00:00Le 10 août, j'ai représenté la France aux Jeux Olympiques à Paris 2024,
00:24à Place de la Concorde, dans la catégorie breaking.
00:30L'éveil de compétition c'est horrible, déjà tu dors mal et t'as le stress toute la journée.
00:37Moi je m'étais entouré, j'avais un bouclier autour de moi où il y avait mon staff qui
00:42s'occupait de tout ça, de me protéger, de me laisser focus.
00:45J'avais juste à moi m'amuser et puis faire du Danidane.
00:48On était quatre dans le groupe B, il y avait l'Australien, je me suis dit bon lui je veux
00:55l'aborder tranquille. Il y a Kruzia, Kruzia c'est un ukrainien, il est dangereux mais
01:02il est battable. Et après t'avais Phil Huizar, c'était le gars du moment, c'était l'un des
01:08favoris. J'avais pris comme option, si je perdais contre lui comment je devais être mentalement
01:12et si je gagnais comment je devais être mentalement. Parce que je trouvais contre lui le tout premier
01:16battle. Donc je devais rester fort dans ma tête pour être qualifié.
01:20En quart de finale contre Jeff Ro, c'est l'américain, c'est un gars qui est de le même style que moi.
01:29Ça veut dire qu'il est relou, il est relou, il danse, il est souvient, il a de l'énergie.
01:35En fait je me dis fais le show, fais le show, donne-toi à fond, fais le show et en termes d'intensité,
01:42reste en haut jusqu'à ce qu'il ne faut plus qu'au troisième passage, il faut que ton
01:47coeur il fasse ta ta ta ta ta ta, comme ça en fait pour dire que voilà je me suis donné
01:51à fond. Et ça c'était mon objectif et à chaque fois qu'on est tombé contre lui,
01:56que je suis tombé contre lui, mais en fait il m'a battu quatre fois et je l'ai battu
01:59deux fois. Et les JO c'était la belle en fait on va dire.
02:06Entre les poules et les phases finales, en fait le public m'a mal tout le temps,
02:12poussé, donc c'était à moi de canaliser ça. Parce qu'en fait une fois que je commence
02:15à trop m'enjailler, ça y est, ça part comme en soirée.
02:18Le truc par contre qui m'a marqué, c'est quand j'ai vu une pancarte avec ma grosse tête
02:21comme ça, ça par contre, ça je l'ai vu par contre.
02:25Il y a un truc qui m'a, pas perturbé, mais qui m'a encouragé, c'est avant la demi-finale,
02:31quand j'ai ouvert mon sac parce que je transpirais, je devais changer de t-shirt et en fait
02:35j'ai ouvert mon sac et une fois que j'ai ouvert, j'ai vu la tenue de cérémonie.
02:39Ça a mis un petit coup, je me suis dit, je vais te mettre ce soir parce que je sais
02:42que une fois que tu passes la demi-finale, en fait, t'as assuré une médaille.
02:46Maintenant, c'est à toi de bosser fort et bien pour choisir la couleur de ta médaille.
02:52Donc j'ai ouvert, je me suis dit, toi, je vais te la mettre ce soir.
02:54Du coup, j'ai changé mon t-shirt en mode, je me dis, je suis chaud.
02:59Très, très bon danseur, c'est quelqu'un que j'ai regardé, que j'ai beaucoup observé.
03:04Parce qu'en fait, c'est quelqu'un de polyvalent, quelqu'un de dangereux, c'est une machine.
03:08Donc ce jour-là, j'étais très bien.
03:10C'est pour ça que je suis rentré en premier parce que j'étais en accord.
03:12La musique, elle était bien.
03:13Je me suis dit, on est en France, allez-y, je rentre.
03:15On est en demi-finale.
03:17De toute façon, il y a un vaincure, un perdant.
03:23La finale, en fait, je me suis dit, comme d'habitude, tu danses, tu kiffes,
03:26tu prends les choses comme le début de la compétition.
03:31J'apprends Phil Huizar, Philippe Keen, canadien, très bon b-boy, gros potentiel.
03:38Le problème, c'est que je l'ai pris en mode, je vais être revanchard.
03:42Et du coup, j'étais plus concentré sur la victoire que sur la prestation.
03:45Parce qu'en fait, vu qu'il m'avait gagné, je me suis dit, il faut que je le regagne.
03:49Tu me donnes un coup, il faut que je te donne deux.
03:51Et en fait, c'était, je n'aurais pas dû réfléchir comme ça.
03:54J'aurais dû, pour moi, réfléchir en mode, va et kiffe.
03:59Premier passage, tout se passe bien.
04:00Je suis là, j'ai senti une côte, j'ai commencé à boire.
04:03Je me suis concentré sur ma respiration.
04:06Et après, deuxième passage, quand je commence, je sens que mes jambes sont coupées.
04:11Ça veut dire, jambes lourdes.
04:13Je me suis dit non, pas maintenant.
04:15Je dois mettre du contenu parce qu'en fait, lui, il arrive fort.
04:18S'il sent que tu n'as pas été super fort, en plus, il s'était super bien préparé.
04:23Donc moi, j'ai donné ce que j'avais donné.
04:24Je me suis dit bon, le premier, je pense que je le prends.
04:28Le deuxième, je ne sais pas.
04:30Concentre-toi sur le troisième pour reprendre de l'énergie et tout donner au troisième.
04:36Donc, je donne tout au troisième.
04:38À un moment donné, j'ai envie de faire un mouvement, sauter et ratterrir sur le coude.
04:45Et en fait, je saute, mais vu que là, je sens encore plus mes jambes coupées, donc la propulsion n'est pas la même que d'habitude.
04:51Du coup, j'ai ratterri et ça, c'est vu que j'ai raté.
04:54Donc entre redescendre comme ça en termes d'énergie et plus ce petit truc de raté, en sachant que lui, il est resté constant.
05:01En fait, il est monté dans la compétition, mais en fait, il n'y a pas eu photo.
05:05Donc, je me suis dit, j'ai raté ce petit truc là.
05:12Et après, je me suis dit bon, au moins par rapport aux autres, pour une première, tu repars avec quelque chose, t'es passé à côté de l'or, mais t'as pris l'argent, t'as fait tant mieux.
05:22Et j'ai porté la tenue et je me suis dit, ah ouais, en fait, je l'ai mis.
05:29Ah ouais, je l'ai mis en fait.
05:30Et du coup, c'est pour ça que j'étais sur scène, j'étais comme ça, j'étais tout content, j'étais, en fait, j'étais beau, c'était le coq, c'était l'âge.
05:36Je me suis dit, waouh, je vais avoir une médaille olympique.
05:38Je me suis dit, en fait, il y avait ma mère, il y avait ma femme, il y avait toute ma famille.
05:43J'avais un petit clin d'œil à Griezmann parce qu'en fait, il faisait des alertes médailles.
05:46Donc, je me suis dit, Griezmann, je serai sur ton alerte.
05:51Et qu'on me dit, qu'on me fait, en fait, j'ai réussi à le faire et il l'a fait.
05:54Donc, je me suis dit, ok, donc il a suivi, il a poussé tous les athlètes.
06:01Donc, moi, je suis que fier de ce qui s'est passé au jeu et surtout de ma performance, de l'équipe, de ce qui s'est passé autour de moi, en fait, pendant les jours.