venaient
16:28simplement pour aider
16:29aux recherches,
16:30mais on a fini
16:31par former
16:31une vraie communauté
16:32avec un même objectif,
16:34aider la police
16:35à la trouver
16:35ou la retrouver
16:36nous-mêmes.
16:37Venez avec de quoi manger
16:39ou du café.
16:40Tout le monde peut aider.
16:41C'est pas la peine
16:41de prendre
16:42quatre voitures différentes.
17:00Je n'étais jamais
17:01allée à Corseur.
17:02Je ne faisais
17:02qu'y passer
17:03pour me rendre
17:03en Fionni.
17:05Après avoir passé
17:06une semaine là-bas
17:07pour les recherches,
17:08je me souviens avoir
17:09posté sur Facebook
17:10« Si un jour
17:11je déménage
17:11d'un mager,
17:12j'irai m'installer
17:13à Corseur. »
17:15Parce que les gens
17:15y étaient tellement
17:16serviables et accueillants.
17:17C'est la première
17:18impression que j'en ai eue.
17:22Un soir,
17:23après une journée
17:23de recherche,
17:24je me sentais découragée
17:26et je me demandais
17:26si ça aboutirait.
17:28Mais j'avais juste besoin
17:29de laisser passer la nuit
17:30et le lendemain,
17:30j'étais repartie.
17:32À ce stade,
17:33je savais qu'elle n'était
17:33pas simplement
17:34aller dormir chez une amie
17:36ou qu'elle ne s'était
17:36pas trouvé un nouveau
17:37petit copain.
17:38Je savais qu'il s'était
17:39passé quelque chose
17:40de grave,
17:41mais on continuait quand même.
17:43Ces drones sont utilisés
17:44dans le cadre des recherches
17:46sur le site
17:46de l'ancienne usine Basta
17:48qui a brûlé
17:48le jour même
17:49de sa disparition.
17:50Pour l'instant,
17:51la famille souhaite
17:51qu'on n'arrête pas
17:52les recherches.
17:53Alors,
17:53tant que ce sera le cas,
17:54on continuera.
17:56À ce moment-là,
17:57certaines personnes
17:58affirmaient l'avoir vue
17:59dans un train
18:00dans le Jutland.
18:01Alors,
18:01nous avons orienté
18:02les recherches
18:03là-bas.
18:03Des bénévoles ont cherché
18:05la jeune fille
18:05portée disparue
18:06dans une forêt
18:06du Jutland.
18:07J'ai cru comprendre
18:09qu'une voyante
18:09avait eu une vision.
18:11J'ai reçu un nombre
18:13incalculable de messages
18:14de la part de voyants.
18:15S'il y a la moindre chance
18:16de la retrouver,
18:17il faut chercher.
18:19Cela signifie bien sûr
18:20que des recherches
18:21se poursuivent
18:22à un certain nombre
18:23d'endroits,
18:24mais nous n'intervenons
18:25pas dans ces recherches
18:26tant qu'elles se déroulent
18:27selon la loi.
18:37C'était pas facile
18:39d'avoir 17 ans
18:40au moment
18:40de la disparition
18:41de cette fille.
18:43Impossible
18:44d'allumer son téléphone
18:45ou de marcher
18:47dans la rue
18:48sans être perpétuellement
18:49confrontée au fait
18:50qu'une fille
18:50du même âge que soi
18:51était portée disparue.
18:57Et puis le temps
18:58a passé.
19:03On entendait
19:04de moins en moins
19:05souvent le bruit
19:06des hélicoptères
19:06dans le ciel.
19:08Et c'est ainsi
19:09que peu à peu
19:10on a compris
19:11qu'on allait devoir
19:11vivre avec ça
19:12pendant un moment.
19:15Et les parents
19:17ont commencé
19:17à ressentir
19:18davantage de peur
19:19pour leurs enfants
19:20au raccorseur.
19:24On emmenait
19:24nous-mêmes
19:25nos enfants
19:25absolument partout.
19:27Les parents
19:28étaient très souvent
19:29sur leur téléphone
19:30pour s'organiser
19:31et savoir
19:32qui avait la responsabilité
19:34des enfants
19:34pour ce genre de choses.
19:37La peur qu'on ressentait
19:38pour nos enfants
19:39et aussi pour nous-mêmes
19:41nous a peu à peu
19:42incité à nous méfier
19:43de tout le monde.
19:44Et on se demandait
19:45est-ce que c'est toi
19:47ou toi ?
19:48Les gens ont commencé
19:50à se dénoncer
19:51les uns les autres
19:51à soupçonner
19:52tout le monde.
19:53Tout a changé
19:54peu à peu.
19:55Au début des recherches
19:56j'avais déclaré
19:57que Corsair
19:57était une ville charmante
19:58mais j'étais en train
19:59de changer d'avis
20:00et j'ai fini par me dire
20:02si je dois déménager
20:03un jour
20:04ce ne sera pas
20:05pour venir
20:05à Corsair.
20:22Le sentiment de malaise
20:23était palpable.
20:25La plupart des jeunes filles
20:27qui sortaient en ville
20:27le soir
20:28le ressentaient.
20:31Soudain
20:32on a commencé
20:32à se méfier
20:33de tout le monde
20:34dans les bars.
20:36On se méfiait
20:37surtout des hommes
20:37plus âgés
20:38qui traînaient
20:38dans les bars
20:40ou des types
20:40un peu costauds
20:41couverts de tatouages.
20:44C'était l'idée
20:45préconçue
20:45qu'on se faisait
20:46alors du profil
20:47type d'un agresseur.
20:50J'avais l'autre côté
20:51de rentrer chez moi
20:52à pied après une soirée
20:54mais cette liberté
20:55m'a été retirée.
20:56Je n'habitais
20:56qu'à 200 mètres
20:57du bar
20:57mais je rentrais
20:58en taxi.
21:03Avant
21:03on n'avait jamais
21:04de mal
21:04à trouver un taxi
21:06et désormais
21:06on devait faire
21:07la queue
21:08pour en avoir un.
21:14Un mois
21:15s'est écoulé
21:16depuis la disparition
21:17de la jeune fille
21:17et la police
21:18n'a toujours pas
21:19de pistes sérieuses.
21:20On sent bien
21:21que cette disparition
21:22est dans tous les esprits
21:23donc oui
21:24l'ambiance est sans doute
21:25un peu plus morose
21:26ici.
21:29La police va suivre
21:30toutes les pistes
21:31qui pourraient aider
21:32l'enquête.
21:59Le premier dimanche
22:01du mois d'août
22:03j'étais à un festival
22:04de musique
22:05et j'ai été contactée
22:06par une habitante
22:07de Corsoeur
22:08qui souhaitait me parler.
22:12Elle était convaincue
22:13que son voisin
22:14séquestrait la jeune fille.
22:16Elle entendait
22:17des appels au secours,
22:18des pleurs,
22:20ce genre de choses.
22:26Il était tout à fait
22:27possible
22:27qu'elle soit là-bas
22:29puisqu'elle avait dû
22:30passer devant
22:30cette maison
22:31en rentrant.
22:34La femme m'a expliqué
22:35qu'elle était en contact
22:36avec la police,
22:37que deux officiers
22:38s'étaient rendus
22:38chez son voisin,
22:39son chien
22:41et que la visite
22:42n'avait pas duré
22:42plus de dix minutes.
22:44Mais en parallèle,
22:45il lui avait demandé
22:45plus d'éléments,
22:47notamment
22:47des enregistrements audio.
22:50C'est illégal.
22:51Pourquoi la police
22:52lui demandait ça ?
22:54J'avais la tête
22:55qui tournait
22:55en lui parlant
22:56et je me suis demandé
22:59que faire.
23:05Elle avait retiré
23:07une brique
23:07de son mur
23:08et elle avait placé
23:10son téléphone
23:10dans le trou
23:11pour réaliser
23:12un enregistrement audio.
23:20Elle m'a envoyé
23:21ses fichiers audio
23:23mais je n'entendais rien
23:24à part le bruit
23:25de la circulation
23:26sur la route
23:26de Turnborg.
23:27Alors je me suis dit
23:31si je ne fais rien,
23:32c'est mal
23:33et si je fais quelque chose
23:34aussi.
23:35Alors j'ai appelé
23:36Sophie Sunderup
23:37et je lui expliquais
23:38que j'avais été contactée
23:40par cette femme
23:40qui pensait que la jeune fille
23:42se trouvait chez son voisin.
23:44On avait déjà été contactée
23:46par plusieurs voyants
23:47et par une personne
23:48capable de communiquer
23:49avec une radio.
23:50Apparemment,
23:51on a pas mal de spécimens
23:53au Danemark
23:53et en particulier
23:54à Corsair.
23:55Donc je me disais
23:56est-ce que c'est pas
23:57juste une barjot ?
23:58Jane m'a dit
24:00je vais me renseigner.
24:04Une personne
24:05s'est alors rendue
24:05chez cette femme
24:07pour réaliser
24:08des enregistrements
24:09audio avec elle
24:11afin de s'assurer
24:13que ça n'était pas
24:14quelque chose
24:14fabriqué de toute pièce.
24:16J'ai reçu un MMS.
24:18Je l'ai ouvert,
24:19j'ai branché mes enceintes
24:20et j'ai augmenté
24:21le volume.
24:31Là, mon mari
24:32s'est fiché.
24:33On s'est regardé
24:34et il m'a dit
24:34tu dois tout de suite
24:36aller à Corsair.
24:38On s'est retrouvé
24:39à la casarme des pompiers.
24:41On a décidé
24:41que trois personnes
24:42allaient retourner
24:43chez cette femme
24:44pour lui poser
24:45des questions concrètes.
24:46Il le fallait.
24:49La mère de la jeune fille
24:50était là aussi.
24:53Es-tu dans une cave ?
24:59Comment s'appelle
25:00ton petit frère ?
25:04Puis ils lui ont demandé
25:05son numéro
25:06de sécurité sociale.
25:08Dans le groupe
25:09de bénévoles
25:10qui se trouvaient
25:11sur place,
25:12l'un d'eux
25:13était avec son fils
25:13autiste
25:15et ce garçon
25:16a pu entendre
25:17presque tous
25:18les chiffres énumérés.
25:22À leur retour,
25:23on s'est mis
25:24chacun dans une pièce.
25:25On a reçu
25:26le fichier audio
25:27qui était un simple
25:28enregistrement
25:29fait sur un téléphone
25:30et on a noté
25:31ce qu'on entendait.
25:39Je n'entends
25:39toujours rien.
25:41J'ai entendu
25:42le nom du petit frère.
25:43On est sept sur neuf
25:44à avoir entendu
25:45la même chose
25:46sans se consulter.
25:47J'ai appelé la police.
25:49Je crois qu'il était
25:50aux alentours
25:51de deux heures du matin
25:52quand deux policiers
25:53sont arrivés.
25:54Comment s'appelle
25:55ton petit frère ?
26:01Et là,
26:02l'un des policiers
26:03a eu un mouvement
26:04de recul
26:05parce qu'il a entendu
26:07quelqu'un dire
26:08« au secours ».
26:09C'est là
26:10que je me suis dit
26:11« merde,
26:14elle est là-bas ».
26:21Le policier
26:22était très confiant
26:23et avant de partir
26:23chez le voisin,
26:24il a dit à la mère
26:25de la fille
26:26« si elle est là-bas,
26:27je vous promets
26:28qu'on va la trouver ».
26:29Je me souviens
26:29l'avoir prise dans mes bras
26:30en lui disant
26:31« tout ça sera
26:32bientôt terminé ».
26:35Et puis le temps
26:37s'est écoulé
26:37très, très lentement
26:39jusqu'à leur retour.
26:51Et en fait,
26:53ils n'ont rien trouvé
26:53du tout,
26:54rien entendu non plus.
26:57Donc on passait
26:58de ce sentiment
26:59presque euphorique
27:00que tout serait
27:00bientôt terminé
27:01à des doutes
27:02sur ce qu'on avait
27:03entendu.
27:03On a longuement
27:04discuté suite à ça.
27:06Les policiers
27:07devaient débriefer
27:07avec leurs supérieurs.
27:09Ils sont sortis
27:10l'appeler
27:10et en revenant
27:11ils nous ont dit
27:12de continuer
27:12notre excellent travail.
27:15« On vous demande
27:17de n'en parler
27:17à personne.
27:18Il faut qu'on y réfléchisse
27:20parce que la police
27:21ne s'arrêtera pas là. »
27:2714 jours plus tard,
27:29la police du sud
27:30de Shilan
27:30et de Lolan Faster
27:31est intervenue
27:32en forge
27:33chez le voisin.
27:34Équipée
27:35de pieds de biche
27:36et de pelle,
27:36les policiers
27:37ont fouillé
27:37la maison
27:38et le jardin
27:39à l'adresse en question.
27:43On savait tous
27:44où c'était.
27:45On voyait
27:46le cordon de sécurité.
27:47On savait
27:48à quel moment
27:49ça se passait.
27:50Et je me souviens
27:51avoir pensé
27:52« C'est sans doute
27:54pas lui. »
27:55Mais on se disait
27:57« Peu importe,
27:59qu'il l'emmène,
28:00il faut bien
28:01un coupable.
28:02On doit remettre
28:02de l'ordre
28:03dans tout ça. »
28:05C'était tellement
28:05le chaos.
28:06Comme si une sorte
28:07d'équilibre naturel
28:08avait été perdu
28:09et devait être retrouvé.
28:11Le fait
28:12qu'une jeune fille
28:12comme elle
28:13menant une vie
28:14paisible
28:14disparaisse comme ça,
28:16c'était impossible.
28:18Oeil pour oeil,
28:19dent pour dent,
28:19quelqu'un doit payer.
28:21C'est peut-être
28:21pas juste,
28:22mais c'est comme ça.
28:23On va le clouer
28:24au pilori
28:25et on pourra
28:25passer à autre chose.
28:27C'est peut-être
28:27pas lui le coupable,
28:29mais un équilibre
28:30aura été retrouvé.
28:31C'était la mentalité
28:32à ce moment-là.
28:35Heureusement,
28:36il existe un système
28:37judiciaire
28:37qui permet
28:38de ne pas céder
28:39à ces pulsions
28:39primitives.
28:42On a percé
28:43les fondations,
28:44on y a placé
28:44des caméras
28:45et du matériel
28:46d'enregistrement audio.
28:48On a même
28:48regardé dans les égouts
28:50pour voir
28:50s'il y avait
28:51un accès
28:52de ce côté-là.
28:54Les habitants
28:55de la maison
28:55ont donc été
28:56innocentés ?
28:56À ce stade,
28:57nous n'avons
28:58aucune raison
28:58de croire
28:59que qui que ce soit
29:00puisse être séquestré
29:01ou retenu
29:02contre son gré
29:03à cette adresse.
29:12Je suis sous le choc.
29:17Et bien sûr,
29:18je ressens
29:19beaucoup de tristesse
29:20à l'idée
29:21que quelqu'un
29:22ait pu penser
29:23une telle chose
29:24de moi.
29:26Je me sens
29:27vraiment très mal
29:29et...
29:30j'en tremble
29:32et je ne vis
29:33plus vraiment
29:33de la même
29:34manière depuis.
29:45On ne traite pas
29:45son voisin
29:46comme ça.
29:51Par la suite,
29:52un spécialiste du son
29:54a écouté
29:54les enregistrements
29:55et on a conclu
29:56qu'on n'y entendait
29:57pas la voix
29:57de la jeune fille.
29:59Cet incident
30:00prouvait que
30:01les habitants
30:01de la ville
30:03étaient tellement
30:04impatients
30:04de la retrouver
30:05qu'ils ont cru
30:06l'entendre
30:07là où elle n'était pas.
30:14À l'automne 2016,
30:16j'ai emménagé
30:17à Copenhague
30:17avec mon petit ami.
30:21Malgré le fait
30:22que je m'étais
30:22éloignée
30:22de ma région
30:23d'origine
30:24et que j'avais
30:24pris de la distance
30:25avec l'affaire,
30:27ça m'affectait
30:28encore beaucoup.
30:29Impossible
30:29de sortir
30:30sans paniquer.
30:33Je travaillais
30:34dans Copenhague
30:35et ça m'arrivait
30:36souvent de rentrer
30:37chez moi
30:37tard le soir.
30:40Je me méfiais
30:41de tous les gens
30:41que je croisais.
30:48Quand je rentrais
30:49le soir,
30:50je faisais en sorte
30:51d'être au téléphone
30:52et mon petit ami
30:54avait la fonction
30:55localiser mon iPhone
30:56qu'on avait activé
30:58sur nos téléphones
30:58respectifs.
31:06Ça a été
31:07une période
31:08vraiment horrible.
31:31Les mois ont passé,
31:32l'hiver est arrivé,
31:33la neige a commencé
31:34à tomber
31:35et on n'était plus
31:36qu'une dizaine
31:37de personnes
31:37à participer
31:38aux recherches.
31:39L'hôtel Comwell
31:40a cessé
31:41de nous accueillir.
31:42Donc on n'avait
31:43plus d'endroit
31:43où se réunir
31:44pour nos briefings.
31:46Je sentais que
31:49je n'avais plus
31:50autant de motivation
31:51pour continuer
31:52les recherches
31:52parce que je n'y croyais plus.
31:54On avait ratissé
31:55la ville
31:56et les environs
31:56en vain.
31:58Dans l'eau,
31:59sur terre,
32:00dans les airs.
32:02Vous savez,
32:03c'est souvent
32:03un promeneur
32:05qui...
32:09Le 24 décembre 2016,
32:12quelques heures
32:12avant de fêter
32:13le réveillon de Noël,
32:14une famille
32:15se promenait
32:16dans une réserve naturelle
32:17qui s'appelle
32:18Rhein-Marxbach
32:20près de Borou,
32:21en plein cœur
32:22de Chilande.
32:26Un père,
32:28une mère
32:28et leur fille.
32:29Et sur le chemin
32:31du retour
32:31vers leur voiture,
32:32la mère a soudain
32:33repéré quelque chose
32:34dans l'herbe.
32:39Ce qu'elle a découvert
32:40à ce moment-là
32:41n'avait rien à faire là.
32:43Et surtout,
32:44c'était quelque chose
32:45que sa fille
32:45ne devait absolument
32:46pas voir.
32:50En y regardant
32:51de plus près,
32:52elle a vu
32:53qu'il s'agissait
32:53d'une jambe.
32:55Une jambe humaine.
32:59Elle a alors
33:00immédiatement
33:01contacté la police.
33:15La police a conclu
33:16à une mort suspecte
33:17et déclare
33:17que tout porte à croire
33:18que le corps
33:19est resté dans l'eau
33:20pendant un certain temps.
33:22Il a été transporté
33:23à l'institut médico-légal
33:25pour une autopsie
33:25afin de déterminer
33:27le genre de la victime
33:28et la cause du décès.
33:31Le 25 décembre,
33:32a été une journée
33:33particulièrement intense.
33:36Je n'arrêtais pas
33:37de penser au corps
33:37qui avait été trouvé
33:38à Borup.
33:41Alors,
33:41j'étais contente
33:42que Philippe nous invite
33:43à faire la fête.
33:45J'ai tout de suite
33:46accepté l'invitation.
33:53Le fait qu'il nous invite
33:54à cette fête
33:55m'a permis
33:56de chasser ses pensées
33:57et ses inquiétudes
33:58et ses inquiétudes
33:58de mon esprit.
34:02Ce soir-là,
34:03on a décidé
34:03de ne pas parler
34:04de l'affaire
34:06parce que ça prenait
34:06déjà beaucoup de place
34:07dans nos vies
34:08et on voulait
34:09juste profiter
34:10de la soirée.
34:17Le 25 décembre 2016,
34:20mon téléphone a sonné.
34:21C'était la mère
34:22de la jeune fille.
34:25Elle était bouleversée.
34:26Elle m'a dit
34:27« Sophie,
34:28la police arrive chez moi. »
34:31Tout s'est figé
34:32autour de moi.
34:33Je lui ai demandé
34:33ce qu'ils avaient dit.
34:35Elle m'a répondu
34:36« Il va falloir trouver
34:37une baby-sitter
34:38pour les enfants. »
34:41Ensuite,
34:45vers 19h,
34:47la police a décidé
34:48de publier
34:49un communiqué de presse
34:52dans lequel elle déclarait
35:02« Nous avons décidé
35:04de tenir
35:04cette conférence de presse
35:06dans un contexte
35:07particulièrement bouleversant
35:08puisque nous avons été informés
35:11par nos collègues
35:12de la police
35:12du centre
35:13et de l'ouest
35:14de Silane
35:15qu'un corps
35:16avait été retrouvé
35:17près de Borup.
35:18L'autopsie a révélé
35:19avec certitude
35:20qu'il s'agit
35:3150 roses rouges
35:32ont été déposées
35:32dans l'eau
35:33à Ragnemarsbach
35:34où le corps
35:35de la jeune fille
35:35a été retrouvé.
35:56Un long cortège
35:57éclairé par des torches
35:58s'étend de la gare
35:59à l'église Saint-Paul.
36:05Jane,
36:06vous avez participé
36:07à l'organisation.
36:08Pourquoi était-ce
36:09si important
36:09qu'un tel événement ait lieu ?
36:11Nous l'avons organisé
36:13afin que le Danemark
36:15tout entier
36:16puisse lui rendre
36:17un dernier hommage.
36:32Aucune de ces personnes
36:33n'est venue
36:33par curiosité.
36:35Elles ne sont pas venues
36:37pour le côté sensationnel.
36:38L'ambiance
36:39était incroyablement solennelle.
36:41Il y avait énormément
36:42d'humanité
36:44et une immense tristesse.
36:48Un chagrin insoutenable.
36:58C'est beau
36:59quand on y pense
37:01qu'un être humain
37:06puisse compter autant.
37:07Excuse-moi.
37:18Cet événement
37:19nous a emplis de peur.
37:24Aide-nous
37:25à nous libérer
37:26de cette peur
37:26qui nous paralyse.
37:29Délivre-nous du mal.
37:34Si c'était arrivé une fois,
37:37ça pouvait se reproduire
37:38une deuxième,
37:39troisième,
37:40quatrième fois.
37:56Quand je repense
37:57à tous ces moments,
37:59à toutes ces expériences,
38:01je trouve ça
38:02complètement surréaliste
38:03de penser que l'homme
38:04que je craignais le plus
38:05à ce moment-là
38:08était assis à mes côtés.
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