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  • il y a 6 mois
Selon les chiffres de l'Institut Montaigne de 2025, le surpoids concerne un adulte sur deux, et l'obésité, un adulte sur cinq. Les maladies liées à la mauvaise alimentation, telles que le diabète de type 2, l'hypertension ou les gênes respiratoires coûtent plus de 100 milliards d'euros par an. Tandis que les preuves de la nocivité des aliments ultra-transformés s'accumulent, l'alimentation relève autant d'un enjeu de santé que de finances publiques mais également de souveraineté agricole. Pour remédier à la hausse de l'obésité, plusieurs propositions sont à l'étude : rendre économiquement plus accessible une alimentation saine pour les ménages plus démunis, doubler la taxation sur la malbouffe, encadrer davantage la publicité et le marketing pour les aliments au profil nutritionnel défavorable. La députée "Ensemble Pour la République", Olivia Grégoire a décidé de s'attaquer à un angle mort au travers d'une nouvelle proposition de loi : la pédagogie alimentaire. Son objectif est de rendre l'éducation alimentaire obligatoire tout au long de la scolarité, dès la maternelle jusqu'au lycée, dans toutes les écoles de France afin de former les mangeurs, mais aussi les consommateurs, de demain. Alors que les enseignes de restauration rapide prolifèrent dans l'Hexagone, bien s'alimenter reste un défi pour beaucoup de Français. Comment éviter les produits nocifs pour la santé lorsque l'on a un pouvoir d'achat très restreint ?

Invités :
- Agnès Pannier-Runacher, députée « Ensemble Pour la République » du Pas-de-Calais
- David Cormand, député européen écologiste
- Rodrigo Arenas, député « La France Insoumise » de Paris
- Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et agriculture à l'UFC-Que Choisir

« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique. Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.

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00:00:04Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:27C'est vendredi et puisque Chaque Voix Compte, c'est à vous que nous donnons la parole ce soir pour une émission consacrée à cette nourriture qui nous fait du mal.
00:00:37On a beau nous répéter 5 fruits et légumes par jour, il n'empêche, les aliments ultra transformés remplissent nos étagères pendant que les études scientifiques sur leurs effets nocifs s'accumulent.
00:00:48Que pouvons-nous faire, nous consommateurs ? Que pouvez-vous faire, vous législateurs ? Nous en parlons ce soir avec Agnès Pannier-Runacher.
00:00:57Bonsoir.
00:00:58Bonsoir.
00:00:58Vous êtes députée ensemble pour la République du Pas-de-Calais et vous venez de co-signer une tribune pour alerter précisément sur les dangers de l'alimentation ultra transformée.
00:01:07David Cormand, bonsoir.
00:01:09Bonsoir.
00:01:09Député européen du groupe des Verts, vous êtes aussi membre de la commission de la protection des consommateurs.
00:01:15Et puis Rodrigo Arenas, bonsoir.
00:01:16Bonsoir.
00:01:17Député de la France Insoumise de Paris, vous militez notamment pour un enseignement d'éducation à l'alimentation obligatoire à l'école.
00:01:25Merci à tous les trois d'avoir accepté de vous prêter au jeu des questions-réponses avec notre public.
00:01:31Et pour m'accompagner ce soir, je salue également Olivier Andrault.
00:01:34Bonsoir.
00:01:35Bonsoir.
00:01:35Olivier Andrault de l'UFC Que Choisir, vous êtes chargé de mission agriculture et alimentation.
00:01:40Vous serez en quelque sorte ce soir mon arbitre.
00:01:43Vous intervenez à tout moment dans nos échanges ou nos débats.
00:01:47On va parler du goût, on va parler du coût, on va parler de nous, de nos envies, nos contre-indictions, nos injonctions.
00:01:55Sans culpabiliser, mais en gardant en tête ce bon vieux slogan, bien manger, c'est le début du meneur, paraît-il.
00:02:02Voilà pour le programme de ce soir a priori, puisque vous savez, cette émission, c'est vous qui allez la faire.
00:02:06Je compte sur vous, vous êtes là pour échanger avec vos élus, pour partager vos expériences, vos doutes, vos craintes.
00:02:13Mais ce soir, on n'a pas le droit de parler la bouche pleine, d'accord ?
00:02:15Installez-vous confortablement, chaque voix compte, c'est parti.
00:02:18Alors c'est fou parce qu'en fait, le sujet dont on parle ce soir, il y en a un qui en parlait très bien, il y a déjà au moins 35 ans.
00:02:33On mange véritablement des cochonneries et quand je dis des cochonneries, je devrais dire qu'on mange de la merde.
00:02:39Bah oui, Jean-Pierre Coff se battait déjà contre de la merde.
00:02:42Elle a aujourd'hui un nom plus scientifique, AUT, alimentation ultra transformée.
00:02:48Baptiste Gargui-Chartier.
00:02:49Les aliments ultra transformés auraient-ils envahi l'assiette des Français ?
00:02:58Depuis l'Assemblée, 30 parlementaires en dénoncent les effets et co-signent cette tribune en appelant à combattre ce poison lent et violent.
00:03:06Car en France, les chiffres sont sans appel.
00:03:08Aujourd'hui, 36% de la ration alimentaire des adultes est composée de produits ultra transformés.
00:03:14C'est 46% chez les enfants.
00:03:16Ces produits reposent sur l'utilisation d'additifs, d'arômes, de conservateurs aussi,
00:03:22destinés à modifier la texture ou la conservation des aliments.
00:03:26Le risque de surpoids ou d'obésité est donc favorisé.
00:03:29Chez les adultes, l'obésité est passée de 8,5% en 1997 à 17% il y a 6 ans.
00:03:36Alors, ces derniers mois, les experts multiplient les messages d'alerte.
00:03:39L'idée, c'est de pousser les décideurs politiques à prendre des décisions qui soient favorables à tous.
00:03:47Par exemple, l'équipe du Nutri-Score a proposé de mettre un bandeau noir autour du Nutri-Score pour indiquer l'ultra-transformation.
00:03:54À l'Assemblée, une proposition de loi a été déposée pour mieux encadrer la commercialisation des produits ultra transformés.
00:04:00Alors d'abord, pour bien comprendre de quoi l'on parle ce soir, Olivier Andrault, c'est quoi un aliment ultra transformé ?
00:04:08À partir de quel moment on parle d'ultra-transformation ?
00:04:11C'est à partir du moment où il y a deux choses qui se passent dans la recette qui est mise en oeuvre par l'industriel.
00:04:16Tout d'abord, c'est l'utilisation d'additifs.
00:04:18Il faut savoir que l'Union Européenne autorise pas moins de 300 additifs alimentaires.
00:04:24Donc là, déjà, à ce niveau-là, il y a un problème parce que l'UFC Que Choisir récemment a fait une relecture.
00:04:31Des études scientifiques qui ont été publiées et sur la base desquelles il y a des restrictions qui peuvent être mises en oeuvre au niveau européen
00:04:38et qui indiquent qu'il y en a 19 à éviter compte tenu des gros problèmes qui sont mis en évidence par ces études scientifiques
00:04:45et 68 qui sont peu recommandables.
00:04:48Et ce qu'on va trouver, par exemple, je vais vous donner des bonbons gélifiés.
00:04:51On peut trouver un cocktail de 7 additifs dont 4 à éviter.
00:04:55Dans des nouilles, ça va être 15 additifs dont 2 à éviter et 5 qui sont peu recommandables.
00:04:59Puis un dernier exemple, chewing-gum, 14 additifs dont 1 à éviter et 3 qui sont peu recommandables.
00:05:06Donc ça, c'est un premier aspect.
00:05:07Le deuxième aspect, c'est, par exemple, quand on va subir des traitements thermiques très élevés,
00:05:12on va avoir la matrice, c'est-à-dire, par exemple, l'amidon qui va être modifié.
00:05:17Et ça aussi, ça peut avoir un impact sur la manière dont notre organisme va utiliser ses nutriments.
00:05:23C'est un peu ce que j'ai découvert en préparant cette émission, c'est que ce qui pose problème,
00:05:27c'est aussi la façon dont l'alimentation est transformée.
00:05:30C'est quoi le problème ?
00:05:31Vous prenez de l'amidon.
00:05:33L'amidon, c'est vraiment la base de l'alimentation chez l'humain.
00:05:36C'est tout ce qui vient du blé, des céréales, du riz, du maïs, etc.
00:05:39Et donc, si vous ne le transformez pas trop, c'est très bon pour la santé.
00:05:43C'est une source de ce qu'on appelait autrefois les sucres lents.
00:05:46Il y a des fibres, il y a des minéraux, c'est très bien.
00:05:47Mais si vous utilisez une farine extrêmement raffinée, vous enlevez déjà tous les minéraux, les fibres.
00:05:52Et si en plus, vous allez lui faire subir des traitements thermiques extrêmement élevés, à grande chaleur,
00:05:58cette longue chaîne d'amidon va être coupée en petits morceaux et va commencer à se transformer possiblement en sucre.
00:06:04Est-ce que c'est ce qu'on appelle le cracking ?
00:06:06C'est exactement ça.
00:06:07C'est ça ?
00:06:07Et dans ces cas-là, l'aliment brut de base perd ses propriétés ?
00:06:13Effectivement.
00:06:13Non seulement il perd ses propriétés avec les aspects qui sont les plus intéressants,
00:06:17on évoquait tous ces micronutriments, vitamines, minéraux,
00:06:20mais en plus il risque d'avoir des propriétés nouvelles du fait de ces cracking qu'on lui fait subir.
00:06:26Est-ce que c'est forcément mauvais pour la santé ?
00:06:28Par exemple, un steak de soja, alors je sais qu'on n'a plus le droit d'appeler ça steak de soja,
00:06:32mais un steak de soja c'est végétarien, c'est transformé, c'est mauvais ?
00:06:37C'est difficile de dire tel élément est mauvais pour la santé ou pas,
00:06:42en lien avec ces problématiques d'ultra-transformation.
00:06:44Tout simplement parce qu'autant on a un niveau de preuve scientifique
00:06:48qui est extrêmement élevé sur les taux de gras saturés, de sucre, de sel,
00:06:52sur lesquels sont construits notamment le Nutri-Score.
00:06:54Donc il faudra qu'on reparle tout à l'heure, vous savez cette éthique tête.
00:06:57On en reparlera évidemment.
00:06:58En revanche, sur l'ultra-transformation, c'est finalement un concept qui est assez récent
00:07:02et sur lequel on a encore assez peu de démonstration scientifique.
00:07:07Il y a quand même des éléments qui laissent à penser que ça contribue effectivement
00:07:10une trop grande consommation de produits ultra-transformés,
00:07:13ça a des impacts négatifs sur la santé.
00:07:15Maintenant, être en capacité de dire c'est à cause de tel nutriment,
00:07:19de tel additif, de tel conservateur, on n'est pas en capacité de le faire.
00:07:23Je vais me tourner vers vous, mon ami public.
00:07:26Est-ce que vous avez conscience aujourd'hui des dangers de l'alimentation ultra-transformée ?
00:07:30Est-ce que vous essayez de l'éviter ou est-ce que pour vous,
00:07:32c'est incontournable quand vous faites vos courses ?
00:07:35Ce n'est pas qui veut parler, qui veut prendre la parole en premier.
00:07:37Il en faut un ou une, donc allez-y, n'hésitez pas.
00:07:40Peut-être, sinon je vais désigner Armel, Déborah ou Estelle.
00:07:48Il est allumé le micro, ne vous inquiétez pas.
00:07:51Moi, j'essaie de cuisiner au maximum, mais c'est vrai qu'il faut du temps.
00:07:55Et donc, d'acheter des aliments bruts, parce que je sais qu'effectivement,
00:08:01la matrice alimentaire, c'est quelque chose de très important,
00:08:03surtout pour le taux de sucre, le diabète.
00:08:06Parce que dès que la matrice est restructurée, on a des afflux de sucre dans le sang très forts.
00:08:11Par exemple, un jus de pomme par rapport à une pomme entière,
00:08:13c'est beaucoup moins bon pour la santé, parce que le sucre n'est pas filtré par l'éphimre.
00:08:18Mais j'ai été étonnée, un jour j'ai vu des visuels sur les produits ultra-transformés,
00:08:24et j'étais très étonnée d'où se situait le curseur,
00:08:28parce que je ne pensais pas acheter des aliments ultra-transformés.
00:08:31Et je voyais que, par exemple, la petite salade de carottes râpées
00:08:34que j'achetais sur l'autoroute quand j'étais en déplacement,
00:08:37était un truc ultra-transformé.
00:08:39Donc, c'est très rapidement de l'ultra-transformé en réalité,
00:08:42dès qu'on n'achète pas des aliments bruts, en fait.
00:08:45Agnès Pannier-Runacher, vous, dans votre tribune,
00:08:47que vous avez signée au début de la semaine, vous dites que c'est un poison violent.
00:08:50Ce que dit Armel, c'est que peut-être qu'il faudrait que ce soit indiqué.
00:08:54C'est-à-dire que, sans doute, est-ce qu'aujourd'hui,
00:08:56on mange aussi de la nourriture ultra-transformée sans savoir que ça en est, non ?
00:09:00Oui, tout à fait.
00:09:00C'est-à-dire qu'un, il faut définir ce dont on parle.
00:09:03Et comme l'a très bien dit monsieur à l'instant,
00:09:07en fait, on sait faire un lien entre manger de la nourriture ultra-transformée,
00:09:12il n'y a aucun doute sur le fait que ça a un impact massif sur la santé,
00:09:16que ce soit des maladies chroniques,
00:09:19des maladies qui sont inflammatoires, cardiaques, cancers, etc.,
00:09:23l'obésité, le diabète, et même la dépression.
00:09:27Mais on ne sait pas exactement pondérer chaque ingrédient individuellement
00:09:31et chaque processus individuellement.
00:09:32Parce qu'on se dit, bon, c'est gras, c'est sucré, c'est salé.
00:09:35Bon, il y a aussi des choses qu'on fait nous-mêmes à la maison qui sont gras, salés ou sucrés.
00:09:38Globalement, on doit faire un mouvement qui dit, en gros,
00:09:41on doit réduire la part de nourriture ultra-transformée.
00:09:44On sait, vous le dites, 37% des calories.
00:09:47Une fois qu'on a dit ça, on a des instruments qui existent.
00:09:50Le Nutri-Score.
00:09:52Moi, je suis pour la généralisation du Nutri-Score.
00:09:55Est-ce que le Nutri-Score est parfait ?
00:09:57Sans doute pas, mais à un moment, on a un dispositif qui a fait ses preuves,
00:10:02qui est mesuré par des études médicales
00:10:04et qui montre qu'il y a une amélioration de la santé
00:10:06lorsqu'on suit, grosso modo, les indications du Nutri-Score.
00:10:10Et rien ne nous empêche, au fur et à mesure de données scientifiques,
00:10:14d'améliorer le Nutri-Score.
00:10:16On a aussi un certain nombre d'acteurs, je pense à Iuka, pour ne pas le citer,
00:10:19qui apportent une transparence.
00:10:22Et je pense que la première chose, la première responsabilité politique
00:10:25que nous avons, c'est de prendre les consommateurs au sérieux
00:10:30comme des adultes et de leur donner l'information la plus transparente
00:10:34et la plus qualitative possible pour qu'ils fassent leur choix
00:10:38en pleine connaissance de cause.
00:10:40Est-ce que vous, vous êtes sensible au Nutri-Score
00:10:42quand vous faites vos courses ?
00:10:44Tous, vous y faites attention ?
00:10:46Déborah, je crois que vous, vous êtes diététicienne nutritionniste.
00:10:49Je vous cherche.
00:10:52Bonsoir Déborah.
00:10:54Les ravages de la nourriture ultra-transformée,
00:10:57vous les voyez forcément tous les jours dans votre cabinet.
00:11:01Est-ce que vous recommandez à vos patients
00:11:04de surveiller le Nutri-Score ?
00:11:06Ou d'utiliser des applications type Iuka dont vient de parler Mme Pannier-Runacher ?
00:11:10Alors, je veux avoir un discours complètement opposé à ce qu'il vient de se dire.
00:11:16En fait, ce qui est important à savoir, c'est que parler de malbouffe
00:11:19et d'aliments ultra-transformés, ça génère de la peur, ça génère de la culpabilité
00:11:24et ça augmente les troubles du comportement alimentaire
00:11:27qui sont la base, en fait, de la difficulté actuelle
00:11:33qui sont en explosion liées à les réseaux sociaux.
00:11:39Pourquoi vous dites ça ?
00:11:40En quoi les troubles du comportement alimentaire
00:11:42pourraient être liés aux alertes qu'on peut émettre
00:11:45sur les alimentations ultra-transformées ?
00:11:47En fait, ça génère de la dichotomie alimentaire,
00:11:50ce qu'on appelle de la diabolisation alimentaire
00:11:52qui clone, en fait, les aliments en bon-mauvais.
00:11:57Et en fait, cette catégorisation alimentaire génère de la peur alimentaire
00:12:03qui va générer des restrictions, des compulsions, de la boulimie,
00:12:07de l'hyperphagie et donc des troubles du comportement alimentaire.
00:12:11Et donc, ce qui est très important, extrêmement important à nuancer,
00:12:15c'est que ça n'est pas l'aliment ultra-transformé qui pose une difficulté,
00:12:19c'est l'excès.
00:12:20Et l'excès est sous la dépendance du comportement alimentaire.
00:12:24Donc, je pense que parler d'alimentation ultra-transformée
00:12:29sans parler des causes qui poussent à la consommation,
00:12:33c'est un peu parler de façon incomplète.
00:12:40Elle parle à la fois du goût des aliments,
00:12:43elle parle à la fois du pouvoir d'achat, du coût de ces aliments.
00:12:47Vous entendez le discours de cette diététicienne nutritionniste, Olivier ?
00:12:51Tout à fait, parce que, avant même d'informer les consommateurs
00:12:56de manière transparente, et nous, à l'UFC Que Choisir,
00:12:59on pense qu'il faut rendre le Nutritory Score obligatoire,
00:13:01ça c'est très clair, parce qu'on pourra parler des impacts
00:13:03sur l'amélioration des recettes.
00:13:05Mais il faut parler, bien sûr, de tout l'environnement obésogène
00:13:08dans lequel se trouvent les enfants maintenant,
00:13:10et notamment en lien avec le marketing.
00:13:11Le marketing, il est partout, il est d'abord à la télévision,
00:13:15maintenant dans les nouveaux médias,
00:13:16et l'UFC Que Choisir a fait une analyse comparative
00:13:18de différents types de publicités,
00:13:20en classant d'un côté les publicités pour les produits alimentaires,
00:13:23on va dire, tout public,
00:13:24ça va être par exemple, je ne sais pas moi,
00:13:26des publicités pour du jambon,
00:13:27tout le monde mange du jambon, ou du fromage,
00:13:30et des publicités spécifiquement destinées aux enfants.
00:13:33Et là, on a vraiment une dichotomie,
00:13:36parce que d'un côté, les publicités tout publiques,
00:13:38elles sont assez équilibrées, en fait.
00:13:40Il y a autant de bons Nutri-Score que de Nutri-Score à limiter,
00:13:44et il y a une très grande diversité d'aliments,
00:13:46une vingtaine de familles d'aliments.
00:13:48En revanche, quand on regarde les publicités destinées aux enfants,
00:13:50alors là, une pauvreté de type d'aliments,
00:13:53c'est cinq familles d'aliments, pas plus,
00:13:55et essentiellement concentrées sur les céréales du petit déjeuner
00:13:58dans des versions sucrées, des confiseries,
00:14:01du chocolat, du fast-food.
00:14:03Et là, quand on regarde le Nutri-Score,
00:14:05pas un seul Nutri-Score A, pas un seul B,
00:14:08un petit peu de C, beaucoup de D et de E.
00:14:10C'est-à-dire qu'on promeut à l'attention des enfants
00:14:12un univers alimentaire qui est complètement déséquilibré
00:14:16et très appauvri.
00:14:18Là, on parlait aussi du marketing, en fait.
00:14:20Rodrigo, RNA, je crois que vous êtes en train de déposer
00:14:22une proposition de loi qui est là.
00:14:25Enfin, votre groupe, en tout cas.
00:14:27Proposition de loi visant à protéger la santé publique
00:14:30en luttant contre les denrées alimentaires ultra-transformées.
00:14:33Il y a question aussi du marketing, de l'éducation,
00:14:39du Nutri-Score, dont vous demandez aussi la généralisation.
00:14:41Moi, je voulais vous poser la question.
00:14:42Il se trouve que le 3 décembre dernier, au moment du vote
00:14:44du projet de loi de financement de la Sécurité sociale,
00:14:46l'Assemblée nationale, elle a rejeté
00:14:48la généralisation du Nutri-Score.
00:14:50Pourquoi ?
00:14:51Pour des raisons qui échappent, en fait, à l'objet qu'on étudie là,
00:14:54le rejet d'un PLFSS, d'un projet de loi sur la Sécurité sociale,
00:14:57revêt beaucoup d'autres sujets que ce que nous examinons là.
00:15:01Mais moi, je suis d'accord avec ce que dit madame.
00:15:03Aujourd'hui, moi, ce que je me rends compte,
00:15:04notamment au niveau des jeunes publics, notamment des enfants,
00:15:07que la place des réseaux sociaux, la place des médias alternatifs,
00:15:10qui remplace d'ailleurs les vôtres, d'une certaine façon,
00:15:11en termes d'influence, c'est le monde dans lequel nous vivons.
00:15:13Merci, merci de nous le rappeler.
00:15:15C'est un fait général aujourd'hui, où, effectivement,
00:15:18la source d'informations n'est plus une source d'informations scientifiques,
00:15:22n'est plus une source d'informations diététiques,
00:15:24n'est plus une source d'informations associatives,
00:15:27qui font un travail de terrain et de proximité
00:15:28pour éduquer à l'alimentation, à la bonne alimentation,
00:15:31et qu'aujourd'hui, nous avons un recul à faire manifester sur ces sujets-là.
00:15:36Donc oui, il y a des comportements sur lesquels il faut lutter.
00:15:38Moi, je parie sur l'école. Pourquoi ? Parce qu'on y va tous.
00:15:40Et qu'en l'occurrence, il y a un outil formidable
00:15:42qui s'appelle la cantine scolaire.
00:15:43Vous savez, on a dû attendre les années 80
00:15:45pour bannir définitivement l'alcool des cantines scolaires.
00:15:47Donc c'est que l'éducation à la cantine éduque
00:15:49et que nous avons un rôle à faire avec cette institution.
00:15:52Et moi, je prône, par exemple, la cantine gratuite pour les enfants.
00:15:54Pourquoi ? Parce qu'indépendamment de la famille dans laquelle on est né
00:15:57ou le territoire dans lequel on habite,
00:15:59on doit pouvoir avoir accès à du bon, à du bio et à du beau
00:16:01parce que l'assiette aussi doit être belle pour donner envie.
00:16:03Et donc ça, ça se fait à l'aune de nutritionnistes,
00:16:06ça se fait à l'aune de chefs cuisiniers
00:16:07qui font en sorte que les enfants apprennent à manger correctement à l'école.
00:16:11Et nous avons une petite chance, parce que c'est pas sûr,
00:16:13qu'arrivés à l'âge adulte, ils ne soient pas sur des comportements
00:16:15qui sont complètement destructeurs par rapport à eux-mêmes,
00:16:18notamment psychiquement,
00:16:19et qu'ils savent aussi préparer des bons plats pour leurs propres enfants.
00:16:22Tiens, je voudrais me tourner vers Vanina,
00:16:24parce que Vanina, elle est boulangère.
00:16:26Et Vanina, vous vous dites bien manger, ça s'apprend,
00:16:29et c'est même ce à quoi vous contribuez aujourd'hui.
00:16:31Vous pouvez nous raconter votre histoire ?
00:16:33Oui, bon...
00:16:35Non, non, pas d'inquiétude, les micros sont à l'heure.
00:16:36Bonjour, justement, je voulais rebondir sur ce que vous disiez
00:16:39sur le caractère indispensable de cette éducation à l'alimentation des enfants.
00:16:43Et c'est ce qu'on fait avec l'École Comestible, cette association que nous avons fondée en 2019,
00:16:47et qui propose des parcours alimentaires aux enfants autour de l'alimentation durable,
00:16:52en vue de leur redonner des clés pour faire des choix éclairés sur la composition de leur assiette,
00:16:57faire le choix de produits bruts, de saisons, frais, issus d'une agriculture biologique.
00:17:04Et en fait, pour s'émanciper des produits ultra transformés dont on parle aujourd'hui
00:17:08et qui n'ont de le marché, en fait, il faut partir de la base,
00:17:11et à savoir donner des clés aux enfants pour cuisiner, pour s'émanciper de ces produits-là.
00:17:16Et ça commence à l'école, parce qu'on sait très bien que dans les familles,
00:17:19il peut y avoir des inégalités dans les foyers.
00:17:22Et en fait, l'école, c'est une barrière à ces inégalités sociales.
00:17:26Et nous, c'est ce qu'on propose avec l'École Comestible,
00:17:28avec des parcours qui sont co-construits avec...
00:17:30Vous allez dans les écoles ou c'est les élèves qui viennent à vous ?
00:17:34On a deux formats.
00:17:35Principalement, on intervient dans les écoles primaires, les écoles publiques.
00:17:38Et l'idée, c'est vraiment de faire cuisiner les enfants en classe,
00:17:40de co-construire ces parcours avec les enseignants.
00:17:43Et donc, c'est vraiment de la cuisiner.
00:17:44On apprend en faisant.
00:17:45Et en fait, on amène des légumes bruts dans les classes.
00:17:48Alors, vous êtes étonnée parfois de la réaction des enfants,
00:17:51de leur enthousiasme ou, au contraire, peut-être parfois de leur manque d'envie ?
00:17:57Non, alors, ils sont toujours très motivés, très curieux.
00:17:59On peut avoir de temps en temps des petites réticences,
00:18:01mais on se rend compte qu'en leur faisant faire, en les faisant cuisiner,
00:18:03justement, on arrive à faire tomber toutes les craintes qu'ils peuvent avoir,
00:18:07notamment avec les légumes verts.
00:18:08Ça arrive très peu que des enfants, jusqu'au bout de l'atelier,
00:18:11refusent de goûter des légumes.
00:18:12Nous, on arrive toujours à trouver un moyen à leur faire goûter.
00:18:15Et ils adorent ça.
00:18:17Il faut remettre des cours de cuisine à l'école, Agnès Pannier-Runacher ?
00:18:19Oui, tout à fait.
00:18:20Nous aussi, nous portons une proposition de loi.
00:18:22Elle a été examinée cette semaine.
00:18:24Elle arrive en hémicycle la semaine prochaine.
00:18:27Et elle vise à un enseignement d'éducation à l'alimentation
00:18:31qui soit obligatoire.
00:18:33Et pas seulement à la faveur de la cantine.
00:18:35Parce que tous les enfants ne passent pas à la cantine.
00:18:37Même si, dans la tribune que je porte,
00:18:39et qui est transpartisane,
00:18:40puisqu'elle va des Républicains au Parti Socialiste,
00:18:44et je pense que mes collègues, sur le côté,
00:18:46auraient pu la signer également.
00:18:48On considère que la cantine, c'est le lieu pivot
00:18:53pour avoir un repas de qualité dans la journée,
00:18:56sur lequel on a une totale maîtrise,
00:18:58puisque c'est public,
00:18:59et puisqu'il y a des cahiers des charges.
00:19:00Donc, on peut le faire rapidement.
00:19:03Mais pour revenir à l'éducation,
00:19:04une éducation alimentaire,
00:19:06un contenu qui soit cadré,
00:19:10précisément pour être sûr d'atteindre nos objectifs,
00:19:12ne pas oublier le plaisir.
00:19:14Je rebondis sur ce que vous dites.
00:19:16Moi, je crois profondément qu'on a un atout formidable en France,
00:19:19c'est qu'on a une culture.
00:19:22Gastronomique.
00:19:22Exactement.
00:19:23Et gastronomique, ça ne veut pas nécessairement dire
00:19:25que des restaurants gastronomiques.
00:19:27Ça veut dire que nous sommes des gens
00:19:30qui pouvons parler avant le repas de ce qu'on va faire,
00:19:33pendant le repas de comment on l'a fait,
00:19:35et après le repas, peut-être des semaines encore après,
00:19:37combien le rôti de la grand-mère était délicieux.
00:19:40Donc, cette culture-là, c'est un fondement
00:19:42sur lequel on peut construire
00:19:43que n'ont pas les pays anglo-saxons
00:19:45qui aujourd'hui font face
00:19:46à une situation sanitaire dramatique
00:19:49en termes d'obésité et d'autres maladies chroniques.
00:19:53Et en gros, on a le choix.
00:19:54On a un choix de société aujourd'hui.
00:19:56Soit on s'appuie sur nos forces
00:19:57et on reprend la main sur l'alimentation.
00:20:00Et là où je ne vous suis pas totalement,
00:20:02c'est que moi, je considère
00:20:03que certains grands groupes industriels
00:20:06de l'agroalimentaire,
00:20:07certes, enfin, en tout cas,
00:20:09utilisent un petit peu notre naïveté
00:20:14pour imposer un certain type de recettes.
00:20:17C'est un peu le renard libre dans le poulailler libre
00:20:20et qu'à la fin, le renard croque les poules,
00:20:23sauf si on arrive à encadrer ça,
00:20:25à mettre de la transparence,
00:20:27à construire des parcours de formation
00:20:31et à effectivement aussi
00:20:33avoir ce rôle pivot de la cantine.
00:20:36Et il y a quelque chose pour embarquer tout ça
00:20:37qui s'appelle la stratégie nationale
00:20:39alimentation, nutrition, climat.
00:20:41On y avait travaillé avec mon collègue
00:20:43à la santé, Yannick Néder.
00:20:44Elle était prête.
00:20:46Elle disait très clairement
00:20:47qu'il fallait réduire l'alimentation ultra transformée.
00:20:50Et moi, vraiment, j'appelle le Premier ministre
00:20:52à sortir cette stratégie.
00:20:54C'est un cadre général.
00:20:56Ça peut servir pour établir
00:20:58les cahiers des charges dans les cantines,
00:20:59pour établir aussi les cahiers des charges
00:21:01dans les EHPAD
00:21:02parce qu'il y a les personnes âgées aussi
00:21:03qui sont concernées.
00:21:05Et ça n'empêche pas de passer des lois
00:21:06qui justement vont lui donner
00:21:08sur certains aspects
00:21:09qui ont besoin d'être juridiquement plus durs
00:21:11des éléments d'application ferme.
00:21:14Sauf qu'il y a beaucoup de choses aussi
00:21:15qui se jouent à Bruxelles, David Cormand,
00:21:17vous qui êtes eurodéputé.
00:21:18Typiquement, le Nutri-Score,
00:21:20certains députés,
00:21:21quand il a été rejeté au mois de décembre dernier,
00:21:24le gouvernement expliquait que ce Nutri-Score
00:21:27en l'État ne pouvait pas être élargi
00:21:29parce que ça contrevenait aux droits européens.
00:21:33Qu'est-ce qui bloque ?
00:21:34Les lobbies.
00:21:36Quels lobbies ?
00:21:37Les lobbies de l'agro-industrie
00:21:38parce que, d'abord, merci pour cet échange.
00:21:41Je pense qu'il y a une chose
00:21:41dont on n'a pas encore parlé
00:21:43et qui est pour moi la base
00:21:45de la problématique qu'on a,
00:21:47c'est que depuis 50 ans, dans notre pays,
00:21:49et je dis bien dans notre pays
00:21:50parce que c'est un modèle
00:21:51qui est né en France,
00:21:53on a fait le pari de la sur-industrialisation
00:21:55de l'agriculture et de l'alimentation,
00:21:58avec trois acteurs majeurs
00:21:59qui règnent dans le domaine,
00:22:01pour notre plus grand mal d'ailleurs,
00:22:02les géants de l'agrochimie,
00:22:05c'est les Bayard-Monsanto,
00:22:07les BASF,
00:22:08toutes ces firmes,
00:22:09les géants de l'agroalimentaire,
00:22:11Lactalis,
00:22:12Boyard,
00:22:13Avril,
00:22:14qui sont des groupes français,
00:22:14et la grande distribution
00:22:16qui règnent sur ce modèle
00:22:19et c'est eux,
00:22:20quand on parle de nourriture ultra transformée,
00:22:23elle n'est pas tombée du ciel,
00:22:24c'est des modèles de marketing,
00:22:27d'industrie,
00:22:28pour rendre...
00:22:29Non mais je vais finir juste mon raisonnement là-dessus,
00:22:31parce que c'est le cœur de votre débat
00:22:32et du débat qu'on a,
00:22:34qui contraigne les gens
00:22:35à avoir accès à ce marché.
00:22:38On ne peut pas découpler
00:22:39le débat qu'on a sur l'alimentation
00:22:41avec la crise agricole.
00:22:42Vous savez qu'aujourd'hui,
00:22:44quand vous, moi,
00:22:46on fait nos courses
00:22:46pour acheter de la nourriture,
00:22:48en moyenne en France,
00:22:49il n'y a que 7% des 100 euros,
00:22:52enfin 7 euros sur 100 euros qu'on dépense
00:22:54qui vont aux agriculteurs.
00:22:56Quand on regarde
00:22:57où est-ce qu'on va acheter de la nourriture,
00:22:59les deux tiers du marché
00:23:01de notre alimentation,
00:23:02c'est les grandes surfaces.
00:23:03C'est ça le problème qu'on a.
00:23:05Et donc c'est à ce lobby-là
00:23:06qu'il faut s'attaquer.
00:23:07Et quand vous dites
00:23:08qui est-ce qui a bloqué le Nutri-Score,
00:23:10ces acteurs économiques-là,
00:23:11parce qu'ils ont envie
00:23:12de continuer leur business.
00:23:14Mais je voudrais que vous me racontiez,
00:23:15vous qui êtes à Bruxelles,
00:23:16vous dites les lobbies.
00:23:18Vous-même,
00:23:18est-ce que vous avez été témoin
00:23:20à Bruxelles,
00:23:21dans vos bureaux,
00:23:22d'une opération de lobbying ?
00:23:24Pas forcément vis-à-vis de vous,
00:23:26mais vis-à-vis peut-être
00:23:27de collègues européens,
00:23:28d'autres eurodéputés,
00:23:30qui ont reçu quoi ?
00:23:31Des lettres,
00:23:32des mails,
00:23:32des rendez-vous ?
00:23:33Je ne regarde pas
00:23:34leur boîte mail.
00:23:34Je ne veux savoir comment ça se passe.
00:23:35Je ne regarde pas leur boîte mail.
00:23:36Et comme j'ai commencé à vous le dire,
00:23:37moi je suis écologiste.
00:23:38Donc vous savez,
00:23:39les lobbyistes,
00:23:39c'est des gens qui sont payés très cher
00:23:41et ils ne viennent pas perdre du temps
00:23:42à venir me parler
00:23:43pour me vendre leur salade.
00:23:45C'est le cas de le dire.
00:23:46Donc en fait, voilà.
00:23:47Et quand vous...
00:23:48C'est marrant ce que vous mettiez
00:23:48l'enregistrement de Jean-Pierre Coff
00:23:50qui, vous disiez,
00:23:51il y a 30 ans,
00:23:53parlait la nourriture,
00:23:54c'est de la merde.
00:23:54Moi, je vais vous dire,
00:23:55j'ai une autre référence,
00:23:56qui est une référence cinématographique
00:23:57avec Louis de Funès et Coluche
00:23:59qui s'appelle
00:24:00L'aile ou la cuisse.
00:24:01Ce film, il est incroyable.
00:24:02Il a plus de 45 ans.
00:24:04Dans ce film,
00:24:05il y a tout
00:24:05ce dont on est en train de parler.
00:24:07Et depuis,
00:24:09ça s'est empiré.
00:24:10Et c'est pour ça,
00:24:10ce que vous disiez,
00:24:11madame,
00:24:12résonnait beaucoup
00:24:13dans mes réflexions
00:24:14où il faut faire la question
00:24:16de l'éducation
00:24:16et l'école
00:24:17est un formidable endroit
00:24:20pour le faire.
00:24:21Il faut faire
00:24:23les pages de pub
00:24:255 fruits et légumes frais,
00:24:27etc.
00:24:28Mais pour 1 euro
00:24:29que la collectivité met
00:24:30pour ces pubs-là,
00:24:31c'est 10 000 euros
00:24:32de pub
00:24:34pour nous vendre,
00:24:35comme dirait Jean-Pierre Coff,
00:24:36je ne vais pas répéter
00:24:37l'expression qu'il utilise.
00:24:39Et donc, en fait,
00:24:39c'est ça le problème qu'on a.
00:24:41Et donc, en fait,
00:24:41si on veut dénouer ce nœud,
00:24:44il faut s'attaquer
00:24:45là où ça fait mal
00:24:46et là où ça fait mal,
00:24:48c'est des intérêts économiques
00:24:50extrêmement puissants
00:24:51qui ont une rente économique
00:24:52et pour finir,
00:24:54il n'y a rien de plus politique
00:24:55qu'une assiette.
00:24:56Et ça depuis
00:24:56la nuit des temps.
00:24:58Qui a produit
00:24:59ce qu'il y a dedans ?
00:24:59Vous me dites ça
00:24:59qui travaille sur LCP
00:25:00où il y a une émission
00:25:01qui s'appelle
00:25:01Politique à table.
00:25:03Mais bien sûr,
00:25:03la question de l'assiette
00:25:05depuis la nuit des temps,
00:25:06elle est politique.
00:25:07Qui maîtrise
00:25:07ce qu'il y a dedans ?
00:25:09Qui a été payé
00:25:10pour ce qu'il y a dedans ?
00:25:10Qui mange quoi ?
00:25:11En quelle quantité ?
00:25:12De quelle qualité ?
00:25:13C'est le cœur
00:25:14d'une question politique
00:25:16et donc il faut la traiter
00:25:17comme telle.
00:25:18Un dernier mot quand même
00:25:19et ce n'est pas pour
00:25:20faire des misères
00:25:21à ma collègue de gauche.
00:25:24Il y a un débat aujourd'hui
00:25:25sur le budget de la France.
00:25:27Il y a une entité d'État
00:25:28formidable
00:25:29qui s'appelle
00:25:3060 millions de consommateurs
00:25:32dont le budget
00:25:33va être supprimé.
00:25:35Donc moi j'ai du mal
00:25:35à ce qu'on dise
00:25:36il faut que les gens
00:25:37soient plus sensibilisés.
00:25:38Il faut qu'ils aient
00:25:39les informations
00:25:40et en même temps
00:25:41supprimer cette institution
00:25:42qui donnaient ces éléments
00:25:44avec des professionnels
00:25:45de très haut niveau
00:25:46qui travaillaient
00:25:47dans ces structures
00:25:48et qui hélas
00:25:49sont fragilisés.
00:25:50Olivier Andrault ?
00:25:52Moi je pense
00:25:53que c'est intéressant
00:25:54de compléter
00:25:54ce qui vient d'être dit
00:25:55sur les lobbies.
00:25:57Pourquoi est-ce que
00:25:58le Nutri-Score
00:25:58n'a pas été adopté
00:25:59au niveau européen ?
00:26:00Parce que c'est d'abord
00:26:00au niveau européen
00:26:01que toutes les associations
00:26:02de consommateurs européennes
00:26:04ont agi
00:26:05pour demander
00:26:05une décision
00:26:06légale européenne.
00:26:09C'est effectivement
00:26:09des grands groupes
00:26:10internationaux et nationaux
00:26:12notamment en Italie.
00:26:14Il faut savoir
00:26:14que l'Italie
00:26:15est le chef de file
00:26:17qui a mené la fronde
00:26:18contre le Nutri-Score
00:26:19et il y a
00:26:20certains grands groupes
00:26:22internationaux
00:26:23qui ont notamment
00:26:24instrumentalisé
00:26:25la problématique
00:26:25des produits traditionnels
00:26:27en disant
00:26:27attention
00:26:28nos produits traditionnels
00:26:29on ne pourra plus les vendre.
00:26:30C'est de l'instrumentalisation.
00:26:32Il est clair
00:26:32c'est tout simplement
00:26:33qu'ils ne veulent pas
00:26:34être obligés
00:26:34d'afficher leur Nutri-Score
00:26:35qui va être
00:26:36D ou E
00:26:37en face avant
00:26:38en sachant très bien
00:26:39que ça ferait
00:26:39chuter l'achat
00:26:41par les consommateurs.
00:26:42Donc cette transparence
00:26:42elle est indispensable.
00:26:44En fait on pourrait voir
00:26:44le problème dans l'autre sens
00:26:45et vous-même
00:26:46à l'UFC Que Choisir
00:26:47vous avez mené une étude
00:26:48sur les impacts
00:26:49du Nutri-Score
00:26:51sur les recettes
00:26:52c'est-à-dire que
00:26:52forcément quand vous avez
00:26:54un mauvais Nutri-Score
00:26:55à eux
00:26:55vous vous dites
00:26:55on va essayer
00:26:56de le faire remonter
00:26:57parce que nos ventes
00:26:57sont en train
00:26:57de dégringoler.
00:26:59Vous l'avez constaté
00:27:00cet impact ?
00:27:01Très clairement.
00:27:02C'est-à-dire
00:27:02on a regardé
00:27:03l'évolution
00:27:04entre le moment
00:27:05où les grands groupes
00:27:06en France notamment
00:27:07adoptent le Nutri-Score
00:27:08et 7 ans plus tard
00:27:10pour voir si
00:27:10les recettes changent.
00:27:12Ils ont gagné
00:27:12jusqu'à 2 classes
00:27:13de Nutri-Score.
00:27:14Pourquoi le mécanisme
00:27:15il est très simple ?
00:27:15A l'intérieur d'un grand groupe
00:27:16vous avez des services
00:27:18qui s'occupent de la production
00:27:19et vous avez 2 services
00:27:20qui sont essentiels
00:27:21marketing et vente.
00:27:22Quand vous avez
00:27:23un service marketing
00:27:23qui dit
00:27:24on va avoir un Nutri-Score
00:27:25eux en face
00:27:26avant de notre produit
00:27:27je peux vous assurer
00:27:28qu'ils mettent une pression
00:27:29d'enfer sur les services
00:27:30recherche et développement.
00:27:31C'est comme ça
00:27:31que ça marche.
00:27:32A l'inverse
00:27:32tous les grands groupes
00:27:34qui n'ont pas affiché
00:27:34le Nutri-Score
00:27:35aucun impact
00:27:36sur l'amélioration
00:27:37des recettes
00:27:37qui reste abonné
00:27:39à Nutri-Score
00:27:39D et E.
00:27:40Impact sur les ventes ?
00:27:42Bien sûr.
00:27:43On sait que
00:27:43lorsqu'on affiche
00:27:44un mauvais Nutri-Score
00:27:45ça baisse les ventes
00:27:46et c'est une très bonne vote
00:27:47ça veut dire
00:27:47que les citoyens
00:27:48qui sont là
00:27:49ils regardent les étiquettes
00:27:50et ils les utilisent
00:27:51quand on leur donne
00:27:51l'information.
00:27:52C'est très intéressant
00:27:52parce qu'en fait
00:27:53vous avez un certain
00:27:54nombre de produits
00:27:55qui ont remonté
00:27:56leur Nutri-Score
00:27:57et au fond
00:27:58le consommateur
00:27:58mange semble-t-il
00:28:00à peu près le même produit
00:28:01il est un peu moins salé
00:28:02un peu moins gras
00:28:03un peu moins additif
00:28:04et tout le monde est content.
00:28:06C'est là où moi je pense
00:28:07que c'est très important
00:28:09de dire que
00:28:09dans ce chemin-là
00:28:11que nous devons entamer
00:28:12il y a des solutions
00:28:13elles sont à portée de main.
00:28:15Ce n'est pas
00:28:15la fin du monde
00:28:16et on dit
00:28:1690% des produits
00:28:18qui sont vendus
00:28:19dans un supermarché
00:28:19sont inaccessibles.
00:28:20Ce n'est pas ça
00:28:21dont on parle.
00:28:22Ce dont on parle
00:28:23c'est de regarder
00:28:24froidement la situation
00:28:25de ce que nous donnons
00:28:27à manger aujourd'hui
00:28:27à nos enfants
00:28:28et de se dire
00:28:29qu'on a énormément
00:28:31de marge de progrès
00:28:31pour améliorer.
00:28:32Il se trouve
00:28:33qu'il y a 30 ans
00:28:33il n'y avait pas
00:28:34autant de produits
00:28:35ultra transformés
00:28:35et je ne suis pas sûre
00:28:36qu'il y a 30 ans
00:28:37on vivait tellement
00:28:39moins bien.
00:28:40Donc là aussi
00:28:41il ne s'agit pas
00:28:41de revenir au Moyen-Âge
00:28:42et il ne s'agit pas
00:28:43de remettre tout le monde
00:28:44en cuisine
00:28:44même si le geste
00:28:46l'apprentissage
00:28:47de la cuisine
00:28:47crée un rapport
00:28:49à l'alimentation
00:28:50qui est probablement
00:28:51très sain
00:28:51parce qu'on sait
00:28:52d'où viennent les produits
00:28:52parce qu'on apprend
00:28:53parce qu'on est plus sensible
00:28:55à la cuisson etc.
00:28:56C'est un vrai apprentissage
00:28:58du goût aussi
00:28:59du plaisir
00:28:59et tout ça
00:29:01contribue aussi
00:29:02au lien social
00:29:03à un moment
00:29:04où un des premiers
00:29:05problèmes en France
00:29:06c'est la solitude
00:29:07le lien social
00:29:07est essentiel
00:29:08donc ce n'est que du gain
00:29:10dernier point
00:29:11les finances publiques
00:29:12une étude du Sénat
00:29:14a évalué l'impact
00:29:15du coût
00:29:15de la nourriture
00:29:16ultra transformée
00:29:17c'est plus de 11 milliards
00:29:19d'euros
00:29:19sur la sécurité sociale
00:29:20c'est la moitié
00:29:21la moitié
00:29:22du déficit annuel
00:29:24de la sécurité sociale
00:29:24ce que vous dites
00:29:25c'est que la malbouffe
00:29:26on la paye deux fois
00:29:27en fait
00:29:27mais ouais
00:29:27on la paye à la caisse
00:29:29parce qu'on la subventionne
00:29:31on la subventionne
00:29:33on la paye à la caisse
00:29:34on la paye à l'hôpital
00:29:35et on marche sur la tête
00:29:37je voudrais donner la parole
00:29:39à Armel
00:29:39non
00:29:40je vous cherche
00:29:42à Estelle
00:29:43pardon
00:29:43Estelle
00:29:44Estelle
00:29:45Estelle
00:29:46Estelle vous êtes
00:29:47une jeune maman
00:29:48de 28 ans
00:29:49et vous avez
00:29:50un petit garçon
00:29:50c'est ça
00:29:51qui a un an
00:29:51et vous vous demandez bien
00:29:53comment vous allez réussir
00:29:54à l'alimenter
00:29:55à le nourrir correctement
00:29:56parce que
00:29:57c'est pas faux
00:29:58de dire
00:29:59que la nourriture
00:29:59ultra transformée
00:30:00c'est aussi
00:30:01une nourriture
00:30:01qui est moins chère
00:30:02comment vous faites
00:30:04aujourd'hui
00:30:05déjà
00:30:06bonjour
00:30:07moi je suis Estelle
00:30:09maman d'un petit garçon
00:30:10effectivement
00:30:11qui s'appelle Jaden
00:30:11il a un an
00:30:12et quand j'ai appris
00:30:13ma grossesse
00:30:14j'étais perdue
00:30:16pas seulement émotionnellement
00:30:17mais sur le comment
00:30:19me loger
00:30:20déjà
00:30:20sur le comment
00:30:21m'alimenter correctement
00:30:23et comment faire
00:30:24avec peu de moyens
00:30:25et c'est en ce moment
00:30:26que je me suis tournée
00:30:27vers une association
00:30:29la maison de Marthe et Marie
00:30:31qui est une association
00:30:32qui propose
00:30:33des colocations solidaires
00:30:35aux mamans enceintes
00:30:38et où j'ai été accueillie
00:30:40et également
00:30:42cette association
00:30:44m'a vraiment
00:30:45tout apporté
00:30:46dans le sens
00:30:46où déjà
00:30:47sur le plan financier
00:30:48elle propose
00:30:49des loyers modérés
00:30:51dans de bons quartiers
00:30:52et également
00:30:54on a des volontaires
00:30:56qui nous accompagnent
00:30:58au quotidien
00:30:59il y a des charges
00:31:00partagées
00:31:01aussi
00:31:02des aides groupées
00:31:04et
00:31:04vous arrivez à faire
00:31:05vos courses
00:31:06tous ensemble
00:31:06exactement
00:31:07on prépare ensemble
00:31:08et c'est qui garantit
00:31:10des plats
00:31:11en fait
00:31:11des repas
00:31:12plus équilibrés
00:31:13et avec un budget
00:31:15mieux adapté
00:31:17serré
00:31:17et bientôt
00:31:19déjà
00:31:19je vais quitter
00:31:20cette colocation
00:31:21et je me pose
00:31:22une question
00:31:22franchement
00:31:23en fait
00:31:24c'est ma peur
00:31:24j'ai peur
00:31:25parce que
00:31:25je ne sais pas
00:31:26avec un budget
00:31:28un peu serré
00:31:30et un enfant
00:31:31à bas âge
00:31:32je me demande
00:31:32comment subvenir
00:31:33à ses besoins
00:31:34pour ne pas
00:31:35impacter sa croissance
00:31:36parce que là
00:31:37il a besoin
00:31:38d'une alimentation
00:31:39équilibrée
00:31:40et varier
00:31:40et vous vous dites
00:31:41que ça va vous coûter
00:31:42hyper cher
00:31:42ça va me coûter
00:31:43oui
00:31:43et là
00:31:44je suis préneuse
00:31:46de vos conseils
00:31:47c'est la raison
00:31:48de ma présence
00:31:48sur ce plateau
00:31:50et voilà
00:31:52merci
00:31:53alors qui veut lui répondre
00:31:55alors allez-y
00:31:56et puis ensuite Olivier
00:31:57allez-y monsieur Arénas
00:31:58moi ce que je me rends compte
00:32:00dans ce que vous dites
00:32:01madame
00:32:02c'est que des réseaux
00:32:03comme ça
00:32:03de solidarité
00:32:04il en existe
00:32:05énormément dans notre pays
00:32:05mais ce que je me rends compte
00:32:07dans ma pratique de député
00:32:08c'est globalement
00:32:0930% des personnes
00:32:10que je reçois
00:32:11ma permanence
00:32:11des associations
00:32:12qui sont solidaires
00:32:13des citoyens bénévoles
00:32:14qui s'organisent
00:32:15pour essayer
00:32:16de faire en sorte
00:32:16de s'en sortir
00:32:17en fait
00:32:17pas seulement
00:32:17sur les questions
00:32:18de difficultés de la vie
00:32:19aussi parce qu'elles ont
00:32:20la question de la nutrition
00:32:21à cœur
00:32:22moi j'organisais
00:32:23Nagora par exemple
00:32:24sur ma circonscription
00:32:25où j'ai fait venir
00:32:26le groupement
00:32:26des agriculteurs biologiques
00:32:27d'Ile-de-France
00:32:28pour expliquer le fonctionnement
00:32:29parce qu'en fait
00:32:29aujourd'hui
00:32:30si on avait vraiment
00:32:30appliqué la loi Egalim
00:32:31on serait tous au bio
00:32:33en fait
00:32:33simplement
00:32:33à un moment donné
00:32:35la politique gouvernementale
00:32:37fait que c'est extrêmement difficile
00:32:38parce que les subventions
00:32:39ne suivent pas
00:32:39pour les associations
00:32:40elles ne suivent pas
00:32:41pour les agriculteurs
00:32:42et que les tendances
00:32:43notamment David
00:32:44peut en parler mieux que moi
00:32:44les subventions de la PAC
00:32:46notamment
00:32:47ou plutôt sur les grandes exploitations
00:32:48plutôt sur les petites
00:32:49et les moyennes
00:32:49qui elles sont justement
00:32:50sur les préoccupations
00:32:51que vous dites
00:32:52et ce que je me rends compte aussi
00:32:53c'est que les associations
00:32:54d'une façon générale
00:32:55sont soutenues pendant
00:32:56un, deux, trois ans
00:32:57mais après il faut qu'elles rentrent
00:32:58dans une sorte
00:32:58comme un comportement d'entreprise
00:33:00sauf que ce n'est pas des entreprises
00:33:01ce n'est pas du commerce
00:33:02c'est des gens qui s'organisent
00:33:03pour être solidaires
00:33:03pour tendre la main
00:33:04pour aussi donner
00:33:05des pratiques éducatrices différentes
00:33:06des pratiques sociales rénovées
00:33:08et que manifestement
00:33:09au bout des trois ans
00:33:10ces associations
00:33:10sont abandonnées
00:33:11par les pouvoirs publics
00:33:12parce qu'elles doivent avoir
00:33:13une logique de business
00:33:15mais ce n'est pas du business ça
00:33:16c'est en fait
00:33:17la logique contraire
00:33:18de ce que prône notre pays
00:33:19c'est-à-dire qu'on attend
00:33:19que les gens tombent malades
00:33:20soit par l'hexane
00:33:22soit par les pesticides
00:33:23soit par tout ce qu'on connaît
00:33:24aujourd'hui
00:33:25qui sont des scandales sanitaires
00:33:26on a le lait
00:33:26pour les bébés
00:33:28qui vient de sortir
00:33:28qui est un scandale d'État
00:33:30qui est un scandale d'État
00:33:31mais à un moment donné
00:33:32ce sont des gens
00:33:33qui s'organisent
00:33:34qui essayent de faire en sorte
00:33:35et quand ils ne sont pas
00:33:36dans cette logique-là
00:33:37en fait ça ne peut pas marcher
00:33:38donc moi je dis qu'à un moment donné
00:33:39il faut inverser la logique
00:33:40c'est comment est-ce qu'on accompagne
00:33:41comment est-ce qu'on aide
00:33:42pour ne pas tomber malade
00:33:43pour en faire en sorte
00:33:44que les enfants ne soient pas carencés
00:33:46pour qu'ils ne tombent pas
00:33:47dans l'obésité
00:33:47parce qu'on a tendance
00:33:48à ce que les gens tombent malades
00:33:49pour les prendre
00:33:50pour prendre soin d'eux
00:33:51dans un système hospitalier
00:33:52ou un système médical
00:33:53qui comme l'a dit
00:33:54madame Agnès Pagno-Réché
00:33:55coûte plus cher à la collectivité
00:33:57ça coûte moins cher en fait
00:33:58de bien manger
00:33:59que de manger correctement
00:34:00mais le fort c'est de constater
00:34:01que je regarde budget après budget
00:34:02de la France
00:34:03c'est la logique contraire
00:34:04qui est prise
00:34:04parce qu'on a tendance
00:34:06à protéger le lobby
00:34:06il n'y a pas que des gens
00:34:08de la France insoumise
00:34:09qui dit ça
00:34:09j'étais dernièrement
00:34:10avec monsieur Ramos
00:34:11qui est un député du Modem
00:34:12c'est pas un gauchiste
00:34:13qui est en train de dénoncer
00:34:14l'utilisation de l'exam
00:34:15sur l'exam par exemple
00:34:18il dit clairement
00:34:19comment est-ce qu'aujourd'hui
00:34:19les lobbies mettent en place
00:34:20des produits chimiques
00:34:21à l'intérieur de la transformation
00:34:22qui sont mauvais pour la santé
00:34:24et on laisse faire
00:34:24donc à un moment donné
00:34:25moi je veux bien tout
00:34:26mais il faut arrêter
00:34:27d'accuser les victimes
00:34:28il faut arrêter
00:34:29de mettre en avant
00:34:30les personnes qui sont
00:34:30en fait pas responsables
00:34:32de leur situation
00:34:32et s'attaquer à ceux
00:34:34qui les provoquent
00:34:34et David l'a dit clairement
00:34:35ce sont les lobbies
00:34:36ce sont les agro-industries
00:34:37et celles qui se protègent
00:34:38et qui évidemment
00:34:39on dit oui
00:34:40il faut s'en prendre au lobby
00:34:41au sein des institutions
00:34:42pardonnez-moi mais moi
00:34:43il faut s'en prendre au lobby
00:34:45mais j'ai l'impression
00:34:45que j'entends ça moi
00:34:46depuis 40 ans
00:34:47sauf qu'à Bruxelles
00:34:49c'est légal
00:34:50non mais c'est moins les lobbies
00:34:52que l'action qu'on peut porter
00:34:53effectivement
00:34:53c'est-à-dire que
00:34:54quand on a mis en place
00:34:55le Nutri-Score
00:34:56je rappelle que c'est la France
00:34:57qui a été à l'initiative
00:34:58on l'a fait contre vents et marées
00:34:59et finalement
00:35:00avec beaucoup de détermination
00:35:02qui a notamment été portée
00:35:03par les gouvernements
00:35:04successifs du président
00:35:05de la République
00:35:05on y est arrivé
00:35:07alors on n'est pas encore arrivé
00:35:08à l'imposer
00:35:09sur 100% des références
00:35:10c'est à 60%
00:35:11et moi je le redis
00:35:12pour le coup
00:35:13je pense qu'on est assez aligné
00:35:14sur ce sujet-là
00:35:14on est collectivement d'accord
00:35:16sur le fait
00:35:17qu'il faut que ce soit
00:35:17100% des références
00:35:18et évidemment
00:35:19que ce soit au niveau européen
00:35:21que ce soit au niveau européen
00:35:22parce que
00:35:23les fabricants
00:35:25de l'agroalimentaire
00:35:26ils agissent au niveau européen
00:35:28on ne l'aura pas
00:35:29on ne l'aura pas
00:35:30au niveau européen
00:35:31mais non
00:35:32on ne va pas attendre
00:35:33que l'Italie
00:35:34peut-être dans 10 ans
00:35:35ou 20 ans
00:35:35accepte de modifier
00:35:37c'est pas qu'il faut attendre
00:35:37c'est qu'il faut faire
00:35:38la solution
00:35:39c'est de le mettre
00:35:40en place au niveau
00:35:41national français
00:35:42qu'est-ce qui obligerait
00:35:43d'ailleurs
00:35:44d'avoir un Nutri-Score
00:35:45en Allemagne
00:35:46en Italie
00:35:47dans les 27 pays
00:35:48qu'est-ce qui nous empêche
00:35:49de le faire nous
00:35:49en France
00:35:50il y a une légende urbaine
00:35:51qui a été colportée
00:35:52en disant
00:35:53qu'il serait impossible
00:35:54à un état membre
00:35:54comme la France
00:35:55d'imposer un étiquetage
00:35:57spécifique
00:35:57au niveau français
00:35:58ça n'est pas vrai
00:35:59il y a déjà eu
00:36:00un étiquetage
00:36:01qui a été imposé
00:36:02dans différents pays d'Europe
00:36:03en plus de l'étiquetage
00:36:04européen
00:36:05sur l'origine
00:36:05des ingrédients
00:36:06carnés et laitiers
00:36:06on a su le faire
00:36:07c'est exactement
00:36:08le même cadre réglementaire
00:36:09sur le règlement un co
00:36:10pourquoi est-ce qu'on ne pourrait
00:36:11pas le faire
00:36:11pour le Nutri-Score
00:36:12alors que c'est
00:36:13infiniment plus important
00:36:14que de savoir
00:36:15d'où viennent
00:36:15les ingrédients individuels
00:36:16et puis il y a un élément
00:36:18qui m'a beaucoup frappé
00:36:20dans ce que vous avez dit
00:36:20c'est le coût
00:36:21de l'alimentation équilibrée
00:36:23il est clair
00:36:23il faut le savoir
00:36:24en général
00:36:25en moyenne
00:36:26ça coûte plus cher
00:36:27de manger équilibré
00:36:28à partir d'aliments bruts
00:36:29que de manger
00:36:30des aliments transformés
00:36:31ce n'est pas normal
00:36:31mais pourquoi ?
00:36:32parce qu'il y a des raisons
00:36:33tout simplement
00:36:33c'est la politique
00:36:34de construction des prix
00:36:35de la grande distribution
00:36:37qui fait comme ça
00:36:37c'est-à-dire
00:36:38sur les produits
00:36:38ultra transformés
00:36:40de grandes marques
00:36:40c'est marge 10%
00:36:42c'est-à-dire le minimum légal
00:36:43alors qu'en revanche
00:36:44je peux vous interrompre Olivier ?
00:36:45quoi ?
00:36:46je vous interromps
00:36:46parce qu'il se trouve
00:36:47qu'il y a quelques jours
00:36:48il y a Thierry Cotillard
00:36:49le patron d'Intermarché
00:36:50qui était entendu ici même
00:36:51à l'Assemblée Nationale
00:36:52devant la Commission
00:36:52des Affaires Économiques
00:36:53qui voulait l'entendre
00:36:55sur les pratiques
00:36:56en cours
00:36:56dans la grande distribution
00:36:57et il s'expliquait
00:36:59sur les marges
00:37:00que fait son groupe
00:37:01en généralisant d'ailleurs
00:37:03à tous les grands distributeurs
00:37:04par rapport
00:37:06en comparant
00:37:07par exemple
00:37:07les fruits et légumes
00:37:08et l'alimentation
00:37:11ultra transformée
00:37:11et je vous propose
00:37:12d'écouter un extrait
00:37:13de cette audition
00:37:13la stratégie de tous
00:37:16que tu sois Leclerc
00:37:17c'est d'avoir
00:37:19un très bon prix
00:37:20sur ce que les gens
00:37:21vont pouvoir comparer
00:37:22et comme tu as
00:37:23un très bon prix
00:37:23sur ces produits là
00:37:24c'est ce qu'on appelle
00:37:25les produits psychologiques
00:37:26tu n'as pas de marge
00:37:27donc on est dans un monde
00:37:29de péréquation
00:37:29c'est à dire que
00:37:30parce que c'est la guerre
00:37:31sur les grandes marques
00:37:32et que je ne peux pas
00:37:33me déconnecter
00:37:35des prix que font
00:37:35Carrefour, Leclerc
00:37:36sur ces produits là
00:37:37qu'est-ce qu'on fait ?
00:37:38on a malheureusement
00:37:39l'obligation
00:37:40de faire de la marge
00:37:40et donc on le fait
00:37:41sur de la viande
00:37:42des fois
00:37:42sur le fruits et légumes
00:37:43on a été souvent critiqué
00:37:44en disant
00:37:45vous faites de la marge
00:37:46mais oui
00:37:46c'est parce qu'on est
00:37:47attaqué là-dessus
00:37:48Olivier, démonstration ?
00:37:50Oui, vous savez
00:37:51de combien est la marge
00:37:52sur les fruits
00:37:53dans la grande distribution
00:37:54en moyenne
00:37:54c'est entre 40 et 50%
00:37:56de marge
00:37:56la moitié du prix
00:37:57et sur les légumes
00:37:59l'Observatoire
00:37:59de la formation
00:38:00des prix et des marges
00:38:01donc un organisme officiel
00:38:02nous indique
00:38:02que le niveau de marge
00:38:04est de l'ordre
00:38:05de 70%
00:38:07de marge brut
00:38:07c'est à dire en clair
00:38:08pour être très concret
00:38:08ce sont les fruits et légumes
00:38:10qui subventionnent
00:38:11le junk food
00:38:12c'est ça
00:38:13donc maintenant
00:38:14qu'est-ce qu'on fait avec ça ?
00:38:15nous à l'UFC que gère
00:38:16on essaie de donner
00:38:16des conseils pratiques aux pratiques
00:38:18il est clair que
00:38:19pour les jeunes
00:38:20pour les femmes enceintes
00:38:21il faut recommander
00:38:22d'avoir une alimentation équilibrée
00:38:24notamment de passer au bio
00:38:25donc nous avons mis
00:38:26un observatoire
00:38:28des pesticides
00:38:28sur les fruits et légumes
00:38:29en indiquant
00:38:30là où il y a le plus de pesticides
00:38:31dans les produits conventionnels
00:38:32c'est gratuit
00:38:33vous pouvez le regarder
00:38:34et puis on fait régulièrement
00:38:36des enquêtes sur les prix
00:38:37qui montrent par exemple
00:38:37que s'agissant des fruits et légumes bio
00:38:39il vaut mieux les acheter
00:38:40dans les magasins spécialisés
00:38:41que dans les magasins
00:38:42de la grande distribution
00:38:43qui marche encore plus
00:38:44sur les fruits et légumes bio
00:38:45c'est la double peine
00:38:46Merci de faire ce travail-là
00:38:49parce qu'il est utile
00:38:50mais la charge de résoudre le problème
00:38:52et c'est ça moi qui me met en rogne
00:38:54à chaque fois
00:38:54repose sur les citoyens
00:38:57et les consommateurs
00:38:57en fait ça suffit
00:38:59on vient d'avoir la description
00:39:00mais par le menu
00:39:01merci de le faire
00:39:02d'un système
00:39:03d'une perversité absolue
00:39:04qui est institutionnalisé
00:39:06et plutôt que dire
00:39:07changeons cette institutionnalisation
00:39:09on va dire
00:39:10on va vous aider
00:39:11par vos comportements personnels
00:39:13à faire différemment
00:39:13en fait
00:39:14ce monde tourne
00:39:15à l'envers
00:39:17mais je voulais répondre
00:39:18des bribes
00:39:20de réponse
00:39:20à la question
00:39:21que vous avez posée
00:39:22qui est très concrète
00:39:22sur
00:39:23par exemple
00:39:24au niveau municipal
00:39:25moi je sais que
00:39:26la maire de Strasbourg
00:39:27fait ça
00:39:28Jeanne Barcaillant
00:39:29c'est pour toutes les femmes enceintes
00:39:31c'est le concept
00:39:31d'ordonnance verte
00:39:32c'est un système
00:39:33qui a été déployé depuis
00:39:34c'est que pour toutes les femmes enceintes
00:39:36dans ces villes
00:39:37il y a gratuitement
00:39:38un panier bio
00:39:40pour se nourrir
00:39:40pendant toute la durée
00:39:42de la grossesse
00:39:42et pendant la durée
00:39:44de l'allaitement
00:39:45Oui sauf que ça dure neuf mois
00:39:46Si on allaite
00:39:47ça peut durer un peu plus longtemps
00:39:49mais ça permet
00:39:50c'est à l'échelle d'une ville
00:39:51Deuxième point
00:39:53Estelle
00:39:53Estelle elle a trouvé des solutions
00:39:55qui l'ont accompagnée
00:39:57un an après son accouchement
00:39:58et aujourd'hui
00:39:59elle se retrouve
00:40:00sans solution
00:40:01Oui parce que
00:40:01les relais
00:40:02tout ça repose encore une fois
00:40:03sur un secteur associatif
00:40:05qui est en difficulté
00:40:06Deuxième idée
00:40:06dont on entend beaucoup parler
00:40:08sur lequel je travaille
00:40:09au niveau européen
00:40:10c'est la sécurité sociale
00:40:12de l'alimentation
00:40:12Alors vous savez quoi
00:40:14regardez
00:40:14il y a Mathieu dans le public
00:40:15il est où Mathieu ?
00:40:16Désolé
00:40:17Il sourit en vous écoutant
00:40:18Parce que Mathieu
00:40:19vous avez eu cette idée
00:40:21vous pouvez nous dire
00:40:22ce que c'est votre carte vitale
00:40:23de l'alimentation ?
00:40:25Oui moi je suis agronome
00:40:26et à la base
00:40:26je viens des questions agricoles
00:40:28et merci d'avoir reconnecté
00:40:29on parle d'alimentation
00:40:30mais voilà
00:40:315 fruits et légumes par jour
00:40:32quand on produit
00:40:33moins de 50%
00:40:34des fruits et légumes
00:40:34qu'on consomme aujourd'hui
00:40:35en France
00:40:36c'est compliqué
00:40:36il faut aussi bien sûr
00:40:38s'attaquer à la production
00:40:39et on en est venu à parler
00:40:41de cette idée de sécurité sociale
00:40:42de l'alimentation
00:40:42parce qu'un des gros blocages
00:40:44pour le monde agricole
00:40:44pour pouvoir produire
00:40:45une alimentation de qualité
00:40:46c'est le fait d'avoir
00:40:47des débouchés assurés
00:40:48et rémunérateurs
00:40:49vis-à-vis de ça
00:40:50aujourd'hui il y a une double
00:40:50injonction entre
00:40:51respecter des normes
00:40:53nécessaires à notre survie
00:40:54et d'un autre côté
00:40:55être concurrentiel
00:40:56par rapport à des pays
00:40:58qui ne respectent pas
00:40:59forcément ces normes-là
00:40:59et donc absolument sortir de ça
00:41:01en proposant des débouchés
00:41:02et pour l'ensemble
00:41:04des consommateurs
00:41:05et des consommatrices
00:41:06comme les personnes
00:41:08qui sont à côté de moi
00:41:09de proposer
00:41:10d'avoir un budget alimentaire
00:41:12pour ces produits
00:41:14de qualité
00:41:14qu'on va produire
00:41:15et donc c'est bien
00:41:17l'idée de la proposition
00:41:19et de vous demander
00:41:20aujourd'hui
00:41:21comment on peut avancer
00:41:23vers ça aujourd'hui
00:41:24dans l'Assemblée
00:41:25actuellement
00:41:25que ce soit
00:41:26en expérimentant
00:41:27en avançant
00:41:28en permettant vraiment
00:41:29d'expérimenter
00:41:29parce qu'on a aujourd'hui
00:41:30à peu près une cinquantaine
00:41:32d'initiatives
00:41:32partout en France
00:41:33sur le territoire
00:41:33qui se mettent
00:41:34en oeuvre là
00:41:36tous les jours
00:41:36pour pouvoir faire
00:41:38porter cette idée
00:41:39et essayer de la mettre en place
00:41:40mais qui sont bloqués
00:41:41par la nécessité
00:41:41de lever une forme
00:41:43de cotisation obligatoire
00:41:44pour le mettre en place
00:41:45et ça, ça nécessite
00:41:45un projet de loi
00:41:46type territoire
00:41:47zéro chômeur longue durée
00:41:48pour le permettre
00:41:49ou alors dans une forme
00:41:50à minima
00:41:51parce que là
00:41:51on parle beaucoup
00:41:52des problèmes
00:41:53de consommation
00:41:54du consommateur
00:41:54et de toutes les informations
00:41:55qu'il y a derrière
00:41:56nous on a une autre proposition
00:41:57pour contourner ça
00:41:58c'est de plus demander
00:42:01au consommateur
00:42:01de faire le travail
00:42:02mais de le demander
00:42:02aux citoyens
00:42:03et de faire une sorte
00:42:04de convention citoyenne
00:42:05sur l'agriculture
00:42:05pour effectivement
00:42:07porter des propositions
00:42:08fortes que l'Assemblée
00:42:09s'engage à voter
00:42:10par la suite
00:42:11et je pense que par là
00:42:12on peut peut-être
00:42:13contourner les lobbies
00:42:14contourner ces problématiques-là
00:42:15poser un Nutri-Score
00:42:17sur tout le monde
00:42:17parce qu'il y aura
00:42:18une légitimité forte
00:42:21derrière
00:42:21de la population
00:42:22à aller vers ces propositions-là
00:42:24Rodrigo Arenas
00:42:25Non moi je suis d'accord
00:42:27avec ça
00:42:27c'est la sécurité sociale
00:42:28de l'alimentation
00:42:29en fait
00:42:29qui est le modèle
00:42:30un peu
00:42:31que vous prenez
00:42:32ça existe dans certaines
00:42:33communes de France
00:42:34la place de la puissance publique
00:42:37elle est centrale
00:42:37d'abord
00:42:38parce que
00:42:39vous savez le bio
00:42:40en fait
00:42:40en France
00:42:41il est possible
00:42:42simplement
00:42:42on se rend compte
00:42:43que projet de loi
00:42:44après projet de loi
00:42:45le soutien aux filières bio
00:42:47diminue
00:42:47voire disparaît
00:42:49alors qu'on est tout à fait
00:42:50en mesure de le faire
00:42:51d'ailleurs
00:42:51moi je bosse avec eux
00:42:52en Ile-de-France
00:42:53si la loi EGalim
00:42:54encore une fois
00:42:54avait été respectée
00:42:55et bien
00:42:56on aurait une ceinture maraîchère
00:42:58une ceinture bio
00:42:58autour de l'Ile-de-France
00:42:59qui permettrait
00:43:00que tous les franciliens déjà
00:43:01puisque c'est là où je suis député
00:43:02puissent avoir accès au bio
00:43:03à des prix extrêmement accessibles
00:43:05donc c'est même pas vrai
00:43:06le truc du prix
00:43:07donc ce que vous dites
00:43:08est juste
00:43:08mais s'il n'y a pas le soutien
00:43:09de la puissance publique
00:43:10ça reste encore
00:43:10des initiatives associatives
00:43:12qui sont liées
00:43:14simplement aux gens
00:43:14qui les animent
00:43:15et donc s'il n'y a pas
00:43:16un relais derrière
00:43:17par la puissance publique
00:43:18ça ne devient pas
00:43:18un droit universel
00:43:19ça devient une organisation sectorisée
00:43:21mais heureusement
00:43:22que ces organisations sectorisées
00:43:23existent
00:43:24parce que c'est de là
00:43:24où on tire les ressources
00:43:25pour pouvoir derrière
00:43:26le généraliser
00:43:27parce que ce qui est bon
00:43:28pour quelques citoyens
00:43:29dans un territoire
00:43:30est bon pour tout le monde
00:43:31c'est d'ailleurs la base
00:43:32de beaucoup de choses
00:43:33dans notre pays
00:43:34quand vous avez le droit
00:43:35à l'école
00:43:35à l'instruction gratuite
00:43:37et bien c'est bien
00:43:38parce qu'on a besoin
00:43:39que tout le monde ait accès
00:43:40à cette instruction
00:43:41et bien nous considérons
00:43:42aujourd'hui en 2025
00:43:43un certain nombre
00:43:44de parlementaires
00:43:44nous considérons
00:43:45que s'alimenter correctement
00:43:46parce que ça existe
00:43:47et que c'est possible de le faire
00:43:48et bien doit être pris en charge
00:43:50par la puissance publique
00:43:51l'impulser
00:43:51et surtout ne pas les lâcher
00:43:53quand ça commence à fonctionner
00:43:54parce que c'est ça le sujet
00:43:55aujourd'hui l'essentiel
00:43:56de la production agricole française
00:43:57c'est le soutien
00:43:58aux grandes exploitations
00:44:00qui utilisent un champ chimique
00:44:01dont les matières premières
00:44:03ne sont pas françaises
00:44:04qui sont des transformations
00:44:05qui sont liées
00:44:06avec de l'électrolyse
00:44:07c'est-à-dire avec l'utilisation
00:44:08d'hydrocarbures
00:44:08et c'est ça aujourd'hui
00:44:09qui fait que nous avons
00:44:10l'agriculteur que nous avons
00:44:12et les premières victimes
00:44:13dans tout ça
00:44:13ce sont les paysans
00:44:14et les paysannes
00:44:14qui nous nourrissent
00:44:15ce sont les gens
00:44:15qui nous nourrissent
00:44:16David le disait
00:44:16sur la structuration du prix
00:44:17donc à un moment donné
00:44:19moi quand je regarde
00:44:20le projet de loi de finances
00:44:20qui est mis à la France
00:44:21ce ne sont pas ce genre
00:44:22d'initiatives qui sont soutenues
00:44:23d'autant plus que
00:44:24le monde associatif
00:44:25dans le budget
00:44:26qui est présenté aux français
00:44:27à travers un 49.3
00:44:28et bien le monde associatif
00:44:30est clairement
00:44:30si ce n'est pas abandonné
00:44:32en tout cas maltraité
00:44:33donc je pense que
00:44:33ces initiatives sont souhaitables
00:44:35elles sont désirables
00:44:36parce que ce sont
00:44:36les gens qui ont les mains
00:44:37dans la France
00:44:38qui apporteront les solutions
00:44:39dont nous avons besoin
00:44:39quand le système
00:44:40institutionnel est en train
00:44:42moi je vous le dis tranquillement
00:44:43en train de leur tourner le dos
00:44:43Je pense qu'il ne faut pas
00:44:45quand même caricaturer
00:44:46le monde agricole
00:44:47autant je partage
00:44:48qu'il y a eu une période
00:44:49de mécanisation
00:44:50et d'industrialisation
00:44:52de la production agricole
00:44:54et de l'aval
00:44:55avec les industries agroalimentaires
00:44:56autant il faut quand même
00:44:58regarder le fait
00:44:59que depuis plusieurs années
00:45:00et on le voit
00:45:01dans l'utilisation
00:45:03des phytosanitaires
00:45:04il y a eu une baisse drastique
00:45:05des phytos
00:45:06si si
00:45:06si si
00:45:07parce qu'à un moment
00:45:09il faut parler des vrais chiffres
00:45:10il y a eu une utilisation
00:45:11des phytosanitaires
00:45:13j'en appelle à mon arbitre
00:45:14les plus
00:45:15écoutez
00:45:16si on prend
00:45:17le nodu
00:45:17qui est
00:45:18l'indice
00:45:19qui a été mis en oeuvre
00:45:20par l'INRAE
00:45:21à la demande
00:45:22du chef d'état
00:45:23de l'époque
00:45:23qui était Nicolas Sarkozy
00:45:25il n'y a pas eu
00:45:26de baisse d'utilisation
00:45:27des pesticides
00:45:27sur le long terme
00:45:29et par rapport
00:45:31au point de départ
00:45:32qui a été défini
00:45:33à l'époque
00:45:34qui était de diminuer
00:45:35par deux
00:45:35l'utilisation des pesticides
00:45:36on est au même niveau
00:45:38et c'est pas en changeant
00:45:39de thermomètre
00:45:40comme il a été proposé
00:45:41d'utiliser l'indice européen
00:45:42que l'on va
00:45:43maquiller les choses
00:45:44je vais être assez précise
00:45:46parce que c'est un sujet
00:45:47sur lequel j'ai beaucoup travaillé
00:45:48y compris au niveau européen
00:45:49il y a eu une baisse
00:45:50il y a eu une baisse
00:45:51de 98%
00:45:52des molécules
00:45:53considérées
00:45:54comme
00:45:54les plus problématiques
00:45:5698%
00:45:57depuis 2015
00:45:58donc c'est pas seulement
00:45:59le gouvernement
00:45:59les gouvernements successifs
00:46:01d'Emmanuel Macron
00:46:01ça a démarré
00:46:02sous François Hollande
00:46:0398%
00:46:05il y a eu une baisse
00:46:06de l'ordre
00:46:06de 40%
00:46:07des molécules
00:46:08qui sont en surveillance
00:46:10c'est-à-dire les CMR2
00:46:11et il y a eu une augmentation
00:46:12de 37%
00:46:13des molécules
00:46:14de biocontrôle
00:46:15qui sont des molécules
00:46:16à impact environnemental
00:46:17beaucoup plus faible
00:46:18il faut quand même
00:46:19remettre les choses
00:46:20à leur place
00:46:20ça c'est le premier point
00:46:21parce qu'à un moment
00:46:22je pense qu'on doit
00:46:23justement privilégier
00:46:24une agriculture
00:46:25qui est capable
00:46:26de faire cette transition
00:46:27agroécologique
00:46:27qui doit être accompagnée
00:46:28avec des systèmes
00:46:31à plusieurs vitesses
00:46:33vous avez des producteurs
00:46:35de tomates
00:46:36et des producteurs
00:46:36de concombres
00:46:37qui utilisent
00:46:37zéro pesticide
00:46:38et qui ne sont pas bio
00:46:39pour une bonne et simple raison
00:46:41c'est qu'ils chauffent
00:46:41leur serre au gaz naturel
00:46:43alors peut-être
00:46:44que c'est mal
00:46:44de chauffer sa serre
00:46:45au gaz naturel
00:46:46mais ça n'a aucun impact
00:46:47sur l'assiette
00:46:48des françaises
00:46:48et des français
00:46:49ça il faut aussi
00:46:50pouvoir le dire
00:46:50et vous avez dans le bio
00:46:52l'utilisation par exemple
00:46:53du cuivre
00:46:53qui est problématique
00:46:54donc c'est un peu plus compliqué
00:46:56qu'il n'y paraît
00:46:56ce qui est important
00:46:57à la fin
00:46:58c'est que dans l'assiette
00:46:59des français
00:46:59il y ait moins de pesticides
00:47:00il y ait moins de nitrates
00:47:02il y ait moins d'additifs
00:47:03et il y ait moins
00:47:04de processus
00:47:05de transformation
00:47:06qui déstructurent
00:47:08l'alimentation
00:47:09et ça je pense
00:47:10que c'est essentiel
00:47:10et personne ne dit ici
00:47:11en tout cas
00:47:12certainement pas moi
00:47:13qu'il faut laisser
00:47:14le consommateur tout seul
00:47:15c'est exactement le contraire
00:47:16la stratégie nationale
00:47:18alimentation, nutrition, climat
00:47:20son objectif
00:47:21c'est que l'état
00:47:22dans toutes ses dimensions
00:47:25se préoccupe
00:47:26de ce sujet là
00:47:27son objectif
00:47:28et les lois
00:47:28que nous portons
00:47:29avec Olivier Grégoire
00:47:30la semaine prochaine
00:47:31et j'espère qu'elles seront
00:47:32soutenues par les différents
00:47:34groupes politiques
00:47:34avec la loi du plomb
00:47:35mais non
00:47:36je suis désolée
00:47:37la loi sur l'éducation alimentaire
00:47:39la proposition de loi
00:47:40que Yannick Noder
00:47:41dépose sur l'alimentation
00:47:42ultra transformée
00:47:43le texte que nous allons
00:47:44examiner aussi
00:47:45la semaine prochaine
00:47:45qui est écrit
00:47:48par les écologistes
00:47:50sur la faim
00:47:51ça va bien alors
00:47:52très bien
00:47:52vous voyez
00:47:54la réalité
00:47:55pardon
00:47:56sortons un peu
00:47:57de la caricature
00:47:57la réalité
00:47:58c'est qu'il y a
00:47:59une forme de consensus
00:48:00qui se dessine
00:48:01qui se dessine
00:48:02aujourd'hui
00:48:03qui se dessine
00:48:04aujourd'hui
00:48:05à condition
00:48:06qu'on sorte
00:48:06de la posture politique
00:48:07pour aller de l'avant
00:48:09et protéger
00:48:10les françaises
00:48:10et les français
00:48:11et je le redis
00:48:11pour moi
00:48:12les industriels
00:48:14agroalimentaires
00:48:15avec les consommateurs
00:48:16ça ne peut pas être
00:48:17le renard libre
00:48:17dans le poulailler libre
00:48:18je crois qu'il y a des
00:48:19oui priorité au public
00:48:20si vous voulez bien
00:48:21Vanina
00:48:22oui je voulais rebondir
00:48:24sur ce que vous disiez
00:48:25sur la prise de responsabilité
00:48:26par les institutionnels
00:48:27c'est vrai qu'on attend
00:48:28la SNAC depuis deux ans
00:48:29qui a du retard
00:48:30elle est bloquée au niveau
00:48:31des services du Premier Ministre
00:48:32apparemment
00:48:32vous voulez bien nous dire
00:48:33de quoi il s'agit
00:48:34s'il vous plaît
00:48:34la stratégie nationale
00:48:35de l'alimentation
00:48:36qui est un outil
00:48:37qui serait très utile
00:48:38et indispensable
00:48:39aujourd'hui c'est bloqué
00:48:40depuis deux ans
00:48:40au service du Premier Ministre
00:48:42apparemment
00:48:42c'est bloqué depuis un an
00:48:43parce qu'il y a eu un peu
00:48:44de retard avec les remaniements
00:48:45la dissolution
00:48:46c'est un outil
00:48:51qu'on attend
00:48:51avec impatience
00:48:52et qui est bloqué
00:48:53et apparemment
00:48:54qui est prêt
00:48:54c'est la bonne nouvelle
00:48:56donc attendez
00:48:57parce que la bonne nouvelle
00:48:58c'est qu'à flori
00:48:58il y aura un budget
00:48:59de la semaine prochaine
00:48:59ça veut dire que c'est
00:49:00quelque chose
00:49:01qui peut être débloqué
00:49:02là dans les semaines
00:49:03qui viennent
00:49:03dans les semaines
00:49:04qui viennent
00:49:04mais si on y met
00:49:05du poids politique
00:49:06toutes les ONG
00:49:07avaient demandé
00:49:08que dans la SNAC
00:49:09il y ait des mesures
00:49:10pour l'interdiction
00:49:10du marketing
00:49:11pour les produits
00:49:11déséquilibrés
00:49:12nous avions demandé
00:49:13également la prise en compte
00:49:14des aliments
00:49:15ultra transformés
00:49:16c'est absent de la SNAC
00:49:17c'est dans vos deux
00:49:19propositions de loi
00:49:20ça dépend de quelle version
00:49:22puisqu'on ne connait pas
00:49:23la version arbitrée
00:49:24moi je sais que la version
00:49:25que j'ai arbitrée
00:49:26intègre bien
00:49:28les éléments
00:49:28que vous mentionnez
00:49:29et je pense qu'on est
00:49:29donc capable de le faire
00:49:30avec des limitations
00:49:32sur le marketing
00:49:33à la télévision
00:49:33tout est fait
00:49:34et d'ailleurs
00:49:35elle est proposée
00:49:36je crois
00:49:36dans la proposition
00:49:37de loi des Verts
00:49:38de la semaine prochaine
00:49:39et dans la proposition
00:49:40de loi d'Yannick Leder
00:49:41quelle est la proposition
00:49:43exactement
00:49:44parce que là
00:49:44on parle de marketing
00:49:45on est au coeur du problème
00:49:46c'est à dire que
00:49:47c'est pas qu'une question
00:49:47de marketing
00:49:48c'est pas qu'une question
00:49:49d'information
00:49:49c'est la question
00:49:50est-ce qu'on propose
00:49:51un autre mode de vie
00:49:52vous savez moi
00:49:52j'ai fait un rapport
00:49:53sur la souveraineté alimentaire
00:49:54avec Charles Sitzenschul
00:49:55qui est du groupe Horizon
00:49:56c'est vraiment pas
00:49:57du groupe Renaissance
00:49:58Renaissance maintenant
00:49:59bon on a du mal
00:50:00à suivre un peu chez vous
00:50:01et je fais une boutade
00:50:01avec vous
00:50:02ce que je veux dire
00:50:03il a toujours été
00:50:04il a toujours été
00:50:05on était d'accord
00:50:06sur le constat
00:50:07la question
00:50:08c'est les solutions
00:50:09qu'on va préconiser
00:50:09on avait visité
00:50:10une entreprise
00:50:11en Hollande
00:50:12qui elle produisait
00:50:13des concombres
00:50:15qui produisait des laitues
00:50:16qui produisait des tomates
00:50:16comme vous l'avez dit madame
00:50:17mais bon sans terre
00:50:19c'est à dire
00:50:20dans des produits
00:50:21c'est un projet horrible
00:50:22d'une boîte hollandaise
00:50:23excuse moi
00:50:24sur des dizaines d'hectares
00:50:26sous serre
00:50:27moi ça me dérange pas
00:50:28qu'on chauffe
00:50:29et encore
00:50:30la serre du maraîcher
00:50:31ou quoi
00:50:31et sur 17 hectares
00:50:33sans terre
00:50:33avec des travailleurs
00:50:34sans pape
00:50:35qui viennent
00:50:35qui sont surexploités
00:50:36enfin pardon
00:50:37c'est un modèle
00:50:38mais c'est un modèle
00:50:39un peu à l'espagnol
00:50:40ce que vous décrivez là
00:50:41non c'est plus qu'à l'espagnol
00:50:43pourquoi ?
00:50:43parce que vous produisez
00:50:45des fruits et légumes
00:50:46en tenant compte
00:50:47du goût des consommateurs
00:50:48et aujourd'hui
00:50:48l'être humain
00:50:48a la capacité d'agir
00:50:49sur le génome
00:50:50de ce que nous produisons
00:50:51pour correspondre
00:50:52au goût des consommateurs
00:50:53c'est-à-dire que nous intervenons
00:50:54aujourd'hui sur la génétique
00:50:55pour faire en sorte
00:50:56que soit les tomates
00:50:57soient plus sucrées
00:50:58moins sucrées etc
00:50:58en fonction de l'évolution du goût
00:51:00c'est-à-dire que nous structurons
00:51:01le goût des consommateurs
00:51:02et c'est là où nous avons un danger
00:51:03parce que nous sommes impuissants
00:51:04par rapport à ces forces-là
00:51:05qui pèsent des millions d'euros
00:51:06c'est ça la réalité
00:51:07de la même façon
00:51:08c'est cette façon-là
00:51:09qu'on élève les poissons
00:51:10aujourd'hui
00:51:10dans des grandes piscines
00:51:11qui passent de bac en bac
00:51:12ce sont des êtres vivants
00:51:14ce sont des êtres sensibles
00:51:15et si nous perdons cette notion
00:51:16si nous perdons cette capacité
00:51:17que nos enfants
00:51:18comprennent que ce qu'ils ont
00:51:19dans l'assiette
00:51:20ce sont des êtres sensibles
00:51:21ce sont des légumes
00:51:22qui doivent être veillés
00:51:23et surveillés
00:51:24par des personnes
00:51:25qui s'appellent des paysans
00:51:26et qu'on doit respecter
00:51:27leur travail
00:51:27c'est ça au quoi nous sommes
00:51:28en train de nous affronter
00:51:29et si la puissance publique
00:51:30n'est pas là
00:51:30ça ne marchera pas
00:51:31nous avons déjà une sorte
00:51:32d'uniscro score
00:51:33par exemple sur le logement
00:51:34vous avez le ABCDF
00:51:35sur la précarité énergétique
00:51:36mais s'il n'y a pas
00:51:37la puissance publique derrière
00:51:38pour accompagner
00:51:38pour aider
00:51:39les bonnes pratiques
00:51:40sur ce secteur-là
00:51:41si nous ne changeons pas
00:51:42nos modes de vie
00:51:43nous continuerons
00:51:44à regarder en fait
00:51:45les conséquences
00:51:46mais nous n'attendrons pas
00:51:47aux causes
00:51:47et nous aurons encore
00:51:48des procès
00:51:49nous aurons encore
00:51:50des situations
00:51:50comme l'exame
00:51:51dont je parlais tout à l'heure
00:51:52nous aurons encore
00:51:52le groupe Nestlé
00:51:53qui nous a empoisonnés
00:51:54avec le scandale sur l'eau
00:51:56qui a aujourd'hui
00:51:57été étouffé en France
00:51:57c'est ces situations-là
00:51:58auxquelles nous devons
00:51:59nous attaquer
00:51:59et pour ça nous devons
00:52:00penser la France autrement
00:52:02parce que si nous continuons
00:52:03à vivre comme nous le faisions
00:52:04il y a 10 ou 20 ans
00:52:05en fait nous continuerons
00:52:06à alimenter un système
00:52:07qui nous détruit alimentairement
00:52:09je voudrais me tourner
00:52:09vers Rodolphe
00:52:10Rodolphe
00:52:11alors vous
00:52:12vous avez un blog de cuisine
00:52:13d'abord
00:52:15est-ce que vous pouvez nous dire
00:52:16ce que faisait
00:52:16votre arrière-grand-mère
00:52:17mon arrière-grand-mère
00:52:19dans la Drôme
00:52:20dans les années
00:52:22de René Coty
00:52:24qu'elle est venue
00:52:25se déplacer dans la Drôme
00:52:26elle a eu l'honneur
00:52:27de lui cuisiner
00:52:27la Défarbe
00:52:29qui est un produit
00:52:29typiquement
00:52:30local
00:52:32son arrière-grand-mère
00:52:34a cuisiné
00:52:34pour René Coty
00:52:35c'est elle qui vous a transmis
00:52:37le goût de la cuisine
00:52:37et des bonnes choses
00:52:39c'est toute ma famille
00:52:39mon grand-père
00:52:40était meilleur
00:52:41était boulanger
00:52:43elle a reçu beaucoup de prix
00:52:44mon père m'a appris
00:52:46à aller visiter
00:52:48et cuisiner
00:52:49avec les grands chefs
00:52:50et ma mère
00:52:51vous avez été bien élevé
00:52:52comment ?
00:52:53vous avez été bien élevé
00:52:54j'étais bien élevé
00:52:54et alors je lis
00:52:55que vous allez au supermarché
00:52:57une fois par mois
00:52:58le reste du temps
00:52:59vous faites vos courses comment ?
00:53:00alors j'ai de la chance
00:53:01et je vais pouvoir rebondir
00:53:03sur plusieurs de vos sujets
00:53:04je suis dans la Drôme
00:53:06le plus beau département de France
00:53:07pas de lobby
00:53:10pas de lobby
00:53:11même Drôme-moi
00:53:12sur ce plateau
00:53:12c'est dans le sens que
00:53:14par rapport à tout ce qu'on a parlé
00:53:16que ce soit dans primaire
00:53:19ou dans les collèges
00:53:19on mange du bio
00:53:20je suis à Cré
00:53:22donc au coeur de la Bio-Vallée
00:53:24donc le bien manger
00:53:26on connaît
00:53:27on est l'année Sévigné
00:53:28et la comtesse de Sévigné
00:53:30disait
00:53:30pour mal manger dans la Drôme
00:53:32il faut faire venir
00:53:32les fruits et légumes de Paris
00:53:34ça c'est dit
00:53:36donc vous voyez
00:53:38il y a une agriculture
00:53:39de qualité qui existe
00:53:40et les prix
00:53:41entre Paris
00:53:42et les prix chez nous
00:53:43rien à voir
00:53:44c'est de la folie
00:53:45pour vous
00:53:46comme j'explique
00:53:47on peut manger 3 melons
00:53:48pour 5 euros
00:53:49une salade
00:53:50c'est
00:53:51on a 4 salades
00:53:52pour 1 euro
00:53:531 kg de pommes de terre
00:53:54c'est 1 euro
00:53:55et je parle en bio
00:53:56donc on peut changer
00:54:00et c'est l'éducation
00:54:02je suis aussi ambassadeur
00:54:03de la poule grise du Bercors
00:54:04qui est une volaille ancienne
00:54:06une variété
00:54:07qui avait été oubliée
00:54:08qui est en train de sauver
00:54:10et quand on a fait goûter cela
00:54:12à des élèves
00:54:13ils ont dit
00:54:14c'est pas du poulet
00:54:15alors que c'en est
00:54:16et quand on a vu
00:54:19un poulet
00:54:19de l'agro-industrie
00:54:20qui est élevé
00:54:22en 35 jours
00:54:22le poulet
00:54:23et la grise du Bercors
00:54:24par exemple
00:54:25c'est 4 mois
00:54:25contre 4 minutes
00:54:27au micro-ondes
00:54:28et
00:54:29et manger bien
00:54:31on peut y manger
00:54:33moins de viande
00:54:34mais mieux manger
00:54:35les volontés
00:54:37des municipalités
00:54:38des départements
00:54:40ça aide
00:54:41regardez
00:54:42Montsartou
00:54:42c'est transpartisan
00:54:44Montsartou
00:54:45pour moi
00:54:45c'est une référence
00:54:46de quoi s'agit-il ?
00:54:48à Montsartou
00:54:49la mairie avait des terrains agricoles
00:54:51ces terrains agricoles
00:54:52elle a décidé
00:54:52de les récupérer
00:54:53de les élever
00:54:53de faire l'agriculture biologique
00:54:55aider le primaire
00:54:57éduquer les enfants
00:54:58à venir choisir les légumes
00:54:59voir comment ils grandissent
00:55:00et les manger
00:55:01et ça a tellement bien marché
00:55:04que maintenant
00:55:04ça va
00:55:04ça produit pour la ville
00:55:06pour les employés municipaux
00:55:07pour les EHPAD
00:55:08et pour les écoles
00:55:10formidable
00:55:11ils mangent ensemble
00:55:11à la cantine
00:55:11comment ?
00:55:12ils mangent ensemble
00:55:13à la cantine d'ailleurs
00:55:14de manière transgénérationnelle
00:55:15donc ça crée du lien aussi
00:55:17la drôme qui est un peu à droite
00:55:19et écologiste à Montsartou
00:55:21c'est le même combat
00:55:22donc c'est vraiment transpartisan
00:55:23et si on voit que c'est un enjeu
00:55:25des municipales
00:55:26c'est-à-dire qu'en tant que citoyen
00:55:27on doit interroger
00:55:28nos maires réciproques
00:55:29sur qu'est-ce que vous comptez
00:55:30mettre à la cantine
00:55:30comment vous faites
00:55:31des circuits courts
00:55:32est-ce que vous travaillez
00:55:34avec les agriculteurs
00:55:35et est-ce que vous avez
00:55:35des projets
00:55:36comme ceux que vous mentionnez
00:55:37qui sont d'excellents projets ?
00:55:39et opposer
00:55:39la malbouffe
00:55:41à bien manger
00:55:43ce n'est pas bien
00:55:44parce que ça répond à chacun
00:55:45c'est pas en fonction
00:55:46de son budget
00:55:47c'est manger régulièrement
00:55:49de la malbouffe
00:55:50qui est mauvais
00:55:50en fait le paradoxe
00:55:57c'est que plus vous allez
00:55:58diaboliser les aliments
00:55:59plus les personnes vont
00:56:01en fait se tourner
00:56:02vers ces aliments
00:56:03donc en fait
00:56:03c'est le goût de l'interdit
00:56:05c'est exactement ça
00:56:06d'un point de vue
00:56:07de comportemental
00:56:08plus on se l'interdit
00:56:09plus c'est dangereux
00:56:11plus c'est mal
00:56:11plus on va avoir envie
00:56:12de le prendre
00:56:13et de le consommer
00:56:14donc c'est très paradoxal
00:56:16parce que
00:56:16vous militez
00:56:17pour le bien manger
00:56:19en tirant l'alarme
00:56:22la sonnette d'alarme
00:56:23en fait
00:56:24sur des aliments
00:56:24qui sont jugés
00:56:26mauvais
00:56:26alors que ça va avoir
00:56:28l'effet complètement
00:56:29inverse
00:56:30que les personnes vont
00:56:31en fait
00:56:32aller se diriger
00:56:33vers ces aliments là
00:56:34donc en réalité
00:56:35même le nutricor
00:56:36etc
00:56:37ça va pas
00:56:37je ne pense pas
00:56:38qu'on éduque
00:56:39en fait
00:56:39les personnes
00:56:41au bien manger
00:56:42avec la peur
00:56:42ça n'a jamais aidé
00:56:44personne en fait
00:56:44à mieux manger
00:56:46oui mais peut-être
00:56:46avec la conscience
00:56:47de ce qu'il y a
00:56:48je repense à vous
00:56:49qui disiez
00:56:50j'ai découvert
00:56:51que les carottes râpées
00:56:52que j'achetais sur l'autoroute
00:56:53c'était des produits
00:56:54ultra transformés
00:56:54au moins avoir
00:56:55l'information
00:56:56au moins que ce soit écrit
00:56:58l'information
00:56:59sous la forme
00:57:00de l'alarme
00:57:01ça ne fonctionne pas
00:57:02d'un point de vue
00:57:02comportemental
00:57:03c'est vérifié
00:57:05scientifiquement
00:57:06c'est attesté
00:57:07ça ne fonctionne pas
00:57:08ce qui fonctionne
00:57:09effectivement
00:57:10c'est valoriser
00:57:10l'éducation
00:57:11dès le plus jeune âge
00:57:12ça oui
00:57:12effectivement
00:57:13ça marche
00:57:13vous parlez en fait
00:57:15d'accompagner les personnes
00:57:16et de ne pas les laisser seules
00:57:17effectivement
00:57:18soutenez la prise en charge
00:57:20pluridisciplinaire
00:57:21donner les moyens aux personnes
00:57:22d'aller voir des psychologues
00:57:23d'aller voir des diététiciennes
00:57:24parce qu'elles n'ont pas
00:57:25les moyens en fait
00:57:26de pouvoir se prendre en charge
00:57:27et de pouvoir mieux
00:57:28s'alimenter
00:57:29et travailler sur les difficultés
00:57:30comportementales
00:57:31dont elles souffrent
00:57:34en fait
00:57:34et ça c'est vraiment
00:57:35aider et soutenir
00:57:36une personne
00:57:37et ne pas la laisser
00:57:38c'est à dire que
00:57:38proposer des discours
00:57:40vraiment
00:57:40diabolisants
00:57:42ça ne va absolument pas
00:57:44aider une personne
00:57:45à mieux manger
00:57:45sinon ça se saurait
00:57:47alors on fait
00:57:48oui je voulais juste
00:57:49rebondir rapidement
00:57:50sur ce que vous disiez
00:57:51madame Pannier-Ranuchet
00:57:52en fait la France
00:57:54voilà je voulais juste
00:57:56dire que la France
00:57:57effectivement
00:57:58est mondialement reconnue
00:57:59pour la qualité
00:58:01de sa tradition culinaire
00:58:02et que
00:58:03c'est un principe
00:58:04qui est sacré
00:58:05et que
00:58:06aujourd'hui en fait
00:58:07je pense qu'il faut
00:58:08quand même protéger
00:58:09ce modèle
00:58:10notre modèle
00:58:11alimentaire
00:58:12et que
00:58:13je vous rejoins
00:58:14quand vous parlez
00:58:15de
00:58:15trouver des solutions
00:58:17comme par exemple
00:58:18dans les cantines
00:58:19remettre
00:58:21au goût du jour
00:58:22les cours
00:58:23de cuisine
00:58:24pas forcément
00:58:25voilà
00:58:26s'adresser uniquement
00:58:26aux enfants
00:58:27qui peuvent
00:58:28adhérer à la cantine
00:58:29mais voilà
00:58:30proposer des solutions
00:58:31et je pense que
00:58:32la clé
00:58:33est véritablement là
00:58:34c'est de proposer
00:58:35des solutions
00:58:36concrètement
00:58:36aux citoyens
00:58:38pour pouvoir
00:58:39retrouver finalement
00:58:41l'amour
00:58:42et le goût
00:58:42de la ligne
00:58:43c'est beau ce que vous dites
00:58:44c'est très beau
00:58:45il y a Vanina
00:58:46qui voulait aussi
00:58:46j'avais une question
00:58:48pour conclure
00:58:49vous parliez tout à l'heure
00:58:50de la proposition de loi
00:58:51qui va être discutée
00:58:52à l'hémicycle
00:58:53déposée par Olivia Grégoire
00:58:54sur l'expérimentation
00:58:55de l'éducation
00:58:56à l'alimentation
00:58:56des enfants
00:58:57à l'école comestible
00:58:58on est très inquiet
00:58:59parce qu'elle envisage
00:59:00de faire financer
00:59:01ce dispositif
00:59:02entre autres
00:59:02par des acteurs privés
00:59:03des acteurs de l'agro-industrie
00:59:05l'objectif de cette éducation
00:59:07à l'alimentation
00:59:07c'est de faire émanciper
00:59:09les enfants
00:59:09de s'émanciper
00:59:10des produits ultra transformés
00:59:11mais si on fait financer
00:59:12le dispositif
00:59:13par l'agro-industrie
00:59:14qu'est-ce qui se passe ?
00:59:15d'abord
00:59:15sauf erreur de ma part
00:59:17ce fonds a été retiré
00:59:19en commission
00:59:20en fait
00:59:21pour être plus précis
00:59:22sous notre intervention
00:59:23justement
00:59:24des commissaires
00:59:25de la France Insoumise
00:59:26aujourd'hui
00:59:27les fonds
00:59:28qui vont être abondés
00:59:28vont être mis
00:59:29théoriquement
00:59:30sous la caisse
00:59:31des dépôts et consignations
00:59:32ce qui fait qu'il n'y aura pas
00:59:33de publicité
00:59:34des personnes qui contribuent
00:59:35moi je ne suis pas favorable
00:59:37à ce que ce soit
00:59:37le privé qui organise ça
00:59:38je pense que
00:59:39c'est l'impôt
00:59:40qui doit permettre
00:59:40de mettre en place
00:59:41des politiques publiques
00:59:42et pas une sorte
00:59:43de caritatif
00:59:44comme on peut avoir
00:59:44dans les pays anglo-saxons
00:59:45vous avez dit madame
00:59:46nous sommes en France
00:59:47en France c'est la puissance publique
00:59:48qui organise des choses
00:59:49parce qu'elle répond
00:59:50à des critères éducatifs
00:59:51nutritionnels
00:59:51qui sont d'ordre
00:59:52de l'intérêt général
00:59:53et non pas des intérêts particuliers
00:59:55donc à partir de là
00:59:56nous attendons
00:59:57que la loi revienne
00:59:57des modifications
00:59:58vont être faites
00:59:59par Olivier Grégoire
01:00:00suite à notre intervention
01:00:01j'attends de voir
01:00:02si de façon réglementaire
01:00:03tout ça est possible
01:00:04mais en tout cas
01:00:05ces alertes
01:00:06que vous avez fait madame
01:00:07sont tout à fait
01:00:07prises en compte
01:00:09d'autant plus
01:00:10enfin on hallucine
01:00:11on hallucine d'âme
01:00:12de se dire qu'à un moment
01:00:13il y a des groupes agro-alimentaires
01:00:14qui ont essayé
01:00:15de s'immiscer
01:00:15dans cette soin
01:00:16quand j'étais responsable associatif
01:00:20nous avons fait interdire
01:00:21des campagnes de publicité
01:00:22d'entreprises
01:00:23de lait
01:00:25parce qu'elles faisaient
01:00:26la promotion de leur boîte
01:00:26et les enseignants
01:00:27sont
01:00:28non mais sur la proposition
01:00:29de loi Grégoire
01:00:30il n'était pas question
01:00:31il n'était pas question
01:00:32que ce soit
01:00:32les groupes agro-industriels
01:00:34qui aient la main
01:00:35sur
01:00:36le programme
01:00:38il n'en était
01:00:39absolument pas question
01:00:40en revanche
01:00:41pollueur-payeur
01:00:42pollueur-payeur
01:00:43c'est quand même
01:00:44un grand principe
01:00:45essentiel
01:00:46pollueur-payeur
01:00:47et c'est ce que
01:00:48ce qui est sous-entendu
01:00:50par cette loi
01:00:50Rodolphe
01:00:51et j'espère qu'elle sera votée
01:00:52assez largement
01:00:53on a beaucoup parlé
01:00:54du Nutri-Score
01:00:55pour moi il y a
01:00:56Nutri-Score
01:00:57et Nutri-Score
01:00:58il y a Nutri-Core
01:00:59pour les agro-industries
01:01:00je suis d'accord
01:01:01mais par exemple
01:01:02on prend l'huile d'olive
01:01:03de Nyonce
01:01:04ou on prend n'importe
01:01:05quel fromage de France
01:01:06il se retrouvera
01:01:07obligatoirement classé
01:01:08on se souvient
01:01:09que les charcutiers
01:01:10avaient manifesté
01:01:11leur désapprobation
01:01:12parce que forcément
01:01:13la charcuterie
01:01:14n'était pas très bien classée
01:01:15au niveau du Nutri-Score
01:01:16oui mais là-dessus
01:01:18on peut répondre là-dessus
01:01:19vous savez
01:01:20nous on a étudié
01:01:22il y a un an
01:01:24tous les produits
01:01:25sous signe de qualité
01:01:26et on a calculé
01:01:27leur Nutri-Score
01:01:28et pas uniquement
01:01:30le Nutri-Score
01:01:31des fromages
01:01:31et des charcuteries
01:01:32qui évidemment
01:01:32étaient mis en avant
01:01:33notamment par des industriels
01:01:35ça c'est assez amusant
01:01:37on parlait de lobby
01:01:37comment ça marche
01:01:38le lobby
01:01:38quand vous voyez
01:01:39un représentant
01:01:41des industries agroalimentaires
01:01:42qui vient voir
01:01:44des politiques
01:01:44des administrations
01:01:45en se disant
01:01:46quand même
01:01:47le Nutri-Score
01:01:48c'est très mauvais
01:01:48pour nos produits
01:01:49du terroir
01:01:49c'est-à-dire en clair
01:01:50un industriel
01:01:50qui vient défendre
01:01:51un autre lobby
01:01:52il y a quelque chose
01:01:53de bizarre
01:01:53donc il essaye
01:01:55là encore
01:01:56de faire une sorte
01:01:57de contre-feu
01:02:00mais quand on regarde
01:02:01dans le détail
01:02:02deux tiers
01:02:03des aliments
01:02:04qui sont sous signe de qualité
01:02:05ou des produits traditionnels
01:02:06dans le patrimoine français
01:02:07ont un bon Nutri-Score
01:02:09A, B ou C
01:02:10et en fait
01:02:11effectivement
01:02:11ceux qui ont
01:02:13un mauvais Nutri-Score
01:02:13c'est une petite partie
01:02:15de ces aliments
01:02:16traditionnels
01:02:17ça va être effectivement
01:02:17des charcuteries
01:02:18et des fromages
01:02:19et certains fromages
01:02:20parce que certains fromages
01:02:21sont bien notés
01:02:22et pourquoi ?
01:02:23c'est très simple
01:02:23parce que
01:02:24des charcuteries
01:02:24c'est beaucoup de sel
01:02:25c'est beaucoup de matière
01:02:27gras saturée
01:02:28on a mis souvent en avant
01:02:30le problème du roquefort
01:02:32le roquefort
01:02:32il faut savoir
01:02:33que non seulement
01:02:33il est gras
01:02:33mais il est très salé
01:02:35il a à peu près
01:02:36trois fois plus de sel
01:02:37que l'émental
01:02:37donc effectivement
01:02:39ça ne veut pas dire
01:02:39le Nutri-Score
01:02:40quand on a un Nutri-Score
01:02:41ça ne veut pas dire
01:02:42qu'il ne faut pas manger
01:02:42de ce produit
01:02:43ça veut juste dire
01:02:44attention
01:02:44ce produit
01:02:45il faut essayer
01:02:47d'en manger
01:02:48de manière raisonnable
01:02:49en petite quantité
01:02:50ou pas trop souvent
01:02:51c'est juste ça
01:02:52ce que ça veut dire
01:02:52l'exemple du roquefort
01:02:53est extra
01:02:54merci de l'avoir
01:02:55c'était l'anexote
01:02:55que je l'ai raconté
01:02:56tout à l'heure
01:02:57tu n'as pas été José Bové ?
01:02:58oui
01:02:58José qui faisait un peu
01:03:00la tronche
01:03:00par rapport à ça
01:03:00mais bon
01:03:01c'est le local de l'étape
01:03:02puisqu'il est producteur
01:03:03bref
01:03:04il élevait des brebis
01:03:05qui font du roquefort
01:03:07mais l'anexote est extraordinaire
01:03:09parce que
01:03:09quand il y a eu
01:03:10la bataille sur le Nutri-Score
01:03:11il y a eu
01:03:12tout le lobbying
01:03:12de dire
01:03:13mais c'est horrible
01:03:13on va tuer
01:03:15la bonne gastronomie française
01:03:16à cause du Nutri-Score
01:03:18et quel est le produit
01:03:18qui a été mis en avant ?
01:03:20le roquefort
01:03:21mais pas n'importe quel roquefort
01:03:23moi je voyais les vidéos
01:03:23c'était les caves
01:03:24Société
01:03:25pour ne pas le nommer
01:03:26vous savez à quel groupe
01:03:27appartient le roquefort Société ?
01:03:29à Lactalis
01:03:30c'est quand même bizarre
01:03:31et donc Lactalis
01:03:32ils ne sont pas neuneux
01:03:33ils ne vont pas faire du lobbying
01:03:34pour défendre leur fromage
01:03:35ultra transformé
01:03:36mauvais
01:03:37ils vont dire
01:03:38moi
01:03:38je défends le terroir
01:03:40et je suis là
01:03:41pour défendre le roquefort
01:03:42non
01:03:42Lactalis
01:03:43n'est pas pour défendre
01:03:44notre bonne nourriture française
01:03:46c'est pas son business model
01:03:47c'est comme ça
01:03:48c'est pas dire
01:03:48il est méchant
01:03:49il est gentil
01:03:49c'est que c'est pas son modèle économique
01:03:51et souvent
01:03:52les lobbies font ça
01:03:53les lobbies adorent
01:03:55mettre en avant
01:03:56les petits
01:03:56entre guillemets
01:03:58pour se cacher
01:03:59derrière
01:04:00et donc il faut être
01:04:00très vigilant
01:04:01avec cette stratégie
01:04:02le mot de la fin
01:04:03pour Olivier
01:04:03moi je dirais
01:04:05avant tout
01:04:05cuisiner
01:04:06des aliments bruts
01:04:07Gio notamment
01:04:08quand on est
01:04:10à un âge sensible
01:04:11ou quand on est enceint
01:04:12et puis regardez
01:04:12les étiquettes
01:04:13regardez le prix au kilo
01:04:14vous avez souvent
01:04:15des surprises
01:04:16il écrit en tout petit
01:04:17et c'est là où vous pouvez
01:04:18véritablement faire
01:04:19votre travail de consommateur
01:04:20en comparant
01:04:21en étant des consom-acteurs
01:04:23merci
01:04:25merci à vous
01:04:26votez
01:04:27protégez
01:04:28les consommateurs
01:04:29aussi
01:04:30on suivra ça
01:04:30de très près
01:04:31merci infiniment
01:04:32à vous
01:04:33merci à vous
01:04:35aussi ce soir
01:04:36mon public
01:04:37de chaque voix compte
01:04:38cette émission
01:04:39est rediffusée
01:04:40tout à l'heure
01:04:40à 23h30
01:04:41si vous souhaitez
01:04:42vous aussi
01:04:42faire partie du public
01:04:43et venir interroger
01:04:44vos élus
01:04:45vous vous inscrivez
01:04:46sur lcp.fr
01:04:47mais vous pouvez aussi
01:04:47flasher un petit QR code
01:04:49qui va apparaître
01:04:49à l'écran
01:04:50on se retrouve mardi
01:04:51en direct
01:04:52pour la prochaine
01:04:52de chaque voix compte
01:04:53à 19h30
01:04:54d'ici la belle fin de semaine
01:04:55excellente soirée aussi
01:04:57sur la 8
01:04:58sur LCP
01:04:58Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:12Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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