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La ministre en charge de la lutte contre les discriminations et de l'égalité hommes femmes, Aurore Bergé était l’invité de #LaGrandeInterview de Sonia Mabrouk dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00La grande interview sur CNews et Européens. Mon invitée ce matin est la ministre en charge de la lutte contre les discriminations, de l'égalité entre les femmes et les hommes.
00:08Bonjour et bienvenue Aurore Berger.
00:10Bonjour.
00:11Merci de votre présence ce matin. Beaucoup de sujets à aborder.
00:13Et tout d'abord, cinq refus d'obtempérer en moins de 72 heures.
00:17Au total, ce sont dix policiers qui ont été blessés.
00:20On imagine aussi le traumatisme psychologique.
00:23De quoi cette haine de la police est-elle le symbole et le signe selon vous ?
00:27Déjà, je veux avoir un mot évidemment de soutien aux forces de l'ordre et à leur famille parce qu'à chaque fois qu'ils interviennent, ils interviennent pour protéger les Français, pour les mettre en sécurité.
00:35Et c'est inacceptable de se dire qu'ils peuvent, eux, être pris pour cible parce qu'un refus d'obtempérer, c'est finalement foncer sur la police.
00:41Et c'est donc les prendre pour cible.
00:43Donc je pense qu'il faut réaffirmer tout simplement l'ordre, l'ordre républicain et donc garantir la sécurité des Français.
00:49C'est ce qu'ils font chaque jour dans notre pays.
00:51Et rappeler que souvent, ce sont les policiers qui sont la cible, contrairement à ce qu'une partie, une partie de la classe politique de la police tue.
00:58On voit bien ici malheureusement qu'il faut être extrêmement clair sur le sujet.
01:01D'ailleurs, on l'a vu encore récemment dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale avec un certain nombre de slogans comme si la police par principe dans notre pays était anti-républicaine.
01:09Non, on a une police qui est profondément républicaine, profondément attachée à nos principes et à nos valeurs et qu'il faut évidemment défendre.
01:15Alors, défendre, c'est la défense du budget. Vous l'avez fait hier, en tout cas, le Premier ministre.
01:20Les motions de censure ont été rejetées. Le budget, finalement, Aurore Berger a adopté.
01:24Sébastien Lecornu est pargné, mais il faut bien le reconnaître, la politique au sens large un peu abîmée par un tel épisode.
01:30Et est-ce que vous diriez que notre pays est aussi déclassé, malheureusement ?
01:33Oula, ça fait beaucoup d'un coup.
01:35Qu'est-ce qu'il est faux ?
01:36Déjà, je pense qu'il était temps.
01:37Premier sujet, il est là. Je pense que les Français avaient aussi, au-delà du gouvernement, les Français avaient envie qu'on passe à autre chose.
01:42Qu'on réussisse à ouvrir d'autres pages qu'uniquement la question budgétaire.
01:47Parce que ça fait 18 mois.
01:48Ça fait 18 mois de Michel Barnier, François Bayrou, Sébastien Lecornu qu'on ne parle que de la question budgétaire.
01:53Parce que c'est vrai qu'elle est essentielle et que sans budget, vous ne pouvez pas ensuite avancer dans le pays.
01:58Mais le budget, c'était la condition de la stabilité.
02:00Y compris un mauvais budget.
02:02Mais la stabilité, c'est la condition de l'action.
02:02Non, je ne crois pas. Vous savez, je me souviens...
02:04Vous l'avez-tu reconnu ?
02:05Je me souviens, du moment où on a commencé à entrer dans le budget, on ne nous parlait que d'une chose.
02:09La tech-Juckman.
02:10Tech-Juckman, Tech-Juckman, Tech-Juckman.
02:12Est-ce qu'elle est dans le budget ? Non.
02:14Donc ça veut dire qu'il y a des choses qui ont été évitées.
02:16Ça veut dire qu'il n'y a pas eu de folie fiscale.
02:18Ça veut dire qu'il y a de la stabilité fiscale.
02:20Est-ce que c'est totalement le budget qu'on aurait voulu ?
02:22Que veut dire encore le totem stabilité ?
02:24Les patrons ne vous disent pas merci, horreur Berger.
02:26Sur le budget, ce qui est dit, c'est qu'il y a une vague de rupture avec l'État.
02:29Ce que j'entends, c'est deux choses.
02:30Est-ce que c'est le budget dont ils auraient rêvé ?
02:32La réponse, c'est non.
02:33Mais pas plus le gouvernement et pas plus d'ailleurs le Parti Socialiste.
02:36C'est le budget que personne n'aurait fait en majorité absolue.
02:39Mais personne n'a de majorité absolue.
02:40Le Parti Socialiste a obtenu ce qu'il voulait, tout ce qu'il voulait.
02:42Non, regardez la tech-Juckman dont on parlait.
02:42Pourquoi alors ils n'ont pas voté la censure ?
02:44Regardez la tech-Juckman dont on parlait.
02:45Est-ce qu'il a obtenu la réponse ? C'est non.
02:46Les questions fiscales, est-ce qu'il a obtenu la réponse ? C'est non.
02:49Donc c'est le budget que personne n'aurait fait en majorité absolue.
02:52Sauf que personne n'a de majorité absolue.
02:54Et ça suppose donc un budget qui est un budget de compromis.
02:57Donc c'est vrai que c'est un mot qui a été difficile à accommoder avec la vie politique française.
03:03Non, je ne crois pas.
03:03Je pense qu'il y avait la nécessité d'avancer et la nécessité de donner de la stabilité.
03:07Le premier sujet dont on nous parle, des artisans, des commerçants, des patrons,
03:11des petites entreprises, c'est quoi ?
03:12C'est qu'on veut savoir les règles pour l'année à venir.
03:15Parce que tant qu'on ne connaît pas les règles pour l'année à venir,
03:17on a peur, on a peur d'investir, on a peur d'embaucher.
03:20Et donc maintenant, les règles, elles sont connues, elles sont installées.
03:23Elles ne changent pas en matière fiscale, ni pour les Français, ni pour les ménages.
03:27Ni pour les retraités qui peut-être nous écoutent, ni pour les entreprises.
03:30Et ça, je crois que c'était absolument essentiel.
03:32Quand on cède malgré tout à Olivier Faure, comment alors est-ce qu'on peut être craint à l'international ?
03:37Aurore Berger, et à ce sujet, le président du RN, Jordan Bardella,
03:40attaque vertement le bilan d'Emmanuel Macron,
03:42affirmant que la France est sortie des grandes affaires du monde.
03:45Il prend, pour exemple, notamment l'Iran, où on cherche la voie de la France.
03:49En quoi il attore ?
03:49Je crois qu'on n'a pas de leçons de politique et de diplomatie,
03:52surtout à recevoir du Rassemblement national.
03:54Il ne faut quand même pas oublier ce que le Rassemblement national disait
03:56au moment de la réélection de Donald Trump.
03:58C'était les premiers à faire des pieds et des mains
03:59pour être à l'investiture de Donald Trump.
04:02Le RN y était reconquête avec Sarah Knafou et Eric Zemmour étaient présents
04:05et se félicitaient de la réélection.
04:07Or, aujourd'hui, on voit quoi ?
04:08On voit que Donald Trump cherche à asservir, justement,
04:11à la fois le continent européen et notamment la France.
04:14Et est-ce que la France s'est laissée faire ?
04:15La réponse est non.
04:16Est-ce que l'Europe s'est laissée faire ?
04:17La réponse est non.
04:17Regardez l'exemple du Groenland.
04:19Regardez l'exemple du Groenland.
04:21Vous aviez carrément le président des États-Unis
04:25qui, à grand renfort de communication sur ses réseaux sociaux,
04:29disait qu'il allait planter le drapeau américain sur le Groenland.
04:32Eh bien, la réponse, elle a été claire.
04:34Et la réponse, elle a été claire parce qu'elle a été puissante.
04:37Et parce que la France, parce que l'Europe, ont affirmé de la puissance.
04:40Et quand on est face à des prédateurs,
04:41parce que les États-Unis, comme la Russie, comme la Chine,
04:44Vous mettez sur le même plan Donald Trump ?
04:46Je ne mets pas sur le même plan institutionnel, les trois, évidemment.
04:50Mais il y a une volonté impérialiste.
04:52Il y a une volonté de prédation.
04:54Et face à cette prédation, il faut de la puissance.
04:56Donc, il faut de la puissance en France.
04:57Il faut de la puissance économique pour avoir la puissance diplomatique.
05:01Où est-elle, véritablement ?
05:02Je vous ai dit, quand on n'est pas craint par Olivier Faure,
05:04est-ce qu'on peut être craint par Donald Trump ?
05:07Oui, mais vous voyez bien que c'est...
05:08Objectivement, la comparaison, elle ne se vaut pas
05:10parce que le sujet, il n'est pas là.
05:12Le sujet, c'est avec qui vous composiez.
05:13Avec qui vous composiez, d'autres au sein de l'Assemblée nationale.
05:16Il y avait la nécessité d'avancer, donner de la stabilité.
05:18On l'a fait.
05:19Parce que, justement, quand on a ce niveau de désordre mondial,
05:22on a d'autres choses à faire que de passer 18 mois
05:24sur une question budgétaire.
05:25Et quand on aspire, soi-disant, à diriger le pays
05:27comme le Rassemblement national prétend le faire,
05:30alors peut-être que le principal objet ne devrait pas être
05:32de déstabiliser la politique intérieure,
05:34mais de nous donner les armes communes
05:36pour être puissants à l'extérieur.
05:38Et ce n'est pas ce qu'ils ont fait.
05:39Et je pense que chacun peut en juger.
05:41Restons sur certains votes et certains textes.
05:43Aurore Berger, ce matin, sur CNews et Europe 1.
05:45Parlons des suites de l'interdiction des réseaux sociaux
05:47pour les moins de 15 ans.
05:49Alors, la ministre en charge du numérique
05:50a dit elle-même que ce n'était qu'un début.
05:53Est-ce que vous niez, vraiment, totalement,
05:54fermement, ce matin, une possible interdiction
05:56des fameux VPN, qui sont les garants
05:59de la liberté en ligne ?
06:00Et puis, comment vous croire ?
06:01Alors, déjà, l'interdiction des réseaux sociaux,
06:04on a un exemple très concret,
06:05qui est celui de l'Australie,
06:06qui démontre que c'est possible,
06:08qui démontre que des applications,
06:09elles ont tout simplement été désactivées,
06:11ce qui fait que les jeunes là-bas
06:13ne peuvent plus, à moins de 15 ans,
06:14là-bas, c'est 16 ans, y avoir accès.
06:16Je pense qu'il n'y a pas une famille
06:17qui nous écoute ce matin,
06:19qu'il n'y a pas un conflit dans sa famille
06:20sur l'usage du téléphone portable,
06:22sur l'usage des réseaux sociaux,
06:24sur les angoisses que ça génère
06:25chez les parents,
06:26sur ce à quoi nos enfants peuvent avoir accès.
06:28Et je peux vous dire que je suis,
06:29malheureusement, dans ce ministère,
06:30bien placée pour savoir
06:31ce à quoi ils ont accès,
06:32que ce soit l'antisémitisme,
06:33que ce soit le racisme,
06:34que ce soit la haine allant contre des femmes,
06:36que ce soit la question de la pornographie,
06:37voire de la pédopornographie.
06:39Donc on a des enjeux majeurs,
06:40qui sont des enjeux de protection.
06:41Nous sommes d'accord sur ce sujet.
06:43Oui, mais tout le monde n'était pas d'accord.
06:43Pardonnez-moi,
06:44obstruction massive de la France insoumise
06:46à l'Assemblée nationale,
06:47refus de reconquête aussi sur le sujet.
06:48Mais il faut dire pourquoi ?
06:49Parce qu'in fine, c'est la fin de l'anonymat.
06:51Non mais attendez, déjà,
06:52c'est une vraie question qui peut se poser.
06:55Non mais c'est une vraie question
06:55qui peut se poser,
06:56et sans doute qu'elle se posera
06:57en 2027,
06:58pendant la campagne présidentielle,
07:00savoir si oui ou non,
07:00on considère qu'on peut continuer
07:02à déverser de la haine
07:03sous couvert d'anonymat
07:04dans notre pays.
07:05Je pense que vous en faites l'objet
07:06de manière quotidienne,
07:07moi aussi,
07:07comme des milliers et des milliers de Français.
07:09Est-ce que c'est légitime ?
07:10Est-ce que vous voulez tomber
07:11dans l'autre côté
07:12de la surveillance généralisée,
07:13Rorberger ?
07:13Mais ce n'est pas une question
07:14de surveillance généralisée.
07:15C'est une question
07:16de quelle liberté
07:17voulons-nous exercer ?
07:19La liberté d'expression
07:20n'a jamais été
07:21la liberté de dire n'importe quoi,
07:23ni la liberté de nuire,
07:24ni la liberté de déverser de la haine.
07:26Il y a des règles
07:27dans un état de droit.
07:28Elles sont pleinement respectées.
07:32Je crois que c'est aussi
07:33une question de puissance
07:33vis-à-vis de ces grandes
07:35plateformes internationales
07:36qui parfois donnent le sentiment
07:37de s'extraire
07:38de la question du droit
07:39et du droit international,
07:40de rappeler qu'il y a des règles
07:42et que la France
07:42entend les faire respecter.
07:43Mais ces règles
07:44sur lesquelles nous devrions
07:45tous être d'accord
07:46de la protection de l'enfance
07:47ne sont pas le fauné
07:49ou le paravent
07:49d'une surveillance
07:50plus généralisée.
07:52La question peut se poser.
07:54Les inquiétudes sont légitimes.
07:54Non, je pense que certains
07:55ont envie de la poser
07:56sous un air de complotisme.
07:58Un peu quand même.
08:00Mais parce que regardez
08:01qui est non...
08:01Regardez qui est non
08:03ces idées-là.
08:04Le sujet,
08:04ce n'est pas d'interdire
08:05à quiconque
08:06de prendre la parole.
08:07La question n'est pas là.
08:08Chacun sera libre
08:09de pouvoir s'exprimer
08:10dans le respect
08:11tout simplement
08:12de l'état de droit
08:13et des règles
08:14qui sont celles
08:14de notre pays
08:15qui est un pays
08:16justement de démocratie.
08:18Mais je pense que
08:18face à ce que vivent
08:20nos enfants,
08:21on parle d'enfants
08:21qui ont été jusqu'à
08:22se suicider
08:23parce qu'aujourd'hui
08:24leur livre de chevet
08:25c'est devenu TikTok.
08:26C'est ça qui se passe.
08:27Et je pense que là,
08:28on a une responsabilité
08:30qui est une responsabilité
08:31individuelle,
08:32citoyenne
08:33et politique
08:34qu'on doit impérativement
08:35affirmer.
08:35Vous parlez de liberté
08:37d'expression,
08:38vous défendez la proposition
08:39de loi de la députée
08:40Caroline Yadant
08:41adoptée en commission
08:42et qui vise à caractériser
08:44les nouvelles formes
08:44d'antisémitisme
08:45en pénalisant
08:46l'antisionisme.
08:48Et vos détracteurs,
08:49là encore,
08:49vous reprochent de vouloir,
08:51on est tous d'accord
08:52évidemment sur la lutte
08:52contre l'antisémitisme,
08:54du moins je l'espère,
08:55mais d'empêcher toute critique,
08:57et là je parle
08:57de la liberté d'expression
08:58de la politique d'Israël,
09:00reconnaissez que ce serait légitime
09:01de pouvoir critiquer...
09:02Mais ce sera toujours possible.
09:03Qui le garantit ?
09:04Ce sera toujours possible.
09:05Le Conseil d'État
09:06qui a rendu un avis
09:06et qu'on suit strictement
09:08est le débat parlementaire
09:09et le gouvernement évidemment.
09:11Pourquoi ?
09:11Parce qu'on mélange
09:12volontairement les notions.
09:14L'antisionisme,
09:15c'est un signe égal
09:16aujourd'hui
09:16avec l'antisémitisme.
09:18Il faut quand même
09:18être très au clair là-dessus.
09:20C'est-à-dire que
09:21si on refuse de le voir,
09:22c'est au mieux de la naïveté,
09:23au pire de la complicité.
09:24Et aujourd'hui,
09:25quand des Français juifs
09:26sont pris pour cibles,
09:27ils sont pris pour cibles
09:28avec quel cri ?
09:29Avec la haine d'Israël
09:30à la bouche
09:31et avec des critiques
09:33en disant qu'ils sont,
09:33je cite,
09:34génocidaires.
09:35Donc on voit bien
09:35le type de critique
09:37aujourd'hui qu'ils subissent,
09:38le type d'attaque
09:38qu'ils subissent.
09:39Donc les mots ont changé,
09:40mais les cibles,
09:41elles, elles n'ont pas changé.
09:42Vous dites que l'antisionisme
09:44ne veut plus simplement dire
09:45la critique de l'État d'Israël.
09:47Pour vous,
09:47ça veut dire
09:48l'anéantissement d'Israël.
09:49L'antisionisme n'a jamais
09:50voulu dire ça,
09:51Sonia Mabrouk.
09:52L'antisionisme,
09:53ce n'est pas la critique libre
09:54de la politique menée
09:55par un gouvernement.
09:56Chacun est libre,
09:57sur ce plateau comme ailleurs,
09:58d'avoir l'avis qu'il veut
09:59et qu'il entend donner
10:00sur la politique menée
10:01par le Premier ministre israélien.
10:03Et les premiers
10:04qui le sont critiques,
10:04c'est qui ?
10:05Ce sont les Israéliens eux-mêmes,
10:06d'ailleurs.
10:06L'antisionisme,
10:07c'est quoi ?
10:07L'antisionisme,
10:08c'est la négation
10:09de la légitimité d'Israël
10:12à exister en tant qu'État
10:13qui est accessoirement
10:14le seul État refuge au monde
10:16pour les Juifs.
10:17C'est l'État qui sera pénalisé ?
10:18Oui,
10:18c'est l'interdiction
10:19d'appeler à la destruction
10:20d'un État.
10:21Mais ce n'est pas des inquiétudes,
10:22c'est une volonté
10:23d'instrumentalisation
10:24d'une proposition de loi
10:25par ceux qui n'ont pas envie
10:27justement que demain
10:28il n'ait plus le droit
10:29tout simplement
10:30d'appeler à la destruction
10:32de l'État d'Israël.
10:33C'est quand même
10:33le seul État au monde
10:35dont on appelle
10:36à la destruction.
10:37C'est le seul État au monde
10:38dont on trouve légitime
10:39que des parlementaires
10:40appellent à sa destruction.
10:41Donc il y a une obsession,
10:42il y a une obsession
10:44de la part de la France insoumise
10:45à l'encontre d'Israël
10:46et il se trouve qu'Israël
10:48est le seul État refuge
10:50au monde pour les Juifs.
10:51Je pense que les deux
10:52ne sont malheureusement
10:53pas à dissocier
10:54et donc si on veut
10:55combattre l'antisémitisme,
10:56on combat l'antisionisme,
10:58on combat l'islamisme
10:59et on combat aussi
11:00dans notre pays
11:00la France insoumise.
11:01Et on sanctuarise
11:02la liberté d'expression
11:03et la liberté d'enseigner,
11:05je dis cela
11:05parce qu'une école
11:06juive primaire
11:08a été attaquée, dégradée,
11:10j'allais dire,
11:10heureusement en pleine nuit
11:11parce que les enfants
11:12n'y étaient pas.
11:13On imagine le traumatisme
11:14et l'inquiétude des parents
11:15pour le contexte.
11:17Est-ce que vous pourriez encore
11:18dans quelques jours
11:19défendre ces dossiers
11:20très importants
11:21et très brûlants
11:22puisque un remaniement,
11:24l'a dit tout à l'heure,
11:25Maude Bréjean,
11:26la porte parole du gouvernement
11:26est prévue dans les prochains jours.
11:29On se souvient,
11:29Orberger,
11:30que Sébastien Lecornu
11:30avait dit qu'il fallait
11:32maintenant désormais
11:33faire partir
11:34les prétendants pour 2027.
11:36Donc vous et M. Darmanin
11:37êtes sur le départ ?
11:38Écoutez,
11:38c'est le Premier ministre
11:39et le Président de la République
11:40qui décide quoi qu'il arrive,
11:41qui est au gouvernement,
11:43qui reste.
11:44Mais parce que c'est vrai.
11:45Parce qu'à la fin,
11:46en dernier ressort,
11:47il y a quand même
11:47deux personnes qui décident.
11:48Moi, je dois rester,
11:49je veux rester,
11:50ce sont des dossiers importants.
11:50Ça s'appelle un Premier ministre,
11:51un Président de la République.
11:52Et j'ai l'impression, en effet,
11:53que les sujets que j'ai évoqués
11:54ce matin devant vous,
11:55que ce soit sur la question
11:56de la protection
11:57de nos libertés fondamentales,
11:59de la lutte contre l'antisémitisme,
12:00de la lutte contre
12:00toutes les formes de violence,
12:02sont des sujets
12:02qui méritent
12:03toute notre attention.
12:04En tout cas,
12:04ils ont toute la mienne.
12:05C'est la raison pour laquelle
12:05je suis au gouvernement.
12:07Et j'espère évidemment
12:07pouvoir continuer
12:08à porter ces sujets
12:10qui, je crois,
12:10comptent pour les Français.
12:11Une sortante,
12:12et ce n'est pas une surprise,
12:13ce sera Rachida Dati.
12:14Elle l'a annoncé elle-même,
12:15évidemment,
12:16en vue de la campagne
12:16des municipales
12:17qui vraiment démarre fort à Paris.
12:19Tout peut arriver.
12:20Vous avez soutenu
12:22sans ambiguïté
12:23Rachida Dati.
12:24Si Sarah Knafo
12:25et Rachida Dati
12:26finissent par nouer
12:27une alliance,
12:28Aurore Berger...
12:29Rachida Dati a dit
12:30elle-même
12:30qu'il n'y aurait
12:30aucune alliance.
12:31Donc, il n'y aura pas de si
12:32parce que ça ne peut pas arriver.
12:34Vous ne soutiendrez pas
12:34une telle configuration ?
12:35Parce que la candidate elle-même,
12:36Rachida Dati,
12:37a dit clairement
12:37qu'il n'y aurait aucune alliance.
12:39Ça peut arriver que les alliances
12:40se fassent au second temps.
12:40Pour connaître un peu Rachida Dati,
12:42je crois qu'en général,
12:43quand elle dit quelque chose,
12:44elle le fait.
12:45Pour connaître un peu la politique,
12:46ça peut changer, non ?
12:47Non, ça ne changera pas
12:48parce que c'est une question de valeur,
12:49c'est une question de compatibilité
12:50de ses valeurs.
12:51Ce n'est pas les mêmes valeurs
12:51entre les deux femmes ?
12:51Non, c'est peut-être pour ça
12:52qu'il y a deux candidatures.
13:01Qu'est-ce qui les différencie, par exemple ?
13:03Mais moi, ce qui les différencie surtout,
13:04c'est qu'il y en a une qui peut gagner
13:05et une seule.
13:06Oui, mais il y en a une
13:07qui peut faire gagner l'autre.
13:08Non, il y en a une
13:09qui peut faire perdre.
13:10Ah, c'est la différence.
13:11Donc, vous l'appelez à se désister ?
13:13Déjà, on verra pour l'instant,
13:14les Parisiens,
13:14ils ne se sont même pas prononcés.
13:16Il y a un vote,
13:16les 15 et 22 mars,
13:17je les appelle à voter,
13:18à voter massivement.
13:19Je crois que les Parisiens
13:20et au-delà, les Franciliens,
13:21moi, je suis élue de grande couronne
13:22dans les Yvelines,
13:23donc je peux vous dire
13:24que les Franciliens
13:25et peut-être même les Français
13:26attendent un changement à Paris.
13:27La seule qui peut incarner
13:28le changement à Paris,
13:29la seule qui est en situation
13:30de gagner,
13:31c'est Rachida Dati.
13:32Mais on voit bien
13:33dans les législatives partielles,
13:34je reste dans les élections,
13:35que les électeurs,
13:36comme en Haute-Savoie,
13:36veulent l'union des droites,
13:38en tous les cas,
13:38semble-t-il,
13:39dans les sondages
13:40et si je tiens compte
13:41de cette élection partielle.
13:42Et ils rejettent,
13:43Aurore Berger,
13:44tous ceux qui s'associent
13:45de près ou de loin
13:46au macronisme,
13:46au macroniste,
13:47comme les LR.
13:48Est-ce que vous êtes devenu
13:49un épouvantail,
13:50un repoussoir ?
13:51Pardonnez-moi de vous dire,
13:52passez à vous.
13:53Parce qu'il y a eu
13:53une élection législative partielle,
13:55on peut en tirer des conséquences
13:56sur 577 circonscriptions.
14:00Il y a des élections présidentielles
14:01qui arriveront bien assez tôt.
14:03Elles vont arriver,
14:04je pense que tout le monde
14:04en parle depuis même
14:05le lendemain de la réélection
14:06du président de la République
14:07en 2022.
14:07Donc il y aura
14:08des élections présidentielles
14:09en 2027
14:09et c'est à ce moment-là
14:10qu'il y aura un arbitrage à faire.
14:12Moi, ce que je dis,
14:13c'est que je pense
14:13qu'il faut de l'unité
14:14et que l'unité,
14:15ce n'est pas l'union des droites,
14:16que l'unité,
14:16c'est celle qu'on essaye
14:17d'avoir au sein du gouvernement.
14:18Ça ne veut pas dire
14:19que c'est toujours facile,
14:20ça ne veut pas dire
14:20qu'il n'y a pas des nuances,
14:21mais ça veut dire
14:22qu'il y a la nécessité
14:22de continuer à avancer ensemble
14:23si on ne veut pas
14:24que les Français
14:25soient pris dans une tenaille
14:26identitaire entre le RN
14:27et la France insoumise.
14:28Et si on ne veut pas
14:29se réveiller avec ça...
14:30Pardonnez-moi, d'ailleurs,
14:30que feriez-vous ?
14:31On connaît votre combat
14:32sans faille
14:33sur la France insoumise ?
14:33Moi, je ne répondrai jamais
14:34à cette question
14:44responsabilité,
14:44c'est de faire en sorte
14:45que nous n'ayons pas
14:46ce duel à commenter.
14:47Moi, je ne veux pas commenter,
14:48je veux être actrice
14:49et je veux garantir
14:50qu'on n'ait pas
14:50cette espèce de tenaille
14:51identitaire.
14:52C'est la meilleure façon
14:52de ne pas répondre.
14:53Mais c'est surtout que
14:54si je réponds,
14:55j'accrédite l'idée
14:55que ça va arriver.
14:57Et je ne veux pas
14:57accréditer l'idée
14:58que ça va arriver.
14:59Je dis juste aux Français
15:01et je dis juste
15:02à mes amis politiques
15:03que si nous ne voulons pas
15:04que ça arrive,
15:05ça suppose qu'on travaille,
15:06ça suppose qu'on reste utile
15:08et au travail
15:09jusqu'au dernier moment.
15:10Qu'est-ce qu'au-delà
15:11des éléments que ça veut dire ?
15:12Et au sein du Parlement
15:13parce qu'on a aussi
15:13des choses à faire.
15:15Ça veut dire sans doute,
15:16moi en tout cas,
15:16je crois,
15:17une primaire du Bloc central
15:18jusqu'à la droite républicaine
15:20parce que je pense
15:21que nous avons
15:22un projet de société
15:23que nous pouvons défendre ensemble
15:24parce que nous avons
15:25une vision de société
15:26que nous pouvons défendre ensemble
15:27et parce que
15:28si nous n'arrivons pas
15:29à nous rassembler,
15:30alors nous serons responsables
15:31d'avoir laissé choisir
15:33les Français
15:33entre d'un côté
15:34le Rassemblement national
15:35et la France insoumise.
15:36Et je ne veux pas
15:37être responsable de cela.
15:38Alors dans vos dossiers
15:39également
15:40et bientôt pour conclure,
15:42Orberger,
15:42après la condamnation
15:43à 4 ans de prison
15:44dont 18 mois à ferme
15:45de l'ex-sénateur
15:45Joël Guerriot,
15:46reconnu coupable
15:47d'avoir drogué
15:47en 2023 à la députée
15:49Sandrine Jossot
15:50en vue de la violer,
15:51vous souhaitez généraliser
15:52le remboursement
15:53des tests de détection.
15:55Est-ce que vraiment
15:55c'est suffisant
15:56face à l'ampleur du défi ?
15:57Évidemment,
15:58c'est un premier pas
15:58et personne ne vous le reproche.
15:59Alors on parle
15:59de la soumission chimique.
16:01La soumission chimique,
16:01c'est le fait
16:02d'avoir été drogué
16:03à son insu
16:03et contrairement
16:04à ce que pendant
16:05très longtemps
16:05on a pensé,
16:06on est drogué
16:07à son insu
16:07par quelqu'un
16:07qu'on connaît,
16:08par un proche
16:09et c'est ce qui s'est passé
16:10et je veux vraiment
16:11saluer encore une fois
16:11le courage de Sandrine Jossot
16:13par un ami.
16:14Et donc il y a une condamnation,
16:15une condamnation très claire
16:16et qui était nécessaire
16:17et qui a permis aussi
16:18d'alerter la société
16:19sur le fléau
16:20de la soumission chimique.
16:21Aujourd'hui,
16:22on est en train
16:22de mettre en place
16:22avec les professionnels
16:24de santé des protocoles
16:25pour garantir
16:26que des tests fiables
16:27soient réalisés,
16:28qu'ils soient immédiatement
16:29analysés dans les heures
16:30qui suivent
16:30parce que c'est dans
16:31les heures qui suivent
16:32qu'il faut analyser
16:33de manière à savoir
16:34si vous avez été
16:35ou pas drogué.
16:36Aujourd'hui,
16:36en plus,
16:36ces tests,
16:37ils coûtent cher
16:37et coûtent cher aux victimes
16:38et c'est évidemment
16:39intolérable de se dire
16:40qu'en plus,
16:40aux victimes de continuer
16:42à payer le coût
16:42de ce qu'elles ont subi.
16:43Donc c'est pour ça
16:44qu'on est en train
16:45de mettre en place
16:45ces protocoles
16:46dans trois régions.
16:47L'objectif,
16:47c'est évidemment
16:48de généraliser
16:49pour mieux accompagner
16:50par tous les victimes.
16:50À quel horizon ?
16:51Là,
16:51on est vraiment en train
16:52de faire les protocoles
16:53sur la nécessité
16:55de valider
16:56la manière avec laquelle
16:57ces tests sont réalisés
16:58et sont analysés.
16:59Donc c'est les médecins
16:59qui nous diront
17:00une fois que les protocoles
17:01sont établis
17:01pour qu'on puisse
17:02généraliser au plus tôt.
17:03Et je sais que c'est un sujet
17:04que vous portez depuis longtemps
17:06et qui vous tient à cœur.
17:07Je vais conclure
17:08avec ce scandale tentaculaire,
17:09celui des Epstein Files,
17:11document déclassifié
17:12de Jeffrey Epstein,
17:13pédocriminel,
17:14en lien avec les grands
17:15de ce monde.
17:15Et il y a un volet français
17:17qui pose question.
17:18Il est très difficile,
17:19il faut le reconnaître,
17:20d'analyser plus de 3 millions
17:21d'échanges, de mails.
17:23Malgré tout,
17:23certains noms apparaissent
17:24avec insistance,
17:25notamment celui de Jack Lang,
17:27de sa fille également.
17:28Est-ce qu'à tout le moins,
17:30pour faire la lumière
17:30sur tout cela,
17:31vous réclamez
17:32une commission d'enquête
17:33parlementaire ?
17:33Je ne sais pas si c'est
17:34une commission d'enquête
17:35qui est légitime.
17:35Je pense qu'à partir du moment
17:37où les analyses vont être faites,
17:38peut-être que la justice
17:39sera saisie,
17:39la justice directement.
17:41S'il y a matière,
17:41ce n'est pas parce qu'un nom
17:42apparaît que pour autant,
17:43c'est-à-dire que le nom
17:44est associé à quelque chose
17:45qui serait délictuel ou criminel.
17:46Jack Lang a reconnu
17:47et a assumé des liens
17:48avec le frère Stein.
17:48Ce n'est pas parce que vous avez eu un lien
17:49parce qu'il y a des milliers
17:50de personnes qui, à l'époque,
17:51ont eu un lien avec quelqu'un
17:52qui était extraordinairement puissant.
17:54La question,
17:54c'est la nature de ces liens
17:55et c'est ça que la justice
17:57doit déterminer.
17:57Je pense que c'est son travail
17:58à elle et à elle seule
17:59de pouvoir le faire.
18:00En attendant la justice,
18:01je vois que la fille de Jack Lang
18:02a déjà pris ses responsabilités.
18:04Est-ce que lui-même
18:04peut vraiment se maintenir
18:05à la présidence
18:06de l'Institut du monde arabe ?
18:07Ce n'est pas un problème
18:07d'exemple.
18:08Je ne sais pas
18:09sincèrement aujourd'hui
18:10vous dire ce qu'il y a
18:11ou ce qu'il n'y a pas
18:12dans ces liques,
18:13dans ce qui est sorti.
18:14Donc moi,
18:14je ne me prononce pas
18:15à partir du moment
18:15où je ne sais pas
18:16la caractérisation des faits.
18:18S'il y a des faits,
18:19ils seront établis
18:19et la justice sera évidemment saisie.
18:21Ton tac.
18:22Merci Aurore Berger
18:23sur votre grande interview
18:24ce matin.
18:24Je vous souhaite une bonne journée.
18:25Merci à vous.
18:26Permettez-moi peut-être
18:26juste pour conclure,
18:28Sonia Mabrouk,
18:28d'avoir un mot vous concernant.
18:30C'est peut-être un peu inhabituel
18:31dans le cadre d'une émission politique.
18:33Mais je voulais saluer
18:33les mots que vous avez eus.
18:35Les mots justement
18:35pour les victimes
18:36de violences sexuelles.
18:37Je crois que c'était
18:37des mots importants.
18:38Je l'ai dit tout à l'heure,
18:39moi je suis dans un ministère
18:40où il y a à la fois
18:40le pire et le meilleur
18:41de la nature humaine.
18:43Permettez-moi de vous dire
18:43que pour moi,
18:44vous avez incarné le meilleur
18:45et je suis très émue de vous le dire
18:46et je pense que vous avez
18:47touché beaucoup de monde.
18:48Beaucoup sont du côté du meilleur,
18:50c'est ce qu'on retiendra
18:51et dont vous,
18:52on peut le dire évidemment.
18:53Merci Aurore Berger.
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