00:00Drôle d'époque avec vous, Éric Revelle. Bonjour Éric.
00:03Bonjour Patrick. Bonjour à tous.
00:04On aurait pu faire une chronique avec vous, Éric, sur évidemment ce harcèlement-là.
00:08Vous venez de l'entendre, c'est terrible.
00:10On va rester justement dans le domaine de la jeunesse, avec un chiffre assez édifiant.
00:15Effrayant.
00:16Pratiquement un million et demi de jeunes dans notre pays qui sont hors système, sans emploi, sans formation.
00:23C'est absolument incroyable. Je dis que ce chiffre, pour moi, il est effrayant.
00:26C'est un chiffre de l'INSEE, donc tout à fait officiel.
00:29Un million quatre de jeunes, oui Patrick, qui sont sans emploi, qui ne sont pas en études et qui sont sans formation.
00:36Je vous le dis comme je le pense, c'est une honte nationale.
00:38Ça devrait être une grande cause nationale, l'emploi de la jeunesse.
00:43Alors, près de 13% des 15-29 ans aujourd'hui sont dans cette situation dans le pays.
00:49C'est-à-dire qu'ils sont livrés à eux-mêmes.
00:51Alors, il y a eu un pic, évidemment, après la crise du Covid.
00:54La tendance est plutôt baissière.
00:56Mais lorsqu'on laisse 1,4 million de jeunes livrés à eux-mêmes,
01:01eh bien, par définition, on n'assure pas l'avenir du pays, Patrick.
01:05Bon, mais quelles sont les raisons, alors, justement ?
01:07Il y en a plein. Il y en a plein.
01:09Il y en a qui sont structurelles. Il y a évidemment un faible niveau de diplôme chez ces jeunes.
01:14Il y a des situations de décrochage scolaire.
01:18Mais il y a aussi le décalage entre les formations dispensées par l'éducation nationale et les besoins de l'entreprise.
01:25C'est bien d'être sociologue, c'est bien d'être psychologue, c'est bien d'être spécialiste de l'histoire de la Grèce ancienne.
01:31Mais ça ne donne pas forcément des débouchés.
01:33D'ailleurs, il faut saluer Parcoursup.
01:35Je regardais.
01:36Parcoursup affiche pour chaque formation proposée le pourcentage de jeunes dans l'emploi après 6 mois.
01:43Après qu'on ait terminé sa formation.
01:44C'est important parce que ça évite à ces jeunes de prendre des voies de garage.
01:50Aujourd'hui, 53% de ces jeunes dont je vous parle sont au chômage.
01:55Les autres cherchent un emploi.
01:57Parmi les jeunes sans emploi, sans études, sans formation, deux tiers ne souhaitent pas aussi travailler.
02:05Ah oui ?
02:05Oui, pour une partie d'entre eux.
02:07Alors, les raisons mises en avant.
02:08Oui, ok, j'entends.
02:09Raison de garde d'enfants, personnes dépendantes, états de santé dégradés.
02:15Mais aussi, il faut le dire, pour une partie de cette jeunesse, la puissance financière du narco-trafic dans certains quartiers.
02:24Vous gagnez bien plus d'argent si vous êtes un jeune pris en main par ses bandes de voyous que si vous essayez de vous insérer.
02:30Alors, ce que vous dites, Éric Revelle, c'est qu'il faudrait que ce soit une grande cause nationale.
02:36Les jeunes insérés dans la vie professionnelle, avec une formation valable.
02:44Mais attendez, on dépense beaucoup d'argent pour l'éducation nationale.
02:47Les parents aussi ont leur responsabilité.
02:49Mais comment est-ce qu'on peut dans un pays sixième puissance mondiale, on dit encore, septième ?
02:54Non, non, non, on dégringole beaucoup plus.
02:57Alors, on dégringole, mais comment, allez, dans un pays comme la France, on peut laisser un million quatre de jeunes dans la rue.
03:03Alors, voilà pourquoi aussi les aides à l'apprentissage, puisqu'on parle de budget, sont essentielles.
03:09Voilà pourquoi l'éducation nationale doit proposer des formations qui intéressent aussi le monde de l'entreprise.
03:15Dans les quartiers les plus défavorisés, le pourcentage des jeunes sans emploi et sans formation est encore plus nombreux.
03:21Voilà pourquoi ils sont livrés à eux-mêmes et peut-être au narco-trafic.
03:25On ne peut pas laisser un million quatre de jeunes sur le bord de la route dans notre pays.
03:30Bon, et je pense qu'il y a un gros boulot à faire sur l'orientation et les conseils, parce que les jeunes sont un petit peu perdus.
03:38En plus, on ne réaménage pas les filières.
03:40Vous avez parlé des sociologues, etc.
03:43J'ai rien contre, mais si vous voulez, qu'on ne passe pas croire à des gens qui ont fait cinq ans après le bac en sociologie,
03:50qui vont trouver un emploi rémunéré du jour au lendemain.
03:52Bien sûr, bien sûr. Alors que dans beaucoup de secteurs, tiens, je le voyais encore chez un boulanger pâtissier l'autre jour,
03:58il y a des employés, une dizaine, et pas un seul d'origine française, quoi.
04:03Tous venaient, en fait, le boulanger, il me dit, je suis obligé d'aller recruter ailleurs, quoi.
04:08Notamment, c'était des gens d'origine indienne, pour la plupart.
04:13Alors, 7h50, tout à l'heure à 8h15, votre invité politique, Jean-François Aquilly.
04:18Bonjour Jean-François.
04:19Bonjour Patrick. Vincent Jambrun, le ministre de la Ville et du Logement.
04:24Nous reparlons évidemment du retour en force du 49.3 pour faire passer ce budget.
04:30Vincent Jambrun, qui est quand même membre des Républicains, est-ce qu'elle a l'air à manger son chapeau dans cette affaire ?
04:37Nous reviendrons avec lui aussi sur, vous savez, le grand plan logement.
04:41Mais où en est-il, au juste ?
04:42C'est l'un des problèmes essentiels de notre société.
04:45Et le budget qui arrive, est-ce qu'il fait la part belle au logement ou pas ?
04:48C'est quand même, préoccupation numéro un des Français.
04:50Bon, on verra et on débriefera ensuite, après 8h30, Éric Revelle a déjà envie d'en parler.
04:54Il est 7h51, restez bien avec nous, dans un instant, le maillot réveille.
05:00Le maillot réveille, quelque chose me dit qu'on va parler d'un certain Sébastien Lecornu, non ?
05:08Oui, je pense, oui.
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