00:00En France, à peu près 50 000, je pense.
00:04Mais quand vous voyez les manifestations qui ont lieu tous les week-ends dans le monde entier,
00:09vous voyez, chaque semaine, il y a à peu près 550 000 à Toronto,
00:14500 000 à Melbourne, 500 000 à Los Angeles.
00:18Tous les Iraniens du monde de la diaspora sont mobilisés.
00:22Vous savez, ce que je disais hier, c'est que vous n'entendez jamais parler des Iraniens.
00:25Vous entendez parler du régime iranien à la télé, mais jamais des Iraniens.
00:28Pourquoi ? Parce qu'ils sont complètement intégrés dans les sociétés, etc.
00:32Et là, tout d'un coup, le monde découvre l'ampleur de la diaspora iranienne.
00:35Et c'est cette même diaspora qui n'abandonnera pas jusqu'à la victoire,
00:39car il y a eu trop de sang, trop de morts.
00:42Et simplement, je voudrais dire une chose, une chose est importante.
00:45Souvent, on demande, mais qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:47Qu'est-ce que la France pourrait faire ?
00:48D'abord, déployer les Eutelsat, comme Starlink, les Américains l'ont fait,
00:53et reconnaître enfin un leader d'opposition.
00:57Vous savez, je lisais le bandeau sous Reza Palavi tout à l'heure,
01:00il y avait écrit « Fils du chat d'Iran ».
01:02Non, c'est le leader qui, majoritairement, est appelé par les Iraniens.
01:06Il est temps de le reconnaître comme tel et commencer à discuter avec eux.
01:09Alors, votre histoire personnelle, pourquoi vous êtes là ?
01:11Parce que mes parents ont décidé de nous épargner le régime islamique.
01:16Nous étions trois filles, nous sommes trois filles,
01:18et donc trois filles grandissant dans un régime islamique.
01:21La discussion a eu lieu entre ma mère et mon père.
01:24Et en quelle année ?
01:26Ma mère a dit « Je ne veux pas que mes filles grandissent dans un régime islamique ».
01:29En quelle année ?
01:30En 1983, nous sommes arrivés en France en 1983.
01:34Vous étiez très jeune, donc vous n'êtes pas retournée en Iran depuis 1983.
01:37J'y suis retournée, je suis retournée pour faire un documentaire.
01:40Oui, qu'on avait passé, effectivement.
01:42Pour Arte.
01:44Écoutez, je ne peux pas vous dire ce qu'on ressent aujourd'hui,
01:48c'est-à-dire que ça fait 47 ans qu'on se transmet la souffrance
01:51de génération en génération.
01:54Nous, notre génération et la génération même de nos enfants
01:57écoutent encore les chanteurs pop de ce qu'écoutaient nos parents.
02:02Pourquoi ?
02:02Parce que cette musique correspond à la période où tout allait bien.
02:06Vous voyez ?
02:07Et cette même musique, d'ailleurs, a été interdite en Iran.
02:10On n'avait même pas le droit d'écouter une cassette dans une voiture.
02:13Vos parents sont toujours de ce monde ?
02:15Ils sont toujours de ce monde.
02:17Ils ne sont pas en Iran.
02:18Mais évidemment, j'ai de la famille, j'ai des amis.
02:20Mais ils sont en France.
02:21Ma mère est en France, mon père est à Chicago.
02:23Bon.
02:24Si demain, par exemple, l'Iran retrouve une démocratie,
02:27vous pensez que votre mère ira vivre ?
02:30Je vous le signe.
02:31Elle retournera vivre.
02:32Je pense que moi-même, je vais essayer d'être entre les deux,
02:35parce que je suis quand même franco-iranienne et extrêmement attachée à la France.
02:38Mais c'est certain que je trouverai un travail qui me permettra d'être entre les deux.
02:42Ah oui, mais vos enfants, peut-être, ou votre famille ?
02:45Mais mes viols, peut-être, parce que je n'ai pas d'enfants.
02:48Et vous pensez qu'ils auront envie de revenir ?
02:51Oui.
02:51Et toute la diaspora iranienne aura envie de…
02:53Oui, mais vraiment, je peux vous dire qu'il y a au moins…
02:55Vous savez, quand on dit que 70% des Iraniens ont 32 ans de moyenne d'âge en Iran,
03:03vous imaginez que depuis 1979,
03:05que ça veut dire qu'il y a autant d'Iraniens qui sont sortis,
03:08qui ont quitté le pays.
03:09Et ces Iraniens ne rêvent que de rentrer.
03:11Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires