- il y a 7 semaines
Tous les jours dans Europe 1 Soir, Pierre de Vilno reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.
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00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Jusqu'à 20h d'Europe 1 Soir pour ma compagnie Adrien Matou, bonsoir.
00:07Directeur adjoint de la rédaction de Marianne, bonsoir Louis-Ausalter.
00:10Bonsoir Pierre.
00:10Journaliste politique au Figaro, bonsoir Pierre Lelouch.
00:13Bonsoir Pierre.
00:14Merci d'être avec nous, ancien ministre spécialiste des questions internationales,
00:17auteur du livre « Engrenage, la guerre d'Ukraine et le basculement du monde »
00:21s'est paru chez Odile Jacob.
00:23Je vous propose bien sûr de décrypter le long discours de Donald Trump
00:28qui ensuite a été suivi par une sorte d'interview,
00:33de questions-réponses avec le patron du forum de Davos.
00:36Je voudrais d'abord qu'on écoute Donald Trump qui vante l'économie américaine,
00:41qui tire un bilan de l'économie américaine.
00:44Les Etats-Unis sont le moteur économique de la planète
00:48et lorsque l'Amérique est en plein essor, le monde entier l'est aussi.
00:51C'est ainsi que cela s'est toujours passé.
00:53Lorsque les choses vont mal, tout va mal.
00:55Vous nous suivez dans la chute, vous nous suivez dans l'ascension
00:58et nous sommes à un point où nous n'avons jamais été.
01:01Je n'aurais jamais pensé que nous pourrions y arriver aussi rapidement.
01:04Voilà, donc ça c'est l'Amérique d'abord.
01:08Et l'Europe alors ?
01:09Voilà ce que dit Donald Trump sur l'Europe.
01:10Je tiens à discuter de la manière dont nous avons accompli ce miracle économique
01:15et peut-être aussi de la manière dont vous aussi, dans vos pays d'origine,
01:19vous pouvez faire beaucoup mieux en suivant notre exemple
01:22car certains endroits en Europe sont méconnaissables.
01:24Nous pouvons en débattre, mais il n'y a pas matière à débat.
01:27Des amis reviennent des différents endroits.
01:29Je ne veux insulter personne en disant
01:31« Je ne reconnais pas cet endroit »
01:32et ce n'est pas dans un sens positif, mais dans un sens très négatif.
01:36J'aime l'Europe, je veux que l'Europe aille bien,
01:38mais elle ne va pas dans la bonne direction.
01:43Et c'est donc dans cette perspective
01:45que ce Conseil de paix est signé demain, Pierre Lelouch,
01:50avec cette perspective de dire « Tiens, il y a l'Amérique »
01:53et puis peut-être que vous devriez regarder un petit peu ce qu'on fait
01:55parce que ça va aller mieux comme ça.
01:58Oui, c'était...
01:59Bon, il y a une partie de ce Trump-là que j'ai déjà entendu
02:04parce que ce discours, c'est un discours de campagne électorale américaine,
02:07en fait, pour une grande part,
02:08sauf quand il a parlé de l'OTAN et du Groenland,
02:11qui était son sujet.
02:12quant à la vision de l'Europe,
02:14on l'avait déjà entendu du vice-président Vence en février dernier,
02:19ça avait choqué tout le monde,
02:21car toute cette équipe méprise l'Europe.
02:25C'est-à-dire ?
02:26Elle pense qu'on est devenu un continent en déclin,
02:30peut-être irréversible, malgré ce qu'il dit...
02:34Mais est-ce que le diagnostic est bon ?
02:35Est-ce que nous sommes un continent en déclin ?
02:36Je vais vous dire oui, malheureusement...
02:39Il alerte, on en avait parlé à l'époque, effectivement.
02:41Nous sommes en déclin, je crains fort d'ailleurs que...
02:44Vous savez, les Chinois, ils ont eu ce qu'ils appellent
02:46leur siècle d'humiliation de 1839 à 1949.
02:50Je crains fort qu'on rentre dans un siècle d'humiliation.
02:53Défacement et d'humiliation,
02:55parce que beaucoup de choses ont changé.
02:57Donc Donald Trump a raison de s'en inquiéter.
02:58Ben, écoutez, moi je m'en inquiète pour mon pays, en tout cas.
03:01Je constate que...
03:02Vous n'êtes pas président des Etats-Unis,
03:03avec tout le respect que je vous dois, Pierre Lelouch,
03:05est-ce que Donald Trump n'est pas plus écouté ?
03:07Il y a beaucoup de détracteurs qui se moquent de Donald Trump
03:10pour plusieurs raisons.
03:11même pour parfois des raisons complètement futiles,
03:16comme sa coiffure, etc.
03:17En attendant, c'est le président des Etats-Unis.
03:18Donc c'est le président des Etats-Unis qui dit...
03:20Il pourrait ne pas parler de l'Europe.
03:21Il dit voilà ce qu'on a fait nous,
03:22et puis l'Europe, peu importe.
03:23Mais là, en l'occurrence, il s'en inquiète.
03:24Il s'en inquiète ou il l'a mépris ?
03:27C'est ça que je n'arrive pas à comprendre.
03:28C'est un mélange des deux, je dirais.
03:30Comment est-ce qu'on peut mélanger les deux ?
03:31Pardonnez-moi.
03:32Il dit j'aime bien l'Europe,
03:33on a besoin d'un allié fort, etc.
03:35Mais vous faites fausse route, quoi.
03:36Vous ne comprenez pas.
03:37C'est vrai qu'il a besoin d'un allié ou pas ?
03:40Oui.
03:41Donc c'est important.
03:43En théorie, il a besoin...
03:44Même avec l'Amérique seule et l'Amérique d'abord,
03:49ils ont besoin d'alliés.
03:50Simplement, ils disent aux alliés
03:51quelque chose de différent aujourd'hui.
03:52Ils leur disent prenez-vous en main
03:54parce que nous, on ne peut pas arriver à tout faire
03:55et on n'a pas envie de payer.
03:57On n'a plus envie de payer.
03:58Il a le même discours aux Coréens et aux Japonais.
04:02Prenez-vous en main.
04:03En Europe, ils disent ça.
04:05En plus, vous faites fausse route,
04:06vous êtes méconnaissable à cause de l'immigration
04:09et vous prenez des choix complètement débiles,
04:12du style la transition verte,
04:15alors même que vous ne fabriquez pas une seule batterie.
04:18Comment est-ce que vous pouvez laisser une autoroute aux chinoises ?
04:21Comment vous multipliez les moulins à vent
04:24qui sont fabriqués en Chine
04:26et qui rendent l'énergie beaucoup plus chère chez vous ?
04:30Merci d'ailleurs, on achète du gaz américain aujourd'hui
04:33quatre fois plus cher qu'on achetait du gaz russe,
04:35mais c'est un autre débat.
04:36Et ils disent, en ayant une énergie trop chère,
04:39vous avez une économie qui décline,
04:41du chômage et une situation qui n'est pas bonne.
04:45Et malheureusement, c'est vrai.
04:46Si vous regardez les niveaux de développement économique
04:49il y a 25 ans, ce que je fais dans mon livre,
04:51il y a 25 ans, le PIB européen,
04:53il était légèrement supérieur à celui des Etats-Unis.
04:55Nous sommes tombés de 40% quand même.
04:58Nous sommes devenus pauvres, on s'est appauvris.
05:00Et il y a des raisons à ça.
05:01Les raisons, c'est les choix pris par cette chose qui s'appelle l'Union européenne
05:06en termes d'ouverture des marques.
05:08C'est la mondialisation heureuse,
05:11plus la course à l'écologie,
05:13l'Allemagne qui ferme les centrales nucléaires,
05:15tout ça monte les prix de l'énergie.
05:17On se rend beaucoup d'erreurs stratégiques qui ont été faites.
05:21Et je vais vous dire,
05:23ce message va avoir un très fort impact
05:26dans les milieux souverainistes en Europe,
05:29parce qu'il y a beaucoup de choses justes là-dedans.
05:31Adrien Matou.
05:33Alors, effectivement, il y a des choses justes dans le constat de Donald Trump.
05:36Ceci dit, il est quand même aussi dans une logique de défiance,
05:40voire de prédation vis-à-vis de l'Europe.
05:42Comment nous, Français,
05:44on réagit à quand même ces menaces,
05:48ces moqueries, ce mépris,
05:49sans rentrer dans une logique un peu niaise,
05:51d'Europe fédérale,
05:53qui est une illusion ?
05:55Qu'est-ce qu'on doit faire concrètement pour vous ?
05:57Alors, ce qu'on a fait depuis un an,
05:59c'est de la génuflexion.
06:03On s'est contorsionné dans des conditions absolument épouvantables.
06:07Parce qu'on avait le choix ?
06:09Parce qu'il y a l'Ukraine.
06:11Et que la grande crainte, c'est qu'ils s'en aillent.
06:13Et ils ont tout...
06:14D'ailleurs, dès janvier,
06:15ils ont arrêté tout l'argent.
06:17On paye tout maintenant.
06:18Et quand il y a des armes,
06:19on paye les armes aussi.
06:20Donc, on en est à 175 milliards d'euros en Europe.
06:24C'est quand même une charge sérieuse.
06:27À cause de l'Ukraine,
06:30on a à peu près tout accepté,
06:31tout ce qu'il nous a fait.
06:32Au sommet de l'OTAN au mois de juin,
06:35c'est Marc Routet,
06:36le secrétaire général de l'OTAN,
06:38qui l'appelle Daddy.
06:39D'ailleurs, il l'a rappelé aujourd'hui.
06:40Daddy.
06:41Papa.
06:41Papa Amérique va nous sauver.
06:43En juillet,
06:44Mme von der Leyen va dans le club de golf
06:47qui appartient à Trump,
06:50signer un accord très bon,
06:52merveilleux, a-t-elle dit,
06:53qui multipliait par 5 les droits de douane.
06:56Je ne sais pas.
06:56Au début d'année, c'était 3%.
06:58Là, on prend 15% dans la tête.
07:00On s'engage à dépenser quelque chose
07:03comme 1350 milliards d'euros aux Etats-Unis.
07:07Soit en achetant du gaz,
07:08soit en investissant directement
07:10les sociétés américaines.
07:12Après, ce n'est pas tout.
07:13Après, il y a Anchorage.
07:15Et au lendemain du sommet de Anchorage avec Poutine,
07:17vous avez cette photo qui me glace le sang
07:20et je garderai ça jusqu'à la fin de mes jours
07:22parce que je suis un vieux gaulliste.
07:24Imaginez.
07:25Trump pris en photo de dos devant son bureau
07:28et devant lui, les 8 Européens,
07:32les bourgeois de Calais,
07:33les employés de maison,
07:35serrés les uns contre les autres.
07:36Je me disais, mais est-ce que De Gaulle aura accepté ça ?
07:39Est-ce que Mitterrand,
07:40doit accepter ça ?
07:41Donc, on a tout accepté.
07:43Aujourd'hui, moi hier,
07:45j'ai publié un papier en me figurant
07:46en disant, bon, stop !
07:47Il y a un moment où on dit stop.
07:49Oui, mais à part dire stop,
07:50comme le dit Adrien,
07:51qu'est-ce qu'on doit faire ?
07:52On doit se relever.
07:54On ne s'agenouille plus.
07:56Mais est-ce qu'on doit considérer l'Amérique
08:00aujourd'hui comme un allié
08:01auquel on peut parler ?
08:03Et d'ailleurs, je remarque
08:04que Donald Trump critique les Européens,
08:07l'immigration, le taux d'immigration,
08:09vous voudriez faire...
08:10Mais à aucun moment,
08:12alors que vous, dans le grenage,
08:13et vous venez de le dire,
08:14il ne s'en prend au schéma de l'Union Européenne,
08:18à appeler ça comme vous voulez,
08:20en tout cas, à la structure, à l'institution.
08:22Non, il ne s'en prend pas directement.
08:24Non, mais il ne le dit pas directement,
08:26alors que généralement,
08:26il dit les choses directement,
08:27quand même, Donald Trump.
08:28Son vice-président l'avait dit directement.
08:31En plus, cette machine
08:32est de moins en moins démocratique.
08:34On est quand même dans un pays
08:36où on peut interdire une chaîne de télé, quand même.
08:38Moi, j'en suis toujours parvenu.
08:40On a des...
08:41On parlait de C8.
08:42Oui.
08:42Bien sûr.
08:43Et des gens qui disent
08:44qu'ils ont les moyens
08:45d'affluer sur des élections.
08:48Bon, il y a des choses
08:50qui me dérangent dans tout ça.
08:52Ce qu'on doit faire,
08:53c'est reprendre de l'autonomie
08:54sur nos choix.
08:55Ça fait un moment que je pense
08:58que l'Europe à 28 comme ça
08:59et à 40 selon Mme von der Leyen
09:01qui veut l'élargir encore un peu plus.
09:04C'est noyer totalement la France
09:06dans tout ça.
09:07On l'a vu dans le Mercosur.
09:09Quand vous vous êtes isolé
09:10et que vous n'avez pas la majorité,
09:12la machine prend des décisions
09:14qui sont exactement au contraire
09:16à ce dont vous avez besoin
09:17par rapport à votre propre agriculture.
09:19Donc, idem sur l'économie
09:21et l'environnement.
09:22Quel besoin avait-on
09:24de suicider l'industrie automobile européenne
09:26par une décision prise
09:28sous l'impact des Verts allemands ?
09:31C'est les Verts allemands
09:32qui ont arrêté le programme nucléaire
09:33en Allemagne
09:34et qui ont arrêté Fessenheim.
09:36Enfin, moi, j'y étais.
09:37J'étais dans cette réunion
09:38avec Angela Merkel
09:39et François Fillon
09:40le soir où il nous a annoncé
09:42qu'il fallait arrêter Fessenheim.
09:44On va marquer une pause.
09:45On va parler de tout ça
09:46juste après une pause
09:47et le rappel des titres de l'actualité.
09:48Restez bien avec nous sur Europe 1.
09:4919h-21h
09:52Europe 1 Soir
09:53Europe 1 Soir
09:5619h-21h
09:57Pierre de Villeneuve
09:58Toujours avec Adrien Matou
10:00de Marianne Louis-Auxalter
10:01du Figaro
10:02notre invité sur Europe 1
10:04Pierre Lelouch
10:04ancien ministre spécialiste
10:05des questions internationales.
10:06Louis-Auxalter
10:07voulait revenir sur les questions
10:08d'Union Européenne.
10:09Oui, vous parliez, Pierre Lelouch,
10:10de l'Union Européenne
10:11de la façon dont elle peut nous entraver
10:12entraver la puissance européenne
10:14notamment face à l'agressivité
10:15américaine de Trump.
10:17Mais pour autant
10:19sans l'Europe
10:21il va être difficile
10:21de le contre-cabrer
10:22et ce ne sont pas des eurocrates
10:23européens qui le disent
10:24c'était le général de Gaulle
10:25lui-même
10:25qui en 1963
10:26dit à Perfit
10:27je veux l'Europe
10:28pour qu'elle soit européenne
10:30c'est-à-dire qu'elle ne soit pas américaine.
10:31Donc il concevait l'Europe
10:32comme justement
10:33un instrument de puissance
10:34pour contre-cabrer
10:35un monde dans lequel
10:36il y avait déjà des empires
10:37c'était les Etats-Unis
10:37et la Russie à l'époque
10:38aujourd'hui il y a aussi la Chine
10:39mais on est quand même
10:40dans une situation
10:41qui présente beaucoup de similitudes.
10:44Est-ce que vous pensez
10:44vous souscrivez à cette pensée
10:46qu'il faut qu'il faut
10:47tout de même faire l'Europe ?
10:48Peut-être pas l'Union Européenne
10:48mais l'Europe.
10:49De Gaulle quand il est arrivé
10:50à conserver le traité de Rome
10:52il avait une vision très claire
10:55après il y a eu le plan Fouchier
10:56rappelez-vous
10:56son idée c'était en effet
10:58de fonder autour
11:01de ce petit groupe de six pays
11:02une Europe politique.
11:04Simplement il a percuté
11:05le Bundestag dès 1963
11:06et les Allemands ont dit
11:07on ne choisira pas
11:08entre l'OTAN et la France
11:09donc à partir de là
11:11le rêve d'Europe politique
11:13a été bloqué.
11:15Mais on a quand même avancé
11:17sur le plan politique en Europe
11:18jusqu'aux vagues d'élargissement
11:20et aux modifications du traité
11:23d'abord Maastricht
11:24puis Lisbonne
11:25et cette affaire de majorité
11:27de vote à la majorité
11:28dans beaucoup de sujets
11:29la création d'un service diplomatique
11:32de l'Union Européenne
11:32j'y étais pendant
11:33j'étais aux affaires européennes
11:35je peux vous dire que c'était
11:36là elle vient même d'avancer
11:38d'inventer
11:39Madame von der Leyen
11:40elle vient même d'inventer
11:41un ministre de la Défense
11:43donc vous avez les Européens
11:45le ministre des Affaires étrangères
11:46est une Estonienne
11:47qui représente
11:48un million et demi de personnes
11:49le ministre de la Défense
11:51qui n'a aucun texte
11:51il n'y a aucun texte pour ça
11:53est polonais
11:53donc on a une teinte
11:55très particulière
11:56dans cette Europe
11:57et en plus
11:58elle veut continuer
11:59à l'élargir
11:59aux Balkans
12:00et même trouver
12:01une procédure simplifiée
12:03pour faire rentrer l'Ukraine
12:04dès 2027
12:05donc pour vous on est trop nombreux
12:06et la machine bruxelloise
12:08elle ne marche pas
12:08la machine ne marche pas
12:10je l'ai testée il y a 12 ans
12:12c'est extraordinairement
12:14difficile et long
12:15de faire bouger quoi que ce soit
12:17je me souviens d'avoir
12:17ouvert le débat
12:19par exemple sur
12:19la réciprocité en matière
12:22de marché public
12:23entre nous
12:23à l'époque c'était les Canadiens
12:25j'ai lancé ce truc là
12:27ça s'est fait 12 ans après
12:28vous voyez
12:29bon après
12:30hier matin
12:31le président de la République
12:33où avant-hier annonce
12:35qu'il voudrait le mettre
12:37à l'oeuvre
12:38le fameux bazooka
12:39un instrument
12:39anti-coercition
12:41qui a été mis en place
12:42en 2023
12:43jamais testé
12:45mais où la commission
12:46a un rôle majeur
12:47entre la commission
12:48et des alliés
12:50qui sont
12:50plus ou moins frileux
12:52plus ou moins
12:53complètement dans les mains
12:54des américains
12:55de l'Est en particulier
12:57les baltes et autres
12:58je ne sais pas
13:00comment on va trouver
13:00la majorité
13:01là aussi
13:02c'est un vote
13:02à la majorité
13:03il y a coercition
13:05elle est visible
13:05Trump dit
13:08si vous ne me donnez pas
13:10le Groenland
13:11je vous en mets
13:12pour 25
13:1315 maintenant
13:15et 25
13:15donc à l'été
13:16on sera à 50%
13:17de droits de douane
13:18donc il y a coercition
13:20la commission doit ensuite
13:21aller devant le conseil
13:23d'abord il faut savoir
13:24si elle va faire jouer
13:25madame von der Leyen
13:26prendre cet instrument
13:27deuxièmement
13:29elle va le soumettre
13:30au conseil
13:30le conseil doit se mettre
13:32d'accord
13:32ou pas
13:33à la majorité
13:35sur les mesures à prendre
13:36il y a dans ce processus
13:37de quoi le noyer
13:3850 fois
13:39si vous voulez
13:40mais alors
13:40premièrement
13:41j'ai un peu peur
13:41que monsieur Macron
13:42se retrouve bien seul
13:43premièrement
13:44à quoi ça sert
13:45et la deuxième chose
13:46personne ne nous a
13:48échappé
13:49que madame von der Leyen
13:50est allemande
13:51et ce qui l'intéresse
13:53dans l'union européenne
13:54vous dites
13:55elle veut élargir
13:55elle veut élargir
13:56enfin ce qui l'intéresse
13:57surtout c'est l'Allemagne
13:58on est bien d'accord
13:59mais oui mais c'était
14:00le schéma après 1918
14:02pourquoi est-ce qu'on parle
14:03de Bruxelles
14:03on devrait parler de Berlin
14:04c'est exactement
14:05ce qui est en train
14:05de se passer
14:06mais c'est quoi
14:07l'après von der Leyen
14:08est-ce qu'il y en a un
14:10parce que là
14:11elle a été fraîchement
14:12réélue il n'y a pas
14:13très longtemps
14:14mais enfin
14:14elle est quand même
14:14candidate à sa prochaine
14:16réélection
14:16et on a l'impression
14:17que là vous parliez
14:18de génuflexion
14:19de l'union européenne
14:20et des pays européens
14:21face à Donald Trump
14:22mais on a l'impression
14:23aussi qu'il y a une génuflexion
14:24de tous les pays européens
14:25face à madame von der Leyen
14:26ce qui est assez incompréhensible
14:27je suis complètement d'accord
14:28moi j'avais assisté
14:29à la nomination
14:30du précédent
14:32par madame Merkel
14:34et monsieur Sarkozy
14:34ça s'est fait
14:35dans le bureau
14:36de la délégation française
14:37à Bruxelles
14:38là elle s'est autodésignée
14:40toute seule
14:40et même
14:41elle a viré
14:42un commissaire français
14:43pour amener
14:43un autre bien faible
14:44qu'il lui faut
14:45monsieur Séjourné
14:46c'est parfait
14:46à la place de Thierry Breton
14:47on s'en souvient
14:48ou pardon
14:49j'avais une question
14:50Adrien
14:51votre raisonnement
14:53qui est
14:54si je comprends
14:55bien
14:55sans trahir votre pensée
14:56qu'on devrait aller
14:57vers une Europe des nations
14:58plus restreinte
14:59plutôt que sur
14:59un machin fédéral
15:01avec les 4 ou 5 pays
15:03qui vont réarmer
15:04et qui vont faire
15:05ce noyau dur
15:06qui va dissuader la Russie
15:07mais si on continue
15:08à dire que c'est l'Europe
15:09qui va le faire à notre place
15:10j'allais vous demander
15:11qu'est-ce que vous répondez
15:12à l'argument principal
15:13des fédéralistes
15:14qui est de dire
15:14entre la Russie
15:16et les Etats-Unis
15:17la France seule
15:19et trop faible
15:19ne pèse pas
15:21sera noyée
15:22que répondre
15:22à cet argument-là
15:23je crois que
15:24ce qui est important
15:26c'est la capacité
15:28de notre pays
15:29de redécouvrir
15:30qu'elle a été
15:30une puissance
15:31et d'arrêter
15:32de botter
15:33qu'elle a été
15:34et qu'elle reste
15:35c'est surtout un problème
15:36quel reste
15:36si vous voulez
15:37Pierre Devineau
15:38c'est presque un problème
15:39psychique maintenant
15:41on est tellement habitué
15:42il y a un défaitisme
15:43ça fait 80 ans
15:44qu'on a délégué
15:45la sécurité
15:46on a tous été
15:47biberonnés
15:47à la sécurité américaine
15:48gratuite
15:49c'est le cas
15:50de tous nos voisins
15:50De Gaulle
15:51heureusement
15:51nous a donné une force
15:53de frappe
15:53donc on est quand même
15:54un peu responsable
15:55de nous-mêmes
15:56mais après
15:57l'idée qu'on peut faire
15:58sans
15:58le couple franco-allemand
16:00qui n'existe que dans notre tête
16:02je crois qu'il n'existe
16:03même plus dans notre tête
16:04Pierre Lelouch
16:04pardonnez-moi
16:05dans la tête de beaucoup encore
16:06les allemands
16:07n'utilisent même pas le mot
16:08de certains
16:09Eurobéas
16:10qui croient dur comme fer
16:12non
16:13moi ma conviction profonde
16:15c'est que
16:16l'après-guerre d'Ukraine
16:18va être un moment test
16:19pour l'avenir de l'Europe
16:20et je doute fort
16:21que l'Union Européenne
16:22telle que nous la connaissons
16:23survive à cette épreuve-là
16:26en tout cas
16:26quand on entend
16:26Donald Trump
16:27encourager l'Europe
16:30il encourage peut-être pas
16:32le chef d'état français
16:34écoutez ce qu'il a
16:35j'allais dire
16:35encore dit
16:36sur Emmanuel Macron
16:37Emmanuel Macron
16:39je l'ai regardé hier
16:40avec ses belles lunettes de soleil
16:42que s'est-il passé ?
16:44je l'ai vu jouer
16:46les durs à cuire
16:46bon
16:48il a joué
16:49les durs à cuire
16:50je pense que vous êtes
16:52un des mieux placés
16:53en France
16:55Pierre Lelouch
16:55pour décrypter
16:57le langage diplomatique
16:58ça veut dire quand même
17:00beaucoup de choses
17:00le président des Etats-Unis
17:02qui dit
17:02il a voulu jouer
17:03un dur à cuire
17:04on se souvient de Nixon
17:05qui avait aussi des formules
17:06comme ça un peu
17:07à l'emporte-pièce
17:07mais c'est quand même
17:09lui qui parle
17:10encore une fois
17:10c'est pas que Donald Trump
17:12est-ce qu'on peut en dire
17:13c'est le président
17:15des Etats-Unis
17:15qui dit
17:16qu'est-ce que c'est
17:16que ce président français
17:17qui joue les durs à cuire
17:18ce que ça veut dire
17:20c'est qu'il ne le respecte pas
17:21une fois de plus
17:23c'est ça qui est ennuyeux
17:24il y a eu par le passé
17:26des moments de forte tension
17:27avec les Etats-Unis
17:28rappelez-vous
17:29Suez
17:29c'était pas rien
17:30Suez
17:30les américains
17:32nous faisaient la guerre
17:33sur le colonialisme français
17:34et ils avaient laissé
17:36Bulganin
17:36nous menacer
17:37de frappe nucléaire
17:38c'était quand même
17:39costaud
17:40il y a eu d'autres épreuves
17:42de Gaulle a dit
17:45des choses très désagréables
17:46aux américains
17:46y compris sur le Vietnam
17:47mais il y avait respect
17:49de ce qu'était
17:50le général de Gaulle
17:51et puis les autres chefs d'Etat
17:52je pense que
17:52malheureusement pour lui
17:54Macron en a trop fait
17:56et trop fait
17:57dans la gestuelle
17:58dans la diplomatie hôtelière
18:00dans la coalition des volontaires
18:03enfin tout ça
18:03s'appuie sur pas grand chose
18:04et tout le monde sait bien
18:06un, qu'il est en fin de mandat
18:07surtout
18:08qu'il ne contrôle plus rien
18:09dans le pays
18:10le pouvoir est passé
18:13au parlement
18:13qui lui-même est closé
18:14donc il est faible
18:16l'économie française
18:17est faible
18:18et très endettée
18:19donc il y a un hiatus
18:20terrible
18:21entre ce qu'il annonce
18:22et le poids réel
18:23de la France
18:24donc tout le monde
18:24a fait semblant
18:25en Europe
18:26ils font semblant
18:27donc ils sont assez gentils
18:28avec Emmanuel
18:29mais l'autre
18:30il n'est pas gentil
18:31il se moque un peu de lui
18:32la première fois
18:33c'était pour lui enlever
18:34les pellicules
18:35il est mignon
18:36enfin tout ça
18:38est extrêmement
18:39il est où ?
18:40d'habitude il se met toujours derrière moi
18:42mais pourquoi il dit ça ?
18:43parce que Macron a tout fait
18:44pour être dans la photo
18:45tout le temps
18:46mais alors
18:46François Heisbourg
18:47qui était dans cette émission
18:49hier
18:50disait
18:51ou avant-hier
18:51je ne sais plus
18:51qui disait
18:52mais en fait
18:52le problème d'Emmanuel Macron
18:53c'est qu'il réagit trop vite
18:54au lieu de laisser un peu
18:56se passer les choses
18:58il surréagit
19:00tout de suite
19:00il a besoin de
19:01le problème d'Emmanuel Macron
19:02c'est qu'il a oublié
19:03qu'il y a un quai d'Orsay
19:04avec des diplômes
19:05il veut le casser
19:06en nommant lui-même
19:07les ambassadeurs
19:08il y a énormément de talent
19:10dans ce ministère
19:11et la défense aussi
19:12mais il travaille
19:13vous parlez du ministre aussi ?
19:14non
19:14vous parlez pas du ministre
19:15au moins c'est clair
19:17vous m'avez fait peur
19:17Pierre Lelouch
19:18je vais encore me faire des amis
19:19non
19:19franchement
19:20quand on nomme des gens pareils
19:21en pleine guerre
19:23à situation de guerre
19:24à des postes aussi cruciaux
19:26que les affaires étrangères
19:26et la défense
19:27c'est qu'on ne prend pas ça
19:28au sérieux
19:28donc il gère son truc
19:30tout seul
19:30avec une équipe
19:32rapprochée
19:33autour de lui
19:34qui n'ont qu'une envie
19:36c'est rester
19:36là où ils sont
19:37donc c'est
19:38des yes man
19:39il donne au président
19:40ce qu'il a envie d'entendre
19:41il n'a pas
19:43des vieux
19:44autour de lui
19:44qui pourraient dire
19:45vous savez
19:45dans ce coup là
19:46il faut la jouer différemment
19:47on peut dire la même chose
19:48mais pas comme ça
19:50moi je note par exemple
19:51qu'à Davos
19:53il y a eu un discours
19:54absolument remarquable
19:55du premier ministre canadien
19:57mais remarquable
19:59sur quel point ?
20:00sur le point
20:01la mondialisation
20:02à l'américaine
20:02on n'en veut plus
20:03c'est devenu un instrument
20:05de soumission
20:08de nos peuples
20:09c'est très très fort
20:10ce qu'il a dit
20:11c'est fort
20:11mais c'est quand même
20:12Don Quichotte
20:12face à des moulards avant
20:13non ?
20:14non
20:15parce qu'il y a
20:15ce sentiment
20:16qu'il ne faut pas
20:18que le monde
20:18soit tenu
20:20par une seule puissance
20:21qui impose ses lois
20:23vous savez
20:23j'ai ouvert en France
20:24le débat
20:24sur l'extraterritorialité
20:26des lois américaines
20:27j'ai vu Alstom
20:28se faire découper
20:29sous mes yeux
20:30j'ai vu le garçon
20:32qui s'occupait
20:32de l'international
20:33aller en prison
20:34aux Etats-Unis
20:35parce qu'il fallait
20:36mettre la pression
20:36sur le patron d'Alstom
20:37et faire en sorte
20:39que ce soit vendu
20:39à GE
20:40General Electric
20:40et pas si même
20:41et on précise que
20:42c'était pas sous le mandat
20:43de Donald Trump
20:43ou c'était sous son premier mandat
20:45non ça c'était pas
20:46sous le mandat
20:46c'était encore avant
20:47c'était encore démocrate
20:48c'est ça
20:49parce qu'on dit souvent
20:52les méchants républicains
20:52ils ont été démocrates
20:53c'était Obama
20:54Obama était extrêmement violent
20:57avec nous
20:57je me souviens de la fois
20:59où il a mis
21:00leur système
21:01a mis 9 milliards
21:03tenez-vous bien
21:03de sanctions à la BNP
21:05pour avoir contourné
21:06les sanctions
21:07que tout le monde a oublié
21:08d'ailleurs sur le Soudan
21:099 milliards
21:10Hollande disant à Obama
21:11vous savez quand même
21:129 milliards c'est beaucoup
21:13et il dit
21:14mais mon cher ami
21:15la justice est indépendante
21:17aux Etats-Unis
21:18tu parles
21:18donc ça fait un moment
21:20qu'on est mal traité
21:21donc je dis que
21:23à un certain moment
21:24il faut peut-être se réveiller
21:25et réveiller aussi
21:26la fibre un peu
21:27patriote de notre pays
21:29pour dire stop
21:30et arrêter de faire le défaitisme
21:31merci beaucoup Pierre Lelouch
21:32et il faut absolument
21:33pour ceux qui ne l'ont pas encore fait
21:34lire Engrenage
21:35la guerre d'Ukraine
21:36et le basculement du monde
21:37votre dernier livre
21:38chez Odile Jacob
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