Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 mois
La rédaction de Première débriefe les nominations aux Oscars 2026. Qui sont les favoris, les outsiders, les oubliés ?
Transcription
00:00...
00:00Bonjour à tous et bienvenue dans cette émission spéciale consacrée aux nominations des Oscars.
00:17La cérémonie aura lieu dans la nuit du 15 au 16 mars.
00:21On va dérouler la plupart des catégories.
00:23Un petit rappel de l'an passé.
00:25Le plus nommé, ça avait été Emilia Perez.
00:2713 nominations, 2 prix à l'arrivée.
00:30Et le plus récompensé, c'était Anora.
00:325 prix sur 6 nominations.
00:34Cette année, le trio de têtes des nominations.
00:37Sinners avec 16.
00:39Une bataille après l'autre avec 13.
00:41Frankenstein, Marti Suprême et Valeurs sentimentales avec 9.
00:47Avant de voir catégorie par catégorie, qu'est-ce que vous inspirent ces nominations cette année ?
00:52Qu'est-ce qui vous a le plus surpris, étonné, énervé ?
00:54Frédéric ?
00:56Le plus remarquable, c'est que Sinners a 16 nominations.
01:00Donc il y a un record historique battu.
01:02Tous les reports, tous les commentaires sur l'annonce des nominations commençaient par ça.
01:07Sinners, 16 nominations.
01:08Plus fort que les trois vainqueurs de records de nominations jusqu'à présent, c'était 14 nominations.
01:14C'était Eve de Mankiewicz, énorme classique des années 50, Titanic, La La Land, donc des films, des grands films de l'histoire du cinéma, des films qui ont marqué l'histoire.
01:22Et donc Sinners, en les battant, c'est comme s'ils avaient déjà un peu gagné les Oscars, même s'ils n'ont rien à l'arrivée.
01:27C'est comme s'ils avaient déjà gagné parce qu'ils rentrent dans l'histoire et ça prouve que l'académie adore ce film.
01:32Donc ça relance la compétition parce que Sinners, jusqu'à présent le récit c'était une bataille après l'autre va gagner.
01:39Et maintenant que Sinners a 16 nominations, on se dit mais en fait tout est possible.
01:42C'est peut-être une bataille après l'autre le challenger et Sinners le devient le favori.
01:47Donc ça rend les choses excitantes.
01:49Thomas.
01:50Et ce qui est toujours intéressant avec les Oscars, c'est de se dire est-ce que Hollywood bat encore ?
01:54C'est-à-dire est-ce que ces films qu'on dit du milieu, tous ces films d'auteurs un peu ambitieux, est-ce qu'il y en a ?
02:01Et effectivement il y en a.
02:02Et les deux que vous avez cités qui sont en haut des suffrages, c'est un même studio, c'est la Warner.
02:07La Warner qui vit actuellement, on le sait, une tempête puisqu'elle est en train, en passe d'être achetée.
02:11Est-ce que ce sera Netflix, est-ce que ce sera la Paramount ?
02:13Donc ça dit quand même aussi quelque chose, peut-être que l'industrie a aussi pensé à ça en se disant
02:17la Warner qui est quand même le studio réputé des auteurs, qui peut-être est menacée.
02:23Est-ce que voilà, c'est peut-être presque un baroud d'honneur ?
02:26En tout cas il faut le reconnaître.
02:27Sinners et Une bataille après l'autre sont deux films très intéressants et c'est bien qu'ils soient là.
02:3129 nominations à E2.
02:32Edouard, qu'est-ce que ça vous dit ?
02:33Alors moi j'ai envie de parler de Timothée Chalamet.
02:35J'ai envie de parler de Timothée Chalamet qui a décroché sa troisième nomination à l'Oscar du meilleur acteur.
02:42Donc c'est un record de précocité en tout cas.
02:44Il a 29 ans et c'est le premier acteur à avoir eu autant de nominations à un si jeune âge.
02:51C'est intéressant parce que la promotion de Marti Supreme a beaucoup fait parler.
02:55C'est clair.
02:56A polarisé les commentateurs et le public.
02:59C'est vrai que Timothée Chalamet en a fait beaucoup.
03:02Il a un peu cassé les codes de la campagne des Oscars.
03:06Même s'il s'est un peu calmé depuis justement avant que les nominations tombent.
03:10Voilà donc je trouve que c'est intéressant de voir ce jeune acteur qui est très talentueux et très déterminé.
03:18Qui affiche ses ambitions.
03:20Le voir arriver à la table des grands avec 3 000 nominations plus jeunes que Marlon Brando.
03:27Donc voilà on lui souhaite d'avoir la même carrière.
03:30Non mais c'est ça.
03:31Mais c'est vrai que généralement comme en politique,
03:33les gens qui font les campagnes les plus fortes,
03:35dès qu'ils sont en tête, ont tendance à un peu calmer en disant
03:38on va voir.
03:39Moi j'attends juste qu'ils montent sur la scène avec le maillot de Saint-Etienne.
03:42C'est tout ce qui m'intéressera.
03:43Ce sera là la vraie victoire.
03:45Moi je voulais juste dire que la réussite de Cannes se mesure toujours aux Oscars.
03:51Notamment en sa compétition face à Venise.
03:53Et qu'on a en tout et pour tout 19 nominations pour 6 films qui étaient en compétition officielle.
03:58Côté Venise il y en a aussi évidemment Frankenstein et Bugonia.
04:00Mais rien pour Catherine Bigelow, rien pour Pac Chanhook, rien pour Nemes,
04:04rien pour Sorrentino, rien pour l'autre Savdi, Benny,
04:08rien pour le testament d'Henri avec Amanda Seyfried,
04:10et puis rien pour Jim Jarmouche avec Brother, Mother, Sister, Brother,
04:16rien pour George Clooney avec Jay Kelly.
04:18Ils sont naturalisés français.
04:20Est-ce que ce n'est pas déjà l'effet Trump sur les Oscars ?
04:22Moi je pose la question.
04:24Ou une preuve de bon goût.
04:25Ça chacun verra ce qu'il veut.
04:27On va dérouler et passer à la catégorie meilleur film.
04:30L'an dernier c'était Hanora qui s'était imposé.
04:34Ils sont 10 sur la ligne de départ.
04:36Bugonia, F1, Frankenstein, Amnette, Marty Suprême,
04:41Une bataille après l'autre, L'agent secret, Valeurs sentimentales,
04:45Sinners et Train Dreams qu'on a vu et adoré sur Netflix.
04:49Pour cette catégorie, qu'est-ce que ça vous inspire ?
04:54Qui va gagner ?
04:55Non, je vous demanderai à la fin qui vous voulez qui gagne.
04:57Mais est-ce qu'il y a quelque chose ?
04:59Moi j'ai noté qu'un seul réalisateur français a gagné dans cette catégorie.
05:03C'était Michel Azanavicius pour Meilleur Film.
05:05Et une coprode, c'était Coda grâce à Philippe Rousselet.
05:08Parce que Coda était le remake de la famille Bélier.
05:12C'est ce qui m'a frappé.
05:14Mais il y a la présence de F1 par exemple,
05:16qui est quand même quelque chose que je trouve étonnant.
05:18F1 a réussi à avoir une nomination à l'Oscar du Meilleur Film.
05:21Mais ça prouve aussi que pendant longtemps,
05:24on savait un peu ce que c'était un film à Oscar.
05:26Dans les années 90-2000, c'était assez clair.
05:28C'était le film académique par définition.
05:30Et depuis quelques années, on ne sait plus vraiment ce que c'est un film à Oscar.
05:33Parce qu'il y a eu Anora, qui est le ciné indépendant.
05:35Everything Everywhere All At Once.
05:36Coda, un film de plateforme, qui est un remake de la famille Bélier.
05:39Parasite de Bong Joon-ho, qui est un film sud-coréen.
05:43Donc qui n'était pas forcément, a priori, destiné à gagner.
05:46Donc là, on voit qu'il y en a un peu pour tous les goûts.
05:48C'est-à-dire qu'il y a du grand cinéma d'auteurs américains classiques.
05:52Paul Thomas Anderson, Josh Tavdiag, Marty Suprem.
05:54Il est dans cette tradition-là aussi.
05:56Il y a des films d'auteurs étrangers, sud-américains, européens.
06:01Il y a du film de plateforme avec Frankenstein.
06:04Enfin, qui est aussi du grand cinéma d'auteur, bien sûr.
06:07Et puis, du gros blockbuster qui tâche.
06:10Je dis ça, j'aime beaucoup F1 en plus.
06:12Mais qui est du gros blockbuster, qui ramène les gens en salle,
06:16qui fait plaisir, qui est un film pop-corn.
06:17Donc la définition, il n'y a pas tout le cinéma dans les films nommés cette année.
06:21Il y a une définition très large du cinéma quand même.
06:23Assez large du cinéma.
06:24Oui, alors moi, ce que je trouve bizarre, c'est ce rapport de force entre,
06:29dans les catégories, haute catégorie, c'est très resserré, sur les cinq films en gros.
06:33Et là, d'un coup, ils ouvrent les vannes pour les films.
06:36Donc on voit des films qui, d'un coup, on est un peu surpris de voir là.
06:38C'est-à-dire qu'effectivement, F1, ça paraît, voilà, Bugonia.
06:42Il y a certes, il y a Edna Stone, mais donc on se dit, est-ce qu'il y a vraiment vocation à ouvrir autant ?
06:48Est-ce qu'il va vraiment y avoir un suspense ou non ?
06:50Ou en vrai, les choses vont se jouer avec les films dont on a parlé avant ?
06:55Et donc, je me dis, je trouve ça toujours très bizarre,
06:57cette disproportion de cette catégorie de films,
07:00où d'un coup, on met tout dans le même panier.
07:02Et en même temps, je dis tout et son contraire,
07:04parce que le fait de tout mettre dans le même panier donne une cartographie
07:07de ce que le monde, si on considère que les Oscars, c'est le monde,
07:12ce qu'ils attendent du cinéma.
07:13Et j'aime bien l'idée qu'il y ait un film comme F1 qui existe avec Sinners,
07:18que Valeurs sentimentales, même si j'ai des réserves,
07:20est un film qui cohabite aussi avec l'agence secret, qui est un film brésilien.
07:24Donc voilà, ça ouvre beaucoup de perspectives.
07:26Est-ce que ça dit fondamentalement quelque chose sur ce qui va se passer dans la nuit du 15 au 16,
07:32je ne sais pas vraiment ?
07:32Ça dit que Brad Pitt sera dans la salle, ce qui est déjà pas mal.
07:34Ce qui est déjà pas mal.
07:35Edouard ?
07:35On sait que depuis la polémique du Dark Knight de Nolan,
07:38qui n'avait pas été nommé aux Oscars,
07:41on a ouvert le nombre de nommés qui est passé de 5 à 10.
07:45Donc c'est vrai que c'est un peu une médaille en chocolat
07:46pour certains des films qui sont là pour faire plaisir à tout le monde.
07:50C'est un peu l'école des fans de l'académie des Oscars.
07:55En fait, en réalité, on sait qu'il y en a 5 qui ont un cadeau bonus.
07:59Mais si on regarde les films qui sont également nommés pour le meilleur réalisateur,
08:04c'est là qu'on voit la vraie liste des 5 meilleurs films.
08:07Il y a quand même peu de chances qu'un film qui ne soit pas nommé à la réalisation
08:11décroche l'Oscar de meilleur film.
08:14On sait bien de faire figurer effectivement cette diversité du cinéma.
08:19Mais voilà, c'est vrai que ça dilue un peu la catégorie 10 et peut-être un peu beaucoup.
08:25– Mais la diversité du cinéma, c'est aussi qu'un film comme Sinners soit nommé.
08:28C'est-à-dire que Sinners, c'est un film de vampire mélangé à un film de gangster,
08:33mélangé à un musical blues.
08:36C'est du cinéma pop-corn qui regarde vers le cinéma bis.
08:40Ce n'est pas un film à Oscar du tout en fait.
08:42Donc ça prouve aussi que les lignes ont bougé esthétiquement et dans l'industrie.
08:46C'est vachement intéressant.
08:47– Si je vous demandais quel est celui que vous aimeriez voir gagner ?
08:50Pas le favori, mais vous, si vous votiez, vous auriez voté pour qui ?
08:54– Édouard ?
08:54– Alors moi, j'aurais voté pour l'agence secret, tout simplement,
08:57parce que c'est le meilleur film de l'année.
08:58– Voilà, très bien.
09:01– Moi, j'aurais voté pour une bataille après l'autre, tout simplement,
09:03parce que c'est le meilleur film de l'année.
09:04– Thomas ?
09:05– Oui, et moi, l'agence secret.
09:06J'avoue quand même que la mise en scène m'a absolument bluffé sur ce film.
09:11– Eh bien…
09:12– S'il y a de Sanderson, j'avoue que…
09:13– Après, il y a la question de, est-ce que les Oscars,
09:15c'est vrai qu'on pense les films internationaux ou les films américains ?
09:18– Enfin, je ne sais pas exactement, en fait, ce que c'est la définition,
09:21à quoi servent exactement les Oscars dans ce truc-là.
09:23Pourquoi, alors, si Parasite et l'agence secret gagnent,
09:26pourquoi ils n'ont pas récompensé la Dolce Vita et les sept samouraïs ?
09:29– Peut-être que ça a évolué aussi.
09:30– Alors, ça a évolué historiquement, mais alors du coup,
09:33il y a une disproportion, si c'est les films internationaux,
09:36entre l'Amérique et le reste du monde.
09:37Il faudrait qu'il y ait plus de films internationaux.
09:39– C'est un peu la vocation des États-Unis.
09:41Les États-Unis, c'est le monde.
09:43C'est un peu comme en basket américain,
09:45on peut devenir les meilleurs joueurs européens,
09:47et l'équipe qui gagne est championne du monde.
09:49Là, c'est un peu le champion du monde du cinéma qui va être élu.
09:52Et voilà, on a vu Parasite gagner il y a quelques années,
09:56aux grandes dames de Donald Trump qui s'intéressent sur les réseaux sociaux.
10:00Donc, je pense que si les votants ont envie d'enviter le président des États-Unis,
10:05ils peuvent voter pour l'agence secret,
10:06qui, à travers son discours anti-Blessonaro,
10:10est peut-être un film anti-Trump plus vindicatif qu'une bataille après l'autre.
10:15– Moi, je voterai quand même bataille après l'autre.
10:17On fera comme ça de partout.
10:19On va passer aux meilleurs réalisateurs.
10:21On commence par une réalisatrice.
10:23Chloé Zao pour Amnette,
10:24Shosh Sabdi pour Marty Suprême,
10:26Paul Thomas Anderson pour une bataille après l'autre,
10:28Joachim Trier pour Valeurs sentimentales
10:30et Ryan Coogler pour Sinners l'an dernier.
10:33C'était Sean Baker pour Anora.
10:35Qu'est-ce que ça fait ?
10:36– Oui, alors Chloé Zao,
10:37elle, je pense qu'elle a une carte,
10:40je ne sais pas dans quelle matière elle est,
10:42mais enfin, elle fait un film,
10:43elle est aux Oscars.
10:45En plus, ça arrange tout le monde
10:46parce que du coup, ça fait une femme.
10:47Il n'y en avait pas.
10:48En plus, il suit des minorités,
10:50donc c'est encore mieux.
10:51Donc, je ne veux pas lui faire un faux procès,
10:52mais bon, vous l'aurez compris,
10:53je ne suis pas très fan de son cinéma
10:54et de Amnette en particulier.
10:57Donc voilà, après, pour le reste,
10:59je trouve que le niveau est assez haut
11:00parce qu'avec des cinémas pour certains Américains
11:05qui se ressemblent un peu,
11:06notamment sur leur vocation à traiter le genre
11:09et à réfléchir aussi aux politiques,
11:12que ce soit Josh Sabdié, Pityé ou encore Ryan Coogler.
11:16Et puis, il y a Joachim Tréon au milieu de tout ça.
11:18Écoutez, c'est bien pour lui.
11:19– Il était content quand tu avais qu'à l'annonce de nomination.
11:21– Je pense que c'est bien
11:23que d'un coup, on voit la représentativité aussi ici,
11:26qui est plutôt bien.
11:27mais voilà, je suis très content pour tout le reste.
11:31– Non, alors si on vote pour l'Agence Secrets,
11:34finalement, meilleur film, c'est ça.
11:36Donc Paul Thomas Anderson peut être meilleur réalisateur.
11:38– C'est ça, bien sûr.
11:39– Non, lui, il a été nommé, je crois, 14 fois en tout dans sa vie
11:42entre les scénarios qu'il a écrits,
11:44les films qu'il a produits plus ses mises en scène.
11:46Donc 14 fois, mais jamais récompensé.
11:49Ses acteurs sont souvent récompensés.
11:51Joachim Tréon, Phoenix, Daniel Delewis.
11:53Et enfin non, Phoenix n'a pas eu l'Oscar pour ses films,
11:56je crois, mais peu importe.
11:58Paul Thomas Anderson reste toujours un peu à la porte.
12:00Il a l'âge et maintenant le public qu'il adore.
12:05Il est le grand maître du cinéma américain.
12:08Donc c'est peut-être le moment où il peut être récompensé.
12:10– Ce qui est drôle, c'est que sa promo était très sage.
12:13Enfin, je ne sais pas ce que tu penses de ça.
12:15On en avait déjà parlé, cette idée qu'il refuse
12:17de mettre le mot politique sur son film
12:19alors que ça transparaît de partout.
12:21Moi, ça ne me dérange pas qu'il joue au pire les faux culs
12:24ou qu'il n'ait pas envie de rentrer là-dedans
12:26parce que ce n'est pas du tout son rôle
12:27et que le film déjà dit tout.
12:28Mais c'est vrai que, puisqu'on parle d'Oscar
12:30et que c'est quand même une campagne,
12:33je ne sais pas s'il a très bien joué le jeu de cette campagne.
12:35Peut-être qu'il ne l'a fait pas.
12:36– Lui, il était le jeune homme énervé dans les années 80.
12:38C'est-à-dire que ce n'était pas Tarantino non plus,
12:39mais c'était un type qui disait ce qu'il pensait,
12:41qui pouvait s'énerver en interview
12:42et qui était un excité.
12:44C'était aussi comme ça que ça marchait à l'époque.
12:47Il s'est beaucoup calmé en interview en général.
12:49Et effectivement, on sait maintenant que les Américains,
12:52les artistes d'Hollywood, quand ils parlent de politique,
12:55ça énerve le reste de l'Amérique.
12:57Ils ont compris ça.
12:58Donc Paul Thomas Anderson, il est dans une posture de dire
13:00« J'ai fait un film, tout ce que j'ai à dire est dans mon film.
13:02Et en interview, je vais parler du plaisir que j'ai
13:04à faire des films et à travailler avec mes acteurs.
13:07Et donc, ça peut paraître un peu mièvre.
13:09Mais lui, il décide…
13:11C'est ça qu'on parle.
13:11Il a fait beaucoup d'interviews pendant six mois.
13:13Donc au bout d'un moment, ça finit par sonner un peu mièvre.
13:14Il décide de la jouer comme ça.
13:16Mais il est à ce stade maintenant où il est le grand maître américain.
13:19Et donc, il peut peut-être avoir une statuette sur sa cheminée.
13:23Il sera content.
13:23Edouard ?
13:24Aux Etats-Unis, on sait que tout est affaire de storytelling,
13:28de narrative.
13:29Et aujourd'hui, la question, c'est
13:31quel est le narrative qui va décider du vainqueur
13:35de l'Oscar du meilleur film
13:36et en l'occurrence ici, du meilleur réalisateur ?
13:39Alors, c'est un peu étrange aujourd'hui.
13:41La cote d'une bête et après l'autre
13:42est en train de baisser un petit peu.
13:45En tout cas, si on regarde les réseaux sociaux,
13:47il y a des gens qui sont très vindicatifs
13:48contre le film
13:49qu'on a célébré pendant des mois.
13:53Et aujourd'hui, on vient chercher la petite bête.
13:55On reproche au film
13:56d'être fétichiste,
13:58d'être faussement révolutionnaire,
14:00de sexualiser la femme noire
14:02à travers le personnage de Talena Taylor.
14:04Je ne sais pas si c'est l'armée des pro-Siners
14:08qui opère pour...
14:10On en connaît.
14:11On sait que gagner les Oscars,
14:14c'est aussi faire perdre l'autre.
14:16Mila Perez avait beaucoup souffert
14:18de la polémique l'année dernière.
14:20Aujourd'hui, on n'est pas du tout
14:21dans le même cas de figure.
14:22On n'a pas ressorti des tweets horribles
14:24de Paul Thomas Anderson
14:26qui l'aurait posté sur un compte caché.
14:28Mais voilà, dans l'opinion publique
14:31et les nominations records pour Siners
14:33montrent qu'il y a peut-être un basculement
14:35entre un film d'un réalisateur afro-américain,
14:39Siners, donc Ryan Coogler,
14:41et Paul Thomas Anderson,
14:43que certains accusent d'être un peu
14:46dans l'appropriation culturelle.
14:49Voilà, on va voir.
14:50Ça va être intéressant de suivre ce duel.
14:52Et Thomas, tu parlais des femmes.
14:53Il faut rappeler que trois femmes seulement
14:55dont toute l'histoire se sont imposées,
14:57Chloé Zao, mais avant elle,
14:59Catherine Bigelow,
14:59et après elle,
15:00Jeanne Campion.
15:01Et que le record man,
15:02c'est toujours John Ford.
15:04Personne n'a fait mieux que ses quatre Oscars
15:06pour l'instant.
15:07Personne n'a fait mieux que John Ford.
15:09J'attendais cette phrase.
15:10On va passer à la catégorie
15:12meilleure actrice.
15:15Mickey Madison s'est imposé l'an dernier
15:17pour Anora,
15:18qui avait vraiment tout gagné.
15:20Elles sont cinq cette année
15:21à essayer de lui succéder.
15:23Jessie Buckley pour Amnett,
15:25Rose Byrne pour If I Had Legs,
15:27I'd Kick You,
15:28Kate Hudson pour Sur un air de blues,
15:31Renate Reinsveux pour Valeurs sentimentales,
15:33et puis Emma Stone pour Bugonia.
15:36Il faut noter qu'Emma Stone
15:36n'a jamais perdu dans cette catégorie.
15:40Elle a été nommée deux fois
15:42pour la langue des pauvres créatures.
15:44Elle a gagné deux fois.
15:45Et donc, si elle avait trois victoires,
15:47elle deviendrait la dauphine
15:49de Catherine Hepburn avec quatre.
15:50Voilà.
15:51Qu'est-ce que vous inspire cette catégorie
15:53de ces cinq noms ?
15:55Qu'est-ce que vous avez à me dire ?
15:58Moi, j'adore Emma Stone.
16:01Même si le film,
16:02les films dans lesquels elle joue,
16:03à chaque fois,
16:04ce n'est pas forcément ce que je trouve.
16:04Je la trouve formidable.
16:06Et je pense que,
16:07tu as dit qu'elle en avait gagné deux,
16:09et qu'elle en mettrait un…
16:10Moi, je pense qu'elle en mérite un troisième.
16:11Son rôle d'extraterrestre
16:13dans le film Bugonia,
16:14c'est absolument prodigieux.
16:16Je ne vois pas
16:16qu'il pourrait la dépasser.
16:19De probable extraterrestre.
16:20De probable extraterrestre.
16:22On ne va pas me dire le gâcher.
16:24S'il vous plaît.
16:25Mais tenez-vous !
16:27Je ne vous laisserai pas dire ça.
16:29Je ne vous laisserai pas dire ça.
16:31Bon, bref.
16:31Je n'ai rien à dire.
16:32Ils sont tous formidables.
16:33J'adorerais Kebastodlay
16:34une troisième fois, c'est tout.
16:35Je crois que la favorite,
16:36c'est Jessie Buckley pour Amnett.
16:38Mais poussée par Thomas,
16:39qui ne le dit pas.
16:40C'est son tropisme.
16:42Elle a une scène incroyable dans le film.
16:44C'est pour ça qu'elle est là.
16:46Moi, je parie quand même
16:47sur la remontada surprise de Rose Byrne.
16:52Un film qu'on aimerait bien voir
16:53parce qu'il n'est pas annoncé en France.
16:55On ne sort pas ni en VOD,
16:56ni dans les salles.
16:57On a très envie de le voir.
16:58On est curieux.
16:59Et ça a l'air très bien.
17:00Et Rose Byrne, on l'adore.
17:01Elle est géniale dans sa série Apple platonique.
17:04Et c'est une actrice fabuleuse.
17:06Donc, peut-être que c'est la surprise
17:09de la soirée.
17:10J'ai plus de soi.
17:11Il y a beaucoup d'actrices
17:12qu'on adore dans cette catégorie.
17:15Frédéric le disait tout à l'heure.
17:16On ne sait plus trop
17:18comment prédire les Oscars aujourd'hui.
17:21Anora avait gagné le meilleur film.
17:23Et Mickey Madison avait battu
17:26Demi Moore, un peu la surprise générale.
17:31Donc là, aujourd'hui,
17:32c'est vrai que Jessie Buckley,
17:33a l'air d'avoir un boulevard.
17:35Elle aussi,
17:36ce sera peut-être pas que pour ce film,
17:39mais la récompense d'un parcours exemplaire.
17:40C'est une actrice qui est géniale
17:42dans tous ses rôles,
17:43que ce soit au cinéma ou dans les séries.
17:45Mais là, vraiment, aujourd'hui,
17:47je ne parierai pas
17:48mon appartement
17:51sur cette catégorie.
17:53Elle essaie avec les favorites,
17:54mais elle essaie avec Rose Byrne.
17:56Et ça compte comme au César,
17:57ce qui en est assez aimé dans la profession,
17:59qui, pour son premier film,
18:01avait eu un lion d'or
18:02à Venise d'interprétation,
18:03qui, pour celui-là,
18:04a eu le prix à Berlin.
18:07Alors, il joue une mère
18:08dépassée par sa fille,
18:10qui était nommée en meilleure comédie,
18:11qui a gagné en meilleure comédie
18:12de Golden Globe,
18:12alors que ça a l'air d'être
18:13tout sauf une comédie.
18:15Et, en effet,
18:16on voit bien qu'il y a
18:17le côté
18:18« Ah, c'est super qu'elle gagne.
18:19Tiens,
18:20toute la bande
18:20de mes meilleurs amis
18:21sont autour... »
18:22Enfin,
18:23il peut y avoir,
18:24ça peut être,
18:24comme tu dis,
18:25une surprise à la Mickey Madison.
18:27Moi, j'espère, en tout cas.
18:28En fait,
18:29pour moi,
18:29celle qui aurait dû gagner l'Oscar
18:30n'est pas nommée.
18:31C'est Chess Infinity.
18:34La révélation...
18:34La meilleure actrice, carrément.
18:35Elle concourait pour
18:37une meilleure actrice.
18:37Il l'avait mis là.
18:38Oui, bien sûr,
18:39parce qu'il n'y a pas...
18:40C'est peut-être
18:41une prise de position
18:43un peu osée,
18:44mais j'ai eu un vrai coup de cœur
18:46pour cette actrice.
18:47Une révélation comme ça
18:48dans une première apparition
18:50au cinéma.
18:51Je n'ai pas souvenir
18:52d'une prestation comme ça.
18:54Tonya Radragé,
18:55tu as DiCaprio,
18:56Sean Penn,
18:57Del Toro,
18:58dans un film
18:59vraiment où...
19:01C'est elle qui crève l'écran,
19:02celle qui est le cœur du film,
19:03comme on a pu le dire,
19:05Paul Thomas Anderson.
19:06C'est marrant qu'elle n'ait pas été
19:08plutôt pensée
19:09pour les supporting actresses.
19:11Oui, mais parce qu'il y avait
19:12été Yana Taylor.
19:13Mais elle ne pouvait pas
19:13se retrouver à deux.
19:14Tu risques de perdre les autres.
19:15Je risques de perdre.
19:15Oui, mais quand il y en a deux...
19:17Ah, c'est un jeu de...
19:18Je suis d'accord.
19:19Et je pense que c'est là
19:20qu'on peut regretter
19:21qu'aux Oscars,
19:22c'est-à-dire qu'il n'y ait pas
19:22une catégorie révélation
19:23masculine et féminine
19:25parce que les gens
19:26de cette trempe-là,
19:27généralement,
19:28aucune personne
19:29qui gagne la révélation au César
19:31aurait gagné la meilleure actrice
19:32cette année-là
19:32et peut-être n'aurait pas été nommée.
19:34Et c'est quand même
19:34une mise en valeur.
19:35C'est vrai qu'elle est écartée
19:36bizarrement.
19:37Très bizarrement.
19:38Même pas au Gold of the Jobs
19:39non plus.
19:39Enfin, c'est du coup...
19:40C'est vrai.
19:41Elle s'est remis des Oscars
19:42pour enlever quelques coupures pub
19:43et ajouter un Oscar
19:45de la meilleure révélation.
19:46Tu as raison.
19:46Ce serait pas mal.
19:47On va passer au meilleur acteur.
19:49L'année dernière,
19:50c'était Adrienne Brody
19:51pour The Brutalist
19:52et cette année,
19:53ils sont cinq.
19:54Timothée Chalamet
19:55pour Marty Suprem,
19:57Di Caprio
19:57pour Une bataille après l'autre,
19:59Ethan Hawke
20:00pour Blue Moon,
20:01Michael B. Jordan
20:02pour Sinners
20:03et Wagner Moura
20:04pour l'agent secret.
20:07C'est Chalamet
20:08qui doit gagner.
20:09Je crois que c'est lui
20:10qui le dit
20:10tous les jours.
20:12Tout le monde a l'air
20:13de dire
20:13bon, ok,
20:14Timothée,
20:14c'est gagné.
20:15Donc, il faut dire...
20:16Le film n'est pas encore
20:17sorti en France.
20:17Il sort en février.
20:18Le film est excellent.
20:20Chalamet est génial dedans.
20:21C'est un acteur fabuleux,
20:22vraiment passionnant.
20:23Donc, on a envie
20:24de voter pour lui.
20:26La question que je me pose,
20:26c'est est-ce qu'il faut
20:27vraiment qu'il gagne ?
20:28Parce que ça lui donne
20:29tellement d'énergie
20:30d'avoir envie
20:31de gagner des Oscars
20:31et d'inventivité
20:33et dans sa carrière,
20:35dans ses choix de films.
20:36Peut-être que s'il perd là,
20:37il sera encore plus motivé
20:39pour faire des grands films ensuite.
20:40Il ne faut pas
20:40qu'il s'endorme sur ses lauriers.
20:41Donc, je ne sais pas.
20:42En même temps,
20:43je ne veux pas lui porter
20:43la poisson.
20:44Non, non, mais c'est...
20:45Et, je ne sais pas,
20:46Di Caprio a attendu 20 ans
20:47avant d'avoir son Oscar
20:48pour The Revenant.
20:49Même Brando,
20:50dont on parlait tout à l'heure,
20:51il a été nommé trois fois,
20:52il n'a pas gagné,
20:52il a gagné à la quatrième fois
20:54pour Sur les Quais.
20:55Donc, voilà.
20:57Est-ce que Chalamet doit gagner ?
20:58Je ne sais pas
20:59ce qui est le plus réjouissant.
21:01Pour lui,
21:01et donc pour nous,
21:02par les cochers.
21:03Voilà, exactement.
21:04Oui, moi,
21:05je ne trouve pas Timothée Chalamet
21:06un formidable acteur.
21:08Vraiment,
21:09je trouve même la carrière
21:09quand je la regarde
21:10impressionnante.
21:12Il y a des dunes et tout ça.
21:12Moi, c'est vraiment
21:13un acteur pour le coup
21:14qui ne me passionne pas du tout.
21:15Le film m'est passé
21:16un peu au-dessus,
21:17mais ça, voilà,
21:18c'est passé à moi.
21:19D'être très lyonnais,
21:19en fait,
21:20et pas très stéphanois.
21:20Moi, je pense que ce qui est,
21:21moi, celui qui m'a vraiment impressionné,
21:23il est double dans le film,
21:24c'est Michael B. Jordan.
21:25Je trouve qu'il y a
21:26une espèce de charisme,
21:27de détachement,
21:29et en même temps,
21:29il est là
21:30quand il faut faire les scènes.
21:31Il fait vraiment,
21:33le film évolue tout le temps.
21:35Donc, lui,
21:35en plus,
21:36il joue un jeu,
21:36enfin, c'est deux jumeaux.
21:37Donc, en fait,
21:38il relance sans arrêt
21:39la machine.
21:40Moi, je le trouve
21:40extrêmement impressionnant.
21:42Vraiment,
21:42je serais,
21:42mais j'adorerais
21:44que Michael B. Jordan
21:45obtienne l'Oscar.
21:47Ça, il le mériterait vraiment.
21:48Et si ce n'est pas lui,
21:49DiCaprio,
21:50ça a eu la main pour moi.
21:52Moi, j'ai un coup de cœur,
21:54encore une fois,
21:55pour l'agence secrète.
21:57Ben oui, super.
21:59Voilà,
21:59c'est un peu la consécration pour lui.
22:01Après son prix à Cannes,
22:03il se retrouve au milieu
22:04de ces superstars hollywoodiennes.
22:07Bon, honnêtement,
22:07il n'a à peu près aucune chance.
22:10Ça ressemble à un duel
22:12DiCaprio
22:13Chalamet,
22:15même s'il pourrait
22:17se phagocyter
22:19et ouvrir la voie
22:20à une surprise.
22:23Après,
22:24l'Oscar du meilleur acteur,
22:25bon, moi,
22:25j'ai envie d'être un peu méchant
22:26parce que c'est une catégorie,
22:28je trouve,
22:28qui a été dépréciée
22:29ces dernières années.
22:30On a vu Will Smith
22:32gagner l'Oscar
22:34pour un rôle
22:36pas génial.
22:38On ne parle pas de Rami Malek
22:39dans Bohemian Rhapsody.
22:42ou à Gary Oldman
22:43dans Darkest Hours.
22:45Voilà,
22:46on parlait de Chalamet
22:48qui devait peut-être attendre.
22:49DiCaprio, lui,
22:51a dû manger du foie
22:52dans The Revenant
22:53pour gagner l'Oscar.
22:55Ce qui n'est pas vraiment
22:56son meilleur rôle.
22:57Si on fait un top 5
22:58ou même un top 10
22:58des meilleurs rôles
22:59de DiCaprio,
23:01moi,
23:01je ne mettrais pas
23:01The Revenant.
23:02c'est aller savoir
23:04quelle est la logique.
23:05Il y a eu un bouleversement
23:06quand même
23:06parce que cette année,
23:07tous ceux qui ont fait
23:08le rôle à Oscar
23:09n'ont pas été nommés.
23:10C'est-à-dire que
23:11Jeremy Allen White,
23:12il s'est transformé
23:12en Bruce Springsteen,
23:13il n'est pas nommé.
23:14The Rock.
23:14The Rock,
23:15Dwayne Johnson
23:16avec Smashing Machine,
23:17pareil,
23:17c'était une perf,
23:18il avait un boulevard
23:19devant lui,
23:19il n'est pas nommé.
23:20Donc, il y a quand même…
23:21Tu crois que c'est dû
23:22à leur jeu
23:23ou c'est dû au fait
23:24que les films commercialement
23:25ne sont pas des succès
23:26et que donc,
23:27ça les écarte d'emblée ?
23:28Ou est-ce que tu penses
23:29que c'est un changement
23:30de vision
23:31et que d'un coup,
23:32les rôles qu'on aimait bien avant,
23:33la performance,
23:34est un peu dépressionné ?
23:35Non, c'est parce que
23:36le public n'a pas eu envie
23:37d'aller voir ces films
23:37qu'ils ne sont pas récompensés
23:39et tout ça
23:40parce que même
23:41The Whale
23:42avec Brendan Fraser
23:43où il y avait
23:43ce genre de transformation
23:44très démonstrative
23:46avait quand même été
23:47un petit succès.
23:48Il faut que ça trouve un écho
23:49sur les publics et connoisseurs.
23:51Mais si ce n'est pas nommé,
23:52ça veut dire
23:52que ça va peut-être changer
23:53un petit peu
23:53ce que doit faire un acteur
23:55pour être nommé
23:56à l'Oscar du meilleur acteur.
23:57Et puis…
23:57Ça, c'est peut-être
23:57quand même une bonne nouvelle.
23:58Etan Hawke dans Blue Moon,
23:59Blue Moon n'a pas été
24:00un triomphe.
24:02Ça n'a pas été un triomphe.
24:03Alors effectivement,
24:04ça rentre un peu
24:04dans cette catégorie
24:05parce qu'Ethano
24:06qui est un parolier américain
24:07très célèbre
24:08du début du XXe siècle.
24:10Il se transforme lui physiquement
24:11pour jouer ce rôle.
24:12Donc ça rentre un peu plus
24:13dans cette catégorie.
24:13Par ailleurs,
24:14le film qui est sorti en VOD
24:15récemment en France,
24:16Ethano qui est vraiment
24:17super intéressant dedans.
24:19Donc c'est une nomination méritée
24:21pour un acteur
24:22que plein de gens aiment aussi.
24:23Et après Thomas.
24:25Alors je trouve que
24:26le cas d'Ethano
24:27qui est différent,
24:27c'est un rôle à Oscar
24:28dans le sens où
24:29c'est un biopic,
24:30une transformation physique.
24:32Mais en termes de dynamique,
24:34le film,
24:35est allé petit à petit
24:36dans le buzz à Oscar.
24:39Là où, par exemple,
24:41Dwayne Johnson,
24:42sur la base de la première photo
24:44du film,
24:46la presse hollywoodienne
24:47lançait le Oscar buzz
24:48alors que le film
24:50était encore en tournage.
24:51Donc je pense que
24:52ces buzz à Oscar
24:54trop précoces
24:55sont pénalisants
24:56sur la durée
24:57quand le box-office
24:58n'est pas pour ennui.
24:59Et ça ne déprécie pas
25:01ce genre de performance
25:02parce que moi,
25:03si j'ai des réserves
25:03sur Smashing Machine,
25:04je trouve que
25:05The Rock est super dedans.
25:07Vraiment,
25:07il aurait été un jeu.
25:08Ah oui,
25:09non, non,
25:09ça ne s'aurait pas été...
25:10La performance,
25:11il est vraiment super dedans.
25:13Je parlais de l'espèce
25:14de conformisme
25:15que ça créait dans
25:16Qu'est-ce que c'est
25:17qu'un contacteur ?
25:18Non, les Oscars,
25:19c'est un marathon.
25:20La compagnie des Oscars,
25:21on sait,
25:21c'est interminable.
25:22Et quand on part en sprint,
25:24souvent,
25:25on s'essouffle.
25:26On s'essouffle.
25:27On va entamer
25:28la dernière ligne droite,
25:29nous aussi,
25:30de cette émission.
25:31On va parler des Français.
25:33Alors,
25:33l'incontournable
25:34avec son Desplat,
25:35qui avait déjà eu
25:36pour Grand Budapest Hotel
25:38et pour La forme de l'eau,
25:39qui est nommé
25:39pour Frankenstein.
25:40Il y a deux films d'animation
25:42qui sont Arco et Amélie
25:44et La métaphysique des tubes
25:45qui étaient présentés à Cannes.
25:47Et puis,
25:47il y a deux courts-métrages.
25:49Thomas,
25:49je sais que tu les as vus.
25:51Un court-métrage d'animation
25:52qui s'appelle
25:52Papillon de Florence Miaï
25:53sur le nageur
25:55Alfred Nakache.
25:56Qu'est-ce que tu peux nous dire ?
25:57Alors,
25:57Florence Miaï,
25:58elle fait beaucoup
25:59de films d'animation,
26:01souvent des courts-métrages.
26:02Elle a fait un seul long-métrage
26:04qui était La traversée.
26:06Sa technique
26:06est très particulière.
26:07C'est de la peinture sur verre.
26:08C'est-à-dire qu'il y a
26:08trois plaques de verre.
26:10Elle les recouvre comme ça
26:11et elle anime seulement
26:12la première plaque de verre au-dessus.
26:14Donc,
26:14ça fait quelque chose
26:15de très beau visuellement,
26:16très artisanal,
26:17très organique.
26:18Et là,
26:18effectivement,
26:18Papillon est un court-métrage
26:20très, très beau
26:20sur un nageur.
26:22Et à travers la nage,
26:23donc sur ce mouvement
26:24qui est très, très beau
26:24à observer
26:25avec sa technique
26:26de la peinture sur verre,
26:28elle remonte
26:28tous les traumatismes
26:29de l'histoire
26:30de ce nageur
26:31qui a vraiment existé,
26:32qu'on a appelé
26:33le nageur d'Auschwitz.
26:35Et il y a aussi
26:35un court-métrage de fiction
26:36qui m'a appelé.
26:37Papillon,
26:37il faut savoir
26:37que c'est coproduit
26:38par ceux qui ont produit
26:39flot l'année dernière.
26:40Donc,
26:40il y a une petite chance.
26:41Et puis,
26:42il y a un court-métrage de fiction
26:43qui apparemment
26:43remporte prix sur prix
26:45qui s'appelle
26:46Deux personnes
26:47échangeant de la salive.
26:49Qu'est-ce donc que ce court ?
26:50Oui,
26:50alors c'est un film
26:51en noir et blanc
26:52qui se passe
26:53dans les grands magasins.
26:54Donc,
26:54c'est les Garry Lafayette
26:55qui s'affichent
26:56dans ce film.
26:58On est dans un film,
26:58dans une espèce de dystopie,
27:00dans un monde
27:00où s'embrasser
27:02est un péché.
27:06C'est pour ça
27:07que les gens
27:07ont toujours
27:08des espèces de blessures
27:09et des bleus
27:09sur le visage.
27:10Donc,
27:11voilà,
27:11c'est une espèce
27:11de film
27:12qui joue à plein
27:13sur l'absurde.
27:14C'est en noir et blanc.
27:15C'est avec
27:16des actrices formidables,
27:17l'Iranienne
27:18Zahramir Ebrahimi
27:19et Luna Bajrami.
27:21Toutes les deux
27:21formidables dans le film
27:22qui essaient
27:24de s'embrasser,
27:24qui veulent un peu d'amour.
27:25Mais effectivement,
27:26c'est interdit
27:26dans ce film.
27:27Ça a été co-réalisé
27:29par une femme
27:30et un homme.
27:31Et voilà,
27:31ça manie l'absurde
27:32très très bien.
27:32C'est un film
27:33très étonnant
27:33jusqu'au bout.
27:34Bref,
27:35c'est une très belle surprise.
27:36Alexandre Sig
27:37et Nathalie Moustéata.
27:39Je parlais tout à l'heure
27:39des films d'animation.
27:41On pense qu'ils ont
27:42quand même peu de chance
27:43par rapport à K-pop
27:44Demon Lovers
27:45qui était sur Netflix.
27:46Par contre,
27:47je peux vous dire
27:48qu'on va gagner
27:50l'Oscar
27:51du film international
27:52puisque ce sont
27:54cinq coproductions
27:56françaises
27:56qui sont en liste.
27:57Le film qui représente
27:58vraiment la France,
28:00un simple accident
28:00de Jaffar Padaï,
28:01mais aussi
28:02un film dont on a peu parlé
28:03jusque-là.
28:04L'agent secret
28:04de Clever Mados
28:05Afiyo,
28:06Valeurs sentimentales
28:07de Joachim Trier,
28:08Sirat d'Oliver Latché
28:10et la voix
28:11de Inradjab
28:12de Cauter Ben Ania.
28:15Que vous inspire cette liste ?
28:16Qu'est-ce que...
28:16Je crois qu'on peut
28:18s'enorgueillir
28:20un peu de ça.
28:21MK2 a
28:2215 productions
28:24nommées aux Oscars.
28:26Donc la France,
28:28c'est aussi un pays
28:29de cinéma
28:29pour le monde entier.
28:30Les cinéastes
28:33des quatre coins du globe
28:34viennent profiter
28:35de notre système
28:37qu'on nous envie.
28:39On peut le dire
28:40en toute modestie.
28:43Voilà,
28:43donc c'est intéressant.
28:44On a l'image
28:44du Panaï
28:45qui a été financé
28:46par MK2, justement.
28:50Donc voilà,
28:51c'est génial
28:51que la France
28:52puisse aider
28:54des voix du cinéma
28:55à s'exprimer.
28:57James Cameron récemment
28:59quand il a fait
29:00l'avant-première européenne
29:01d'Avatar
29:02a fait une déclaration
29:03d'amour
29:03au public français
29:04et au cinéma français
29:05en disant qu'on était
29:06le pays le plus cinéfique
29:08du monde.
29:09Ils aiment bien nous frêter.
29:10Oui.
29:11Nous, on est très contents.
29:12C'est de bonne guerre.
29:12C'est la promo
29:13mais il n'y a pas
29:14une part de vérité.
29:15Ce qu'on voit aussi,
29:17c'est quand même,
29:18ils vont les chercher
29:19à Cannes.
29:19Ils ne vont pas...
29:20À Paris-Dradjam.
29:21Oui, à Paris-Dradjam.
29:22Sinon, c'est quand même
29:24Secret Agent,
29:25Un simple accident,
29:26Valeurs sentimentales,
29:27Sirat.
29:27C'était des films
29:28très identifiés à Cannes.
29:29On sent qu'ils viennent
29:30les chercher là.
29:31Et d'ailleurs,
29:31il y a pire place
29:33pour aller chercher des films.
29:34Mais ce qu'ils expliquent
29:34aussi, c'est de coproduction française
29:35parce que souvent,
29:36on sait qu'à Cannes,
29:37les films français
29:39ou de coproduction française
29:40sont parfois un peu privilégiés.
29:41Non, moi, je m'aurais joui
29:42pour Sirat,
29:43Oliver Lachey
29:44parce que c'était
29:44absolument incroyable
29:46et que je n'imaginais
29:47vraiment pas
29:48qu'ils seraient en liste.
29:48Surtout que je pensais
29:49moins bêtement
29:50que comme il avait été produit
29:51principalement par des Français,
29:52c'est une coproduction espagnole,
29:54que du coup,
29:55un simple accident
29:56l'avait complètement recouvert.
29:57Et la preuve que non,
29:57donc tant mieux.
29:58D'ailleurs,
29:59Nyon expose son record
30:00de nomination.
30:01Donc, le distributeur
30:02indépendant américain
30:03qui va faire ses courses
30:04à Cannes tous les ans,
30:06qui achète les trois quarts
30:07de la compétition
30:07pour pouvoir dire après
30:08« Ah, on a la palme d'or ! »
30:10Ben oui, évidemment,
30:10vous avez tout acheté.
30:12Voilà, donc ils avaient,
30:13je crois, eu huit nominations
30:14pour l'année de Parasite.
30:16Et là, c'est 18.
30:17Donc, c'est un filon
30:21qui marche très bien.
30:22Ils n'ont pas réussi
30:23à placer dans la course
30:24et c'est dommage.
30:25Le Park Chan-Wook,
30:27aucun autre choix
30:27qui sort en salle en février,
30:29qui est extraordinaire
30:29et qui n'a pas beaucoup marché
30:32auprès de l'académie.
30:33On ne sait pas exactement
30:34pour quel mystère.
30:35C'est bizarre.
30:36Il y a des films
30:36qui prennent,
30:37qui ne prennent pas.
30:37Il y a beaucoup de films.
30:39Enfin, il y a des très bons films
30:40mais il y en a
30:40qui n'arrivent pas à passer.
30:41Tu aurais dû aller à Cannes.
30:42Tu vois, il sera la prochaine fois.
30:46Je crois qu'il avait enfreint
30:47la grève des scénaristes,
30:49non, Park Chan-Wook ?
30:51Ah, pour montrer sa série ?
30:52C'est une mission.
30:54Ah, tu penses que c'est…
30:56Ah, enquête !
30:58On ouvre, enquête !
30:59La corporation du CMA
31:01est en cuir.
31:03Et moi, je voulais quand même
31:04signaler que
31:05si un simple accident
31:07gagnait,
31:07ça serait la première victoire
31:08de la France
31:09depuis 1993 et Indochine.
31:11Alors qu'on gagne
31:12des lions d'or,
31:14des palmes d'or,
31:15mais qu'on n'en voit jamais
31:16le bon film, en fait,
31:17au bon moment.
31:18Et si c'était cette victoire,
31:20c'est aussi la victoire
31:21des films Pelleas
31:21qui avait produit
31:22Anatomy d'une chute
31:23et qui produit celui-là.
31:24Donc, ça serait
31:25une belle histoire.
31:26mais je pense quand même,
31:29sans vouloir faire plaisir à Édouard,
31:31que l'agent secret
31:31part avec un peu d'avance,
31:35même si on dit
31:36un simple accident,
31:37qu'est-ce qui se passe en Iran ?
31:38Est-ce que ça va faire bouger
31:39des votes, des voix ?
31:41Évidemment, même chose
31:41pour la voix de Inra Jab
31:42qui est coproduite
31:43par beaucoup de stars américaines
31:45qu'on voit au générique.
31:46Ah, c'est le ouzou
31:47de tout ça, oui.
31:48Donc, ça peut aussi
31:49être une vraie surprise, je trouve.
31:51On a envie de dire
31:52juste un petit mot.
31:53Il pourrait y avoir
31:53quelque chose d'historique.
31:55C'est la chef opératrice
31:57du film de Ryan Coogler.
31:59C'est The Sinners.
32:00Elle s'appelle Auton Durald.
32:02Si elle est nominée
32:03pour la meilleure photo,
32:04elle le mérite
32:05parce que le film
32:05est magnifique visuellement.
32:07Et si elle l'emportait,
32:07ce serait la première femme
32:09chef opératrice
32:10à obtenir un Oscar.
32:12Il serait temps.
32:13Je crois qu'on ne fera pas mieux
32:14comme mot de la fin.
32:15Mot de la fin.
32:16Merci, Édouard.
32:17Merci, Thomas.
32:17Merci, Frédéric.
32:18Les Oscars,
32:19c'est donc dans la nuit
32:20du 15 au 16 mars.
32:22Et puis, on se retrouve
32:23pour une émission
32:23la semaine prochaine.
32:24consacrée aux nominations
32:25des Césars.
32:27Merci à tous.
Commentaires

Recommandations