00:01Ursula von der Leyen, qui nous dit, il faut maintenant rentrer dans la logique accélérationniste,
00:07il faut que bientôt, nous nous préparions à faire entrer l'Ukraine dans l'Europe,
00:12et elle nous dit, nous avons jusqu'à 2027.
00:15Alors déjà, on peut s'interroger sur cette date.
00:18Frédéric Buscagnana, analyste stratégique en direction européenne, pourquoi s'interroger sur cette date ?
00:23Alors justement, parce que d'abord, il y a quelque chose qui cloche,
00:28on n'est pas dans les dispositifs tels qu'ils ont été élaborés par Copenhague, etc.,
00:32pour faire entrer un nouveau pays dans l'Europe.
00:34Là, on est dans une logique qui consiste à faire un embarquement low-cost de l'Ukraine,
00:41avec une procédure accélérée.
00:43D'ailleurs, ils ont, pour cette raison-là, complètement changé les techniques d'admission d'un nouveau pays dans l
00:48'Europe.
00:48Et donc ça, ça crée une sorte de premier effet cliqué,
00:50qui sature en quelque sorte l'espace médiatique,
00:54et notre capacité psychique à absorber ces informations,
00:56parce que, pour une raison simple,
00:58les politiques n'ont pas le temps d'organiser une riposte à ce type d'annonce.
01:01C'est très dur de se structurer.
01:03Nous sommes pris, là, on le voit bien,
01:05c'est tout à fait la mise en abyme et parfaite dans le cadre de cette émission.
01:07On est pris sur les fronts intérieurs, d'accord ?
01:09Pendant ce temps-là, à l'extérieur, justement, il se trabe cette évolution.
01:12C'est pour ça que c'est intéressant et que je voulais que vous en parliez aujourd'hui,
01:14parce qu'on est pris, comme vous le dites, pour reprendre vos mots sur les fronts intérieurs,
01:17mais gardons bien à l'esprit ce qui se passe aussi autour de nous.
01:21Exactement.
01:22Et on est précisément en train d'importer, justement, un front intérieur,
01:28qui est justement celui de l'Ukraine.
01:30Alors, il y a un deuxième effet cliqué, c'est le moment...
01:33Oui, je dis ça, d'autant plus qu'on est à deux jours du quatrième anniversaire de la guerre en
01:38Ukraine.
01:39Exactement.
01:39Du début de la guerre.
01:40Donc là, on est sur un autre effet cliqué qui s'enchaîne,
01:42dans cette technique de communication et de préparation des esprits,
01:46qui est que les gens vont commencer à entendre parler du fameux article 42,
01:50alinéa 7 de la Constitution européenne, qui est la clause de défense mutuelle.
01:55Donc les gens vont commencer à se dire,
01:56mais attendez, si l'Ukraine rentre dans l'Europe, on va devoir être co-belligérant, etc.
02:01Et je passe directement au troisième cliqué,
02:03puisque là, on est face à quelque chose d'une énormité scandaleuse,
02:06à la limite de la forfaiture.
02:07Enfin, moi, j'ai même tendance à dire, c'est un viol démocratique par excellence.
02:11C'est le moment où Van der Leyen nous dit,
02:13mais vous savez, nous n'avons pas besoin de modifier les traités pour ça.
02:16C'est ça.
02:16Et il faut que les gens mesurent l'énormité de cette phrase.
02:19Donc pas besoin de modifier les traités pour ça, c'est-à-dire ça quoi ?
02:21C'est-à-dire pour l'entrée de l'Ukraine, et notamment...
02:24Pour l'entrée de l'Ukraine dans l'Union Européenne.
02:26Exactement.
02:26Et pour notre futur statut de co-belligérant.
02:29Donc là, vraiment, on est sur quelque chose de vertigineux,
02:33quand on mesure vraiment le viol démocratique dont il s'agit.
02:36Pourquoi ?
02:37Parce que, normalement,
02:40l'entrée d'un pays comme l'Ukraine,
02:43comme n'importe quel autre pays,
02:44impliquerait donc la majorité absolue,
02:47d'accord ?
02:47Dernier mot.
02:48Et maintenant, on va pouvoir se concentrer
02:51sur ce qu'ils appellent les clauses passerelles,
02:53et qui permettent donc d'accélérer l'entrée de l'Ukraine.
02:56Donc, on va pouvoir se concentrer sur ce qu'ils appellent.
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