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  • il y a 6 mois
La procureure générale de Paris est revenue sur le cas de Marine Le Pen et la procédure judiciaire qui la vise. Le calendrier de cette affaire pourrait avoir des conséquences sur sa candidature à l'Élysée.
Retrouvez « L'édito politique de Patrick Cohen » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique

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Transcription
00:00C'est l'édito politique, bonjour Patrick Cohen.
00:02Bonjour Florence.
00:02Ce matin, Marine Le Pen et la malédiction du calendrier.
00:05À quoi tient l'ambition de toute une vie ?
00:08La question nous est venue naturellement hier matin en écoutant la procureure générale de Paris
00:12à ce micro ici même, expliquer que les prévenus du RN sont les premiers responsables de leur sort
00:17et que Marine Le Pen ne peut s'en prendre qu'à elle-même.
00:21Cruelle, Marie-Suzanne Lequéo a rappelé les 45 recours qui ont ralenti les 7 années d'instruction.
00:26L'opposition systématique à l'action judiciaire de la part de la candidate RN n'a fait que retarder un procès
00:32désormais trop proche de la course à l'Elysée et qui pourrait lui embarrer d'accès
00:36alors que l'affaire aurait pu être purgée depuis des années.
00:39Mais la procureure générale et ses représentants à l'audience ont aussi taillé en pièces
00:44le dispositif le plus contesté du premier jugement.
00:47En l'occurrence l'exécution provisoire de la peine d'inéligibilité.
00:50Que les juges avaient motivé par un risque de récidive et un trouble à l'ordre public.
00:54N'importe quoi, dit le parquet général, ce n'est pas parce qu'on nie les faits qu'on risque de récidiver.
00:59C'est le droit fondamental de tout prévenu de ne pas concourir à sa propre accusation.
01:03Et non, dit aussi la procureure Lequéo, l'ordre public ne serait pas altéré si Marine Le Pen est à nouveau candidate.
01:11Ce qui signifie que l'exécution provisoire qu'elle subit encore, qui la rend inéligible depuis près d'un an, n'avait pas lieu d'être.
01:16Mais ça aurait changé quelque chose pour sa candidature présidentielle ?
01:19Mais ça aurait tout changé.
01:21C'est parce que l'inéligibilité était immédiate que les dirigeants du RN ont crié au hold-up démocratique
01:26et réclamé un deuxième procès le plus vite possible.
01:30Et c'est à cause de ce mouvement, qui allait bien au-delà du RN,
01:33Darmanin et Mélenchon sont allés dans le même sens,
01:35que la justice a mis pied au plancher pour qu'un jugement définitif soit rendu avant le scrutin de 2027.
01:41Mais sans exécution provisoire, Marine Le Pen serait toujours éligible
01:45et elle aurait sûrement obtenu le report de son procès en appel pour cause de campagnes présidentielles.
01:50Je vous le disais, à quoi ça tient ?
01:52Quelle leçon tirer de ce jeu de calendrier ?
01:54D'abord qu'il ne sert à rien de faire courir les juges, ils finissent toujours par vous rattraper.
01:58Ensuite qu'il vaut mieux ne pas les maudire, ce qu'a fait le RN pendant 10 ans en cherchant à les politiser,
02:04ce qui sape la confiance des citoyens et ne vous délivre pas de vos mensonges.
02:08Parce qu'à l'audience, toutes les preuves étaient là d'un parti qui a sciemment détourné à son profit
02:13des fonds qui ne lui étaient pas destinés,
02:15mais en faire l'aveu, eût été reconnaître des années de mensonges politiquement embarrassants.
02:20Enfin, cette procédure Spidi-Gonzalez,
02:22deux ans entre le premier procès et le jugement définitif, à peine plus,
02:26devrait être la norme pour tous les politiques, pardon de réclamer un passe-droit cette fois,
02:31mais une bonne justice est une justice rapide,
02:34et voter en connaissance de cause ou ne pas voter si le fautif est inéligible
02:38me semble participer d'une bonne hygiène démocratique.
02:41Merci Patrick Cohen.

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