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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote
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00:00Face à Boc-Côté, édition spéciale ce soir, vous le savez les Etats-Unis ont tranché, c'est par la
00:06force qu'ils vont renverser le régime des MOLA.
00:09Mathieu Boc-Côté, bonsoir.
00:10Bonsoir.
00:11Arthur Dematrigan, fidèle au poste, bonsoir.
00:13Bonsoir, Olivier.
00:14Et Gérald Olivier, journaliste spécialiste des Etats-Unis, vous accompagne, Mathieu, ce soir.
00:19Vous nous direz dans un instant pourquoi vous avez choisi ce spécialiste, les spécialistes, on le sait, qui enchaînent les
00:24plateaux et les décryptages aujourd'hui.
00:26Mais avant, mon cher Mathieu, l'Amérique frappe donc, nous nous dirigeons vers un changement de régime.
00:32Donald Trump n'avait donc pas rassemblé son immense armada pour rien.
00:36Ce matin, les Etats-Unis ont attaqué l'Iran de manière préventive, évidemment.
00:41Que comprendre, Mathieu, de ce nouvel embrasement qui pousse certains d'ailleurs à s'inquiéter d'un embrasement régional généralisé
00:48?
00:48Régional et peut-être même plus vaste, on l'a entendu aujourd'hui.
00:52Donc le point de départ, effectivement, on sentait venir cette opération.
00:56On se disait qu'on ne rassemble pas autant de troupes d'armement, d'équipement pour rien,
01:01bien que demeurait un point d'interrogation.
01:04Ne l'oublions pas, certains disaient qu'en fait, c'est un instrument diplomatique utilisé par les Américains pour faire
01:09pression.
01:10Manifestement, l'ampleur des moyens déployés correspondait à une stratégie clairement marquée.
01:17Et c'est la première chose sur laquelle on doit revenir, c'est le discours de Donald Trump.
01:20C'est un discours ce matin, vous l'avez peut-être vu, donc huit minutes avec une casquette américaine.
01:26Donc c'est une esthétique très trompienne.
01:29Et donc c'est un discours maximaliste.
01:32Il ne se contente pas de dire nous lançons des frappes pour déstabiliser, par exemple, pour anéantir la capacité nucléaire
01:38du régime.
01:39Il envisage, en fait, il l'explicite clairement, il dit, nous intervenons parce que ce régime est fondamentalement toxique.
01:46C'est une forme de tumeur au cœur du système international.
01:50Son système d'armement, ses missiles, sa capacité nucléaire menace à terme nos alliés jusqu'en Europe.
01:56Et Israël, bien évidemment.
01:58Donc nous sommes devant, Trump qui dit, nous sommes devant un régime révolutionnaire,
02:02fondamentalement déstabilisateur pour l'ensemble de l'ordre international.
02:05Et c'est notre devoir de l'empêcher de nous nuire.
02:08Nous avons cherché à négocier avec lui.
02:10Il n'a pas voulu.
02:11Nous allons donc frapper vraiment.
02:13Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il l'a fait.
02:14Deuxième élément, il y a un appel au soulèvement des Iraniens.
02:18Et il utilise deux mots qui étaient bannis de la doctrine trumpienne depuis des années déjà.
02:24C'est « régime change ».
02:26Tout le trumpisme en matière internationale, et on en parlera avec Gérald Olivier dans quelques instants,
02:31tout le trumpisme en matière internationale était fondé sur une répudiation et une condamnation de ce qu'on appelait le
02:36néoconservatisme.
02:38Doctrine dominante, non seulement du Parti républicain, mais de la classe politique américaine.
02:42Des années 90 à 2010, cette idée d'une politique étrangère où il est légitime d'utiliser l'armée pour
02:50faire tomber des régimes hostiles,
02:51les démocratiser par la force, les démocratiser de l'extérieur, et faire pousser une démocratie là où on aura fait
02:57tomber le tyran.
02:58On a essayé ça, on le sait, en 2003 en Irak, avec un succès approximatif.
03:03On a cherché à le faire aussi en Afghanistan, en Libye, et chaque fois ça a échoué.
03:07Et il y avait dans le trumpisme cette idée qu'il ne fallait plus de « régime change ».
03:11On pouvait utiliser les forces militaires, mais il ne fallait plus croire qu'on pouvait changer un régime.
03:16Trump, manifestement, même si les modalités diffèrent des néoconservateurs, a changé de doctrine.
03:21Il est nécessaire de faire tomber le régime, et, alors là, la différence avec les néoconservateurs est là,
03:26pour l'instant, il n'engage pas de troupes au sol, donc ça c'est important.
03:30Donc il dit, on va bombarder le régime, on va le faire tomber, on va le fragiliser à tout le
03:34moins,
03:34pour permettre un soulèvement du peuple iranien, qui pourra ainsi reprendre en main son destin.
03:39Mais on comprend pourquoi les Américains ne veulent pas engager de troupes au sol ici.
03:43Parce qu'il y a un traumatisme véritable.
03:45On pourrait dire le traumatisme des interventions extérieures aux États-Unis, ça remonte au Vietnam.
03:49Le Vietnam, assurément.
03:51Ensuite, ça s'est multiplié, en Irak aussi.
03:55Donc là, l'originalité, les temps présents, c'est qu'on se dit que l'Iran n'est pas l
03:59'Irak.
03:59L'Iran, c'est un pays plus structuré, avec une autre civilisation, une autre cohérence,
04:03même si il y a une grande diversité interne, soit dit en passant.
04:06Donc c'est un pays, on pourrait dire que la civilisation iranienne est antérieure
04:10et a survécu à sa confiscation par l'ISAM, et plus encore par l'ISAM radical.
04:14Donc moi, j'entends, en fait, j'aime dire que ça fait 20 ans que je m'intéresse à ces
04:18questions-là,
04:19puisque ça fait 25 ans, ça fait 25 ans qu'on m'explique que le régime iranien va tomber dans
04:22deux semaines.
04:23Bon, mais là, c'est peut-être vrai, et le fait est que peut-être, et c'est un immense
04:28peut-être,
04:28que ce pays est un pays mieux disposé que d'autres pour une éventuelle opération de changement de régime.
04:35Mais qu'est-ce que ça veut dire, un changement de régime?
04:36Imaginons que Trump décide d'aller jusqu'au bout de son idée.
04:39Ça implique de décapiter, d'abord et avant tout, le régime iranien.
04:42C'est l'opération notamment menée par Israël aujourd'hui.
04:45Il faut liquider la classe dirigeante du pays, liquider les gardiens de la révolution,
04:49liquider dans la mesure du possible l'Ayatana Kavanaï.
04:52On verra si on dit aujourd'hui qu'il est mort, qu'il ne l'est pas,
04:55on ne sait pas exactement qu'il croit, mais on verra bien.
04:57Donc, il faut décapiter le régime, il faut permettre un soulèvement populaire,
05:01l'accompagner, le soutenir, tout en se demandant est-ce qu'il va fonctionner.
05:05Et il faut, quand on décapite un régime, il faut avoir une classe de remplacement.
05:08Il y a deux éléments dans une classe de remplacement.
05:10Est-ce qu'on a un chef de remplacement?
05:12C'est la figure du fils du chat qui s'impose aujourd'hui.
05:15Donc, une légitimité inscrite dans l'histoire du pays,
05:18une légitimité impériale, non pas démocratique,
05:20mais qui se réclame d'un moins de la démocratie.
05:22Et aussi, il faut avoir une élite disponible.
05:26Et là, le problème, c'est de l'élite iranienne, pour ce qu'on en sait,
05:28c'est que c'est une élite diasporique, une élite coupée du pays depuis longtemps,
05:32qui, devant la frappe américaine d'Israël, dit que ce sont les libérateurs qui arrivent.
05:37Il n'est pas certain, toutefois, que la population locale vive cela comme une libération.
05:40Je ne le dis pas en l'applaudissant, mais en constatant que les populations
05:43qui se font bombarder, quelquefois, se solidarisent de leur gouvernement
05:46davantage qu'elles ne se révoltent contre elles.
05:48Gardons ça à l'esprit.
05:50On a effectivement une crainte à cette heure, malgré tout, Mathieu.
05:53C'est une forme de généralisation de ce conflit.
05:56On en parle depuis ce matin.
05:58Qu'est-ce que vous en pensez?
05:59Il y a des intérêts. La Chine, la Russie, sont plutôt alignées à différents degrés,
06:05sont plutôt alignées sur le régime iranien.
06:06C'est-à-dire, ne sont pas hostiles à l'Iran, bien que ce ne soient pas des alliés absolus.
06:10On sait, par ailleurs, que depuis quelques années, être allié avec la Russie
06:13n'est pas le meilleur gage d'être protégé par elle si on a des soucis.
06:17L'exemple par la Syrie.
06:19Donc, l'Iran est peut-être isolé, mais peut-être pas tant que ça non plus.
06:22Et la question, c'est que dès lors qu'on ouvre un conflit de cette envergure,
06:26quoi qu'on en dise, il y a une part d'instabilité absolue.
06:29Et tout ce qu'on peut vouloir garder comme une opération ciblée, régionale,
06:34qui ne dépasse pas les frontières du pays,
06:36dès lors que les Russes, dès lors que les Chinois se sentent menacés dans leurs intérêts vitaux,
06:41ils peuvent être amenés à réagir.
06:42On peut se retrouver dans un scénario.
06:43En fait, moi, j'appelle ça, c'est le paradigme de 1914.
06:45On croit avoir un scénario dans un coin du monde,
06:49que ça ne sortira pas de ce coin du monde,
06:51mais ça déclenche, en fait, des réactions en chaîne,
06:54et à terme, il y a un embrasement régional.
06:57Et c'est ce que plusieurs craignent.
06:58Imaginez si le régime tombe.
06:59Ça ne veut pas dire qu'immédiatement, une démocratie nouvelle s'installe à Téhéran.
07:03Il est possible...
07:04L'Iran est un pays qui est par ailleurs fracturé, par ailleurs fractionné.
07:06Il n'est pas impossible qu'il connaisse ensuite une situation de guerre civile durable,
07:10de partition ethnique, de partition territoriale.
07:13Il n'est pas interdit de penser, par ailleurs,
07:15qu'il puisse y avoir un choc tôt ou tard entre les intérêts américains,
07:17les intérêts russes, les intérêts chinois.
07:19Donc, dans les périodes de grande instabilité,
07:21il est très difficile de dire que ce conflit ne dépassera pas
07:25les bornes dans lesquelles on veut l'enserrer.
07:27Et lorsque des empires finissent par se frotter, d'une certaine manière,
07:30se frotter politiquement, se frotter militairement par territoire interposé,
07:35il n'est pas interdit d'y voir tôt ou tard ce qu'on a appelé autrefois la guerre de
07:38Corée.
07:40Donc, je ne dis pas que ça va arriver.
07:41Mais je dis que tout le discours qui cherche à nous rassurer aujourd'hui en nous disant
07:45« rien ne va se passer », nous ne faisons qu'applaudir sans même semer la possibilité d'un point
07:49d'interrogation.
07:50Ce discours me semble relativement irresponsable.
07:53Ça ne veut pas dire que ça n'arrivera pas.
07:54C'est-à-dire que faire penser à la possibilité du pire dans les circonstances,
07:58on appelle ça de la prudence.
07:59On a entendu il y a un instant Mathieu Bocoté, le chef de l'État français, Emmanuel Macron.
08:03Alors, peut-être que nous y reviendrons, mais l'Europe, l'Europe en général,
08:06dans toute cette séquence, est-ce qu'elle peut peser finalement ?
08:08Alors, l'Europe comme entité désincarnée, supranationale, technocratique,
08:12est moins pertinente que jamais.
08:14Ça, c'est le moins qu'on puisse dire.
08:16Elle peut se sermonner, elle peut envoyer des signaux.
08:17Mme von der Weyen peut dire « je ne suis pas contente, je suis contente, pourrait-on, ne pourrait-on
08:22? »
08:22Ça ne fonctionne pas.
08:22L'Europe n'est un empire efficace que pour mater ses nations intérieures,
08:26c'est un empire fort à l'intérieur et faible à l'extérieur.
08:29Cela dit, pour la France, ce qu'a dit Emmanuel Macron,
08:32puis je sais qu'on peut le critiquer très souvent,
08:34mais ce n'est pas complètement essentiel ce qu'il a dit,
08:35quand il rappelle l'importance de la diplomatie,
08:37quand il rappelle l'importance des mises en garde
08:40devant justement la possibilité d'un choc plus large,
08:43d'une déflagration régionale.
08:45La question qu'on peut se poser aussi,
08:47c'est dans quelle mesure cette...
08:49et je me permets de ramener ça un instant en France,
08:51dans quelle mesure un conflit comme celui-là
08:52va avoir des effets sur la politique intérieure française ?
08:55Prenez le positionnement des uns des autres.
08:57Prenez le positionnement d'Elifi aujourd'hui.
08:59Elifi dans la politique intérieure française.
09:02Il condamne cette opération, condamne,
09:05mais il ne sait pas comment le faire.
09:06Vous voyez Mélenchon qui dit « oui, il faut dénucléariser la région ».
09:10Oui, les Iraniens sont victimes d'un régime d'oppression tyrannique,
09:13ce qui est factuel, mais non, il ne faut pas intervenir.
09:15Mais donc, ils ne savent pas exactement comment se positionner.
09:18Probablement parce que ça correspond à des tiraillements internes chez Elifi.
09:22D'autant que l'anti-américanisme,
09:24l'anti-américanisme névrotique structure en bonne partie ce parti,
09:28cette force politique,
09:29que Jean-Luc Mélenchon lui-même quelquefois cultive un style trumpien,
09:33mais dans un anti-américanisme névrotique,
09:36tiré d'une forme de paléo-anticolonialisme déphasé
09:39qui consiste à embrasser tous les régimes proscrits
09:41parce qu'apparemment il serait contre le grand méchant d'Occident.
09:44Est-ce qu'Elifi sera affecté par cela ?
09:46Pour les autres formations politiques,
09:49la question que plusieurs se posent finalement,
09:50c'est est-ce que la France pèse encore dans le jeu international ?
09:53Est-ce qu'elle peut minimalement peser dans le monde qui vient ?
09:55Ou est-ce qu'elle n'est pas aujourd'hui,
09:56comme le disait Emmanuel Macron d'assez triste manière,
09:58j'ai appris ce matin, sans qu'on me consulte,
10:00cette opération militaire,
10:02avait-il besoin de confesser dans les circonstances son impuissance ?
10:06Plusieurs se le sont peut-être demandés.
10:07Et nous allons y revenir bien évidemment
10:09puisque beaucoup de téléspectateurs s'interrogent effectivement
10:12sur la posture d'Emmanuel Macron ce soir.
10:14Arthur Devatrigan, peut-être un mot très intéressant
10:16lorsque Mathieu Bock-Côté soulève que Donald Trump
10:20utilise l'armée pour la première fois
10:21pour faire tomber le régime iranien.
10:23Ce n'était absolument pas dans sa doctrine auparavant.
10:27Peut-être un tournant.
10:28Qui vous interpelle ce soir ?
10:29Oui, il faut reconnaître quand même que les Américains
10:31ont le sens du timing et l'esprit un peu taquin
10:33parce qu'ils ont lancé leur attaque aujourd'hui,
10:35le 28 février 2026,
10:37soit 35 ans jour pour jour
10:39après la fin de l'opération Tempête du Désert
10:42contre Saddam Hussein, je le rappelle, au Koweït.
10:44Donc l'opération qui avait débuté le 17 janvier
10:47après que Saddam Hussein ait envahi le Koweït.
10:49Pluie de bombes et puis ensuite opération terrestre,
10:51opération terrestre qui a duré une centaine d'heures,
10:5425 000 pertes côté Saddam Hussein.
10:58Et le 28, donc trois jours après,
11:00l'Amérique de Bush avait annoncé une victoire militaire
11:03mais n'avait pas marché sur Bagdad
11:05parce que la stratégie était en effet
11:06le fondement du régime de l'intérieur.
11:08On connaît la suite, Saddam Hussein est resté 12 ans de plus
11:11et d'autant plus de massacres.
11:12Alors on sait depuis un certain temps,
11:14l'histoire nous a quand même enseigné
11:15que l'Amérique tutoie les sommets pour lancer des guerres
11:17mais pour les clôturer, c'est toujours un peu plus compliqué
11:19et c'était peut-être aussi l'une des raisons
11:21de cette promesse de Donald Trump
11:23d'arrêter de faire le gendarme du monde
11:25et notamment de renverser des régimes.
11:27Alors là, l'objectif, Donald Trump l'a encore répété hier,
11:30c'est d'empêcher que les Molas aient une arme nucléaire.
11:32Pour connaître que c'est une ambition assez louable
11:34et qu'à titre personnel, qu'un islamiste
11:36sont urbanés n'est pas une arme nucléaire,
11:37moi ça me rassure.
11:38Puis faire disparaître un régime si sanguinaire,
11:41ça va faire pleurer personne
11:42à part peut-être Rima Hassan, mais qu'importe.
11:45Mais côté Molas, l'arme nucléaire
11:47n'est pas quelque chose de négociable.
11:48Je veux dire, ça fait plus de 40 ans qu'ils l'annoncent,
11:50c'est leur raison d'être depuis des décennies,
11:51c'est pourquoi ils se battent,
11:52c'est pourquoi ils disent qu'ils n'abandonnent jamais le programme
11:54et quand ils se prennent des bombes
11:57comme en juin ou comme d'autres arrêts
11:58dans des années précédentes,
12:00mais ils remettent quand même la machine en route
12:01parce que c'est la garantie de leur survie
12:04pendant plusieurs années,
12:06voire peut-être même plusieurs siècles.
12:08Donc ils n'abandonnent jamais,
12:10ils vont mentir, ils vont le voyer
12:11comme ils l'ont déjà fait,
12:12mais ils ne vont pas l'abandonner.
12:13Donc le seul moyen qui ne l'est plus,
12:14c'est de renverser le régime
12:15et de faire disparaître les Molas.
12:17Et donc j'en reviens à ce lien
12:19avec Saddam Hussein et le Koweït.
12:21Est-ce que la situation est comparable
12:23avec l'Iran aujourd'hui ?
12:24Alors beaucoup dégarnants,
12:26mais à certains points, oui.
12:28Et j'ai lu une analyse assez intéressante
12:29de l'excellente revue géopolitique conflit,
12:32justement, qui est une comparaison
12:34assez intéressante sur ce sujet.
12:35Voici ce qu'a expliqué l'article,
12:37c'est le principe que ce n'est pas
12:38le changement de régime,
12:39c'est le changement de régime
12:40sans engagement,
12:41ce qui pourrait s'adapter
12:42à la doctrine trumpiste.
12:44Donc le principe, c'est que le régime
12:45s'effondre dans l'intérieur
12:46sans assumer derrière l'après.
12:49Et c'est a priori ce que souhaite faire
12:51Trump en Iran,
12:51étant donné qu'il a annoncé
12:52vous allez prendre le contrôle du gouvernement
12:54une fois que nous aurons envoyé
12:57toutes les bombes,
12:57c'est le moment de prendre le contrôle
12:58de votre destin, a-t-il dit ?
13:00Alors cette doctrine repose
13:01sur plusieurs facteurs quand même.
13:02Une défaite militaire évidente,
13:04ce qui s'était passé avec Saddam Hussein.
13:06Là, aujourd'hui, il y a des bombes,
13:07mais je rappelle qu'il y a
13:08entre 400 et 600 000 hommes
13:10dans l'armée iranienne,
13:12c'est quand même pas mal de monde.
13:14Il faut un soulèvement intérieur,
13:15on l'a vu avec les différentes manifestations
13:17qui ont été réprimées dans le sang.
13:18Il faut un discrédit externe.
13:20Il y a une unanimité côté occidental
13:23sur le régime des Mola.
13:25Il faut des éliminations ciblées
13:26depuis le 2018
13:27et même un peu avant, il y en a.
13:28Je rappelle le général Soleimani à Bagdad
13:31qui s'était fait assassiné en 2020,
13:33les multiples sabotages,
13:34les frappes des sites nucléaires
13:35en juin 2025.
13:37Donc on dit que ça s'engage plutôt bien.
13:39Mais entre la stratégie de papier
13:40et la réalité,
13:40il y a toujours des petites différences.
13:42Sur la guerre, la question c'est
13:43est-ce qu'après la pluie de bombes,
13:45il y a des opérations terrestres
13:46envisagées pour Donald Trump ou pas ?
13:47Parce que quand vous avez
13:494 ou 500 000 personnes
13:50qui ont des armes
13:52et que les manifestants,
13:53en tout cas les opposants,
13:54n'en ont pas,
13:54normalement ça peut poser un problème.
13:56Sur le soulèvement intérieur,
13:57oui il y en a un,
13:58mais derrière,
13:59il ne faut pas oublier
13:59comment est composée
14:01la population iranienne.
14:02Une majorité de Perses,
14:04évidemment,
14:04mais vous avez des Azéries,
14:05vous avez des Kurdes,
14:06vous avez des Balouches,
14:07vous avez des Arabes.
14:08Bref, et chacun a aussi
14:09des perspectives
14:10et des ambitions différentes.
14:11Donc l'unité contre les Mola,
14:13peut-être,
14:13mais pour l'après,
14:14c'est moins sûr.
14:15Ensuite,
14:16sur les éliminations ciblées,
14:18le système iranien
14:19a intégré
14:20quand même les décapitations
14:21dans son architecture.
14:23C'est-à-dire que
14:23dès qu'il y en a un qui tombe,
14:24il y en a un autre qui pousse
14:25et le plan C est prêt à revenir
14:26et le plan D aussi.
14:28Et ensuite,
14:28sur l'unanimité
14:29de l'Occident
14:31contre les régimes de Mola,
14:32évidemment,
14:32mais paradoxalement,
14:34ça renforce aussi,
14:35malheureusement,
14:36le narratif des Mola
14:37pour massacrer son peuple
14:39ou pour le remobiliser également.
14:41Et les régimes,
14:41les épisodes précédents,
14:43comme Mathieu nous l'a rappelé,
14:43des renversements de régime
14:45entre l'Irak,
14:46la Syrie,
14:46l'Afghanistan,
14:47la fin est toujours
14:48un peu compliquée.
14:49Donc, en fait,
14:49si vous voulez,
14:49la conclusion de l'article
14:50était intéressante,
14:51c'est qu'il faut trois conditions
14:52pour un renversement de régime
14:54et trois conditions
14:55qui sont cumulatives.
14:56L'élimination totale
14:58ou la division
14:59des forces du régime,
15:00un appareil d'État
15:01de remplacement
15:02pré-identifié
15:04et reconnu
15:05et une garantie
15:07crédible
15:08de soutien extérieur
15:09aux forces insurgentes.
15:10Et pour un instant,
15:11ces trois conditions,
15:12a priori,
15:13ne sont pas réunies.
15:14Face à Bocoté,
15:15édition spéciale,
15:16vous l'aurez compris,
15:17l'Amérique prap
15:18va-t-on vers un changement
15:19de régime ?
15:19Mathieu Bocoté,
15:20alors je le disais,
15:21depuis ce matin,
15:21effectivement,
15:22les experts,
15:22les géopolitologues
15:23se succèdent
15:24sur les plateaux de télévision.
15:25Ce soir,
15:26vous avez souhaité inviter
15:28Gérald Olivier,
15:29spécialiste des États-Unis.
15:30Alors,
15:31pour quelles raisons ?
15:31Pourquoi ce choix ?
15:32Alors,
15:32de tous les experts
15:33en politique américaine
15:34qu'on trouve en France,
15:35plusieurs ont comme spécialité
15:36de conspuer les États-Unis,
15:38quelle que soit
15:38la question posée.
15:40Et rares sont ceux
15:41qui sont capables
15:41de comprendre
15:42la psychologie
15:43des élites américaines,
15:44plus encore de la part
15:45républicaine des élites américaines
15:46et plus encore
15:47de la psychologie trumpienne.
15:48Et c'est le cas
15:49de Gérald Olivier
15:49qui, par ses travaux,
15:50cherche à nous éclairer
15:51sur ce flanc de l'Amérique
15:52qui nous échappe souvent.
15:53Gérald Olivier,
15:53bonsoir.
15:54Bonsoir.
15:55Alors,
15:56plusieurs avaient l'impression
15:57que Trump,
15:58c'est la première question
15:58que je vous poserai,
15:59que Trump était fondamentalement
16:01hostile aux interventions extérieures,
16:03sauf ciblées,
16:04sauf limitées,
16:05sur le modèle finalement
16:06du Venezuela
16:07de manière maximale,
16:08mais qu'il refuserait
16:09par définition
16:10de s'engager
16:11au Proche-Orient
16:12avec une puissance militaire
16:15considérable
16:16dans ce qui pourrait
16:16se transformer en bourbier.
16:18Que s'est-il passé ?
16:19Bon,
16:20clairement,
16:20il y a une évolution.
16:22Maintenant,
16:22ce n'est pas un revirement
16:24et il ne va pas
16:25à l'encontre
16:26de ce qu'il a dit avant.
16:28Maintenant,
16:28ce qu'il faut comprendre
16:29dans cette opération,
16:31c'est qu'en fait,
16:32elle a un double objectif.
16:33Il y a un objectif militaire
16:35qui est sous le contrôle
16:36des Américains.
16:37Il y a un objectif politique
16:38que les Américains
16:39ne contrôlent pas.
16:41L'objectif militaire,
16:42il consiste à oblitérer
16:44le programme nucléaire,
16:45à diminuer la menace
16:47des missiles balistiques,
16:48à faire que l'Iran
16:50ne soit plus en mesure
16:51de mener des opérations
16:52de terrorisme
16:53dans la région
16:54et renonce
16:55à soutenir
16:55un certain nombre
16:56aux proxys,
16:57le Hezbollah au Liban,
16:59le Hamas à Gaza,
17:00les outils au Yémen.
17:02Les outils au Yémen.
17:04L'appareil militaire américain
17:06est parfaitement en mesure
17:07de mettre ça en place.
17:09Maintenant,
17:10ce programme militaire,
17:12il s'accompagne
17:13ou il va ouvrir
17:15sur la possibilité,
17:17et à ce stade,
17:18c'est uniquement
17:19une possibilité,
17:20à un changement de régime.
17:22Mais ce n'est pas
17:23ce que Donald Trump
17:24s'est engagé à faire.
17:25Il a utilisé,
17:26néanmoins,
17:26je me permets de le dire,
17:27il a utilisé
17:27la formule
17:28« regime change »
17:29« changement de régime »,
17:30ce qui était
17:30une formule bannie
17:31dans le trumpisme.
17:33Il a appelé
17:34le peuple iranien
17:35à se soulever
17:37à nouveau
17:37une fois
17:38les bombardements finis.
17:39Il a dit
17:40pour l'instant
17:40« restez chez vous,
17:41les bombes vont tomber,
17:43le monde est dangereux,
17:44mais une fois
17:44nos bombardements
17:45terminés,
17:46là vous pourrez
17:47reprendre
17:47les mouvements
17:48que vous avez menés
17:49tout seul,
17:50sans intervention américaine
17:51au mois de janvier.
17:52Les fameuses manifestations
17:54qui ont débouché
17:55sur ce massacre
17:56absolument sans nom,
17:57dont on a évoqué
17:5930 000 morts,
18:00chiffre qu'il a d'ailleurs
18:00confirmé à deux reprises
18:02dans son discours
18:03de cette nuit
18:03et puis il y a trois jours
18:05dans son discours
18:05sur l'état de l'Union.
18:07Mais il a appelé
18:08le peuple iranien
18:09à prendre son destin
18:10en main
18:11en disant
18:11« nous, nous allons
18:12décapiter le régime,
18:13mais nous n'allons pas
18:14justement en mettre
18:16un autre à sa place. »
18:17C'est là où pour moi
18:18il n'y a pas revirement.
18:19Il y a définitivement,
18:20si vous voulez,
18:20une progression,
18:22une dérive,
18:22je ne dirais pas une dérive,
18:23une forme d'emballement.
18:25En fait,
18:25ce qui se passe,
18:26est-ce que Trump
18:27est presque
18:28une forme d'ivresse
18:30de ses réussites militaires ?
18:31Donc, il y a eu
18:32au Venezuela
18:33un premier moment
18:35en 2025 en Iran.
18:36Est-ce que Trump
18:37se dit finalement
18:37« j'ai pour moi
18:38cet immense équipement,
18:40cet équipement
18:41militaire immense
18:41et je peux en faire usage
18:43même si par ailleurs
18:44de ce que j'avais compris
18:46de sa campagne présidentielle,
18:47ce n'était pas du tout
18:48au programme ? »
18:49Alors, ce n'était pas
18:49forcément au programme.
18:50Non, au contraire.
18:51Parce que là,
18:51vous êtes dans la continuation
18:52d'actions qui ont déjà commencé.
18:54L'attaque contre
18:56l'assassinat de Souleymane,
18:57c'était son premier mandat.
18:59L'opération
19:00« Midnight Hammer »,
19:01c'était il y a un an
19:02ce bombardement
19:03des trois sites
19:03nucléaires iraniens
19:04et on reste dans
19:05le cycle
19:06de la lutte
19:07de l'appareil d'État
19:09et de l'appareil
19:10militaire américain
19:11contre
19:12les velléités militaires
19:13de l'Iran,
19:14nucléaires,
19:15missiles balistiques
19:15et autres.
19:16Par contre,
19:16ce qu'on constate,
19:17et si on veut faire
19:18un lien un petit peu
19:19plus vaste,
19:20qu'est-ce qu'on observe
19:20aujourd'hui ?
19:21On observe que Donald Trump
19:23n'est plus décidé
19:24à tolérer
19:25des régimes hostiles
19:27contre lesquels
19:28ses prédécesseurs
19:29n'ont jamais rien fait,
19:30tout en ne cessant
19:31de critiquer ces régimes.
19:33Vous avez parlé
19:34du Venezuela,
19:34c'est vrai,
19:35mais regardez ce qui s'est passé
19:36au Mexique
19:37la semaine dernière.
19:38Le gouvernement du Mexique
19:39lui-même
19:40a décidé d'agir
19:41contre les cartels.
19:42Vous ne croyez pas
19:42que sans Trump,
19:43il l'aurait fait ?
19:44Ils l'ont fait
19:44parce que Trump
19:45leur a demandé de le faire.
19:47Et il leur a dit
19:48« Si vous n'intervenez pas,
19:49c'est nous qui le ferons. »
19:51Et là,
19:51il agit
19:53contre des forces
19:55terroristes,
19:56hostiles,
19:57qui menacent directement
19:59les Etats-Unis
20:00et qui causent
20:01à travers le trafic
20:01de drogue
20:02un certain nombre,
20:03voire des milliers
20:04de morts
20:04tous les ans
20:04aux Etats-Unis.
20:05Mais il force
20:06le Mexique
20:07à agir.
20:07Aujourd'hui,
20:08on est en train
20:09d'envisager également
20:10la chute du régime
20:11à Cuba.
20:11Non pas une chute
20:12provoquée par des frappes
20:14militaires,
20:14mais par,
20:15je dirais,
20:15la volonté
20:16des gens
20:17qui dirigent
20:18le pays aujourd'hui
20:18de partir par eux-mêmes
20:20pour finalement
20:21que le régime cubain
20:23qui est autoritaire
20:24et totalitaire
20:24depuis bien plus longtemps
20:26encore que le régime
20:27en Iran
20:27finisse également
20:28par tomber.
20:29Mais vous conviendrez
20:30que l'Iran,
20:31c'est d'une autre envergure.
20:32On est ici devant
20:33un État
20:33qui se voit
20:35comme une puissance régionale,
20:36qui a une véritable
20:37capacité militaire,
20:38qui a riposté
20:39dès aujourd'hui,
20:40donc qui a osé
20:40riposter aux Etats-Unis.
20:41Est-ce qu'il n'y a pas
20:43un cap a été franchi,
20:44non seulement
20:44sur le plan qualitatif,
20:46mais quantitatif ?
20:46C'est certainement
20:47le pari militaire
20:49et le pari politique
20:50le plus risqué
20:51de Donald Trump
20:52de ces deux mandats.
20:53Maintenant,
20:54l'impact géostratégique
20:57sera immense.
20:59On va voir
21:00comment les choses évoluent.
21:01Parce que pour moi,
21:02cette opération,
21:03elle a commencé aujourd'hui
21:04et j'ai envie de vous dire
21:05qu'elle n'est pas près
21:05de finir.
21:06C'est une question de jour,
21:08c'est peut-être
21:08une question de semaine.
21:09Vous ne verrez pas,
21:10vous ne verrez pas
21:11des troupes américaines
21:13au sol en Iran
21:14comme vous en avez vu
21:15en Irak,
21:16au Koweït
21:17ou ailleurs
21:17pendant les deux guerres
21:19du Golfe
21:19ou après 2003.
21:20Vous n'en verrez pas
21:21comme on en a vu
21:22en Afghanistan.
21:23Ça,
21:23il n'en est pas question.
21:24Déjà,
21:25aujourd'hui,
21:25Trump a un problème
21:26avec sa base.
21:27Il se fait critiquer
21:28par certains.
21:28Les plus isolationnistes
21:30de ceux-là,
21:31Tucker Carlson
21:32a totalement condamné
21:33cette intervention.
21:34Marjorie Taylor Greene,
21:35ancienne élue au Congrès,
21:37l'a également condamnée.
21:38Elle n'est plus au Congrès,
21:39mais elle garde
21:39une certaine voix.
21:40Vous avez une base
21:42pour qui Donald Trump
21:43va trop loin.
21:44Et en même temps,
21:45ce qu'on constate,
21:46c'est qu'à l'évidence
21:47au sein de l'administration,
21:48le courant néo-conservateur
21:50a repris un petit peu
21:51du poil de la bête,
21:52mais pas du tout
21:53de la même façon
21:55où il contrôlait le débat
21:56il y a encore
21:57une vingtaine d'années.
21:58C'est-à-dire que
21:58derrière le mot
22:00régime change,
22:01il y a en anglais
22:01une deuxième expression
22:03qui est
22:04nation building.
22:05On va reconstruire
22:06les pays.
22:07d'abord,
22:07on change le régime
22:08et après,
22:09on les reconstruit.
22:09Il n'est pas question ici
22:11de faire du nation building.
22:12Et d'ailleurs,
22:13sous Trump,
22:13pour moi,
22:14il ne sera jamais question.
22:15Par contre,
22:16aider un peuple
22:17qui a déjà commencé
22:18à se soulever,
22:19qui a déjà commencé
22:20à se soulever,
22:21à parvenir à renverser
22:22un joug
22:22qui dure depuis déjà
22:24très très longtemps
22:25et qui est un joug
22:25sanguinaire,
22:26totalitaire,
22:27vous pourrez le décrire
22:27de toute façon
22:28que vous voudrez,
22:29ça, ça rentre
22:30dans la politique
22:31de Donald Trump.
22:32Arthur Levatrigan.
22:32Mais alors justement,
22:33dans cette politique,
22:34jusqu'où est-il capable
22:35d'aller ?
22:37Il y a envoyé des bombes.
22:38Mais encore une fois,
22:39sur place,
22:40ce régime était construit
22:42pour,
22:42dès qu'il y en a un
22:42qui saute,
22:43un autre le remplace.
22:44Vous avez entre 400
22:45et 600 000 hommes armés
22:48et je ne compte pas
22:49les membres
22:52des gardiens de la Révolution.
22:55Je veux dire,
22:56c'est quoi sa limite
22:57et jusqu'où est-il prêt
22:59à aller pour aider
23:00un peuple
23:01qui n'est pas armé,
23:01je le rappelle,
23:02à prendre un pouvoir ?
23:03C'est là où je dis
23:04qu'il ne contrôle pas
23:05directement
23:06l'issue politique
23:07de ce conflit.
23:08Là,
23:09ce que les Américains
23:10vont faire,
23:10ils ont commencé
23:11à le faire
23:12et vont continuer
23:12à le faire,
23:13c'est à la fois
23:14décapiter le régime,
23:15décapiter l'appareil
23:16militaire du régime.
23:17Il y a un certain
23:18nombre de frappes
23:18sur des positions
23:20des gardiens
23:21de la Révolution,
23:22l'IRCG.
23:23Il y aura des frappes
23:24contre les Basidji,
23:25il y en a déjà eu.
23:27Et donc,
23:27l'idée
23:28de Donald Trump,
23:30c'est de permettre
23:31au peuple iranien
23:33de prendre
23:33son destin en main.
23:35Vous avez cité
23:36les trois raisons
23:36pour qu'un changement
23:37de régime se produise
23:38et il y avait
23:39l'existence
23:39d'une alternative politique.
23:41Cette alternative,
23:41elle existe,
23:42même si elle ne fait pas
23:43aujourd'hui l'unanimité,
23:44c'est celle
23:44de l'héritier du trône,
23:46c'est celle
23:46de Reza Palavi,
23:47le fils du chat,
23:48qui vient en exil
23:50aux États-Unis
23:51et qui a été
23:52extrêmement présent
23:53non pas sur le terrain
23:55de l'Iran,
23:55mais sur le terrain
23:56médiatique
23:57depuis le début
23:57du soulèvement
23:58et qui est prêt
24:00à reprendre
24:01le pays en main
24:02sous forme
24:03d'une forme
24:03de transition
24:04vers une démocratie.
24:05Donc,
24:05une alternative existe
24:06et rappelons quand même
24:08l'ultimatum
24:09de Donald Trump
24:10cette nuit
24:11aux dirigeants,
24:12justement au Gardin
24:13de la Révolution
24:14et à toutes les têtes
24:15qui voudraient venir
24:16pour remplacer
24:17celles qui risquent
24:17de tomber.
24:18Il leur a dit
24:19soit vous capitulez,
24:20soit vous êtes morts.
24:21C'est certain death
24:23en anglais,
24:24une mort certaine.
24:25Donc,
24:25il arrivera peut-être
24:26un moment
24:27ou même au sein
24:27du régime.
24:28Certains préféreront
24:29de continuer à vivre
24:30et de peut-être
24:31commencer à mettre
24:32en place
24:33une transition
24:33qui soit un tout
24:34petit peu plus
24:35ouverte aux velléités
24:37américaines
24:37que le régime actuel.
24:38Alors,
24:39j'essaie de comprendre
24:40la psychologie
24:41ou la philosophie politique
24:42de Donald Trump.
24:42Est-ce que nous sommes
24:43devant quelqu'un
24:44qui croit à une forme
24:45d'impérium américain,
24:47c'est-à-dire la puissance
24:48hégémonique de notre temps,
24:50l'hyperpuissance,
24:51pour reprendre la formule
24:52de Védrine
24:52il y a quelques années,
24:53ou sommes-nous
24:54devant un Trump
24:55qui accepte
24:55ce qu'on pourrait appeler
24:56la pluralité irréductible
24:58du monde ?
24:58Il y a plusieurs
24:58États civilisationnels,
25:00il y a la Russie,
25:01il y a la Chine,
25:02il y a l'Inde,
25:03donc nous sommes peut-être
25:04le plus puissant des empires,
25:05mais nous ne sommes plus
25:06le seul.
25:07Est-ce qu'on peut
25:09situer Trump
25:09dans cette cartographie ?
25:10Pour moi,
25:11vous avez raison
25:11sur les deux points.
25:12Sur la puissance américaine,
25:14Donald Trump
25:15ne comprend pas
25:16pourquoi les États-Unis
25:17sont la puissance militaire
25:18et qu'elle n'utilise
25:19jamais cette puissance.
25:20Et il l'utilise
25:21à tout bout de champ.
25:21d'ailleurs,
25:22y compris à l'égard
25:23de certains de ses alliés,
25:24et on l'a constaté récemment
25:26avec l'épisode
25:27un petit peu maladroit
25:28du Grand Inland
25:30pour sortir un petit peu
25:30de ce dossier-là.
25:32Mais voilà,
25:32il y a une puissance...
25:33Un petit peu maladroit.
25:33Oui.
25:34Il y a une puissance américaine
25:35et il ne comprend pas
25:37pourquoi cette puissance
25:38n'a pas d'effet direct
25:39sur le reste du monde.
25:41Donc lui,
25:42il a une puissance
25:43à sa disposition,
25:44il l'utilise,
25:44ça c'est la première chose.
25:45Maintenant,
25:46notez ce qui s'est passé
25:47au Venezuela.
25:47Au Venezuela,
25:48vous n'avez pas eu
25:49de régime change.
25:51Il a capturé Maduro
25:52parce que Maduro
25:53était considéré
25:54comme un président illégitime,
25:56deux,
25:56un fugitif de la justice américaine
25:58et il l'a amené
25:58devant la justice américaine.
26:00Et point barre.
26:01L'opération s'est terminée là
26:02et la vice-présidente
26:04du Venezuela,
26:05constitutionnellement,
26:06a pris les rênes du pouvoir
26:07et elle cherche
26:07à s'entendre aujourd'hui
26:08avec le régime américain.
26:10Mais les Américains,
26:11un,
26:11n'ont pas mis de bottes au sol,
26:13comme on dit en anglais,
26:13et deux,
26:14ils n'ont pas cherché non plus
26:16à refaire
26:16les institutions du Venezuela
26:18pour en faire un pays
26:19à l'image des Etats-Unis.
26:20Donc Donald Trump
26:21est parfaitement toléré,
26:22parfaitement prêt
26:23à tolérer des régimes
26:24qui ne soient pas
26:25à l'image des Etats-Unis
26:26à condition que ces régimes
26:28ne soient pas une menace
26:29contre les Etats-Unis.
26:31Ce qu'est l'Iran.
26:32Ce qu'est l'Iran démolne là.
26:33Et on bute alors,
26:34cela dit,
26:34sur la question de la Russie,
26:36on bute sur la question
26:36de la Chine plus encore.
26:38Est-ce que Trump,
26:38voyant par exemple
26:39ces deux pays,
26:40dit nous sommes
26:40dans des zones impériales
26:42qui nous sont étrangères.
26:43C'est-à-dire là,
26:44ils ont leur propre
26:44raison d'influence
26:45et nous ne nous aventurerons pas.
26:47Ce qui veut dire
26:48pour poser la question
26:48de Taïwan ou de l'Ukraine autrement.
26:50Est-ce qu'il dit
26:51nous ne nous aventurerons pas là
26:52parce que là,
26:53soudainement,
26:53ce n'est pas comme l'Iran.
26:54Là, si on se rapproche trop,
26:56ça peut entraîner
26:56un conflit global.
26:57Est-ce qu'il a ce type
26:58de prudence selon vous ?
26:59Alors, il y a des accords
27:00de défense avec Taïwan
27:02et sur ce point-là,
27:04Donald Trump
27:05n'a jamais renoncé
27:06à la qualité première
27:08de la politique américaine
27:09vis-à-vis de Taïwan.
27:10C'est l'ambiguïté.
27:11Donc, il sait parfois
27:14sortir de l'ambiguïté
27:15et il ne va jamais vous dire
27:17ce qu'il va le faire
27:18en cas de conflit ouvert
27:20entre la Chine continentale
27:21et la Chine de Taïwan.
27:23Mais les États-Unis
27:24suivent le dossier
27:25en des positions
27:26qui sont non pas fixes,
27:28mais quand même liées
27:30par un certain nombre
27:30d'accords de défense.
27:31Par contre, ici,
27:32encore une fois,
27:33on est en dehors
27:34du périmètre américain.
27:35Oui, il y a un hémisphère
27:37occidental
27:37et au sein de cet hémisphère
27:39qui va du Grand-Henland
27:41à la Patagonie
27:42en remontant jusqu'à l'Alaska,
27:43au sein de cet hémisphère.
27:45Les États-Unis
27:46entendent être maîtres
27:47et ne tolérer
27:48aucune puissance hostile.
27:50Là, s'il est en Iran
27:52aujourd'hui,
27:52c'est parce que
27:53vous avez un conflit ouvert.
27:55La guerre,
27:55elle n'a pas commencé
27:56cette nuit.
27:57Elle a commencé
27:58il y a 47 ans
27:58avec la révolution
27:59et la prise
28:00des otages américains.
28:01Et elle s'est poursuivie
28:02à travers différents épisodes
28:03tout au long,
28:04à travers le Moyen-Orient
28:06pendant 47 ans.
28:07Messieurs,
28:07il est 19h30
28:08sur CNews.
28:09Nous reprenons bien évidemment
28:10cet échange
28:11dans un instant.
28:12Mais avant,
28:12Isabelle Piboulot nous a rejoint.
28:13On va faire un point
28:14sur les toutes dernières informations
28:15qui nous sont parvenues.
28:17Isabelle Piboulot,
28:17c'est à vous.
28:19Bonsoir Olivier,
28:19bonsoir à tous.
28:20À la une,
28:21la France n'a été
28:22ni prévenue
28:22ni impliquée
28:23dans l'attaque en Iran,
28:24précise Emmanuel Macron,
28:26tout comme l'ensemble
28:27des pays de la région
28:28et nos alliés.
28:29Le chef de l'État
28:30a présidé
28:30un conseil de défense
28:31et il insiste,
28:32la question du nucléaire iranien
28:34doit se régler
28:35par la voie diplomatique.
28:36L'armée israélienne
28:38dit avoir mené
28:38le plus grand raid aérien
28:40de son histoire.
28:41Environ 200 avions de combat
28:43ont été engagés
28:44dans l'attaque massive
28:45sur l'Iran.
28:46Près de 500 cibles
28:47ont été visés
28:48depuis ce matin.
28:49Le Premier ministre israélien
28:50doit prendre la parole
28:51dans la soirée.
28:52Et puis en attendant,
28:53plusieurs dizaines de personnes
28:54ont défilé à Téhéran
28:56sur la principale avenue
28:57de la capitale iranienne,
28:59largement désertée
29:00après les frappes
29:00israéliennes et américaines.
29:02Des manifestants,
29:03des hommes en majorité,
29:04ont exprimé leur soutien.
29:06Un drapeau de la République
29:07islamique en main
29:08et musique martiale
29:09en fond sonore.
29:10Merci Isabelle.
29:11On vous retrouve
29:11à 20h édition spéciale
29:14face à Boc Côté.
29:15Gérald Olivier,
29:16spécialiste des Etats-Unis
29:17et votre invité Mathieu.
29:19Alors vous venez de dire
29:20quelque chose de très important.
29:21Ce conflit ne date pas d'hier.
29:24Certains diraient
29:24il date de quelques semaines,
29:26d'autres quelques mois.
29:26Vous dites 47 ans.
29:27Dès la fondation
29:28de la République islamique,
29:29les Etats-Unis sont désignés
29:31comme le grand Satan.
29:32Et on se souvient
29:33de l'épisode
29:34de l'ambassade américaine
29:35auquel Trump
29:36a fait référence ce matin.
29:38Alors une question
29:39presque sur des perspectives croisées.
29:41Les Iraniens se savent
29:43en guerre
29:43contre les Etats-Unis
29:44depuis 47 ans.
29:45Est-ce que les Américains
29:46se savaient en guerre
29:47avec l'Iran
29:48depuis 47 ans ?
29:49Ils ne se savaient pas
29:50en guerre ouverte,
29:51mais vous aviez régulièrement
29:53des assassinats ciblés.
29:54Vous avez eu
29:55les fameux attentats
29:56de Beyrouth
29:57dans les années 80.
29:58Vous aviez le problème
29:59des menaces iraniennes
30:00sur l'allié numéro un
30:01des Etats-Unis
30:02au Proche-Orient
30:02qui est Israël.
30:04Donc ce n'était pas
30:05une guerre active
30:06comme celle
30:06qui a commencé cette nuit,
30:08mais on était
30:08dans un État
30:09conflictuel.
30:10Et les présidents
30:13américains
30:14ont, je dirais,
30:15oscillé
30:16entre une attitude
30:17franchement hostile,
30:19celle qui a été,
30:20par exemple,
30:21celle de l'administration
30:24Bush père
30:24et l'administration
30:25Bush fils,
30:26et puis des tentatives
30:27parfois de conciliation
30:28qui avaient été
30:29celles de Barack Obama
30:30et de Joe Biden
30:32tout récemment.
30:33Barack Obama
30:34est le président
30:35qui a tenté
30:36de trouver un accord
30:37avec les Iraniens,
30:38le fameux
30:39JCPOA en anglais.
30:41Cet accord
30:42qui permettait
30:44une levée
30:45des sanctions
30:46contre l'Iran
30:46en échange
30:47d'un recul
30:48ou de repousser
30:50le programme nucléaire
30:51à au moins une dizaine,
30:52voire un petit peu plus.
30:53Cette politique-là,
30:54elle a été totalement
30:55rejetée par Donald Trump
30:56et Donald Trump
30:58a remis en place
31:00ce qui étaient
31:00les exigences premières
31:01des États-Unis.
31:03Le régime islamique
31:04d'Iran
31:05ne peut pas avoir
31:06de bombes nucléaires
31:07et nous ferons
31:08tout ce qu'il faudra faire
31:09pour l'en empêcher.
31:10Il l'a fait
31:11l'an passé
31:12avec l'opération
31:13Midnight Hammer
31:14qui a suivi
31:1512 jours de guerre
31:16entre Israël
31:17et les États-Unis.
31:18Il a à l'occasion
31:19oblitéré,
31:21c'est son propre mot,
31:22au moins endommagé
31:23trois sites
31:24de recherche nucléaire
31:26et d'enrichissement
31:26d'uranium
31:27et manifestement
31:28ça n'a pas suffi
31:29et ce qu'il a constaté
31:31depuis,
31:31c'est que
31:32les supposées négociations
31:34qui avaient lieu
31:35entre ces deux émissaires,
31:38Jared Kushner
31:39et Steve Witkoff
31:40et les représentants iraniens
31:42étaient des négociations
31:44qui allaient nulle part
31:44pour une raison
31:45très simple,
31:46c'est que
31:46les deux négociateurs
31:48américains
31:49disaient
31:49une chose très simple,
31:51nous voulons
31:51vous entendre dire
31:52et écrire
31:54que vous renoncez
31:55définitivement
31:55et pour toujours
31:56à votre programme nucléaire
31:58ce que les iraniens
31:59n'étaient absolument
32:00pas prêts à accepter
32:01donc il y a un moment
32:02où on parle dans le vide
32:03et Donald Trump
32:04plusieurs fois
32:05a menacé les iraniens
32:06que s'il ne comprenait pas
32:07l'objectif
32:09de ces négociations
32:10qui était
32:10de les faire renoncer
32:12diplomatiquement
32:13à leur programme nucléaire
32:15il les forcerait
32:16militairement
32:17à parvenir
32:17au même objectif
32:18c'est là où nous sommes
32:19donc nous sommes
32:20dans la continuation
32:21d'un conflit.
32:21Arthur Levatrigan
32:23Donald Trump l'a annoncé
32:24en effet
32:25menace nucléaire
32:26on peut le comprendre
32:26après on peut penser
32:27aussi qu'il a d'autres intérêts
32:28parce qu'étonnamment
32:29à chaque fois qu'il intervient
32:30ces dernières années
32:31pourtant il n'intervient pas
32:32dans beaucoup de pays
32:33mais à chaque fois
32:33ça n'arrange jamais la Chine
32:36Mathieu en a un peu évoqué
32:37mais disons que
32:38le premier client
32:39et le seul client
32:39même de l'Iran
32:40sur ses réserves pétrolières
32:42c'est la Chine
32:42et la Chine je crois
32:43ça va être entre
32:4313 et 15%
32:45d'importation de pétrole
32:46Venezuela
32:46ça n'arrangeait pas
32:47non plus la Chine
32:48bref
32:48est-ce qu'il n'y a pas
32:49non plus
32:49dans ses interventions
32:52ou dans ses prises
32:53de décisions
32:53plutôt
32:54une réflexion
32:56sur sa stratégie
32:56vis-à-vis de la Chine ?
32:57Alors la Chine
32:58reste le premier rival
33:00économique
33:00du 21ème siècle
33:01et le premier rival
33:03stratégique
33:04du 21ème siècle
33:05maintenant
33:05on peut aussi
33:06s'interroger
33:07sur la politique chinoise
33:08qui consiste toujours
33:09à aller acheter
33:10du pétrole
33:11chez ceux
33:11qui sont
33:12le moins fréquentables
33:13et on va
33:14s'acquérir
33:14que le régime
33:15des Molla
33:15c'était pas forcément
33:16le plus fréquentable
33:17mais c'est là où
33:18je souris un tout petit peu
33:19sur votre question
33:20parce qu'elle est très subtile
33:21et vous avez parfaitement raison
33:22mais c'est là où
33:23l'affaire vénézuélienne
33:25rentre en jeu
33:26parce que
33:27c'est vrai que
33:28depuis hier soir
33:29l'approvisionnement
33:30en pétrole
33:31de la Chine
33:32est menacé
33:32ils reçoivent
33:33une quantité
33:34très très importante
33:35du pétrole
33:36de l'Iran
33:37et l'Iran
33:37parait à survivre
33:39en grande partie
33:39grâce à ses ventes
33:40de pétrole à la Chine
33:41et là Donald Trump
33:42si Xi Jinping
33:43dit mais attendez
33:44nous on est menacés
33:45par votre conflit
33:46il va leur dire
33:46mais achetez le pétrole
33:47du Venezuela
33:48parce que maintenant
33:49il est autorisé
33:50à ce que vous achetez
33:51du pétrole au Venezuela
33:52et on vous aidera
33:53et on le raffinera pour vous
33:54et on vous l'apportera
33:55donc je souris un petit peu
33:56de ce côté-là
33:58mais c'est vrai que
33:59Donald Trump
34:00ne perd jamais
34:01des yeux
34:02le rival principal
34:03et que beaucoup
34:04de ses activités
34:05en effet
34:06ont pénalisé la Chine
34:07et d'ailleurs
34:08l'un de ses objectifs
34:09et il ne s'en cache pas
34:10c'est de faire sortir
34:11la Chine
34:12d'Amérique latine
34:12et d'Amérique du Sud
34:13où elle est très présente
34:14à travers des ports
34:15à travers des projets
34:16d'infrastructures
34:17à travers des projets
34:18médiatiques
34:19à travers d'autres projets
34:21commerciaux
34:22et il estime que
34:23ce périmètre-là
34:24est le périmètre
34:26privilégié des Etats-Unis
34:27dans le cadre
34:28d'une doctrine
34:28qui n'est pas la sienne
34:29mais qui l'a réactualisé
34:30la fameuse doctrine Monroe
34:31dont on a parlé
34:33à l'occasion
34:34de la faire
34:34avec le Venezuela
34:35alors est-ce qu'on peut
34:36considérer que cette opération
34:37quels seraient en fait
34:38les critères de réussite
34:39je m'explique
34:40nous sommes ici
34:41en Iran
34:41avec un régime
34:42qui est rejeté
34:43par une partie de la population
34:44mais qui est soutenu
34:45néanmoins par une autre
34:46partie de la population
34:46qui n'est pas un régime
34:48seulement islamiste
34:49mais aussi nationaliste
34:50en quelque sorte
34:50qui joue des deux rhétoriques
34:53qui repose par exemple
34:54sur un pays
34:54qui a une plus grande
34:55cohérence nationale
34:56que c'était le cas de l'Irak
34:56j'ai eu l'occasion
34:57de le dire plus tôt
34:58à quelles conditions
35:00une telle opération
35:00peut-elle réussir
35:01et à quel moment
35:02les Américains
35:03pourraient-ils se dire
35:04cette opération
35:06se transforme en bourbier
35:08quels seraient les critères
35:09selon vous
35:10de la réussite de l'opération
35:11alors pour moi
35:11le mot bourbier
35:13le bourbier
35:14c'est de la boue
35:15donc on marche dedans
35:16le bourbier n'est possible
35:18que si vous avez
35:18des troupes au sol
35:20Donald Trump
35:21a déjà mis
35:21ses concitoyens
35:23en garde
35:23contre la possibilité
35:24de perte d'humaines
35:25il l'a dit
35:26dans une guerre
35:27il y a des risques
35:27et il y aura sans doute
35:29des frappes
35:29de représailles
35:30de l'Iran
35:30et vous avez
35:31une demi-douzaine
35:33de bases militaires américaines
35:34qui sont apportées
35:35des missiles
35:36des drones
35:36et des armes iraniennes
35:37donc il est possible
35:39qu'il y ait côté américain
35:40des victimes
35:42des casualties
35:42comme on dit
35:43morts et blessés
35:44ça ne fait pas
35:45forcément déjà
35:46un bourbier
35:47pour moi
35:48l'option
35:50100% réussite
35:52c'est vous avez
35:5310 jours de bombardement
35:56une forme de capitulation
35:57du régime
35:58et la mise en place
36:00d'un nouveau régime
36:01avec
36:02ceux qui sont déjà là
36:03et qui connaissent
36:04le fonctionnement
36:05du pays
36:05et le retour
36:06en héros
36:08du prince
36:09Reza Palavi
36:10de l'héritier du trône
36:11qui est d'accord
36:12pour mettre en place
36:13un régime de transition
36:14sur une durée quelconque
36:16ça
36:16et
36:17dont
36:18nouveau gouvernement
36:19de transition
36:20et je dirais
36:21de coalition
36:22dont le premier acte
36:23est de renoncer
36:24pour toujours
36:25au programme nucléaire
36:27ça c'est la réussite
36:28totale de cette opération
36:29c'est 100%
36:30et si ça se fait
36:31en 15 jours
36:31c'est merveilleux
36:32il n'est pas évident
36:34que ça se passe
36:34exactement comme ça
36:35et à mon avis
36:36ça va être un tout petit peu
36:36plus difficile
36:37par contre
36:38à partir du moment
36:39où vous avez
36:39des frappes américaines
36:41que vous n'avez pas
36:42de victimes
36:43de victimes
36:44en nombre trop important
36:46plusieurs centaines
36:46plusieurs milliers
36:47au sein des forces américaines
36:49on n'est pas dans un bourbier
36:50et on est dans une opération
36:52qui peut se prolonger
36:55la guerre d'Israël
36:57contre l'Iran
36:57l'an passé
36:58a prouvé une chose
36:59c'est que l'appareil
37:00militaire iranien
37:01est sans doute
37:02beaucoup plus faible
37:03qu'on ne le pense
37:04alors vous venez
37:05de dénommer
37:06l'autre protagoniste
37:08du conflit
37:08Israël
37:09on entendait dire
37:10dans les milieux
37:11conservateurs américains
37:12depuis l'arrivée de Trump
37:13que l'alliance
37:14entre Israël
37:15et les Etats-Unis
37:16se fragilisait relativement
37:18il y a même
37:19dans la mouvance
37:20trumpienne
37:20des gens
37:21pour qui c'était
37:21une alliance
37:22devenue un fardeau
37:24alors ce qu'on constate
37:25aujourd'hui
37:25c'est que cette alliance
37:26est reconduite
37:28entre les Etats-Unis
37:29entre Israël
37:30entre Trump et Netanyahou
37:31est-ce qu'on peut dire
37:31qu'il y a une forme
37:32de réconciliation
37:33à travers cette opération ?
37:35Réconciliation
37:35par rapport
37:36à l'administration Biden
37:37ça ne fait aucun doute
37:38mais même par rapport
37:39à une partie
37:39de l'administration
37:40trumpienne
37:40qui était peut-être
37:41moins portée
37:43sur l'alliance israélienne
37:44en fait vous avez
37:45on observe
37:46une double évolution
37:47c'est-à-dire que
37:49des gens
37:50comme Tucker Carlson
37:51aujourd'hui
37:52cette droite
37:54nationaliste
37:55isolationniste
37:56liée à la base
37:57Maca
37:57n'est pas du tout
37:58pro-Israël
38:00elle est
38:01très pro-Trump
38:01donc ça faisait partie
38:03de sa coalition
38:04elle estime
38:05que Trump
38:06s'est trop rapproché
38:07et dans son émission
38:09de ce matin
38:10Tucker Carlson
38:12estimait que si Trump
38:13frappe l'Iran
38:14c'est parce que
38:15Netanyahou
38:16lui en a donné l'ordre
38:16ce qui n'est absolument pas
38:18ce que la réalité politique
38:19est sans doute
38:20à mon avis
38:20c'est l'inverse
38:21puisque Trump
38:21voulait frapper plus tôt
38:22et c'est au contraire
38:23Netanyahou
38:24qui l'a retenu
38:24de le faire
38:25le mois dernier
38:26donc il y a
38:27un double mouvement
38:28vous avez
38:28si vous voulez
38:29au sein
38:30de l'électorat
38:31conservateur américain
38:32la réalisation
38:33que ce qui est en train
38:34de se passer
38:35en ce moment
38:36c'est peut-être
38:36la possibilité réelle
38:38la meilleure possibilité
38:39qu'on ait jamais eue
38:40de voir
38:41une forme de paix
38:42solide et durable
38:43au Proche-Orient
38:44parce que ce qu'il faut
38:45envisager aussi
38:46c'est que
38:46après
38:47si les choses se passent
38:49comme Trump l'espère
38:50et comme on le souhaite
38:51soyons honnêtes
38:51c'est-à-dire qu'il y a
38:52un changement de régime
38:53en Iran
38:54et bien
38:54si ce régime
38:56n'est plus hostile
38:56comme les Mollahs le sont
38:58vous verrez
38:59un rapprochement
39:00entre des pays
39:01comme l'Arabie Saoudite
39:02et Israël
39:03c'était les buts
39:05les accords d'Abraham
39:06qui se constituerait
39:07et ce qui permet
39:08les accords d'Abraham
39:09c'est une forme de pacification
39:11de la région
39:12et l'élimination
39:13d'une menace
39:13majeure
39:14donc on est à un moment
39:16charnière
39:16avec des enjeux
39:17qui sont énormes
39:18et qui pourraient être
39:19très très positifs
39:20pour la région
39:20Arthur Levatrigan
39:21vous avez parlé
39:22d'enjeux très importants
39:24il y en a d'autres
39:24qui concernent directement
39:25Donald Trump
39:26alors aujourd'hui
39:26c'est le premier jour d'attaque
39:27donc il y a beaucoup de scie
39:28avant de savoir
39:29ce qui va se passer
39:30en revanche
39:31dans les prochaines semaines
39:33prochain mois
39:33il n'y a pas de scie
39:34sur la prochaine élection
39:35des midterms
39:35ça va arriver
39:36alors quel risque
39:37prend Donald Trump
39:38aujourd'hui
39:39et quelles conséquences
39:40cette attaque
39:41cette opération
39:42déclenchée ce matin
39:43peut avoir
39:44pour l'élection
39:46de mi-mandat
39:46Donald Trump
39:47alors le risque
39:48est énorme
39:48le risque est énorme
39:49mais si on veut être cynique
39:51et si on veut être
39:51strictement politique
39:52il aurait sans doute
39:54été moins risqué
39:55pour lui
39:55de ne rien faire
39:56que de faire quelque chose
39:57parce que là
39:58alors si tout se passe
39:59si tout ça se passe
40:00pour le mieux
40:01on va dire
40:02il en tirera un bénéfice
40:03il en tirera un bénéfice
40:05énorme
40:05pas seulement
40:06au sein de sa base
40:07mais même au sein
40:08de l'opposition
40:09parce que justement
40:10il aura éliminé
40:11une forme de menace
40:11et puis rappelons
40:12qu'aux Etats-Unis
40:13vous avez au sein
40:14du mouvement conservateur
40:15des gens qui sont
40:15relativement isolationnistes
40:17mais vous avez au sein
40:18du mouvement démocrate
40:19des gens qui sont
40:20interventionnistes
40:20et qui sont très contents
40:21de ce qui est en train
40:22de se passer
40:22et aussi bien au sein
40:24des élus
40:24qu'au sein des électorats
40:25donc si cette opération
40:27est réussie
40:27il en tirera un bénéfice
40:29qui sera énorme
40:30maintenant
40:30il n'a jamais
40:31pour moi basé
40:33et c'est là
40:34où c'est important
40:34il ne base pas
40:36le succès potentiel
40:37des républicains
40:38au mid-term
40:39du mois de novembre
40:40sur ce conflit
40:42son pari à lui
40:43vis-à-vis des électeurs
40:44est un pari
40:44strictement économique
40:46et j'ai envie de dire
40:47qu'au sein
40:48de son administration
40:48aujourd'hui
40:49beaucoup estiment
40:50que la politique étrangère
40:51prend trop de place
40:52et qu'elle l'affaiblit
40:53vis-à-vis de son
40:54propre électorat
40:55donc politiquement
40:56c'est un risque énorme
40:57et si
40:58sans qu'on en arrive
40:59à ce que vous avez appelé
41:01un bourbier
41:01si vous avez une forme
41:03je dirais
41:04d'enlisement
41:05progressif
41:06où on frappe
41:07et puis on ne voit pas
41:08le régime tomber
41:09et à un moment
41:10quand est-ce qu'on s'arrête
41:11de frapper
41:11ou quand est-ce qu'on passe
41:12à autre chose
41:13ça, ça peut lui coûter
41:14beaucoup plus cher
41:14vis-à-vis de son propre électorat
41:15alors il y a aujourd'hui
41:17c'est un thème
41:17qui remonte au début
41:18des années 2000
41:18mais il y a aujourd'hui
41:19une forme de faille atlantique
41:20d'un côté
41:21l'Amérique trumpienne
41:22de l'autre côté
41:23l'Europe occidentale
41:24le plus tôt progressiste
41:25qui croit encore
41:26à la gouvernance globale
41:27aux droits internationaux
41:28et ainsi de suite
41:28est-ce que ce conflit
41:30peut radicaliser
41:32accentuer la faille atlantique
41:33est-ce que l'Europe
41:34dans les circonstances
41:34ne devient pas plus que jamais
41:36spectateur
41:37spectatrice de l'histoire
41:38elle ne parvient pas
41:39à y peser
41:40Ah bah si
41:40mais ça vous l'avez dit
41:41vous-même
41:41un petit peu
41:43en début d'émission
41:44moi ce qui me frappe
41:46dans la déclaration
41:47du président Macron
41:48ce soir
41:49c'est
41:51il invoque
41:51de mettre
41:52la question devant l'ONU
41:53mais il fallait faire ça
41:54il y a un an
41:55il y a deux ans
41:55il y a trois ans
41:56il y a dix ans
41:57où est l'ONU
41:58depuis un certain temps
41:59et toutes ces institutions
42:01internationales
42:01qui ont
42:03auxquelles on a cru
42:04ont perdu tout poids
42:06aujourd'hui
42:07donc oui
42:08l'Europe est spectatrice
42:09et ce que
42:10me semble-t-il
42:11elle aurait intérêt à faire
42:13c'est se rallier
42:14à la cause américaine
42:15on verra si
42:16elle est impliquée ou pas
42:18je rappelle que
42:18les missiles balistiques
42:20iraniens
42:21peuvent toucher l'Italie
42:22peuvent toucher l'Allemagne
42:23ils ne peuvent pas toucher Paris
42:25mais ils viennent
42:25jusqu'à la limite
42:26de l'Europe du Sud
42:27et l'une des tentatives
42:29sans doute de l'Iran
42:30sera d'élargir le conflit
42:31pour déstabiliser
42:32toute la région
42:33donc l'Europe
42:33sera peut-être amenée
42:35à un moment
42:35à réagir
42:36de manière
42:36beaucoup plus belliqueuse
42:37qu'elle n'aime le faire
42:38donc vous prenez au sérieux
42:39la possibilité
42:40ce n'est pas que
42:41pure rhétorique américaine
42:42vous prenez au sérieux
42:42la possibilité
42:43que l'Iran
42:44dans sa riposte
42:45décide de frapper l'Europe
42:46dans les prochains jours
42:48prochaines semaines
42:49la stratégie
42:50de l'Iran
42:50c'est la stratégie du chaos
42:51c'est leur seul moyen
42:52d'en sortir
42:53donc il y a un scénario
42:55théoriquement
42:55où un missile
42:56est lancé sur Rome
42:57d'ici quelques jours
42:58je ne sais pas
42:59mais ça fait partie
43:01des possibles militaires
43:03les Iraniens
43:04disposent de missiles
43:05qui ont une capacité
43:07de tir
43:08qui peut le faire
43:09arriver jusqu'à Rome
43:10donc il y a
43:11un champ
43:12de 1800 miles
43:14ou 2000 miles
43:14donc vous regardez
43:16vous-même
43:16par rapport
43:17aux différents sites
43:18iraniens
43:18vous voyez
43:19où ils peuvent tomber
43:19mais il est évident
43:21qu'ils l'ont dit
43:22ils en ont fait la menace
43:23d'ailleurs
43:23ça fait partie
43:24des menaces
43:24peut-être plus diplomatiques
43:25qu'autre chose
43:26mais il est évident
43:27qu'ils seraient
43:28dans l'intérêt
43:28aujourd'hui
43:29de déstabiliser
43:30totalement la région
43:31pour justement
43:32obliger
43:33d'autres pays
43:34que les États-Unis
43:35à raisonner Donald Trump
43:36et à lui dire
43:36il faut arrêter
43:37parce que là
43:38on va au conflit mondial
43:39alors vous nous conduisez
43:40vous nous conduisez
43:41vous êtes conflit mondial
43:42vous avez dit auparavant
43:43une stratégie du chaos
43:44en quelque sorte
43:45pendant des années
43:46entendant parler
43:47du régime de Téhéran
43:48on le présentait souvent
43:49comme un régime
43:50avec une forme
43:51de dimension apocalyptique
43:52c'est-à-dire un régime
43:53qui est hanté
43:54par le désir
43:55d'aller en tirer Israël
43:56un régime
43:57qui satanise
43:57les États-Unis
43:58un régime
43:59qui pourrait consentir
44:00à une forme
44:01d'auto-anéhilation
44:02pour peu qu'il entraîne
44:04les autres
44:04avec sa propre perte
44:05et de l'autre côté
44:06c'est quand même
44:07un régime relativement mafieux
44:08les gardiens de la révolution
44:10ne sont pas animés
44:11que par je ne sais quelle transcendance
44:13le trafic de drogue
44:14est au cœur du régime aussi
44:16donc comment le présenteriez-vous
44:18un régime apocalyptique
44:18vraiment ?
44:19Le régime
44:21oui
44:21le pays
44:22non
44:22il y a 90 millions d'Iraniens
44:24bien sûr
44:25mais pour ça je parle du régime
44:26je ne parle pas de l'Iranie ordinaire
44:27mais justement
44:28c'est pourquoi
44:29l'objectif
44:31politique
44:32de ces frappes
44:33militaires
44:33c'est de parvenir
44:34à faire tomber ce régime
44:35et c'est là
44:36où ça
44:36ça va être la responsabilité
44:38du peuple iranien
44:39pour démontrer
44:40qu'il n'y a pas de fatalité
44:41des Mollah
44:42c'est pas parce que
44:43vous avez eu
44:44on a eu un régime soviétique
44:46pendant 70 ans
44:47moi
44:47j'ai grandi
44:49je suis né
44:50il y a un certain temps
44:50et mes 30 premières années
44:52c'était la guerre froide
44:53quand j'avais 15 ou 20 ans
44:55je n'ai jamais imaginé
44:56que l'Union soviétique
44:57pouvait tomber
44:58ça ne faisait pas partie
44:59de la grille logistique
45:02qu'on nous avait enseignée
45:03à l'école
45:03et puis Ronald Reagan arrive
45:05et puis moins de 10 ans après
45:06l'Union soviétique
45:07a implosé
45:08donc il n'y a pas de fatalité
45:09des Mollahs en Iran
45:10ce régime
45:11il a 50 ans
45:12ou presque
45:12c'est 50 ans
45:13de terrorisme intérieur
45:14et de terrorisme
45:15dans la région
45:16et Donald Trump
45:17a finalement décidé
45:17d'agir
45:18contre ce régime
45:19en disant
45:20il y a un moment
45:20où ça suffit
45:21mes prédécesseurs
45:23ont dit
45:23c'est l'axe du mal
45:24Bush l'appel
45:25l'axe du mal
45:25il a mis l'Iran
45:26avec la Corée du Nord
45:27dans l'axe du mal
45:28dans son fameux discours
45:29sur l'Irak
45:30à l'époque
45:31inspiré de David Trump
45:32donc un certain nombre
45:33de présidents
45:34ont toujours critiqué
45:35ce régime
45:36sans jamais oser
45:37faire quoi que ce soit
45:38contre lui
45:38et ce que Trump
45:39a constaté
45:40pour revenir à une question
45:41que vous posiez
45:42un petit peu plus tôt
45:43c'est que
45:44beaucoup des alarmistes
45:46sur ce qu'il a dit
45:47qu'il ferait
45:48et qu'il a fait
45:49se sont avérés
45:50avoir tort
45:51je prends par exemple
45:52l'exemple
45:53de déménager
45:54l'ambassade
45:55des Etats-Unis
45:56en Israël
45:57de Tel Aviv
45:57à Jérusalem
45:58on avait dit
45:59à tous les présidents
46:00parce que depuis
46:011995
46:02depuis Bill Clinton
46:03des Américains
46:04parlaient
46:05on va déménager
46:07l'ambassade
46:08à Jérusalem
46:08capitale
46:09de l'état d'Israël
46:10etc
46:10et personne
46:12n'avait osé le faire
46:13parce qu'on leur avait dit
46:13si vous faites ça
46:14c'est l'embrasement total
46:15Donald Trump l'a fait
46:17il ne s'est rien passé
46:18d'accord
46:19donc Donald Trump
46:20se dit
46:20la peur
46:21n'est pas une politique
46:22j'ai un moyen
46:23d'agir
46:23je le fais
46:24et il prend
46:25un risque
46:26politique
46:27considérable
46:27à le faire
46:27je reviens
46:28sur le contraste
46:29entre l'Amérique
46:29et l'Europe
46:30vous me corrigerez
46:31si je me trompe
46:32mais j'ai l'impression
46:32qu'une bonne partie
46:33du monde politique
46:33européen
46:34a voulu
46:35depuis
46:3530 ans
46:36peut-être pas
46:37mais une vingtaine
46:37d'années
46:38réintégrer
46:38l'Iran
46:39à la manière
46:39d'une puissance
46:40ordinaire
46:41dans l'ordre
46:42international
46:42donc puissance
46:44idéologique
46:44exécrable
46:45mais néanmoins
46:46ça devait être
46:46traité comme un état
46:47presque comme les autres
46:49comment expliquez-vous
46:50ce contraste
46:51entre l'Amérique
46:52d'un côté
46:52et l'Europe
46:54qui voulait finalement
46:55normaliser l'Iran
46:56mais oui oui
46:56mais là
46:57on dépasse un petit peu
46:59le cadre stratégique
47:00mais vous êtes
47:00dans la vision
47:01du chose
47:02dans l'esprit
47:03d'un certain nombre
47:04de dirigeants
47:05européens
47:06dans l'esprit
47:07des administrations
47:08démocrates
47:09Obama et Biden
47:10les Iraniens
47:11le régime iranien
47:12n'est pas du tout
47:13le régime que vous avez
47:14décrit
47:14ce régime apocalyptique
47:16c'est des gens
47:17en qui on peut
47:17faire confiance
47:18avec qui on peut
47:19s'entendre
47:19qui ont refusé
47:20de voir la réalité
47:22de ce régime
47:22qui en fait
47:23a une finalité
47:24qui est d'exporter
47:25sa révolution
47:26rappelons que
47:27l'Iran est une puissance
47:29régionale importante
47:30qui est chiite
47:33et non pas sunnite
47:34et dont l'objectif
47:35malgré tout
47:36était de devenir
47:37la puissance
47:37prépondérante
47:38au Moyen-Orient
47:39aux dépens
47:40également
47:40de certaines monarchies
47:41sunnites
47:42donc
47:43il y a énormément
47:44de gens
47:45en Europe
47:45et ailleurs
47:46qui n'ont jamais
47:46voulu reconnaître
47:47la réalité
47:48du régime
47:48et qui ont dit
47:49on va s'entendre
47:50avec eux
47:50alors qu'en vérité
47:51à chaque fois
47:52qu'il y a eu
47:52des négociations
47:53c'est toujours
47:54les occidentaux
47:55d'une certaine façon
47:56qui se sont fait avoir
47:57parce qu'on a accordé
47:58un nouveau crédit
48:00on a prolongé
48:01la possibilité
48:02de vie
48:02du régime actuel
48:03alors que de leur côté
48:04ils n'ont jamais
48:06abandonné
48:06leurs objectifs
48:07qui était en effet
48:08d'obtenir une bombe nucléaire
48:09et obtenir cette bombe
48:10pour annihiler
48:11l'état d'Israël
48:12qu'ils sont en mesure
48:13de toucher
48:13vous avez évoqué
48:14la possibilité
48:15d'une paix au Proche-Orient
48:16c'est-à-dire
48:16si l'opération
48:17fonctionne bien
48:18si le régime tombe
48:19si ce régime révolutionnaire
48:21qui veut semer la révolution
48:22le chaos et la guerre
48:23dans la région tombe
48:24il pourrait y avoir
48:25une paix au Proche-Orient
48:26mais vous avez dit
48:26au même moment
48:27que les Américains
48:28ne sont plus dans la logique
48:28du nation building
48:29donc de l'extension
48:30perpétuelle du New Jersey
48:32à l'ensemble de l'univers
48:33dans cette logique
48:35à quoi peut ressembler
48:35selon vous
48:36une paix au Proche-Orient
48:37au terme de cette opération ?
48:39La paix au Proche-Orient
48:40elle passera
48:41par la normalisation
48:42des relations
48:43entre
48:45la plupart des pays arabes
48:47à commencer par
48:47l'Arabie Saoudite
48:48avec Israël
48:50et c'est cette normalisation
48:52entre l'Arabie Saoudite
48:54et Israël
48:55qui permettra
48:56d'apporter
48:56à terme
48:57une solution
48:58on verra laquelle
48:59au problème palestinien
49:00là on avance
49:01un petit peu
49:01mais les Etats-Unis
49:03dans ce contexte-là
49:05ils serviront
49:06d'intermédiaires
49:07de partenaires
49:09mais c'est pas du tout
49:10eux qui mèneront
49:11cette danse
49:12ils ont mis en place
49:13les accords d'Abraham
49:14et ils espèrent
49:15qu'un certain nombre
49:16de pays arabes
49:17vont se rallier
49:18aux accords d'Abraham
49:19manifestement
49:20si l'opération iranienne
49:22se déroule
49:22telle qu'elle est conçue
49:23pour se dérouler
49:24ce sera beaucoup plus facile
49:26de le faire
49:26que ce n'est le cas aujourd'hui
49:27Arthur Le Batrigan
49:28c'est vrai qu'il a
49:29beaucoup de conflits
49:30à gérer
49:31ceux qu'il a déclenché
49:32comme l'Iran
49:33puis ceux qui l'arrivent après
49:34comme Gaza
49:35ou l'Ukraine
49:36et justement
49:37je voulais en venir
49:38en arriver à la Russie
49:40parce que
49:40alors ça n'arrange pas
49:41non plus la Russie
49:42évidemment
49:42mais quel impact
49:45peut avoir
49:46cette opération
49:47décidée par Donald Trump
49:49ce matin
49:49contre l'Iran
49:50dans sa négociation
49:51avec Vladimir Poutine
49:52en tout cas
49:53la Russie
49:54est également embêtée
49:56par ce conflit
49:57elle dépend
49:58beaucoup de l'Iran
49:59pour ses drones
50:00pour une partie
50:02de son armement
50:02donc c'est pas quelque chose
50:04qui va l'arranger
50:04maintenant
50:05on a bien observé
50:07que les négociations
50:09sur l'Ukraine
50:10avaient été mises
50:11sur comment on dit
50:12en anglais
50:12le back burner
50:14à force d'aller nulle part
50:16c'est des négociations
50:17dont Trump
50:18s'est légèrement désengagé
50:20et on en est malheureusement
50:21aujourd'hui
50:22à une situation
50:23où la situation militaire
50:25elle est plus ou moins
50:25figée sur le terrain
50:26l'Ukraine va sortir
50:28de l'hiver
50:29les positions
50:30n'ont pas bougé
50:31tout le monde
50:32estimait
50:32que Vladimir Poutine
50:34avait intérêt
50:35à faire durer le conflit
50:36parce qu'il allait le gagner
50:37je pense qu'aujourd'hui
50:38l'analyse américaine
50:39elle est beaucoup plus mitigée
50:40que ça
50:40et en fait
50:41ils attendent
50:42que Vladimir Poutine
50:43estime que le coût
50:44est trop fort
50:45sur son économie
50:46sur lui
50:47alors Benjamin Netanyahou
50:48messieurs s'expriment
50:49on va l'écouter
50:50sur ses frappes
50:51une vraie paix
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