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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:0119h, c'est l'heure du JT avec Mickaël De Santos. Bonsoir Mickaël.
00:05Bonsoir Christine, bonsoir à tous. C'était un acte prémédité.
00:09Le collégien qui a poignardé hier une enseignante en classe à Saint-Larry-sur-Mer s'est expliqué en garde à vue.
00:15Le matin même, il s'est saisi d'un couteau dans sa cuisine pour l'attaquer parce qu'il avait selon lui trop de haine.
00:20L'adolescent de 14 ans reproche à sa professeur d'avoir inscrit plusieurs incidents sur l'application Pronote,
00:25un logiciel de la vie scolaire. La victime âgée de 60 ans se trouve toujours dans un état préoccupant.
00:31A l'Assemblée, les députés ont adopté en commission la création d'un droit à l'aide à mourir lors d'un nouvel examen.
00:36Cette réforme sociétale majeure fait son retour en deuxième lecture après le rejet du texte il y a quelques jours par les sénateurs.
00:43Le nouveau texte prévoit que le droit à l'aide à mourir permet de recourir à une substance létale dans le respect de la loi.
00:49Il prévoit également que les personnes se l'administrent ou qu'elles bénéficient de l'aide d'un médecin ou d'un infirmier sans être pénalement responsable.
00:56Enfin, 400 tonnes d'aides alimentaires ont été envoyées par la France dans la bande de Gaza.
01:01Le porte-conteneur est arrivé aujourd'hui en Égypte à Port Saïd.
01:04Les marchandises vont ensuite rejoindre l'enclave.
01:07Parti il y a environ deux semaines depuis le Havre, le paquebot transporte plus de 25 000 cartons
01:11destinés principalement aux enfants de moins de 5 ans.
01:14Merci mon cher Mickaël et au sommaire ce soir, Fergan Asiari, essayiste qui publie l'Islam contre la modernité aux éditions La Cité est notre invité ce soir.
01:27Un livre qui pose une question frontalement évitée.
01:31L'islam est-il compatible avec la modernité politique, juridique et culturelle occidentale ?
01:37Ou lui oppose-t-il une logique propre, irréductible ?
01:41Fergan Asiari ne parle ni d'individus, ni de stigmatisation, mais de civilisation, de normes et de conflits de valeurs.
01:48Il explique que l'Islam n'a jamais clairement condamné l'esclavage, ce qui pose problème avec l'idée moderne d'égalité entre les êtres humains.
01:58La modernité peut-elle tout absorber ? Ou existe-t-il des systèmes qui par nature lui résistent ?
02:03Fergan Asiari est interrogé ce soir, notamment par Gabriel Cluzel.
02:08Quelles conséquences des réquisitions au procès du RN si Marine Le Pen est empêchée d'être candidate en 2027 ?
02:15Ce ne sera pas une alternance politique, mais une rupture historique.
02:19Pour la première fois, une présidentielle dépendrait non du vote des Français,
02:24mais de décisions judiciaires devenues centrales dans l'élimination de l'opposition.
02:29Parlement européen, loi dite éthique, toute puissance des juges, un système s'est refermé.
02:36La France peut-elle choisir ses candidats par exclusion juridique plutôt que par le suffrage ?
02:43L'édito de Mathieu Boccote.
02:44Le gouvernement britannique lance des plans nationaux pour rendre les campagnes plus diverses,
02:51jugées trop blanches par des rapports officiels, communication ciblée, politique d'inclusion,
02:58redéfinition de l'identité rurale.
03:01La campagne devient à son tour un terrain de rééducation sociale.
03:05Une nation se rassemble-t-elle en corrigeant ses paysages ou en assumant ce qu'elle est ?
03:12Le regard de Marc Menon.
03:14Alors que selon un sondage CSA pour Europe 1, le JDD, c'est News,
03:1984% des Français se disent inquiets pour la sécurité de nos enseignants au collège.
03:25Nous apprenons que l'adolescent qui a poignardé son professeur avait prémédité son geste,
03:30rongé par une haine qu'il dit irrépréhensible pour de simples reproches scolaires.
03:36Signalé, suivi, encadré et pourtant incapable de contenir la pulsion de mort.
03:42À force de refuser les limites, les repères et l'autorité,
03:46que sommes-nous en train de fabriquer comme jeunesse le décryptage de Charlotte Dornelas ?
03:52La récupération de l'affaire Epstein est surprenante.
03:55Certains listent les noms en fonction des partis politiques.
03:58Une chose est sûre, c'est qu'il ne s'agit pas d'un scandale isolé.
04:01C'est le miroir d'une oligarchie qui se croyait intouchable.
04:04Une élite soudée par des privilèges, la transgression, le secret ou le crime
04:08devient un lien et l'inversion morale un signe de pouvoir.
04:13Aujourd'hui, tous plaident l'ignorance, la naïveté ou le charme du personnage
04:18en pensant que le public n'y verra que du feu.
04:21L'édito de Mathieu Bocoté.
04:23Pression, jalousie, scandale à étouffer, que se passe-t-il à la commission d'audiovisuel public ?
04:30Pour la première fois, une commission d'enquête sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public
04:34révèle jour après jour des zones d'ombre dérangeantes.
04:38Mais à mesure que les questions s'incumulent, les réponses se dérobent, les auditions dérapent,
04:44les polémiques hors sujet se multiplient, diversions grossières le matin,
04:50recherches de clashs délibérées avec le rapporteur de la commission,
04:54tout semble fait pour brouiller le fond.
04:57Qui a intérêt à ce que cette commission parle moins et fasse plus de bruit ?
05:02Tour de table avec nos mousquetaires ce soir.
05:05Une heure pour tout se dire et sans tabou et c'est parti.
05:21On commence avec vous, mon cher Mathieu, avec Marine Le Pen.
05:24Est-ce que sera candidate en 2027 ?
05:27C'est la question que beaucoup se posent, on ne le sait toujours pas.
05:29Même s'il y a eu un flou hier, ce sont les juges qui le décideront.
05:34Mais que voudrait dire une présidentielle sans Marine Le Pen ?
05:39S'agirait-il d'une rupture dans l'histoire politique française ?
05:43Posons-nous les bonnes questions.
05:45Alors, premier élément, depuis 1974, sauf en 1981,
05:49il y a toujours eu une Le Pen ou un Le Pen à la présidentielle, la manifeste.
05:53Enfin, si la tendance se maintient, il n'y en aura pas.
05:55Ce que je le dis, effectivement, vous l'avez bien noté,
05:58hier, au moment où il n'y a pas d'exécution provisoire,
06:01on se dit, bon, bien, donc, le terrain, évidemment, est libre.
06:04Elle peut se présenter.
06:06Et on comprend, au terme de quelques heures et de la journée,
06:09que dans les faits, le scénario le plus probable,
06:11c'est qu'elle ne puisse pas se présenter.
06:13Elle-même dit qu'elle sera probablement empêchée.
06:16Alors, à certains égards, les juges confirment ici
06:20leur pouvoir sur la démocratie française.
06:22C'est le point d'aboutissement de ce que certains ont appelé
06:25le coup d'État des juges.
06:26C'est le point d'aboutissement du gouvernement des juges.
06:28Autrement dit, une instance supérieure sélectionne les candidats
06:32en fonction de leur légitimité,
06:34à partir d'un appareil juridique qui permet de les exclure s'il le faut.
06:37Alors, je pense qu'on doit voir dans cette exclusion anticipée
06:40le point d'aboutissement d'un système qui se referme sur Marine Le Pen.
06:45Parce qu'à l'échelle de l'histoire, ce n'est pas simplement une condamnation.
06:48C'est tout un système mis en place pour filtrer les candidats
06:51et qui se confirme aujourd'hui.
06:52Point de départ, le rôle central du Parlement européen là-dedans.
06:55Le Parlement européen, on finit par le comprendre,
06:58ce n'est pas seulement un Parlement comme les autres.
07:00C'est un Parlement avec des moyens immenses,
07:02mais absolument incroyables,
07:04qui distribue beaucoup d'argent aux partis politiques,
07:06qui distribue beaucoup d'argent aux députés,
07:08surtout aux députés d'ailleurs,
07:10mais à une condition,
07:11qu'ils soient utilisés de telle manière
07:13à transformer les députés, les politiques et leurs assistants
07:16en fonctionnaires ou quasi-fonctionnaires du Parlement européen.
07:19J'ai eu l'occasion d'en parler avec des députés
07:21soit à l'Assemblée nationale, soit au Parlement européen.
07:24Au Parlement européen, vous avez des moyens,
07:25mais infiniment plus grands que ceux de l'Assemblée nationale,
07:28alors que théoriquement, c'est à l'Assemblée nationale
07:30que se font les lois de la nation.
07:31Donc, on est dans un système qui gave d'argent
07:33toute une classe politique,
07:35mais qui, en échange, consacre leur domestication,
07:38les empêche de faire de la politique,
07:40les transforme en technocrates.
07:42Et qu'est-ce qui est au cœur de ce procès,
07:45quoi qu'on en dise,
07:46c'est qu'on est devant des députés,
07:47on est devant des partis qui ont voulu faire de la politique
07:49là où, normalement, on fait de la politique.
07:51Mais le système qui était mis en place
07:52permettait de les neutraliser à terme.
07:55Premier élément.
07:56Deuxième élément,
07:58quand je parle de la toute-puissance des juges,
08:01c'est qu'ils ont, avec le type de condamnation qu'ils font,
08:03le moyen de marquer les esprits.
08:05Demandez au commun et mortel
08:06pourquoi Marine Le Pen est-elle condamnée.
08:08Le commun et mortel, écoutant ce qu'il dit à la radio,
08:11en regardant la télé,
08:11il se dit probablement que c'est une femme corrompue,
08:13que c'est une femme qui a détourné de l'argent
08:16à son avantage.
08:17Voilà quelqu'un qui se serait enrichi en politique.
08:20Mais ce n'est pas de ça du tout dont on parle.
08:22On parle d'une querelle entre le RN dans les circonstances
08:26et le Parlement européen
08:27sur l'utilisation des moyens alloués aux partis
08:30en fonction des besoins politiques fixés par les partis.
08:32Donc, c'est une querelle sur l'allocation des ressources
08:35qui est présentée par le Parlement européen
08:38comme un détournement de fonds publics.
08:40Donc, il faut comprendre que...
08:41Et là, le mot qui s'impose, c'est fraude.
08:44Donc, demandez le commun et mortel
08:45pense qu'on est devant une bande de fraudeurs,
08:47alors qu'on est devant une querelle
08:48sur le sens des institutions.
08:50De la même manière,
08:51on est devant la conséquence de ces fameuses lois
08:54sur la transparence et l'intégrité éthique.
08:56Charlone nous a souvent dit, avec raison,
08:58que ces lois-là, les parlementaires eux-mêmes,
08:59les ont votées,
09:00ou à tout le monde, les ont laissées passer.
09:01Il ne faut pas l'oublier.
09:02Donc, au nom de la grande quête
09:04de la purification éthique de la politique,
09:06on a assisté, c'était la conséquence prévisible
09:09à une forme de vie politique
09:10de plus en plus technocratique,
09:12sous le contrôle des juges,
09:13sous le contrôle des surveillants.
09:15Donc, les politiques, depuis, quoi, 30 ans,
09:17se sont ligotées les mains
09:19et aujourd'hui se demandent
09:19pourquoi ils ne peuvent plus bouger.
09:21Ils se sont tranchés les bras
09:22et se demandent pourquoi ils sont manchots.
09:24Ça, de ce point de vue,
09:25c'est une classe politique
09:26qui paie le prix de son culte
09:28de l'intégrité éthique.
09:29Cette prise de pouvoir par les juges,
09:31elle porte un nom.
09:32On l'a souvent dit, c'est État de droit.
09:33Et vous aurez noté que la notion
09:34d'État de droit, aujourd'hui,
09:35est une notion totémisée.
09:36Rappelez-vous quand Bruno Retailleau,
09:38à l'époque où il était au cœur du jeu,
09:39Bruno Retailleau questionne un jour
09:41l'État de droit.
09:42Et on lui dit,
09:43vous n'avez pas le droit de faire ça.
09:44Il est obligé de rétro-pédaler immédiatement
09:46en disant État du droit.
09:47État du droit,
09:48comme s'il avait prononcé un mot
09:50qu'on n'a pas le droit de prononcer
09:51de manière critique.
09:53Ensuite, le système médiatique,
09:55j'ajoute une chose là-dedans,
09:56crée un récit,
09:57qui est un récit d'expulsion
09:59de Marine Le Pen.
10:00Nous nous y préparons mentalement.
10:02Ensuite, certains diront,
10:03Marine Le Pen a cherché à jouer
10:04selon les règles du système.
10:06Elle a cherché, en fait,
10:07un parti d'opposition,
10:09qui était traité comme un parti paria,
10:11a cherché à jouer selon les règles
10:12du système en cela
10:12et en bien d'autres domaines.
10:14Les lois sur les propos haineux,
10:15les lois sur la désinformation,
10:16la loi dont on parle tout récemment
10:17sur le contrôle des réseaux sociaux.
10:19On peut se demander
10:19dans quelle mesure
10:20un parti d'opposition
10:22a avantage,
10:23a toujours donné des gages
10:24au système qui a l'intention
10:26de le persécuter.
10:27Ça, c'est une question
10:27qu'on pourrait se poser
10:28au terme de cela.
10:29Mais quel est le résultat
10:30sur le plan politique,
10:31pour la présidentielle qui vient
10:32dans un an et quelques?
10:34Premier élément,
10:35c'est la mise à l'écart
10:36d'une personnalité d'exception.
10:37On peut penser ce qu'on veut
10:38de Marine Le Pen,
10:39l'apprécier,
10:39ne pas l'apprécier,
10:40manifestement après son débat de 2017.
10:43Sa renaissance ensuite,
10:44on est devant quelqu'un
10:44qui manifestement avait
10:46une épaisseur politique
10:47qui manque souvent aujourd'hui
10:48aux technocrates interchangeables
10:50qui sont dans la classe politique.
10:51On est devant quelqu'un
10:52qui a une vraie figure politique
10:54qui a créé un lien
10:55très particulier avec les Français.
10:57Mais ce lien est sacrifié.
10:58Elle ne sera pas candidate,
11:00probablement.
11:01Elle aura transformé
11:01en profondeur le camp national
11:03en lui donnant un nouveau programme,
11:05moins national, libéral
11:06ou conservateur comme autrefois,
11:07qu'une forme de républicanisme social.
11:09On pourrait dire de manière
11:10un peu amusée que Marine Le Pen,
11:11c'est la véritable héritière
11:12du chevet de mentisme,
11:14mon avis, politique française aujourd'hui.
11:15Elle a proposé une nouvelle synthèse
11:17de gauche-droite républicaine.
11:19Cette synthèse pourra-t-elle lui survivre?
11:21On se posera la question.
11:23Ce qui est certain,
11:23c'est que si Jordan Bardella
11:24prend le relais,
11:25ce ne sera pas qu'un changement
11:26de personnage,
11:27ce sera aussi un changement
11:28de ligne.
11:29Vous disiez,
11:30la famille Le Pen a participé
11:31à l'élection présidentielle
11:33de 1974 à 2022,
11:35à l'exception de 1981.
11:37Que représente son élimination
11:39de la course présidentielle?
11:41Je pense que le premier enjeu,
11:42c'est le nom Le Pen.
11:43C'est-à-dire que c'est un nom
11:44qui est chargé,
11:45c'est un nom qui est connu
11:45à travers le monde aujourd'hui.
11:47Longtemps, c'était le nom
11:48du diable de la République.
11:49Il suffisait de dire Le Pen
11:50pour faire peur aux enfants.
11:52On connaissait la méthode.
11:53Le Penisation,
11:54rappelez-vous ce terme.
11:55Autrement dit,
11:56vous étiez contaminés.
11:57Les effets de contamination
11:58des idées à la manière
11:58d'une nouvelle peste politique.
12:01Dans les faits,
12:02la signification du nom Le Pen
12:04a un peu changé
12:05depuis la mort de Jean-Marie Le Pen
12:06l'an passé,
12:07vous l'aurez noté.
12:07Tous condamnent avec raison
12:09les propos,
12:10les fameux dérapages
12:11qui lui ont donné
12:11mauvaise réputation,
12:12mais plusieurs se disent.
12:14Mais est-ce qu'il s'était
12:14complètement trompé
12:15sur l'immigration?
12:16Est-ce qu'il n'a pas eu raison
12:17avant d'autres
12:18sur l'immigration?
12:20Une forme de pression
12:21sur une question fondamentale.
12:23De même,
12:24Marion Maréchal,
12:25qui vient de publier un livre
12:26« Si tu te sens Le Pen »,
12:27réhabilite aussi.
12:28Le nom maudit,
12:29elle dit non,
12:30je le brandis.
12:31J'en fais une référence.
12:32Autrement dit,
12:33je m'en réclame.
12:33Puis le porte même au-delà
12:34de la question migratoire.
12:36Donc ça devient pour certains
12:37un nom positif.
12:38Ne l'oublions pas.
12:39Et pas simplement
12:40dans le petit milieu
12:41des derniers fidèles.
12:43Donc la question
12:43qu'on se posera,
12:44puisqu'il y a en plus
12:44réconciliation entre
12:46Jordan Bardella
12:46et Marion Maréchal,
12:48on peut s'attendre
12:48parce que le nom Le Pen
12:49poursuive sa carrière politique
12:51au moment de la présidence
12:52présidentielle
12:52et dans un changement
12:53de fonction.
12:54Parce que que représente
12:55Marion Maréchal là-dedans?
12:56Elle représente,
12:57un, la dimension
12:58plus conservatrice
12:59et identitaire
12:59du camp national,
13:00le côté international
13:02conservatrice
13:02avec les liens
13:03avec l'Italie notamment.
13:04La volonté aussi,
13:05ça c'est un changement
13:06du grand-père
13:06à la petite-fille.
13:07D'un côté,
13:08il y avait la fonction
13:08tribunicienne,
13:09l'opposition incarnée
13:10au système.
13:11De l'autre côté,
13:11vous avez des gens
13:12qui veulent exercer
13:13le pouvoir,
13:14qui croient
13:15à la prochaine étape.
13:16Donc le nom Le Pen
13:17va peut-être s'inviter
13:18dans la présidentielle
13:18néanmoins autrement.
13:20Vous avez parlé
13:21des mérites peut-être
13:21reconnus à Jean-Marie Le Pen
13:23de la lucidité
13:24que certains lui prêtent
13:25sur l'immigration.
13:26Mathieu,
13:26n'est-elle pas en partie
13:27confirmée par cette gauche
13:28qui porte fièrement
13:29l'étendard
13:30du grand remplacement
13:31aujourd'hui?
13:31Là, on est pris
13:32dans une situation bizarre
13:33où M. Mélenchon
13:34se réclame
13:34du grand remplacement.
13:36En Espagne,
13:37une eurodéputée
13:38de Podemos,
13:38gauche radicale,
13:40dit j'espère
13:40que la théorie
13:41du remplacement
13:42se réalisera.
13:43Et elle demande
13:44aux immigrés
13:46allayer en fait
13:47l'Espagne
13:47pour pouvoir se délivrer
13:49d'Espagnols
13:50dits de souches
13:50qui seraient
13:51des fascistes
13:52et des racistes.
13:53En Grande-Bretagne,
13:54et Marc va en parler
13:54dans un instant,
13:55il y a des politiques publiques
13:56pour multiculturaliser
13:57de force la campagne.
13:58Les régions
13:59qui seraient insuffisamment
14:00soumises à l'immigration
14:01doivent être transformées.
14:03Est-ce que de ce point de vue,
14:04je terminerai là-dessus,
14:04la notion de population
14:05de souches ne retrouve pas
14:06une certaine légitimité
14:07comme certains le disaient?
14:08Vous savez,
14:08on a parlé la semaine dernière
14:09du livre
14:10« Celui par qui la paix
14:11est arrivant »,
14:11le livre sur Renaud Camus
14:13dont on parle beaucoup,
14:14tout le monde en parle.
14:15J'ai fait un test
14:16que certains ont suggéré
14:17en librairie
14:17parce que je vois
14:18partout le livre
14:18sur Renaud Camus.
14:20J'ai demandé à plusieurs libraires
14:21« Est-ce que je pourrais aussi
14:21avoir les livres
14:22de Renaud Camus
14:22pour savoir
14:23les livres du personnage
14:25dont on parle ? »
14:26Chaque fois,
14:26on va regarder en me disant
14:27« Mais qui est ce petit emmerdeur
14:28qui essaie de nous poser
14:29de telles questions ? »
14:30Il se pourrait
14:31que tout cela soit lié.
14:32Merci Mathieu Bocoté
14:34pour ce regard
14:35avec beaucoup de hauteur.
14:36Charlotte,
14:36on vous envoie
14:37le communiqué
14:37de presse de la famille
14:38sur l'enseignante poignardée
14:39qu'on vient de recevoir.
14:41Dans un instant,
14:41on va se renseigner
14:43pour savoir
14:43ce qui s'est passé.
14:45J'ai envie de vous entendre
14:46Mathieu,
14:46Gabriel,
14:47Charlotte,
14:47Marx
14:48sur ce qui s'est passé
14:48à la commission d'enquête
14:50sur l'audiovisuel public
14:52cet après-midi.
14:54Extrait.
14:55Écoutez.
14:56Monsieur le rapporteur,
14:57je le dis,
14:57la désinformation,
14:58ça va bien deux minutes.
14:59MediaOne,
15:00c'est un groupe français
15:00qui a son siège à Paris
15:02et qui a effectivement
15:03des actionnaires divers et variés.
15:05On va les auditionner,
15:06on va leur demander des comptes.
15:07Je le dis
15:07parce que cette audition,
15:08regardez,
15:08on va leur demander des comptes
15:10sur leurs liens,
15:11le fonctionnement
15:12avec le service public
15:13et notamment avec France Télévisions.
15:14Mais arrêtez de nous faire croire
15:15que MediaOne
15:16est un agent de l'étranger,
15:17c'est un champion européen
15:18dont le siège est en France.
15:20J'ai l'impression
15:21que vous voulez défendre
15:22à corps et à cri MediaOne
15:23et j'ai l'impression
15:24que vous vous faites
15:24le porte-parole de MediaOne.
15:26Je dis depuis le début
15:27que MediaOne
15:28est une société
15:29qui est détenue
15:30en majorité
15:31capitalistiquement
15:33par un fonds d'investissement
15:34américain,
15:35KKR.
15:35C'était d'ailleurs
15:36l'une des révélations
15:37de cette commission d'enquête.
15:38Que vous ayez des liens,
15:39on le verra peut-être
15:40avec des actionnaires
15:41de MediaOne,
15:42vous pourrez en répondre.
15:44Cette audition
15:45s'est mal terminée,
15:47suspension de séance,
15:48vous verrez la suite
15:49après la pause.
15:50On marque une pause,
15:51on revient
15:51avec Dunia Tinguour
15:53qui était ici en place
15:54et qui va nous raconter
15:55ce que vous n'avez pas entendu
15:57mais qu'elle a entendu.
15:58A tout de suite.
15:59Je vous le disais
16:02il y a quelques instants
16:03en vive tension
16:04au sein de la commission
16:05d'enquête
16:06sur la neutralité,
16:07le fonctionnement
16:07et le financement
16:08de la commission
16:10de l'audiovisuel public
16:12qui auditionnait
16:13aujourd'hui
16:13normalement
16:14plusieurs anciens
16:16ministres de la culture.
16:17Il y a eu
16:17cette passe d'âme
16:18entre le président
16:20de la commission
16:21et le rapporteur
16:22de la commission.
16:23Maintenant,
16:24je vous propose
16:24de regarder
16:24l'ensemble de la séquence
16:26qui dure deux minutes.
16:27Ensuite,
16:28on va rejoindre
16:28notre correspondante
16:29qui était sur place.
16:31MediaOne est détenue
16:32à plus de 50%
16:34par un fonds
16:34d'investissement américain
16:35KKR.
16:36Vous voyez un peu
16:37l'analogie que je fais.
16:39Pour vous,
16:39ancienne ministre
16:40de la culture,
16:41il n'y a pas de problème
16:42et laissez-moi aller
16:44au bout de ma question,
16:45il n'y a aucun problème
16:45à ce que le service public
16:47et l'argent du contribuable
16:48aillent financer
16:49des sociétés privées
16:50détenues à l'étranger.
16:52Monsieur le rapporteur,
16:53je le dis,
16:53la désinformation
16:53ça va bien deux minutes.
16:55MediaOne,
16:55c'est un groupe français
16:56qui a son siège
16:57à Paris
16:57et qui a effectivement
16:59des actionnaires
16:59divers et variés.
17:00On va les auditionner,
17:01on va leur demander
17:02des comptes.
17:02Je le dis,
17:03parce que cette audition
17:03est gardée,
17:04on va leur demander
17:05des comptes
17:05sur leur lien,
17:06le fonctionnement
17:07avec le service public
17:08et notamment
17:09avec France Télévisions.
17:10Mais arrêtez
17:10de nous faire croire
17:11que MediaOne
17:11est un agent de l'étranger,
17:13c'est un champion européen
17:14dont le siège
17:14est en France.
17:15j'ai l'impression
17:16que vous voulez défendre
17:17à corps et à cri
17:18MediaOne,
17:19j'ai l'impression
17:19que vous faites
17:20le porte-parole
17:20de MediaOne.
17:21Je dis depuis le début
17:23que MediaOne
17:24est une société
17:25qui est détenue
17:26en majorité
17:27capitalistiquement
17:28par un fonds d'investissement
17:30américain,
17:30KKR.
17:31C'était d'ailleurs
17:31l'une des révélations
17:32de cette commission
17:33d'enquête.
17:33Que vous ayez des liens,
17:35on le verra peut-être,
17:35avec des actionnaires
17:36de MediaOne,
17:38vous pourrez en répondre.
17:39Mais MediaOne
17:40est détenue en majorité
17:41par un fonds d'investissement
17:42américain,
17:43c'est tout ce que je dis
17:44et je ne comprends pas
17:45pourquoi vous expliquez
17:46que ce que j'explique
17:48est factuellement faux.
17:49Merci monsieur le rapporteur,
17:50vous venez de porter
17:51des accusations
17:51très graves contre moi
17:52en disant que j'avais
17:52des liens avec MediaOne
17:54ce qui est absolument faux
17:55donc je suspends cette audition.
17:58Merci messieurs les ministres.
17:59Mais non,
18:00mais Jérémy,
18:01franchement,
18:02mais qu'est-ce que tu fais là ?
18:03Pourquoi tu t'interromps ?
18:04Monsieur le rapporteur,
18:06je viens de suspendre
18:09cette audition,
18:09je viens de suspendre
18:10cette audition,
18:11monsieur le rapporteur
18:11vient de me mettre
18:13en cause
18:13en indiquant
18:14que j'avais des liens
18:15avec MediaOne
18:15ce qui est absolument faux
18:16et donc je mets fin
18:17à cette audition
18:17et je remercie
18:18les ministres
18:19de leur présence.
18:19Monsieur le Président,
18:20j'avais des questions
18:22importantes à...
18:24Et tout a été ainsi coupé.
18:28Et tout a été ainsi coupé.
18:29Donia Tengour,
18:30vous êtes notre envoyée spéciale,
18:32vous étiez sur place,
18:33que s'est-il passé concrètement ?
18:36Écoutez, chers chers chers chers chers chers chers chers chers,
18:38supprimés,
18:38merci,
18:39merci beaucoup à tous.
18:39Effectivement,
18:40il y avait un climat
18:41de tensions
18:41qui était assez palpable
18:43tout au long
18:43de cette audition
18:45des quatre ministres,
18:46d'anciens ministres
18:47de la Culture
18:48qui étaient présents.
18:49Alors pour rappel
18:49pour nos téléspectateurs,
18:50il y avait Aurélie Filippetti,
18:52Roselyne Bachelot,
18:53Franck Riefr ici,
18:53et Rima Abdelmalak
18:55qui étaient en visioconférence.
18:57Il a été question...
18:59Alors il y a eu
18:59déjà une première passe d'armes
19:00avant celle-ci
19:01que vous avez pu voir
19:02à l'écran.
19:03C'était, on va dire, à peu près une heure après l'audition des ministres sur, en effet, Charles Alonc, qui est le rapporteur, a posé de nombreuses questions concernant le financement, chiffres à l'appui.
19:16Et il est vrai qu'il a posé à de nombreuses reprises les mêmes questions, car il considérait qu'il n'avait pas ses réponses, ce qui a agacé l'audience et les ministres présents et le président qui était à côté de lui.
19:28Donc, Jérémy Patry-Lettus, qui est le président de cette commission, a une première fois menacé de suspendre cette audition, ce qu'il n'a pas fait.
19:38Et je pense que c'était la goutte de trop, cet épisode sur les sociétés de production et MediaOne.
19:44On sentait une tension palpable entre les deux hommes tout au long de cet après-midi.
19:49Et vous avez pu le voir, cet échange était très tendu et il y a eu une fameuse suspension que vous avez payée, puisque Charles Alonc était coupé dans ses propos.
20:00Et il y avait très peu de journalistes, je dois vous avouer, j'étais peut-être l'une des seules, on était deux.
20:06Et c'est vrai que le président a perdu un peu son sang-froid, il faut le dire, et notre chaîne a été mise en cause, Christine.
20:14C'est-à-dire concrètement, quels mots ont été prononcés, Donia Tinguin ?
20:19Alors, effectivement, j'ai été assez surprise parce qu'il y a eu un brouhaha, puisque vous avez vu, Charles Alonc a fini par tutoyer le président.
20:25C'était un échange qui n'était pas censé en fait être vu par le public qui était présent.
20:30Et il lui a dit, alors c'était difficile à entendre, moi j'ai entendu ces news, va faire ces news.
20:37Ce que le président a dit à Charles Alonc, va faire ces news, laissant entendre que Charles Alonc avait finalement des questions
20:43qui étaient orientées par rapport au fait qu'il est, on le rappelle, un député UDR, un député siotistant.
20:51Il lui a dit, va faire ces news.
20:53Merci beaucoup, Donia Tinguin, pour ces informations.
20:58Nous, on a invité Charles Alonc à plusieurs reprises, mais on n'a pas pu le recevoir, faute de tant de paroles,
21:03pour faire ces news, on aimerait bien qu'il fasse ces news, en tout cas.
21:06Merci, Donia Tinguin.
21:07Un tour de thème pour savoir un peu, qu'est-ce que ça révèle selon vous ?
21:10Charlotte Dornelas, je commence par vous, ensuite Mathieu Gabriel-Marc.
21:13Il y a depuis le premier jour de cette commission, en raison de son objet, évidemment, une tension qu'on n'a pas vue dans d'autres commissions.
21:20Alors, c'est ici un procès en procureur, qui est fait à Charles Alonc, ce qui n'a jamais...
21:29Moi, si c'était vrai tout le temps, pourquoi pas, à la limite, mais ça n'a jamais gêné personne sur toutes les autres commissions d'enquête qui ont existé.
21:36Il y a des questions qui, apparemment, sont insupportables pour tout le monde.
21:39Il y a des réponses qui, en effet, n'arrivent jamais.
21:41Mais au-delà de toutes ces questions qui sont vraies, d'ailleurs, dans d'autres commissions d'enquête,
21:45il y a une tension extrêmement forte.
21:46Je rappelle la présidente de l'Assemblée nationale qui reprend le rapporteur en pleine commission sur une radio de l'audiovisuel public,
21:54qui est l'objet de la commission elle-même.
21:56C'est quand même assez inédit en termes d'ambiance.
21:59Mathieu Bocoté.
22:00Ce qui devient assez clair, c'est qu'au-delà du premier procès, appelons ça comme ça,
22:05qui était celui des biais idéologiques de l'audiovisuel public,
22:08cette commission a touché à autre chose.
22:10C'est-à-dire les intérêts agglomérés nombreux, au-delà, je ne parle pas de Média One ici en particulier,
22:15qui trouvent le moyen de...
22:18En fait, ils se sont engraissés à même les fonds publics, mais au fil des décennies, au fil des ans.
22:23Par ailleurs, je me permets une remarque amusée sur le retour du président de la commission, Jérémie...
22:28Jérémie Patrie-Vétus.
22:29...qui fuit avant de revenir au dernier moment pour avoir le dernier mot.
22:32Moi aussi, je fais ça dans mes querelles, normalement.
22:34Donc, au dernier moment, quand je m'engueule, je fuis, je reviens pour avoir le dernier mot en disant...
22:37J'ai eu l'impression d'être témoin de cela.
22:39Sauf que là, c'est l'argent des Français, le genre de l'État...
22:41Ah bah oui, c'est apparemment sur l'État et pour tout le monde.
22:43Effectivement.
22:44Gabriel Cluzel.
22:45Tu sais, moi, je trouve ces échanges assez revigorants.
22:47Pardon, mais...
22:49Pourquoi ?
22:49Parce que je crois qu'il faut nettoyer les écorécuries d'Ogias, du service public,
22:55et ça ne peut pas se faire autrement qu'avec des échanges de ce type-là.
23:00Moi, j'avoue que c'est sûr que dans le service public, on doit avoir plus l'habitude des cocktails feutrés,
23:06mais ça leur fait beaucoup de bien d'avoir de vraies questions.
23:09Mais la vraie question...
23:10Moi, j'ai connu le RTF.
23:12J'étais à Téfin...
23:14Non, mais j'étais...
23:15J'étais à Téfin...
23:17Bravo.
23:17Il y a très longtemps.
23:19Je ne me comprends pas pour résumer.
23:20Mais on était dans la logique, c'est-à-dire que vous aviez une chaîne d'État...
23:23Non, mais il n'y avait pas de dérange financière.
23:25Non, mais justement, c'est ce que je veux dire.
23:27Vous aviez des producteurs, mais qui étaient des producteurs internes,
23:30c'est-à-dire des gens qui avaient le budget d'une émission,
23:34mais il n'était pas question de faire appel au privé.
23:37Quelle est cette folie de dire, voilà, avec l'argent public,
23:40maintenant, on permet à certains de venir, oui, s'enrichir,
23:46pour mener des enchères afin d'être concurrentiel avec le privé.
23:50On n'a pas à être concurrentiel avec le privé.
23:53On a simplement essayé de faire le métier le mieux possible
23:57avec les moyens dont on dispose.
23:59Charles Allant qui fait la une du JD News aujourd'hui.
24:04Merci en tout cas pour votre regard.
24:06On suivra cette commission, puisque chaque jour apporte son lot de révélations.
24:10Et on a envie de se demander, effectivement,
24:13qui a intérêt à ce que cette commission parle moins et fasse plus de bruit.
24:17Marc Menon, le gouvernement britannique lance des plans nationaux
24:20pour rendre les campagnes plus diverses.
24:23Elles sont jugées trop blanches par des rapports officiels.
24:26Comment expliquer ? Qu'est-ce qui se passe concrètement ?
24:28C'est extraordinaire.
24:30Alors, ça ne surprend pas de la part de l'Angleterre,
24:33qui est un exemple que l'on néglige beaucoup trop souvent.
24:37Le multiculturalisme anglais.
24:40Regardez comment ils ont permis l'osmose entre des gens
24:46qui avaient des horizons et des cultures complètement différents.
24:49et bien cela est oublié simplement parce qu'on a le droit d'être soi.
24:57Le roi d'Angleterre, Charles II, il y a quelques mois,
25:01a même rompu le jeûne, vous vous souvenez ?
25:03C'est-à-dire que soudain, il n'était plus question d'être le représentant
25:09de l'église anglicane, c'est quand même son rôle.
25:11Non, non, non, non.
25:11Il devenait celui qui tenait à être à côté des musulmans.
25:16Alors là, ça va encore plus loin.
25:18Le département de l'environnement, de l'alimentation et des affaires rurales.
25:23C'est sérieux comme ça.
25:24C'est donc là vraiment un organisme qui a pignon sur eux.
25:29Il parle de 46 régions.
25:31Les régions les plus typiques.
25:33Les régions qui caractérisent comme si on a la chance en France
25:37d'avoir encore des lieux.
25:39Quand vous arrivez, vous savez que vous êtes en Bretagne.
25:41Vous arrivez, vous êtes en Normandie.
25:43Il y a quelque chose qui vous prend les tripes.
25:45C'est l'âme.
25:46C'est l'enracinement.
25:47C'est ce qui fait la vigueur de l'individu.
25:50C'est ce qui permet de se sentir, non pas de partout ou de nulle part,
25:55c'est de se sentir à un endroit donné,
25:58dans la propulsion avec le lien qui vous propulse dans un désir,
26:04pour nous, le désir de la liberté, la façon de se comporter.
26:08Mais ces régions sont jugées trop blanches.
26:10Alors oui, mais c'est ça qui est extraordinaire, mais j'ai noté.
26:13Alors donc, l'environnement, il est écrit,
26:16il est écrit, nous avons un environnement blanc
26:20qui est apprécié principalement par la classe moyenne blanche.
26:25Ce qui, eh bien, crée un sentiment d'inconfort, ah oui,
26:30pour les musulmans venus du Pakistan ou du Bangladesh.
26:34Vous vous rendez compte ?
26:35C'est-à-dire qu'au départ, c'est quoi ?
26:37Le fait d'accueillir des étrangers.
26:40Soit on est dans la logique capitaliste,
26:42et c'est de dire, on cherche à exploiter les plus pauvres,
26:45venez, bousculez-vous, vous serez mal payés,
26:48ou sinon, dans un principe qui est celui de s'ouvrir
26:53à ceux qui ont le désir de vivre autrement,
26:56de leur dire, venez, mais si vous n'êtes chez nous,
26:58c'est que vous l'avez choisi,
26:59et que par conséquent, vous avez envie de comprendre
27:02notre façon d'être, et de vous assimiler,
27:04il n'y a plus rien de tout ça.
27:06Non, non, non, non, demain, il faut que l'on puisse...
27:09Là, par exemple, il est écrit en toutes lettres,
27:11il y a trop de pubs où on peut vendre,
27:13où on vendre d'alcool.
27:15Alors moi, je suis avec Mathieu,
27:16je vais prendre mon verre de flotte,
27:18mais je n'en ai rien à faire si mon meilleur copain,
27:20il est avec son verre de whisky, ça ne me regarde pas,
27:23nous nous laisserons aller à l'ivresse des propos.
27:26Et puis c'est l'identité locale.
27:27Non, mais comment imaginer ?
27:30C'est-à-dire que c'est le propos du général de Gaulle,
27:34que l'on bel est de mosquée.
27:36Alors maintenant, il va falloir des mosquées
27:38pour arriver, se sentir bien,
27:39mais oui, donc on va avoir des villes
27:42qui ne seront même plus des villes musées.
27:45C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on estime
27:47que ces villes-là sont beaucoup trop authentiques.
27:50On se sent trop en Angleterre.
27:52Effacez-moi ça les Anglais !
27:54Vous n'avez plus le droit d'être là.
27:56Alors quand on parle de grand remplacement,
27:58je crois que le mot, il est aujourd'hui galvaudé,
28:00il ne veut plus rien dire.
28:02On est à l'époque de la grande colonisation.
28:06Et par conséquent, retirez-vous maintenant,
28:09nous sommes chez nous.
28:10Vous aurez peut-être le droit, dans un recoin,
28:13à avoir l'étiquette,
28:14voilà ce qu'était l'Angleterre.
28:17Et vous, on viendra vous mettre la petite obole.
28:21Vous serez le symbole des temps passés.
28:24Merci pour cette analyse, mon cher Marc Menon.
28:28Dans un instant, avec vous, Mathieu Bocoté,
28:30on s'arrêtera sur la récupération de l'affaire Epstein.
28:33Est-ce que j'ai envie de savoir
28:34ce que vous pensez de la défense de Jacques Lang,
28:38par exemple, de Caroline Lang ?
28:39On en parlera dans un instant de l'affaire Epstein.
28:41Et puis, on recevra dans un instant notre invité ce soir,
28:45Firaghan Azieri, essayiste qui publie
28:48« L'Islam contre la modernité »
28:50aux éditions de La Cité.
28:52Juste avant, Charlotte Dornelas.
28:54Nous en savons un peu plus sur le profil
28:56de l'adolescent qui a poignardé
28:59son professeur de 60 ans hier.
29:02Et nous avons également appris
29:03que son geste était prémédité.
29:06Que sait-on de plus ce soir ?
29:07En effet, il l'a raconté lui-même,
29:12ce garçon de 14 ans, en garde à vue.
29:15Il avait pensé à le faire la semaine précédente,
29:18mais il s'était révisé de peur de passer à l'acte.
29:20Il explique qu'il avait eu peur de passer à l'acte.
29:22Il aurait prévenu des camarades de classe
29:24dans la journée qu'il allait passer à l'acte.
29:28Je fais juste une parenthèse
29:29que plusieurs parents m'ont fait remarquer.
29:31Mais quand il y a un...
29:32Parce que les gamins sont arrivés et ont dit
29:33« Oui, il nous a dit ce matin qu'il voulait planter la prof. »
29:35Il y a beaucoup de parents qui m'ont dit
29:36« Vous savez, désormais, les enfants, ils parlent comme ça, en fait.
29:38Il n'y a pas un enfant qui a pris au sérieux
29:40le fait qu'il allait tuer sa prof
29:42et ne l'a pas rapporté, évidemment, pour cela. »
29:46Je referme la parenthèse.
29:47Et il a fini par frapper, en effet.
29:49Puis, il a pleuré toutes les larmes de son corps.
29:52C'est son expression en garde à vue.
29:53En se frappant lui-même.
29:55Et là, il y a des témoins, notamment un professeur,
29:57qui l'a vu, en effet, se frapper lui-même
29:58après avoir poignardé son professeur.
30:02Et en garde à vue, il explique qu'il a prémédité ce geste
30:06pendant plusieurs jours pour répondre à « l'injustice ».
30:10Et cette professeure, en effet, avait inscrit
30:13plusieurs incidents dans Pronote,
30:15qui est la plateforme de vie scolaire.
30:17Et c'est donc ça, l'injustice,
30:19contre laquelle il était nécessaire pour lui de frapper.
30:23Alors, tout a l'air, évidemment, incompréhensible.
30:26J'allais dire presque comme d'habitude,
30:27si ce n'est ce lien persistant d'une intolérance absolue
30:31à la moindre frustration,
30:32qui paraît bénigne à tout le monde.
30:33Et donc, nous avons du mal à l'expliquer,
30:35mais qui revient d'affaire en affaire.
30:38Et qu'est-ce qui ressort de son profil à lui ?
30:40Il a 14 ans.
30:41C'est un élève décrit comme perturbateur
30:43par sa prof de PS,
30:44qui précise toutefois qu'il n'était absolument pas violent
30:47et que jamais personne n'aurait pu imaginer ça.
30:50Parce qu'évidemment, perturbateur,
30:51ça résonne dans la tête de tout le monde.
30:52Ah ben, on savait bien.
30:53Non, des élèves perturbateurs,
30:54il y en a des dizaines qui jamais ne frappent qui que ce soit.
30:57Marc Menand lève le doigt, alors on parle.
30:59Il a été.
31:00C'était une autre époque.
31:01Voilà, il avait été signalé.
31:03Mais je note qu'à l'époque de Marc Menand,
31:05sans lui faire offense,
31:06mais il y a aussi dans toutes les campagnes de France,
31:08tous les gamins allaient à l'école
31:09avec un couteau suisse dans leur poche.
31:11Il n'y avait pas de problème.
31:12Donc, ce n'est pas non plus une affaire de couteau.
31:14Comme ça, ça s'est dit.
31:16Et il avait été signalé pour quelques problèmes de comportement,
31:20là encore, comme tant d'autres élèves.
31:22Il aimait les jeux vidéo, comme tant d'autres élèves répondront encore une fois plusieurs personnes.
31:28Mais en garde à vue, il expliquait simplement qu'il fallait,
31:31et c'est son mot, il fallait qu'il le fasse,
31:33parce qu'il avait trop de haine en lui.
31:35La raison exacte demeure difficile à identifier,
31:37et peut-être d'ailleurs ne le sera-t-elle jamais précisément.
31:41Mais il avait pourtant un rendez-vous déjà prévu
31:43avec la protection judiciaire de la jeunesse.
31:46Pour quelles raisons ?
31:48Et que reste-t-il désormais, Charlotte ?
31:50En effet, peut-être que sa famille n'offrait pas le cadre idéal.
31:53J'utilise le conditionnel à dessein, je reste extrêmement prudente,
31:56parce qu'on a très peu d'éléments,
31:57et qu'ils sont parcellaires,
31:59et que je ne veux certainement pas faire peser sur cette famille
32:01des choses qui ne seraient pas justes,
32:04étant donné la situation.
32:05Il avait en effet rendez-vous demain
32:07avec la protection judiciaire de la jeunesse,
32:09parce qu'en 2025, le collège avait signalé
32:11des soupçons de violences parentales exercées
32:13sur la jeune sœur, la jeune sœur de ce garçon.
32:16Il y avait eu une enquête,
32:17aucune preuve n'avait été récoltée,
32:20il y avait donc eu un classement sans suite,
32:22mais une saisine du juge des enfants,
32:24vous savez, en assistance éducative.
32:25On leur demande d'assister précisément ces enfants-là,
32:29pour voir si, au-delà du manque de preuves,
32:31il y a réellement un problème.
32:32Et en septembre, le juge avait ordonné une mesure
32:34au bénéfice des deux enfants,
32:36donc d'accompagnement,
32:36et une thérapie familiale.
32:39Donc il y a des questions, en effet,
32:41autour de cette situation,
32:42on ne sait absolument pas pourquoi.
32:43Lui conteste, a contesté à l'époque
32:45et a recontesté en garde à vue
32:47avoir subi la moindre violence
32:48de la part de ses parents.
32:50Et désormais, il est donc à un mise en cause
32:52par la justice, il était accompagné précédemment.
32:54Le parquet de Toulon devrait le déférer demain
32:56et requérir l'ouverture d'une information judiciaire
33:00du chef de tentative d'assassinat
33:02et donc réclamer probablement
33:04sa détention provisoire demain,
33:05tentative d'assassinat.
33:07Ça veut dire qu'il encourt la peine
33:09de réclusion criminelle à perpétuité
33:10qui est ramenée à 20 ans
33:11pour un mineur de moins de 16 ans.
33:14Mais comment expliquer ces profils
33:16rongés par la haine et la violence
33:18qui passent ainsi à l'acte
33:20à la moindre frustration ?
33:22On a eu la longue litanie
33:25des portiques et des caméras.
33:26Est-ce qu'il faut les mettre en dehors des classes,
33:28dans les classes, devant le portique
33:29ou après le portique ?
33:31Je passe là-dessus, ça me semble
33:32assez peu à la hauteur de ce qui nous arrive.
33:35Simplement, j'ai entendu le ministre
33:38de l'Éducation nationale expliquer
33:39que le risque zéro n'existait pas.
33:42Évidemment que sur le terrain du mal,
33:43le risque zéro n'existe pas.
33:45Mais je pense que le ministre
33:46de l'Éducation nationale lui-même
33:49répond à une mauvaise question.
33:51S'il dit que le risque zéro n'existe pas,
33:53il se place lui-même sur le terrain sécuritaire.
33:55En effet, on ne pourra pas,
33:57par des portiques et des caméras,
33:58quelle que soit l'issue de ce débat-là,
34:01empêcher le mal d'être fait.
34:02En revanche, si l'homme est capable du bien
34:04et du mal, tenté par le mal
34:06et capable du bien,
34:08la société, normalement,
34:10par la civilisation de ses membres précisément,
34:13empêche cette pulsion de mort
34:14dont vous parliez tout à l'heure
34:15de se répandre pour la moindre frustration
34:18au moindre événement.
34:20Donc la question qu'il faut qu'on se pose,
34:21parce que quand les enfants ont 14 ans
34:24et qu'ils sont capables de tuer,
34:25en évoquant une frustration absolument ridicule
34:28pour justifier ce crime,
34:31eh bien la question qu'il faut qu'on se pose,
34:32c'est de quels enfants, exactement,
34:33sommes-nous en train d'accoucher ?
34:35Qu'est-ce qui, dans le manque de repères,
34:38qu'ils soient anthropologiques ou éducatifs,
34:40génère ces enfants-là ?
34:42Il peut y avoir, évidemment,
34:43des profils absolument inexplicables.
34:46Leur répétition, pardon,
34:48et notamment à l'école,
34:50pose évidemment la question
34:51de la place de l'enfant
34:52et de la place qu'on lui fait aussi.
34:54Exactement, absolument.
34:56Merci pour cette analyse,
34:58Charlotte Dornelas.
34:59Et puis on rappelle ce sondage,
35:01CSA, pour CNews Européen-LGDD,
35:0376% des Français se disent inquiets
35:05pour la sécurité des élèves au collège
35:07et 84% se disent inquiets
35:09pour la sécurité des enseignants au collège.
35:13Pardon ?
35:14Simplement, vous disiez tout à l'heure
35:15que la famille avait écrit,
35:16la famille de l'enseignante,
35:18il demande simplement,
35:19je le dis,
35:19parce que ça mérite d'être dit,
35:21il demande à la presse de cesser,
35:23de tenter de les contacter
35:24tant que cette femme est encore
35:25dans le coma.
35:28Voilà pour le message
35:29de la famille de l'enseignante
35:32poignardée à Sanaré.
35:35Merci beaucoup, Charlotte Dornelas.
35:37On parlera de l'affaire Epstein
35:38dans un instant.
35:39D'abord, on reçoit notre invité,
35:41ce soir, Fergan Asiari,
35:43essayiste qui publie
35:44L'Islam contre la modernité
35:46aux éditions La Cité.
35:48Merci infiniment d'être notre invité ce soir.
35:50Votre livre qui pose une question
35:52frontalement évitée.
35:54L'Islam est-il compatible
35:56avec la modernité politique,
35:58juridique et culturelle occidentale ?
36:00Alors, on a beaucoup déjà entendu parler,
36:02pour ceux qui s'intéressent un petit peu
36:03aux médias,
36:05à quelques extraits
36:06de vos interviews
36:07et où vous rappelez,
36:09vous expliquez que l'Islam,
36:10notamment dans vos livres,
36:11votre livre n'a jamais clairement
36:13condamné l'esclavage,
36:14ce qui pose problème
36:15avec l'idée moderne
36:17d'égalité entre les êtres humains.
36:19Beaucoup de questions
36:20à vous poser ce soir.
36:21Merci infiniment
36:22d'être notre invité.
36:23Merci à vous pour votre invitation.
36:25Vraiment, on est très heureux
36:26de vous accueillir.
36:26Gabrielle Cluzel
36:27est votre intervieweuse ce soir.
36:30Oui, alors déjà,
36:32je vous félicite
36:32pour votre livre
36:33qui est serein, étayé,
36:34il n'y a pas d'imprécation,
36:35d'anathème,
36:36c'est vraiment juste des faits.
36:38Je note que vous avez préféré
36:39le mot « islam »
36:41au mot « islamisme ».
36:42Or, en France,
36:43il est d'usage
36:43de faire un distinguo
36:45entre l'islam et l'islamisme
36:46dès lors qu'on va tenir
36:48des propos
36:49pas forcément flatteurs
36:50de parler d'islamisme.
36:52Donc, vous avez choisi
36:52de ne pas sacrifier à l'usage.
36:55Oui, moi,
36:55je ne fais pas cette distinction
36:56parce que je m'intéresse
36:57à l'histoire des termes.
36:58C'est-à-dire que lorsqu'on
36:59s'intéresse à l'histoire,
37:00on se rend compte
37:01que du XVIIIe
37:02à la seconde moitié
37:03du XXe siècle,
37:04les termes « islam »
37:05et « islamisme »
37:06étaient utilisés
37:06de manière complètement interchangeable
37:08à la fois pour désigner
37:09la religion musulmane
37:10et ses implications
37:11juridiques et politiques.
37:12Quand Ernest Renan
37:14intitule sa célèbre conférence
37:15« L'islamisme et la science »,
37:17il parle de l'islamisme
37:18comme nous parlerions
37:19du bouddhisme,
37:20de l'hindouisme,
37:21entre autres « ismes ».
37:23Souvenez que dans les années 70-80,
37:25qu'on a commencé
37:26à bricoler cet artifice sémantique
37:28qui voudrait que l'islam
37:30serait d'un côté,
37:31une foi privée,
37:32tout à fait libéral et honorable,
37:33tandis que l'islamisme seul
37:35serait un projet théocratique.
37:37Cette distinction
37:39n'avait aucun fondement historique.
37:40Elle allait à l'encontre
37:41de 1200 ans d'histoire
37:42et de jurisprudence musulmane.
37:44Mais on a commencé
37:44à prendre ces précautions
37:45langagières parce que
37:46l'Europe,
37:47au moment où l'Europe
37:48accueillait d'importantes populations
37:49d'origine et de culture musulmanes,
37:52parfois pour de bonnes raisons,
37:53ne pas stigmatiser,
37:53parfois aussi pour de mauvaises,
37:55se rassurer excessivement
37:56quant à la nature même
37:57de l'islam
37:58et ne pas comprendre
37:59pourquoi cette religion
38:00produisait une quantité
38:01disproportionnée
38:02de régimes autoritaires
38:04à travers le monde.
38:04Alors, à la base de tout livre,
38:07il y a une impulsion.
38:10Pourquoi vous avez fait ce livre ?
38:12C'est votre histoire personnelle
38:13ou toute autre chose ?
38:15Alors, je suis naturellement
38:17influencé par mon parcours personnel.
38:19Moi, j'ai, disons,
38:20une double casquette.
38:21Je viens à la fois
38:22de la tradition politique libérale
38:23et donc, en tant que libéral,
38:25je suis bien obligé de constater
38:26que les sociétés musulmanes
38:27sont assez dysfonctionnelles
38:28au regard des standards
38:29qui sont les miens.
38:29et il est vrai aussi
38:31que, bon, je suis originaire...
38:33Enfin, mes parents
38:33sont originaires des Comores.
38:34Moi, je suis né en France
38:36et lorsqu'on descend
38:38de l'immigration postcoloniale
38:40de manière générale,
38:41je pense qu'on est nécessairement
38:42amené à s'interroger
38:44sur les dysfonctionnements
38:45des sociétés
38:47qui ont conduit
38:48vos ancêtres à l'exil
38:49et en l'occurrence
38:50à s'installer
38:50à plus de 8 000 kilomètres
38:51du lieu de leur naissance.
38:52Alors, je ne dis pas...
38:54Si je rappelle ces origines,
38:55ce n'est pas pour faire
38:55un argument d'autorité.
38:56Les origines ne disent absolument rien
38:57de la qualité d'un propos.
38:58D'ailleurs, c'est nous
38:59qu'ils vous interrogeons là-dessus.
39:00Non, c'est moi qui me suis permis
39:01de poser la question.
39:03C'est pour essayer, en effet,
39:04de comprendre, en tout cas,
39:06pour montrer que cette trajectoire
39:08a eu nécessairement une incidence
39:09sur, en tout cas,
39:10les réflexions qui sont les mêmes
39:11aujourd'hui.
39:12Alors, vous êtes assez sévère
39:14avec l'islam,
39:15mais finalement,
39:15beaucoup moins que certains auteurs
39:17d'autrefois que vous citez.
39:19Montesquieu, Diderot, Condorcet,
39:20Chateaubriand,
39:21plus près de nous, Renan,
39:22ou même encore plus près de nous, Malraux.
39:24Et alors, eux,
39:25ils n'étaient pas non plus
39:26très à mène avec le christianisme,
39:28mais si on peut toujours
39:29être assez durs avec le christianisme,
39:30c'est une autre limonade
39:31s'agissant de l'islam.
39:32Comment vous expliquez ce changement ?
39:35Pourquoi avons-nous été verrouillés ?
39:37Est-ce que c'est la peur, l'idéologie,
39:39un paternalisme postcolonial ?
39:40Je ne sais pas.
39:40Un peu de tout ça.
39:41C'est vrai que je souligne ce paradoxe,
39:43c'est que la France,
39:44qui se réclame des Lumières
39:45à une tradition anti-clericale
39:47assez enracinée,
39:48qui était à l'époque dirigée
39:50contre la religion du pic
39:51qui était le catholicisme,
39:52et le paradoxe,
39:53c'est que les Français
39:54ont été beaucoup plus intransigeants
39:55à l'égard de leur propre religion historique
39:57qu'ils ne le sont aujourd'hui
39:59à l'égard d'une religion
39:59qui est beaucoup plus dangereuse
40:01de mon point de vue.
40:01Très intéressant.
40:02Il faut quand même se rappeler
40:03que les institutions républicaines
40:04telles que les Français
40:05les affectionnent aujourd'hui
40:06sont le fruit de luttes
40:08qui ont été quand même
40:08d'une violence assez forte.
40:10En 1880, en 1902,
40:12on a expulsé des dizaines
40:13de milliers de religieuses
40:14et de religieux
40:14au terme de l'expulsion
40:15des congrégations.
40:16On est allé jusqu'à ficher
40:17des militaires qui assistaient
40:19à la messe.
40:19On a destitué
40:20des centaines de magistrats
40:21qui entravaient
40:22l'application des décrets
40:23anti-clericaux.
40:24De ce point de vue-là,
40:26c'est vrai qu'on est
40:26beaucoup moins exigeants
40:27envers l'islam
40:29alors même que le monde musulman
40:31affiche aujourd'hui
40:31des niveaux d'autoritarisme
40:32qui sont bien plus élevés
40:34que le monde chrétien.
40:36On connaît tous,
40:37c'est un point central
40:38de votre bouquin,
40:39la phrase d'Horace,
40:41vous savez,
40:41s'agissant de la conquête
40:42de la Grèce par Rome,
40:43la Grèce conquise
40:44son farouche vainqueur,
40:46comme les latins
40:46ont beaucoup apporté
40:47aussi aux gaulois.
40:49Il y a une forme d'acculturation
40:49et vous, vous constatez
40:50qu'à chaque fois
40:51que l'islam est arrivé
40:53quelque part,
40:53il a fait table rase,
40:54il n'a rien préservé
40:55des civilisations
40:56qu'il précédait.
40:57Alors je vais mettre
40:57les pieds dans le pan
40:58et ce qui se passe déjà
40:59ce qui est un peu en train
41:00de se passer
41:00dans certains quartiers
41:01chez nous.
41:02C'est vrai qu'il y a
41:02un paradoxe,
41:03c'est que l'islam
41:04et le monde occidental
41:06ont de nombreuses racines
41:07communes de fait,
41:08c'est-à-dire qu'on commence
41:09à l'oublier,
41:10l'islam est né
41:10dans le monde judéo-chrétien
41:12et s'il y a autant
41:13de références bibliques
41:14et néo-testamentaires
41:15dans le Coran,
41:17c'est précisément
41:17parce que l'islam
41:18est né dans ce milieu-là,
41:21notamment.
41:21Et ce qui est assez intéressant
41:24à remarquer,
41:25c'est que l'islam
41:26donc va s'approprier
41:29une bonne partie
41:30des pays
41:31qui étaient jadis
41:32acquis au christianisme,
41:33qui va dérober
41:34à l'Empire romain
41:35d'Orient,
41:36l'Empire byzantin,
41:37la Syrie,
41:37l'Egypte byzantine
41:39et les musulmans
41:40vont donc côtoyer
41:41tout le patrimoine
41:42immatériel
41:43et philosophique
41:45qui a façonné
41:46la civilisation occidentale
41:48et on observe
41:49historiquement
41:50que les musulmans
41:51ont entretenu
41:52un rapport
41:53à l'altérité
41:54qui est extrêmement fermé.
41:56Je rappelle par exemple
41:57qu'il y a eu
41:58une asymétrie
41:59assez remarquable
42:00entre l'Occident
42:01et l'islam
42:01quant à la curiosité
42:02à l'égard
42:03des civilisations étrangères.
42:04Là où on recense
42:04par exemple
42:05des lettrés européens
42:06dès le Moyen-Âge
42:07qui vont apprendre
42:08l'arabe
42:09pour
42:10certes à des fins polémiques
42:12mais aussi à des fins
42:12de curiosité personnelle
42:14on ne recense pas
42:16pareille initiative
42:17dans le monde musulman
42:18jusqu'au 18ème siècle
42:20où on va bouder
42:20les langues occidentales
42:22alors même que celle-ci
42:23était solidement implantée
42:24dans les régions
42:26passées
42:26sous la domination musulmane
42:27et donc c'est ce sectarisme
42:28culturel
42:29que l'on retrouve
42:31malheureusement
42:31aujourd'hui
42:32que j'interroge.
42:33Alors pourtant
42:34on parle beaucoup
42:34d'un islam des lumières
42:36d'un âge d'or
42:36aussi comme en Andalousie
42:38d'après Jean-Luc Mélenchon
42:39c'est même Saladin
42:40qui aurait fait les cathédrales
42:41c'est une fake news
42:42selon vous
42:43alors pourquoi l'Occident
42:43le laisse prospérer ?
42:45Alors l'islam des lumières
42:46est en effet un serpent de mer
42:48qu'on cultive
42:48depuis maintenant
42:50depuis deux siècles
42:51alors il faut quand même
42:52rappeler qu'il y a
42:53en termes d'islam
42:53de courageux réformateurs
42:54qui se battent aussi
42:55pour adapter
42:56leur religion
42:57aux exigences
42:58des sociétés libérales
42:59moi pour ma part
43:00je pense que
43:01l'efficacité politique
43:02de cette démarche
43:03est quand même
43:04assez incertaine
43:05pour une raison très simple
43:06c'est que les textes fondateurs
43:07de l'islam
43:08étant ceux qu'ils sont
43:09compte tenu du statut
43:10qu'ils revendiquent
43:11la volonté de libéraliser
43:13l'islam de l'intérieur
43:14pour moi
43:14s'apparente à un effort
43:15comparable à ces alchimistes
43:16qui voulaient transformer
43:17le plomb en or
43:18et donc je pense
43:19qu'il serait
43:20intellectuellement
43:21beaucoup plus rigoureux
43:22de récuser
43:24la religion musulmane
43:25en tant que telle
43:26en se souvenant
43:26de ces mots
43:27d'Ernest Renan
43:28à franchir les musulmans
43:29de leur religion
43:30et le meilleur service
43:31qu'on puisse leur rendre
43:32alors peut-être
43:33dernier point
43:34qui a été évoqué
43:35par me concernant
43:36qui a été évoqué
43:37par Christine
43:38ça me passionne
43:39ce sujet
43:39sur l'esclavage
43:41c'est passionnant
43:42celui de l'esclavage
43:42et vous l'avez noté
43:44et c'est vrai
43:44il y a un historien
43:48écrivain sénégalais
43:49qui s'appelle
43:49Tidja Nendiaï
43:50auteur du génocide
43:51voilé
43:52qui est mort
43:53il y a quelques mois
43:54et finalement
43:54on vient de l'apprendre
43:55moi je l'ai appris
43:56de l'avoir
43:56par un poste sur X
43:57de Rocaïa Diallo
43:58et donc
44:00c'est quand même
44:01assez étonnant
44:02et en fait
44:03qu'a-t-il fait
44:03dans son livre
44:04il a dénoncé
44:05la traite arabo-musulmane
44:06ce qui explique
44:07une certaine occultation
44:08pourquoi l'Occident
44:10là encore
44:10alimente
44:11se charge elle-même
44:12de tous les péchés
44:13de la terre
44:13et refuse de regarder
44:14ce qui s'est passé
44:16de ce côté-là
44:16on se souvient
44:17Christiane Taubira
44:17avait dit
44:18qu'il ne fallait pas en parler
44:18tout à fait
44:19alors je pense
44:19qu'il y a effectivement
44:20au sein des sociétés occidentales
44:22une espèce de propension
44:23rousseauiste
44:24à idéaliser
44:26les traditions étrangères
44:28au nom de ce mythe
44:28du bon sauvage
44:29qui paradoxalement
44:30on le rappelle
44:30est un mythe colonial
44:31c'est le grand paradoxe
44:32en réalité
44:32de cette attitude
44:33qui prétend lutter
44:34contre des stéréotypes
44:35hérités de la colonisation
44:36mais qui en réalité
44:37reproduit d'autres stéréotypes
44:39qui expliquent aussi
44:40une forme de condescendance
44:41à mon avis
44:42à l'égard des musulmans
44:43une condescendance
44:44qui part du principe
44:44qu'il est vain
44:45d'exiger de l'autre
44:46les mêmes standards
44:46que nous nous appliquons
44:47donc c'est cette condescendance
44:48contre laquelle il faut lutter
44:49s'agissant de l'esclavage
44:50il faut rappeler en effet
44:51qu'aucune culture
44:52n'a le monopole
44:53de l'esclavage
44:54que toutes les sociétés
44:55l'ont pratiqué
44:56à ceci près
44:57malheureusement
44:57que certaines cultures
44:58ont été incapables
44:59de l'abolir
45:00de leur propre initiative
45:01s'agissant de l'islam
45:02on constate malheureusement
45:03que jusqu'à l'arrivée
45:04des européens
45:05les sociétés musulmanes
45:06ont été incapables
45:07de produire un discours
45:08abolitionniste
45:09il n'y a jamais eu
45:10en terre d'islam
45:10l'équivalent de cette
45:12controverse de Valadolide
45:13qui au XVIe siècle
45:14met en scène
45:14des théologiens espagnols
45:15qui vont s'insurger
45:16contre les exactions
45:17de leurs compatriotes
45:19dans les Amériques
45:19il n'y a jamais eu
45:20en terre d'islam
45:20l'équivalent d'un condorcet
45:21l'équivalent de la société
45:22des amis des Noirs
45:24cette société civile
45:25qui va lutter
45:26contre les traites négrières
45:27à tel point
45:28que le refus
45:29de l'esclavage
45:30en terre d'islam
45:30doit presque tout
45:31aux interventions
45:32impériales occidentales
45:33ce qui est un tabou
45:35historiographique
45:36on a vu une petite séquence
45:38qui vous a opposé
45:39à ce que vous avez été
45:39qui a fait floré
45:40sur les réseaux sociaux
45:41oui
45:42je rappelais effectivement
45:43que ce sont les Algériens
45:44les Français
45:45qui ont forcé
45:46les Algériens
45:46à renoncer au commerce
45:48de nègres
45:49tel qu'on l'appelait
45:49à l'époque en 1848
45:50que ce sont les Français
45:51qui ont fermé
45:52les marchés d'esclaves
45:53au Maroc
45:54que ce sont les Britanniques
45:55qui ont fait pression
45:56sur l'Empire ottoman
45:57afin que celui-ci
45:58réduise l'ampleur des traites
46:00il faut rappeler
46:01que l'Empire ottoman
46:01par exemple
46:02n'a jamais été capable
46:03de condamner l'esclavage
46:04et ceci jusqu'à sa dissolution
46:05après la Première Guerre mondiale
46:07alors je prends le relais
46:08justement sur ce point
46:09vous nous dites
46:10et vous invitez en fait
46:12les sociétés musulmanes
46:13à déconstruire l'islam
46:14alors traduisons ça
46:16plus concrètement
46:17est-ce que vous croyez
46:17qu'à l'échelle de l'histoire
46:18l'islam dans les temps
46:20qui sont les autres
46:20pourrait tomber
46:21c'est-à-dire le communisme
46:22est tombé
46:22d'autres religions politiques
46:23sont tombées
46:23d'autres religions
46:24se sont affadies
46:25si je vous comprends bien
46:26un est-ce que l'islam
46:27pourrait tout simplement
46:28tomber
46:28et deux
46:29est-ce qu'il n'y a pas
46:30chez vous en tant que libéral
46:31une forme de
46:32on en a parlé samedi soir
46:33sur ce plateau
46:34est-ce qu'il n'y a pas
46:35chez vous une forme
46:36de manque d'attention
46:36à la diversité humaine
46:37c'est-à-dire qu'il est normal
46:38que partout sur Terre
46:39les hommes aient différents
46:40dieux
46:41différentes cultures
46:41différentes civilisations
46:42et une religion aussi importante
46:44que l'islam
46:44peut-elle vraiment tomber
46:45je ne vous savais pas
46:46un ardent défenseur
46:47du régime diversitaire
46:48ah non
46:48de la diversité
46:50c'est une nouvelle
46:51la vraie
46:54alors est-ce que l'islam
46:55peut tomber
46:55sur le court terme
46:56effectivement
46:56ça me paraît compliqué
46:58mais je vois
46:59j'appartiens à cette tradition
47:01héritée des Lumières
47:02qui place sa confiance
47:03dans l'homme
47:04et sa rationalité
47:05pour en effet
47:06contester les traditions
47:08qui méritent de l'être
47:10prenez un pays comme l'Iran
47:11par exemple
47:11voilà un pays
47:12qui est soumis
47:13à une théocratie sanguinaire
47:15qui n'hésite pas
47:15à assassiner
47:16les femmes mal voilées
47:18les homosexuelles
47:19et qui pend
47:20le moindre militant
47:21qui conteste l'ordre établi
47:22et pourtant
47:23quand on regarde
47:24certaines études
47:24on se rend compte
47:25que la société iranienne
47:26en dépit de la pression religieuse
47:28affiche
47:29des niveaux
47:31de sécularisation
47:32parmi les plus élevés
47:33de la région
47:34et je me dis
47:35très naïvement
47:36que si une société
47:38comme l'Iran
47:39avec cette jeunesse
47:39courageuse
47:40parvient
47:40à sortir
47:42de l'islam
47:42à des niveaux
47:43quand même
47:43assez spectaculaires
47:44je me dis
47:45qu'en Occident
47:45compte tenu
47:46des espaces
47:47de liberté
47:48qui sont les nôtres
47:48aujourd'hui
47:49nous n'avons
47:50aucune excuse
47:51pour peu
47:51qu'on exploite
47:52ces espaces
47:53de liberté
47:53pour peu
47:54qu'on dise
47:54la vérité
47:55qu'on manie
47:55l'arme
47:56de la raison
47:56et de l'esprit
47:57critique
47:58pour précisément
47:59affranchir les musulmans
48:00d'une superstition
48:01dont ils sont en réalité
48:02en Occident
48:03les musulmans d'Occident
48:04ou les musulmans
48:04dans leur pays
48:05on peut commencer
48:07déjà par nos sociétés
48:08occidentales
48:09je pense que
48:09la difficulté
48:10effectivement
48:11dans les sociétés musulmanes
48:11c'est qu'elles sont
48:12tellement autoritaires
48:12que le discours
48:13que je tiens là
48:14nous vaudrait tous
48:15d'être tués
48:16en quelques secondes
48:17mais en Occident
48:19on a des espaces
48:19de liberté nécessaires
48:20pour mener
48:21ces réflexions
48:21à bien
48:22pour l'instant
48:23pardon
48:23vous pouvez encore
48:24poser une question
48:25dans le sud
48:25Charlotte et Marc
48:26justement
48:27vous nous dites
48:28il y a les musulmans
48:30d'Occident
48:30que l'on pourrait
48:31désislamiser
48:32en quelque sorte
48:32et il y a
48:33à l'extérieur du monde
48:34des endroits
48:34où la tradition musulmane
48:36est profondément inscrite
48:37protégée par des régimes
48:38autoritaires
48:38vous connaissez peut-être
48:40cette espèce de blague
48:41nord-irlandaise
48:41quelqu'un arrive en disant
48:42vous êtes catholique
48:44ou vous êtes protestant
48:45le type répond
48:46je suis athée
48:46d'accord
48:46vous êtes athée catholique
48:47ou athée protestant
48:48mais ça n'a pas l'impression
48:49que pour la question de l'islam
48:50la question va se poser
48:51c'est tellement profondément
48:52inscrit dans la matrice
48:52d'une civilisation
48:53que même si la foi baisse
48:54la matrice demeurera la même
48:56c'est un défi anthropologique
48:58que je ne n'y ai absolument pas
49:00et je ne dis pas
49:00qu'on verra
49:01ce scénario se réaliser
49:04du jour au lendemain
49:04mais je pense qu'il est important
49:05de poser cette hypothèse
49:07comme étant souhaitable
49:08dans un premier temps
49:09rappelez tout simplement
49:10que l'Orient n'a pas toujours
49:11été musulman
49:12il n'y a aucune raison
49:13de considérer
49:14que l'islam
49:15serait la quintessence
49:16de l'identité arabe
49:17turque
49:18personne
49:19les arabes n'ont pas
49:19toujours été musulmans
49:20ils ont été païens
49:21ils ont été juifs
49:22ils ont été zoroastriens
49:23ils ont été chrétiens
49:24le monde arabe
49:25avant l'islam
49:26donnait des empereurs
49:27et des impératrices
49:27à Rome
49:28des professeurs à Athènes
49:29des souverains chrétiens
49:30une reine catholique
49:31qui commandait des troupes
49:33pour sauver Constantinople
49:34des Gauthes
49:34quand il était encore païen
49:35le monde berbère
49:37jadis donnait
49:37la littérature latine
49:39des romanciers talentueux
49:41des papes
49:41même à la chrétienté
49:42l'Afghanistan
49:43avant l'islam
49:43des siècles avant l'islam
49:44produisait de magnifiques
49:46sculptures gréco-bouddhistes
49:47et moi mon rêve
49:48le plus cher
49:48serait en effet
49:49que les musulmans
49:49s'adonnent à cette
49:51uchronie salvatrice
49:52et se demandent
49:53à quoi ressemblerait
49:54aujourd'hui
49:54leur monde
49:55si Mahomet
49:56n'avait jamais quitté
49:57sa grotte
49:58et je pense
49:58qu'ils seront sauvés
50:00le jour où ils se poseront
50:01cette question là
50:01et vous prenez un peu
50:04à rebours
50:05en fait
50:05c'est à dire qu'en France
50:06depuis des années
50:07certaines personnes
50:08demandent finalement
50:09aux musulmans français
50:10de se départir
50:11de la partie civilisationnelle
50:13de l'islam
50:14pour préserver leur foi
50:15j'ai l'impression
50:15qu'en révolutionnaire cohérent
50:17vous attaquez
50:18à l'inverse en fait
50:19et vous
50:19non mais
50:20vous demandez
50:21non mais en révolutionnaire
50:22français cohérent
50:23vous demandez finalement
50:24aux musulmans aujourd'hui
50:25de se séparer de leur foi
50:27mais vous y croyez vraiment
50:28écoutez moi je suis
50:29un apostat
50:30j'ai été éduqué
50:31dans la religion musulmane
50:32et je suis là devant vous
50:32parce que je fais partie
50:35de ces gens
50:36qui ont essayé
50:37de tirer les bonnes conclusions
50:38d'un constat très simple
50:39c'est que c'est dans
50:40les sociétés non musulmanes
50:41que les musulmans
50:42jouissent des libertés
50:43les plus étendues
50:44c'est dans les sociétés
50:45non musulmanes
50:46que la condition des musulmans
50:48est la moins désagréable
50:49donc moi je pense
50:50que nous devons
50:50inviter les musulmans
50:52à méditer ce paradoxe
50:53afin qu'ils en tirent
50:54les bonnes leçons
50:55et de parier
50:56sur l'esprit critique
50:57des musulmans
50:58c'est de les considérer
51:00comme des enfants
51:00attardés
51:01qui seraient incapables
51:02d'entendre une vérité
51:03très simple
51:04comme s'ils étaient des enfants
51:05à qui on faisait venir
51:06roiter l'existence
51:07du père noël
51:08donc je suis conscient
51:09que le phénomène
51:10de l'apostasie
51:11est aujourd'hui
51:11un phénomène marginal
51:12mais je pense
51:13qu'il est marginal
51:14parce que nous avons
51:14entretenu un tabou
51:15sur sa désirabilité
51:17et sa possibilité
51:18si on industrialise
51:20un discours
51:21beaucoup plus critique
51:22envers l'islam
51:23je ne vois pas
51:25pourquoi
51:25ce discours
51:26ne pourrait pas
51:26se diffuser
51:27y compris
51:27parmi les diasporas
51:29musulmanes
51:30en tout cas
51:30de culture musulmane
51:31si je vous écoute bien
51:32ce n'est pas tellement
51:33la modernité
51:33que vous voulez sauver
51:34c'est l'erreur
51:34que vous pourchassez
51:35comment ça
51:37vous expliquez finalement
51:39que l'islam
51:40est faux
51:40et que vous voulez
51:42en libérer
51:42les musulmans
51:42il est à la fois faux
51:44et despotique
51:44c'est à dire que
51:45c'est une fable
51:47qui est fondée
51:48sur un tissu
51:48de mensonges
51:49le coran
51:50on le sait
51:50n'a rien d'un texte divin
51:51c'est un texte
51:52de l'antiquité tardive
51:53qui recycle des traditions
51:55juives, chrétiennes
51:56zoroastriennes
51:56on sait que
51:57les cinq prières par jour
51:58ça vient du zoroastrisme
51:59donc je pense
52:00qu'il est à la fois
52:01nécessaire de contester
52:02l'islam
52:03à la fois sur le terrain
52:04de la vérité
52:05mais aussi sur le terrain
52:06des conséquences
52:07parce qu'on juge
52:08l'arbre à ses fruits
52:09et en l'occurrence
52:10l'arbre en question
52:11fait quand même pousser
52:12beaucoup de fruits empoisonnés
52:14Est-ce que le principe
52:15de laïcité
52:16ne demande pas
52:17en réalité aux gens
52:20de garder leur foi
52:21et surtout pas
52:22d'apostasier
52:23or aujourd'hui
52:24on a un phénomène inverse
52:27avec peut-être
52:29par culpabilité
52:30ou je ne sais trop
52:31quel phénomène
52:32de déraison
52:33on a les politiques
52:34qui globalement
52:35encouragent ces gens
52:37à s'enfermer
52:38plutôt que de leur dire
52:39lisez les philosophes
52:40comme vous l'avez fait vous
52:41c'est-à-dire
52:42vous avez eu
52:43l'étincelle
52:43parce qu'on vous a
52:45offert la culture
52:46et aujourd'hui
52:47on leur dit
52:48surtout ne lisez pas ça
52:49et restez enfermés
52:51c'est ça qui est
52:51complètement fou
52:52Mais vous avez
52:52parfaitement raison
52:53et donc on revient
52:54à la nécessité
52:55de cesser d'infantiliser
52:56les musulmans
52:57parce que je pense
52:58en réalité que
52:58derrière l'apparente
53:00islamophilie
53:01de nos élites
53:02il y a un profond
53:03mépris
53:04en réalité
53:04pour ces catégories
53:06sociales
53:06c'est-à-dire
53:07qu'il y a
53:07cette idée
53:08je suis toujours frappé
53:09de voir que la défense
53:10de l'islam
53:11vient de non-musulmans
53:12qui ne se convertirait
53:13à cette religion
53:14pour rien au monde
53:15pourquoi souhaiter
53:16à l'autre
53:17quelque chose
53:18que l'on sait
53:19pas bon
53:20en tout cas
53:21néfaste pour soi
53:22Exactement
53:22Oui mais comment
53:23admettre
53:24qu'à la fois
53:25on justifie
53:26que des femmes
53:26se voilent
53:27donc qu'elles abandonnent
53:28leur liberté
53:29dans un pays
53:30qui leur offre
53:31la liberté
53:31et de leur dire
53:32c'est votre liberté
53:34il y a quand même
53:34quelque chose
53:35de complètement fou
53:36et comment arrive-t-elle
53:38à supporter ça
53:39alors qu'elles devraient
53:40avoir la tentation
53:40comme celles
53:41qui sont en Iran
53:42et qui subissent
53:43la pression environnementale
53:44d'un islam drastique
53:46et donc un islam
53:47lui-même
53:47C'est une très bonne question
53:48vous savez
53:49la Boétie disait
53:50que la coutume
53:52est la première source
53:53de servitude volontaire
53:54hélas
53:54je constate
53:56qu'il y a en effet
53:56beaucoup trop de musulmans
53:57qui ne parviennent pas
53:59à atterrir
54:00les bonnes conclusions
54:00de leur présence
54:01en Occident
54:02c'est aussi à nous
54:03d'essayer
54:04de confronter l'islam
54:05à ces contradictions
54:06Fergan Asiari
54:08essayiste
54:10l'islam
54:11contre la modernité
54:12vous êtes aussi
54:13chroniqueur
54:14au Figaro
54:15aussi sur France TV
54:17Figaro Magazine
54:18aussi sur France TV
54:19je vous donne
54:19le mot de la fin
54:20de l'émission
54:21dans un instant
54:22on marque une pause
54:22avec le JT
54:23avec Michael De Santos
54:24avec l'affaire
54:25Epstein
54:26avec le coup de point
54:26final de Mathieu Bocoté
54:28et puis le mot de la fin
54:29peut-être
54:29cesser
54:30d'infantiliser
54:31les musulmans
54:32j'aime beaucoup
54:33votre regard
54:34le JT
54:35Michael De Santos
54:36Bonsoir Christine
54:37bonsoir à tous
54:38la famille de l'enseignante
54:39de Sanary
54:40sur mer
54:40dit être plongée
54:41dans l'angoisse
54:42et dans l'attente
54:43dans un communiqué
54:44publié par Varmatin
54:45elle précise également
54:46que le pronostic vital
54:47de la professeure
54:48est toujours engagé
54:49pour 5 jours
54:50plutôt dans la journée
54:52le collégien
54:53qui l'a poignardé
54:53en classe
54:54a qualifié son geste
54:55de prémédité
54:56et dit avoir agi
54:57parce qu'il avait
54:57trop de haine
54:58l'adolescent de 14 ans
55:00lui reproche
55:00d'avoir inscrit
55:01plusieurs incidents
55:02sur l'application
55:02Pronote
55:03un logiciel
55:04de la vie scolaire
55:06et puis à Pau
55:06un enfant de 7 ans
55:07a également menacé
55:08avec un couteau
55:09le directeur
55:10et l'employé
55:11d'une école primaire
55:12l'élève avait été placé
55:13ce matin en retenue
55:15dans la salle des professeurs
55:16pour avoir volé
55:17dans des cartables
55:18il aurait d'ailleurs
55:19trouvé l'arme
55:20dans l'un de ces cartables
55:21et puis à l'international
55:23les négociations
55:24sur le nucléaire
55:26sont compromises
55:27d'après le site américain
55:28Axios
55:29les autorités américaines
55:30auraient indiqué
55:30qu'il n'acceptait pas
55:31de modifier le lieu
55:32et le format
55:33des pourparlers
55:34prévu vendredi
55:35à Oman
55:35autre désaccord
55:37Téhéran
55:37voudrait limiter
55:38les échanges
55:39à la question
55:39du nucléaire
55:40et à la levée
55:40des sanctions
55:41internationales
55:42pas du goût
55:42de Washington
55:43qui souhaiterait
55:44inclure les questions
55:45non nucléaires
55:46merci beaucoup
55:47mon cher Mickaël
55:49on continue
55:49avec l'affaire
55:50Epstein
55:50puisqu'on en parlait
55:51hier
55:51et ça occupe
55:52vraiment
55:53la conversation mondiale
55:55Mathieu Bocoté
55:55à travers elle
55:56se dessine le profil
55:57de ceux qui se voulaient
55:58ses amis
55:59en quoi est-elle
56:00un révélateur
56:02cette affaire
56:02avec les informations
56:04supplémentaires
56:04ben voilà voilà
56:05c'est-à-dire qu'il y a
56:05je pense avant-hier
56:06ou hier
56:07on a fait le portrait
56:08en fait
56:08ce que l'affaire
56:10Epstein nous disait
56:11de la sociologie
56:11de l'oligarchie mondialiste
56:13des 30 dernières années
56:14là presque
56:16les informations avancent
56:17l'enquête avance
56:18le dévoilement avance
56:19et la question
56:20qu'on peut se poser
56:20c'est comment réagissent
56:22dans l'espace public
56:23mondialisé
56:24comment réagissent
56:25les uns les autres
56:26qui étaient liés
56:27à Epstein
56:27et on le redit
56:29ça ne veut pas dire
56:30le connaître
56:31ne voulait pas dire
56:31qu'on participe à son
56:32univers monstrueux
56:33gardons-le à l'esprit
56:34premier élément
56:35c'est l'argument
56:36de la fuite
56:37il y a des gens
56:37qui n'étaient pas
56:38très loin du personnage
56:39qui nous disaient
56:40on ne connait pas
56:40d'aucune manière
56:41je m'ai entendu parler
56:42quoi?
56:43Epstein?
56:43non pas du tout
56:44et ça on le voit
56:45aux Etats-Unis
56:45beaucoup de gens
56:46qui sont sur le mode
56:46de la fuite
56:47et de la grande discrétion
56:49devant lui
56:49deuxième élément
56:51l'affirmation
56:52qui leur rapport
56:53avec lui
56:54n'aurait rien à voir
56:55avec sa dimension illicite
56:57c'est tout à fait possible
56:58mais on l'entend
56:59ce qui est plus drôle
57:00c'est l'argument
57:00de l'ignorance
57:01j'ai cru l'entendre
57:02des gens qui disent
57:03j'étais ami avec lui
57:04depuis des années
57:04après même
57:06ses premières condamnations
57:07mais j'ignorais complètement
57:08qu'il évoluait
57:09dans cet univers
57:10de pédocriminalité
57:12généralisée
57:12avec son élo plaisir
57:13un peu étrange
57:14ça ne me concernait pas
57:15j'étais pas au courant
57:16du tout
57:16il était presque blanc
57:17comme neige
57:18on pourrait même dire
57:19on nous parle aussi
57:20du charme du personnage
57:21comme s'ils avaient été
57:22envoûtés
57:23par le bonhomme
57:24très cultivé
57:25très lettré
57:25Jacques Lang qui a dit ça
57:27ah bon?
57:27je n'ai pas noté
57:28moi j'ai entendu
57:28ah ben d'accord
57:29j'ai entendu
57:29alors si vous le dites
57:30donc Jean qui dit
57:31il était tellement charmant
57:32je ne pouvais pas imaginer
57:33un seul instant
57:34qu'il y avait de telle vice
57:35d'ailleurs on n'avait rien
57:36en commun
57:36on partageait pas ses vice
57:38donc comment auriez-vous voulu
57:39auriez-vous voulu
57:40que je le sache?
57:41et ensuite
57:42dernier élément
57:42il y a les fact-checkers
57:43mon ami préféré
57:44qui le jour
57:46de la publication
57:46des documents
57:47nous ont dit
57:48circulez
57:49il n'y a rien à voir
57:49vous n'apprendrez rien
57:50ne vous y intéressez pas
57:52c'est terminé
57:53comme quoi cette histoire
57:54est intéressante
57:54passionnante
57:55et on reviendra
57:56certainement là-dessus
57:57Mathieu Bocoté
57:57l'émission s'achèrent
57:58Fergan Asiari
57:59vous avez été notre invité
58:00vous publiez cet excellent livre
58:03qui bouleverse
58:04qui interroge
58:05qui interpelle
58:06l'islam contre la modernité
58:07j'aime bien lorsque vous dites
58:08qu'il ne faut pas infantiliser
58:09les musulmans
58:10j'aime bien lorsque vous parlez
58:11de cette condescendance
58:13envers les musulmans
58:13ça me parle vraiment à beaucoup
58:15je vous donne le mot de la fin
58:16aucune société n'est condamnée
58:19à rester engluée
58:20dans la superstition
58:21et la tyrannie
58:22merci infiniment
58:24Enfergan Nazyari
58:25d'avoir été notre invité
58:27l'islam contre la modernité
58:29empressez-vous
58:30de le lire
58:32l'émission est terminée
58:33l'heure des pro 2
58:34tout de suite
58:35avec Pascal Promer
58:36merci à tous
58:36Moulin
58:37Moulin
58:37Moulin
58:39Moulin
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