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  • il y a 11 heures
À dix jours des élections municipales, Philippe Poutou, candidat de la liste "Rouge Bordeaux Anticapitaliste" était l'invité d'ICI Gironde le 5 mars 2026.

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Transcription
00:00Il fait partie des 11 candidats à la mairie de Bordeaux, il est aussi dans l'opposition au conseil municipal.
00:05Notre invité ce matin est la tête de liste de rouge, Bordeaux anticapitaliste, et il répond à vos questions, Kévin
00:11Blandel.
00:11Bonjour Philippe Poutou.
00:12Bonjour.
00:13On voit ces jours-ci les candidats faire leur footing avec leur équipe sur les quais, d'autres faire du
00:17canoë sur la Garonne.
00:18Vous faites quoi, vous, M. Poutou ?
00:20On court aussi, on court après tout ce qu'il y a à faire pendant une campagne, des tracts, des
00:25affiches.
00:26On est toujours un peu en retard sur tout ce qu'on a envie de faire, mais voilà, donc ça
00:29nous donne un côté sportif aussi à la campagne.
00:32Certains candidats sont à plein temps dans cette campagne, pour certains c'est un métier, la politique, pas vous, vous
00:36travaillez dans votre librairie, comment on fait ?
00:37Est-ce que c'est compliqué de mener une campagne quand on travaille pas mal d'art par semaine ?
00:41On peut dire que c'est compliqué parce que justement on n'a jamais assez de temps pour tout faire,
00:45mais moi je suis dans une librairie avec Béatrice,
00:48mais tous les camarades de la liste quasiment ont une activité professionnelle,
00:52ou alors évidemment on a quelques camarades à la retraite ou quelques camarades en recherche d'emploi,
00:57mais de toute façon oui, globalement on est en manque de disponibilité,
01:01mais bon c'est ce qu'on se disait juste avant, c'est en fait c'est la particularité qu
01:05'on a et puis on fait avec,
01:06c'est-à-dire que c'est toujours difficile, on n'a pas d'argent, on n'a pas beaucoup
01:11de temps et on a peu de moyens logistiques aussi,
01:14mais voilà c'est aussi notre style et on fait avec et on est content de faire comme ça aussi,
01:19c'est notre marque de fabrique.
01:20En fait on est des pauvres, et avec tous les défauts des pauvres.
01:24Il y a eu ce sondage la semaine dernière qui vous donne à 5% des intentions de vote, loin
01:28de 2020 et votre qualification second tour,
01:29vous payez quoi les divisions à gauche ?
01:31Ah ben évidemment, on savait, on savait qu'à partir du moment où on ne serait pas avec l'AFI,
01:34ça serait compliqué,
01:35l'AFI c'est la grosse organisation de la gauche,
01:38oui de la France Insoumise, c'est la grosse organisation de la gauche aujourd'hui,
01:40on savait, nous on avait souhaité être avec l'AFI, on n'a pas réussi, il y a des désaccords,
01:45il y a quelques désaccords de fond,
01:47et notamment la question de quel type de gauche on veut construire, et puis même la question des luttes sociales,
01:52quelle part dans l'élection on met, et quelle part on met dans la résistance populaire, les luttes collectives et
01:57tout ça,
01:57donc on a des désaccords de ce point de vue-là, on est plus sur une gauche radicale, plus sur
02:01une gauche institutionnelle en fait,
02:02on est très critique des institutions, et puis ce qu'on voulait faire aussi c'était un bilan de ce
02:06qu'on avait pu pratiquer pendant 6 ans en fait.
02:09Mais ça veut dire que vous avez déjà fait une croix sur ces municipales ?
02:13Non, pas du tout, après on essaie de faire au mieux, donc là on est à 5 dans les sondages,
02:18évidemment,
02:18nous ce qu'on aimerait bien c'est avoir des élus, parce qu'on a eu deux élus avec Evelyne
02:23pendant 6 ans,
02:24on a eu une expérience militante, parce qu'en fait on a essayé de mettre en pratique notre anticapitalisme dans
02:29le cadre d'une institution,
02:30dans le cadre du conseil municipal y compris métropolitain,
02:33on a critiqué ce qu'a fait la gauche au pouvoir pendant 6 ans,
02:36et on aimerait bien que cette expérience-là continue,
02:39donc nous notre objectif c'est d'avoir des élus, si on franchit la barre des 10%, on sera très
02:42content,
02:43maintenant si on ne la franchit pas, on est aussi très content d'être là, de dire les choses,
02:46d'essayer de faire un bilan de ce qu'on a fait, de montrer que quelque part c'est quand
02:49même utile qu'il y ait des élus comme nous,
02:50en fait l'idée c'est de construire une véritable opposition,
02:53une opposition déterminée, une opposition qui ne se mélange pas, qui ne fait pas semblant,
02:56et une opposition qui ne se mélange pas avec la gauche libérale,
03:00comme ça a été le cas, vu la pratique qui a été menée de la part du pouvoir de gauche
03:04à Bordeaux et à la métropole.
03:065% c'est important, d'abord parce qu'on est remboursé les frais de campagne,
03:09et puis il y a une règle qui dit que si vous faites au moins 5%,
03:11des noms de votre liste peuvent intégrer une autre liste au second tour,
03:14est-ce que vous pourriez intégrer, puisque vous parliez de la France insoumise, celle de Nordine Raymond par exemple ?
03:18Tout à fait, ça a la double importance, c'est la question de l'argent,
03:21comme on est pauvre, on ne serait pas indifférent au fait d'être remboursé,
03:24on serait bien content, même si on fait très peu de dépenses en fait,
03:26mais bon, ceci dit, si on est remboursé, tant mieux,
03:29puis 5% c'est aussi symbolique, ça veut dire qu'on a quand même un minimum de crédit politique,
03:33voilà, il y a des gens qui votent pour nous, donc ça fait aussi du bien au moral,
03:36et puis ça peut créer une dynamique, parce que l'idée c'est aussi que cette équipe de la liste
03:39rouge-bordeaux anticapitalistes
03:40puisse durer après, qu'on est des élus ou pas, c'est aussi l'idée de voir au-delà,
03:44c'est de construire une équipe militante, et après vous dites, ce que vous dites c'est vrai,
03:47c'est-à-dire que la barre des 5%, ça nous permet éventuellement
03:50de discuter d'une fusion technique avec une autre liste,
03:53et il est évident que la seule liste avec qui ça serait possible, avec laquelle ça serait possible,
03:56c'est la liste de la France Insoumise, et c'est là où la France Insoumise,
03:59qui a priori est favorite pour accéder au second tour,
04:03il faudra qu'elle fasse un choix, parce que là pour l'instant c'était le désaccord qu'on avait,
04:06c'est-à-dire qu'elle avait plutôt tendance à s'adresser au vert et au PS,
04:10et au PC, donc au pouvoir actuel, nous on dit c'est pas possible,
04:13c'est une gauche, et donc du coup ce qu'on a envie de dire à la France Insoumise,
04:17c'est qu'il va falloir choisir, vous vous tournez vers nous, vous tournez vers la gauche libérale,
04:20et nous on pense que ce serait important qu'on arrive, parce qu'on n'a pas réussi au premier
04:23tour,
04:23qu'on puisse le réussir au second tour, c'est-à-dire l'idée de construire une véritable gauche radicale,
04:27une gauche militante, une gauche de combat,
04:29comment en 2020 retrouver effectivement les bases politiques de 2020.
04:35Ici Gironde, 7h24, Philippe Poutou, tête de liste de Rouge Bordeaux anticapitaliste
04:40pour les élections municipales à Bordeaux, notre invité ce matin,
04:42il répond à vos questions, Kévin Blondel.
04:44Parlons sécurité, parce que c'est la surenchère des chiffres entre les candidats à Bordeaux,
04:47Philippe Dessertine veut porter le budget sécu de 16 à 80 millions d'euros,
04:51Thomas Cazenave veut une nouvelle caserne municipale à Saint-Michel,
04:53ORN, Julie Rochaigneux veut tripler le nombre de caméras,
04:55chez vous on démantèle les caméras, on désarme les policiers,
04:59ça peut faire tous et ceux qui nous écoutent en comparaison de vos proposants.
05:02Je ne sais pas si ça tousse, mais tout le monde aujourd'hui trouve normal d'être dans des logiques
05:06sécuritaires,
05:06mais derrière les logiques sécuritaires c'est des logiques répressives,
05:09c'est un ordre économique, un ordre social que les possédants ou que les gens au pouvoir veulent défendre,
05:15et nous on est à l'encontre de ça.
05:17Derrière ça ne résout aucun problème sociaux.
05:19Donc là il y a une surenchère, même c'est d'une bêtise incroyable,
05:22parce qu'en fait on ne sait jamais combien de caméras il faudrait pour assurer la sécurité de tous,
05:25combien il faudrait de policiers, personne ne sait rien de tout ça,
05:29c'est juste de la démagogie en fait.
05:30Et puis même je pense qu'eux aussi ils savent très bien que c'est complètement inefficace,
05:33ça fait combien ? 40 ans qu'on est dans des discours sécuritaires,
05:36ça fait 40 ans qu'on nous dit qu'il faut plus de flics, qu'il faut plus de caméras,
05:39et ça fait 40 ans que ça ne s'arrange pas.
05:41En fait le problème qu'on a c'est qu'on est dans une société effectivement de plus en plus
05:44brutale,
05:45de plus en plus violente, mais que c'est lié à une crise économique,
05:47c'est lié à une misère sociale, c'est lié à des chômages, à la précarité,
05:50c'est lié à un mal logement, de l'insalubrité à tous les niveaux,
05:54et donc il faudrait d'abord répondre à la souffrance sociale.
05:57En fait c'est pas plus de policiers qu'il faut, ou plus de caméras et surveiller tout le monde,
06:01ou alors s'il faut surveiller quelqu'un il vaudrait mieux surveiller le pouvoir,
06:03il vaudrait mieux surveiller les capitalistes qui magouillent en permanence.
06:07Donc nous ce qu'on dit c'est qu'il faut répondre à la question du chômage,
06:09à la question du logement, à la question du transport, à la question de l'alimentation,
06:12donc c'est le développement des services publics, et nous par exemple sur les services publics,
06:15nous on pense que c'est les dispensaires de santé, on sait qu'il y a une souffrance psychologique,
06:19un accès aux soins qui est de plus en plus difficile pour une grande partie de la population,
06:22donc en fait la priorité ça devrait être ça,
06:24on devrait dire qu'il faudrait tant de dispensaires de santé dans les quartiers,
06:27il faudrait tant de bureaux de poste, il faudrait tant de services publics un peu partout,
06:31et moins de policiers, parce que de toute façon la police ça répond pas à toutes ces difficultés là,
06:35ça veut pas dire qu'il n'en faut plus du tout,
06:37quoique même si nous à long terme on a plutôt une vision de la police différente,
06:43qui n'est pas à l'écart de la population,
06:45puis d'ailleurs en plus on a quand même pas mal de problèmes avec les violences policières,
06:48donc voilà, mais c'est surtout une réponse sociale,
06:50il faut des services publics, et des services publics qui correspondent aux biens fondamentaux,
06:56enfin tout ce qui correspond à la vie des gens.
06:58Merci Philippe Poutou, candidat à Bordeaux,
07:01donc de la liste rouge Bordeaux anti-capitaliste,
07:05on en est à 10 jours du score.
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