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00:02Europe 1.
00:03Et vous écoutez Culture Média sur Europe 1, 10h-11h30 avec Thomas Hill et vos invités ce matin Thomas.
00:08Oui, je reçois ce matin Guillaume Labet et Clémentine Scellarié qui est en ligne avec nous du fond de son lit.
00:14Alors vous venez nous parler tous les deux de la nouvelle série de TF1,
00:17Le Diplôme dans laquelle tout un groupe d'adultes décide de retourner sur les bancs de l'école pour passer le bac.
00:30Ça c'est la musique du générique de cette série qui a décroché deux prix au Festival de la Fiction de la Rochelle.
00:36Celui de la meilleure série comédie dramatique et de la meilleure actrice pour vous, Clémentine Scellarié.
00:42J'imagine que ça vous a fait très plaisir.
00:44Ça m'a beaucoup touché parce que d'abord on est toujours, enfin je pense que Guillaume sera d'accord avec moi,
00:53mais on est toujours mieux quand on a des très beaux rôles.
00:58Vous voyez ce que je veux dire ? C'est les rôles qui font que tout d'un coup on peut révéler des choses de soi
01:04ou des choses qu'on a observées ou des choses qu'on a envie de partager ou des émotions très fortes.
01:11Et bon, pour avoir un peu vécu ce truc de violence conjugale, dans lequel vous vivez une solitude absolue...
01:21Oui, alors là ça a décroché le téléphone, clairement je crois que chacun l'aura compris.
01:25Le violence conjugale... Allô, vous m'entendez ?
01:28Oui, vous êtes revenu, ça y est. Donc vous nous disiez quand on a vécu ce genre de...
01:32Vous m'entendez là ?
01:33Oui, oui, on vous entend Clémentine.
01:35Oui, pardon, c'était l'alarme, n'importe quoi.
01:37Oui, quand on a vécu ce genre de choses, quand on est victime de ça, on est d'abord dans une solitude extrême.
01:45Donc si vous voulez avoir un rôle qui nous permet de lever ce tabou, parce que c'est un tabou, beaucoup de femmes qui le vivent ne n'en parlent pas.
01:53Et en plus de recevoir un prix, c'est vraiment des mains tendues en fait.
01:57Et puis c'est un hommage à toutes celles qui le vivent et qui ne peuvent pas...
02:01Voilà, et puis en plus, en plus, ce prix je l'ai eu, mais il est partagé avec tout ce groupe qu'on a formé ensemble avec mes camarades, dont Guillaume.
02:12Parce que vraiment pour moi, je pense que pour nous tous, ça a été une aventure en fait.
02:17C'est plus qu'un tournage, on a vécu un truc, chacun avec nos parcours très forts,
02:23on a vécu un truc humain fort, qui nous marque et qui donne une espèce de dimension à la série.
02:35Vous voyez ce que je veux dire ?
02:36C'est quelque chose, l'espoir d'un lieu social, le lycée, où on va essayer chacun de sortir de nos fractures, de nos difficultés,
02:47vous voyez ce que je veux dire, par l'espoir de l'enseignement et le fait de se rencontrer alors qu'on n'aurait jamais dû se rencontrer les uns les autres.
02:54C'est ça la très bonne idée de cette série, effectivement, c'est de faire se rencontrer des personnes qui n'ont rien à voir les uns avec les autres
02:59et qui se retrouvent tous là dans cette classe pour passer le bac, enfin.
03:03Alors ils ont tous la frustration de ne pas l'avoir eu à une époque, de ne pas avoir osé le passer, de ne pas avoir réussi ce diplôme.
03:09La vie de votre personnage aussi, il est complexe, Guillaume Labbé, puisque vous, vous jouez Pierre, c'est un homme assez fermé, assez désagréable.
03:17Même avec les autres élèves de la classe, on peut dire ça. Mais en fait, lui aussi, il cache un secret au reste de la classe.
03:24Oui, mais c'est ce que dit Clémentine. Ce qui est fou, c'est que je ne sais pas à quel point on est casté et on le sent, on sent ce qu'on a.
03:30C'est que moi, c'est un personnage qui a une violence en lui, qui est hérité de son père, en l'occurrence, et il a peur de la repasser à sa fille.
03:40Et c'est comment il va essayer de briser cette chaîne de violence.
03:42Donc, ça me parle beaucoup de cette violence un peu endémique et cette violence qu'on essaie de ne pas repasser à ses enfants.
03:50Moi, en ayant des enfants, ça me parle. Donc, c'est ça, c'est que les sujets, à chacun de nous, et si vous aviez les autres comédiens,
03:57vous verrez que, en fait, finalement, les trajectoires nous ont parlé personnellement à chacun.
04:01Ce qui est bien fait dans la série, c'est que, justement, on s'apporte un soutien et que ce n'est pas verbeux.
04:07On ne se parle pas. C'est le fait d'être ensemble et de se rendre compte qu'on n'est pas seul dans une difficulté,
04:11pas forcément besoin de l'analyser, d'en parler.
04:13La trajectoire de Delphine, moi, me touche parce que je me rends compte qu'elle est battue.
04:18Et ça me fait prendre conscience que la violence que j'ai subie n'a pas été normale, en fait.
04:21Oui. Delphine, c'est le personnage joué par Clémentine Scellarié, cette mère de famille qui vit confortablement,
04:27grâce à un mari qui a une bonne situation.
04:29Ça fait 40 ans qu'ils sont ensemble, vous avez deux enfants qui vont très bien, qui réussissent brillamment.
04:35En apparence, tout va bien.
04:36Et puis, on découvre au fur et à mesure de la série que, en fait, ce n'est pas du tout le cas.
04:41Non, non, pas du tout.
04:42Et elle le cache, elle cache cette chose qu'elle vit parce qu'elle en a honte.
04:48Et c'est le cas de plein, plein de femmes.
04:51C'est-à-dire que, d'ailleurs, Guillaume, je rebondis sur ce qu'il disait, Guillaume,
04:56c'est qu'on peut avoir honte, justement, de cette violence qu'on a en soi et qu'on veut enrayer,
05:02ou de la violence qu'on subit.
05:03C'est-à-dire que, mais bon, pour ce qui est des femmes victimes, elles ont honte d'une violence qu'elles subissent.
05:10Donc, c'est quand même, c'est monstrueux, si vous voulez.
05:12Et ça, ça tient aussi au fait de dire, non, non, ça n'a pas d'intérêt, je suis coupable,
05:19donc, non, non, je ne veux pas en parler, c'est pas bien, c'est ma faute, vous voyez ce que je veux dire ?
05:23Et ça, c'est très bien dit dans le film.
05:25Et alors, surtout, moi, j'ai un partenaire.
05:27Bon, tous les partenaires sont géniaux.
05:29Bernard Campan, Camille Lelouch, Ed-moi Guillaume, Guillaume, Armand, voilà.
05:36Et Julie Sassou.
05:38Voilà.
05:39Et on est tous, en plus, on s'est vraiment rencontrés.
05:41Parce que quand on a tourné à Saint-Malo, on était ensemble, on était un peu groupés.
05:46On ne rentrait pas chez nous le soir, donc on se voyait.
05:49Mais je ne sais plus ce que je disais.
05:51Mais c'est vrai qu'ils ont tous un parcours, on peut dire, ils ont tous un parcours plus ou moins cabossé.
05:55Parce que Bernard Campan, son rôle aussi, et voilà, d'une personne totalement déprimée, Camille Lelouch, qui est au bord du burn-out.
06:02Tout le monde, on le sent, a un bagage plus ou moins lourd dans cette fiction.
06:05C'est ça, leur point commun aussi.
06:06Oui, mais par contre, c'est très combatif.
06:09C'est ça qui est fort.
06:10Et t'as du combat, et il y a aussi en fait beaucoup de joie.
06:14C'est-à-dire qu'en fait, au fur et à mesure, nous, au début, en lisant, on se disait, waouh, c'est lourd tout ce qu'on va partager.
06:20Et en fait, on se marre, et c'est ce qui fonctionne, c'est qu'en fait, ce groupe-là, dans ses parcours, s'amuse.
06:25Et en fait, ça transpart à l'écran.
06:27C'est qu'il y a vraiment du bonheur et de la joie, et vraiment de la comédie qui naît de chacun des persos.
06:30Donc, c'est assez agréable.
06:33Clémentine ?
06:33Parce qu'ils se foutent de la gueule.
06:35Oui, parce que, par exemple, Delphine, elle vient, pardon, je parle de mon personnage, mais bon, elle vient avec des petits cookies au lycée.
06:43Bon, vous voyez ce que je veux dire ? Elle se fait foutre de sa gueule.
06:46Parce qu'en plus, c'est délit de faciès.
06:47Voilà, on se fout de sa gueule, parce qu'on dirait, elle dit qu'elle fait du yoga.
06:51Bon, ils se disent, ah bah d'accord, elle ne fait pas grand-chose.
06:54Enfin, c'est une petite bourgeoise qui...
06:55Donc, on se demande, vous voyez.
06:57Bon, voilà, Guillaume, il est en retard souvent.
06:59On se dit, bah tiens.
07:01Donc, il y a une espèce de truc entre eux, de dérision souvent, de se foutre de la gueule.
07:07Et ça, c'est comme au lycée, comme quand on était petit.
07:09Et ça, c'est chouette, parce que, comme dit Guillaume, c'est...
07:12Est-ce que vous avez retrouvé un peu le parfum de l'enfance aussi, en tournant cette série ?
07:16Parce que c'est particulier de se retrouver comme ça, à nouveau, dans un lycée.
07:20C'est une grande colo, quoi !
07:21Ouais, franchement, quand t'es dans les tables, quand t'es derrière les paillasses,
07:24ou sur ces grandes tables, c'est vrai que ça te ramène à...
07:27En plus, c'est quand même un lycée, on a tourné en 14e,
07:29qui est vraiment... qui a gardé le truc des lycées de moi, de ma génération.
07:33Donc, c'est pas un lycée hyper moderne, c'est un très très beau lycée.
07:37Et ça rappelle des souvenirs, oui.
07:40Vous avez eu des souvenirs, vous aussi, Clémentine, qui sont remontés à la surface ?
07:43Moi, j'ai adoré, parce que j'ai une nostalgie de l'odeur, le parfum des...
07:49Vous savez, des classes, là, ce truc des...
07:52Je sais pas comment dire, les trousses, le truc...
07:55J'ai vraiment aimé, quoi.
07:57Je sais pas.
07:58Moi, je n'ai pas quitté ça, malgré mon âge.
08:01J'ai l'impression de...
08:02Non, non, vous reconnectez à quelque chose de...
08:07Vous êtes encadré, en plus, vu ce qu'elle vit, elle, où elle est en danger chez elle en permanence.
08:12Et bien, au lycée, elle est en sécurité, si vous voulez.
08:15Et je pense que je suis pas la seule à l'avoir vécu, enfin, dans le personnage.
08:20C'est que quand on est là-bas, évidemment, on se fout de la gueule des uns des autres.
08:25D'ailleurs, oui, je pense qu'on revient un peu en enfance.
08:27Et puis, on est dans un truc où on est porté vers un espoir.
08:31C'est-à-dire que...
08:32Vous savez, on a été dans un lycée, je le dis en même temps à Guillaume, il y a deux, trois jours.
08:36Le lycée, un lycée à Paris, qui est le seul en France, d'ailleurs, c'est honteux, mais bon.
08:42D'adultes, comme ça.
08:43Et les gens qui ont vu, on leur a montré le premier épisode.
08:48Et c'est drôle, Guillaume, parce que, tu sais, je voyais...
08:50On voyait des personnes qui étaient nous, quoi.
08:52On voyait des étudiants adultes.
08:55Et ils ont été vraiment touchés, parce que c'est ce qu'ils vivent, quoi.
08:59Et ils vivent...
09:00Enfin, voilà, c'est un espoir, en fait, cette série.
09:04C'est pour ça que c'est...
09:05Elle est très réussie.
09:06Il y a beaucoup d'humour, parce que quand on vit des difficultés, on a souvent beaucoup d'humour.
09:10Parce qu'il n'y a que ça qui nous reste, quoi.
09:12Très réussie de cette série qui mérite, effectivement, ses prix au Festival de la Fiction de La Rochelle.
09:17Le Diplôme, c'est à voir, dès ce soir, 21h10, sur TF1.
09:21Oui, restez avec nous sur Europe 1, Culture Média continue,
09:24juste après les infos de 10h30.
09:25Mais oui, vous restez encore un petit peu avec nous, Clémentine Sellerier, Guillaume Labbé,
09:28parce que dans un instant, un autre comédien va nous rejoindre.
09:31Je sais que vous l'aimez, monsieur Michel Bougenard.
09:34Et puis, si vous aimez l'histoire, vous ne manquez pas, j'en suis sûr,
09:37le podcast au cœur de l'histoire.
09:38Tous les jours, Europe 1 vous fait le récit de personnages,
09:41de moments, d'événements qui ont marqué l'histoire avec un grand H.
09:44Eh bien, aujourd'hui, nous revenons sur un épisode médiatique et historique
09:48dont on a parlé vendredi dans Culture Média,
09:51Les 200 ans du Figaro, le quotidien le plus vieux de France,
09:55200 ans de journalisme, de liberté, raconté par Olivier Delagarde
09:58et les grandes signatures du journal.
10:00C'est un podcast qui est disponible dès maintenant,
10:02au cœur de l'histoire, Les 200 ans du Figaro,
10:05sur le site et l'appli Europe 1.
10:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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