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  • il y a 23 heures
Regardez "On refait le monde" avec Nicole Bacharan, historienne et spécialiste des États-Unis, auteure de "Requiem pour le monde libre" (éditions de l'Observatoire), Peer de Jong, ancien colonel de marine, et Antoine Basbous, politologue et directeur de l'Observatoire des pays arabes.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 02 mars 2026.

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Transcription
00:01Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix.
00:06L'Arabie Saoudite, Bahreïn, Dubaï, Abu Dhabi, le Qatar ont été de nouveau visés par des tirs iraniens aujourd'hui.
00:12De leur côté, Israéliens et Américains ont bombardé une nouvelle fois l'Iran.
00:16Mais cette guerre prend encore un peu plus d'ampleur puisqu'Israël a répliqué massivement aux attaques du Hezbollah en
00:23frappant le Liban.
00:24Cela ressemble bien à l'escalade tant redoutée.
00:28Jusqu'où peut aller ce conflit ? Peut-il nous aspirer, nous Français et Européens ?
00:33On en débat avec nos invités, le colonel Pierre de Jong, docteur en sciences politiques, vice-président de l'Institut
00:38Témis, spécialiste des questions de défense.
00:40Bonsoir.
00:41Bonsoir.
00:41Antoine Basbouz, politologue et directeur de l'Observatoire des Pays Arabes.
00:44Bonsoir.
00:45Bonsoir.
00:46Et Nicole Bacharan, historienne et spécialiste des Etats-Unis, auteure de Réquiem pour le monde libre, aux éditions de l
00:51'Observatoire.
00:52Bonsoir.
00:52Bonsoir.
00:53On refait le monde sur RTL.
00:56La guerre en cours, proche et Moyen-Orient, porte et portera son eau d'instabilité et d'embrasement possible à
01:04nos frontières,
01:05avec un Iran aux capacités nucléaires et balistiques non encore détruite.
01:10Dans ce monde dangereux et instable, pour être libre, il faut être craint.
01:16Un monde dangereux et instable, disait Emmanuel Macron cet après-midi lors de son discours sur la dissuasion nucléaire.
01:21Alors d'abord, on va essayer de faire une sorte d'état des lieux.
01:24Où en sommes-nous ?
01:24D'abord, côté israélo-américain, les bombardements se sont poursuivis sur l'Iran.
01:29Donald Trump a dit dans une interview que l'armée US était en train de démolir l'Iran.
01:36Qu'est-ce que ça signifie ?
01:37Ça signifie qu'ils ont beaucoup de moyens et que visiblement, ils en ont encore.
01:41Parce que les capacités de tir, en fait, des Américains sont colossales.
01:45Quand on réfléchit à...
01:46Globalement, on fait faire le total avec les Israéliens à 500 avions.
01:50Chaque avion a au moins deux missiles.
01:51Donc ils ont une capacité de mille missiles, rien qu'avec les avions.
01:54Et puis avec les engins, avec les bateaux, les navires.
01:57Vous avez sur chaque navire, vous avez ce qu'on appelle des cellules de tir.
02:00Vous avez 90 cellules de tir par bateau.
02:04Il y a 12 destroyés.
02:05Donc en fait, le total, c'est colossal.
02:07Mais c'est pas parce qu'on a les moyens qu'on doit à tout prix les utiliser.
02:10Après, c'est la planification.
02:11Vous savez que c'est le premier conflit qui est géré par l'IA.
02:14C'est-à-dire que l'état-major des armées américaines a décidé de planifier toute cette opération avec l
02:19'inchance artificielle.
02:20Parce que c'est tellement complexe, tellement difficile, c'est tellement large et grand.
02:24Donc on a mis de l'intelligence extérieure dans le dispositif.
02:28Vous diriez que c'était peut-être nécessaire.
02:30Mais c'est pas l'intelligence artificielle qui choisit les cibles en Iran, si ?
02:33Alors oui et non.
02:35Parce que l'IA est capable aujourd'hui de déterminer, par exemple, les zones d'application des feux.
02:40Il est capable de faire toute une série de choses.
02:41Après, évidemment, s'il y a, est capable d'intégrer le renseignement qui parvient du côté israélien, du côté des
02:47satellites, du côté des avions qui expionnent, etc.
02:50Ou les écoutes, etc.
02:52Ben, s'il y a, est capable, et à mon avis, elle est capable, elle peut intégrer toute une série
02:55de, comment dire, d'informations.
02:57Et après, faire ce qu'on appelle un ciblage, c'est le terme technique.
03:00Et le ciblage, vous avez des milliers, des milliers d'objectifs.
03:03Alors après, vous avez l'objectif P1, P2, P3.
03:05Ça, c'est les militaires.
03:06On aime bien mettre ça dans les cases.
03:07P1, c'était samedi matin et dimanche.
03:11P2, probablement lundi, mardi, mercredi.
03:12Ça va durer comme ça.
03:13Et ça peut durer un certain temps, tant que les opérations...
03:17P1, P2, P3, c'est quoi ?
03:18Le priorité 1, priorité 2...
03:20Ah, d'accord.
03:20J'aurais pu, effectivement, c'est explicite.
03:22Pardon, excusez-moi.
03:24Les militaires, il faut les arrêter assez vite.
03:25Et alors, justement, c'est quoi les priorités ?
03:28Que visent les bombardements ?
03:30Est-ce que ce sont les dirigeants du régime ?
03:32Est-ce que ce sont les installations nucléaires ?
03:35Sachant que le chef de l'AIEA, l'Agence des Nations Unies pour l'énergie atomique,
03:40dit qu'il n'a pas d'indication que des installations nucléaires ont été touchées.
03:44Donc, ce n'est pas forcément ça qu'on vit.
03:46C'est quoi ?
03:47C'est le pouvoir ?
03:47Oui.
03:47Alors, du côté israélien, parce qu'on a l'impression qu'il y a un peu un partage des tâches,
03:52les israéliens se chargent de décimer le commandement iranien,
03:57à la fois civil, religieux, militaire, d'où cette frappe spectaculaire où appérit Rameney,
04:05et aussi parce que le Mossad est très infiltré en Iran,
04:10et aide justement à trouver ses cibles,
04:12et cette réunion qui a été fatale à une quarantaine de dirigeants iraniens.
04:18Donald Trump, côté américain, il a rappelé aujourd'hui ses objectifs,
04:23en finir avec toute ambition nucléaire, pour ce qui concerne l'Iran, évidemment.
04:28Vous avez entendu ce que disait le chef de l'AIEA, pour l'instant, apparemment, ils n'ont pas bougé.
04:33Oui, mais qu'ils n'y reviennent pas. Voilà un peu le point de vue.
04:37En finir avec le programme balistique, détruire la marine.
04:41En gros, détruire la force militaire iranienne.
04:44Et ce que moi, je ne parviens pas à comprendre du côté des Mollas,
04:47c'est que tandis que Donald Trump rassemblait une armada colossale,
04:52avec des plans, évidemment, préparés depuis longtemps,
04:55il y avait quand même des négociations.
04:57Et si les Mollas avaient lâché quoi que ce soit,
05:01Donald Trump aurait très bien pu dire, bon ben victoire, on arrête.
05:04Ils auraient dit, on arrête le nucléaire.
05:06Ils auraient dit, allez, on va diminuer le balistique.
05:09Il était possible que Trump recule.
05:11Je ne comprends pas ce que ce régime s'imagine pour pouvoir survivre,
05:17y compris le fait qu'il tape sur tous les états du Golfe alliés des Américains,
05:22avec la vague idée que ça va faire basculer ces états du côté iranien.
05:26C'est absurde.
05:27C'est pour les punir.
05:28Ils sont seuls au monde.
05:29Antoine Bassebouz, est-ce que vous comprenez mieux
05:32ce qui s'est passé dans la tête des dirigeants iraniens ?
05:34Je crois qu'ils ont été déboussolés par l'assassinat de l'Ayatollah Khamenei.
05:40Ils ne l'ont pas supporté et ils ont perdu le nord.
05:44Chaque commandant qui avait à disposition des cibles et des missiles,
05:48ils les ont tirés, y compris contre leur seul unique dernier allié,
05:55le sultanat d'Oman.
05:56C'est là où se sont passées les premières négociations sur le nucléaire avant 2015.
06:03C'est là où se sont passées les dernières négociations à Oman
06:07et puis à Genève à la résidence de l'ambassadeur d'Oman en présence du ministre Omanet
06:14qui a été dépêché vendredi dernier à Washington pour convaincre les Américains,
06:19pour les endormir en quelque sorte, pour anesthésier M. Trump
06:23et lui dire tout va bien, la négociation avance,
06:27on va avoir des propositions validées par l'Ayatollah Khamenei.
06:32Pendant ce temps, les Américains jouaient du bluff aussi,
06:35envoyaient l'armada, deux porte-avions avec deux groupes navals.
06:39Bref, les Iraniens ont été déboussolés
06:42et j'ai perçu dans les propos du ministre iranien des Affaires étrangères
06:48une forme d'excuse par rapport aux Omanets
06:51que ses commandants ont frappé en disant que ça n'a pas été concerté
06:56avec l'échelon politique.
06:59Donc, je crois que...
07:00L'armée et le pouvoir ne se concertent pas.
07:02Il n'y a plus de Khamenei, donc il n'y a plus de tête de l'exécutif.
07:06Et en revanche, ils se sont donnés à cœur joie
07:09pour démolir le modèle économique extrêmement brillant
07:14de leurs voisins dans le Golfe.
07:16C'est quelque chose qu'ils ne supportent pas
07:21de voir la richesse, le bien-être, les infrastructures dans les pays du Golfe
07:26alors qu'eux, toutes les semaines, il y a un avion qui se crache
07:31parce qu'il n'y a plus de pièces de rechange.
07:33Les avions sont cannibalisés et la misère est partout.
07:39Un dollar vaut aujourd'hui 2 millions de rial en Iran.
07:43Et vous ne trouvez pas ce dollar même si vous avez 2 millions de rial.
07:46Donc, c'est la prospérité dans le Golfe qu'ils ont voulu frapper.
07:52Ils n'ont pas distingué pays du Golfe voisin,
07:55alliés d'Israël ou pas alliés d'Israël,
07:57avec leur ami Omanet.
07:59Mais est-ce que leur force de frappe est si importante ?
08:02Est-ce qu'ils tirent massivement sur Israël notamment
08:06et sur ces pays en particulier ?
08:09Ou est-ce que ce sont des petits tirs sporadiques opportunistes, père de Jong ?
08:13Alors, je vous rejoins totalement parce que la force de frappe,
08:15c'est d'abord une décision.
08:16Et comme les Israéliens ont été le système iranien samedi matin,
08:21mais vraiment, il n'y a plus personne.
08:23Tout le système a été éliminé.
08:24Donc, le système, en fait, ça part du haut, ce genre de décision.
08:27Ça s'organise du haut.
08:28Ça se crée du haut.
08:29D'ailleurs, on voit, c'est comme si c'était Iran.
08:31Et là, je vous rejoins à 100%.
08:33C'est que comment imaginer qu'avec le contexte général de menaces des Américains
08:36et d'autres sur l'Iran,
08:38ils font encore des réunions tous ensemble,
08:40en plein milieu de terrain.
08:41Et tout le monde sait qu'ils sont archi-observés.
08:44C'est extrêmement étrange.
08:45Il y a une espèce d'impunité extrêmement étrange.
08:47Donc, je pense que la première partie de la dissuasion
08:49ou de la capacité, comment dire, de tir des Iraniens,
08:52c'était le commandement et il a disparu.
08:54Donc, le problème derrière, c'est n'importe quoi.
08:56Les sous-chefs, les petits chefs,
08:57ce que vous dites, ils ont des missiles, ils ont des missions.
08:59On leur a dit, attention, dans ce cas-là,
09:00où il y a un P1, P2, P3,
09:03priorité 1, priorité 1, priorité 1, P3,
09:04c'est partout la même chose.
09:06Et puis, voilà.
09:06Et puis, ils lancent leur truc.
09:08Maintenant, qu'est-ce qui se passe ?
09:09On rentre dans vraiment...
09:10C'est un grand bazar, ce que vous nous décrivez.
09:11Ah, mais oui, mais oui, mais on voit bien.
09:13La preuve, ils tirent sur Oman,
09:14qui était le seul allié objectif, vraiment.
09:17Même Bahreïn, parce que Bahreïn, il s'échite.
09:19On aurait pu considérer qu'eux,
09:20mais il y a la cinquième flotte américaine.
09:23Ça veut dire que ça ne peut pas durer, en fait,
09:24si ça parle dans tous les sens.
09:25Ça ne peut pas durer,
09:26parce que, politiquement, c'est n'importe quoi.
09:28Et puis, le deuxième point,
09:29c'est qu'en termes de stock,
09:30je veux dire que les stocks des missiles,
09:31ils n'en ont pas un milliard.
09:32Alors, ils ont des drones, ils en ont beaucoup.
09:34Mais les missiles, c'est la longue portée,
09:36c'est la dissuasion.
09:36Après, les drones, c'est un autre sujet,
09:38parce que ça peut se brouiller.
09:39Mais les missiles, il faut assez démenter les missiles.
09:40Donc, en fait, dès qu'ils tirent un missile,
09:43on a la rampe de départ.
09:44Oui, donc on peut les dévaliser,
09:46et donc détruire.
09:47Donc, ça ne durera pas, par la force des choses.
09:48Deux mots, parce qu'on a déjà l'ordi.
09:51Je crois qu'ils ont été intoxiqués par leur stratégie,
09:55en endormissant les Américains,
09:57et en pensant aussi qu'on est à la veille d'un Shabbat,
10:01les Israéliens ne vont pas voler pour aller venir les bombarder,
10:04et à l'avant-veille de Pourim.
10:06Donc, deux fêtes religieuses
10:07qui vont empêcher plus l'anesthésie administrée aux Américains,
10:11que ce jour-là, ils peuvent se réunir autour de l'Ayatollah sans problème.
10:16Alors, on va maintenant parler du rôle de la France,
10:18et de l'Europe, jusqu'ici assez discrète dans cette guerre.
10:22C'est ce qu'on va voir, mais juste après le rappel des titres
10:23de Claire Chekaglini.
10:25Jusqu'à 20h,
10:27Anne-Sophie Lapix refait le monde sur RTL.
10:30Vous pouvez vous...
10:33RTL.
10:35Il est 19h30.
10:37Anne-Sophie Lapix,
10:39on refait le monde sur RTL.
10:40Le rappel des titres de l'actualité de ce lundi avec Claire Chekaglini.
10:43Donald Trump n'exclut pas l'envoi de troupes au sol en Iran,
10:46déclarations faites depuis la Maison-Blanche ce soir.
10:49Le président américain se félicite par ailleurs de l'avancée de l'opération en cours
10:52et prévient que la guerre pourra durer plus de 4 à 5 semaines au Moyen-Orient.
10:56Ce soir, Téhéran accuse Israël et les Etats-Unis d'avoir ciblé le site nucléaire de Natanz.
11:01La République islamique y assure aussi, par la voix de son président,
11:04que son pays ne restera pas silencieux face aux attaques d'une école et d'un hôpital.
11:07Les gardiens de la Révolution affirment que les Etats-Unis ne seront plus en sécurité
11:11et revendiquent l'attaque d'un pétrolier dans le détroit d'Hormuz.
11:14Le sud de Beyrouth et l'est du Liban sous les bombes israéliennes cet après-midi.
11:18Bilan 52 morts et 154 blessés.
11:2170 cibles du Hezbollah ont été visées, dont une société financière du proxy iranien.
11:26Nouveau conseil de défense ce soir à l'Elysée.
11:28Il coïncide avec l'annonce cet après-midi d'une nouvelle doctrine nucléaire.
11:31Paris va se doter de davantage d'ogives.
11:34Elles seront disséminées dans 8 pays européens.
11:36La France et l'Allemagne vont mettre en place un groupe de pilotage bilatéral sur la dissuasion nucléaire.
11:41Mais la décision du recours au feu nucléaire restera du seul ressort de l'Elysée.
11:45Le verdict de la Cour spéciale de Paris attendu dans la soirée pour 4 hommes jugés
11:49pour avoir propagé des messages de haine contre Samuel Paty sur les réseaux sociaux.
11:53Et puis la reprise à minima des papeteries de condas en Dordogne.
11:5690% des salariés seront les licenciés.
11:58Seuls 21 conserveront leur emploi dans cette entreprise centenaire.
12:02Merci Claire, on vous retrouve à 20h.
12:05Anne-Sophie Lapix.
12:06On refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
12:09Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des gardiens de la révolution
12:15et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie.
12:18La France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité.
12:23Elle se tient prête, conformément aux accords qu'il a liés à ses partenaires,
12:28et aux principes de légitime défense collective prévue par le droit international
12:32à participer à leur défense.
12:36Entrer ou pas dans cette guerre, est-ce que c'est vraiment la question ?
12:39Et le moment ?
12:39Ce matin, le ministre des Affaires étrangères français qu'on vient d'entendre, Jean-Noël Barraud,
12:43a donc annoncé que nos forces pourraient venir au secours de Bahreïn, du Qatar, de la Jordanie,
12:47visés par les tirs iraniens.
12:49Hier, les dirigeants européens parlaient plutôt de n'agir que pour se défendre, défendre leurs troupes, leurs bases.
12:54On a un peu de mal à comprendre.
12:55On en débat avec le Connel Père de Jon, docteur en sciences politiques, vice-président de l'Institut Temis,
13:01spécialiste des questions de défense.
13:02Antoine Basbous, politologue et directeur de l'Observatoire des Pays Arabes associés chez Forward.
13:08Et Nicole Bacharan, historienne et spécialiste des Etats-Unis, auteure de Requiem pour le monde libre.
13:13Alors, d'abord, est-ce qu'on peut dire que l'Europe a pris le temps de réagir à ce
13:18nouveau conflit, Nicole Bacharan ?
13:19Oui, enfin, on voit bien que l'Europe, elle est hors-jeu.
13:24Personne ne la consulte, personne ne l'appelle au secours, personne ne compte sur l'Europe.
13:30Il n'y a pas d'Europe puissance, pour l'instant.
13:33Et du côté de la France, c'est vrai que les propos sont contradictoires.
13:37La première réaction d'Emmanuel Macron, si je ne me trompe pas, était de dire, dès l'escalade,
13:43il faut que le régime de Téhéran s'engage de bonne foi dans des négociations.
13:48J'aurais qu'on me dise, quand est-ce la dernière fois qu'ils ont été de bonne foi ?
13:51Ça fait 47 ans qu'ils manquent et qu'ils trahissent tous leurs engagements.
13:57Et aujourd'hui, Jean-Noël Barraud, je ne sais pas très bien de quelle guerre il parle,
14:02parce que c'est vrai que les Français sont impliqués à travers leur base sur place.
14:06C'est inévitable.
14:08D'ailleurs, une base a été attaquée, ils ont répliqué, je crois qu'ils ont détruit, avec des rafales, des
14:13drones.
14:14Exactement. Et donc, en fait, ils sont, de facto, côté israélo-américain.
14:19Il n'y a pas d'autre choix possible, puisqu'ils reçoivent des frappes du même ennemi iranien.
14:25Mais la France n'a pas condamné l'attaque, israélo-américaine, je précise aussi.
14:30Elle ne l'a pas condamnée, elle ne l'a pas approuvée non plus,
14:33parce qu'on est dans quelque chose de très ambigu.
14:36On est hors cadre de l'ONU, puisque le Conseil des Sécurités est incapable,
14:40vu les circonstances politiques, de prendre des décisions.
14:43On est hors cadre de l'alliance atlantique.
14:47On est hors cadre du multilatéralisme, que Donald Trump n'aime pas du tout.
14:51Et il n'a pas jugé utile de prévenir la France ou l'Allemagne.
14:55Quand on veut déclencher une opération surprise, on ne prévient pas trop.
14:59Mais enfin, quelque part, c'est un peu une affirmation, disons, on n'a vraiment pas besoin de vous.
15:05Mais de facto, les Français sont impliqués.
15:07D'ailleurs, on se souvient qu'en avril, il y a un an, quand l'Iran avait massivement attaqué Israël,
15:14la France, avec sa base en Jordanie, avait contribué à la protection de l'espace aérien de la région.
15:20Enfin, là, la France est empressée de dire qu'elle n'était pas au courant,
15:23qu'il y avait cette attaque, qu'elle n'avait pas participé.
15:26C'est une manière de se protéger, de protéger, je ne sais pas, son personnel diplomatique,
15:30les otages qui avaient été libérés, Jacques Paris et Madame Collère.
15:37Je ne trouvais plus son nom.
15:39Cécile Collère.
15:40C'est une manière de les protéger, eux aussi, ou c'est juste qu'on ne veut pas se mouiller
15:43?
15:44Non, c'est une manière d'exister, le problème, c'est qu'on n'est pas au courant.
15:46C'est extrêmement humiliant d'apprendre, en écoutant RTL un matin,
15:49d'apprendre qu'il se passe des choses au Moyen-Orient, que vous n'êtes pas dans la boucle.
15:52Ça, c'est le premier point.
15:53Deuxième point, on a le même problème que les Britanniques.
15:55Les Britanniques ont un peu le même sujet que nous,
15:57c'est qu'ils ont des alliances et des accords avec toute une série de pays.
16:00Et on voit bien que Starmer s'est fait taper sur les doigts par le président américain,
16:05puisqu'il y a des missiles qui sont partis en direction de Chypre,
16:08sur lesquels il y a une base aérienne anglaise.
16:11Donc, en fait, les Européens, encore une fois, au sens large du terme,
16:15Britanniques et Français, qui sont quand même une puissance militaire,
16:18une puissance nucléaire, des puissances reconnues,
16:20en fait, on voit bien qu'on a joué un petit peu un jeu bizarre.
16:23Alors, c'est vrai qu'il n'y a aucune chance que l'Europe dise quelque chose,
16:26parce qu'il n'y a pas de voix pour ça, il n'y a pas d'histoire, il n
16:30'y a pas d'historique.
16:32Madame Vandelaïenne ne va pas aller là-bas, on n'est pas en Ukraine,
16:34ce n'est pas la même chose. Donc, en fait, qu'est-ce qui va se passer ?
16:36On voit, on revient vers le rôle des États.
16:39On voit bien qu'aujourd'hui, les Français essayent de rattraper quelque part le coup.
16:42On va vous protéger, mais on peut le faire.
16:45Ils n'ont pas demandé, d'ailleurs, ces pays-là, ils n'ont pas demandé.
16:47Non, mais en même temps, s'il y a des accords, on peut dire,
16:49voilà, si vous êtes attaqué par des drones, parce que ça n'a pas manqué,
16:52quand il n'y aura plus de missiles, c'est les drones qui vont arriver,
16:54qui vont assez loin au passage, donc vous mettez des avions en l'air,
16:56les avions en l'air peuvent protéger un pays,
16:57puisque ça coûte cher, parce que le missile à 800 000 euros
17:01qui détruit un drone à 20 000 ou à 40 000,
17:04c'est sûr, le rapport qualité-fait n'est pas tout à fait en faveur de l'aviation.
17:07Il faut se méfier aussi quand on envoie des avions,
17:09parce qu'on a vu aujourd'hui, quand même, que le Koweït avait abattu
17:12trois avions de combat américains, sans faire exprès.
17:14Comme vous y allez, mais vous savez que la version française,
17:17elle n'est pas...
17:18Elle n'aurait pas été...
17:19Non, mais il y a quand même une espèce de confusion.
17:23Oui, mais c'est tellement compliqué.
17:24Vous vous rendez compte ce qui s'est passé en trois jours ?
17:26Ces pays du Golfe qui étaient assez sereins,
17:28assez paisibles quelque part,
17:29il y avait une espèce de parapluie qui se mettait en place,
17:31et d'un coup, ça leur tombe dessus.
17:33En même temps, quand vous regardez bien,
17:35l'effet est assez faible.
17:37Vous savez que le taux de blocage des missiles
17:42des Émirats arabes unis, c'est 93%.
17:45En fait, il y en a très peu qui tombent au sol.
17:48Des fois, il y a des débris, etc.
17:49Mais c'est vrai, la destruction des missiles est assez effective.
17:52Le système est assez effectif.
17:53Ils se défendent bien, alors, ces pays arabes,
17:56mais ils sont assez...
17:57Bon, là, je parlais du Koweït, c'est une erreur.
17:59Mais est-ce qu'ils sont assez offensifs
18:01dans leur défense, si je puis dire ?
18:03Ils ont dépensé beaucoup d'argent.
18:05Et je me souviens que le patron
18:08de la zone pacifique
18:09qui était basée à Abu Dhabi,
18:12un amiral français,
18:13il me disait,
18:13on peut échanger nos avions avec les Émiriens
18:16parce qu'ils volent comme nous,
18:19ils ont les mêmes instructions,
18:20le même niveau.
18:21Et même, je peux vous dire,
18:23que les avions Mirage qu'ils ont achetés
18:27sont supérieurs de 2 tonnes de poussée
18:29leur moteur aux avions français.
18:31Donc, il y a un savoir-faire
18:33et il s'applique.
18:34Sauf que quand vous avez
18:36600 missiles ou drones qui explosent,
18:38même s'ils sont abattus,
18:40eh bien, la population qui est là,
18:42dans les tours et sur les plages,
18:44souffre quand même, s'inquiète.
18:45En plus, le port de Dubaï,
18:48le port d'Abu Dhabi sont fermés.
18:50Et voilà, il y a un stress.
18:53Les vacanciers ne peuvent pas rentrer.
18:54Il y a un certain stress de tout ça.
18:57Moi, ce qui m'a surpris,
19:00c'est un peu la réaction épidermique
19:03de dimanche soir du président de la République
19:05qui semblait être vexée
19:07de la marginalisation de la France.
19:09Et ça, c'est dire ni informer,
19:12ni impliquer.
19:13Et puis, deux jours après,
19:14dire que nous allons défendre nos amis
19:17et mettre en place les accords de défense
19:19que nous avons avec nos partenaires.
19:21C'est un grand saut dans une nouvelle direction.
19:26Qu'est-ce qui s'est passé entre temps ?
19:27Mais c'est indispensable.
19:27Parce que si on dit à nos voisins,
19:29on vous protège en temps de paix,
19:32quand il n'y a pas de missiles,
19:33on assure.
19:34Mais quand il y a des missiles et des drones,
19:37on n'était pas prévenus.
19:38Eux aussi n'étaient pas prévenus de ces attaques.
19:41Bref, je crois que maintenant,
19:42la position française a retrouvé le bon chemin
19:45pour exister dans cette région,
19:47pour pouvoir continuer à partager le savoir-faire,
19:50vendre l'industrie militaire française
19:52et rabaisser le coût de cette acquisition
19:55à l'armée française.
19:57Il faut multiplier les ventes.
19:59Donc, pour continuer à avoir des clients,
20:02il faut être crédible auprès d'eux.
20:03Et c'est bien ce qui s'est passé aujourd'hui.
20:05Je voudrais mentionner une chose,
20:07si vous permettez.
20:08Je suis intrigué par le fait que,
20:10soi-disant, les alliés de l'Iran,
20:12que sont la Russie et la Chine,
20:14n'aient pas prévenus
20:15de l'imminence de l'attaque de samedi matin.
20:18Parce que c'est sûr qu'ils le savaient ?
20:19Attendez, eux, ils ont des satellites,
20:21ils ont des radars,
20:22ils ont pu observer quand même
20:24qu'il y a 500 avions, brutalement,
20:26qui décollent,
20:27qui se dirigent dans la même direction.
20:29Ils n'ont rien dit, rien fait.
20:31Et pourtant, c'était censé être des alliés de l'Iran.
20:34Nicole Bacharan,
20:35les Américains,
20:35ils n'ont pas très bien pris,
20:36ils n'ont la réaction européenne.
20:37Ils l'ont même moqué.
20:38Je crois qu'il y a un proche de Trump,
20:40l'Instagram,
20:41qui est sénateur républicain,
20:42qui a dit que c'était pathétique,
20:44qu'ils étaient mous.
20:46Ah oui, ça, c'est vraiment
20:47les habituels moqueurs
20:49de tout ce qui est européen.
20:51Ils sont nombreux
20:52dans l'administration Trump
20:54ou autour de l'administration Trump,
20:56comme le sénateur Graham.
21:00Mais je pense que dans toute cette guerre,
21:03car c'est une guerre
21:04et on ne sait pas où ça va aller,
21:05personne ne le sait,
21:07il faut toujours rappeler quand même
21:09le peuple iranien.
21:11C'est quand même eux,
21:12je pense,
21:12qui doivent être au centre
21:13de nos questions,
21:15de nos préoccupations.
21:17Et c'est vrai que,
21:18vis-à-vis de l'ONU,
21:19on n'est pas dans les clous
21:20du droit international.
21:21Mais le droit international,
21:23il est contradictoire,
21:24puisque l'Iran,
21:24depuis 2002,
21:26n'est pas dans les clous
21:27en ce qui concerne le nucléaire.
21:28Qu'il est sous sanctions
21:30internationales valables
21:32selon le droit international
21:33par un grand nombre de pays,
21:36y compris la Chine et la Russie,
21:37d'ailleurs,
21:37dont nous parlions à l'instant.
21:39Et puis qu'enfin,
21:41l'ONU a voté,
21:42a adopté en 2015,
21:43je crois,
21:44ce traité sur
21:46la responsabilité
21:47de protéger.
21:48Donc là,
21:49on est de nouveau
21:50dans le droit international,
21:51même si les objectifs
21:52de Trump à cet égard
21:53ne sont pas parfaitement clairs.
21:55Mais enfin,
21:56il y a énormément
21:57d'Iraniens,
21:58citoyens,
21:58médecins en particulier,
22:00qui, au risque de leur vie,
22:02font sortir des informations
22:03sur des massacres
22:05monstrueux.
22:06Et nous,
22:07nous pouvons les voir,
22:08nous pouvons le savoir.
22:10Donc,
22:10c'est vraiment,
22:11enfin,
22:11c'est quelque chose
22:12à transmettre
22:13et à mettre au centre
22:13des préoccupations,
22:15même si
22:15les,
22:16comment dire,
22:17les gouvernements,
22:18les militaires en jeu,
22:20ne voient pas toujours
22:21cet aspect-là des choses
22:22où ce n'est pas
22:22leur priorité
22:23P1,
22:24P2,
22:25mais c'est en tout cas,
22:26je pense que ça devrait
22:27être la priorité
22:28de tous les peuples
22:30démocrates.
22:30En tout cas,
22:30on va essayer
22:31de voir
22:31quelles sont
22:31les conséquences
22:32de ces attaques,
22:34de ce conflit,
22:34juste après la pause.
22:37On refait le monde
22:38sur RTL.
22:40Avec Anne-Sophie Lapix.
22:42Anne-Sophie Lapix.
22:44On refait le monde
22:44jusqu'à 20h sur RTL.
22:47On va voir
22:47quelles peuvent être
22:48les conséquences
22:49de ce conflit
22:50qui semble s'élargir
22:51de jour en jour
22:52dans la région
22:53comme en Europe.
22:54On va poser la question
22:54à nos invités.
22:56Le colonel Pierre Dejeun,
22:57docteur en sciences politiques,
22:58vice-président de l'Institut
22:59Témis spécialiste
23:00des questions de défense.
23:02Antoine Bassebousse,
23:03politologue et directeur
23:04de l'Observatoire
23:04des Pays Arabes
23:05associé chez Forward.
23:06Et Nicole Bacharan,
23:07historienne et spécialiste
23:09des Etats-Unis,
23:10auteure de Réquiem
23:10pour le monde libre
23:11aux éditions de l'Observatoire.
23:13On refait le monde
23:14sur RTL.
23:16Puisque la guerre conventionnelle
23:17n'est plus
23:18dans l'ordre
23:19des possibilités pour l'Iran,
23:20le risque,
23:21c'est d'entrer
23:21dans une guerre asymétrique.
23:23C'est-à-dire devoir utiliser
23:24des moyens de violence,
23:25des moyens de terrorisme
23:26qui changent
23:27la nature du conflit.
23:29Vous aurez reconnu
23:30Dominique de Villepin.
23:32Colonel Pierre Dejeun,
23:32d'abord,
23:33qu'est-ce que ça veut dire
23:33une guerre asymétrique ?
23:34Alors, c'est une guerre
23:35du faible au fort
23:36ou du fort au faible.
23:37Là, on peut considérer
23:38que le fort sont les Etats-Unis
23:39et le faible,
23:39c'est l'Iran.
23:40L'Iran est devenu faible,
23:41structurellement faible.
23:42Donc, à ce moment-là,
23:42vous utilisez
23:43des moyens de faible.
23:44Concrètement,
23:45le terrorisme,
23:46les actions périphériques,
23:49on n'est plus
23:50dans le conventionnel
23:51pur et dur.
23:51On ne sera plus dans rien.
23:52Dans quelques semaines,
23:53j'imagine qu'il n'y aura plus
23:54un missile qui volera,
23:55quelques drones voleront.
23:56On aura un modèle Hamas,
23:57vous voyez,
23:58ou un modèle Hezbollah
23:58qui aura été mis en place
24:00ou qui sera résiduel en Iran.
24:02Ça, c'est le danger principal.
24:03Tant que ça reste en Iran,
24:04le problème,
24:05c'est qu'on sait
24:05que les Iraniens
24:06ont développé
24:07depuis de nombreuses années,
24:08depuis 47 ans,
24:09une espèce d'infrastructure,
24:10de logique
24:11qui se répand
24:12dans l'ensemble
24:13des pays européens
24:14et dans l'ensemble
24:14des pays mondiaux.
24:15Donc,
24:15ils ont des capacités d'action,
24:17je dirais,
24:17à base d'action d'attentats,
24:19tout simplement,
24:20en Europe,
24:20en Grande-Bretagne,
24:21enfin, absolument partout.
24:22Ils pourraient frapper l'Europe
24:23alors qu'on leur a bien expliqué
24:24qu'on n'était pas au courant.
24:26Alors oui,
24:27c'est une bonne question.
24:28Je pense qu'en réexpliquant,
24:29ils vont finir par s'en convaincre.
24:30À mon avis,
24:31il vaut mieux en être convaincus.
24:32Donc, c'est ça,
24:33l'effet principal.
24:34Le problème,
24:34aujourd'hui,
24:35on est parti dans une mécanique
24:37qui n'est pas contrôlable.
24:38Aujourd'hui,
24:39trois jours après le début
24:40des opérations,
24:41on ne peut pas savoir
24:42ce qui va se passer.
24:43C'est impossible.
24:44Il y a une espèce,
24:44vous savez,
24:45on a retourné le verre
24:45dans tous les sens
24:46et puis tout ça,
24:47ça s'est mélangé.
24:48Il faut attendre quelques temps.
24:49Le président Trump dit,
24:51il faut attendre 4-5 semaines.
24:52On verra dans 4-5 semaines
24:53ce qu'il en restera.
24:55Ceci étant dit,
24:56on voit bien que le Hezbollah
24:56bouge déjà.
24:58Donc,
24:58trois jours après le début,
24:59ça commence.
24:59Donc,
24:59on voit bien très concrètement,
25:01cette possibilité
25:01de mettre en place
25:02une guerre asymétrique
25:03n'est pas...
25:04elle est largement possible
25:05et pour nous Européens,
25:06c'est un sujet
25:07parce que dans la guerre asymétrique,
25:08celui qui prend le risque,
25:10c'est le fort
25:10et pas le faible.
25:11Le Hezbollah,
25:12vous dites qu'il bouge,
25:13mais les Israéliens,
25:14eux,
25:14ils sont prêts
25:15à endurer
25:16à la fois
25:17les tirs du Hezbollah,
25:19les bombardements
25:20des Iraniens.
25:20Eux,
25:21c'est peut-être ceux
25:21dont l'objectif
25:23est le plus sûr,
25:24connu
25:25et le plus déterminé.
25:27L'objectif,
25:28il est extrêmement clair.
25:29Il est affirmé
25:30depuis longtemps,
25:31depuis bien avant
25:32Benjamin Netanyahou.
25:34Ça ne concerne même pas
25:35le jugement
25:37qu'on peut porter
25:37sur ce gouvernement
25:39et sur un certain nombre
25:40de choses
25:41que beaucoup d'Israéliens
25:42désapprouvent.
25:43Les Israéliens
25:44ne veulent plus vivre
25:45avec cette menace
25:47au-dessus de la tête
25:47d'un Iran
25:50potentiellement nucléaire
25:51qui annonce
25:51depuis 47 ans
25:52mort à l'Amérique,
25:54mort à Israël.
25:55C'est un pays minuscule.
25:56Ils prennent cette menace
25:57extrêmement au sérieux.
25:59En avril dernier,
26:00ils ont reçu
26:01un nombre de missiles
26:02balistiques considérable.
26:04Et aujourd'hui,
26:05dans un Moyen-Orient
26:06qui n'est plus celui
26:07d'il y a quelques années,
26:09où après le 7 octobre,
26:11tout s'est recomposé.
26:13Il y a beaucoup de choses
26:14qui ne sont pas réglées,
26:14bien loin de là,
26:15notamment le sort de Gaza.
26:16Mais c'est vrai
26:17que le fameux cercle de feu
26:20déployé par les Iraniens
26:21avec tous les proxys,
26:24les proxys,
26:25c'est les...
26:27Les outils,
26:28les outils,
26:29etc.
26:30n'est plus vraiment
26:33aussi en forme
26:33qu'il y a deux ans.
26:36Et donc,
26:36pour les Israéliens,
26:37aujourd'hui,
26:38et dans les semaines
26:39qui viennent,
26:39c'est la dernière bataille.
26:41Et ils sont prêts
26:42à endurer ce qu'il faut
26:43endurer
26:43pour qu'il n'y ait plus
26:45le régime des Mollahs.
26:46C'est tout.
26:46Ils ne veulent pas
26:47de régime des Mollahs.
26:48Ils veulent un régime
26:49iranien
26:50que souhaitent
26:51beaucoup d'Iraniens
26:52avec lesquels
26:52on puisse faire
26:53des traités raisonnables
26:55concernant notamment
26:55le nucléaire,
26:56le balistique,
26:57etc.
26:58Et que cesse la menace
26:59sur l'existence d'Israël.
27:00Mais alors,
27:01justement,
27:01puisque, Nicole Bacharan,
27:02vous évoquiez
27:03l'enjeu pour l'Iran,
27:05qui est quand même,
27:05les Iraniens sont
27:06les premiers concernés.
27:08Il y a eu des manifestations
27:09extrêmement durement réprimées
27:11au début de l'année.
27:13On a parlé de 40 000 morts
27:14en deux, trois jours.
27:15Est-ce qu'ils peuvent espérer
27:17que ce régime
27:19va tomber ?
27:20Est-ce qu'ils ne le veulent
27:20certainement pas ?
27:21Est-ce qu'on peut s'attendre,
27:22Antoine Bazbous,
27:23aussi à une guerre civile
27:24en Iran,
27:25une fois que les bombes
27:26auront cessé ?
27:27D'abord,
27:28nous assistons
27:29à un bouleversement
27:31géopolitique majeur
27:32qui va rythmer
27:34l'avenir de cette région,
27:36voire du monde,
27:37pendant 50 ans.
27:38Si aujourd'hui,
27:39les puissances
27:40qui sont en guerre
27:42négocient avec ce régime,
27:43ils vont le consolider
27:45pendant un demi-siècle.
27:47Aujourd'hui,
27:47tout ce qui doit être fait,
27:49c'est démolir ce régime
27:51qui opprime son peuple,
27:52qui le réprime.
27:53Et nous avons vu,
27:54en janvier dernier,
27:56en deux jours,
27:57ils ont tué
27:58plus de 30 000 personnes.
27:59Donc,
28:00le peuple n'est pas
28:01représenté
28:01par la Mollarchie,
28:03par les Pasdaran,
28:04par les Basij.
28:05Le peuple n'en peut plus.
28:06Et donc,
28:07de ce fait,
28:07il faut tout faire
28:09pour en finir
28:10avec ce régime
28:11et ouvrir la voie
28:13au retour
28:15de l'Iran
28:16sur la map monde,
28:17de le réconcilier
28:19avec ses voisins
28:20et surtout,
28:21de lever les sanctions.
28:22Parce que ce qui tue,
28:23ce qui étrangle ce régime,
28:24c'est ce qu'il a commis
28:26dès 79,
28:28quand il est arrivé au pouvoir.
28:31Rappelez-vous
28:31les 444 jours
28:33d'otages américains,
28:36diplomates américains
28:37pris à l'ambassade.
28:37Rappelez-vous
28:38les échecs
28:39des Américains
28:39pour les sortir de là.
28:41Sous Carter,
28:42les avions sont crachés
28:43dans le désert.
28:44Rappelez-vous
28:45le terrorisme
28:46qu'ont subi
28:48tous ses voisins.
28:50La France,
28:50les Etats-Unis,
28:51le Drakkar,
28:52c'est qui ?
28:52Le Hezbollah,
28:53c'est qui ?
28:54Les 241 Marines
28:56à l'aéroport de Beyrouth
28:57tués en 1983,
28:58c'était qui ?
28:59Bref,
29:00c'est un régime
29:01qui a fait son temps,
29:0247 ans,
29:03qui a appauvri
29:04son peuple,
29:05qui a terrorisé
29:06les voisins.
29:07Il va falloir
29:08le remettre
29:09sur la scène internationale.
29:11Et comment ?
29:11Faudra aller sur place ?
29:12Faudra que les Américains...
29:13Apparemment,
29:14aujourd'hui,
29:15Donald Trump
29:15n'exclut plus
29:16que des soldats
29:18débarquent là-bas.
29:18Il va y avoir
29:19un jour
29:21Boris Yeltsin
29:22qui sortira
29:22des rangs
29:23de la monarchie iranienne
29:25qui dit
29:26moi,
29:26je ne suis plus
29:27passe-d'arrange,
29:28je ne suis pas molla,
29:29eh bien,
29:29je retourne l'appareil.
29:31Une transition douce ?
29:32Pardon ?
29:32Une transition
29:33quasiment douce ?
29:34Pas forcément douce
29:35parce qu'il y a déjà
29:36beaucoup de sang.
29:36mais quelqu'un
29:38qui va dire
29:39je suis compatible
29:40avec les valeurs
29:41du monde
29:42et je retourne l'appareil.
29:43C'est quelqu'un issu
29:43des mollas malgré tout
29:44de ce régime ?
29:45Le président actuel
29:46qui est à la tête
29:47du triomphe viral,
29:48le président Pézachian,
29:49lui n'est pas passe-d'arrange,
29:51n'est pas molla.
29:52Il n'a pas de sang
29:52sur les mains.
29:53Il peut jouer
29:54ce rôle-là,
29:55être présenté
29:56par la mollarchie
29:57et par les passes-d'arrange
29:58pour les sauver
29:59en quelque sorte.
30:00Et lui,
30:00il peut négocier
30:01la levée des sanctions.
30:02C'est extrêmement important
30:03pour que le peuple iranien
30:05le suive.
30:06Et en même temps,
30:07dire
30:07je veux rentrer
30:08dans l'ordre international
30:09et je ne veux plus
30:10à j'abandonne
30:11le terrorisme,
30:12les missiles,
30:13le nucléaire.
30:14Vous vous rendez compte
30:16combien de dizaines
30:17de milliards de dollars
30:18ont été dépensés
30:19sur le nucléaire ?
30:20Qu'est devenu
30:21le programme nucléaire ?
30:22Oui,
30:22ça pour le coup,
30:23ce qu'on disait,
30:24apparemment les installations
30:25sont toujours là.
30:25Est-ce qu'il était vraiment
30:26en passe d'être efficace ?
30:28Le programme nucléaire
30:29a apporté la destruction,
30:31a apporté la crise,
30:32les malheurs,
30:33les sanctions.
30:35Colonel Perdejong,
30:36ce que décrivait
30:36Antoine Bassebousse,
30:37est-ce que ce n'est pas
30:38le meilleur scénario possible ?
30:40C'est-à-dire
30:40quelqu'un issu
30:41de ce régime
30:42qui serait plus modéré
30:42et qui négocierait
30:44une transition ?
30:44Est-ce que c'est à ça
30:45qu'il faut s'attendre ?
30:46J'évoquais la possibilité
30:48d'une guerre civile.
30:49Il y a aussi cette possibilité.
30:50Ils ont toujours les armes.
30:51C'est vraiment le problème
30:52des Américains.
30:53C'est qu'en fait,
30:53ils ont été vraiment
30:54dans la partie visible
30:56de l'opération,
30:57c'est-à-dire le nucléaire,
30:58le balistique,
30:59et puis empêcher
31:00les proxys d'agir.
31:01La partie numéro 4,
31:02c'est quand même
31:02qu'est-ce qui va se passer ensuite ?
31:05Et malheureusement,
31:06j'ai le sentiment
31:07qu'ils n'ont pas
31:08grand-chose dans le magasin.
31:09Donc en fait,
31:10on voit que Trump régulièrement,
31:11il fait une annonce
31:13comme ça, officielle,
31:13en expliquant au peuple iranien
31:15de se bouger un petit peu
31:16et de trouver un nouveau dirigeant.
31:19C'est presque impossible.
31:20C'est un pays
31:21qui est sous la botte
31:22depuis 47 ans
31:23et qui peut réagir
31:25avec sa jeunesse
31:26telle qu'il a fait
31:26au mois de janvier,
31:27mais qui n'est pas structurée
31:28pour prendre le pouvoir.
31:29Ça, c'est un point
31:30qui est très important.
31:31Donc bilan,
31:31qu'est-ce qui peut se passer ?
31:32Il y a deux solutions possibles.
31:34Malheureusement,
31:34elles ne sont pas joyeuses
31:35ni l'une ni l'autre.
31:36Alors il y en a une,
31:37effectivement,
31:37c'est la solution Gorbatchev
31:38ou Yeltsin
31:39que vous évoquiez,
31:39qui est un peu le miracle.
31:41Le gars,
31:42il a des petites ailes blanches,
31:43il tombe.
31:45La vice-présidente vénézuélienne
31:46qui a fait la transition.
31:48Enfin, tout ça
31:48est un petit peu organisé,
31:49j'ai l'impression.
31:49Après, c'est la guerre civile.
31:50Le problème,
31:51c'est que les Pazarans,
31:52c'est un système
31:53extrêmement structuré,
31:55extrêmement militarisé,
31:56je dirais totalement idéologisé.
31:58Et les gars,
31:59ils n'ont plus rien à perdre.
32:00Ils ont massacré
32:0140 000 personnes
32:02au mois de janvier.
32:02Ils savent très bien
32:03que le jour où ça va arriver,
32:04ils vont tous partir en prison.
32:06Donc en fait,
32:06le problème,
32:06il est là aussi.
32:08Nicole, pardon,
32:09Nicole Bacharant,
32:10Donald Trump,
32:11ce n'est pas ça
32:11qu'il avait promis,
32:12non, d'intervenir
32:12dans tous les pays,
32:14de mener la guerre.
32:14Non, ça ne semble pas vraiment...
32:15Ça peut lui coûter cher,
32:16lui aussi,
32:17toute cette histoire.
32:17Ça peut lui coûter cher,
32:18sauf s'il peut se targuer
32:20d'un vrai succès.
32:21C'est vrai que la vision
32:22de Donald Trump
32:23entre l'élection
32:24où il disait
32:24je ne me mêle plus du tout
32:25les affaires extérieures
32:27à j'y vais,
32:30je frappe très fort,
32:31je repars,
32:32comme au Venezuela,
32:33on sent que ça le a bien plu.
32:35Le Moyen-Orient,
32:36visiblement,
32:37il aimerait beaucoup
32:38être le président
32:39qui résout
32:39ce que personne
32:40n'a réussi
32:41à résoudre avant lui.
32:44Selon le temps
32:44que ça prendra,
32:45selon la tournure
32:46que ça prendra,
32:47c'est vrai qu'il prend
32:48un gros risque.
32:49On parle aussi
32:50de Reza Pallavi,
32:51le fils du chat.
32:53Alors lui,
32:53il a tous les défauts
32:54de l'exilé,
32:55il ne connaît plus bien
32:56l'Iran d'aujourd'hui,
32:57mais il y a des gens
32:58qui travaillent avec lui.
32:59Il les soutient
32:59par les Américains
33:00et par Israël.
33:01Voilà,
33:01des constitutionnalistes
33:02et dit qu'il souhaiterait
33:04être aidé
33:05à une transition démocratique,
33:07et ensuite,
33:07il se retire.
33:08Merci beaucoup
33:09à vous d'être venus
33:10dans RTL,
33:11on refait le monde surtout
33:12et dans RTL,
33:13enfin bon bref,
33:14sur RTL
33:15pour débattre
33:15de ce sujet
33:17qui va sans doute
33:18nous réunir
33:19une nouvelle fois.
33:20Demain,
33:20Thomas Soto recevra
33:21Bruno Retailleau,
33:22président du Parti
33:23Les Républicains
33:24et candidat
33:24à la présidentielle
33:25de 2027.
33:26Il est l'heure
33:26de retrouver
33:27André Dusselier.
33:28Bonsoir André,
33:29quelle histoire
33:29allez-vous nous raconter ?
33:30Bonsoir Anne-Sophie.
33:32Ce soir,
33:33je vais vous raconter
33:34l'incroyable destin
33:35de Françoise Giroux,
33:36femme libre
33:37et audacieuse
33:38qui a bousculé son époque.
33:40À tout de suite
33:40sur RTL.
33:42À tout de suite André,
33:43on retrouve dans un instant.
33:44RTL, votre radio.
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