- il y a 7 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Trois semaines après la tragédie du bar Le Constellation, à Crans-Montanin, dans la station de ski Suisse,
00:0440 personnes ont péri dans l'incendie, l'enquête est toujours en cours pour déterminer tous les manquements à la sécurité.
00:10C'est le couple Moretti qui est au cœur de toutes ces investigations.
00:14Alors ce soir, on a de nouvelles informations qui sont données par Maxime Brandstetter du service pour les justices de BFMTV.
00:19Bonsoir Maxime, on a beaucoup parlé de cette porte de service qui a été verrouillée et qui a empêché les gens de sortir.
00:25Maintenant, on sait pourquoi elle a été verrouillée. C'est un employé qui l'avait fermée en fait.
00:29Oui, c'est ce qu'explique à la fois Jacques Moretti, à la fois Jessica Moretti, qui ont été tous les deux auditionnés, vous vous souvenez, la semaine dernière, à deux journées différentes.
00:38C'est un élément extrêmement important parce que cette porte de service fermée, on a retrouvé notamment Sian Panin, vous savez, cette serveuse qui est décédée derrière,
00:45avec plusieurs victimes qui n'ont pas pu sortir parce qu'elle était fermée.
00:48Et donc, vous l'avez dit, eux expliquent que c'est parce qu'un des salariés leur a avoué qu'il avait fermé cette porte.
00:55En fait, que s'est-il passé ? C'était un salarié qui travaillait dans un autre établissement ce soir-là.
00:59Il travaillait dans l'un des restaurants des Moretti et le bar Le Constellation manquait de glaçons.
01:03Donc, ils lui ont dit, est-ce que viens et amène-nous des glaçons ?
01:06Le salarié est venu et il a décidé pour une raison que n'explique pas le couple Moretti de fermer cette porte de service.
01:13Et donc, il a piégé plus tard Sian Panin.
01:17Les Moretti assurent qu'ils passaient la consigne à tous leurs salariés de ne pas fermer cette porte, que c'était interdit.
01:24Ce qu'il y a de terrible dans cette action qui, visiblement, a beaucoup affecté ce salarié.
01:31Pour vous expliquer, il l'a fermé avec un loquet qui se situe en fait à deux mètres de hauteur.
01:36Donc, vous imaginez que Sian Panin et les autres qui pensaient que cette porte était ouverte lorsqu'ils sont arrivés derrière,
01:40ils ne pouvaient pas accéder dans la panique au loquet, ils se sont retrouvés piégés.
01:43Il y a une autre porte dont il est question, c'est celle devant laquelle il y avait un tabouret, la porte de secours.
01:49Est-ce qu'on sait pourquoi ?
01:50C'est l'une des deux portes de secours, c'est celle du fond du bar où on a révélé la semaine dernière
01:56que lors, dans ces photos, vous voyez cette image que vous voyez à l'écran,
01:59c'est une capture de la vidéosurveillance du bar trois minutes avant le début de l'incendie qu'a fourni Jacques Moretti aux enquêteurs.
02:05Et vous voyez sur la droite de votre écran, vous voyez une chaise, un tabouret qui est devant cette porte.
02:12Et en fait, cette porte, c'est la deuxième issue de secours, la fameuse issue de secours qui est au fond du sous-sol.
02:17Elle pose question, cette issue de secours, parce qu'on n'a rencontré personne qui dit être sorti par là.
02:22On ne rencontre pas de survivants qui sont passés par cette sortie de secours.
02:25Les Moretti assurent qu'elle a été ouverte.
02:27Oui, mais dans ce cas-là, pourquoi il y avait un tabouret devant ?
02:29Les deux disent que ce n'est absolument pas eux qui ont placé ce tabouret.
02:32Ils disent que ça n'arrivait jamais.
02:34Jacques Moretti suppose que c'est peut-être quelqu'un qui allait, en allant aux toilettes,
02:38que les toilettes se situent en face, sur l'image, à déplacer ce tabouret.
02:41Mais ils s'assurent qu'ils ne savent pas pourquoi ce tabouret était là.
02:44Quant à Jacques Moretti, dont vous venez de parler, c'est-à-dire le propriétaire,
02:48lui aussi dans l'audition, il a reconnu qu'il n'avait pas transmis toutes les informations de sécurité à l'ensemble des employés.
02:54Oui, il avait déjà dit que ses salariés n'étaient pas formés à la gestion d'un risque incendie.
02:59Mais là, le ministère public est allé plus loin dans les questions en disant
03:02« On a auditionné une de vos serveuses, Louise, on en parlait sur cette antenne,
03:07Louise qui travaillait depuis la mi-décembre, elle ne savait pas où étaient les extincteurs,
03:12elle confond la porte de secours avec la porte de service, elle ne savait pas grand-chose. »
03:15Et Jacques Moretti explique que c'est lui qui se chargeait lorsqu'il recevait des nouveaux saisonniers,
03:20vous savez, il fonctionne avec des saisonniers,
03:22de leur indiquer où étaient les extincteurs, les portes de service.
03:24Et il explique, il dit « Voilà, j'ai trois établissements, j'essaie de voir un petit peu tout le monde,
03:29je ne garantis pas que j'avais vu tout le monde,
03:31peut-être que je n'avais pas pu voir Louise pour lui expliquer,
03:33mais j'allais le faire à un moment donné. »
03:34À ça, la procureure le questionne en disant
03:37« Mais est-ce que ce n'est pas des informations où sont les extincteurs
03:40qu'il faut donner au premier jour de travail ? »
03:42Jacques Moretti le reconnaît, il dit « Oui, j'aurais dû lui dire au premier jour de son travail. »
03:45Et puis dernière question, cette fameuse mousse,
03:47cette mousse expansive au plafond, celle qui s'est embrasée, enflammée,
03:51que sait-on ? Pour Jacques Moretti, il n'y avait pas de contre-indication.
03:55Non. Alors là, par contre, il se dédouane, on peut dire,
03:58dans son audition de la responsabilité sur cette mousse.
04:00Il dit « Moi, j'avais des plaintes parce qu'on faisait trop de bruit.
04:03J'ai donc voulu isoler de manière acoustique,
04:05c'est lui qui a fait tous les travaux.
04:06Il dit « Je suis allé dans un magasin spécialisé.
04:08J'ai demandé au vendeur de me conseiller une mousse.
04:10Il m'a conseillé cette mousse-là.
04:11Je lui ai dit que c'était pour un établissement recevant du public.
04:14Le vendeur m'a assuré que c'était très bien, donc j'ai acheté cette mousse. »
04:17Il dit même que lors des contrôles de sécurité incendie de la mairie avec le chef des pompiers,
04:22personne ne lui a dit qu'il fallait changer cette mousse.
04:24Il va même plus loin en disant qu'il l'avait lui-même testée
04:26avec un chalumeau sur un morceau de mousse.
04:28Il a dit « Ça fondait, ça faisait beaucoup de fumée,
04:30mais pour moi, ça ne prenait pas feu, donc ça allait. »
04:33Là-dessus, il y a un avocat de partie civile qui dit
04:35« Mais vous dites que ça fait beaucoup de fumée.
04:36Pourquoi vous avez laissé donc cette mousse au plafond ? »
04:39Il dit « Pour moi, à partir du moment où personne n'avait dit qu'il y avait un danger,
04:42je ne vois pas pourquoi j'aurais changé cette mousse. »
04:43– Nous sommes avec l'avocat, maître Jean-Claude Guilicelli,
04:47qui est avocat au barreau de Toulon.
04:48Bonsoir.
04:49Avocat du père de Gaëtan, un des jeunes grévement blessés lors de cet incendie.
04:54Lorsque vous écoutez, Maxime, les révélations de BFM TV,
04:57quelle est votre réaction ?
04:59– C'est effrayant.
05:01Personne n'est dupe.
05:02La défense de M. Moretti est pathétique.
05:05Ce sont des aveux à minima, des aveux partiels.
05:10J'allais dire qu'il est libre, mais il est à l'épreuve des faits.
05:14Il est prisonnier des preuves qui ont été réunies à son encontre.
05:18C'est un tout terrain judiciaire.
05:20Je ne suis pas surpris parce qu'il a derrière lui une longue expérience judiciaire.
05:26Nous savons qu'il y a eu largement le temps de préparer sa défense.
05:29Mais effectivement, les arguments téléphonés qu'il nous livre ce soir
05:36ou qu'il a livrés aux enquêteurs nous laissent pantois.
05:40Il essaie toujours de nous voyer, de se faufiler entre les mailles.
05:45Là, il est libre, encore une fois, mais il est encerclé
05:49par les éléments qui ont été recueillis à son encontre.
05:53C'est Picasso qui disait « je ne cherche pas, je trouve ».
05:57– Mais ce n'est pas une série de négligences finalement
06:00qui s'accumulent et qui provoquent le drame ?
06:06– C'est une avalanche, je veux dire, c'est une avalanche.
06:10Encore une fois, M. Moretti n'est pas le seul responsable,
06:14mais chaque fois, je vais dire, il nous dit « ce n'est pas moi, c'est l'autre ».
06:18Vous voyez, je suis allé voir, j'ai acheté cette mousse-là,
06:22on m'a indiqué qu'elle ne présentait aucun danger,
06:25et par conséquent, je vais dire, servilement et benoîtement,
06:29je me mets aussi en la matière, je l'ai posé.
06:33Mais encore une fois, les aveux, à minima, les aveux judiciaires
06:39de M. Moretti ne me surprennent pas.
06:41De toute façon, il était bien obligé d'avouer ce qu'il ne pouvait pas nier.
06:47Mais encore une fois, à ce stade déjà de ces aveux,
06:50on peut considérer que M. Moretti et sa compagne ont contribué largement à cette tragédie.
06:56Ce n'est pas un aléa humain, cette tragédie.
06:59On ne peut pas la mettre sous X.
07:01On peut considérer qu'effectivement, c'est lui le responsable,
07:04c'est lui qui était le gestionnaire et le gérant de cet établissement,
07:09c'est lui qui était omniprésent.
07:11Et chaque fois, on lui dit « M. Moretti, vous auriez dû faire ceci, cela ».
07:15Il nous dit « Mais c'est trop tard », qu'effectivement, il aurait dû avertir ses salariés,
07:21prendre d'autres dispositions, prendre des mesures beaucoup plus sécures.
07:25Et de vous à moi, il n'avait pas à attendre les commissions ad hoc,
07:30les contrôles qui devaient être effectués chaque année pour prendre ses responsabilités.
07:35Question pour vous de Maxime Randstetter.
07:37Oui, Maître, bonjour.
07:38Vous dites sur les mousses acoustiques, vous avez raison,
07:40vous relevez qu'il explique qu'il y a eu des contrôles
07:43et que personne ne lui a dit que ces mousses acoustiques étaient dangereuses.
07:47Est-ce qu'on peut considérer qu'il devait savoir que ces mousses acoustiques étaient dangereuses ou pas ?
07:53Et surtout, vous évoquez que peut-être qu'il y a d'autres responsabilités.
07:56À qui vous pensez ?
07:58Par exemple, là, il dit que, visiblement, la mairie avait contrôlé ces mousses acoustiques.
08:03Est-ce que c'est cette responsabilité-là dont vous parlez ?
08:06Est-ce qu'aujourd'hui, vous pensez que Jacques Moretti est le principal responsable
08:09ou est-ce qu'il y en a d'autres ? Et qui, pour vous ?
08:12C'est un collège de responsables.
08:15Il y a M. Moretti.
08:17Je rappellerai qu'il y avait déjà eu un incident en 2019
08:21où ses serveurs avaient attiré l'attention de Noctambule
08:26sur les dangers que représentaient ces bougies pyrotechniques.
08:30Nous sommes en 2019.
08:32M. Moretti, j'allais dire, a participé à la restauration de cet établissement.
08:39Par la suite, lorsqu'il a acquis cet homme annuel, c'est un homme de terrain,
08:44effectivement, il n'y avait pas à attendre le feu vert de ces commissions ad hoc
08:50pour être conscient que le drame couvait,
08:56qu'il était là-dedans et que cette tragédie était inéluctable.
09:00Il aurait dû prendre ses responsabilités.
09:02Écoutez, lorsqu'on ouvre son tiroir caisse et qu'on encaisse autant d'argent,
09:08à partir de ce moment, je crois qu'on peut faire preuve un peu de responsabilité,
09:13de lucidité pour éviter, bien évidemment, que cet établissement
09:16baine dans une forme d'insécurité qui était permanente, qui était totale.
09:20Donc, il y a une hiérarchie, effectivement, des responsabilités.
09:25Responsabilité humaine en ce qui concerne M. Moretti et sa compagne
09:29et responsabilité administrative en ce qui concerne, donc, les commissions ad hoc
09:35qui ont été particulièrement défaillantes.
09:38Mais c'est un collègue de...
09:39Oui, maître, à la fin de son audition, Jacques Moretti présente à nouveau ses excuses aux victimes.
09:46Mais surtout, il dit qu'il ne pouvait pas envisager un tel drame
09:49qu'à aucun moment il imaginait que ce soit possible
09:50et qu'il laissait sa femme, qu'il laissait celui qu'il considère comme son fils adoptif
09:55travailler dans l'établissement et qu'il n'aurait jamais,
09:57jamais il les aurait laissés travailler dans cet établissement s'il avait pu imaginer ça.
10:01Là, vous pensez qu'à ce moment-là, il ment ?
10:03Personne n'est dupe.
10:05Personne n'est dupe.
10:05Ces explications, encore une fois, sont des explications utilitaires.
10:12Il présente déjà... Il a construit son système de défense.
10:16Enfin, c'est assez... Je le disais, c'est assez pathétique et déconcertant
10:20d'entendre M. Moretti se livrer à ce genre d'explications
10:27qui me paraissent totalement puériles et infondées.
10:31Merci, Maître Godicelli. Merci d'avoir été en direct avec nous.
10:34Autre regard, celui de Florence Orois, notre avocate, qui vient souvent ici dans l'émission pénaliste au barreau de Paris.
10:40Quel est votre regard, justement ? Il y a quand même à la fois de la malchance salariée
10:44qui verrouille la porte de service. A priori, il y a plutôt la consigne de la laisser ouverte.
10:50Et puis, de la négligence.
10:52Et Moretti qui se retranche derrière des contrôles qui, visiblement, ont laissé tout passer.
10:59Oui, c'est pour ça que, depuis le début de cette affaire, je dis qu'il faut, et je le répète,
11:04qu'il faut être extrêmement prudent et qu'il faut attendre les résultats des investigations.
11:08Parce que ce que les investigations nous diront, c'est effectivement quid de la responsabilité ?
11:12De qui ? Y a-t-il eu une responsabilité intentionnelle, entre guillemets ?
11:17C'est-à-dire, est-ce qu'il y a eu une façon de faire qui ne devait pas être faite
11:20et dont les gérants, les responsables avaient conscience des limites et des risques ?
11:25Ou bien, est-ce que c'est juste de l'imprudence, de la négligence, de la méconnaissance aussi,
11:31peut-être, sur ce qu'il fallait faire, ce qu'il fallait dire, la façon dont il fallait former le personnel ?
11:36Lorsqu'il y aura un procès, ça change de tout au tout si on part sur de la négligence
11:41ou si, effectivement, il y a une faute intentionnelle ?
11:43Bien sûr, bien entendu.
11:44En termes de peine prononcée ?
11:45Bien entendu, oui. Alors, bon, moi, je me parle sous le prisme du droit français,
11:49c'est-à-dire, est-ce que c'est homicide involontaire ?
11:52Est-ce que c'est... Après, il y a d'autres possibilités, parce que, comme on est, en fait, dans un...
11:57Il y a plusieurs droits qui s'entremêlent.
12:00Il y a le droit pénal, mais il y a aussi le droit du travail.
12:03Il y a aussi, voilà, des tas de réflexes et de connaissances juridiques
12:08qui vont être mises sur le plateau.
12:11Mais, en même temps, j'entendais mon confrère, Judith Shelley, qui dit...
12:14J'entends et je comprends sa posture.
12:16Il est l'avocat d'une partie civile.
12:19Il est là pour défendre, pour porter la parole de cette partie civile.
12:23Et il pointe du doigt ce qu'il considère comme étant, finalement, une défense qui n'est pas adaptée.
12:29Mais ça reste une défense.
12:31Et en tant qu'avocat, nous devons respecter la défense.
12:33Nous devons respecter ce que chacun dit.
12:36Alors, après, c'est à la justice de faire le tri dans tout cela,
12:39c'est-à-dire l'instruction, les investigations.
12:43Parce que votre confrère, il parle de mensonge.
12:45Oui, mais en même temps, il est dans sa posture d'avocat de la partie civile,
12:49tel que lui considère sa stratégie de la défense,
12:51tel que lui a peut-être connaissance d'éléments dont moi, je n'ai pas connaissance,
12:54parce qu'il connaît le dossier, il y a eu accès.
12:56Donc, il a une autre...
12:57Et il a la posture qu'il considère devoir avoir.
13:01Moi, de mon point de vue, je pense qu'il faut attendre le résultat des investigations.
13:04Est-ce qu'il pourrait y avoir de la prison pour ceux qui sont à la tête des commissions de contrôle
13:08et qui ont été négligents ou pas ?
13:10Ah ben, s'il s'avère qu'il y a des fautes graves ou qu'il y a eu, même, finalement,
13:14des façons d'agir qui ne sont pas très légales,
13:19sans citer des connivences,
13:22sans citer une quelconque infraction,
13:25parce qu'encore une fois, je ne me prononcerai pas de façon comme ça,
13:27effectivement, ça peut aller très loin.
13:29Merci, Maître Rouas.
13:31Vous voulez ajouter quelque chose, Maxime ?
13:32Oui, c'est vrai que ce qui étonne toutes les personnes qui sont dans cette affaire,
13:35c'est que pour l'instant, on voit tous qu'il y a des éléments qui s'accumulent
13:38contre le chargé de sécurité, contre la mairie,
13:40mais pour l'instant, il n'y a que les Moretti qui sont l'objet d'une enquête.
13:43Merci pour ces informations, Maxime Brandstetter.
13:46Merci.
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