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  • il y a 7 mois
Avec Serge Lama

🗝 Découvrez plusieurs dates-clefs de la vie des plus grands artistes, auteurs et personnalités aux côtés de Jacques Pessis.
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-01-20##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Avoir connu la lumière ne vous a pas empêché de conserver une partie d'ombre.
00:09Vous avez choisi de le mettre enfin en plein jour en nous éclairant sur un jardin secret
00:14où vous avez mené des combats envers, mais jamais contre tous.
00:19Bonjour Serge Lamar.
00:20Bonjour.
00:20Alors, double événement.
00:22D'abord, le fait de vous retrouver aujourd'hui au micro de Sud Radio
00:25pour cette émission exceptionnelle et ce CD poète qu'on va évoquer.
00:31Et puis en même temps, c'est la 1600e émission des clés d'une vie, déjà.
00:35Eh bien voilà, je suis très heureux de participer à cet événement.
00:41Alors c'est un événement parce qu'effectivement, vous avez réalisé cet album poète
00:45qu'on va évoquer dans l'émission avec des extraits,
00:49qui est quelque chose d'important parce que c'est un album,
00:51je crois, auquel vous rêviez depuis vos jeunes années.
00:54Oui, oui, oui, je rêvais ça.
00:56Au départ, je voulais faire un Baudelaire, c'est-à-dire les fleurs du mal.
01:02Je voulais découper comme ça les fleurs du mal en changeant les poèmes,
01:06en les découpant, en les accolant les uns aux autres.
01:09Et puis au fil du temps, je me suis dit, mais pourquoi pas faire tous les grands poètes de l'histoire ?
01:16Et là, ça m'a demandé un sacré travail parce que je voulais quand même que les trucs sonnent.
01:21Alors il fallait que ça sonne par rapport aux vers d'avant qui n'étaient pas de la même époque,
01:27ni du même poète, ni du même...
01:30Alors c'est un travail considérable qui a été unifié magnifiquement,
01:36parce qu'il faut vraiment le dire,
01:37par la musique d'Augustin Charnet qui a su exactement faire le plâtrage de tous ces morceaux dispersés
01:47qu'il fallait mettre ensemble.
01:50C'est une sorte de... je ne sais pas comment dire...
01:54d'explosion de poèmes.
01:57Et lui, il a réussi à mettre une musique planante
02:02qui fait qu'on peut s'étendre tranquillement, même si...
02:08Il ne faut pas que le public essaie de comprendre les poèmes,
02:12parce que de toute façon, ils ne sont pas entiers, ils ne sont pas à fraction.
02:16Il ne faut pas... la poésie, c'est pas... ça se reçoit.
02:19Alors il faut qu'ils se laissent prendre, qu'ils reçoivent ça,
02:25et puis qu'ils s'étendent et qu'ils écoutent.
02:28Et je pense que s'ils font ça, ça sera un moment merveilleux.
02:32En tout cas, on va avoir un moment merveilleux en évoquant ce CD,
02:36et surtout, on va, selon le principe des clés d'une vie,
02:39revenir aux sources avec des dates précises,
02:41car j'ai choisi des dates en rapport avec votre album.
02:44La première ne vous concerne absolument pas,
02:46c'est le 7 janvier 1864,
02:48parce que ce jour-là, c'est la première trace d'un poème
02:52dont un extrait fait partie du morceau qui ouvre l'album,
02:55« L'éternel azur ».
02:56De l'éternel azur, la sereine ironie,
03:02accable, belle,
03:05indolamant comme les fleurs,
03:08le poète impuissant
03:10qui maudit son génie
03:13à travers un désert stérile de douleurs.
03:16En fait, l'éternel azur, ce jour-là,
03:20à Tournon,
03:21je crois que Stéphane Barnet
03:23est un jeune professeur d'anglais,
03:25et il écrit à l'un de ses amis,
03:27Henri Casalis, qui est poète,
03:28en lui disant,
03:29« J'ai écrit un poème qui s'appelle azur »,
03:30et il lui envoie.
03:32C'est la première trace de ce poème.
03:33Ah oui, c'est formidable.
03:35Même des chansons,
03:37ce sont toujours des histoires
03:38abracadamantesques,
03:40parce que c'est pas ce qu'on croit,
03:43c'est pas ce qu'on...
03:44Les gens essaient,
03:45les gens font des...
03:46Ils ne sont pas sûrs d'eux,
03:47se sont fondés,
03:48alors qu'ils ont dit,
03:49« Mais qu'est-ce que c'est profond ? »
03:51« Qu'est-ce que c'est bien foutu ? »
03:52« Qu'est-ce que c'est... »
03:53Et des fois,
03:54ils ont fait des vers comme ça,
03:58ou des beautés qu'ils ont collés
04:00parce que c'était mieux.
04:01Et c'est pas toujours ce qu'on croit.
04:04Et Malarmé,
04:05c'est quelqu'un qui vous a marqué
04:06dès vos jeunes années, Serge Lama ?
04:08C'est Baudelaire qui m'a marqué
04:10dès mes jeunes années,
04:11et Malarmé fait partie
04:13de ces poètes plus abstraits,
04:17plus complexes,
04:18pour un jeune garçon que j'étais,
04:21que j'ai appréhendé un peu plus tard,
04:26et que j'ai aimé alors,
04:28dès que j'ai pénétré l'univers de Malarmé,
04:31que j'ai aimé par-dessus tout, oui.
04:34Oui, et dans ce texte,
04:36dans cette lettre,
04:36il dit qu'il n'y a pas un mot
04:39qui n'y ait pas coûté
04:40plusieurs heures de recherche.
04:41C'est ça.
04:41Et ça, c'est important.
04:43Oui, oui, parce que ça se sent pas,
04:47mais on le sait,
04:47parce qu'on ne peut pas écrire des vers
04:50de cette façon-là,
04:51comme Valérie, d'ailleurs.
04:53Malarmé, Valérie, même combat.
04:55C'est un peu,
04:56on peut les comparer,
04:57d'une certaine manière.
04:58D'ailleurs, c'était son maître,
05:00Valérie, Malarmé.
05:02Mais pour la chanson,
05:03c'est la même chose.
05:03Vous avez passé des semaines,
05:05quelquefois,
05:05à trouver le mot juste,
05:06Serge Lamarre.
05:07Oui, il y a un mot
05:08qui vous échappe toujours,
05:09une phrase même,
05:10qui vous échappe toujours.
05:12Toute la chanson est faite,
05:13c'est merveilleux,
05:14vous êtes content de votre chanson.
05:16Et puis là, vous butez,
05:17vous dites,
05:18ça, ça, ça va pas bien un jour.
05:21Et tout d'un coup,
05:22paf,
05:22ça arrive comme le...
05:24Comme le Messie.
05:26On ne sait pas pourquoi,
05:28on ne sait pas comment.
05:30Tout d'un coup,
05:30la phrase sort de votre...
05:33comme un soleil.
05:34C'est merveilleux,
05:36ces jours-là.
05:36Et Asnavour m'a dit un jour
05:38qu'il considérait une chanson terminée
05:40quand il n'avait plus un mot à ajouter.
05:42C'est ça, c'est ça.
05:43Il a raison.
05:44Alors, il se trouve que
05:45Malarmé, comme Baudelaire,
05:47vous l'avez découvert à dix ans,
05:48et je crois que
05:50l'une des premières phrases
05:51que vous avez connues de Malarmé,
05:53c'est
05:53« La chair est triste,
05:54hélas, j'ai lu tous les livres ».
05:55Oui, oui, c'est bien sûr.
05:57Ça a touché à quelque chose
05:59de particulier chez moi,
06:01ma mélancolie,
06:03que j'ai toujours eue,
06:05et qui...
06:06Et cette phrase dit tellement de choses
06:08en deux vers que...
06:11Et puis derrière,
06:12« Fuir là-bas, fuir,
06:13je sens que des oiseaux sont ivres ».
06:16C'est merveilleux, quoi.
06:17Et cette passion de la poésie
06:19est née dans vos jeunes années,
06:20alors qu'il n'y avait aucune raison,
06:21au départ,
06:22que vous aimiez la poésie,
06:23Serge Lamar.
06:24Non, c'était une défense
06:25contre des parents
06:27qui étaient...
06:29qui n'avaient pas cette culture.
06:31Ils avaient une culture d'opérette.
06:33Mon père chantait l'opérette.
06:35Au Capucine ?
06:36Après, au Capucine.
06:39C'était une revue, au Capucine.
06:41Il était descendu d'un échelon.
06:44Mais il aurait pu faire des opérettes encore
06:47si ma mère...
06:48Enfin bon,
06:49la vieille histoire
06:50que c'est comme ça,
06:52c'est la vie.
06:54Et oui, oui, oui,
06:55c'est à...
06:56On ne sait pas pourquoi
06:58on fait les choses.
07:00On ne sait pas pourquoi
07:00à quel moment ça se déclenche.
07:02On ne sait pas à quel moment
07:03la poésie vient vous chercher.
07:06Parce que c'est elle
07:07qui vient vous chercher
07:08beaucoup plus que vous.
07:09Vous voyez là-dedans
07:12quelque chose
07:13qui vous prend,
07:15qui vous tient.
07:15on a envie de gueuler.
07:20C'est physique.
07:23Et tout d'un coup,
07:27ça vient.
07:27Alors, ce qui est étonnant,
07:28c'est que vous avez 10 ans.
07:30À cet âge-là,
07:31on lit les poèmes
07:33de Maurice Carême
07:33à l'époque.
07:34Et vous,
07:35vous découvrez des textes
07:36qui ne sont pas de votre âge
07:37et qui sont quelquefois interdits.
07:38Ça va jusqu'au Marquis de Sade.
07:40Oui,
07:41le Marquis de Sade
07:41c'est sorti
07:42dans les années 50.
07:44Mais enfin,
07:44bon,
07:44c'est pas 10 ans
07:45parce que c'est en 56
07:47ou un truc comme ça.
07:48C'est le...
07:50Il y a un éditeur
07:52qui a eu tort
07:53à mon avis
07:53parce que
07:54il est vrai.
07:56Ce que dit Onfray
07:57dans le bouquin
07:58sur Sade
07:58est vrai.
08:00C'est-à-dire que
08:01il n'était pas utile
08:03le Marquis de Sade.
08:04Il était bien dans les enfers.
08:06C'est là
08:06qu'était sa place.
08:08Parce que
08:08un gamin
08:09de 13-14 ans
08:13qui lit le Marquis.
08:14Ça le brutalise
08:16dans sa sexualité,
08:18dans toutes ses certitudes
08:20tout d'un coup
08:21où il y a quelque chose
08:22qui ne va pas.
08:23Oui,
08:23mais vous avez quand même lu
08:24des livres
08:24qui ne sont pas de votre âge.
08:26Oui,
08:26mais ce n'était pas pareil.
08:27Le Marquis de Sade
08:28c'est pire que tout.
08:31Vous voyez,
08:32par exemple,
08:33les Liaisons dangereuses.
08:34Les Liaisons dangereuses,
08:36par exemple,
08:37c'est un bouquin
08:38qui vous porte,
08:40qui vous amène,
08:42qui vous construit.
08:44Ça finit par être
08:45une histoire d'amour.
08:47C'est d'ailleurs
08:47une histoire d'amour
08:48dès le début,
08:49mais ça finit par
08:50une histoire d'amour
08:51tragique et c'est beau.
08:52Oui,
08:53mais en même temps,
08:53ce qui est fascinant,
08:54Serge Lama,
08:54c'est que vous procurez
08:56ces livres,
08:56ce qui n'est pas facile.
08:57Il n'y a pas Internet
08:57à l'époque,
08:58il n'y a pas forcément
08:58de bibliothèque.
08:59Il faut se les procurer,
09:00ces livres.
09:01Vos parents ne sont peut-être
09:01pas d'accord pour que vous les lisiez.
09:03Mais j'avais des copains
09:03qui étaient plus âgés que moi.
09:09Alors,
09:09ils me filaient des livres
09:11qui n'étaient pas de mon âge,
09:12effectivement,
09:13et que je lisais goulûment.
09:15Et c'est comme ça
09:16que vous avez commencé
09:17à écrire des textes
09:18et des tragédies.
09:19Oui,
09:20des tragédies de mots,
09:22oui.
09:23Oui,
09:23oui,
09:24j'ai été très,
09:25très inspiré
09:26et puis ça a batté
09:28sur mon cœur
09:29qui était mal
09:31dans sa peau,
09:34qui était mal
09:35dans sa pensée,
09:37qui était mal.
09:38J'étais mal dans tout,
09:39en fait.
09:41Le lycée,
09:42ça ne m'allait pas.
09:44Je courais des heures
09:45parce que j'avais la chance
09:47d'être au lycée Michelet
09:48où il y avait
09:48vraiment un très beau jardin.
09:51Je courais,
09:52je courais des heures
09:53pour épuiser
09:54cette vitalité que j'avais
09:55qui n'arrivait pas
09:57à trouver son emploi,
09:58qui avait besoin de ça
09:59pour arriver
10:00à se sortir
10:01de ce marasme
10:02de la maison,
10:04quoi,
10:04et de tout
10:04ce que
10:06mes pauvres parents,
10:08ils étaient
10:09comme ils étaient
10:09maintenant que j'ai l'âge.
10:13Je comprends,
10:14mais je comprends
10:15qu'aussi qu'un enfant
10:16qui était fait
10:17comme je suis,
10:18ne pouvait pas vivre
10:19dans cet univers-là
10:20et c'était très difficile.
10:23Il fallait survivre,
10:24en fait.
10:25Et dans cet album,
10:26il y a aussi
10:26un poème
10:27qu'on a tous appris
10:28à l'école,
10:29c'est « Quand vous serez
10:30bien vieille »
10:31le soir à la chandelle.
10:32« Quand vous serez
10:34bien vieille au soir à la chandelle,
10:39assise auprès du feu,
10:42dévidente et filant,
10:44direz, chantons mes vers
10:47en vous émerveillant,
10:50qu'on s'arre me célébrer
10:53du temps que j'étais belle. »
10:57C'est vrai que ça,
10:58on l'a tous un jour ou l'autre
10:59appris à l'école.
11:00Tout à fait.
11:01Tout à fait, oui.
11:02Et ça fait partie des classiques.
11:03On oublie même l'auteur
11:04tellement on connaît
11:04les poètes.
11:06Oui, oui,
11:06c'est quand même
11:08l'un des plus grands
11:10de l'époque,
11:13du haut Moyen-Âge,
11:15on va dire.
11:15« Le nom ne me vient pas
11:18quand j'ai des noms
11:19j'ai un mal avec les noms. »
11:20C'était Ronsard à l'époque.
11:21C'est Ronsard, Ronsard.
11:22Mais à l'époque,
11:23vous étiez un cas à part
11:24parce que pas beaucoup
11:26de vos copains
11:27lisaient autant que...
11:28Ah non, personne, aucun.
11:29Non, mais je ne partageais pas ça
11:31avec mes copains.
11:32Je ne partageais pas
11:33mes goûts de cet ordre-là.
11:36Je savais que je n'avais pas d'écho.
11:38Je faisais des chansons déjà.
11:40Alors ça, j'en chantais
11:42debout sur un petit banc
11:44qu'il y avait dans la cour d'école.
11:46Je chantais mes chansons.
11:48Je faisais des imitations.
11:50J'étais un grand imitateur.
11:51J'étais très bon.
11:52À l'époque,
11:52j'imitais tous les profs.
11:54Alors tout le monde était là.
11:55Tout le monde était là.
11:56Même les profs m'ont demandé
11:58de les imiter dans une classe.
12:01J'étais un peu la petite star
12:03du...
12:05D'Ilsay Michelet.
12:06Sauf que pas pour les notes.
12:08Les notes, ce n'était pas terrible.
12:10Mais moi, sauf en français
12:11et puis en histoire,
12:14mais autrement,
12:15tout le reste,
12:16ce n'était pas très brillant.
12:18Enfin, les notes,
12:19il y en a eu d'autres,
12:20c'est les notes de musique.
12:21Oui, oui.
12:21Et il y a une autre date importante
12:23dans ce parcours
12:24qui correspond à la poésie.
12:25C'est le 29 janvier 1976.
12:28On en parle dans quelques instants
12:29sur Sud Radio
12:30avec Serge Lamar.
12:31Sud Radio,
12:32les clés d'une vie.
12:33Jacques Pessis.
12:34Sud Radio,
12:35les clés d'une vie.
12:36La 1600e émission
12:37avec un invité exceptionnel.
12:39Serge Lamar
12:40pour cet album poète.
12:41un album événement
12:42où vous reprenez
12:44à votre façon
12:45des grands poètes.
12:46Alors,
12:47on a évoqué le début
12:48de votre passion
12:49pour la poésie.
12:50J'ai trouvé la date
12:51du 29 janvier 1976.
12:53Ce jour-là,
12:54pour la première fois,
12:55vous dites un poème
12:56à la télévision
12:57dans le Grand Échiquier.
12:59En fait,
12:59ce jour-là,
13:00il y a une émission
13:00sur Maurice Genevoix.
13:01Je ne sais pas si vous en souvenez.
13:02Oui, tout à fait.
13:03Et vous dites les chaînes.
13:04Et c'est la première fois
13:05qu'on vous voit
13:05dans un poème à la télévision.
13:07Oui, oui, oui.
13:07Je me souviens.
13:09D'ailleurs,
13:10c'était une émission
13:11où Genevoix avait été
13:12très brillant.
13:14Et je ne sais plus
13:15quel âge.
13:16Il y avait peut-être
13:17trois, quatre années
13:20de plus que moi.
13:21Et je me suis permis
13:23à la fin
13:24de lui demander
13:25mais maître,
13:25vous,
13:27comment on fait
13:28pour...
13:28Parce qu'il parlait
13:30des temps,
13:31du temps de la vie.
13:33Il me dit
13:34mais vous savez,
13:35tous les sept ans,
13:36si vous les passez,
13:38vous êtes repartis
13:38pour sept ans.
13:39Voilà, exactement.
13:41C'est un bon signe.
13:42Oui, oui.
13:43Alors,
13:43c'était un cycle,
13:45il me dit.
13:46La loi des cycles.
13:48Voilà.
13:48Et lui avait
13:49une passion de la nature.
13:50C'est pour ça, d'ailleurs,
13:50que vous avez abordé
13:52ce poème sur les...
13:53Et d'ailleurs,
13:53dans cette émission,
13:54je ne sais pas si
13:54vous vous en souvenez,
13:55il y a également
13:56Georges Brassens
13:58et vous chantez avec lui
13:59au pied de mon arbre.
14:00Oui,
14:00au pied de mon arbre.
14:02Oui, oui.
14:02J'ai chanté ça avec...
14:03J'ai fait beaucoup
14:04d'émissions avec Georges.
14:06C'était un...
14:08J'avais une admiration
14:09pour lui.
14:12Je connaissais
14:13toutes ses chansons
14:14par cœur,
14:15comme beaucoup
14:15de gens à l'époque.
14:17Maxime Le Forestier
14:18connaissait toutes
14:19ses chansons par cœur.
14:20Alors,
14:20comme il était guitariste,
14:22on se faisait des Noël.
14:23C'était Georges Brassens,
14:25quoi,
14:25des soirées
14:26de Point Médelan.
14:28C'était formidable.
14:28C'était une époque...
14:30Et Georges
14:31était un homme délicieux,
14:33très caustique,
14:34très marrant,
14:35très...
14:36Pas du tout
14:37le bourru
14:38qu'on voit...
14:39Quand on le voit
14:41comme ça,
14:42on voit...
14:43C'est un grand timide,
14:44en fait.
14:44Mais si on enlève
14:45le mot timide,
14:46quand il n'est plus timide,
14:47il y va.
14:48Il y a un point commun
14:50entre Brassens
14:51et votre album,
14:52puisqu'il a un jour
14:53écrit une chanson
14:55« Heureux qui comme Ulysse »
14:56pour un film d'Henri Compton.
14:57Oui, pour un film, oui.
14:58Et « Heureux qui comme Ulysse »,
15:00c'est également
15:01dans votre album.
15:01« Heureux qui comme Ulysse
15:04a fait un beau voyage
15:06ou comme celui-là
15:09qui conquit la toison
15:10et puis est retourné
15:13plein d'usages et raisons
15:15vivre entre ses parents
15:18le reste de son âge.
15:20Depuis qu'amour cruel
15:32empoisonna premièrement
15:35de son feu ma poitrine,
15:38toujours brûlée
15:40de sa fureur divine
15:41qui un seul jour
15:44mon cœur n'abandonna.
15:50À ce bel œil, à Dieu,
15:57je n'ai su dire
15:58qui près et loin
16:00me détient en émoi.
16:03Je vous supplie,
16:04ciel, air, vent,
16:07monts et plaines,
16:08taillis, forêts,
16:10rivages et fontaines,
16:12antres, prés, fleurs,
16:14dites-le lui pour moi.
16:20Quand vous serez bien vieille
16:29au soir,
16:31à la chandelle,
16:33assise auprès du feu
16:35d'évidente et filant,
16:38direz, chantons mes vers
16:41en vous émerveillant,
16:44qu'on save me célébrer
16:47du temps que j'étais belle.
16:50Vivez si m'en croyait,
16:56n'attendez à demain,
16:59cueillez dès aujourd'hui
17:00les roses de la vie.
17:02Mignonne,
17:11allons voir si la rose
17:14a point perdu
17:16cette vesse brée,
17:19les plis de sa robe pourpré
17:21et son teint
17:24ou vôtre
17:26pareil.
17:27Ce sont des vers
17:29tellement connus
17:29qu'on oublie l'auteur
17:31là aussi.
17:31Oui,
17:32on l'oublie.
17:34Mais comment ça ?
17:35Il y a des choses comme ça
17:36dans la vie,
17:37des phrases qu'on prononce,
17:38on oublie que ça vient
17:39de poésie,
17:40Serge Lama.
17:42Souvent,
17:43oui,
17:43parce que les choses
17:44sont répétées
17:44par tellement de gens,
17:47elles sont comme mâchées
17:48et on oublie
17:51l'origine des choses.
17:53C'est normal
17:53parce qu'on ne peut pas
17:54se remplir le cerveau
17:55de tout ce qui a été...
17:58Je connais des gens
17:59qui sont d'un esprit.
18:02Ils vous parlent
18:02de Thucydide,
18:04de machin,
18:04ils vous font...
18:06Ce n'est même pas
18:07des numéros,
18:08ils sont comme ça.
18:09Ils ont tout enregistré,
18:12dès qu'ils ont entendu
18:13quelque chose,
18:14paf,
18:14c'est rentré dans la tête
18:15et c'était terminé,
18:16c'était là.
18:16Moi, je ne suis pas
18:18de ces gens-là.
18:19Alors, effectivement,
18:21les noms,
18:23il faut que quand même
18:25je les trouve.
18:27Voilà,
18:27mais il n'y a pas de souci.
18:28Alors, il se trouve
18:29en même temps
18:29que les émissions
18:30sur les poètes
18:30et à la télévision,
18:32c'était très rare.
18:32Il y avait
18:33le Club des Poètes,
18:33je ne sais pas
18:34si vous vous souvenez
18:34de cette émission
18:35de Jean-Pierre René
18:37qui commençait
18:38par Amis de la Poésie,
18:39Bonsoir.
18:40C'était le seul rendez-vous
18:41de poètes
18:41qui existe encore aujourd'hui
18:42d'ailleurs,
18:43mais pas à la télévision.
18:44Ah bon ?
18:45Oui.
18:45Rue de Bourgogne
18:46tous les soirs
18:47où on dit des poèmes.
18:48C'est important
18:48que des gens
18:49se retrouvent comme ça
18:50autour de la poésie ?
18:51C'est important
18:52pour ceux surtout
18:52qui ont besoin de ça
18:54parce que je pense
18:54qu'il y a un besoin
18:56de poésie.
18:58La poésie,
18:58c'est la musique
19:00sans la musique.
19:01C'est-à-dire,
19:02c'est les mots
19:02qui parlent,
19:03qui font des notes.
19:05C'est les mots
19:05qui donnent des...
19:09On peut être Chopin
19:11rien qu'avec des mots.
19:12C'est formidable.
19:14c'est des rythmiques,
19:18c'est du jazz la poésie.
19:20Monougaro d'ailleurs
19:21l'avait bien compris,
19:23il jazzait ses mots.
19:25Exactement.
19:25Ça peut être du jazz la poésie.
19:28C'est quelque chose
19:28qui...
19:30Il y a un phrasé
19:31pour chaque poète.
19:32Vous reconnaissez
19:33un vers de Hugo,
19:34vous reconnaissez
19:34un vers de Malarmé,
19:36vous reconnaissez...
19:37Vous reconnaissez.
19:39Donc si vous reconnaissez,
19:40c'est que...
19:40il y a...
19:42Et pourtant,
19:42ce ne sont que des mots.
19:43Oui,
19:43mais il faut une certaine culture
19:44pour reconnaître
19:45les vers de Malarmé
19:47ou de Ronsard.
19:48Il faut...
19:49Oui.
19:49Il faut avoir
19:51beaucoup lu,
19:52beaucoup...
19:53beaucoup...
19:55digérer
19:56et puis beaucoup
19:58se souvenir aussi.
20:00Il se trouve que
20:01Jean-Pierre René
20:02avait un beau frère
20:03qui était Georges Moustaki
20:04et quand Georges Moustaki
20:05est arrivé à Paris,
20:06il n'avait rien.
20:07Il a commencé
20:08à faire la manche
20:09et à vendre
20:10pour survivre
20:11des poèmes
20:12à la volée
20:13chez les gens
20:14ou dans la rue.
20:15Ah oui,
20:15je ne savais pas.
20:16C'est comme ça
20:16qu'il a débuté.
20:17Ben oui,
20:18vous voyez.
20:19Alors,
20:19il se trouve que...
20:20La poésie mène
20:20à la poésie.
20:21Exactement.
20:22Alors,
20:22il se trouve aussi
20:23qu'il y a aussi
20:24dans les poètes
20:25quelqu'un qui compte
20:26beaucoup pour vous,
20:27c'est François Villon.
20:29Et il y a un extrait
20:30dans cet album
20:31qui s'appelle
20:32Wordsworthworth
20:33avec les frères humains.
20:35Frères humains
20:36qui après nous vivaient
20:40n'ayez les cœurs
20:42contre nous endurcis
20:44car si pitié
20:46de nous pauvres avait
20:48Dieu
20:49en aura plutôt de vous
20:52merci
20:53de notre mal
20:56personne ne s'enrit
20:57mais priez Dieu
21:00que tous
21:01nous veuillent
21:02absoudre.
21:03Oui,
21:04c'est le premier
21:06très grand poète.
21:10J'avais employé
21:11un mot un peu...
21:13Il dépucèle
21:14la poésie.
21:16C'est-à-dire que
21:17tout d'un coup,
21:19il se passe quelque chose
21:20au Moyen-Âge.
21:21C'est le Rimbaud
21:21du Moyen-Âge
21:22pour moi.
21:24C'est-à-dire que Rimbaud
21:25va tout changer
21:25au XIXe
21:27et lui,
21:28il change tout
21:30au XVe siècle.
21:32Mais comment c'est-à-dire ?
21:33Il change les mots ?
21:34Il change...
21:35Non,
21:35c'est la façon
21:37de dire
21:38et de dire
21:39certaines choses aussi.
21:42La balade
21:43des pendus,
21:43c'est pas n'importe quoi.
21:44quand même.
21:45La balade des pendus
21:46de François.
21:46C'est très osé
21:47parce qu'il aurait pu
21:47finir...
21:50Pendu,
21:51justement.
21:52Justement.
21:52Pendu parce que
21:53ça allait contre
21:55la bonne société,
21:58la bien-pensante.
21:59Oui,
21:59il faut savoir
22:00que François Villon
22:00a eu quelques soucis
22:01dans les tavernes.
22:02Il s'est retrouvé
22:03en prison.
22:04Il a failli y être pendu.
22:05Et c'est vrai
22:06que la balade des pendus,
22:07on n'est même pas
22:08persuadé que ce soit
22:09un texte de lui
22:09car on n'a jamais
22:10retrouvé la trace
22:10exacte de ça.
22:12Ah bon ?
22:12Oui.
22:13Alors on suppose
22:14que c'est de lui
22:14mais on n'en est pas
22:16certain non plus.
22:17Oui mais on est
22:18certain de quoi ?
22:19Oui,
22:19vous savez.
22:21Alors certains disent
22:22qu'il faut souffrir
22:23pour être poète.
22:25Qu'est-ce que vous en pensez
22:26Serge Lama ?
22:27Alors si on ne souffre pas
22:28ce serait mieux
22:29mais je pense
22:30que c'est impossible.
22:31Tous les poètes,
22:32on le voit bien,
22:33ils ont eu
22:34des vies torturées.
22:37C'est des torturés.
22:39Malarmé était un torturé.
22:41Ils avaient besoin
22:42d'exprimer ça
22:43à travers quelque chose
22:44et c'était la poésie.
22:46Je pense que
22:47tous les artistes
22:48globalement,
22:49tous les musiciens,
22:51ce sont des gens
22:52qui ont quand même
22:53un univers intérieur
22:56extrêmement complexe.
22:58Oui,
22:58ce qui est votre cas aussi.
22:59C'est votre cas aussi.
23:01Alors,
23:02on parle des poètes maudits
23:03et vous évoquez aussi
23:04dans cet album
23:05Guillaume Apollinaire
23:07à travers un autre extrait.
23:08Un soir
23:09de demi-brume
23:10à Londres
23:11Un voyou
23:14qui ressemblait
23:15à mon amour
23:16à ta ma rencontre
23:18Et le regard
23:20qu'il me jeta
23:21C'est vrai que
23:22la chanson
23:22du mal-aimé
23:23d'Apollinaire
23:24c'est quelque chose
23:24d'incontournable aussi
23:25Serge Lamar.
23:26C'est aussi
23:27assez révolutionnaire
23:28d'ailleurs
23:29c'est l'écriture
23:30d'Apollinaire.
23:32Il est mort trop tôt
23:33alors il n'a pas
23:35pu continuer
23:36mais sa poésie
23:37était très très
23:39très révolutionnaire
23:42si on peut dire.
23:45C'est de la poésie
23:47qui change tout
23:48qui fait que c'est plus
23:49pareil après qu'avant.
23:51Qu'est-ce qui vous a touché
23:52dans Apollinaire ?
23:53Est-ce que
23:53ce sont phrasés
23:55ces idées ?
23:56Oui
23:57ce sont phrasés
23:58ces idées
23:58parce qu'ils me touchent
23:59dans la poésie
23:59globalement
24:00c'est-à-dire
24:01dès qu'il y a
24:03quelque chose
24:03qui ne ressemble pas
24:06à autre chose
24:08on écoute
24:09quand on a l'habitude
24:10on écoute
24:11des vers d'Apollinaire
24:12on écoute des vers
24:12de Malarmé
24:15de Hugo
24:16on sait
24:17on sait que c'est de Hugo
24:19on sait que c'est de Malarmé
24:20parce que c'est marqué
24:22au poinçon
24:22pour une raison
24:26très très difficile
24:28à expliquer
24:28parce que
24:29par exemple
24:30Hugo
24:30il a écrit
24:31mille
24:33cent mille
24:34poésies
24:35et
24:36à des époques
24:37différentes
24:38et c'est plus le même Hugo
24:39qui écrit
24:40les textes
24:42et malgré tout
24:42on sait que c'est du Hugo
24:44alors qu'il n'écrit pas pareil
24:45il écrit différemment
24:47la légende des siècles
24:48c'est pas pareil
24:49que la musique
24:50des trucs
24:51et des bois
24:52qu'il a écrit
24:55plus tôt
24:55chaque recueil
24:58de Hugo
24:58est différent
25:00donc
25:01c'est l'homme
25:03poésie
25:05si on veut Hugo
25:06l'homme livre
25:07mais
25:07moi j'en reviens
25:08à Apollinaire
25:09parce qu'Apollinaire
25:10on a oublié
25:10qu'il a inventé
25:12le mot surréalisme
25:13tout à fait
25:13à l'avant première
25:15du ballet parade
25:16et il avait une passion
25:17du cinéma
25:17et s'il avait vécu
25:18il aurait sans doute
25:19été un des premiers
25:20scénaristes du muet
25:21oui
25:21sûrement
25:22il aurait fait du cinéma
25:24il aurait fait
25:25il était à l'origine
25:27du vol de la joconde
25:29aussi
25:29exactement
25:30notre ami
25:31Apollinaire
25:32car ces poètes
25:34ont une folie aussi
25:35oui oui
25:36parce que c'était un acte
25:38qui justement
25:39lançait le surréalisme
25:41voilà
25:42c'était une façon
25:42c'était de la pub
25:44voilà
25:44c'est à dire
25:44je vole la joconde
25:45on va m'entendre
25:47on va écouter
25:47et on va écouter
25:48ce que je propose
25:50quoi
25:50et ben vous
25:52vous avez seulement
25:52volé de vos propres ailes
25:53et on va évoquer
25:56une autre date
25:56dans votre parcours
25:57lié à la poésie
25:58le 3 janvier 2007
26:00à tout de suite
26:01à tout de suite sur Sud Radio
26:01avec Serge Lama
26:02Sud Radio
26:03les clés d'une vie
26:04Jacques Pessis
26:05Sud Radio
26:06les clés d'une vie
26:071600ème émission
26:08invité exceptionnel
26:10Serge Lama
26:11pour ce
26:12cet album poète
26:13où on vous découvre
26:15sous un jour
26:15qu'on n'imaginait pas
26:16avec cette passion
26:18de la poésie
26:18on a évoqué déjà
26:19quelques auteurs
26:21et j'ai choisi
26:22la date du 3 janvier 2007
26:23qui est la sortie
26:24d'un livre
26:25qui sont les prémices
26:26de cet album
26:27Sentiment, Sexe, Solitude
26:29car c'est une autobiographie
26:31déguisée
26:32en poésie
26:33c'est assez étonnant
26:34ce livre
26:34oui c'est un livre
26:36qui n'a pas été compris
26:38c'est à dire
26:39que c'est un livre
26:40parce qu'ils se sont tous
26:42jetés sur sexe
26:43forcément
26:44parce que
26:45ça les a intéressés
26:46pour la télé
26:47pour rigoler
26:48pour tout ça
26:48et ils n'ont pas vu
26:50que ça s'appelait
26:51Sentiment, Sexe
26:53et puis Solitude
26:55qui est un élément
26:57fondamental
26:58chez moi
26:59dans beaucoup
27:01de mes chansons
27:02beaucoup de Solitude
27:03elles le disent
27:05et le sentiment
27:08aussi
27:09et le sexe
27:09c'est toute ma vie
27:10alors tout ça
27:12mélangeait
27:13j'avais essayé
27:15à cette époque là
27:16de faire
27:17un peu naïvement
27:19d'ailleurs
27:19de faire
27:20de faire quelque chose
27:21que j'allais proposer
27:24aux radios
27:25mais bien sûr
27:27ils me sont tous
27:27tombés dessus
27:28avec leurs
27:28grosses blagues
27:30et leurs trucs
27:31alors ils citaient
27:32mes vers
27:34alors il y a juste
27:36Miller
27:38qui avait sorti
27:39un petit poème
27:40gentil
27:41etc
27:41mais enfin Miller
27:43aujourd'hui
27:43il a d'autres soucis
27:44il a d'autres soucis
27:46que de la poésie
27:47mais en fait
27:47c'était un recueil
27:48de poésie
27:49de poèmes
27:50c'est à dire
27:50c'était pas évident
27:50à écrire
27:51non
27:52c'était
27:52c'était pas
27:53c'était pas des chansons
27:55c'était des poèmes
27:55j'ai beaucoup bossé
27:56je l'ai fait beaucoup
27:56au Québec
27:57j'avais trois mois
27:58au Québec
27:59et j'ai beaucoup
28:00beaucoup
28:01beaucoup travaillé
28:01au Québec
28:02on a fait avec
28:03j'étais déjà
28:04avec mon épouse
28:06Louana
28:07on était ensemble
28:08et on travaillait ensemble
28:09et on essayait
28:10de
28:10je refaisais les vers
28:13j'ai recommencé
28:14c'était
28:15j'arrêtais pas
28:16et ça a été
28:17c'est un gros travail
28:19qui n'a pas été
28:20compris
28:21en tout cas
28:22il a été compris
28:23par ceux qui vous aiment
28:24mais il y en a eu
28:24quand même quelques-uns
28:25et surtout
28:25les femmes
28:26vous en parlez
28:27dans ce livre
28:28mais aussi dans cet album
28:29parce que les femmes
28:30poétesses sont présentes
28:31à commencer par
28:33Marceline Debord
28:34Valmore
28:34avec un extrait
28:35qu'on va écouter
28:36qui a été une poétesse
28:37très très importante
28:38à la fin du 19ème siècle
28:40elle était
28:40hyper connue
28:42c'était une star
28:43à l'époque
28:44et on va en parler
28:45justement
28:45après avoir écouté
28:46cet extrait
28:47vous aviez mon coeur
28:49moi
28:50j'avais le vôtre
28:52un coeur
28:55pour un coeur
28:56bonheur
28:57pour bonheur
28:58le vôtre est rendu
29:01je n'en ai plus d'autre
29:03le vôtre est rendu
29:06le mien
29:08est perdu
29:10Marceline Debord
29:12Valmore
29:12Serge Lama
29:13d'abord
29:13elle était actrice
29:14c'était une actrice
29:14c'est ça
29:15une ingénue
29:15elle a joué le barbier de Séville
29:16Rosy
29:17oui oui oui
29:17et ça c'est une poétesse
29:20qui vous touche
29:20non je ne dirais pas
29:24que c'est la poétesse
29:25qui me touche le plus
29:25parmi tous les poètes
29:27mais je ne pouvais pas
29:28éviter quelqu'un
29:30qui a été
29:30ce qu'elle a été
29:32au 19ème siècle
29:33une femme
29:35qui osait
29:36faire de la poésie
29:39c'était presque
29:40la première femme
29:42qui osait
29:43il y avait
29:46Louise Abbé
29:46avant
29:47au Moyen-Âge
29:48qui est à un niveau
29:50à mon sens
29:51plus intéressant
29:52mais
29:54Debord Valmore
29:56c'est comme
29:57une chose
29:59qui recommence
29:59toujours
30:00ses poèmes
30:01c'est une sorte
30:02de
30:03de
30:03de
30:04de perpétuité
30:05comme ça
30:06de
30:06de
30:07et puis
30:09et puis bon
30:09c'était une star
30:10ça a été une star
30:11Manéjuris
30:12Françoise Manéjuris
30:14d'ailleurs avait
30:14écrit un livre
30:16sur elle
30:17qui était très intéressant
30:19et d'ailleurs
30:20elle avait eu plein de problèmes
30:20dans sa vie
30:21on l'avait surnommée
30:22Notre Dame des Pleurs
30:22je ne sais pas si vous le savez
30:23oui oui c'est ça
30:24et en même temps
30:25c'était une pionnière du féminisme
30:27parce que dans un de ses livres
30:28elle dit la difficulté
30:29d'être reconnue
30:30comme une artiste
30:30quand on est une femme
30:31tout à fait
30:31et à l'époque
30:32ça n'existait pas
30:33c'est aussi pour ça
30:34que je voulais la mettre
30:36c'est aussi pour ça
30:36qu'elle est connue
30:37parce qu'elle est connue
30:39justement pour ses combats féministes
30:41et je ne voulais pas
30:43ne pas mettre
30:44dans les poèmes
30:45même si
30:46je ne trouve pas
30:47que c'est
30:48intrinsèquement
30:50que ces poèmes
30:51sont de la même valeur
30:52que ceux
30:53de ceux
30:54qu'on a cités avant
30:55mais
30:57il y a
30:58il y a des beautés
30:59il y a des vers
31:00très beaux
31:01oui
31:01et en même temps
31:02être une pionnière du féminisme
31:03c'était pas évident
31:04parce que personne
31:05ne vous a
31:05ah non vous voulez qu'elle rentre
31:06oui
31:07exactement
31:07et je sais
31:11qu'il y avait un fan
31:12en dehors de vous
31:13de Marceline
31:13Desbordes-Valmore
31:14c'était Baudelaire
31:15car Baudelaire
31:16aimait ses textes
31:17oui
31:17je comprends
31:18je comprends
31:19parce qu'il y avait
31:19quelque chose d'étrange
31:20dans la poésie
31:22de Desbordes-Valmore
31:23et cette étrangeté
31:24devait plaire
31:24à Baudelaire
31:26qui aimait
31:27par-dessus tout
31:28il aimait
31:29retourner les choses
31:30d'une certaine manière
31:32mettre les choses
31:33à l'envers
31:35pour moi
31:36c'est un très très grand poète
31:37à Baudelaire
31:38c'est pour moi
31:39c'est un
31:39de cœur
31:42c'est mon poète préféré
31:44pourquoi ?
31:45parce qu'il me parle
31:47il me parle à tout
31:48il dit toutes les choses
31:50il est déjà Rimbaud
31:52il est déjà le début de Rimbaud
31:55d'ailleurs Rimbaud
31:55quand même
31:56lui devra beaucoup
31:58et
31:59Rimbaud cassera tout
32:02mais s'il n'y avait pas eu
32:03Baudelaire
32:04pour commencer
32:05à complètement
32:06dé-Hugoïser
32:09la poésie de l'époque
32:11qui était sous Hugo
32:13l'Empire Hugo
32:14était là
32:16il n'y avait que Baudelaire
32:17qui levait son drapeau
32:21attention je suis là
32:23les fleurs du mal
32:24en plus ce titre extraordinaire
32:26les fleurs du mal
32:26c'est une trouvaille
32:28merveilleuse quoi
32:29c'est un recueil
32:30qui a fait scandale
32:31oui qui a fait scandale
32:32il n'a pas eu de chance
32:33en fait Baudelaire
32:35a eu des problèmes
32:36avec la direction
32:37de la santé publique
32:38et à l'époque
32:38il a écrit à sa mère
32:40on me refuse tout
32:41l'esprit d'invention
32:42et même la connaissance
32:43de la langue française
32:44je me moque
32:45de tous ces imbéciles
32:46et je sais qu'avec ce volume
32:47avec ses qualités
32:48et ses défauts
32:49il fera son chemin
32:50dans la mémoire du public
32:51c'est vrai que Baudelaire
32:52était en avant sur son temps
32:53oui oui bien sûr
32:54il le savait
32:55il était conscient
32:56de ce qu'il était
32:57c'était un
32:59il savait juger
33:00aussi la peinture
33:02merveilleusement bien
33:03et c'était
33:03un esthète
33:05c'est un esthète
33:06un dandy
33:07c'est
33:08il sortait vraiment
33:10dans cette époque
33:11de romantisme
33:12finissant
33:13il sortait
33:14il sortait du lot
33:15quoi
33:15il était
33:17il était à part
33:18il se trouve
33:19qu'il y a un extrait
33:21bien sûr
33:22de Baudelaire
33:22dans cet album
33:23c'est
33:24Les Merveilleux Nuages
33:25j'ai plus de souvenirs
33:29que si j'avais
33:29mille ans
33:30quand le ciel
33:35bas et lourd
33:36pèse
33:37comme un couvercle
33:38
33:45tout n'est qu'ordre
33:48et beauté
33:49luxe
33:52calme
33:53et volupté
33:57guidé par ton odeur
34:05vers de charmants climats
34:07je vois un port
34:10rempli de voiles
34:12et de mains
34:13homme libre
34:17toujours tu chériras la mer
34:22voilà que j'ai touché
34:29l'automne
34:30des idées
34:31la nature
34:34est un temple
34:35
34:35de vivants
34:36piliers
34:37laissent parfois
34:41sortir
34:42de confuses
34:43paroles
34:44l'homme
34:50y passe
34:50à travers
34:52des forêts
34:53de symboles
34:55qu'il observe
34:56avec des regards
34:58familiers
34:59Baudelaire
35:00ça fait partie
35:01de vos découvertes
35:01de jeunesse
35:02Serge Lama
35:02oui
35:03ça a été
35:05vraiment
35:05les fleurs du mal
35:06j'ai pris
35:07mon pied
35:08vraiment
35:09c'était
35:11tellement beau
35:12tous les poèmes
35:16des fleurs du mal
35:17sont
35:17la nature
35:19est un temple
35:20où de vivants
35:21piliers
35:22laissent parfois
35:22sortir
35:23de confuses
35:25paroles
35:26là aussi
35:26vous étiez très jeune
35:27c'était un volume
35:28pas facile à trouver
35:29à l'époque
35:30je m'arrangeais toujours
35:33avec les profs
35:33avec les
35:34j'avais des
35:36accroîtances
35:37avec tout
35:38tout le lycée
35:39sauf au niveau
35:40de l'étude
35:41elle-même
35:42tous les profs
35:44m'aimaient bien
35:45et ils me passaient
35:46par
35:46je vous le prête
35:49vous me le ramenez
35:50je pouvais
35:51mais Baudelaire
35:52c'était justement
35:53important
35:53c'était un de vos déclics
35:54aussi Serge Lama
35:55c'est un déclic
35:56c'est le déclic
35:57il y a bien sûr
35:59il y a eu
36:00Musset
36:00avant
36:01il y a eu tout ça
36:02mais Baudelaire
36:03c'est le grand déclic
36:05voilà
36:05mais d'ailleurs
36:06le manuscrit
36:06original des fleurs
36:07du mal a été perdu
36:08on ne l'a jamais retrouvé
36:09on a juste retrouvé
36:10les épreuves corrigées
36:11annotées de sa main
36:13car là aussi
36:14il changeait un mot
36:14et c'est vrai
36:15quand on écrit un texte
36:16comme pour la chanson
36:18la poésie
36:19il faut changer
36:19une virgule
36:20un point
36:20un mot
36:21c'est une note
36:22c'est à dire
36:23que c'est un son
36:24en dehors du fait
36:27que c'est un mot
36:28c'est un son
36:29comme une note
36:29et donc
36:30on entend
36:32dans sa tête
36:33que ça ne marche pas
36:34la phrase
36:34elle marche bien
36:35mais là
36:36ça fait faux
36:39alors
36:40on met violet
36:42au lieu de mauve
36:43par exemple
36:44parce que
36:45violet
36:45tout d'un coup
36:46ça éclaire
36:47c'est ce qu'on veut
36:48c'est ça la poésie
36:51et vous l'avez toujours fait
36:52aussi dans la chanson
36:53je l'ai
36:54oui
36:54bien sûr
36:55à ma manière
36:56je l'ai fait aussi
36:57parce que bien sûr
36:57je n'ai pas la prétention
36:59de me comparer
37:00à ces immenses poètes
37:02mais je faisais
37:04quand même
37:04je bossais
37:05oui je travaillais
37:06j'essayais
37:07de quand même
37:08que ça ait de la tronche
37:10je suis malade
37:12c'est pas écrit
37:12n'importe comment
37:13quand même
37:13ça a été écrit
37:14assez vite quand même
37:16mais après
37:16oui pas n'importe comment
37:18exactement
37:18c'était
37:19parce que
37:21quand j'écrivais
37:21une chanson assez vite
37:22et que je l'acceptais
37:24j'ai dû corriger
37:25une ou deux phrases
37:25et que je la prenais
37:27c'est que je jugeais
37:29sur le temps
37:30qu'elle était bonne
37:31si au bout de six mois
37:33j'avais trouvé
37:34je m'étais lassé
37:35que j'avais trouvé
37:36que telle tournure
37:38peut-être que c'était pas bon
37:39j'aurais changé
37:40alors il y a des fois
37:41il y a des coups
37:42des coups de
37:43comme ça
37:44de chance
37:45où une chanson
37:47se fait effectivement
37:48faut pas faire croire
37:50à tout le monde
37:50parce que j'ai écrit
37:51je suis malade
37:52en trois quarts d'heure
37:53qu'on écrit toutes les chansons
37:55en trois quarts d'heure
37:56c'est pas vrai
37:56j'en ai écrit deux
37:57en trois quarts d'heure
37:59c'est d'aventure
38:00en aventure
38:00et je suis malade
38:02vous me direz
38:03vous devriez écrire vite
38:05ça vous réussit
38:06mais c'est vrai
38:08que c'est comme ça
38:09c'est les hasards de la vie
38:11il y a des chansons
38:12que vous avez mis
38:12quelques semaines
38:13à les écrire
38:15la plupart des chansons
38:16oui
38:17parce qu'on a deux couplets
38:19et puis le troisième
38:20ça fonctionne pas
38:21et il faut que le troisième
38:23soit à la hauteur
38:24des deux couplets
38:26qu'on a écrits avant
38:27et puisque c'est là dessus
38:28qu'on finit
38:29en plus
38:29il faut donc
38:30que ça soit plus fort
38:31mais on a du mal
38:32des fois écrire
38:33le troisième couplet
38:34ou le quatrième
38:35quand il y en a quatre
38:36parce que c'est une époque
38:37où on écrivait quatre couplets
38:38maintenant c'est trop long
38:40mais à cette époque là
38:42on écrivait quatre couplets
38:43il y a un disciple
38:45de Baudelaire
38:45qui est Verlaine
38:46et Verlaine est présent
38:47dans cet album
38:48avec un extrait
38:49des poèmes saturniens
38:50je fais souvent ce rêve
38:52étrange
38:54et pénétrant
38:55d'une femme inconnue
38:58et que j'aime
38:59et qui m'aime
39:00et qui n'est
39:02chaque fois
39:04ni tout à fait
39:05la même
39:05ni tout à fait
39:06une autre
39:07et même
39:08et me comprend
39:10c'est bien la pire peine
39:15de ne savoir pourquoi
39:18sans amour
39:20et sans haine
39:21mon coeur
39:23a tant de peine
39:25Verlaine naturellement
39:27il avait sa place
39:28dans cet album
39:28Verlaine
39:30de la musique
39:31avant toute chose
39:32si je ne mets pas
39:33Verlaine
39:33dans cet album
39:35je ne mets personne
39:36c'est pareil
39:38c'est un poète
39:39qui sur la fin
39:41était moins bon
39:41mais qui a écrit
39:43des vers
39:44tellement beaux
39:45tellement
39:45tellement simples
39:48tellement magiques
39:49tellement
39:50mais cette magie
39:51demandait un travail
39:52considérable
39:53ce n'est pas pour rien
39:54qu'il a été le compagnon
39:55de Rimbaud
39:56c'est qu'il avait
39:58des affinités
39:58aussi
39:59sur la poésie
40:02des contradictions
40:03aussi
40:03il se battait
40:04c'était compliqué
40:07mais
40:08il a apporté
40:10il a surtout
40:12apporté
40:13le vers
40:14impair
40:14le vers
40:15impair
40:16c'est-à-dire
40:16le vers
40:17qui est en 11
40:17au lieu d'être
40:19en 12
40:19ou en 8
40:20et en 9
40:22il a écrit
40:23en 9
40:23en 11
40:24et ça
40:25ça donnait
40:26c'est pour ça
40:27qu'il dit
40:27de la musique
40:28avant toute chose
40:29et pour cela
40:30préfère l'impair
40:31plus soluble
40:32et léger
40:32dans l'air
40:33sans rien
40:35dans lui
40:36qui ne pose
40:38je ne sais plus
40:39vous aviez déjà
40:40interprété
40:41Verlaine
40:41oui j'avais fait
40:42une chanson
40:43qui commençait par
40:44voici des fleurs
40:45des fruits
40:45des feuilles
40:46des branches
40:47et puis voici
40:48mon coeur
40:48qui ne bat
40:49que pour vous
40:50ne le déchirez pas
40:52avec vos deux mains
40:53blanches
40:53et qu'à vos yeux
40:55si beaux
40:56l'humble présent
40:57soit doux
40:59et après
41:00j'écrivais
41:00moi
41:01j'écrivais moi
41:02et à chaque fois
41:03je revenais
41:04voici des fleurs
41:05des fruits
41:05des feuilles
41:05des branches
41:06le mec soumis
41:08qui arrivait
41:09qui était
41:09il y avait
41:11Verlaine au début
41:11il y avait
41:12l'amant ensuite
41:12voilà c'est ça
41:13il y avait l'amant ensuite
41:14voilà
41:15qui venait
41:16qui était moins bon
41:17mais la mort
41:19c'était tellement
41:20belle
41:20que tout m'excusait
41:23oui
41:24vous n'avez pas
41:25à vous excuser
41:25d'avoir écrit tout ça
41:26ni à vous excuser
41:27d'avoir écrit cet album
41:28qu'on va évoquer
41:29à la date de sa sortie
41:31le 21 novembre 2025
41:33à tout de suite
41:34sur Sud Radio
41:35avec Serge Lama
41:35Sud Radio
41:37les clés d'une vie
41:38Jacques Pessis
41:39Sud Radio
41:40les clés d'une vie
41:411600ème émission
41:42invité spécial
41:43Serge Lama
41:44donc on évoque
41:45cet album poète
41:46depuis le début
41:47de l'émission
41:48il est sorti
41:49le 21 novembre 2025
41:51c'est un événement
41:52parce que personne
41:53ne s'attendait
41:54à un album comme ça
41:55qui est qualifié
41:56d'ovni
41:56dans votre carrière
41:57oui c'est un album
41:58oui c'est le mot
41:59c'est un objet
42:01poétique
42:03d'identifier
42:04c'est à dire
42:05que je mets
42:05je fais éclater
42:08la poésie
42:09à mon goût
42:10à moi
42:10je fais comme
42:12un grand arbre
42:12avec des feuilles
42:13avec des feuilles
42:15différentes
42:15avec tous les poètes
42:16ou presque tous
42:18les grands poètes
42:20des cinq
42:22derniers siècles
42:23et j'essaie
42:24alors il n'y a pas
42:25de poète moderne
42:27parce que
42:28je ne suis pas très fan
42:30de la poésie
42:31non-rimée
42:32c'est pas
42:33c'est pas
42:33c'est pas ma chose
42:35moi j'aime
42:35ce qui est rimé
42:36alors donc
42:37il n'y a que des poètes
42:38rimés
42:39mais c'est
42:40je pense qu'avec
42:41la musique
42:41encore une fois
42:42d'Augustin Charnet
42:43qui rassemble tout
42:46qui disperse tout
42:48il en fait des oiseaux
42:49il en fait
42:50il est magique
42:51ce garçon
42:52alors il vient de Toulouse
42:53il a travaillé
42:54dans les orchestres pop
42:55comment il est arrivé
42:56dans votre parcours
42:57il est arrivé par son père
42:58c'est ce qui est normal
43:00il est arrivé par son père
43:04qui est un ami
43:06et un jour
43:07il fait
43:08une chanson
43:10de ne me quitte pas
43:12au piano
43:13avec un arrangement
43:15de lui
43:17de ne me quitte pas
43:18au piano
43:19et je tombe
43:20bas bas devant ça
43:22alors à partir de là
43:24dans mon
43:25précédent album
43:27il a fait 4 chansons
43:29je lui ai demandé
43:30elles sont toutes
43:31nickel
43:32et là j'ai dit
43:34c'est le petit qu'il faut
43:35c'est Augustin
43:37et je le sentais
43:39et vraiment
43:41il a donné
43:41ce que j'attendais
43:43qu'il donne
43:44c'est vraiment
43:45c'est formidable
43:46parce que
43:46t'as un mec
43:47qui fait les rappeurs
43:48il fait tout ça
43:49il fait Serge Damas
43:51mais comment vous avez
43:54travaillé ensemble
43:55parce qu'il fallait
43:56dire les mots
43:57sur la musique
43:58est-ce qu'il préparait
43:58la musique
43:59avant les mots
44:00non non
44:00j'ai tout
44:01j'ai tout mis
44:02ce que je voulais
44:04tout ensemble
44:06j'ai tout dit
44:08comme je voulais
44:09que ça soit dit
44:10et lui
44:10s'est adapté
44:12et il a fait
44:13note par note
44:13sur
44:14mon interprétation
44:16et sur les mots
44:17et c'est devenu
44:19moi quand j'ai écouté
44:20ça la première fois
44:21et là
44:22j'étais spectateur
44:23parce que
44:25bien sûr
44:25que j'avais fait le truc
44:27avant
44:27mais j'étais spectateur
44:29de ça
44:29et j'ai trouvé ça
44:31magique
44:32alors ce qui est étonnant
44:33c'est que bon
44:34des chanteurs
44:35qui ont interprété
44:35des poètes
44:36c'est courant
44:36mais là mélanger
44:38dans chaque texte
44:39plusieurs poètes
44:40c'est un travail colossal
44:42il a fallu lire
44:43combien de livres
44:43pour faire ça ?
44:44il m'a fallu
44:44beaucoup de temps
44:455 ans je dirais
44:475 ans de travail
44:49sérieux quoi
44:50vraiment
44:50mais en lisant
44:51tous les poèmes ?
44:53oui
44:53il faut les lire
44:54il faut les lire
44:55il faut une sacrée bibliothèque
44:56pour
44:57choisir déjà
45:01les extraits
45:02qu'on va
45:02qu'on va prendre
45:04parce que c'est
45:05et puis après
45:07la seule part
45:09de création
45:10que je m'octroie
45:11c'est d'avoir
45:12construit
45:14cette dégradation
45:17puisque c'est
45:18une déflagration
45:19de poèmes
45:19de bouts
45:20de poèmes
45:21qui se mettent
45:23ensemble
45:23et qui font
45:24un seul poème
45:25mais c'est ça
45:26qui est extraordinaire
45:26alors là
45:27le travail
45:28c'est moi
45:28qui l'ai fait
45:29et ça
45:30ça a été
45:30un gros boulot
45:31effectivement
45:31j'ai essayé
45:33comme au Lego
45:34comme on essaye
45:35de
45:35j'ai essayé
45:37j'ai tenté
45:38j'écoutais
45:38je le disais
45:39et puis
45:43quand j'avais
45:44un groupe
45:44de poèmes
45:46qui me semblait
45:47qui tenait
45:48la route
45:49je construisais
45:50autour de ça
45:51et puis
45:52voilà
45:53c'est arrivé
45:53à ce travail
45:55qui m'a pris
45:56cinq ans
45:56oui
45:56et à chaque fois
45:57il y a un titre
45:58original
45:59pour chacun
45:59des groupes
46:00de poèmes
46:01oui
46:02pourquoi
46:03c'est parce que
46:03ça permet
46:04de synthétiser
46:05ce groupe
46:06de poèmes
46:06oui
46:07ça permet
46:07de simplifier
46:08ça permet
46:09de guider
46:10les gens
46:10ça permet
46:11de
46:11parce que
46:13je sais bien
46:14que tout
46:15le monde
46:16n'a pas
46:16la culture
46:17poétique
46:18comme je peux
46:19l'avoir
46:19moi
46:20qui n'est pas
46:21exhaustive
46:22mais qui est
46:22néanmoins
46:23quand même
46:24importante
46:24alors je me dis
46:26il faut quand même
46:26que je leur donne
46:27alors oui
46:29c'était une façon
46:30de les aider
46:32c'est une anthologie
46:33de la poésie
46:34à l'image
46:35de celle que
46:36Pompidou a fait
46:37en 61
46:38Georges Pompidou
46:39et ensuite
46:40Robert Sabatier
46:41ça n'existait pas
46:42cette forme
46:42d'anthologie
46:43que vous avez réalisé
46:44Serge Lamar
46:44oui non
46:45ça n'existait pas
46:46je crois que ça
46:47n'existait pas
46:48mais encore une fois
46:49il fallait le faire
46:49parce que personne
46:50ne l'a fait comme vous
46:51oui parce que
46:52voilà
46:52à ma façon
46:53personne ne l'a fait
46:54parce que c'est
46:55il faut
46:56vraiment oser
46:58aussi
46:59il faut oser
47:00alors
47:01il faut
47:02être
47:03irrespectueux
47:04dans le respect
47:05voilà ce qu'il faut
47:07être
47:07et puis
47:08il reste un poème
47:09dans sa quasi-intégralité
47:11c'est
47:11le bateau
47:12comme je descendais
47:14des fleuves
47:14impassibles
47:15je ne me sentis
47:18plus guidé
47:19par les à l'heure
47:20des peaux rouges
47:25criards
47:26les avaient pris
47:28pour cibles
47:29les ayant cloués
47:32nus
47:33aux poteaux
47:35de couleurs
47:36j'étais insoucieux
47:42de tous les équipages
47:44porteurs de blé
47:45flamand
47:46ou de coton
47:47anglais
47:48quand avec
47:51mes à l'heure
47:52ont fini
47:52cet apage
47:53les fleuves
47:54m'ont laissé
47:55descendre
47:56où je voulais
47:58le bateau
48:02ivre
48:03ça
48:03c'est
48:04l'intégral
48:04pratiquement
48:05c'est
48:06à peine
48:09la moitié
48:09mais déjà
48:10c'est beaucoup
48:11oui c'est beaucoup
48:12c'est beaucoup
48:13mais j'ai coupé
48:14des choses
48:14que j'aurais aimé
48:15ne pas couper
48:16mais je
48:17ne pouvais pas
48:17mais je voulais
48:18que ça soit
48:19le centre
48:19comme un soleil
48:20je voulais que
48:21Rimbaud soit
48:22le soleil
48:22de l'album
48:23et qu'il soit
48:25et qu'il soit
48:27au centre
48:28alors donc
48:29il fallait
48:29que je développe
48:30quand même
48:30beaucoup de
48:33quatrains
48:33pour arriver
48:34à ce résultat
48:35alors
48:36je finis
48:38bien sûr
48:38presque comme ça
48:40fini
48:40et
48:41j'enlève juste
48:42la fin
48:43parce que
48:43les pontons
48:44les gens
48:44ne savent plus
48:45ce que c'est
48:45alors
48:46j'ai enlevé
48:48le dernier
48:49quatrains
48:49et autrement
48:51il fait
48:52largement
48:52le double
48:53de ce que
48:53j'ai chanté
48:54mais c'est
48:55un moment
48:56alors là
48:57Augustin
48:58là aussi
48:59il m'a fait
48:59un truc
48:59ça enfle
49:01ça enfle
49:02ça enfle
49:02ça enfle
49:03et il y a
49:04Pietra Gala
49:05qui m'a fait
49:06une chorégraphie
49:07pour la télévision
49:08mais c'était
49:09c'était tellement beau
49:11mais en plus
49:12pour vous Rimbaud
49:13c'est le génie
49:14des génies
49:14ah oui
49:15c'est celui
49:17qui fait éclater
49:18c'est le mot
49:19éclater la poésie
49:21d'abord
49:22le bateau ivre
49:23est déjà
49:24un poème
49:24qui éclate
49:25la poésie
49:26mais c'est en vert
49:27et ensuite
49:29avec les illuminations
49:30il y a un avant
49:32et un après Rimbaud
49:34c'est à dire que
49:35tous les poètes
49:36les bretons
49:36les autres
49:37qui vont
49:37venir derrière
49:39ce sera
49:41des petits Rimbaud
49:42ça
49:43c'est
49:44il a
49:45il a fait place nette
49:49et il y a une chose
49:49un point commun
49:50avec vous
49:50finalement
49:51dans son enfance
49:52il s'ennuyait
49:53et il a commencé
49:54à lire des livres
49:55parce qu'il s'ennuyait
49:56mais vous voyez
49:56c'est vrai
49:58il était à Charleville-Mézière
49:59et c'est vrai
50:00que c'est peut-être
50:01comme ça
50:01que vient la poésie
50:02il avait une maman
50:03aussi
50:03qui n'était pas commode
50:04comme moi
50:05c'est peut-être
50:07comme ça
50:08que vient la vie
50:08alors il y a aussi
50:10une chose étonnante
50:11c'est qu'il y a
50:13deux personnes
50:14deux auteurs
50:14qu'on n'imagine pas
50:15dans ce recueil
50:17ce sont Racine et Shakespeare
50:18et Shakespeare
50:19il y a un extrait
50:20en anglais
50:21C'est une question
50:41car vous parlez anglais
50:50that is the question
50:51oui
50:52je ne parle pas en anglais
50:54mais je voulais me payer ça
50:55pourquoi ?
50:56parce que c'est le plus grand poète
50:59de l'histoire moderne
51:02Shakespeare
51:02je me disais
51:04me priver d'un petit peu
51:06de Shakespeare
51:07dans ça
51:07c'est catastrophique
51:11alors je ne pouvais pas
51:14alors j'ai mis
51:15words, words, words
51:16et puis
51:16what is the question
51:18oui
51:18c'est la première et dernière fois
51:21que vous parlez en anglais
51:22et Jean Racine
51:24Fèdre
51:25parce que vivre
51:25ou ne pas vivre
51:26telle est la question
51:28c'est d'une platitude
51:30alors ceux qui ont essayé
51:32de faire
51:33des adaptations
51:34ont toujours fait pire
51:36c'est à dire
51:36qu'ils ont comme
51:37ils ne voulaient pas dire
51:40la phrase plate
51:41qui dit le sens
51:43ils faisaient des redondes
51:46des choses
51:46des mondes
51:47c'était laid
51:48c'était moche
51:49alors c'est sûr
51:51que la langue française
51:52ne peut pas dire Shakespeare
51:53en revanche
51:55Racine
51:55Fèdre
51:56là aussi
51:57on ne s'y attendait pas
51:57dans un tel recueil
51:58oui mais c'est le seul poète
52:00du siècle de Louis XIV
52:02alors il fallait bien
52:04c'est un poète Racine
52:08quand même
52:09je n'aime pas Racine
52:11du tout
52:11le personnage
52:12qui était un sale con
52:15mais en revanche
52:18il écrit des vers
52:19par moments
52:20qui sont merveilleux
52:23et puis il y a un côté
52:24Hitchcock dans votre album
52:26parce que ce que j'ai remarqué
52:27c'est que juste avant Racine
52:29il y a un certain Serge Lamar
52:31vous êtes permis
52:32de mettre des vers
52:33de Serge Lamar
52:34dans ce recueil
52:36oui
52:36j'ai fait une
52:38je voulais tenter
52:40de voir
52:42si
52:42c'était tellement
52:45tentant
52:45de voir
52:46si un groupe
52:48de vers
52:49pouvait tout d'un coup
52:50se mélanger
52:52à tout ça
52:52et que
52:53personne ne s'en aperçoive
52:55parce qu'au fond
52:56si je ne l'avais pas dit
52:57personne
52:58ne s'en serait aperçu
52:59mais
53:00ça vient d'où
53:01ce texte
53:02de Serge Lamar
53:03ben je l'ai écrit pour
53:04carrément
53:05c'était pas une chanson
53:05ah oui oui
53:06non je l'ai écrit pour
53:07je l'ai écrit pour
53:07en tout cas ça passe bien
53:09et alors ce qui est étonnant
53:12aussi dans cet album
53:12c'est la dernière chanson
53:13c'est le générique
53:15vous avez fait un générique
53:16en hommage
53:16au poète
53:17oui c'est ça
53:18on va l'écouter
53:19Paul Verlaine
53:22Alphonse Delamartine
53:26Victor Hugo
53:29Jean Racine
53:33Gérard de Nerval
53:36Alfred de Musset
53:39Marceline des Bordes-Valmore
53:43Alfred de Vigny
53:46Barney
53:48Charles Baudelaire
53:52Poète
53:55vous êtes
53:57la sève
53:59de ma vie
54:02mon âme
54:04déclame
54:06vos vers
54:08pour sa survie
54:10pourquoi ce générique chanté ?
54:13déjà
54:14pour faire plaisir
54:17un peu
54:17à mon public
54:18quand même
54:19je me disais
54:19ils veulent entendre
54:21le chanteur un peu
54:22et c'est normal
54:24je suis chanteur
54:25et puis poète
54:27vous êtes
54:28la sève
54:29de ma vie
54:29avec la jolie musique
54:31c'est pas trop
54:33ça prend pas trop l'oreille
54:35c'est pas
54:36je suis malade quoi
54:37je veux dire
54:38ça prend pas l'oreille
54:39c'est juste
54:39la point
54:40et qui permet
54:42en plus de dire
54:42tous les poètes
54:45tous les noms de poètes
54:47qui défilent
54:49que je voulais
54:50qu'ils soient tous dit
54:51et tous
54:51tous évoqué
54:53et puis
54:54c'est tout un travail
54:56après
54:56que
54:57que l'Ouanaf
54:58a fini
54:59parce que
55:00c'est un boulot
55:01de
55:01de
55:02de
55:02de
55:02de
55:03de
55:03de
55:03de
55:03de
55:03de
55:03de
55:03de
55:03ce qu'on appelle
55:04les crédits
55:04dans notre
55:05jargon
55:08c'est
55:09c'est
55:09c'est un travail
55:10considérable
55:11parce qu'il faut oublier
55:12là il faut oublier
55:12personne
55:13c'est
55:14c'est
55:15ce que ça
55:16on a des ennuis
55:18et puis il y a un autre événement
55:19le 11 février
55:20dans toute la France
55:21sort un documentaire au cinéma
55:23signé David Cerrero
55:25c'est un documentaire
55:26sur vous
55:26en général
55:27ces documentaires
55:28sont diffusés à la télévision
55:29et là pour la première fois
55:30ils sont diffusés
55:32au cinéma
55:33avec le 14 février à Paris
55:34une séance spéciale
55:36au club de l'étoile
55:37oui ben c'est
55:37c'est
55:38il m'a proposé ça
55:39j'ai dit oui
55:41et puis
55:42il veut
55:42il veut faire ça
55:44au cinéma
55:45il a monté ça
55:46comme
55:46comme une dramatique
55:49c'est à dire que
55:50ma vie
55:51d'ailleurs
55:51est un drame
55:53oui
55:53au début
55:54oui
55:55on est d'accord
55:56c'est
55:56c'est
55:56et tout a
55:57tout
55:58tout
55:58tout est monté
55:59comme une
56:00parce que
56:01mon accident
56:02a été
56:03déterminant
56:05bizarrement
56:06dans
56:07j'étais personne
56:08et tout d'un coup
56:10avec l'accident
56:10j'ai été
56:11connu
56:12c'est l'accident
56:14qui m'a rendu
56:15connu
56:15tous ces gens
56:16qui ont chanté
56:17pour moi
56:18pour me sortir
56:20de la mouise
56:22dans laquelle j'étais
56:24ils sont venus
56:25il y avait
56:26Brassens
56:27il y avait
56:27Julien de Gréco
56:29il y avait
56:30tout le monde
56:30et une affiche
56:32pareille
56:32ça aurait été
56:33impossible
56:34et tout d'un coup
56:36c'est comme
56:38si j'étais
56:38connu
56:39d'un seul coup
56:39c'est
56:40pas
56:41célèbre
56:42mais connu
56:43tout d'un coup
56:44Serge Lama
56:45n'était rien
56:45et
56:46l'accident
56:48fait qu'il existe
56:50et vous avez existé
56:52après dans un tourbillon
56:53parce que
56:54quand on voit
56:54votre parcours
56:55c'est un véritable
56:55tourbillon
56:56peut-être qu'on n'avait
56:57pas mesuré
56:58d'ailleurs ce tourbillon
56:58j'ai surtout
57:00aimé chanter
57:01j'ai aimé chanter
57:03ce qui fait
57:03que ça fait
57:04un tourbillon
57:04effectivement
57:05mais
57:06moi je
57:07je
57:09je me voyais pas
57:11passer ma vie
57:12sans chanter
57:12et donc chaque saison
57:14je partais en tournée
57:15avec 300 galas par an
57:17c'est ça
57:18ce qui était extraordinaire
57:18c'était ma moyenne
57:19c'était 250
57:20300
57:20voilà
57:21307 une année
57:22un record
57:23alors cet album poète
57:25est donc disponible
57:26mais vous n'allez pas
57:26vous arrêter là
57:27parce que je suis sûr
57:28que vous avez d'autres
57:28projets en magasin
57:30oh non
57:31là je suis calme
57:32je suis
57:33j'ai été beaucoup sollicité
57:35j'ai fait beaucoup de télé
57:36j'ai fait beaucoup de choses
57:37alors là je reste
57:38calme
57:39il y a encore
57:40c'est
57:40ce documentaire
57:44sur moi
57:44ou
57:45qui va
57:47qui va
57:48qui va
57:48qui va
57:48qui va
57:48qui va
57:48qui va
57:49qui va
57:49qui va
57:49non je suis
57:50je suis dans une
57:51réflexion
57:53tranquille
57:54on va dire
57:55une réflexion
57:56avant autre chose
57:57non
57:58je
57:59je
57:59je n'irai pas ça
58:00je ne suis pas sûr
58:01on verra bien en tout cas
58:02je ne suis pas sûr
58:03en tout cas
58:03moi j'ai fait mes adieux
58:05ça c'est un fait
58:07j'ai fait mes adieux
58:09je ne peux plus chanter debout
58:10je
58:11donc
58:11nous ne pouvons plus chanter debout
58:13j'ai vu traîner
58:14chanter assis
58:14je ne chanterai pas
58:16assis
58:17j'ai vu d'autres chanteurs
58:19chanter dans un état
58:20où ils n'auraient pas dû chanter
58:21comme Réjani
58:22qu'on amenait sur scène
58:24comme un
58:24comme une momie
58:26comme un
58:27cadavre ambulant
58:28et
58:29tous
58:29déjà
58:30dans ces années là
58:32je me suis dit
58:32toi tu ne feras pas ça
58:34et bien je ne ferai pas ça
58:35mais je suis sûr qu'un jour
58:37on vous ferai autre chose
58:37et on en reparlera
58:38dans les clés d'une vie
58:39une prochaine fois
58:40merci Serge Lama
58:41et puis bravo pour ce travail
58:43de poésie unique
58:44et qui sera une anthologie
58:46qui touchera vos fans
58:47et peut-être les générations futures
58:49je l'espère
58:50je l'espère
58:51merci beaucoup
58:52merci les clés d'une vie
58:53c'est terminé pour aujourd'hui
58:54on se retrouve bientôt
58:55restez fidèles
58:56à l'écoute de Sud Radio
58:57et puis
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