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  • il y a 7 mois
Atteinte de la mucoviscidose depuis l’enfance Mélodie nous raconte son parcours de vie marqué par une maladie génétique non contagieuse qui touche les poumons et le système digestif
Un témoignage sincère sur le diagnostic précoce les traitements quotidiens les hospitalisations et l’attente d’une greffe pulmonaire

Au delà de la maladie son récit met en lumière la force la résilience l’autodérision et l’amour de la vie.
Mélodie nous parle également de la difficulté de rassurer ses proches de l’importance du soutien familial amical et médical et de la reconnaissance profonde envers le personnel soignant

Un message d’espoir pour toutes les personnes atteintes de mucoviscidose ou de toute autre maladie. Être malade n’est pas une fatalité la vie mérite d’être vécue pleinement avec courage sourire et détermination.

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Amusant
Transcription
00:00Je suis atteinte de la mucoviscidose depuis l'âge de mes 1 ans et dans l'attente d'une grève pulmonaire depuis bientôt 2 ans.
00:06C'est une maladie génétique non contagieuse qui touche principalement les poumons et le système digestif.
00:13Quand j'étais bébé, j'avais beaucoup de mal à prendre du poids, je ne grossissais pas, j'étais constamment malade, je faisais beaucoup de bronchiolite.
00:21Et c'est vrai que ma mère a senti qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas puisque j'ai un frère jumeau qui lui allait très bien,
00:28prenait correctement son poids et n'était rarement malade.
00:32Donc elle a décidé à plusieurs reprises de consulter des médecins qui lui ont toujours ressorti mille inexcuses possibles
00:38en disant qu'il n'y avait pas de raison de s'inquiéter, que tout allait bien, jusqu'au jour où elle en a eu marre.
00:44Et elle a dit au médecin, voilà, je ne repartirai pas d'ici tant qu'on ne m'aura pas dit ce qu'à ma fille.
00:50Elle s'est retrouvée dans un bureau entre quatre murs blancs et le médecin lui a dit,
00:57voilà madame, votre fille est atteinte de mucoviscidose, elle ne vivra pas au-delà de 7 ans, on ne peut rien faire pour vous, merci, au revoir.
01:05Elle a dû se sentir mais complètement démunie parce que la mucoviscidose, avant, n'était pas autant connue que maintenant.
01:13Durant mon enfance, j'ai grandi comme une petite fille mais des plus normales.
01:16J'ai voulu faire du sport, j'en ai fait, enfin vraiment j'ai grandi, j'ai manqué de rien, j'ai eu une enfance mais très très joyeuse.
01:23Je ne sais plus réellement vers quel âge je me suis rendu compte que j'étais malade.
01:28Parce que c'est vrai que dans la mucoviscidose, on a la chance, entre guillemets, c'est qu'on ne s'est pas connue non malade.
01:34Par contre, moi j'ai eu l'impression pour ma part de connaître un avant-après, on va dire pendant la période du lycée,
01:41où là je me suis rendu compte que la maladie était un peu plus imposante.
01:46J'ai un traitement quotidien à prendre, c'est entre 20 et 30 médicaments par jour, tout dépend de mon état.
01:53C'est des séances de kiné respiratoire, des allers-retours un petit peu à l'hôpital pour des consultations,
01:59mais également parfois pour des hospitalisations.
02:02J'ai été pendant 5 mois environ hospitalisée, 3 semaines par mois,
02:06parce que j'allais un petit peu moins bien dans la muco, il y a des hauts, il y a des bas, il y a surtout des hauts.
02:12Ma mère sait très bien que lorsqu'on commence à parler de grève, qu'on entame les examens,
02:17c'est que ça ne va pas trop.
02:20Donc ça, ça a été compliqué de savoir trouver les mots pour la rassurer,
02:23parce que je suis quelqu'un que je déteste qu'on s'inquiète pour moi.
02:26C'est un peu mon rôle de la protéger et de ne pas s'inquiéter, qu'elle ne s'inquiète pas,
02:33de lui dire que je suis très forte, que ça va aller, qu'on va se sortir de tout ça et qu'après ça sera terminé.
02:39Parfois, il y a des petites mauvaises nouvelles qui viennent se mettre comme ça.
02:42Pour moi, tout est une question de destin, donc j'encaisse très rapidement les choses
02:46et avec tellement de recul et de positivité, mais je me dis après,
02:51« Ah ouais mince, comment je vais l'annoncer à ma mère, à ma famille et à mes amis sans qu'ils s'inquiètent ? »
02:58Pour moi, c'est ce qu'il y a de plus compliqué.
03:01Ce n'est même pas la potentielle mauvaise nouvelle qu'on vient de m'annoncer,
03:04c'est de trouver les mots, être rassurante et me dire comment je vais leur annoncer.
03:10Bon, ce qui est bien, c'est que l'hôpital où je suis suivie est à deux heures de mon domicile,
03:15donc je me dis très bien, dans le taxi, j'ai deux heures devant moi pour essayer de réfléchir à comment tourner ça.
03:20Je me dis que je n'ai pas le droit de m'inquiéter, d'avoir peur,
03:25parce que derrière, je dois assurer si je viens à leur dire « Ah ben j'ai peur, mais alors non, c'est impossible pour moi,
03:31je me dois de rassurer tout le monde. »
03:33D'ailleurs, le taxi qui m'emmène, j'ai encore eu énormément de chances de tomber sur une personne qui est adorable
03:38et d'être avec une personne pendant deux heures où on est détendu, où on ne stresse pas, c'est super important
03:45et encore une fois, j'ai énormément de chances d'être tombée sur cette personne-là.
03:50C'est vraiment très important pour moi d'avoir de l'autodérision envers cette maladie,
03:56je ne fais que rigoler, mais constamment, par rapport aux personnes qui ont la mucoviscidose
04:00et qui sont malheureusement parties, je n'ai pas le droit de me plaindre,
04:05enfin je veux dire, je suis encore en vie, je profite,
04:07mais même par rapport à tous ceux qui ont des maladies plus graves que moi,
04:11je veux dire, je n'ai que la mucoviscidose.
04:13Je ne peux pas me plaindre, ça serait égoïste de ma part de me plaindre et de m'apitoyer sur moi-même.
04:19Ce qui aujourd'hui peut nous sauver, nous, patients atteints de mucoviscidose,
04:23ça reste la grève pulmonaire.
04:25Ça va faire bientôt deux ans que je suis inscrite sur l'ISTE.
04:28Je me dis souvent, ce n'est pas un diagnostic médical qui va m'arrêter de vivre,
04:32enfin loin de là, j'aime tellement la vie.
04:34D'ailleurs, je me dis souvent, s'il est coupable d'aimer la vie,
04:36mais moi j'en suis coupable.
04:37Je n'ai peut-être pas la santé, mais j'ai tout le reste.
04:42Parfois, je ne suis pas très bonne élève,
04:43je n'écoute pas vraiment ce qu'on me dit,
04:45dans le sens où on va avoir tendance à me dire,
04:47mais repose-toi, préserve-toi, etc.
04:49Et je me dis, mais non, là pour le moment, je suis occupée à vivre,
04:52j'aurai tout le temps de me reposer.
04:54Quand on va me greffer, pendant 8 heures, je vais être en train de dormir.
04:57Mais là, à ce moment-là, oui, je me reposerai.
05:00Mais pour le moment, la vie, c'est maintenant.
05:02Je n'ai pas envie de regretter et de me dire,
05:04« Ah ouais, si j'avais su, j'aurais dû profiter avant ».
05:07C'est très important pour moi de dire aux gens
05:09qu'être malade n'est absolument pas une fatalité.
05:12C'est vrai que parfois, cette maladie, je les détestais,
05:15de me rendre faible et de me rendre parfois mal.
05:18Mais d'un côté, si je l'aime parce qu'elle m'a fait changer ma vision des choses,
05:24je sais ce que veut dire réellement profiter de la vie.
05:28Et je l'aime parce qu'elle m'a rendue plus forte.
05:31Et je l'aime parce que j'ai fait des rencontres exceptionnelles dans le domaine médical.
05:36Quand avant, j'avais la possibilité de faire mes cures d'antibiotiques à domicile.
05:42J'ai rencontré des infirmières et un infirmier au top.
05:45Une infirmière notamment qui s'appelle Émilie, que j'aime énormément.
05:49Et c'est super important parce que ce sont devenus des amis.
05:54J'appréhende beaucoup moins les soins.
05:55Mais j'ai beaucoup de chance parce que je suis très très bien entourée.
05:59ma mère, mon frère, mon jumeau, mes amis, ma famille, ma meilleure amie, Laurine,
06:06qui est très très importante pour moi.
06:08Clairement, c'est mon antidépresseur.
06:10Tout le monde a un rôle très important et je suis très très très chanceuse.
06:14Je ne me suis jamais posée de questions existentielles sur la maladie.
06:18Bien sûr, je savais dans mon corps et dans ma tête qu'il y avait quelque chose
06:22qui était un petit peu, pardon, différent chez moi.
06:27Je ne me suis jamais perçue comme quelqu'un de différent.
06:31Si j'avais un mot à dire à toutes les personnes atteintes de mycoviscidose
06:34ou même d'une maladie quelconque, c'est de toujours se battre.
06:39Le fait d'être malade n'est absolument pas une fatalité.
06:42Profitez, souriez, riez.
06:45La vie vaut vraiment la peine d'être vécue.
06:47Et n'oubliez pas que vous êtes toutes et tous très fortes et très fortes.
06:52C'est super important pour moi de remercier le personnel soignant
06:55qui s'est occupé de moi jusqu'à aujourd'hui
06:57et qui continueront de le faire par la suite.
06:59Je tiens à remercier en particulier le service de chirurgie pédiatrique
07:03de l'hôpital de Besançon qui m'a plusieurs fois pris en charge.
07:06Et je souhaite vraiment à tout le monde de tomber sur des infirmières
07:09et un chirurgien comme j'ai eu la chance d'avoir.
07:13Ça a été une équipe au top, vraiment exceptionnelle.
07:16Et je tiens à les remercier aujourd'hui.
07:18Je remercie également les différents CRSTM
07:20qui ont dû s'occuper de moi
07:22et notamment un qui continue à le faire actuellement.
07:25Du coup, puisque c'est le service
07:27où nos patients atteints de mycoviscidose ont les suivis.
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